Lettre 1742 : Charles Ancillon à Pierre Bayle

[Berlin, décembre 1706]

Charles Ancillon, Traité des eunuques, dans lequel on explique toutes les différentes sortes d’eunuques, quel rang ils ont tenu, et quel cas on en a fait, etc. On examine principalement s’ils sont propres au mariage, et s’il leur doit être permis de se marier. Et l’on fait plusieurs remarques curieuses et divertissantes à l’occasion des eunuques, etc. par M*** D*** (s.l. 1707, 12°).

Epître dédicatoire à Mr Bayle

 

Monsieur

J’ai à vous rendre compte de deux choses qui me justifieront envers vous de la liberté que je pren[d]s de vous adresser cet ouvrage, et qui nous justifieront l’un et l’autre envers le public, si vous trouviez à propos de le faire mettre sous la presse pour lui en faire part [1].

La prémiére, que je ne me suis point ingéré de mon chef à traiter le sujet qui fait la matiére de cet ouvrage ; l’occasion qui m’y a engagé est assez singuliére. Il y avoit autrefois ici plusieurs eunuques italiens, musiciens, qui faisoient grosse figure. Ils se flattérent de faire de grandes et d’illustres conquêtes, mais ils se trompérent ; nos dames ne se laissérent point éblouïr, et ne se payérent point de la bagatelle. Un gentilhomme françois d’un esprit gai et enjoué les en railla par ces vers jolis et pleins de sel.

Je connois plus d’un fanfaron

A crête et mine fiére,

Bien dignes de porter le nom

De la chaponardiére.

Crête aujourd’hui ne suffit pas

Et les plus simples filles,

De la crête font peu de cas

Sans autres béatilles.

Cependant il y en a eu une qui s’est laissé charmer, et qui a prêté l’oreille aux propositions de mariage qui lui ont été faites par un des eunuques. Une personne que je considére beaucoup, m’ayant prié de lui dire mon avis, et de le lui donner raisonné par écrit, en forme de consultation, pour détourner cette jeune fille sa parente du dessein qu’elle avoit d’entrer dans un tel engagement, ou en tout cas pour s’en servir ailleurs en cas de besoin[,] j’y ai travaillé avec plaisir, et j’ai trouvé qu’insensiblement j’avois fait un livre, de sorte qu’au lieu de laisser mon ouvrage sous la forme qu’on me l’avoit demandé, je lui ai donné celle qu’il a présentement. Je vous avouë que l’extrait que l’illustre Mr de Beauval a donné du livre de Mr Bruknerus intitulé, Décisions du droit matrimonial [2], n’a pas peu contribué à m’engager dans un éxamen éxact de cette question. J’aurois extrémement souhaité qu’il eût bien souhaité dire ce qu’il en pense, et peut-être lui en fournirai-je l’occasion par ce petit essai lorsqu’il en donnera l’extrait [3].

Les personnes scrupuleuses trouveront peut-être que c’est là plûtôt l’occupation d’un homme oiseux, que d’un curieux qui cherche à s’instruire. Hujusmodi hærere quæstionibus non tàm studiosi quàm otiosi hominis esse videtur, comme parloit saint Jérôme consulté par Vitalis sur la fécondité prématurée d’ Achas [4]. Ainsi il est bon de les prévenir, ou de les détromper, en leur apprenant que la vocation de l’éxaminer m’a été légitimement adressée.

Ce n’est pas que je crusse avoir fait un mal, quand je me serois avisé, pour me divertir, et pour changer mes occupations sérieuses dans une étude plus divertissante, de traiter cette matiére. Le docte Mollerus a fait un livre qui a pour titre, Discursus duo philologico-juridici, prior de cornutis, posterior de hermaphroditis eorumque jure, uterque ex jure divino, canonico, civili, variisque historiarum monumentis, horis otiosis congesti a M. Jacobo Mollero [5] . Et cet ouvrage n’a point deshonoré son auteur, ni diminué l’estime que le public avoit pour lui. Il est difficile, je l’avouë, de parler des eunuques sans dire certaines choses capables de choquer un peu la pudeur d’une femme. Mais à l’égard de l’auteur cela ne lui fait aucun tort, il s’en faut beaucoup que son livre contienne des ordures et des saletez semblables à celles qui sont dans les Priapeia, sur lesquels Joseph Scaliger, l’un des plus grands hommes des siécles passez, a fait des annotations, sans perdre sa réputation [6]. Et à l’égard des femmes, ce qu’on dit de libre et de naturel est exprimé en latin, qui est une langue peu entenduë parmi elles. Mais quand on auroit été obligé de s’exprimer en termes capables de blesser la pudeur la plus scrupuleuse, s’ensuivroit-il qu’il auroit fallu se dispenser de discuter un droit sur lequel on voit assez souvent fonder des disputes importantes, et laisser les choses, à cet égard dans le doute et dans la confusion ? Certes je ne crois pas que personne le prétende ainsi : en tout cas cette prétention seroit aussi ridicule que celle de certaines gens qui aimeroient mieux qu’on eût laissé périr, ou souffrir tout le genre humain, que d’avoir fait des traitez de médecine et de chirurgie, qui le conserve, qui le préserve, et qui le soulage, parce qu’on a été obligé de nommer les choses par leur nom et sans déguisement, et de parler à découvert de toutes les parties les plus secrettes du corps humain. J’espére que le public sera équitable sur ce sujet. J’aurois eu plus à craindre du redoutable Mr Bernard [7] que d’aucun autre, parce que je connois sa délicatesse et sa sévérité, qui ne pardonnent point les moindres fautes, et qui en trouvent même dans des choses qui ont l’approbation des gens qu’il croit aisément être d’un goût au-dessous du sien. Mais que pourra-t-il me dire, lui qui annonce avec tant de soin un livre qui a pour titre, Les Cérémonies du mariage telles qu’on les pratique présentement dans toutes les parties du monde, ouvrage très divertissant, sur tout pour les dames, écrit en italien par le s[ieu]r Gaya, troisiéme édition à laquelle on a ajoûté d’amples notes et des remarques sur le mariage, avec le miroir des personnes mariées, ou les aventures capricieuses du chevalier H... avec ses sept femmes, écrites par lui-même dans le tem[p]s de sa prison, et mises en anglois moderne par Mr Thomas Brown [8] , in 8 pag. 161, et d’avertir ensuite le public, que les notes qu’on a mises au bas des pages sont très enjouées, et qu’on n’y épargne pas les prêtres. On sçait combien de contes sales on a accoûtumé de faire sur leur sujet, et combien de vilenies on met sur leur com[p]te. Je ne sçai point au reste, si ce Docteur Thomas Brown dont Mr Bernard fait ici mention, est ce savant Mr Brown chanoine de Windsor, ami intime de Mr Isaac Vossius qui lui a dédié son Traité des oracles sybillins [9], ou cet Ecossois qui a fait un Traité des fiévres continuës imprimé à Edimbourg en 1695 [10], ou si c’est ce Thomas Brown docteur anglois qui a fait la Religion du médecin [11]. Ce qui me feroit douter que ce fût le prémier, seroit qu’il ne s’est appliqué qu’à des études graves et sérieuses, comme on le remarque par ce que Colomiez dit de lui dans sa Bibliothéque choisie [12]. Ce qui me feroit douter aussi que ce fût le second, c’est la timidité qu’il fait paroître dans la préface de son livre, en y déclarant qu’il a eu bien de la peine à se résoudre à produire cet essai touchant les fiévres continuës ; qu’il redoutoit le génie railleur et satirique si commun à ceux de sa nation ; que la même frayeur étouffe tous les jours des productions très dignes de voir le jour. Qu’il s’est pourtant déterminé à paroître en public pour ne pas sortir du monde comme un citoyen inutile et paresseux. Qu’il hazarde ce systême nouveau, et qu’il sacrifie ses scrupules à l’utilité publique. Et si c’est le troisiéme, vous sçavez, Monsieur, ce qu’en a dit Patin, car vous le rapportez dans vos Nouvelles de la république des lettres [13]. C’est, dit-il, un mélancholique agréable en ses pensées, mais qui à mon jugement cherche maître en fait de religion comme beaucoup d’autres, et peut-être qu’enfin il n’en trouvera aucune. Il faut dire de lui ce que Philippe de Com[m]ines a dit du fondateur des Minimes, l’hermite de Calabre François de Paule, il est encore en vie, il peut aussi bien empirer qu’amender. On a mis cette pensée de Patin dans le Patiniana [14] un peu déguisée à l’égard du tour et de l’expression, mais la même absolument dans le fond. Si, dis-je, c’est ce Thomas Brown auteur du livre Religio medici, qu’on pourroit intituler aussi bien, Medicus Religionis, comme il est dit dans le Patiniana, qui a traduit en anglois moderne, ces Cérémonies du mariage que Mr Bernard annonce avec tant de soin, et si obligeamment au public, c’est apparemment un livre dont la matiére n’est pas trop chaste, ni les expressions trop scrupuleuses et trop châtiées. Je n’en parle que par conjecture, car j’avouë que la récommandation de Mr Bernard ne m’a point engagé à le chercher, à l’acheter, et à le lire. Je ne connois que ces Brown. Il y a bien un docteur en théologie originaire du Palatinat et présentement professeur en langue hébraïque dans l’académie des Groningue, auteur de quelques dissertations très curieuses, qui se nomme Brawn [15] ; mais Mr Bernard est trop éxact pour avoir confondu Brown avec Brawn, quelque ressemblance qu’il y ait dans ces noms, et quelque facilité qu’il y ait à s’y méprendre [16].

La seconde chose dont j’ai à vous rendre compte, est le motif qui me porte à vous adresser cet ouvrage [17]. Je n’en ai point d’autre, Monsieur, que l’estime toute particuliére que j’ai pour vous, et le cas que je fais de l’amitié dont vous m’honorez. Je me suis flatté que vous ne voudriez pas laisser paroître en public un livre qui pourroit nuire à la réputation de son auteur, qui est un de vos anciens amis, et qui se repose sur vous du soin de l’éxaminer et de juger s’il mérite d’être mis sous la presse : et je me suis persuadé que si vôtre jugement lui étoit favorable, je n’avois rien à craindre de la part du public, parce que je pouvois espérer une approbation générale, ou en tout cas être assuré d’avoir en vous un puissant appui contre le mauvais goût et contre la critique maligne, qui pourroient m’entreprendre. Je n’ai garde de faire ici vôtre panégyrique à l’imitation de ceux qui font des épîtres dédicatoires, vos propres ouvrages font votre éloge, et le jugement favorable et glorieux que le pubic en fait, vous est infiniment plus honorable que toutes les louanges qu’on pourroit vous donner dans une épître. Je finis donc celle-ci en vous assurant que je me sers avec plaisir de cette occasion que j’ai souvent recherchée de pouvoir vous donner un témoignage public de la considération particuliére avec laquelle je suis, Monsieur, vôtre très humble et très obéïssant serviteur, C. d’Ollincan [18]

Notes :

[1] L’auteur feint de soumettre son opuscule à Bayle pour que celui-ci le fasse imprimer s’il le trouve bon, mais en fait le livre fut vraisemblablement publié à Berlin. Le thème de l’ouvrage est assez inattendu par rapport aux projets évoqués par Ancillon dans ses lettres précédentes (Lettres 1429, n.2, 1545, n.5, et 1560, n.6). La dédicace à Bayle est sans doute un écho de l’ Eclaircissement sur les obscenitez publié dans la deuxième édition du DHC.

[2] Henri Basnage de Beauval, HOS, février 1706, art. VII, p.84-94 : compte rendu de l’ouvrage de Hieronymus Brückner (1639-1693), Decisiones Iuris Matrimonialis Controversi : Quibus tam ea, quae per proximos Triginta et amplius Annos de Causis Matrimonialibus inter Eruditos variis Scriptis pro et contra disputata sunt, quam alia communiter recepta opiniones et sententia, secundum normam Scripturæ S. Principia Juris naturalis et positivi, atque Regum, Electorum, Principum et flatuum Evangelicorum constitutiones matrimoniales examinantur, deciduntur et Lectorum quorumvis Iudicio submittuntur ; in duas partes divisae, cum Indicibus necessariis. Editio secunda revisa (Gothæ 1705, 4°).

[3] Voir Henri Basnage de Beauval, HOS, décembre 1706, art. VII, p.521-535 : compte rendu de l’ouvrage de Charles Ancillon.

[4] « S’arrêter à de telles questions ne relève pas tant de l’étude que de l’oisiveté humaine. » La citation est évoquée et expliquée par Henri Basnage de Franquesnay, Les Œuvres de maître Henri Basnage, écuier, seigneur du Franquesnei, avocat au Parlement, contenant ses commentaires sur la coutume de Normandie et son traité des hipotéques. Troisièmr édition revûë, corrigée et augmentée par l’auteur, où sont ajoûtez plusieurs édits, déclarations et arrêts, tant de Sa Majesté que de la Cour, servant de réglement tant pour la coûtume de cette province, que pour la procédure (3 e éd., Rouen 1709, folio, 2 vol.), ii.32 : « Du douaire de femme », art. CCCLXIX : « Si Achas a engendré un fils à onze ans. Pour Achas la question paroît plus dif[f]icile. Saint Jérôme répondant à Vitalis qui l’avoit consulté sur ces dif[f]icultez, lui dit que selon l’ordre de la nature une telle chose étoit impossible, et que c’étoit une extravagance de croire qu’on homme fût capable d’engendrer en cet âge-là, mais que Dieu par sa Toute-puissance l’avoit permis pour reprocher à ces princes leur luxure et leur impiété ; [...] ; mais prévoiant bien que cette réponse ne satisferoit pas les curieux, il ajoûte Hujusmodi hærere quæstionibus non tam studiosi quam otiosi hominis videri ( Epistola ad Vital.). Mais ces éclaircissemen[t]s sont nécessaires pour imposer silence à ceux qui révoquent en doute la vérité des Ecritures Saintes ; et c’est pourquoi plusieurs commentateurs ont tâché de résoudre cette dif[f]iculté. »

[5] Le titre du livre de Jacob Möller est cité exactement (Francofurti, typis Christoph. Andreæ Zeitleri 1692, 4° ; Berolini 1699, 4°).

[6] Titi Petronii Arbitri equitis Romani Satyricon, cum fragmento nuper Tragurii reperto. Accedunt diversorum poetarum Lusus in Priapum [...] omnia commentariis, et notis doctorum virorum illustrata. Concinnante Michaele Hadrianide (Amstelodami, Johan Blaeu 1669, 8°), édition commentée et annotée par Joseph-Juste Scaliger et Michael Hadrianides.

[7] Jacques Bernard, rédacteur des NRL.

[8] Louis de Gaya, Marriage ceremonies ; as now used in all parts of the world. [...] Written originally in Italian, by Seignior Gaya [...] To which are added, large animadversions, and some remarks upon marriage. As also, A looking-glass for married people : [...] put into modern English. By Mr Tho. Brown (3 e éd., London 1704, 8°). L’ouvrage est en effet signalé par Jacques Bernard, NRL, janvier 1704, art. V « Extrait de diverses lettres », p.117.

[9] Isaac Vossius, De Sibyllinis aliisque quæ Christi natalem præcessere oraculis (Oxoniæ 1679, 8°), dédié à Thomas Browne (vers 1605-1673), chanoine de Windsor.

[10] Andrew Brown, De Febribus continuis tentamen Theoretico-Practicum, seu nova febrium hypothesis mechanica adaucta, ex principiis Bellini constructa ; in quâ non solum febrium antecedentia, et conseqentia dilucidé tractantur, et tota ferè animalis œconomia enucleatur : et præcipuè methodus curandi febres per Cathartica cum paregoricis à Cl. Sydenhamio primùm usurpata, non modò secundùm hanc hypothesim expenditur et ratione confirmatur, sed etiam ea experientiâ diuturnâ ampliùs exculta et adaucta traditur (Edinburghi, imprimebat Jacobus Watson 1695, 8°), ouvrage recensé par Basnage de Beauval, HOS, août 1696, art. [VII].

[11] Thomas Browne (1605-1682), célèbre auteur de Religio medici (London 1642, 8°) et de Pseudodoxia epidemica : or, enquiries into very many received tenents, and commonly presumed truths (London 1646, folio).

[12] Paul Colomiès (1638-1692), Bibliothèque choisie (La Rochelle, Pierre Savouret 1682, 8° ; n lle éd. Paris 1731, 12°), p.150 : allusion au « sçavant M. Brown, son ami intime [d’ Isaac Vossius], aussi chanoine de Windsor, et grand partisan des Septante ».

[13] Bayle, NRL, avril 1684, art. [I], compte rendu de Guy Patin, Lettres choisies de feu Monsieur Guy Patin docteur en medecine de la faculté de Paris, et professeur au College royal (La Haye, Adriaen Moetjens 1683, 12°), OD, i.25a : « M. Patin ne parle gueres des gens et des livres, sans en dire son sentiment avec beaucoup de liberté. Ainsi en parlant du livre de la Religion du médecin, il dit que celui qui l’a composé a de l’esprit, et qu’il y a de gentilles choses. C’est un mélancolique [...]. Apparemment Monsieur Patin ne sçavoit pas que ce livre avoit été composé par un médecin anglois, nommé Thomas Browne. »

[14] Naudæana et Patiniana, ou singularitez remarquables, prises des conversations de Mess. Naudé et Patin. Seconde édition revuë, corrigée et augmentée d’additions au Naudæana qui ne sont point dans l’édition de Paris [éd. Pierre Bayle et Antoine Lancelot] (Amsterdam, François vander Plaats 1703, 12°), p.25, « Je fais grand état d’un livre intitulé : Religio medici, qu’on pourroit intituler aussi bien Medicus religionis. Il est d’un medecin anglois qui est fort habile dans sa profession ; il a écrit de la verole De lue venereâ. Il cherche maître en fait de religion, et peut-être n’en trouvera-t-il aucun. On peut dire de lui ce que Philippe de Com[m]ines a dit de s[aint] François de Paule ; il est encore en vie, il peut aussi bien empirer qu’amender. »

[15] Après la publication par Jean-Baptiste Stouppe (ou Stoppa) de son attaque contre le « laxisme » néerlandais intitulée La Religion des Hollandois, représentée en plusieurs lettres écrites par un officier de l’armée du Roy, à un pasteur et professeur en theologie de Berne (Paris 1673, 12° ; Cologne, Pierre Marteau, 1673, 12°), Johannes Braun, théologien de Groningue, avait répondu par son ouvrage La Véritable Religion des Hollandois, avec une apologie pour la religion des Estats généraux des Provinces-Unies, contre le libelle diffamatoire de Stoupe (Amsterdam 1675, 12°) : voir Lettre 882, n.33. Il avait publié également Vestitus sacerdotum hebræorum, sive Commentarius amplissimus in Exodi capita XXVIII et XXIX et Levitici cap. XVI (Amstelodami 1680, 4°, 2 vol.), ouvrage qui avait fait l’objet d’une réédition augmentée à Amsterdam en 1698, puis en 1701. Braun devait mourir en 1708.

[16] La traduction du livre de Louis de Gaya était en fait de Thomas Brown (1663-1704), satiriste et traducteur, auteur des Dialogues of the living and the dead : in imitation of Lucian and the French (London 1701, 8°). Il est connu surtout par une anecdote amusante : étant sous la menace d’être expulsé de l’université d’Oxford, Brown se présenta devant le docteur John Fell, qui accepta de pardonner son offense à condition qu’il traduise spontanément le 32 e épigramme de Martial : « Non amo te, Sabidi, nec possum dicere – quare ; Hoc tantum possum dicere, non amo te » – ce qu’il fit immédiatement : « I do not like thee, Doctor Fell, / The reason why I cannot tell ; / But this I know, and know full well, / I do not like thee, Dr Fell. » Cette improvisation brillante lui évita l’expulsion et le rendit célèbre.

[17] Sans sous-estimer l’admiration de Charles Ancillon pour Bayle, on peut penser que la motivation immédiate de sa dédicace est l’humour grivois qui règne dans son livre comme dans l’ Eclaircissement sur les obscénitez publié par Bayle dans la deuxième édition du DHC en 1702.

[18] Anagramme de C[harles] Ancillon.

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