Lettre 1627 : Gottfried Wilhelm Leibniz à Sophie-Charlotte de Brunswick, reine en Prusse

Hanover ce 8 May 1704

Je suis ravi d’apprendre que le mal de M lle de Pelniz [1] n’est pas ce qu’on avait craint et qu’elle sera bientost ou est dejà auprès de V[otre] M[ajesté].

Une dame angloise nommée Mylady Masham [2], m’ayant fait present d’un livre de feu son pere, nommé Mr Cudworth, qui est un in folio, intitulé Systeme intellectuel [3], le remerciement que je luy en ay fait, m’a attiré une réponse fort obligeante en anglois [4] où elle me demande quelque éclaircissement sur ce qu’elle a vû de moy dans Mr Bayle et dans le Journal des savans. Là dessus j’ay esté obligé de luy écrire dernierement une lettre un peu ample, où je luy ay mandé que mon grand principe des choses naturelles est celuy de Harlequin empereur de la lune (à qui je n’ay pourtant point fait l’honneur de le citer), que c’est toujours et partout en toutes choses tout comme icy [5]. C’est à dire que la nature est uniforme dans le fond des choses, quoyqu’il y ait de la variété dans le plus et dans le moins et dans les degrés de perfection. Ce qui donne une philosophie la plus aimée et la plus concevable du monde. Je compare premierement les autres creatures avec nous mêmes.

Nous trouvons des corps, comme les humains par exemple, où il y a de la perfection. Mais cette petite partie de la matiere qui les compose, seroit trop privilégiée, si elle avoit seule un avantage qui la distingueroit infiniment et meme essentiellement de toutes les autres qui l’environnent. Il faut donc juger qu’il y a de la vie et de la perception partout. Mais comme nos propres perceptions sont tantost accompagnées d’une reflexion, et tantost non, et sont plus ou moins claires et distinctes, il est aisé de juger qu’il [y] aura des estres vivan[t]s dont la perception sera obscure et confuse, et même sans reflexion, laquelle est en nous la mere des sciences. Cette même uniformité de la Nature, mais accompagnée de richesse et d’ornemens me fait juger que nous ne sommes pas les seuls estres à reflexion dans l’univers, et qu’il y en aura même qui nous passent merveilleusement, et c’est ainsi que nous concevons ce qu’on appelle genies. Cependant ce sera encore tout comme icy dans le fond, et ces genies, à mon avis, seront encor[e] accompagnés de corps organiques dignes d’eux, d’une subtilité et force proportionnée à la connoissance et à la puissance de ces esprits sublimes. Et suivant ce principe, il n’y aura jamais des ames separées, ny des intelligences entierement detachées de la matiere, excepté l’esprit souverain, auteur de tout et de la matiere même.

Jusqu’icy j’ai comparé les creatures ensemble que je trouve toutes convenir dans le fond : comparons maintenant leur estat passé et futur avec l’estat present. Et pour cela je dis que depuis le commencement du monde, et pour tout le temps à venir, c’est tousjours et sera tout comme icy et tout comme à présent dans le fond des choses, non seulement à l’egard des differen[t]s estres, mais encor à l’egard d’un estre comparé avec soy même. C’est à dire que chaque estre vivant ou doué de perception le demeurera tousjours, et gardera tousjours des organes proportionnés. La perception aussi bien que la matiere estant universelles selon les lieux, le seront aussi selon les temps, c’est à dire non seulement chaque substance aura de la perception et des organes, mais encor elle les aura tousjours. Je parle icy d’une substance, mais non pas d’un simple assemblage de substances, comme pourroit estre un trouppeau d’animaux ou un vivier plein de poissons, où il suffit que les brebis et les poissons ayant de la perception et des organes, quoyqu’il faille juger que dans l’intervalle, comme dans l’eau du vivier entre les poissons, il y aura encor d’autres choses vivantes, mais plus petites, et il en sera tousjours ainsi sans aucun vuide. Or il n’est point concevable comment la perception puisse commencer naturellement non plus que la matiere. Car quelque machine qu’on s’imagine, ce ne sera tousjours que choc des corps, grandeur, figure, mouvemens, qu’on concevra produits par son moyen, ce que nous entendons bien estre autre chose que perception ; ne pouvant donc commencer naturellement, elle ne doit point finir non plus. Et la difference d’une substance d’elle même, ne pourra pas estre plus grande que d’une substance à l’autre. C’est à dire, la même substance peut avoir seulement la perception tantost plus tantost moins vive, et plus ou moins accompagnée de reflexion.

Et rien ne pourra détruire tous les organes de cette substance, estant essentiel à la matiere d’estre organique et artificieuse partout, parce qu’elle est l’effet et et l’emanation continuelle d’une souveraine intelligence, quoyque ces organes et artifices se doivent trouver le plus souvent dans les petites parties qui nous sont invisibles, comme il est aisé de juger par ce qu’on voit. En quoy a encor lieu la maxime que c’est tout comme icy dans l’invisible comme dans le visible. D’où il s’ensuit encor que naturellement et parlant suivant la rigueur metaphysique, il n’y a generation, ny mort, mais seulement developpement et enveloppement d’un même animal. Autrement il y auroit trop de saut, et la nature sortiroit trop de son caractere d’uniformité par son changement essentiel inexplicable. L’experience confirme ces transformations dans quelques animaux, où la nature meme nous a monstré un petit échantillon de ce qu’elle cache ailleurs. Les observations aussi font juger aux plus industrieux observateurs, que la génération des animaux n’est autre chose qu’un accroissement joint à la transformation ; ce qui fait bien juger que la mort ne peut estre que le contraire, la difference estant seulement que dans un cas le changement se fait peu à peu, et dans l’autre tout d’un coup et par quelque violence. D’ailleurs l’experience monstre encor qu’un trop grand nombre de petites perceptions peu distinguées comme qui suivent un coup de teste, nous étourdit, et que dans une defaillance il arrive que nous nous souvenons et devons nous souvenir aussi peu de ces perceptions que si nous n’en avions aucunes. Donc la regle de l’uniformité ne nous doit point faire faire un autre jugement de la mort même dans les animaux suivant l’ordre naturel, puisque la chose est aisée à expliquer de cette façon deja connue et experimentée et est inexplicable de toute autre maniere : n’estant pas possible de concevoir comment commence ou finit l’existence ou l’action du principe perceptif, ny sa separation non plus. Au reste il est aisé de juger que la suite de ces changemen[t]s d’un animal aura sans doute encor[e] un tres bel ordre et tres capable de satisfaire puisqu’il y a ordre et artifice partout. Pour en donner quelque idée legere, je comparerois ces estres avec des hommes qui voudroient monter une haute montagne revestue de verdure, mais escarpée comme un rempart ayant quelques reposoirs ou degrés par intervalles, où apres avoir grimpé et approché d’un reposoir ou banquet ils retombent quelques fois tout d’un coup sur un autre plus bas, et sont obligés à un nouveau travail. Cependant ils ne laissent pas de gagner peu à peu un degré après l’autre. Et quelques fois on recule pour mieux sauter. Mais l’ordre de la Providence traite les estres à reflexion d’une maniere toute particuliere, et qui est sans doute la plus convenable et même la plus souhaitable.

Mais dira-t-on, comment la matiere peut-elle agir sur l’ame ou sur l’estre à perception, et comment aussi l’ame peut-elle agir sur la matiere ? Car nous remarquons en nous que le corps obeit souvent à la volonté de l’ame, et que l’ame s’apperçoit des actions des corps : et cependant nous ne concevons aucune influence, entre ces deux choses. Les anciens philosophes ont abandonné la difficulté comme desesperée, car on trouve qu’en effect ils ne disent rien là dessus. Les modernes ont voulu couper le nœud gordien avec le glaive d’Alexandre, et ils ont fait intervenir le miracle dans une chose naturelle, comme les divinités de theatre pour un denouement d’opera : car ils pretendent que Dieu accommode à tout moment l’ame avec le corps et le corps avec l’ame, et qu’il s’y est obligé en vertu d’un pacte ou de volonté generale. Mais cela va directement contre le principe de l’uniformité de la nature. Ordinairement les corps feront leur[s] effects entre eux selon les loix mechaniques et intelligibles, mais tout d’un coup, quand l’ame voudra quelque chose, une divinité viendra troubler cet ordre des corps et detournera leur cours ? Quelle apparence ?

Cependant c’est l’opinion du P[ère] de Malebranche et des cartesiens modernes, et Mr Bayle tout habile qu’il est, a bien de la peine à en revenir [6], quoyqu’il me semble que je l’aye fait balancer. Que faire cependant ?

Le dénouement est tout trouvé par nostre principe ordinaire. Quand nous voyons les corps suivre les loix mechaniques du choc dans quelque machine, et l’ame suivre les loix morales du bien et du mal apparent dans quelque deliberation : disons des autres cas que nous ne voyons pas ou que nous ne demelons pas si bien, qu’il en est de même, et que c’est tout comme icy. C’est à dire, expliquons les choses dont nous n’avons qu’une connoissance confuse, par celles dont nous en avons une distincte, et disons que tout se fait mechaniquement dans le corps, ou suivant les loix du mouvement, et que tout se fait moralement dans l’ame, ou suivant les apparences du bien et du mal, tellement que même dans nos instincts ou dans les actions involontaires ou le seul corps paroist avoir part, il y a dans l’ame un appetit du bien ou une fuite du mal qui la pousse, quoyque nostre reflexion ne puisse point en demeler la confusion. Mais si l’ame et le corps suivent ainsi chacun ses propres loix à part, comment se rencontrent-ils et comment est-ce que le corps obeit à l’ame, et que l’ame se ressent du corps ?

Pour expliquer ce mystere naturel il faut bien recourir à Dieu, comme il faut lorsqu’il s’agit de donner la raison primordiale de l’ordre et de l’art dans les choses ; mais ce n’est qu’une fois pour toutes, non pas comme s’il troubloit les loix des corps, pour les faire répondre à l’ame, et reciproquement, mais qu’il a fait les corps par avance, en sorte que, suivant leur[s] loix et tendances naturelles des mouvemens, ils viendront à faire ce que l’ame demandera, quand il en sera temps ; et qu’il a fait encor les ames en sorte que, suivant les tendances naturelles de leur appetit, elles viendront ainsi tousjours aux representations des estats du corps. Car comme le mouvement mene la matiere de figure en figure, l’appetit mene l’ame d’image en image. Tellement que l’ame est faite dominante par avance et obéie des corps autant que son appetit est accompagné de perceptions distinctes, qui la font songer aux moyens convenables, quand elle veut quelque chose ; mais qu’elle est assujettie au corps encor[e] par avance en tant qu’elle va à des perceptions confuses. Car nous experimentons que toutes les choses tendent au changement, le corps par la force mouvante et l’ame par l’appetit qui la mene à des perceptions distinctes ou confuses, selon qu’elle est plus ou moins parfaite. Et il ne faut point s’emerveiller de cet accord primordial des ames et des corps, tous les corps estant arrangés suivant les intentions d’un esprit universel, et toutes les ames estant essentiellement des representations ou miroirs vivans de l’univers suivant la portée et le point de veue de chacune, et par consequent aussi durables que le monde luy même. C’est comme si Dieu avoit varié l’univers autant de fois qu’il y a d’ames, ou comme s’il avait créé autant d’univers en raccourci convenan[t]s dans le fond, et diversifiés par les apparences. Il n’y a rien de si riche que cette uniforme simplicité accompagnée d’un ordre parfait. Et l’on peut juger si chaque ame à part doit estre parfaitement bien ajustée, puisqu’elle est une certaine expression de l’univers, et comme un univers concentré, ce qui se verifie encor de ce que chaque corps et le notre aussi par consequent, souffre quelque chose de tous les autres, et par consequent l’ame y prend part aussi.

Voila en peu de mots toute ma philosophie, bien populaire sans doute, puisqu’elle ne reçoit rien qui ne réponde à ce que nous expérimentons, et qu’elle est fondée sur deux dictons aussi vulgaires que celuy du theatre italien, que c’est ailleurs tout comme icy et cet autre du Tasse : che per variar natura è bella [7], qui paroissent se contrarier, mais qu’il faut concilier en entendant l’un du fond des choses, l’autre des manieres et apparences. Cela paroist passablement bon pour des personnes qui aiment la recherche de la verité, et qui sont capables de la penetrer ; mais je ne say s’il ne paroistra trop bas et trop vil pour celles du premier ordre, comme l’est Votre Majesté, ce que je n’entends pas du costé du rang, mais de l’esprit. J’apprehende qu’il auroit fallu ou ne vous rien dire, Madame, de telles choses, ou vous en proposer de plus sublimes, que quelque autre trouvera mieux que moy. Cependant les bagatelles pourront amuser peut estre durant quelque moment si elles servent au moins à cela, j’en seray content, estant avec devotion, Madame, de V[otre] M[ajes]té, etc.

Notes :

[1] Le nom de « M lle de Pelniz » revient souvent sous la plume de Leibniz dans sa correspondance : il s’agit de Henriette Charlotte von Pöllnitz (vers 1670-1722) ; femme de chambre de la reine Sophie Charlotte depuis 1688, elle était « première femme de chambre » ou plutôt dame de compagnie et même confidente et amie intime de la reine depuis 1701. Entre 1697 et 1704, elle contribua des textes pour plusieurs livrets d’opéras de Bartolomeo Ortensio Mauro. On en connaît un beau portrait peint par Matthäus des Angles vers 1700. Lors de la création de la Société (par la suite nommée Académie) des sciences de Berlin, au printemps 1700, Leibniz avait séjournée à Lützenburg (futur Charlottenburg), le palais de Sophie Charlotte à l’extérieur de la ville et y avait débattu avec John Toland et avec Jacob Heinrich von Flemming de son Système nouveau de la nature et de la communication des substances : voir Lettre 1575, n.1. Au mois de juin de la même année, il avait envoyé à Sophie Charlotte, par l’intermédiaire de M lle von Pöllnitz, une version simplifiée de son Système nouveau, tout en confiant à la dame de compagnie que la dernière partie de son écrit contenait une analogie mathématique que la reine ne pourrait guère apprécier. En 1701, Sophie Charlotte se plaignait des simplifications que Leibniz introduisait par égard pour elle dans sa présentation de son Système nouveau. Début 1702, de retour de Hanovre, la reine demandait à Leibniz de revenir d’urgence à Lützenburg à Pâques, car M lle von Pöllnitz avait acquis un livre de mathématiques que la reine ne pouvait déchiffrer sans l’aide du philosophe. Voir, entre autres, les différentes lettres échangées entre Leibniz, Sophie Charlotte et M lle von Pöllnitz au cours de ces années. Leibniz répond ici à la lettre de Sophie Charlotte du 6 mai 1704, où elle annonçait que ses craintes pour la santé de M lle von Pöllnitz avaient été sans fondement : « Je suis ravie de vous savoir sy bien remis Monsieur de votre incom[m]odité et com[m]e je retourne dans ma solitude, je serés ravie de vous y tro[u]ver pour me la rendre tant plus agreable[.] Je puis dire de la Pelnitz[,] je la croyez morte et ce n’estoit rien[,] cependent je suis fachée d’avoir don[n]é l’alarme à Mad. Dumont et admire Bose d’avoir mieux jugé de loin de son mal que les autres ont fait de pres. » (Akademie Ausgabe, 1704, vol. I, n° 23, lettre n° 242 [236. 246], p.339 (consultée le 3 juillet 2015). Voir le portrait de M lle von Pöllnitz sur le site : http://www.gwleibniz.com/.

[2] Damaris Masham (1659-1708) était la fille de Ralph Cudworth (1617-1688), un des « platoniciens de Cambridge » (avec Henry More et John Smith) et Master du collège de Christ Church à Cambridge. Elle avait épousé Francis Masham (vers 1646-1723) en 1685 et résidait à Oakes dans l’Essex, où Locke (rencontré dès 1682) était un hôte permanent. Le philosophe tenait Lady Masham en haute estime : les deux livres qu’elle devait publier, A Discourse concerning the love of God (London 1696, 8° ; trad. fr. Amsterdam 1705, 12°), qui vise à réfuter John Norris, un disciple de Malebranche, et Occasional thoughts in reference to a vertuous and Christian life (London 1705, 1747), qui fonde la morale en raison, ne constituent qu’un petit aspect de sa vie intellectuelle, bien mieux mise en valeur par sa correspondance avec Locke et avec Leibniz. On connaît également deux lettres de Lady Masham adressées à Shaftesbury (London, PRO 30/24/20, fol. 266-7 et 273-4). Voir M. Atherton (éd.), Women Philosophers of the early modern period (Indianapolis 1994), p.77-95 (la correspondance avec Leibniz) ; The Philosophical Works of Damaris, Lady Masham, éd. J.G. Buickerood (Bristol 2004) ; P. Laslett, « Masham of Oates », History today, 3 (1953), p.535-543 ; L. Simonutti, « Damaris Cudworth Masham : una Lady della Repubblica delle Lettere », in Scritti in onore di Eugenio Garin (Pisa 1987), p.141-165) ; S. Hutton, « Damaris Cudworth, Lady Masham : between Platonism and Enlightenment », British Journal for the history of philosophy, 1 (1993), p.29-54 ; de la même, « Damaris Masham », in P. Schuurman et S.-J. Savonius Wroth (dir.), The Continuum Companion to Locke (London, New York 2010), p.72-76 ; de la même, « Religion, Philosophy and Women’s Letters : Anne Conway and Damaris Masham », in A. Dunan-Page et C. Prunier (dir.) Debating the faith : religion and letter-writing in Great Britain, 1550-1800 (Dordrecht 2012) ; J. Broad, Women Philosophers of the seventeenth century (Cambridge 2002) ; de la même, « A Woman’s Influence ? John Locke and Damaris Masham on moral accountability », Journal of the history of ideas, 67 (2006), p.489-510 ; P. Phemister, « “All the time and everywhere everything’s the same as here” : the principle of uniformity in the correspondence between Leibniz and Lady Masham », in P. Lodge (dir.), Leibniz and his correspondents (Cambridge 2007), p.103-213 ; P. Hammou, « Enthousiasme et nature humaine : à propos d’une lettre de Locke à Damaris Cudworth », Revue de métaphysique et morale, 3 (2008), p.337-350.

[3] Ralph Cudworth, The True Intellectual System of the universe : the first part ; wherein, all the reason and philosophy of atheism is confuted ; and its impossiblity demonstrated (London 1678, folio). Sur la querelle entre Le Clerc et Bayle sur l’interprétation de la « nature plastique » de Cudworth, voir Lettre 1656, n.11, et 1667, n.10, ainsi que T.M. Lennon, « Cudworth and Bayle : an odd couple ? », in T.M. Lennon et R.J. Stainton (dir.), The Achilles of rationalist psychology (New York 2008), p.139-158, et M. Pécharman, « Cudworth on Self-Consciousness and the I Myself  », Vivarium, 52 (2014), p.287-314.

[4] Damaris Cudworth Masham à Leibniz, lettre du 29 mars 1704, éd. Leibniz, Philosophische Schriften, éd. Gerhardt, iii.337-338 ; éd. M. Atherton, Women Philosophers, éd. citée, p.80 sqq., où elle fait état de sa lecture de l’article « Rorarius » du DHC de Bayle et du Système nouveau de Leibniz publié dans le JS du 27 juin et du 4 juillet 1695.

[5] Voir la lettre de Leibniz à Lady Masham du début mai 1704, éd. Gerhardt, iii.338-343. Sur ce point, voir l’article cité de P. Phemister, « “All the time and everywhere everything’s the same as here” : the principle of uniformity in the correspondence between Leibniz and Lady Masham », in P. Lodge (dir.), Leibniz and his correspondents (Cambridge 2007), p.103-213.

[6] Sur l’occasionalisme de Malebranche, voir M. Gueroult, Malebranche, II : Les Cinq Abîmes de la Providence, 1 : L’Ordre et l’occasionalisme (Paris 1959) ; V. Le Ru, La Crise de la substance et de la causalité. Des petits écarts cartésiens au grand écart occasionaliste (Paris 2003) et son article « La réception occasionaliste de Descartes : des Malebranchistes à l’ Encyclopédie  », Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 38 (2005) : La Formation de D’Alembert, p.190-202 ; O.R. Bloch, « Molière, comédie et philosophie : la communication en question », Tangence, 81 (2006), p.97-118 ; et sur Bayle et Malebranche, voir G. Mori, Bayle philosophe (Paris 1999), p.89-154.

[7] « Qu’en variant la nature est belle : que la nature est belle par ses variations ». Voir E. Pasini, « La concordia e l’armonia, Leibniz e la globalizzazione di une tradizione europea », Revista de Filosofía de la Universidad de Costa Rica, LI (2012), p.373-381, qui indique (p.376, n.5) qu’il s’agit en fait d’un vers de Serafino Aquilano, Sonetto 86, vers 10-11 : « Ciascuno è in terra a qualche fin produtto / E per tal variar natura è bella » ( Le Rime di Serafino de’ Ciminelli dall’Aquila, éd. M. Menghini [Bologna 1894], p.124).

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