Lettre 1625 : Pierre Bayle à Pierre Coste

A Rotterdam, le 18 e d’avril 1704 Monsieur J’aurois repondu plutot à la bonne et belle lettre que vous me fites l’honneur de m’ecrire je ne saurois dire quand (car elle n’est point datée) [1], si le fils de Mr Furli [2] eut trouvé une occasion plus prompte que celle dont il m’avertit tout presentement.

Tout ce que vous m’ecrivez touchant le livre de De la Religion raisonnable [3] est fort sensé, et en develop[p]e nettement le but et le caractere. Il auroit peut etre eté à souhaiter que l’auteur se fut fait cette objection qu’encore qu’au commencement du christianisme on fut sauvé sans une croiance distincte de la consubstantialité du Verbe, il ne s’ensuit pas qu’on le puisse etre aujourd’hui ; car les premiers chretiens faisant profession de recevoir le Messie pour le fils de Dieu ne nioient point qu’il le fut coessentiel[l]ement [4]. Ils faisoient abstraction entre cette maniere d’etre fils de Dieu et les autres manieres : mais aujourd’hui cette abstraction est impossible. Il faut ou admettre formellement ou / rejetter formellement la coessentialité du Verbe. Cela fait une dif[f]erence capitale, car vous savez que Abstrahentium non est mendacium [5] : tel etoit l’etat des simples aux premiers siecles, ils n’af[f]irmoient ni ne nioient ce dogme là, leur foi etoit là dessus indeterminée. Mais depuis les disputes et les decisions, il faut opter ou la negative, ou l’affirmative. Or il est bien plus criminel de rejeter une verité proposée, que d’ignorer simplement si les termes sous lesquels on croit signifient precisement, determinem[m]ent une telle chose ou une autre.

C’est avec une satisfaction merveilleuse que je joüis assez souvent de la conversation charmante de Mylord Shaftsbury [6]. Je ne saurois assez me loüer de ses bontez • et de ses liberalitez. Il a beaucoup d’estime pour vous[,] il me l’a temoigné plusieurs fois. Nous parlons souvent aussi de l’illustre Mr Locke que je vous sup[p]lie d’asseurer de mes respects.

Je vous suis tres obligé Monsieur, de la peine que vous avez prise de faire tenir ma lettre à Mr Amyraut [7].

Il est certain que dans l’article de Cotin à la Reponse aux questions d’un Provincial [8], il manque une chose tres essentielle et tres curieuse, puis que l’on n’y trouve point la circonstance que vous me marquez, savoir / que le sonnet qui est dans Les Femmes savantes est tiré de mot à mot des œuvres de l’abbé Cotin [9].

Vous trouverez dans le premier journal de Mr de Beauval (c’est celui qui paroitra dans quelques jours et qui contiendra en 6 feuilles les six derniers mois de l’année 1703), un long article de la Reponse aux questions d’un Provincial [10]. J’y ai fait inserer qu’il n’est pas vrai comme on l’asseure sur la foi de Mr Kortholt, que l’auteur d’une partie de la vie de Thomas Hobbes s’ap[p]elle Radulphe Bathurst, et qu’il fal[l]oit dire Richard Blackburn [11].

L’impieté qu’il y a dans l’opinion qui donne à Dieu une etenduë formelle infinie, n’est que materielle lors que d’ailleurs on ne croit pas que cette etenduë soit une imperfection, et qu’on n’a aucune idée des consequences pernicieuses qui naissent de cette hypothese [12]. Vous savez assez la dif[f]erence qu’on etablit entre un peché materiel, une heresie materielle, et un peché formel, et une heresie formelle. David Derodon a soutenu et inseré dans son Cours de philosophie [13] que l’espace n’est autre chose que l’immensité de Dieu. Gassendi insinuë que l’espace est un etre mitoien entre la / substance corporelle et la substance spirituelle [14] : dif[f]icultez insurmontables de quelque coté qu’on se tourne, mais l’etenduë formelle donnée à Dieu a paru si monstrueuse au P[ère] Mallebranche quand Mr Arnauld qui l’accusoit de cette doctrine lui en eut montré les suites, qu’il se recria qu’il etoit calomnié terriblement [15]. Au reste on ne sauroit trouver dans son esprit si l’on tache de ne se pas faire illusion, l’idée d’une etenduë qui ne soit point tout à fait semblable à l’etenduë de la matiere. Le vuide pour le mouvement pourroit peut-etre etre necessaire dans la sup[p]osition que les corps sont la cause immediate et efficiente du mouvement, mais si je ne me trompe, l’on n’en a aucun besoin lors que l’on sup[p]ose, avec le P[ère] Mallebranche que Dieu seul meut la matiere [16].

Quand j’auroi le loisir de travailler à l’article du prince de Condé pour le Sup[p]lem[en]t de mon Diction[n]aire [17] je relirai avec soin la vie que vous en avez publiée [18] et que je trouvai tres bonne à la premiere lecture du present qu’il vous plut de m’en faire. Le pretendu Du Buisson a fait quelques plaintes dans ses Memoires d’Artagnan [19] de ce que l’ Histoire du pr[in]ce de Condé faite en Hollande ne contenoit point certaines choses dont il fait mention. Je ne sai s’il en veut à celle de Mr La Brune [20] ou à la votre.

Il ne me reste de place que pour vous asseurer que je suis avec beaucoup d’amitié et d’estime, Monsieur, votre etc. Bayle

Notes :

[1] Aucune lettre de Pierre Coste à Bayle ne nous est connue avant celle du 23 janvier / 3 février 1705 (Lettre 1653).

[2] Arent Furly (1685-1711) était devenu secrétaire de Charles Mordaunt (1658 ?–1735), 3 e earl de Peterborough et 1 er earl de Monmouth. Celui-ci, associé à Arthur Herbert et à Edward Russell, avait joué un rôle important dans l’élaboration et dans l’exécution du projet de la « Glorieuse Révolution », ce qui lui valut une promotion rapide après l’accession de Guillaume III au trône d’Angleterre. Il était proche de Locke et lui avait obtenu la charge de commissaire de la cour d’appel. Mais son impétuosité suscita la méfiance de la reine et entraîna sa disgrâce. En 1697, il subit même trois mois d’emprisonnement à la Tour de Londres. Il recommença à jouer un rôle dans la vie politique en 1699 et surtout après l’accession de la reine Anne au trône en 1702. A l’automne 1702, il fut momentanément nommé gouverneur de Jamaïque, mais l’échec de l’amiral George Rooke à Cadiz le priva des moyens d’imposer son autorité : il renonça au poste. En 1703, il collabora avec Lord Somers, Lord Devonshire et Gilbert Burnet dans l’opposition à la loi sur la « conformité occasionnelle ». Le 31 mars 1705, il devait être nommé commandant en chef des troupes de la marine et joint admiral de la marine dans le contexte de la guerre espagnole (1705-1707), mais ses initiatives dans ce contexte entraînèrent une mise en question de sa compétence et sa démission fin 1706. Après la chute du gouvernement Whig en 1710, Peterborough fut remis en selle et instrumentalisé par Harley contre Marlborough et Godolphin. Il devait ensuite remplir différentes missions diplomatiques – entre autres en Savoie, où il s’accompagna de son chapelain, George Berkeley, dont il avait fait la connaissance par l’intermédiaire de son ami Jonathan Swift – avant de se retirer de la vie politique en 1715. On voit que, jusqu’à sa mort fin 1711, Arent Furly était au cœur de la vie politique et même militaire de la Grande-Bretagne. Voir sa lettre écrite de Barcelone le 20 novembre 1705 (Lettre 1688), ODNB, art. « Peterborough », de J.B. Hattendorf, et Pitassi, Inventaire Turrettini, s.v. La date de la naissance d’Arent Furly découle de la mention par son père, Benjamin, dans sa lettre à Locke du 9/20 août 1700 (éd. E.S. de Beer, n° 2754), qu’Arent était âgé à cette date-là de quinze ans et demi.

[3] Sur l’ouvrage de Locke traduit par Coste, Que la religion chrétienne est très raisonnable, voir Lettre 1258, n.32. Malheureusement, le commentaire de Coste dans sa lettre à Bayle est perdu.

[4] Voir Locke, Que la religion est très-raisonnable, éd. citée, chap. X : « Jésus étant sur le point de mourir se fait connoître plus ouvertement à ses disciples ; cependant il ne leur ordonne de croire autre chose, sinon qu’il est le Messie ». L’enjeu est évidemment celui du statut du dogme de la Trinité et du Christ dans les articles de la foi réformée et anglicane et dans le socinianisme.

[5] « Les abstractions ne mentent pas. » Maxime scolastique : Thomas d’Aquin, Somme théologique, première partie, quest. VII, art. III, empruntée à Aristote, Physique, II, 2, 193b 34-35.

[6] Sur le séjour de Shaftesbury à Rotterdam entre août 1703 et août 1704, voir Lettres 1595, n.2, et 1611, n.12. Le commentaire de Le Clerc dans sa lettre adressée à Locke le 24 juin 1704 donne une image plus sombre du séjour de Shaftesbury à Rotterdam, mais Le Clerc ignorait sans doute (ou faisait semblant d’ignorer) les contacts entre Shaftesbury et Bayle : « Mylord Shaftesbury est toujours à Rot[t]erdam, où il ne voit presque personne. J’ai peur que ce seigneur n’ait eu quelque chagrin, et qu’il ne donne dans la mélancholie. Ce seroit un très-grand dommage. Je l’ai vû ici [à Amsterdam] avec beaucoup de plaisir, et si j’en avois le temps, j’irois à Rotterdam pour le voir. Il me parla beaucoup de l’étude de la langue gre[c]que. Ce seroit en effet un agréable amusement pour lui, s’il avoit quelcun qui l’aidât en cela et qui lui aplanît les difficultez, ce qu’il ne sauroit trouver à Rot[t]erdam. » (éd. Sina, n° 365, ii.449 ; éd. E.S. de Beer, n° 3559, viii.324).

[7] Bayle avait envoyé un « billet » à Moïse Amyraut le fils avec sa lettre du 27 décembre 1703 adressée à Coste : voir Lettre 1614, n.15.

[8] Voir la RQP, I re partie, §XXIX : « De l’abbé Cotin », OD, iii.551-553, qui traite du ridicule jeté sur Cotin par Boileau et par Molière : « Cotin qui n’avoit eté dejà que trop exposé au mépris du public dans les satires de Mr Despréaux, tomba entre les mains de Moliere, qui acheva de le ruiner de réputation, en l’immolant sur le théâtre à la risée de tout le monde. »

[9] Molière, Les Femmes savantes, acte III, sc. 2 : Trissotin lit devant les fammes savantes assemblées son Sonnet à la princesse Uranie sur sa fièvre : « Votre prudence est endormie, / De traiter magnifiquement, / Et de loger superbement / Votre plus cruelle ennemie. // Faites-la sortir, quoi qu’on die, / De votre riche appartement, / Où cette ingrate insolemment / Attaque votre belle vie. // Quoi ? sans respecter votre rang, / Elle se prend à votre sang, / Et nuit et jour vous fait outrage ! // Si vous le conduisez aux bains, / Sans la marchander davantage, / Noyez-la de vos propres mains. » Le sonnet se trouve, en effet, dans les Œuvres galantes en prose et en vers (Paris 1663, 1665, 12°), p.386, de l’abbé Charles Cotin (1604-1681), mais Molière a modifié le titre d’origine, qui était Sonnet. A Mlle de Longueville, à présent duchesse de Nemours, sur sa fièvre quarte, – sans doute, comme le suggère G. Couton, afin d’éviter que le ridicule dont il couvrait le sonnet et son auteur n’éclabousse la duchesse de Nemours (éd. G. Couton, ii.1471, n.1 de la p.1022).

[10] Voir l’HOS, juillet et août 1703, art. II.

[11] Voir l’HOS, juillet et août 1703, art. II, in fine, p.343. Des Maizeaux consacre une note substantielle à cette erreur, dont l’essentiel est reproduit dans l’édition 1820 du DHC, art. « Hobbes (Thomas) », viii.160. La note entière a un certain intérêt pour les historiens de l’héritage de Hobbes : « Mr Kortholt donna, en 1701, une seconde édition du livre de son pere, De tribus impostoribus, et y ajoûta une préface, où il dit parlant de Hobbes : de Hobbii autem vita et scriptis [...] evolvat librum [...] editore R.B. qui est Radolphus Bathurst S.T.D. Latinorumque in Anglia poetarum facile princeps, amicus Hobbii, ac fautor meus plane singularis. Mr Bayle se fondant sur le témoignage de Mr Kortholt, et sur le titre de son édition de la Vie de Hobbes, remarqua dans sa RQP, tom. I, chap. LVII, p.626 ( OD, iii.628) que Mr Bathurst étoit auteur d’une partie de la Vie de Hobbes. “[C’est Bayle qui parle.] Voici ce qu’on voit au titre de cet ouvrage, magni philosophi Thomas Hobbes Malmesburiensis vita, partim per se ipsum, et reliqua per Dr R.B. conscripta. Je n’ai que l’édition in-12° qui fut faite je ne sai où l’an 1682 sur celle de Londres.” Mais ces mots partim per se ipsum, et reliqua per Dr R.B. conscripta, ont été ajoûtez à l’édition dont se servoit Mr Bayle : ils ne se trouvent point dans celle de Londres. Mr Bayle ayant appris qu’il avoit été mal informé, pria M. de Beauval d’en avertir le public : ce qu’il fit à la fin de l’extrait du premier tome des Provinciales. “Mr Bayle”, dit-il, “a dit sur la foi de Mr Kortholt, dont il cite une préface, que l’auteur d’un partie de la Vie de Thomas Hobbes se nomme Radulph Bathurst ; mais il a été averti depuis que son livre a paru à Londres, que Mr Kortholt s’est trompé, et que c’est un médecin nommé Richard Blackburn qui a fait cette partie de la Vie de Hobbes.” Cependant [c’est désormais Des Maizeaux qui commente] Mr Kortholt ne dit pas que Mr Bathurst est l’auteur d’une partie de la Vie de Hobbes, mais seulement qu’il est l’éditeur du volume qui contient cette Vie. Comme Mr Bayle n’étoit pas à portée de discuter ce fait, j’y suppléerai en peu de mots. Il parut à Londres en 1681, Thomas Hobbes Malmesburiensi Philosophi Vita (Carolopoli 1681, 8°). Ce volume contient trois pieces : 1. Thomas Hobbes Malmesburiensi Vita. Cette piece est fort courte. 2. Vita Hobbiana Auctarium. L’auteur dit que Mr Aubr[e]y, ami de Hobbes, l’avoit engagé à écrire cet ouvrage, et lui en avoit fourni les matériaux. 3. Thomas Hobbes Malmesburiensi Vita carmine expressa. Authore seipso. Cette troisième piece avoit été publiée in-4°, trois semaines après la mort de Hobbes, qui arriva le 14 de décembre 1679. Tous ces écrits sont précédez d’un avertissement de l’éditeur, qui ne se désigne que par ces deux lettres R.B. Mr Wood dans son Athenæ Oxonienses attribuë la première piece à Hobbes lui-même ; mais ceux qui ont connu particulièrement Mr Rymer, qui a publié les Traitez de paix, etc., assurent qu’il en est l’auteur. On sait d’ailleurs qu’il étoit grand ami de Hobbes, et qu’il a fait la préface de son Histoire ecclésiastique, écrite en vers latins, et imprimée en 1688. A l’egard de l’ Auctarium, on croit communément qu’il est de Mr Richard Blackburn, médecin, mort en 1716. On lui donne aussi l’ Avertissement qui est à la tête de ce recueil. Cependant, celui qui l’a composé ne fait pas connoître qu’il ait eu part à aucune des pieces qui suivent : il n’en parle que comme simple éditeur ; et c’est apparemment ce qui a donné lieu à la conjecture de Mr Kortholt. »

[12] Dans son annotation de cette lettre, Des Maizeaux suggère que l’ Essai de Locke n’est pas loin d’adopter cette « hypothèse » et qu’apparemment « l’aveu que Mr Coste en avoit fait à Mr Bayle, a fourni le sujet de cette réponse ». Voir aussi l’allusion, dans la lettre de Samuel Bold à Locke du 25 janvier / 5 février 1703 (éd. E.S. de Beer, n° 3243, vii.740), à la tentative de Joseph Raphson de démontrer que Dieu est l’espace infini (« God is infinite space ») : il s’agit sans doute d’une allusion à l’appendice de son ouvrage Analysis æquationum universalis seu ad æquationes algebraicas resolvendas methodus generalis et expedita ex nova infinitarum serierum methodo deducta ac demonstrata. Editio secunda, cui accessit Appendix de infinito infinitarum serierum progressu... cui etiam annexum est de spatio reali seu ente infinito conamen mathematico-metaphysicum (Londini 1697, 1702, 4°) et d’une thèse que Raphson devait développer dans son ouvrage ultérieur, Demonstratio de deo sive Methodus ad cognitionem Dei naturalem brevis ac demonstrativa (Londini 1710, 4° ; Lipsiæ 1712, 8°).

[13] David Derodon (1600-1664), Opera philosophica hactenus in lucem edita (Genevæ 1668, 4°) : les différentes parties avaient paru auparavant en traités distincts.

[14] Voir O.R. Bloch, La Philosophie de Gassendi, chap. XIII : « L’élaboration des concepts métaphysiques », et XIV : « La métaphysique de Gassendi », p.379-473.

[15] Voir D. Moreau, Deux cartésiens. La polémique entre Antoine Arnauld et Nicolas Malebranche (Paris 1999).

[16] Sur l’occasionalisme de Malebranche, voir M. Gueroult, Malebranche, tome II : L’ordre et l’occasionalisme (Paris 1959) ; F. Alquié, Le Cartésianisme de Malebranche (Paris 1974) ; D. Moreau, Deux cartésiens, op. cit. Voir le commentaire sur ce passage de T.M. Lennon, « Gassendi et Bayle : deux acolytes de Clio », in S. Murr (dir.), Gassendi et l’Europe (Paris 1997), p.165-174 ; T. Ryan, Pierre Bayle’s Cartesian Metaphysics (New York, Abingdon 2009, p.19-21 ; V. Le Ru, La Crise de la substance et de la causalité. Des petits écarts cartésiens au grand écart occasionaliste (Paris 2003), et son article « La réception occasionaliste de Descartes : des Malebranchistes à l’ Encyclopédie  », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 38 (2005) : La formation de D’Alembert : http://rde.revues.org/308 (consulté le 21 décembre 2014).

[17] Dans le DHC, Bayle mentionne à plusieurs reprises Louis II, prince de Bourbon-Condé, mais ne lui consacre pas d’article distinct. Il pense ici sans doute à la RQP, tome I, §VI : « Fausse lettre insérée dans les Mémoires du duc de Rohan », où il est question de Condé. Il apparaît aussi dans le §XLVIII du même tome : « Du maréchal de Lorge », et dans le §LIV : « Si Catherine de Médicis a fait frap[p]er une médaille pour marquer le culte qu’elle rendoit au Démon ». Coste avait dû commenter l’un ou l’autre de ces chapitres dans sa lettre perdue.

[18] Pierre Coste, Histoire de Louis de Bourbon, II e du nom, prince de Condé (Cologne 1693, 1695, 12°).

[19] Sur cet ouvrage de Courtilz de Sandras, voir Lettres 1492, n.1, 1524, n.2, et 1616, n.6.

[20] Jean de La Brune (ou Labrune, ?-1743), Mémoires pour servir à l’histoire de Louis de Bourbon, prince de Condé (Cologne 1693, 12°, 2 vol.). L’auteur, originaire du Vivarais, pasteur et fils de pasteur, coauteur du Voyage en Suisse, relation historique contenue en douze lettres écrites par les sieurs Reboulet et La Brune à un de leurs amis de France (Marbourg 1685, 12° ; 2 e éd. La Haye 1686, 8°), de La Vie de Charles V, duc de Lorraine et de Bar (Amsterdam 1691, 12°), d’une Relation de la campagne d’Irlande en 1691 (Amsterdam 1693, 12°) et de plusieurs autres ouvrages, était un journaliste connu, qui a collaboré au Mercure historique et politique (Parme, La Haye 1687-1779, 12°) entre juin 1695 et juin 1710. Voir J. Sgard, Dictionnaire des journalistes (art. d’A. Juillard), et Lettre 891, n.34. Dans son exemplaire de l’édition de 1686 du livre de Deckherr, De scriptis adespotis (sur cet exemplaire, voir notre tome XIV, annexe II), Bayle ajoute la note manuscrite suivante sur Jean de La Brune : « La Brune ministre [ sic] d’une Relation en forme de lettres d’un voiage de Suisse, est l’auteur de l’ Histoire des revolutions d’Angleterre, de La Morale de Confucius, et de la version francoise des lettres latines de Mr Claude, des 4 discours à Mgr le Dauphin intitulés Le Salut de la France, imprimez 2 fois en moins de rien en 1690. »

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