Lettre 1086 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

A Beauvais ce dixieme febvrier [16]96

Après vous avoir remercié de vos hon[n]etetez* et de vos nouvelles littéraires [1], je vous diré Monsieur, qu’elles n’ont pas esté pour moy seul et que j’en ai faict part à quantité de virtuosi, qui vous ont en vénération. Monsieur Perrault à qui j’ay envoié vostre lettre m’escrit du huitieme de ce mois [2], qu’il croit faire une très vilaine figure dans le demeslé de M rs Francius et Perizonius [3], et que quoyque ils se querellent, ils sont ap[p]aram[m]ent d’ac[c]ord à dire du mal de lui. • Je ne scais si les vers de Monsieur Perizonius sur la prise de Namur par les alliez [4], l’occasion de la querelle, ne sont pas six vers latins qui nous sont venus ici de Hollande, comme fort estimez au pais :

Liliger invictas Namurci credidit arces [5].
Voici Monsieur ce que m’escrit Mr Perrault après m’avoir mandé* que ce qui empêche son 4 e et dernier volume des Paralelles de paroistre [6], est l’occupation que lui donne le premier volume de ses Hommes illustres [7], • dejà sous la presse. (Je pense que vous con[n]ois[s]é le livre).
Faites je vous prie mes baisemains à Mr Bayle quand vous lui escriré et as[s]euré le qu’il n’i a que la seule crainte de lui estre importun au milieu des travaux qu’il a entrepris qui m’empeche de lui escrire, aiant une extrême venération pour son merite et une extreme recon[n]oisance des choses obligeantes qu’il a bien voulu escrire en ma faveur [8]. Je voudrois bien que lui et moy pussions vivre assez pour voir mourir / le pedantisme[,] nostre ennemi commun. Ne croié pas par là que je demande à vivre encor bien lon[g]temps, non, je suis com[m]e as[s]euré que lors que le reste d’une certaine generation • dont les plus jeunes ne le sont guère sera éteint[,] il ne s’elevera plus de nouveaux pedants, car je ne vois point de jeunes gens qui ne les aie[nt] en horreur, ou s’il en germe encore quelqun pour conserver l’espece, ils ne seront pas moins rares que ces animaux que l’on monstre à la foire [9].
Il est vray, que M rs Despreaux et Dacier, chefs du parti opposé à Mr Perrault passent la soixantaine mais lui en a soixante et neuf bien comptez [10][.] Ce qu’il dit du pedantisme est tres veritable, et il faut voir combien nos jeunes gens qui se piquent de Lettres sont curieux d’avoir les manieres du monde, la politesse dans les conversations, evitant avec soin le ton dogmatique et certain air crasseux* tant reproché aux pedants. En interpretation de l’endroit de sa lettre où Mr Perrault parle des choses obligeantes que vous avé escrites de lui, je vais hazarder de vous escrire ce que vous devé dejà scavoir. Lorsque Mr Despreaux fit rimprimer ses ouvrages en 1694, il i adjouta des Réflexions critiques sur Longin [11] dans lesquelles Mr Perrault avec qui il estoit pour lors en guerre ouverte se trouva fort maltraitté. Monsieur Perrault fit imprimer une response aux Réflexions critiques sur Longin où il rap[p]orta • l’extrait d’une lettre que vous aviez escrite à Monsieur Pinsson le 19 nov[embre] 1693, dans la quelle vous vous declariez pour son sentiment [12]. Vostre / declaration fut d’un plus grand poids pour la cause de Mr Perrault, que vous ne vous l’estiez imaginé. Enfin peu de temps après Mr Despreaux fit faire sous main des propositions d’ac[c]om[m]odement, et M. Racine s’estant faict mediateur[,] la paix fut conclue entre les deux partis et publiée dans l’epigramme de Mr Despreaux que vous auré vu :
Tout le trouble poetique à Paris s’en va cesser [13].
L’on vient d’imprimer le discours de Mon r Dacier à sa reception à l’Academie [14][.] Il ne s’est pas mal tiré d’affaire, l’eloge de son predecesseur et celui de la derniere campagne [15] estoit une besogne assez rude. Vous scavé le mot de Mr de Nismes [16] lorsque l’on lui proposa l’oraison funebre de ce predecesseur : qu’il n’i avoit que deux raisons qui l’empechassent de l’entreprendre[,] la vie et la mort du deffunt. Mr Dacier loué [ sic] fort son zele contre le quietisme [17][.] Dans le Receuil de l’Académie de cette année, il i a un ou deux discours presentez pour le prix où vous trouveré encore le quietisme. En verité si je n’estois pas sur les lieux je m’imaginerois les quietistes dejà en aussi grand nombre dans ce royaume que l’estoient les protestants et multipliant com[m]e ces derniers sous Francois premier[.] Cependant je n’en connois pas un.

M. l’abbé de Clérambault a faict aussi imprimer sa response à Mr Dacier [18], elle est pleine de sens et d’eloquence. Madame Dacier a sa part au gasteau, pas si grande qu’elle le meriteroit.

Madame de Brioü est fille de Mr le duc de la Force deffunt [19], et vous ne vous trompé point. Le roman le plus rejouissant qu’elle puisse faire seroit son histoire, si elle vouloit l’escrire sincerement. Le president de Briou[,] pere de son mari[,] fit casser d’abord le mariage qu’elle avoit contractée avec son fils encore mineur, ce fils arrivé à 30 ans l’a epousée une seconde fois, pourquoy il a esté desherité.

Cette avanture a esté precedée de quelques autres, et Mr Talon la compara dans son plaidoyer à la Samaritaine [20]. Il estoit encore alors avocat general. /

Le premier volume des poesies de Madame Deshoulières a esté imprimé dès 1689, du vivant de cette dame. Le second n’est imprimé que depuis quatre mois par les soins de sa fille [21]. Madame de Xaintonge vient de faire imprimer un receuil de ses poésies [22], je n’ay pas encore lu le livre mais j’en ai oui dire du bien. C’est un petit in douze. Madame de Bouillon [23][,] Madame de Créqui [24], et autres amis de Mr de S[ain]t Evremont ont demandé la sup[p]ression du livre donné sous son non [ sic], dont je vous parlé dans ma derniere lettre [25], com[m]e d’un mechant escrit qui deshonoroit la reputation de celui à qui l’on l’attribuoit. Je ne scais point ce que l’on aura obtenu de Mr le chancelier.

Le sujet qui fit proscrire en France la Response aux « Provinciales », que l’on vient de rimprimer chez vous [26], est l’impudence de son autheur, qui eü [ sic] l’effronterie de traitter de fable l’histoire des bombes trouvées dans le college des jésuites de Namur [27] lors de la premiere prise de la place, quand non seulement toute l’armée, mais le roy lui meme, qui faisoit le siege en person[n]e, estoit temoin de la verité du faict. Le livre passa pour estre du P[ère] Daniel, et le bruit fut com[m]un ici, que Sa Majesté en avoit témoigné sa surprise au P[ère] de La Chaise. En fin le livre fut si exactement sup[p]rimé qu’il ne se sauva du naufrage que dixsept exemplaires.

J’avois envie de vous envoier l’ar[r]est du Parlement contre le livre du P[ère] Rocaberti, mais je viens de le voir imprimer [ sic] dans le Mercure politique du mois de janvier [28]. Histoire secrete du con[n]etable de Bourbon c’est le titre d’un petit roman que l’on vient de publier [29][.] Il me semble que les examinateurs des livres qui ont ordre de Mr le chancelier de ne laisser rien passer que d’utile, devroient empecher / la plus part de ces petites historiet[t]es lors qu’elles n’ont pas au moins le merite d’estre bien escrites. Cela ne servira que à embrouulier [ sic] encore l’histoire qui n’est pas dejà trop claire[.] Ce que vous avé dit là dessus à l’occasion de Cara Mustapha [30], grand vizir lors du siege de Vienne, devroit avoir decredité ces livrets et les avoir mis hors de mode.

Monsieur Prost medecin a traduit le cours d’anatomie de Diemerbroek [31] professeur de vos quartiers, on vient • d’imprimer son ouvrage.

Mademoiselle Lhéritier [32], tousjours m’envoie t’on la pièce com[m]e d’elle, vient de faire en vers l’éloge de Mademoiselle de La Charse [33] à l’occasion de la tragedie de Bradamante. Il est trop long, et trop mediocre pour que je vous l’envoie : cela va bien à deux cents vers. Cette M elle de La Charse est une Amazone, qui lors de l’irruption du duc de Savoye en Dauphiné se mit à la teste des milices et fit des merveilles. Je l’ay vue à Paris, son air et son port font foy de ce que l’on en dit.

On a • imprimé Furetierana [34] depuis quinze jours ou trois semaines. C’est un receuil de bons mots etc. Celui dont [on] a receuilli les matériaux de ce livre doit estre un autre que l’academicien autheur du Diction[n]aire universel. La plus part des faits qui i sont repris sont posterieurs à sa mort, ar[r]ivée en 1689. Mais moy, qui con[n]ois assez les gens de lettres, je ne scais point quel est ce Furetière. Le livre contient peu de faits concernant la République des Lettres, et les bonnes choses n’en font pas la dixieme partie. C’est un in-douze.

Je ne scais si vous estes instruit que à la fin du livre Marcelli Ancirani, qui est [de] Mr Boileau, jadis doyen de Sens à present chan[oine] de la S[ain]te Chapelle de Paris, il i a une dissertation en forme de dialogue De sphalmatis virorum in re litteraria illustrium [35]. Cela convient assez à votre occupation presente. J’en ai un à vostre service, il est imp[rimé] depuis 3 mois[.]

On a imprimé à Caen la philosophie de Mr Calli [36] en un corps comprenant quatre volume[s] in quarto. Il i a lon[g]temps que l’on en avoit imprimé differents morceaux. / Vous con[n]ois[s]é l’autheur, curé et professeur à Caen[,] pour un apostre et meme un martir du cartésianisme. Il fut exilé, il i a environ quinze ans par lettre de cachet, ses adversaires qui n’estoient pas si habiles que lui et qu’il • obscurcissoit aiant eu plus de credit que lui à la Cour. Sa philosophie est ici en reputation, la plus part des professeurs de l’université le lisent plus que saint Thomas. Pour vous le dire en passant il n’i a plus que le non [ sic] de peripatetisme qui i regne, tout le monde, jusques aux cordeliers enseigne la philosophie nouvelle. De temps en temps il en ar[r]ive quelque tempeste, mais la tempeste passe et chacun continü. Il n’i a plus que ceux qui ont envie de passer bachelier en theologie qui ap[p]renent la • chicane à cause de certains vieux barbons de docteurs par les mains de qui il faut passer. A la premiere occasion com[m]ode je vous envoierai une douzaine de differentes theses de philosophie, qui sont soutenues ici.

L’on vient d’imprimer à Marseille in 4° un Projet de l’histoire de la nature [37].

Mr Dupin continüe sa Bibliotheque ec[c]lesiastique sous le titre de Histoire des controverses et des matieres ec[c]lesiastiques traittées dans le douzième siècle [38]. C’est celui de la premiere partie de la continuation, qui vient de paroistre. Vous jugé bien que ce volume est des plus curieux, je n’ay pas encore pu le voir.

Monsieur l’abbé Nicaise [39] m’escrit que M. Perizonius lui escrit de Leyde : nostrates typographi progrediuntur sedulo in Thesauro antiquitatum typis mandando [40]. Je ne scais si dans ce Thesaurus antiquitatum est comprise la traduction latine de Berger des grands chemins de l’empire [41] à la quelle on dit • ici qu’il travaille depuis lon[g]temps. C’est un autheur rempli d’excellentes choses. J’ay faict autrefois quelques remarques dessus.

La lettre de Mr Galland contre l’ Histoire des Gordiens vient de paroistre [42], j’en laisse le jugement aux person[n]es desinteressées. Jusques ici Mr, vous avé peut être cru que l’on ne pouvoit pas / citer un autheur si l’on n’avoit escri[t] depuis lui. Mr Galland vous desabusera, selon lui c’est Zosime que cite Capitolin dans un endroit où ce dernier ne nomme pas son autheur.

Nous attendons avec impatience le specimen de Mr Morel [43], nous ne scavons plus quand nous l’aurons, à cause que l’abbé Bizot [44] à qui il est adressé est disparu pour le desordre de ses affaires. Je ne scai si un certain escrit intitulé le Détail de la France [45], sera parvenu jusques à vous. Il est imprimé ici sans non [ sic] de libraire. L’autheur expose d’abord que les revenus depuis 1660 sont diminués en France de moitié il deduit les causes de cette diminution et dans la troisieme partie, il propose le remede qui doit tout d’un coup retablir le corps de l’Estat dans sa premiere vig[u]eur. Ce qu’il dit sur les deperissements ar[r]ivé[s] au royaume est véritable, mais il • tait quantité d’ameliorations. Les manufactures par exemple établies sur tout en Languedoc. A Elbeuf en Normandie, il i a presentement deux milles mestiers à drap, où il n’i en avoit pas deux cents, il i a quinze ans. Les remèdes que propose nostre autheur paroissent fort efficaces à ceux qui con[n]oissent la constitution du royaume, la question, c’est si ceux qui sont en place v[ou]dront les ap[p]liquer. Enfin, le livre est d’un homme qui scait les affaires et qui en parle juste. Souvent un particulier réflexif a des vües qui échap[p]ent à la penetration ou à l’occupation des ministres. Vous auré lu à la fin du premier vol[ume] des Mémoires de la cour d’Espagne de Madame Daunoi [46] l’histoire d’un Marco Dias, qui s’il n’eût esté as[s]as[s]iné alloit rétablir l’ordre dans les finances du roy catholique où il i a tant de desordres qui paroissent ir[r]émédiables. A propos de livre de politique, ce nous est un grand divertissement de voir les livres de cette matiere qui nous viennent de temps en temps d’Hollande. Il faut voir com[m]e vos ministres qui en France ne faisoient que leurs preches i decident des finances et des res[s]ources de l’Estat, et com[m]e ils se trompent. Je lisois dernierement le Testament de Mr de Louvois [47], son autheur, par exemple, dans le titre du livre, lui don[n]e le titre de premier ministre d’Estat, quoyque Mr de Louvois n’en ai[t] jamais eu le titre ni faict les fonctions. Je ne vous parle point de l’ Histoire de la médecine de M. Le Clerc de Genève [48][.]

Je suis avec passion vostre tres humble et tres affection[n]é serviteur Dubos

Sesostris n’a pas eu le succez de Médée [49] ; il est tombé, l’autheur avoit faict ses person[n]ages trop scelerats. Jason [50] a eu le meme sort. Rousseau autheur des parolles est fils d’un serrurier [51]. On a faict là dessus l’épigramme suivante :

Jadis le fils de Cythère

maistre Quintin d’Anvers [52]

ingenieur [...] etc.

fit un peintre excellent d’un artisan grossier,

Aujourd’hui l’interest veut faire

un poete d’un serrurier.

Mais c’est en vain qu’il a l’audace

de s’elever sur le Parnasse

il est tombé le miserable autheur

et la toison jadis si pretieuse

loin d’avoir du soleil l’eclat et la splendeur

ne paroist que la peau d’une brebis galeuse.

Polixene a mieux réussi, on represente la piece avec succez [53].

 

A Monsieur / Monsieur Bayle / A Rotterdam •

Notes :

[1] La lettre de Bayle à Dubos, en réponse sans doute à la lettre de celui-ci du 19 décembre 1695 (Lettre 1067), ne nous est pas parvenue.

[2] Une seule lettre des échanges entre Bayle et Perrault nous est connue, celle du 3 août 1694 (Lettre 1002).

[3] Sur le « demeslé » entre Perizonius et Perrault, voir Lettre 1013, n.15 ; sur celui entre Perizonius et Francius, voir la note suivante et Lettre 1080, n.8.

[4] Jacobus Perizonius et Petrus Francius, Bellum litterarium [Leiden 1696], publié par Frederik Haaring : voir Knuttel, n° 14242.

[5] Liliger invictas Namurci credidit arces : « Le porte-étendard français crut la citadelle de Namur invincible ». C’est le premier vers d’une épigramme qu’on trouve dans le recueil constitué par Johann Daniel Cramer, Commentarii rerum memorabilium cum in omnium terrarum orbe, tum maxime in Europa gestarum annis 1694, 1695, 1696 et 1697 usque a fine anni 1693 ubi desierant repetiti et sua serie continuati [...] quibus annectitur singulatim historia pacis Ryswicensis. Item historia brevis rei litterariæ quæ ad quatuor illos annos pertinet [...] (Francofurti ad Mœnum 1698, 8°), p.192.

[6] Sur la préparation du quatrième volume des Parallèles, voir Lettre 1014, n.13.

[7] Sur les difficultés soulevées lors de la préparation des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leurs portraits au naturel (Paris 1696-1700, folio), voir Lettre 1067, n.42.

[8] Il n’y a pas de mention des ouvrages de Perrault dans les NRL ; Perrault désigne donc la lettre perdue où Bayle le remerciait de l’allusion flatteuse qu’il faisait à son avis concernant la querelle des Anciens et des Modernes dans sa réponse à Boileau : voir Lettre 1000, n.8. Basnage de Beauval avait recensé des œuvres de Perrault dans l’ HOS, novembre 1687, avril 1689, mai 1690.

[9] Dubos était en correspondance avec Perrault et avec Nicaise.

[10] Nicolas Boileau-Despréaux (1636-1711) ; André Dacier (1651-1722) ; Charles Perrault (1628-1703).

[11] Nicolas Boileau-Despréaux publia sa traduction du pseudo- Longin et ses Réflexions dans ses Œuvres diverses [...], avec le « Traité du sublime ou du merveilleux dans le discours » traduit du grec de Longin (Paris 1694, 12°, 2 vol.) : sur la première édition de sa traduction du pseudo-Longin, voir Lettre 985, n.6. Voir le texte de ses Réflexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin où, par occasion, on répond à quelques objections de M. P[errault] contre Homère et contre Pindare, éd. A. Adam et F. Escal (Paris 1966), p.493-566 ; et sur l’édition par Jacob Tollius de son édition critique du pseudo-Longin accompagnée de la traduction de Boileau, voir Lettre 985, n.2.

[12] Sur la Réponse aux réflexions critiques de M. D[espréaux] sur Longin (s.l.n.d. [1694], 12°) de Perrault, voir Lettre 1002, n.2. Le passage de la lettre de Bayle à Pinsson du 19 novembre 1693 (Lettre 955), est le suivant : « Vous ne serez pas faché Monsieur, que je vous di[se] qu’il y a quelquefois des mots dans vos lettres que j’ai peine à dechiffrer. Tel a eté l’e[ndroit] où vous me parlez de la lettre de Mr Perrault contre l’ode pindarique. J’ai cru y li[re] que ce celebre auteur vous a donné un exemplaire de cette lettre pour me l’envoie[r]. [Si] cela est je vous sup[p]lie de lui en bien temoigner ma reconnoissance. Je suis tout à [fait] de son sentiment, et je remarque que ses adversaires ne se defendent jamais par des raisons ; ils ne font que declamer, et ne viennent jamais au fait. Ses Paralleles ont eté rimprimez à Amsterdam depuis quelques mois et plaisent beaucoup à nos c[urieux]. Sa Lettre à Mr B[oileau] est tout à fait judicieuse et polie, et je ne vois pas ce qu’on y po[urr]o[it] repondre. J’en ai fait part à Mr de Beauval qui quoi que grand ami de Mr de F[onte]nelle ne veut pas se trop ouvertement declarer pour aucun parti. » Il s’agissait du poème de Boileau, Ode sur la prise de Namur (Paris 1693, 4°) et de la critique par Perrault, Lettre à M. D[espréaux] touchant la préface de son « Ode sur la prise de Namur », avec une autre lettre où l’on compare l’ode de M. D[espréaux] avec celle que M. Chapelain fit autrefois pour le cardinal de Richelieu (s.l.d. [1693], 4°).

[13] Après avoir diffusé plusieurs poèmes satiriques, assez violents, contre Perrault, Boileau composa ces vers sur leur réconciliation : « Tout le trouble poëtique / A Paris s’en va cesser : / Perrault l’anti-Pindarique / Et Despreaux l’Homerique / Consentent de s’embrasser. / Quelque aigreur qui les anime, / Quand, malgré l’emportement, / Comme eux l’un l’autre on s’estime, / L’accord se fait aisément. / Mon embarras est comment, / On pourra finir la guerre / De Pradon et du parterre. » (éd. A. Adam et F. Escal, p.265). La réconciliation s’était faite, à la demande d’ Antoine Arnauld et par l’intermédiaire de Racine et de l’ abbé Tallemant, malgré la mauvaise volonté manifeste de Boileau, le 30 août 1694, et les deux auteurs s’embrassèrent en pleine Académie quelques jours après la mort d’Arnauld à Bruxelles. Voir P. Bonnefon, « Vingt lettres inédites de l’abbé Jean-Baptiste Dubos », RHLF, 14 (1907), p.141-162.

[14] Voir Discours prononcez dans l’Académie françoise le 29 décembre 1695, à la réception de M. Dacier (Paris 1696, 4°), recensé dans le JS du 13 février 1696 : comme la coutume l’exigeait, André Dacier dut faire l’éloge de son prédécesseur, François de Harlay de Champvallon (1625-1695), archevêque de Paris, l’ennemi acharné de Port-Royal et fort décrié sur le plan des mœurs ; il avait cependant une excellente réputation en ce qui concerne l’éloquence.

[15] La dernière campagne de la guerre de Hollande.

[16] Valentin-Esprit Fléchier (1632-1710), évêque de Lavaur (1685) et de Nîmes (1687), membre de l’Académie française (1673), où il succéda à Antoine Godeau.

[17] Sur la bataille contre le quiétisme, voir Lettre 1067, n.21. François de Harlay de Champvallon avait été l’instrument de la cour dans toutes les batailles disciplinaires contre les « hérésies », janséniste, protestante, quiétiste, et avait défendu les intérêts du monarque dans l’affaire de la régale. Fénelon lui rendait bien son inimitié : « Vous avez un archevêque corrompu, scandaleux, incorrigible, faux, malin, artificieux, ennemi de toute vertu et qui fait gémir tous les gens de bien. Vous vous en accommodez parce qu’il ne songe qu’à vous plaire par ses flatteries. Il y a plus de vingt ans qu’en prostituant son honneur, il jouit de votre confiance. Vous lui livrez les gens de bien, vous lui laissez tyranniser l’Eglise, et nul prélat vertueux n’est traité aussi bien que lui. » ( Lettre à Louis XIV, in Œuvres, éd. J. Le Brun (Paris 1983), i.549). Voir aussi, sur un autre ton, l’ Eloge de Messire François de Harlay, archevêque de Paris, duc et pair de France, commandeur des ordres du Roy [...] (Paris 1695, 8°) par Louis Le Gendre (1655-1733), chanoine de Notre-Dame de Paris, recensé dans le JS du 21 novembre 1695, et, dans la Gazette, la nouvelle de Paris du 13 août 1695.

[18] Voir l’ouvrage cité ci-dessus, n.14 : Discours prononcez dans l’Académie françoise le 29 décembre 1695, à la réception de M. Dacier (Paris 1696, 4°). Jules de Clérambault (1660-1714), abbé de Saint-Savin, puis de Saint-Taurin d’Evreux, était membre de l’Académie française depuis 1693, ayant succédé à La Fontaine : voir les Discours prononcez dans l’Académie françoise le jeudi 23 juin 1693, à la réception de l’abbé de Clérambault (Paris 1696, 4°). Avec le discours qu’il a prononcé lors de l’entrée à l’Académie française de l’ abbé de Polignac en 1704, ce sont là ses seules publications.

[19] L’identification de la descendante du duc de La Force dont il est ici question est chose compliquée. Jacques Nompar de Caumont, I er duc de La Force, pair et maréchal de France, né vers 1558, décéda en 1652 ; à sa mort, son titre passa à son fils Armand (vers 1578-1675), qui mourut sans descendant ; le titre passa à son frère cadet, Henri Nompar de Caumont (1582-1678), marquis de Castelnau, qui mourut en janvier 1678 ; à celui-ci succéda le petit-neveu d’Armand, Jacques Nompar II de Caumont (1632-1699), marquis de Boisse, qui épousa en secondes noces, le 12 mars 1673, Suzanne de Beringhen. Or, le récit de Dubos concerne Charlotte-Rose de Caumont La Force (vers 1650-1724), dite M lle de La Force, fille de François de Caumont, marquis de Castelmoron, – huitième fils du premier duc de La Force, Jacques Nompar de Caumont – et de son épouse Marguerite de Viçoise. Charlotte-Rose fut fille d’honneur de la reine et entra ensuite au service de M lle de Guise (Marie de Lorraine). En 1683, elle résidait à l’hôtel d’Elbeuf chez Françoise de Montault, duchesse de Navailles ; elle y rencontra Charles de Briou, fils du très riche second président de la Cour des aides. Leur liaison fit scandale et le père fit enfermer son fils. Le 10 avril 1687, celui-ci devint majeur et décida d’épouser Charlotte-Rose, convertie au catholicisme depuis l’année précédente : le contrat de mariage fut signé par la duchesse de Navailles, la marquise de Théobon, née Caumont-La Force, la présidente Le Coigneux, nièce de la duchesse de Navailles, et Diane de Caumont-Lauzun lors de la cérémonie qui eut lieu à l’hôtel de Navailles le 6 juin 1687. Les nouveaux mariés furent reçus par le roi à Versailles. Cependant, dès le 14 juin, le père suscita une action en justice et fit de nouveau enfermer son fils, qui finit par se soumettre à la volonté de son père. Le 15 juillet, le père et le fils demandèrent la nullité du mariage et le procès eut lieu devant le Parlement, toutes chambres réunies en raison de la qualité des parties, en présence d’une brillante assistance, dont Jacques Nompar II de Caumont, quatrième duc de La Force, le comte de Lauzun, les ducs d’Uzès, d’Elbeuf, de La Feuillade et de Saint-Simon et les habitués de l’hôtel d’Elbeuf. Le mariage fut annulé et M lle de La Force dut se contenter d’une pension de mille écus, accordée par le roi. Elle se mit à écrire des romans mi-historiques mi-galants, dont certains eurent du succès – ce qui lui valut de devenir membre de l’Académie des Ricovrati – mais des rumeurs circulèrent qui lui attribuaient des écrits satiriques visant des personnes de la cour et même des écrits impies. M lle de La Force – qu’on appelait communément M me de Briou – reçut ordre du roi de se retirer dans un couvent hors de Paris : elle entra à l’abbaye bénédictine de Gercy-en-Brie à Saint-Germain-lès-Corbeil. A l’automne 1704, elle obtint la permission de s’installer au prieuré des bénédictines de Notre-Dame de Consolation, près de la rue de Regard à Paris. Quelques années plus tard, grâce à Pontchartrain, elle put vivre en semi-liberté à La Force près de Bergerac, chez son cousin Henri-Jacques, cinquième duc de La Force ; celui-ci la ramena à Paris en août 1712, et, ayant adressé une supplique au roi, elle obtint sa liberté entière au début de l’année 1713. Elle vit ses dernières années retirée du monde. On voit que le « roman » rapporté par Dubos est plus pittoresque que le véritable destin de M lle de La Force. Voir DBF, s.v., (art. de J.-P. Lobies), et M. Souloumiac, Mademoiselle de La Force : un auteur méconnu du XVII e siècle (La Force 2004).

[20] Ce plaidoyer de Denis Talon ne figure pas dans les Œuvres d’Omer et Denis Talon, éd. D.-A. Rives (Paris, 1821, 6 vol.). Talon faisait allusion à la femme samaritaine rencontrée au puits de Sychar, à qui Jésus déclare « Tu dis bien “Je n’ai pas de mari” : tu en as eu cinq, et l’homme que tu as maintenant n’est pas ton mari. » (Jean 4, 18).

[21] Antoinette Du Ligier de La Garde, dame Deshoulières (1637-1694), Poésies (Paris 1688, 8°) ; la deuxième édition parut en deux parties dès 1693 (Paris 1693, 8°, 2 vol.) ; une nouvelle édition « augmentée de toutes ses œuvres posthumes » parut ensuite (Paris 1705, 8°), et ses poésies parurent de nouveau, accompagnées de celles de sa fille (Paris 1707-1711, 8° ; Paris 1724, 8°, 2 vol.).

[22] Sur Marie-Geneviève Gillot de Saintonge, voir Lettre 1067, n.29. Elle venait de publier ses Poésies galantes (Paris 1696, 12°).

[23] Marie-Anne Mancini, nièce du cardinal Mazarin, épouse de Godefroy-Maurice de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, neveu de Turenne. Elle fut impliquée dans l’affaire des poisons, soupçonnée d’avoir voulu empoisonner son mari, mais, contrairement à sa sœur la duchesse de Soissons, elle rentra en grâce à la cour de Louis XIV.

[24] C’est une lettre de Saint-Evremond à François de Blanchefort de Créquy de Bonne (1629-1687), marquis de Marines, maréchal de France, commentant très librement la paix des Pyrénées établie par Mazarin, qui entraîna l’exil du célèbre épicurien à Londres. Le maréchal de Créquy avait épousé en 1657 Catherine de Rougé (?-1713), fille de Jacques, marquis Du Fay, et de Suzanne Du Bruc ; leurs enfants furent François-Joseph de Créquy, et Nicolas-Charles de Créquy, marquis de Blanchefort. C’est donc Catherine de Rougé qui est ici désignée comme « M me de Créqui ».

[25] Il s’agit des Mémoires de la vie du comte D*** avant sa retraite, rédigez par M. de Saint-Evremond (Paris 1696, 12°, 4 vol.), dus à l’ancien jésuite Pierre de Villiers, que Dubos avait mentionnés dans sa lettre du 19 décembre 1695 (Lettre 1067 : voir n.52).

[26] Gabriel Daniel, Entretiens de Cléandre et d’Eudoxe sur les « Lettres au Provincial » (Cologne [Rouen] 1694, 12° ; Cologne 1696, 12°). L’ouvrage connut un succès énorme et fut édité pour la dixième fois en 1697 ; il fut traduit en latin par le Père Joseph de Jouvancy, Cleander et Eudoxus, seu De provincialibus quas vocant, litteris, dialogi é Gallico exemplari, edito Coloniæ Agrippinæ typis Petri Marteau 1694 (Puteolis 1695, 8°), et en anglais par William Darrell, The Discourses of Cleander and Eudoxus upon the Provincial letters. By a lover of peace and concord. Translated out of a French copy (Cullen [Saint-Omer] 1694 [1701 ?], 8°).

[27] Cette anecdote ne se trouve pas dans la Relation par Jean Racine de ce qui s’est passé au siège de Namur, avec les plans des attaques, de la disposition des lignes et des mouvemens des armées (Paris 1692, folio), mais bien dans sa lettre composée « Au camp près de Namur » le 24 juin 1692 adressée à Boileau : « Vous jugez bien quel fracas y feront nos bombes [au vieux château de Namur]. Heureusement nous ne craignons pas d’en manquer sitôt. On en trouva hier, chez les R.P. jésuites de Namur, douze cent soixante toutes chargées, avec leurs amorces. Ces bon Pères gardaient précieusement ce beau dépôt sans en rien dire, espérant vraisemblablement de les rendre aux Espagnols, au cas qu’on nous fît lever le siège. [...] Le Roi a envoyé le Père recteur à Dôle ; mais le P. de La Chaise dit lui-même que le Roi est trop bon, et que les supérieurs de leur Compagnie seront plus sévères que lui. » Voir Jean Racine, Œuvres complètes, éd. R. Picard (Paris 1966), ii.521 ; M. Virol, « Le siège de Namur de 1692 : l’héroïsme et la technique », XVII e siècle, 228 (2005), p.465-488.

[28] Voir le Mercure historique et politique, janvier 1696, p.52-54 : « Extrait de l’arrêt du Parlement de Paris [du 20 décembre 1695] contre le livre de Jean Thomas de Rocaberti, archeveque de Valence, touchant l’autorité du pontife romain », qui porte sur l’ouvrage De Romani Pontificis Authoritate (Valenciæ 1691-1694, folio, 3 vol.) ; le journaliste commente cette condamnation aux p.89-90 du même numéro. A cette date, le rédacteur du Mercure est Jean de La Brune (?-1743 ?) : voir J. Sgard, Dictionnaire des journaux, s.v. (art. de J. Lombard), et J. Sgard, Dictionnaire des journalistes, s.v. (art. de A. Juillard). Sur Juan Tomas Rocaberti, voir Lettre 1067, n.53, et l’article que Bayle lui consacre dans la deuxième édition du DHC.

[29] Nicolas Baudot de Juilly (1678-1759), Histoire secrète du connestable de Bourbon (Paris 1696, 12°).

[30] Dans son compte rendu de Cara Mustapha Grand Vizir. Histoire contenant son élévation, ses amours dans le sérail, ses divers emplois, le vrai sujet qui lui a fait entreprendre le siège de Vienne et les particularitez de sa mort (Paris 1684, 12°) de Jean de Préchac, NRL, octobre 1684, cat. viii, Bayle s’était insurgé contre la confusion entre l’histoire et le roman : « Si nous parlons de ce livre, ce n’est que pour avertir les lecteurs de n’ajoûter point de foi à toutes les fables dont il est plein. C’est une chose étrange qu’y ayant tant de sujets sur lesquels Messieurs les faiseurs de romans peuvent exercer leur génie, ils nous viennent enlever les choses qui devroient être le plus à couvert de leurs invasions. [...] On feroit fort bien d’obliger tous les faiseurs de romans ou à se forger des héros imaginaires, ou à prendre ceux que l’Antiquité leur fournit comme ils l’ont déjà pratiqué tant de fois. S’ils ont tant envie de parler de gens qui entreprennent les choses les plus mémorables pour voir une femme, que n’en font-ils ? Pourquoi empoisonner si hardiment l’histoire moderne ? Pourquoi dire si sérieusement que la derniere guerre de Hongrie n’a eu pour cause que l’amour du Grand Vizir pour la femme du Bacha de Bude ? Encore, si l’on avoit averti dans une préface qu’on ne débitoit cela que comme une avanture romanesque, y auroit-il eu lieu d’excuser l’auteur. Mais on n’a pas eu cette bonne foi. » Bayle reprend ce propos dans le DHC à l’article « Nidhard (Jean Everard) », rem. C.

[31] Ysbrand van Diemerbroeck, L’Anatomie du corps humain composée en latin ; etablie sur les nouvelles decouvertes des anatomistes modernes, et enrichie de plusieurs observations anatomiques, de quantité de figures (Lyon 1695, 8°, 2 vol.), traduite par Jean Prost.

[32] Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon (1664-1734), dite M lle de L’Héritier, était la nièce de Charles Perrault ; amie de Madeleine de Scudéry, de Marie-Catherine d’Aulnoy et d’ Henriette-Julie de Murat, elle fut l’auteur de nombreux contes de fées.

[33] M lle de La Charse était apparemment une actrice qui avait joué dans la pièce de Thomas Corneille, Bradamante, représentée pour la première et seule fois le 18 novembre 1695 : voir Lettre 1067, n.23.

[34] Antoine Furetière, Furetiriana, ou, les bons mots, et les remarques : histoires de morale, de critique, de plaisanterie, et d’erudition (Paris 1696, 12°) ; voir F. Wild, Naissance du genre des ana, p.314 – 344.

[35] Jacques Boileau (1635-1716), doyen de Sens, Marcelli Ancyrani Disquisitiones II de residentia canonicorum, quibus accessit tertia de tactibus impudicis (Parisiis 1695, 8°).

[36] Pierre Cally (1630-1709), cinq fois recteur de l’université de Caen, principal du collège des Arts et curé de la paroisse caennaise de Saint-Martin en 1684, se fit une réputation de philosophe cartésien et on lui interdit l’enseignement de la philosophie en 1677 ; il devint alors professeur d’éloquence. Dans ses sermons, il dénonça les violences exercées à l’encontre des huguenots à la suite de la Révocation et, par conséquent, il fut exilé à Moulins en 1687 ; il revint à Caen à la fin de l’année suivante. Il fut ensuite accusé d’avoir cherché à concilier la philosophie cartésienne avec la doctrine de la transsubstantiation, et dut se rétracter. Son édition abondamment commentée du traité De consolatione philosophiæ de Boèce fait partie de la collection ad usum Delphini. Dans la présente lettre, il est question de la publication de son Universæ philosophiæ institutio (Cadomi 1695, 4°, 5 parties en 4 tomes) ; il devait publier par la suite son Durand commenté, ou l’accord de la philosophie avec la théologie touchant la transsubstantiation de l’Eucharistie (Cologne 1700, 8°). Voir Dictionary of seventeenth century French philosophers, s.v. (art. de J. Lesaulnier).

[37] Projet d’un traité de physique qui aura pour titre histoire de la nature (Marseille 1695, 4°).

[38] Louis Ellies Du Pin, Histoire des controverses et des matieres ec[c]lesiastiques traitées dans le IX e [–XV e] siècle (Paris 1694-1698, 8°, 7 vol.), recensée dans le JS du 9 et du 16 août 1694 ainsi que dans celui du 9, du 16, du 23 et du 30 janvier 1696. Sur la bataille d’Ellies du Pin avec Bossuet, voir Lettre 891, n.45.

[39] Dubos, Nicaise, Janiçon et Pinsson des Riolles – avec, jusqu’à son arrestation, Daniel de Larroque – constituent le réseau parisien de la correspondance de Bayle ; il se communiquent l’un à l’autre les informations qu’ils reçoivent d’ailleurs, et chacun relaie ces informations à ses correspondants particuliers.

[40] « nos typographes s’appliquent avec toute l’attention requise à l’impression du Thesaurus antiquitatum ». Sur cet ouvrage édité par Grævius, voir Lettres 1031, n.9 et 10, et 1080, n.12.

[41] Sur cet ouvrage de Nicolas Bergier et sur sa traduction par Nicaise, voir Lettres 943, n.10, 1029, n.3, et 1031, n.9.

[42] Dubos avait annoncé cette critique par Antoine Galland de son propre ouvrage sur les Quatre Gordiens : voir Lettre 1067, n.33.

[43] Sur le Specimen universæ rei nummariæ antiquæ de Morel, voir Lettre 1066, n.16.

[44] Pierre Bizot (1630-1696), chanoine de Saint-Sauveur d’Hérisson, venait de mourir. Son Histoire métallique de la république de Hollande (Paris 1687, folio) fut publiée posthumement.

[45] Le Rouennais Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1646-1714), ancien élève des petites écoles de Port-Royal, publia son Détail de la France, ou traité de la cause de la diminution de ses biens et la facilité du remède, en fournissant en un mois tout l’argent dont le Roi a besoin et enrichissant tout le monde (s.l. 1695, 12° ; Cologne 1696, 12° ; s.l. 1707, 8°, 2 vol.) ; l’édition portant l’adresse de Cologne prit des allures de pamphlet par son titre : La France ruinée sous le règne de Louis XIV, par qui et comment ? Avec le moyen de la rétablir en peu de temps (Cologne 1696, 12°). Voir F. Cadet, Pierre de Boisguilbert, précurseur des économistes, 1646-1714 (Paris 1871) ; J. Hecht, Pierre de Boisguilbert, ou la naissance de l’économie politique (Paris 1966, 2 vol.) ; Dictionnaire de Port-Royal, s.v. (art. de F. Delforge).

[46] Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, comtesse d’Aulnoy (1650-1705), Mémoires de la cour d’Espagne (Paris 1690, 12°), et Histoire nouvelle de la cour d’Espagne (Paris 1692, 8°).

[47] Sur cet ouvrage de Gatien Courtilz de Sandras, voir Lettres 936, n.16, et 1039, n.8.

[48] Daniel Le Clerc, Histoire de la médecine : ou l’on void l’origine et le progrès de cet art, de siècle en siècle, depuis le commencement du monde (Genève 1696, 8°).

[49] Dubos avait annoncé cette tragédie de Longepierre dans sa lettre du 19 décembre 1695 : voir Lettre 1067, n.24 ; elle avait été représentée pour la première fois le 28 décembre 1695 au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain. Il avait évoqué par la même occasion la tragédie précédente de Longepierre, Médée, « qui eut beaucoup de succez » : voir Lettre 1067, n.25.

[50] Jean-Baptiste Rousseau, Jason, ou la toison d’or, tragédie (Paris 1696, 4°) ; la musique fut composée par Pasquier (ou Pascal/Paschal) Colasse (ou Collasse) (1649-1709) ; l’opéra fut représenté pour la première fois le 17 janvier 1696, mais ne fut jamais repris.

[51] Sur Jean-Baptiste Rousseau, poète accompli et auteur d’épigrammes qui entraînèrent son malheur, voir H.A. Grubbs, Jean-Baptiste Rousseau, his life and works (Princeton 1941), et la lettre de Mathieu Marais à Pierre Des Maizeaux du 10 février 1711 (Lettre 721).

[52] Allusion à Quentin Metsys (1466-1530), né à Louvain, fils d’un forgeron. Devenu peintre dans le mouvement des primitifs flamands, il fut le fondateur de l’école d’Anvers. Son nom peut s’écrire de plusieurs façons : Quentin, Kwinten / Metsys, Matsys, Matsijs, Massys.

[53] La pièce d’ Antoine de La Fosse d’Aubigny, Polixène, tragédie, fut jouée pour la première fois le 3 février 1696 au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain : voir Lettre 1067, n.27.

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