Lettre 102 : Pierre Bayle à Louise Marcombes

[Paris, le] 1 juillet 1675

• Je me sens assez bien, comme vous voyez, Mademoiselle [1], de la liberté que vous donnez aux gens. S’ils vous ecrivent à la bonne heure, s’ils ne vous ecrivent pas, vous ne le trouvez pas mauvais. Je vous avoue que cela fait quelque impression sur moi, et quand je vous dirai que cette impression est fort grande, je ne mentirai point. En effet, à peine avois-je achevé de lire la lettre que vous avez eu la bonté de m’ecrire [2], que je courus vite à ma plume, pour vous apprendre en vous repondant que je n’avois jamais veu tant d’esprit en six pages. Mais je me souvins tout aussi tot que vous ne demandiez pas tant de promptitude et mon feu se passa. Je ne sai comment j’ai peu différer si long tems à vous repondre, Mademoiselle, car comme je ne suis pas ennemi d’un plaisir spirituel, je devois faire toutes les demarches necessaires pour m’attirer une seconde fois la satisfaction de lire des choses aussi fines et aussi bien exprimées que celles que vous ecrivez et peut etre qu’en vous ecrivant je vous aurois determiné à me reïtérer cette dose si agreable, vous qui haissez mortellement de demeurer en reste. Mais ce qui est fait est fait.

J’ay toujours creu que les asseurances de mes tres humbles respects passant par vos mains avant que d’arriver à L[eurs] Exc[ellences] en seroient plus favorablement receues, et c’est ce qui fait autant qu’aucune autre chose que je vous rendis la depositaire de cet hommage. Il etoit si brut en sortant de mes mains qu’il auroit eté infailliblement rejetté, si vous n’eussiez pris la peine de le polir. Que je me sais bon gré, mademoiselle, d’avoir eu assez bon nez pour vous faire degasconner mon compliment ; c’est avec raison que je m’applaudis de cette politique, après l’obligeante reponse que Madame [3] a voulu faire aux temoignages de mon obeissance respectueuse. Je suis tellement sensible à l’honneur qu’elle me fait, que je serois monté à cheval lettre veue, pour aller rendre mes petits services à Mrs les jeunes comtes , si certaines / affaires, qu’il vous seroit inutile de specifier ne m’eussent retenu icy, bon gré mal gré que j’en eusse. Je prends la liberté de vous déposer* encore cet hommage. J’avoue qu’il a besoin que vous lui donniez la bonne grace ; mais vous n’aurez que faire de le degasconner, car il n’y a rien de gascon, et tout y est vrai [4], quelque rigoureusement qu’on le prenne.

J’ai appris avec un deplaisir incroyable les incommoditez* de Mr Manget [5], voyant bien que cela retardoit d’autant l’education des jeunes seigneurs qu’il instruisoit. Je furete par tout pour trouver quelque personne bien capable d’achever de les instruire, et j’emploie aussi mes amis dans cette recherche ; mais nous n’avons rien trouvé jusqu’ici. Ce seroit dommage que ces Messieurs perdissent leur tems, et j’aurois autant de regret à cette perte, comme* si je la faisois moi meme. Il y a apparence qu’à l’heure que je vous ecris ils ont quelque honnete homme auprès •, au pis aller, ils ont • bonne ressource etant sous les yeux de Mons r le comte, dont les grandes lumieres sont capables de supleer à tout. Puis que vous avez si bien commencé, Mademoiselle, continuez, je vous en conjure, de temoigner à S[on] E[xcellence] la gratitude avec laquelle je recois l’honneur de sa protection, et le zele que j’aurai toute ma vie pour le service de son illustre maison.

Changeons de note, s’il vous plait, Mademoiselle ; car le stile serieux me fatigue et me fait fatiguer les autres. J’oubliai dans ma derniere de vous marquer une circonstance, dont je me suis souvenu en l’endroit de votre lettre, où vous me railliez de l’embarras que vous croyez que j’ai eu pendant mon œconomie [6]. Qui* vous en croiroit, j’ai eu toutes les peines du monde de discerner le bled d’avec le foin. C’est trop m’insulter. Si je voulois faire parade de mes exploits d’agriculture, je vous dirois qu’il ne s’en est presque rien fallu que mon pays ne / m’ait eu l’obligation de la maniere de planter et cultiver les hutins [7], et sans ma retraite precipitée en cette ville [8] j’etois pour apprendre bien des choses à nos paysans, mais pour venir au point, j’oubliai de vous parler d’un nouvel embarras de mes hotes. Ils remarquoient que quand les propos de table tournoient sur l’agriculture, je ne tenois pas trop bien ma partie. Dans les auberges, on trouve volontiers des gentilshommes dont toutes les esperances sont fondées sur la recolte, et sur la fecondité de leurs troupeaux,

Brebis et bœufs, et leurs peaux, et leurs laines [9].
On y trouve aussi de ces gens qui ont beaucoup de vignes en Champagne ou en Beausse. Ces messieurs là parlant fort souvent de tems qu’il fait (car cette matiere a grand cours dans l’entretien de tout le monde) en reviennent toujours à l’effet que la qualité des saisons peut produire sur les biens de la terre. Ainsi on les entend se plaindre tantot que l’hyver n’a pas eté assez rude, tantot qu’il a eté trop humide ; et une autrefois ils murmurent de ce que le printems n’a pas eté assez pluvieux, ou de ce qu’il l’a eté à un point que l’herbe est creue en trop grande quantité parmi le bon grain, et ainsi du reste. Chacun appuye son sentiment de plusieurs proverbes, qui sont autant d’arrets en matiere de la vie rustique. Or parce qu’on ne me voyoit gueres fort sur ce chapitre, les gens se trouvoient embarassez de plus belle sur mon sujet, car ne voyant point de jour à me prendre pour un soldat, ni pour un commis, ni pour un plaideur, ils ne pouvoient raisonnablement penser de moi, sinon que j’etois un campagnard qui faisoit valoir son bien en bon œconome. Mais je ruinois cette conjecture par le peu de part que je prennois à l’irregularité de tems, ne temoignant aucune inquietude pour mes vignes, ni pour mes bleds, ni pour mes moutons soit qu’il gelat, soit qu’il fit bise, soit enfin qu’il y eut quelque semblable malignité dans l’air. Voila, Mademoiselle, un[e] / particularité dont je ne vous avois pas encore rendu conte. En voici une autre qui vous surprendra davantage. Vous en croierez ce qu’il vous plaira, vous et Mr Bernard [10], que je salue de tout mon coeur, mais je vous asseure que je me suis fait admirer deux ou trois fois discourant de l’agriculture devant des bourgeois de Paris. Je veux croire qu’ils ne s’y entendoient pas ; tant y a qu’ils s’en rapportoient fort à ce que je leur disois de la production du miel, et de la maniere de conserver les abeilles, de faire des entes [11], de semer et arroser toutes sortes d’herbes potageres. Je leur semblois sur tout fort versé dans la culture des vignes, et dans le secret de fumer les terres à propos, car je leur contai jusques à six precautions qu’il falloit apporter pour y reüssir extraordinairement.

Quant au bon homme que j’avois dessein de vous faire epouser, j’attend de jour à autre la nouvelle qu’il aura empoisonné sa femme ; car je l’entretiens fort souvent de vos belles qualitez, afin qu’il demeure persuadez que vous seriez bien son fait. J’appris que sa femme qui faisoit tant la prude au commencement a enfin levé le masque et a fait eprouver à son mari la verité de cette sentence de Plutarque :

Qu’autant vieillard à la barbe fleurie

Pour ses voisins que pour soi se marie

 [12]
.

Si bien que le vieillard est capable de tout entreprendre après un affront de cette espece. C’a toujours eté une de ses mortelles apprehensions, et ce qui l’avoit autant fait resoudre à donner la main à la femme qu’il a presentement, c’est qu’elle eut l’addresse de lui persuader par une certaine pruderie de commande, qu’elle abhorroit jusqu’à l’ombre de la galanterie. Helas le pauvre homme ! Si j’en dois croire ce qu’on m’en dit, jamais Acteon [13] n’eut la tete mieux etoffée, et il pourroit disputer de grosseur de cornes avec

Le bélier colonel de la laineuse trouppe

L’echine de toison qui pour autrui se houppe [14], / 

pour me servir des termes de Ronsard. L’occasion est trop belle de lui declarer rondement votre derniere volonté, pour ne la lui pas faire savoir au premier jour. Il faut menager la circonstance de son cocuage pour lui faire gouter une chose qui est d’elle meme de difficile digestion. Jusques ici, je lui ai celé la condition onereuse sous laquelle vous voulez etre à lui, craignant qu’un si petit espace de vie dont vous voulez qu’il se contente, ne gatat l’affaire. Mais puisque son chagrin est tel qu’il y a sujet de se promettre qu’il aimera mieux passer trois mois en loyale mariage avec une femme chaste et pudique, que de vivre quinze ou seize ans actuellement* cocu, dez demain je lui ecrirai qu’il empoisonne hardiment sa femme, et que pourveu qu’il s’engage à mourir trois mois apres la noce, et à vous donner dix mille ecus, vous etes à lui. Nous verrons ce qu’il repondra, cependant Mr Bernard saura qu’il ne s’est pas trompé dans sa conjecture.

Au reste, Mademoiselle le coup de dent que vous baillez* à celui qui vous a louée à l’envi de moi, pourra vous etre rendu. Il m’a eté impossible de le joindre depuis avoir receu votre lettre, quelque souvent que j’aie eté chez lui, soit pour le voir, soit pour voir ses pensionnaires [15]. Il s’applique avec un soin tres edifiant aux visites des malades et delà vient qu’on ne le rencontre pas toutes les fois qu’on va pour le saluer. Je vous promets que la premiere fois que nous aurons un tête à tête, il sera parlé de vous amplement ; ne craignez ni cheute ni pousse*, car ou nous vous soutiendrons dans votre elevation, ou bien nous vous eleverons sans vous faire perdre terre. C’est à dire que nous ne ferons que l’office d’un tapissier, lorsqu’il tend des tapisseries ployées, et des lits entassez l’un sur l’autre dans une [ sic] garde meuble. Nous ne ferons que vous etendre par la tete, lui tirant d’une coté et moi de l’autre, à peu pres comme les tireurs d’or qui reduisent un grain de ce metal en un fil de deux ou trois lieues de long. Il y a dans votre tete (ce qui soit dit sans compliment) une infinité de grains d’or que nous pourrons etendre depuis la terre jusqu’au ciel, ce qui est un secret merveilleux de vous porter bien haut sans / vous faire courir le moindre risque de tomber.

Plut à Dieu que j’eusse autant de talens pour vous dechiffrer les modes. Il y a longtems que j’aurois donné à Mademoiselle de Dona [16] cette marque de la passion que j’ai de lui rendre mon obeissance. Mais je suis incapable de ce grand mystere des modes. J’allai il y a dix ou douze jours à la Maison de Ville pour voir le feu que Mrs les eschevins allument en grand ceremonie la veille de S[ain]t Jean [17] ; ce ne sont que festins, et que collations magnifiques dans toutes les chambres, et on y voit quantité de dames bien parrées, je me tuois de les regarder de pied en cap, pour tacher de decouvrir quelque mode, mais ce fut en vain ; je ne decouvrois rien, sinon qu’elles etoient ajustées* fort gallamment* et fort proprement* tout ensemble. Pour mon tailleur, il m’a juré qu’on se moque des modes et que le long tems qu’il y a qu’on porte le deuil à la Cour, à cause que les petits princes et princesses y meurent fort pres àprès [18], rompt toutes les mesures* de ceux qui les inventent. La voilà presentement dans le grand deuil à cause de la mort du duc de Savoÿe [19]. Mr le Dauphin en a pris le grand crepe et cela pour pres de deux mois [20].

Tres humbles graces, Mademoiselle, du petit trinque* que vous avez fait à ma santé, avec Mlle Falque et Mr R. [21] Je les asseure avec votre permission de mes tres humbles services. Je n’ai point de nouvelles de Mr Constant ni de la lettre que je lui ay ecrite, pour Mr Manget [22] ; j’en ai appris de bien affligeantes, et je participe fort soit à sa guerison si elle est parfaite, soit à ses incommoditez si elles ne sont pas passées. La bonté que vous avez eue de parler à Mr le comte de la lettre de Mr le Dauphin [23], de laquelle j’avois touché quelque chose à Mr Manget me paroit des plus obligeantes, et je vous en remercie de tout mon coeur.

Le Mr Huet [24] dont il’agit n’est pas celui que nous avons veu à Geneve, il est de Caen, l’un des plus savans hommes de l’Europe, et d’une reputation si grande, qu’il fut appellé en Suede pour etre precepteur du roy d’à présent. Il fit le voyage, mais il s’excusa d’accepter l’emploie. Comme il est grand poete latin, il a fait un poeme en cette langue contenant la relation de son voyage [25]. / 

Je me souviens entre autres choses d’y avoir leu une plaisante coutume qui se prattique à ce qu’il dit, dans un certain coin de la Westphalie. C’est que pour elire les magistrats on assemble tous les chefs de famille, et on les arrange autour d’une longue table ; lors chacun appuyant son menton copieusement barbu sur la table, on met un pou au milieu de ladite table et celui à la barbe duquel le pou s’attache est eleu d’une commune voix pour magistrat. Ce n’est qu’un jeu d’esprit de Mr Huet que cela [26]. Il a fait bien d’autres choses. Il a fait imprimer toutes les oeuvres d’ Origene bien corrigées et annotées [27], et accompagnées de prefaces fort savantes ; outre cela il a composé en latin, un assez gros livre de la maniere de bien traduire d’une langue en une autre, et qu’il [ sic] parle en bon connoisseur des meilleurs traductions qui se sont faittes [28]. Je n’ay rien veu de lui en françois excepté une lettre qu’il ecrivit à Mr de Segrais, touchant l’origine de romans, laquelle lettre a eté mise au devant de la Zaide de Mr Segrais [29]. L’estime qu’il s’etoit aquise d’un homme consommé dans les belles lettres l’a avancé au poste qu’il occupe de sous precepteur de Mr le Dauphin. Depuis il a eté receu parmi Mrs de l’Académie françoise [30]. J’ay leu le remerciement qu’il fit à cette compagnie, et la reponse qui lui fut faitte au nom de l’academie, par Mr l’abbé Flechier [31]. Les eloges qu’on lui donne de la part d’un corps qui ne parle que fort sobrement du merite de ses membres sont si relevez qu’on peut connoitre dez la qu’on le regardoit comme devant recevoir moins de gloire de l’Académie francoise que lui en donner. Je l’ay veu une fois chez Mr Justel [32]. Il parle beaucoup, et avec grande facilité. Mr Bochart [33] ministre de Caen qui l’avoit fort estimé, se brouilla enfin avec lui ; la jalousie de la science etant aussi ennemie de la concorde, que la jalousie de la beauté. Au reste le Mr Huet dont je parle n’a jamais eté de la religion*. Pour l’autre je ne saurois vous dire ce qu’il est devenu [34].

En recompense des nouvelles que vous m’avez apprises, voici de quoi ne vous attrister pas, vous qui etes si royaliste. Quoi qu’il arrive cette campagne, toujours les Francois auront ils l’avantage d’avoir fait un feu de joye / les premiers : ce fut hier au soir qu’on le fit ici pour la prise de Limbourg [35]. Depuis la reduction de cette place le Roy ayant marché du coté de Tillemont, cette ville s’est rendue. Le Roy a traitté les habitans avec une clémence si grande, qu’il a fait payer ric à ric* aux proprietaires tout ce qu’il en a tiré de munitions de guerre et de bouche. Quoique les Espagnols s’opiniatrent à continuer la guerre, ils laissent toujours quelque epingle dans le jeu, et je ne sai quand ils pourront recouvrer Messine [36], dont la revolte est cause que Mr de Schomberg avec dix ou douze mille hommes iroit au coeur de l’Espagne toujours maitre de la campagne, si le service du roy vouloit qu’il s’y allat promener. Qui a jamais veu tant de foiblesse et tant de vanité tout ensemble ? Il ne tiendroit qu’à eux de jouir d’une bonne paix ; car le roy incline de ce coté là fort sincerement. Et ce n’est pas par foiblesse ; puis qu’avant que les ennemis soient sortis de leurs frontieres, il a fait trois sieges et envoyé deux armées dans le pays ennemi, celle de Mr de Schomberg [37] et celle de Mr de Turenne. Que disent vos republicains [38] de ce dernier ? louent ils de bon coeur ce coup de maitre qu’il a fait ayant passé le Rhyn, lorsqu’on • attendoit le moins, et mis les imperiaux en tel etat qu’au lieu de se servir à leur fantaisie de la ville de Strasbourg, comme ils le pretendoient, ils n’en sauroient tirer une bouchée de pain. Ce meme passage du Rhyn a mis finalement Mrs de Strasbourg au point qu’on les vouloit ; car le pont dont ils se sont tant fait faire la cour, est une piece qu’ils ont eux memes rendue inutile [39]. J’ai veu une lettre de Mr de Fremont, qui marque qu’asseurement les deux armées ne se separeront pas sans se bien frotter* [40]. Et c’est aussi l’opinion de tout Paris. Toutes les lettres qui viennent de l’armée de Mr de Turenne portent que nos trouppes brulent d’en venir au mains et qu’on n’a jamais veu plus de gaÿeté qu’ells en ont. Mr de Turenne / pour augmenter cette confiance a fait rompre à la veue des ennemis son pont. On ne craint rien de funeste de l’issue de cette campagne, quoique les ennemis se promettent de grandes conquettes, fondez sur le prodigieux nombre de trouppes qui leur viennent de toutes parts, et les plus moderez s’assurent qu’au pis aller les François n’auront que la moitié de la peur, pourveu que le roy de Suede ne se demanche* pas, ce qui pourroit arriver, s’il est vrai, comme on le debite, que son mariage avec une princesse de Dannemark s’avance fort [41]. En ce cas, le roy demeurant seul, il seroit presque impossible qu’il tint tête à tant de puissances liguées et bandées contre lui. Jusqu’ici, il a non seulement resisté à trois grands potentats [42], mais il les a aussi vaincus, d’où vient que Mr le prevôt des marchands et echevins de cette ville presenterent à S[a] M[ajesté] le premier janvier de cette année une tres belle medaille, où ils ont representé le Roy comme un Hercule terrassant Gerion qui avoit trois corps, et ces deux paroles pour inscription, Unus tergeminum (faites grace à ce peu de latin s’il vous plait) [43]. Mais enfin il faut se figurer que le Roy ne pourra pas aussi long tems vaincre que ses ennemis pourront etre vaincus. Ainsi qu’on l’a dit si a propos au sujet des Turcs dont le grand nombre qui est à l’epreuve de cent deroutes, arrache finalement la victoire à ceux qui les ont battus tant de fois [44].

On a fait imprimer ici la relation du voyage que le card[inal] de Bade fit à Liege le mois de janvier dernier [45]. Mr le comte d’Estrade [46] lui avoit accordé fort civilement des passeports, à condition qu’il ne cabaleroit point dans la ville au prejudice de la neutralité. Cependant il n’y fut pas plutot qu’il pensa* tout renverser par ses factions et ses intrigues. Ce qui allat si avant que le gouverneur de la citadelle se vit contraint d’appeller les Francois à son secours. Cette emin[ence] avoit encore dessein de se faire elire coadjuteur de Liege ; et il remua ciel et terre pour cela ; mais avec fort peu de succez car il n’a pas meme eté eleu grand prevot de l’eglise cathedrale ; c’est Mr le cardinal de Bouillon à qui cette dignité a eté conferée, si bien qu’il est en plus belle passe que le card[inal] de Bade d’etre un jour eveque de Liege [47]. On voudroit bien le faire elire aussi chanoine de Collongne / Cologne et ensuitte electeur et archeveque, mais le tems n’est pas favorable. Pour revenir au livre dont j’ai commencé de vous parler, vous saurez Mademoiselle, que la cassete du cardinal de Bade où il avoit tous ses papiers et qu’il envoyoit à part sans passeport fut prise par un parti de la garnison de Mastricht. On y a veu tous ses complots, et on les a fait imprimer [48]. Il y a une chose qui est bien glorieuse au Roy, c’est que ce cardinal s’etant servi de quelque mot latin qui exprimat le caractere de ceux dont il parloit pour designer ces personnes là, il a pris pour designer le Roy ces paroles latin[e]s, Non mentior [49], je ne ments pas. L ’eveque de Strasbourg [50] est marqué par le mot bibamus, beuvons, et l’Electeur de Cologne [51] par celui d’ oremus, prions ; ce qui quadre fort bien à la vie de ces deux prelats. Ainsi on en tire un argument que la certitude de la parole du Roy est aussi veritablement son caractere, de l’aveu meme de ses ennemis, que la bigoterie celui de l’ Electeur de Cologne. Vous Mademoiselle, qui etes souvent aux prises pour soutenir le nom francois, ne serez vous pas bien aise que je vous fournisse de quoi repousser les assauts que l’on vous donne ? Je trouve que la peine que vous prenez vous et vos semblables de tenir le parti de France contre tous venans, et de louer le Roy est bien obligeante, car c’est louer le merite pour l’amour de lui meme, et sans etre gagé pour cela. Les louanges de ceux qui tirent pension de la Cour sont suspectes, et Mr de Bassompierre s’etant mis dans l’esprit pendant sa prison de parler à coeur ouvert de toutes choses, s’est fort moqué des louanges excessives que Dupleix et Bernard historiographes de France [52] ont données à Louis XIII. Il en est venu jusques à dire que c’etoient deux anes qui se grattoient, ayant egard aux sommes que le roy faisoit distribuer à ces deux historiens flatteurs. C’est dans ces marques sur l’histoire de Dupleix que le marech[al] s’est expliqué si hardiment [53].

Notes :

[1] La destinataire de cette lettre est identifiée par Prosper Marchand comme étant Mlle Minutoli, et c’est Marchand qui, lors de la préparation de son édition, inscrit ce nom en tête de sa copie de cette lettre. Il désigne sans doute par là l’unique sœur de Vincent Minutoli, Marie, ne sachant pas qu’elle était mariée, depuis 1669 au moins, à Philibert Le Sage. Cette erreur a incité Elisabeth Labrousse à suggérer, dans l’établissement de son Inventaire critique (n° 96), que la lettre s’adresse non pas à la sœur mais à la femme de Minutoli, Suzanne Fabri, car elle était la seule à s’appeler « Mlle Minutoli » à la date du juillet 1675. Cependant, au cours de la lettre, Bayle évoque une plaisanterie portant sur les conditions draconiennes imposées par la destinataire à son éventuel mariage avec un « bon homme » d’un certain âge qui vient de découvrir l’infidélité de sa femme. A notre avis, cette plaisanterie exclut que la lettre puisse s’adresser à une femme mariée. Nous concluons donc que Marchand spéculait sur l’identité de la destinataire, ne sachant pas que Marie Minutoli était mariée à cette date, et que la lettre ne peut pas non plus s’adresser à l’épouse de Minutoli. L’indication de Marchand est tout simplement erronée. A qui donc s’adresse cette lettre ? La destinataire connaît très bien les Dohna, et surtout la comtesse de Dohna, avec qui elle a une certaine intimité. Elle a même « dégasconné » le compliment de Bayle aux Dohna et Bayle se félicite de le leur avoir adressé par son intermédiaire. La personne connaît bien également les incommodités de M. Manget, le nouveau précepteur des enfants Dohna. Elle a trinqué à la santé de Bayle avec Mlle Falque et M. Ripp. Elle est très « royaliste » – favorable aux Français – et elle est entourée de « républicains », Genevois favorables à la cause des coalisés – c’est-à-dire des Dohna, dont Bayle se demande quelle peut être leur opinion concernant les prouesses de Turenne. Elle connaît enfin Jacques Bernard : pensionnaire, sans doute, chez les Minutoli. Or, tous les personnages mentionnés sont connus de Louise Marcombes, dame de compagnie de la comtesse et donc bien placée pour être l’intermédiaire du compliment de Bayle. Nous savons que Bayle est en relation personnelle avec elle, puisqu’il l’évoque par son seul prénom à la fin de sa lettre du mois d’avril 1674 à David Constant (Lettre 50 : t.i., p.263) ; enfin dans cette lettre comme aussi dans les Lettres 88 (p.123), 115 (p.303 et n.4) et 124 (p.345 et n.5), Bayle évoque explicitement la correspondance qu’il entretient avec Louise Marcombes. Ces quelques indices suggèrent, à notre avis, que Louise Marcombes est très vraisemblablement la destinataire de la Lettre 102. Bayle serait donc resté en correspondance assez régulière avec elle après son départ de Coppet.

[2] Cette lettre de Louise Marcombes à Bayle n’a pas été retrouvée.

[3] Quant à la comtesse de Dohna, voir l’éloge que Bayle en fait : Lettre 79, p.81.

[4] Une gasconnade est généralement entendue au sens d’exagération ; le terme de « dégasconner » est un néologisme plaisant dû à Malherbe, signifiant purger la langue des expressions provinciales.

[5] Manget avait succédé à Bayle comme précepteur des jeunes comtes de Dohna.

[6] Il faut comprendre cette expression comme signifiant : « la période pendant laquelle j’ai été administrateur, régisseur », ce qui est une allusion au rôle joué par Bayle à Lamberville, durant l’été 1674 : voir Lettre 62, n.11.

[7] Il s’agit de ceps de vigne cultivés en hauteur, comme dans le Pays de Vaud, alors que, dans les vignobles français méridionaux, les pieds de vigne restaient assez bas.

[8] Paris.

[9] Nous n’avons pas su découvrir la source de ce vers.

[10] Probablement Jacques Bernard (1658-1718), que Bayle retrouvera plus tard en Hollande. Fils du pasteur Salomon Bernard, un Dauphinois, et d’une Galatin, d’une bonne famille de Genève, Jacques Bernard, après y avoir suivi les classes terminales du collège, y étudia la théologie (Stelling-Michaud, ii.184 : Jacques Bernard de Confornery). La jeunesse de Bernard – de onze ans plus jeune que Bayle – suggère que leurs relations se fondaient sur le fait que Bernard était pensionnaire chez Minutoli.

[11] Il s’agit de greffes aux arbres fruitiers.

[12] Voir Plutarque, « Si l’homme d’âge se doit encore entremettre et mesler des affaires publiques », dans Les Œuvres morales et meslées de Plutarque translatées du grec en françois par Jacques Amyot (Paris 1573, folio), i.182 v.

[13] Chasseur mythologique qui, ayant surpris Diane au bain, fut métamorphosé en cerf et aussitôt dévoré par ses propres chiens, selon Ovide, Métamorphoses, iii.131-250.

[14] Pierre de Ronsard, Elégie II (1587) « à Philippe des Portes », vers 53-54. Comme si souvent, Bayle cite de mémoire ; le texte porte : « Le Belier Colonnel de sa laineuse troupe / L’eschine de toison pour les autres se houpe », Œuvres complètes (Paris 1914-1967), éd. P. Laumonier, I. Silver, R. Lebègue, xviii.250.

[15] Il n’est pas possible d’identifier ce médecin genevois en séjour à Paris ; en revanche, il est assez vraisemblable que les pensionnaires qu’il héberge sont Bénédict Pictet et Antoine Léger.

[16] Amélie, la fille aînée du comte de Dohna, née en 1658, était d’âge à s’intéresser aux modes et celles de Paris donnaient le ton, même dans les pays et les milieux politiquement hostiles à la France.

[17] Dans toute l’Europe, la nuit de la Saint-Jean, du 23 au 24 juin, donnait lieu à des festivités. On allumait de grands feux autour desquels on dansait et par-dessus lesquels on sautait, coutume d’origine pré-chrétienne qui célébrait le solstice de printemps. Dans les villes, on se gardait de les laisser à l’initiative populaire à une époque où les incendies urbains étaient si redoutables.

[18] En une semaine, « Monsieur le duc » (d’Enghien), fils du grand Condé, venait de perdre deux enfants, Anne de Bourbon, qui avait quatre ans, et Henri, comte de Clermont, qui en avait trois. Le copiste aurait dû écrire : « fort pres à pres ».

[19] Charles-Emmanuel II, duc de Savoie, qui mourut le 12 juin 1675, était cousin germain de Louis XIV.

[20] Le deuil de la cour est annoncé dans l’ordinaire n° 62 de la Gazette, nouvelles de Paris du 22 juin 1675.

[21] Sur Mlle Falque, voir Lettre 28, n.6 ; sur M. R[ipp], voir Lettre 50, n.11.

[22] Voir Lettre 88, p.122. Il est probable que la lettre destinée à Manget, qu’on n’a pas retrouvée, avait été envoyée avec cette Lettre 88 à Constant.

[23] Né le novembre 1661, le Dauphin était alors dans sa quatorzième année. La lettre de lui dont il est ici question et que Bayle signalait au précepteur des jeunes comtes de Dohna pourrait bien avoir été un exercice scolaire quelconque, susceptible d’inspirer de l’émulation aux jeunes seigneurs de Coppet ou de suggérer à leur maître une tactique pédagogique. Peut-être s’agit-il ici de la lettre latine de mars 1675 adressée à Pierre-Daniel Huet (dont le texte est donné dans Bossuet, Correspondance, i.342, n.4), à la rédaction de laquelle Bossuet n’était probablement pas étranger, par laquelle le Dauphin remerciait son sous-précepteur qui lui avait écrit (en latin) et lui avait offert les poésies latines d’ Antoine Halley. Voir H. Druon, Histoire de l’éducation des princes (Paris 1897), i.227-358, et R. Pouzet (éd.), Charles IX. Récit d’histoire par Louis Dauphin et Bossuet (Clermont-Ferrand 1993).

[24] Ce n’est qu’en 1660 que Pierre-Daniel Huet fut invité à devenir précepteur du jeune roi de Suède, Charles XI, alors que c’est en 1652 que Huet avait été à Stockholm auprès de la reine Christine. Sur l’homonyme qui avait résidé à Genève, voir ci-dessous, n.34.

[25] Iter suecicum, ad Johannem Capelanum (s.l. 1662, 4°) : il s’agit d’un poème latin assez court.

[26] P.-D. Huet, Iter suecicum, vers 68-76.

[27] Huet traduit et édite Origène, In Sacras Scripturas commentaria (Rothomagi 1668, folio, 2 vol.).

[28] De interpretatione libri duo, quorum prior est, de optime genere interpretandi, alter de claris interpretibus (Parisiis 1661, 4°), ouvrage recensé dans le JS du 2 juillet 1668.

[29] Sur ce livre, voir Lettre 23, n.6.

[30] Huet devint sous-précepteur du Dauphin en 1670 et membre de l’Académie française en 1674.

[31] Valentin-Esprit Fléchier (1632-1710), qui devait devenir évêque de Lavaur (1685), puis de Nîmes (1687), appartenait à l’Académie française depuis 1673. Il fut un des orateurs sacrés les plus prisés de son temps ; Les Discours prononcez à l’Académie françoise le 13 aoust 1674, à la réception de M. l’abbé Huet (Paris 1674, 12°).

[32] P.-D. Huet frayait volontiers avec les érudits sans s’arrêter à leur confession. Naguère, à Caen, il avait été lié avec le pasteur Samuel Bochart, et, à Paris, il se lia avec Henri Justel. Bayle fréquenta donc, au moins occasionnellement, les réunions savantes chez ce dernier.

[33] C’est à l’occasion des critiques formulées par Bochart à l’encontre de l’édition d’ Origène procurée par Huet (voir ci-dessus, n.27) que les relations entre les deux érudits cessèrent d’être amicales.

[34] Stelling-Michaud mentionne, comme étudiants en théologie à l’époque en question, un Jacques Huet, Poitevin, qui fut pasteur dans sa province natale, et Gédéon Huet (1654-1729), bien mieux connu, que Bayle retrouvera en Hollande (Stelling-Michaud, iv.98). Il est impossible de savoir duquel des deux il s’agit ici.

[35] La capitulation de Limbourg eut lieu le 21 juin 1675, après dix jours de siège ; dominant une trouée, la place avait de l’importance stratégique. Voir Lettre 100, n.6. La prise de Limbourg est racontée dans l’ordinaire n° 62 de la Gazette, nouvelles du camp devant Limbourg du 17 juin 1675, dans l’ordinaire n° 66, nouvelles de Limbourg du 24 juin 1675, et n° 69, nouvelle du camp de Kerkem, près St Tron, du 27 juin 1675, et enfin dans l’extraordinaire du 28 juin 1675, « La prise de la ville et du chasteau de Limbourg avec plusieurs particularitez du siège et la capitulation accordée au gouverneur et à la garnison de la place ».

[36] Sur cette expédition à Messine, voir Lettre 81, n.34, et la Gazette, n° 62, nouvelle de Rome du 30 mai 1675. « Tirer son épingle du jeu » signifiant « se dégager adroitement d’une mauvaise affaire », la locution inverse employée par Bayle veut dire « subir un désavantage ». Les secours portés à Messine par la flotte française en septembre 1674 font l’objet d’une longue série d’articles dans la Gazette : voir en particulier les nouvelles de Naples dans les ordinaires n° 123, du 29 septembre, n° 127, du 12 octobre, n° 129, du 19 octobre, n° 131, du 26 octobre, n° 133, du 3 novembre et n° 135, du 10 novembre, en attendant la grande bataille de l’année suivante racontée dans l’extraordinaire n° 23 du 15 mars 1675, « Relation de ce qui s’est passé à Messine et du combat des vaisseaux du Roy, commandez par le duc de Vivonne, général des galères de France, contre l’armée navale d’Espagne ».

[37] Schomberg commandait en Catalogne et Bayle suppose que les Espagnols avaient dû retirer des troupes pour les envoyer en Sicile et par là diminuer leur capacité de résistance à d’éventuelles attaques françaises.

[38] Les « républicains » semblent une expression qui désigne les Genevois partisans des Provinces-Unies et, de ce fait, des coalisés.

[39] Turenne avait obligé la ville de Strasbourg, alors une république indépendante, à demeurer neutre et donc à ne pas ouvrir son pont sur le Rhin à Montecuccoli, commandant de l’armée impériale.

[40] L’arrivée de Frémont d’Ablancourt à Strasbourg comme Résident de France est annoncée dans l’ordinaire n° 30 de la Gazette, nouvelles de Strasbourg datées du 15 mars 1675. Nous n’avons pas su identifier la lettre de Frémont d’Ablancourt que Bayle désigne ici.

[41] En fait, le mariage de Charles XI de Suède et d’ Ulrique-Eléonore de Danemark (1656-1693) n’eut lieu qu’en 1677, au moment de la signature du traité de Lund. En 1675, la Suède était alliée de la France et le Danemark l’était des Provinces-Unies ; le projet de mariage pouvait faire redouter à la France la perte de son alliance avec la Suède, qui, quelque déception qu’elle lui apportât, lui restait utile.

[42] L’ empereur, le roi d’Espagne et le stathouder Guillaume d’Orange.

[43] Ce jeton de cuivre porte à l’avers un buste de Louis XIV, à droite, cravaté de dentelle et cuirassé avec l’inscription LVD. XIIII D. G. FR. ET NAV. REX, et, au revers, Hercule frappant à coups de massue Geryon à trois têtes, avec l’inscription REX. VNVS TERGEMINVM (« seul le roi [abat] le triple [Geryon] ») ; même allusion chez Lucrèce, De rerum natura , v.28 ; Ovide, Tristes, IV.vii.16.

[44] Si attaché que soit Bayle aux intérêts français, il n’est pas aveuglé par le triomphalisme de la propagande.

[45] Gustave-Adolphe (1631-1677), fils du second mariage de Frédéric de Bade-Dourlach, avait fait profession publique de catholicisme en 1663, et changé son nom en Bernard-Gustave. Il devint abbé de Fulda et cardinal en 1671. L’ouvrage de propagande française que mentionne ici Bayle s’intitule Le Voyage de M. le cardinal de Baden et son séjour à Liège, pendant les mois de décembre 1674, janvier, février et mars 1675 (s.l.n.d., 4°). Les bagages du cardinal avaient été saisis le 7 mars et les papiers confidentiels tombés de ce fait entre les mains des autorités françaises furent divulgués par leurs soins dans ce tract.

[46] Godefroy, comte d’Estrade (1607-1686), mena une carrière à la fois militaire et diplomatique. Il fut placé à la tête des plénipotentiaires français dans les négociations qui aboutirent aux traités de Nimègue en 1678.

[47] Les manœuvres qui visaient à faire élire prince-evêque de Liège le cardinal de Bouillon ne devaient pas aboutir.

[48] Voir ci-dessus, n.45, le titre du tract politique qui mettait en lumière les intrigues du cardinal de Bade.

[49] Bayle reprendra ce conte de propagande dans Cr. gén., xii.7.

[50] L’ évêque de Strasbourg était alors François-Egon, prince de Furstenberg (1626-1682), frère aîné du futur cardinal, Guillaume-Egon (1629-1704), qui lui succéda à Strasbourg ; l’un comme l’autre était inféodé aux intérêts français. L’enlèvement de cet agent français par les Impériaux au début de 1674, suivi de son emprisonnement à Vienne, avait entraîné la fin des négociations de Cologne, qui, pendant quelque temps, avaient paru présager un accord de paix que la Cour de France semble avoir souhaité alors.

[51] Depuis 1653, l’Electeur de Cologne était Maximilien-Henri de Bavière (1621-1688) ; politiquement maladroit, il a laissé une réputation de piété.

[52] Charles Bernard (1571-1640) avait été conseiller d’Etat ; devenu historiographe de France, il composa l’ Histoire des guerres de Louis XIII, roy de France et de Navarre, contre les religionnaires de son Estat (s.l. 1633, folio) et l’ Histoire du roi Louis XIII (Paris 1646, folio), ouvrage posthume.

[53] Sur l’ouvrage de Bassompierre, voir Lettre 93, n.28 ; dans les Mémoires de Nicolas de Brichanteau, marquis de Beauvais-Nangis (1582 ?-1650), Mémoires […] ou l’histoire des favoris françois depuis Henri II jusques à Louis XIII, avec des remarques curieuses sur l’histoire de Davila et sur celle de Flandres du cardinal Bentivoglio. Remarques de monsieur le maréchal de Bassompierre sur les vies des roys Henri IV et Louis XIII de Dupleix (Paris 1665, 8°, 2 vol.), on trouve de nombreuses exclamations de cette teneur, mais nous n’y avons pas trouvé la formule précise évoquée par Bayle.

Accueil du site| Contact | Plan du site | Se connecter | Mentions légales | Statistiques | visites : 117882

Institut Cl. Logeon