Lettre 1107 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

[Paris,] ce vendredi 27 avril [1696]

Vos interrogations Monsieur me font trop d’honneur pour me plaindre jamais que vous soyez troppo interrogativo [1] ; si j’ay à me plaindre, c’est de n’estre pas aussi capable de satisfaire que je le voudrois bien ; si j’avois autant de capacité à vostre [2] estre utile que j’ay de zele pour vostre service[,] je serois tout à faict content de moy.

La piece de vers que je vous envoie, assez bizarrement escrite est le Dialogue de Mr Despreaux et de son jardinier [3], son onzieme Satyre qui ne paroist pas encore imite l’épître d’ Horace à son livre : Vertumnum Janumque liber spectare videris [4]

et ce dialogue est fait à l’exemple du Villice Sylvarum etc [5]. Vous remarqueré dans cet ouvrage le caractere de ce grand poete, le seul des nostres
Pindarici fontis qui non expalluit haustus [6] et vous i remarquerez aussi des négligences qui temoignent que l’autheur n’a pas encore mis la derniere main à sa besogne, aussi c’est malgré Mr Despreaux que ces vers courent manuscrit, Mr le prince de Conti lui en a derobé une copie. Ce prince marche dignement sur les traces de son oncle [7], les gazettes vous auront ap[p]ris qu’il l’a presque atteint dans le métier, et je vous diré ici qu’il aime les lettres autant que ce héros, et que sa passion brilleroit davantage si l’érudition n’estoit pas hors de mode. On dit qu’il est de même en vos quartiers, à dire vray, il seroit difficile que dans les conjonctures presentes les choses allassent autrement. Le Roy Guillaume passe ici pour ne les point aimer, peu[t] etre est-ce faüte de loisir qu’il les neglige.

Je me suis trompé à l’egard de l’age de Mr Dacier, mais pour l’age de Mr Perrault, je le scais de lui meme [8][ ;] il vous salüe de tout son cœur.

Mr d’Hénault, autheur du sonnet sur M elle de Guerchi et maistre de Madame Des Houlières [9][,] a eu assez de reputation à Paris de son vivant, et elle subsiste encore quoyqu’il • soit mort il i a quatorze ans. Il est vray que son merite n’estant pas imprimé, pour parler [comme [10]] Mr Menage, sa reputation n’a pu s’estandre com[m]e celle de bien d’autres, qui à Paris n’ont jamais joui d’une reputation aussi grande que la sienne. C’estoit un homme d’esprit et d’erudition, aymant le plaisir avec raf[f]inement, et débauché avec art et delicatesse. / Mais il avoit le plus grand travers dont un homme soit capable, il se piquoit d’atheisme et faisoit parade de son sentiment* avec une fureur et une affectation abominable. Il avoit composé trois differents systemes de la mortalité de l’ame et avoit faict le voyage d’Hollande expres pour voir Spinosa [11][,] qui cependant ne fit pas grand cas de son erudition. A la mort, les choses changerent bien, il se convertit et vouloit porter les choses à l’excez, son confesseur fut obligé de l’empêcher de recevoir le viatique au milieu de sa chambre, la corde au col. D’Hénault n’estoit point de naissance[,] son pere estoit boulanger et lui avoit esté d’abord receveur des tailles en forest où il n’avoit pas bien faict ses affaires. Il est vray qu’il a esté le pedagogue de M [me] Des Houlières à qui il a montré tout ce qu’il scavoit et croioit scavoir, on pretent qu’il y paroist dans les ouvrages de cette dame. J’ay vu entre autres remarquer ces vers de l’idille Du ruisseau, t[ome] 1 er p.164 :

Courez, ruisseaux, courez, fuiez et reportez

vos ondes dans le sein des mers dont vous sortez,

tandis que, pour remplir la dure destinée

où nous sommes as[s]ujetis,

nous irons reporter la vie infortunée

dans le sein du neant d’où nous sommes sortis.

Nous ne sommes pas ici si chagrins que où vous estes, s’il i avoit une Academie françoise à La Haye, nous en lirions les receuils avec plaisir ; l’oraison funèbre de Monsieur Abbadie [12] a esté lue et ap[p]laudie de tout Paris, quoyque nos connois[s]eurs i croient voir quelques defauts. Si nos libraires eussent esté libres, com[m]e en Hollande, il i en auroit eu vin[g]t editions. Où est Mr Abbadie et que fait-il apresent [13] ?

Je suis surpris quelquefois com[m]e vous des eblouissements qui survien[n]ent aux meilleurs autheurs, bien moins souvent s’entend, aiant la vue bien courte en comparaison de la vostre. Je lisois dernierement dans le Discours sur l’histoire universelle de Mr Bossuet, dans l’exposition de ce qu’estoit Olympiades, que les jeux olympiques se célébroient d’abord à Elide et puis • à Pise, au lieu de dire à Pise en Elide [14]. Ce matin lisant le premier volume de l’ Histoire des empereurs de Mr de Tillemont [15] j’ay trouvé que dans sa derniere note sur Vitellius il veut corriger le texte grec de Joseph, qui dit que ce prince a esté tué tri/th a0pellai/oj [16] parce que constam[m]ent Vitellius fut tué le 20 decembre, com[m]e si l’ a0pellai/oj des juifs com[m]encoit toujours en même jour que le décembre des Romains, au contraire cette année de Rome 821 le 3 de a0pellai/oj tombe justement le 20 decembre. Mr d’Andilli [17], que j’ay esté consulter pour voir s’il avoit faict la meme faute, l’a com[m]ise. Mr de Tillemont dans ses notes sur la ruine des juif[s], eundem errorem errat [18] , il faict com[m]encer / entre autres le Xanticus des Juifs dont se sert Joseph • tousjours, avec l’avril des Romains, et il faut voir dans quelles difficultez cela l’embar[r]asse. Ce qui m’eston[n]e c’est que[,] de trente raisons qui lui devoient decouvrir son erreur[,] il n’ait du moins senti celle ci, que si le mois Xanticus com[m]encoit tousjours le 1 er avril, les juifs eussent tousjours celebré la Pasque le 14 avril, puisqu’ils la celebroient tousjours le 14 de la lune du premier mois de l’année ec[c]lesiastique, qui est le Nisan ou leur Xanticus.

Je ne puis quitter Mr de Tillemont sans vous entretenir encor d’une bevüe plaisante de son 3 e volume. En parlant de Vabalath fils de l’illustre Zenobie, il explique V. C. R. I. M. R. qui se trouve dans la legende des médailles de ce prince, par Verim. R. [ :] Verimorum rex [i] , peuple qu’il cherche je ne scais où et qui n’exista jamais, au lieu que ces lettres, qui se ponctuent ainsi : V. C. R. IM. R., veulent dire Vice Cæsaris rector imperii Romani [19] , qualité que lui avoit donné[e] Aurélien, et non point encore, com[m]e le veut le P[ère] Hardouin dans son Antirheticus[,] [20] imperii Orientis [21], en prenant une R pour un O. La • distribution de l’empire en empire d’Orient et en empire d’Occident estant • meme posterieure au grand Constantin.

Je ne sache pas que Mr Guillet de Saint Georges ait faict aucun livre posterieur à sa critique du voyage de Mr Spon que le Diction[n]aire des arts de l’homme d’espée, en 3 volumes in 12. Encore il vient de me venir un scrupule que ce livre ne soit anterieur aux autres [22]. Cet autheur est presentement secretaire de l’Académie de peinture. Je n’ay pu encore trouver person[n]e qui m’ait pu ap[p]rendre, quel est le Mr Perron du Ménagiana [23], mais je m’en informeré à tant de gens que à la fin je vous en rendré bon compte. Mr l’abbé Nicaise m’escrit [24], qu’il vient de recevoir des nouvelles de Rome qui lui disent la mort de Mr Bellori fameux curieux et scavant illustre [25].

Vous connoistré par la coppie de la lettre de Mr de Lavardin que je vous envoie [26], ce que l’on aura adjouté au prodige de Bretagne dans les differents pais par où la nouvelle en a passé pour arriver jusques à vous. Person[n]e n’a vu ici d’autre coppie de lettre de Mr de Lavardin, que celle que je vous envoie, et s’il a escrit au Roy là dessus, com[m]e il i a ap[p]arence la lettre n’a esté vue que de S[a] M[ajesté]. Pour vous faire l’histoire de cette nouvelle, je vous diré qu’elle fit d’abord quelque bruit ici, pendant deux ou trois jours tout le monde la disoit, mais person[n]e ne la croioit, c’estoit après avoir pris / la precaution • de bien as[s]eûrer que l’on n’en croioit rien que l’on osoit la raconter, le menu peuple même ne l’a pas cru, peu[t] etre parce que person[n]e n’a eu interest de lui persuader ce prodige. Enfin après trois jours, la nouvelle a esté entierement enterrée, et je pense que person[n]e n’en parlera plus que Devizé [27].

Je remarque generalement parlant, que l’avanture de la baguette de Jacques Aymar [28] a mis tout le monde sur les gardes dès qu’il s’agit de prodige[.] Vous auré leu que cet homme après avoir passé pour miraculeux pendant un an fut mandé à Paris par Mr le prince[ ;] il i reus[s]it d’abord et en imposa presque à tout le monde. Après deux petits livres deja imprimez sur ce sujet, Vallemon[t] en fit un troisieme contenant 600 pages in 12, pour expliquer mécaniquement le tournoiement de la baguette divinatoire [29]. Le P[ère] Legendre de l’Oratoire le refuta et prouva fort bien que la baguette ne pouvoit tourner sans l’intervention du diable [30]. Enfin, après ces beaux livres, il se trouva que Jacques Aymar estoit un fripon que Mr le prince fit chasser en faisant inserer dans le Mercure galand [31] et dans le Journal des sçavants [32] les preuves indubitables qu’il • avoit eu de la fourberie.

Si nostre siecle eût esté tant soit peu plus facile, voiez quel droit eussent pris les amateurs des prodiges, dans les siecles suivants, sur un homme roué à Lyon et sur les livres imprimez du temps. Ce qui est de plus plaisant pour un philosophe dans cette histoire, c’est que Vallemont as[s]eure au com[m]encement de son livre que l’avanture de la dent d’or rap[p]ortée par Mr Vandale [33] l’a rendu sage, et que auparavant entreprendre l’explication du prodige il s’est as[s]euré de son existence. Fiez vous apres cela aux depositions des autheurs, s’il doit i en avoir de certaines, n’est ce pas celles d’un philosophe qui depose l’existence d’un prodige[?] Pour revenir à l’apparition ar[r]ivée à Ruvengal, un des mes amis a vu l’ évesque de Vannes [34] sur ce sujet. Ce prelat lui a montré la lettre du curé du lieu qui est de son diocèse, la quelle raconte la même chose que celle de Mr Lavardin avec cette circonstance omise par ceux qui n’ont • pas voulu gaster le merveillieux de leur recit, que quelques paisans plus hardis que les autres s’estant avancé[s] vers l’endroit où l’on voioit les armées paroissoient à ceux qui estoient restez sur les hauteurs au milieu de la meslée, tandis que à costé d’eux ils ne voioient qu’une espece de brouilliard. Enfin la vision passe à present pour une chimere aussi bien en Bretagne qu’à Paris.

L’air de France ne vaut rien à présent pour les prodiges ; ils ne scauroient plus mal choisir leur temps et leur[s] lieux. Les reflexions qui ont authorisé tout le monde / à rejetter ce prodige. Les armées n’ont point paru en l’air com[m]e jadis mais sur terre et dans une lande pais sujet à quantité d’exhalaisons sulphureuses, il n’i a que des paisans qui • les aient vu[es], car • encore ce sont des paisans bretons qui l’ont veu après midi, un jour de feste, et un jour du carnaval. Les deffenses de Mr de Chaulnes de parler de ce prodige sont de l’invention du gazettier d’Anvers [35], ce duc n’est plus gouverneur de la province, c’est le comte de Thoulouse [36], en faveur de qui il a faict sa demission. A propos de Mr Crizzo [37] je vous diré, que M. de Crizzo [ sic] a amené d’Italie son confesseur, qui a preché ce Caresme en italien et à l’italien[n]e. Tout Paris i a couru com[m]e à une espece de comedie ; c’est un des defauts de nostre nation de plaisanter • des manieres des autres. Ce prédicateur s’ap[p]elle il Padre Conneliano et est capucin de son mestier [38].

Les deputez de Genève nous ont ap[p]orté quelques exemplaires de l’ Histoire de la médecine de Mr Le Clerc [39]. Ceux qui ont lu se [ sic] livre l’estiment fort et souhaittent que l’autheur ne fasse pas languir apres la suitte. Vous auré dejà entendu parler de la nouvelle Histoire de France du P[ère] Daniel [40], mais je ne scais si vous l’auré vuë. L’autheur fort eloigné du système du P[ère] Jourdan [41] son confrere, qui multiplioit nos roys et donnoit des predecesseurs à Pharamond[,] com[m]ence la monarchie à Clovis. Son premier volume qu’il vient de publier, est un in 4° de près de six cens pages qui contient outre les règnes de Clovis et de ses enfans • 8 dissertations sur l’histoire de France. La preface est hardie et paroistra meme quelque chose de plus à bien des gens. Après avoir faict voir, que les com[m]encements de la monarchie francoise sont plus dignes de la • curiosité des gens qui lisent que les com[m]encements de Rome, il conclut que la lecture de cette partie de nostre histoire n’est si fort negligée que par la faute de ceux qui l’ont escrite. L’un a manqué par un tel endroit, celui là par un autre, enfin, vous i trouveré Mezeray [42], M. de Vallois [43], son confrère, et plusieurs autres au nombre des délinquans. Il ne les nomme pas à la verité mais il les désigne de maniere qu’ils ne scauroient estre mecon[n]us. Bien des gens ont de la peine à croire que le P[ère] Daniel ait assez d’erudition pour bien remplir son projet, il est jeune et jusques ici avoit paru se donner • à la philosophie. C’est une assez plaisante metamorphose que celle d’un philosophe en historien. Il i a là dessus bien des choses à dire. Il me souvient • que vous / fîtes quelques reflexions sur ce sujet dans la Republique des Lettres, lorsque l’ Histoire de France par Mr Cordemoy paru[t] [44].

Nous avons encore deux nouveaux volumes des lettres de Patin • le quatrieme et le cinquieme [45]. C’est dommage que ce galand homme n’ait esté plus exact.

Je ne scais si vous aurez dejà l’ Histoire evangelique du Pere Pezeron en deux volumes in douze [46]. Le livre est fort estimé je • crois cependant avoir de bonnes • raisons de penser qu’il se trompe dans sa c[h]ronologie. Il met la passion de J[esus] Christ sous les deux Geminus , contre le sentiment des plus habiles [47].

Mr Pourchot, ancien recteur de l’université et professeur en philosophie au collège Mazarin vient de faire imprimer son cours [48]. S’il parvient jusques à vous vous verré que son autheur a plus lu Mr Descartes et le Père Malbranche qu’ Aristote et Porphire. C’est un fort hon[n]este homme que Mr Pourchot et qui a beaucoup de reputation dans l’université. • Au reste le stile de sa philosophie est aussi peu barbare que le dogme.

Les œuvres post[h]umes de Mr de La Fontaine [49] viennent aussi de paroistre. Ce sont differentes pieces en vers et en prose lesquelles jusques ici n’ont pas encore esté imprimées pour la plus part. [C]om[m]e c’est un livret que vos • libraires reimprimeront incessament je ne vous en diré rien davantage.

Mr de Longpré a entrepris la defense du quatrieme Gordien contre la critique de Mr Galland [50]. Mr de Longpré est un fort hon[n]este homme qui a une des academies du faux bourg S[ain]t Germain mais son escrit entre nous me paroist bien foible. Il est difficile de se tenir en repos quand l’on voit comme dit Cæsar suum periculum in aliena virtute consistere [51], cependant • je ne me sens point de tentation de repousser les traits de Mr Galland, ils me semblent qu’ils tombent d’eux memes. Je suis infiniment obligé à ceux de vos Messieurs qui veulent bien ap[p]rouver l’ Histoire des Gordiens [52], je crois cependant que c’est en considération de celui qui la leur fait voir.

Je vous ai trop parlé de M [lle] de La Force [53] pour ne point vous ap[p]rendre un nouvel incident de son histoire. Mr de Briou la quit[t]e et faict casser ce mariage qui lui couste si cher ; il a espousé M elle de Cesserin autre avanturiere [54]. Elle n’est pas à beaucoup prest, de si bonne famille que l’autre mais elle a amassé du bien au service de feu Mr de Seignelay [55] qui l’avoit agréée à Brest son pais où il la vit dans son voyage de 1689. /

La Mort du jeune Agrippa tragedie [56] qui fut représentée peu devant la cloture du theatre [57] est tombée : elle estoit de l’abbé de Riousperoux. On jouera apres les festes une comedie de l’ abbé de Brueis dont j’ay oublié le nom [58]. Cet abbé est le meme qui escrivit lors de la Revocation de l’édit. Il a faict depuis deux ou trois comedies qui ont eu beaucoup de succez entre autres Le Grondeur [59]. On représentera à l’opéra immédiatement apres les festes La Naissance de Vénus ballet dont les vers sont de la composition de l’ abbé Pic chanoine de Laon [60] : cela ne fait pas autrement honneur à l’Eglise gallicane.

Vous aurez oui parler du different de Santeuil avec les jesuites, touchant l’epitaphe de Monsieur Arnaud faite par le premier [61]. L’on a imprimé un receuil de toutes les pieces qui ont paru de part et d’autre, le quel sera peut être parvenu chez vous. L’autheur de ce receuïl qui est l’ abbé Faydit [62] n’a pas jugé à propos d’i inserer une des meilleures, qui est le Santolius pendens ou Santeuil pendu. Il i a d’excellentes choses dans cette piece et entre autres quelques portraits des jesuites bien touché[s]. On l’attribue à Mr Rollin professeur de rhetorique au Plessis et recteur de l’université [63]. Quoyque Mr Arnaud soit oncle de Mr de Pompon[n]e [64] on ne croit pas ici que l’on laisse apposer l’epitaphe mais la réputation de ce grand homme n’est pas à une epitaphe près. • Il sera vray de lui ce que dit Tacite ( Ann[ales] 2) : Huic negatus honor gloriam intendit [65].

Les ducs et pairs ont perdu le procez qu’ils avoi[en]t contre le duc de Luxembourg, fils du maréchal mort l’année derniere [66]. Com[m]e ce procez rouloit sur une question assez curieuse, je pour[r]é bien vous envoier un memoire qu’[u]n de mes amis a faict desssus. S’il ne vous revenoit pas, ce seroit tousjours une friandise pour Mr de Beauval [67]. Je ne scais si l’on est possedé chez vous de la manie des nouvelles, com[m]e ici. • Je vois tout le monde en mouvement, parce que avant hier au soir le Roy recut un cour[r]ier • depeché par Mr de Chateauregnaud, qui lui mandoit qu’il avoit rencontré l’amiral Rook et qu’il l’alloit attaquer [68]. Pour moy je n’écoute les nouvelles q’un mois apres que l’action s’est passée, quand on peut ouir les deux parties et qu’on est informé des détails.

Com[m]e je suis plus des trois quarts du temps à Paris, je vous prie d’i adresser les lettres que vous me faites l’honneur de m’escrire. Je suis logé au milieu de la rue du Roule chez M. de Montour.

Je suis Monsieur, etc.

 

A Monsieur / Monsieur Bayle / A Rotterdam •

 

Epitre de Mr. Despreaux à son jardinier [69]

 

Laborieux valet du plus com[m]ode maistre,

qui pour te rendre heureux ici bas pouvoit naitre,

Antoine, gouverneur de ma maison d’Auteuil,

qui dirige chez moy l’if et le chevrefeuil

et sur mes espaliers industrieux genie,

scais si bien exercer l’art de la quintinie

oh ! que de mon esprit triste et desordonné

ainsi que de ce champ par toy si bien orné

ne puis-je faire oster les ronces, les epines,

et de defauts sans nombre ar[r]acher les racines.

mais parle, raison[n]ons, quand du matin au soir

en maniant la beche et versant l’ar[r]osoir,

tu fais d’un sable aride un terrain si fertile,

et rends tout mon jardin à tes loix si docile

que dis-tu ? de me voir resveur capricieux,

tantost baissant le front, tantost levant les yeux

de parolles dans l’air par elans envolées,

effrayer les oiseaux perchez dans mes allées ?

ne soupcon[n]e[s] tu point qu’agité du demon,

ainsi que le cousin des quatre fils d’Aymon

dont tu lis quelquefois la merveilleuse histoire,

je rumine en marchant quelque endroit du grimoire

mais non, tu te souviens qu’au village on t’a dit

que ton maistre est gagé pour coucher par escrit,

les faits de ce grand Roy vanté pour sa vaillance,

plus qu’Oger le Danois et Pierre de Provence,

tu crois qu’il i travaille et qu’au long de ce mur,

peu[t] etre en ce moment il prend Mons et Namur.

que penserois tu donc si l’on t’allois [ sic] ap[p]rendre,

que ce grand escrivain des hauts faits d’Alexandxe

aujourd hui meditant un projet tout nouveau

agité se demene et s’use le cerveau

pour te faire à toy meme en rimes insensées,

un bizarre portrait de tes folles pensées.

Mon maistre dirois tu passe pour un docteur,

et parle quelquefois mieux qu’un predicateur,

sous les arbres pourtant de vaines resveries,

il n’iroit pas troubler ses moineaux et ses pies.

S’il lui falloit tousjours comme moy s’exercer,

labourer, couper, tondre, aplanir, palisser,

et de l’eau de ses puits sans relache tirée,

de ce sable etancher la soif demesurée ;

Antoine, de nous deux, tu crois donc, je le voy

que le plus oc[c]upé dans ce jardin c’est toy :

ah ! que tu changerois d’avis et de langage,

si deux jours seulement chargé de mon ouvrage,

tout à coup devenu poete et bel esprit,

il te falloit songer à polir un escrit,

qui dit sans s’avilir les plus petites choses,

faict des plus secs chardons des œillets et des roses,

et qui pu[t] contenter en paroissant au jour

Daguesseau dans la ville et Termes à la cour.

Bientost de ce travail devenu sec et pasle,

et le tein[t] plus jauni que de vin[g]t ans de hasle

tu dirois reprenant ta besche et ton rateau

j’ayme mieux mettre encor cent arpens au nîveau

que d’aller follement egaré dans les nües,

me lasser à chercher des visions cornües,

et pour lier des mots si mal s’entracordants,

prendre dans ce jardin la lune avec les dents.

Ap[p]roche donc et viens, qu’un paresseux t’ap[p]renne,

Antoine, ce que c’est que fatigue et que peine.

L’homme ici bas tousjours inquiet et gesné,

e[s]t dans le repos meme au travail condamné,

la fatigue l’i suit, c’est en vain qu’aux poetes,

les neuf trompeuses sœurs, dans leurs douces retraites

promettent du repôs sous leurs ombrages frais,

dans les tranquilles bois pour eux plantés expres.

Sans cesse, jour et nuit, ces desolantes fees,

de travaux importuns agitent les Orphées,

leur esprit toutefois se plaist dans son tourment,

et se faict de sa peine un noble amusement,

mais je ne concois point de fatigue si rude,

que l’ennuieux loisir d’un mortel sans estude,

sans esprit, sans talents qui de vice[s] hebeté,

soutient dans les langueurs de son oisiveté,

d’une lache indolence esclave volontaire,

le penible fardeau de n’avoir rien à faire. /

Vainement of[f]usq[u]é de ses pensers espais,

loin du trouble et du bruit il croit trouver la paix

dans le calme odieux de sa molle paresse

touts [ sic] les honteux plaisirs enfans de la mollesse

usurpant sur son ame un absolu pouvoir,

de monstrueux desirs le viennent emouvoir

irritent de ses sens la fureur endormie,

le font le jouet de leur triste infamie

puis sur leurs pas soudain arrivent les remords,

et bientost avec eüx touts les fleaüx du corps

la gout[t]e aux doigts noués, la pierre, la gravelle,

l’ignorant medecin encor plus facheux qu’elles,

chez l’indigne mortel viennent touts s’assembler,

de travaux douloureux le viennent ac[c]abler,

Sur le duvet d’un lit theatre de ses gesnes,

lui font fendre des rocs, lui font scier des chesnes,

et le mettent au point d’envier ton employ,

reconnois donc Antoine et conclus avec moy

que la pauvreté masle, active, vigilante,

est parmi les travaux moins lasse et plus contente

que la richesse oisive au sein des voluptez,

je te vais sur cela prouver deux veritez,

l’une que le travail aux hommes neces[s]aire

faict leur felicité plutost que leur misere,

et l’autre qu’en Dieu seul on trouve le repos,

c’est ce qu’il faut ici prouver en peu de mots.

Suis moi donc : mais je vois sur le debut tu prone[s],

que ta bouche deja s’oüvre large d’une aulne

et que les yeux fermez tu baisses le menton,

ma foy le plus court est de quitter le sermon,

aussi bien j’apercois ces melons qui t’at[t]endent,

et ces fleurs qui là bas à jeun s’entremandent,

S’il est feste au village, et pour quel saint nouveau,

on les laisse aujourd’hui si lontemps manquer d’eau.

  [Le curé de Ruvengal] à Mr l’abbé de La Fayette à Vannes le 3 mars 1696  

Il vous paroistra bizarre qu’[u]n homme aussi peu superstitieux que moy, vous mande un prodige [70] mais il est tres vray et assez singulier pour vous le mander. Il i a aujourd’hui huits jours feste S[ain]t Mathias que l’on vit dans une lande spatieuse à cinq lieues d’ici tres distinctement trois armées d’infanterie en bataille deux en presence bien rangées, il i en avoit une troisieme separée qui paroissoit faire un corps de reserve, elle ne combatit point et demeura com[m]e spectatrice puis disparut apres le combat. Les deux autres se meslerent et combatirent depuis trois heures apres midi jusques à la nuit, celle qui estoit du costé du Nort avoit un drapeaux rouge et celle du costé du Midi un drapeaux blanc. Un general de taille gigantesque et de grande ap[p]arence à la teste de chacune les faisoient agir et des genéraux ou majors alloient de costé et d’autre, apres le combat l’armée du Nord retourna, quoyque derangé vers un lieu nommé Comé. Deux cents personnes l’ont vues [ sic]. J’en ai des relations assez confirmées. Cela est ar[r]ivé dans une paroisse ap[p]ellée Ruvengal. J’envoie à Mr de Rennes [71] la lettre du curé du lieu.

Sur une dame peinte en Venus, avec l’amour

sur l’air du Jesaphique françois

 

Ces beaux yeux cet air charmant

ces traits de beauté divine

font que l’amour s’imagine

que vous este[s] sa maman

mais pour vous distinguer d’elle

dans ce grand rap[p]ort de traits

vous avez un cœur fidelle

que sa maman n’eut jamais.

Notes :

[1] Dubos reprend la formule de Bayle dans sa lettre du 19 avril (Lettre 1105).

[2] Lapsus pour « vous ».

[3] Nicolas Boileau-Despréaux, Epistre XI « A mon jardinier », éd. A. Adam et F. Escal, p.145-148 : le poème est cité à la fin de la présente lettre (sur le manuscrit, l’épître n’est pas découpée en vers). Cette indication de Dubos est le premier témoignage sur la diffusion de cette Epître de Boileau ; celle-ci fut ensuite publiée aux Provinces-Unies : voir la remarque de Dubos dans sa lettre du 25 juin (Lettre 1125).

[4] Horace, Epîtres, i.20, v. 1 (« Horace à son livre ») : « Livre, tu sembles regarder Vertumnus et Janus ». Autrement dit, « livre, tu sembles regarder à la fois le passé (l’automne) et l’avenir (janvier). »

[5] Horace, Epîtres, I, 14, v. 1 (« Horace à son fermier ») : « Gardien de mes bois et me rendant à nouveau maître de mes champs ».

[6] Horace, Épîtres, i.3, v. 10 (« Horace à Julius Florus ») : Pindarici fontis qui non expalluit haustus : « qui n’a point craint de boire à la source de Pindare ». Ce vers est cité dans le DHC, art. « Titius », rem. D.

[7] François-Louis de Bourbon (1664-1709), comte de La Marche, comte de Clermont, prince de La Roche-sur-Yon, devint prince de Conti après la mort de son frère aîné, Louis-Armand de Bourbon (1661-1685), le 9 novembre 1685. Leur père, Armand de Conti, étant mort en 1666, les deux enfants furent confiés d’abord à Étienne de Lombard du Trouillas, un ecclésiastique proche de Port-Royal. En 1669, François-Louis avait comme précepteur Claude Lancelot, secondé par un gouverneur, Jean-François Montfaucon de La Péjan, sieur de Roquetaillade, gentilhomme du diocèse d’Alet, lui-même élevé auprès de Nicolas Pavillon. La princesse de Conti mourut le 4 février 1672. La Cour estimait que l’éducation donnée aux princes était trop sérieuse et peu compatible avec leur statut. Elle ordonna à M. de La Péjan de conduire les deux jeunes Conti à la comédie. Le gouverneur refusa catégoriquement et en appela aux ordres donnés par la princesse. Louis XIV réagit en faisant élever les deux jeunes princes avec son fils, le Grand Dauphin, alors âgé de onze ans. François-Louis épousa en 1688 Marie-Thérèse de Bourbon-Condé ; le couple eut sept enfants. Atteint de la goutte, François-Louis tomba malade en novembre 1708 et mourut le 22 février 1709 en l’hôtel de Conti. Voir le Dictionnaire de Port-Royal, s.v. (art. de F. Delforge). Dubos compare le jeune prince de Conti à son oncle, le Grand Condé.

[8] Voir la lettre de Dubos du 10 février (Lettre 1086, n.10). Dubos avait cru qu’ André Dacier « passait la soixantaine » alors qu’il naquit en 1651. Perrault était alors âgé de soixante-huit ans.

[9] Sur le poète Jean Hénault, voir Lettre 1105, n.21. Tout ce passage de la présente lettre est cité par Bayle dans l’article « Spinoza (Benoît de) », rem. F de la première édition du DHC, et, en ce qui concerne le Sonnet de l’avorton, à l’article « Hénault (N.) », rem. A.

[10] Lapsus : mot omis par Dubos.

[11] Bayle devait reprendre cette phrase à l’article « Hénault » du DHC. Jean Hénault était un protégé des Condé ; en 1655, Nicolas Fouquet le nomma receveur des tailles à Montbrison ; Colbert le révoqua en 1661. Il fréquentait à Auteuil le cercle de Molière, traduisit Lucrèce et Les Troyennes et passa, aux yeux de Guy Patin, pour un fanfaron du libertinage. Son voyage à Rotterdam, s’il eut lieu, dut se faire en 1668 ou 1669 : voir P. Vernière, Spinoza et la pensée française avant la Révolution (Paris 1954), p.13-15.

[12] Jacques Abbadie, Panégyrique de Marie, reyne d’Angleterre et d’Ecosse, décédée à Kensington le 28 décembre 1694 (Genève 1695, 12°) : voir Lettre 1031, n.21.

[13] Jacques Abbadie était pasteur de l’Eglise de la Savoie à Londres depuis 1691 : sur lui voir Lettre 164, n.35, et D.C.A. Agnew, Protestant exiles from France in the reign of Louis XIV ; or, the Huguenot refugees and their descendants en Great Britain and Ireland (London, Edinburgh 1871-1874 ; London 1886), ii.223-228.

[14] Bossuet, Discours sur l’histoire universelle (Paris 1681, 4°), I re partie, 6 e époque : « La première Olympiade est marquée par la victoire de Corèbe. Elles se renouvelaient tous les cinq ans, et après quatre ans révolus. Là, dans l’assemblée de toute la Grèce, à Pise premièrement, et dans la suite à Elide, se célébraient ces fameux combats, où les vainqueurs étaient couronnés avec des applaudissements incroyables. » (éd. J. Truchet, Paris 1966, p.62).

[15] Sébastien Le Nain de Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné pendant les six premiers siècles de l’Eglise (Bruxelles 1692-1693, 12°, 3 tomes, 8 vol.).

[16] Flavius Josèphe, Guerre des juifs, livre V, 4, 79. La date désigne le troisième jour du mois d’Apellaios : c’est un mois du calendrier macédonien qui correspond à fin novembre-début décembre. L’expression grecque n’est pas grammaticalement correcte, il faudrait : tri/th a0pellai/ou.

[17] Robert Arnauld d’Andilly, dans sa traduction de l’ Histoire des juifs, écrite par Flavius Joseph, sous le titre des « Antiquitez judaïques ». Traduite sur l’original grec reveu sur divers manuscrits (Paris 1667, folio).

[18] « il tombe dans la même erreur ».

[i] Verim. R. : Verimonum Rex : « le roi des Vérimons ».

[19] « Au vice-César, gouverneur de l’empire romain ».

[20] Jean Hardouin, Antirheticus, de nummis antiquis coloniarum et municipiorum (Parisiis 1689, 4°). Dubos fait remarquer que l’abréviation V.C.R.I.M.R. doit se lire V.C.R.IM.R. c’est-à-dire : Vice Cæsaris rector imperii Romani et non pas, comme le voudrait Hardouin dans son Antirheticus en prenant le deuxième R pour O, imperii Orientis.

[21] « de l’empire d’Orient ».

[22] Dubos se trompe, en effet : l’ouvrage de Georges Guillet de Saint-Georges, Les Arts de l’homme d’épée, ou le dictionnaire du gentilhomme (Paris 1678, 12°) était antérieur au livre cité par Bayle, Histoire du règne de Mahomet II (Paris 1681, 12°, 2 vol.) : voir Lettre 1105, n.57.

[23] Dubos répond à la question posée par Bayle dans sa lettre du 19 avril : voir Lettres 1105, n.54, et 1125, n.25.

[24] Dubos séjournait apparemment à Paris à cette date (il résidait aussi parfois à Beauvais) ; Nicaise avait dû lui écrire de Dijon : cette lettre n’est pas signalée par A. Lombard, La Correspondance de l’abbé Du Bos (1670-1742) (Paris 1913).

[25] Giovanni Pietro Bellori (1613-1696), conservateur des Antiquités de Rome, était mort le 19 février 1696. Dubos avait déjà rapporté un propos de Nicaise sur la maladie de Bellori : voir Lettre 1067, n.56.

[26] Henri-Charles de Beaumanoir, marquis de Lavardin, auteur d’une lettre à l’abbé de La Fayette publiée par le Mercure galant : voir la note suivante.

[27] Jean Donneau de Visé, rédacteur du Mercure galant, mars 1696, p.223-227 : « Lettre de M. de Lavardin à M. l’ abbé de La Fayette, du 3 mars 1696 » : c’est le texte du Mercure galant qui est recopié par Dubos à la fin de la présente lettre.

[28] Sur l’imposture de Jacques Aymar, dont il avait été (assez obscurément) question en novembre 1692, voir Lettre 895, n.28, et les travaux critiques de K. Vermeir, « Circulating knowledge or superstition ? The Dutch debate on divination », in S. Dupré and C.H. Lüthy (dir.), Silent messengers : the circulation of material objects of knowledge in the early modern Low Countries (Münster 2011), p.293-328, et, du même, « The garbage dump of the Republic of Letters. Pierre Bayle’s Dictionaire as an encyclopedic palimpsest of errors », Journal of early modern studies, 1 (2012), p.109-149. Bayle faisait état de l’affaire Aymar dans le DHC, art. « Abaris », rem. B, H et I, son tout premier article, qu’il corrigeait selon les péripéties de l’affaire et qu’il devait encore modifier conformément au témoignage de Paul Buissière communiqué dans une lettre datée du 25 juillet 1698. Voir aussi le commentaire de Leibniz à Basnage de Beauval : « C’est dommage que M. Vallemont s’est attaché à justifier la chimere de la baguette. Jacques Aymar a reconnu son imposture, je le sçai de la bouche de Madame la duchesse douairière d’Hanover, qui a eu la curiosité d’examiner cet homme conjointement avec le prince de Condé. Et enfin apres avoir epuisé ses artifices, il a eu recours à l’aveu et à la deprecation. Quelques uns crurent qu’il falloit dissimuler cette découverte par une maniere de fraude pieuse ou utile, car la crainte de cet homme avoit fait rapporter des vols. Mais on prit le parti de la verité. J’y ay eu quelque interest, car quelques amis accusoient deja mon incredulité sur ce sujet. » (éd. Gerhardt, iii.113 ; voir également sa lettre à Nicaise du 15 mai 1693, éd. Gerhardt, ii.540).

[29] Sur les différentes éditions de l’ouvrage La Physique occulte, ou traité de la baguette divinatoire de Pierre Le Lorrain de Vallemont, voir Lettre 946, n.6. Il est certainement fait mention ici de l’édition parisienne parue chez Jean Boudot en 1696, qui copie l’édition amstellodamoise de la même année.

[30] Dubos commet un lapsus : c’est Pierre Le Brun qui fut l’auteur d’un ouvrage réfutant le traité de Le Lorrain de Vallemont : Lettres qui decouvrent l’illusion des philosophes sur la baguette, et qui detruisent leurs systèmes (Paris 1693, 12°). Ce traité fut réimprimé à Paris en 1696 : voir Lettre 991, n.13.

[31] Voir le Mercure galant, août 1692, p.113-128, septembre 1692, p.226-237, janvier 1693, p.16-83, février, p.255-280, avril, p.171-179, 260-294, mai, p.75-106, et juin 1693, 332-334. Jacques Aymar devait faire l’objet de deux pièces du Théâtre italien : Jean-François Regnard et Charles Dufresny créèrent La Baguette de Vulcain en 1693 et, trois mois plus tard, L’Augmentation de la baguette, la même pièce avec l’ajout d’une scène.

[32] Voir le JS du 27 avril 1693 : « Extrait d’une lettre ecrite au P[ère] Chevigny, assistant du Pere général de l’Oratoire », où sont racontés, dans une lettre écrite de la part du prince de Condé, trois échecs de la « baguette divinatoire » de Jacques Aymar.

[33] Il s’agit de l’histoire de la dent d’or empruntée par Van Dale à Daniel Sennert (1572-1637), professeur de médecine à Wittenberg : en 1593, au village de Weildorst en Bohème, un garçon de sept ans nommé Christoffel Mullern avait une dent d’or. Certains la tenaient pour un signe de Dieu, d’autres étaient plus prudents. A Breslau, en 1595, on examina les dents du garçon et on découvrit qu’on avait attaché un bout de cuivre brillant à la dent. Voir Antonius van Dale, De Oraculis ethnicorum dissertationes duæ (Amstelædami 1683, 8°), p.474-476. La même histoire est racontée aux premières pages de Pierre Le Lorrain de Vallemont, La Physique occulte, ou traité de la baguette divinatoire (Amsterdam 1693, 12°), publié par Adriaan Braakman, et elle avait été reprise également par Fontenelle dans son Histoire des oracles (Paris 1687, 12°). Voir aussi R. Jütte, « A medical miracle revisited : the Enlightenment debate on a miraculous golden tooth », in O.P. Grell et A. Cunningham (dir.), Medecine and religion in Enlightenment Europe (Aldershot 2007), p.195-204.

[34] François d’Argouges, évêque de Vannes entre décembre 1687 et mars 1716.

[35] Charles d’Albert d’Ailly (1625-1698), dit le duc de Chaulnes (1653), gouverneur de Bretagne (1670-1693).

[36] Louis Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse, fils naturel de Louis XIV et de M me de Montespan, succéda au duc de Chaulnes au gouvernement de Bretagne.

[37] Nous n’avons su identifier plus précisément M. de Crizzo.

[38] Nous n’avons su identifier plus précisément le prédicateur capucin Conneliano.

[39] Sur cet ouvrage de David Le Clerc, oncle de Jean Le Clerc, voir Lettres 319, n.2, et 329, n.2.

[40] Le Père Gabriel Daniel, Histoire de France depuis l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules (Paris 1696, 4°), recensée dans le JS du 20 février et du 16 avril 1696. Voir aussi, dans le JS du 19 janvier 1699, le compte rendu de la Lettre, ou Réflexions critiques sur les deux dissertations préliminaires pour une nouvelle histoire de France, composées par le R.P. Daniel, de la Compagnie de Jésus. On fait voir que l’auteur de ces dissertations se tourmente inutilement à détruire l’opinion commune sur l’établissement de la monarchie françoise dans les Gaules (Paris 1698, 12°).

[41] Adrien Jourdan (1617-1692), S.J., Histoire de France et l’origine de la maison royale (Paris 1679, 4°, 3 vol.).

[42] François Eudes de Mézeray (1610-1683), historiographe de France, auteur de l’ Histoire de France jusqu’à maintenant (Paris 1643-1651, folio, 3 vol.), qui connut une nouvelle édition augmentée (Paris 1685, folio, 3 vol.).

[43] Allusion à Adrien de Valois (1607-1692), nommé historien du roi en 1664, auteur de Rerum Francicarum [tomus I us-III ius] (Lutetiæ Parisiorum 1646-1658, folio, 3 vol.) et de Notitia Galliarum, ordine litterarum digesta [...] (Parisiis 1675, folio). Son frère Henri de Valois (1603-1676) fut également philologue et historien, auteur des Historiæ Ecclesiasticæ Scriptores Græci (Amstelodami 1695-1700, folio, 3 vol.).

[44] Géraud de Cordemoy, Histoire de France (Paris 1685-1689, folio, 2 vol.), ouvrage recensé par Bayle dans les NRL, janvier 1685, art. III.

[45] On connaissait déjà une première édition de Guy Patin, Lettres choisies (Francfort 1683, 12°), puis une édition considérablement augmentée de ses Lettres choisies, dans lesquelles sont contenues plusieurs particularitez historiques sur la vie et la mort des savans de ce siècle, sur leurs écrits et plusieurs autres choses curieuses depuis l’an 1645 jusqu’en 1672 (Cologne 1691, 12°, 3 vol.). Il s’agit ici du Nouveau recueil de lettres choisies (Rotterdam 1695, 12°, 2 vol.).

[46] Paul-Yves Pezron (1640-1706), cistercien, abbé de Charmoye, Histoire évangélique confirmée par la judaïque et la romaine (Paris 1696, 12°, 2 vol.), recensée dans le JS du 27 février 1696. Leibniz déclarait à Nicaise déjà en mai 1693 qu’il attendait avec impatience l’ouvrage de Pezron : éd. Gerhardt, iii.541.

[47] Géminus (ou Géminos), astronome grec du premier siècle avant J.C. et Cnæus Servilius Geminus, consul de la République romaine en Corse en 217 avant J.C.

[48] Edme Pourchot (1651 ou 1652-1734), professeur au collège des Grassins, puis au collège Mazarin, recteur de l’université de Paris entre 1692 et 1694, puis syndic de l’université jusqu’à sa mort. Soupçonné de sympathie à l’égard de la nouvelle philosophie, il est mentionné dans l’ Arrêt burlesque (dans la version publiée en 1701 dans les Œuvres de Boileau-Despréaux), qui dénonce les « Gassendistes, Cartésiens, Malebranchistes et Pourchotistes ». Il publia anonymement son Institutio philosophica ad faciliorem veterum ac recentiorum philosophorum lectionem comparata (Parisiis 1695, 12°, 4 vol.), recensée dans le JS du 27 février 1696 ; la deuxième édition augmentée comporte cinq volumes, dont le cinquième fut souvent publié à part sous le titre Exercitationes scholasticæ in varias partes philosophiæ (Paris 1700, 12°). Voir Dictionary of seventeenth century French philosophers, s.v. (art. de P. Blum).

[49] Jean de La Fontaine, Œuvres posthumes (Paris 1696, 12°), dédiées à Louis-François Servien (1644-1710), marquis de Sablé.

[50] Sur l’ouvrage de Dubos, Histoire des quatre Gordiens, prouvée et illustrée par les médailles, voir Lettres 991, n.9, et 1067, n.1. Antoine Galland venait de publier une Lettre critique : voir Lettre 991, n.10. Il s’agit ici de M. de Longpré (1643-1712), qui, selon Dubos, lui aurait donné la première idée de son étude sur les Gordiens et qui savait « non seulement amasser les médailles, mais encore s’y connoître » : voir A. Lombard, L’Abbé Du Bos : un initiateur de la pensée moderne (1670-1742) (Paris 1969), p.7, 22. Après la diffusion de la réponse de Gijsbert Kuiper, Historia trium Gordianorum (Daventriæ 1697, 8°), Antoine Galland écrivit à Nicaise le 13 février [1698 ?], BNF f.fr. 9.362, f.179 : « Je ne crois pas que M. Du Bos s’occupe à autre chose qu’à se divertir à l’opéra et avec ceux qui s’en mêlent. Touchant l’histoire des quatre Gordiens, il ne me paraît pas qu’il songe plus à répondre à M. Cuper qu’à ma lettre. C’est M. Longpré qu’on en a chargé. » A. Lombard n’a rien trouvé de ce que M. de Longpré a pu écrire sur les Gordiens ; nous n’avons pas eu plus de succès. Sur la réponse et les projets de Kuiper, voir aussi M. Abdel-Halim, Antoine Galland, sa vie et son œuvre (Paris 1964), p.367-369.

[51] Jules César, De Bello Gallico, VII, 84 : « que son sort dépend du courage d’autrui ».

[52] Dubos pense sans doute au compte rendu qui devait être donné par Basnage de Beauval dans l’ HOS, juillet 1696, art. V, dont il a pu prendre connaissance avant la publication.

[53] Sur Charlotte-Rose de Caumont La Force, demoiselle de Boësse, fille d’ Henri Nompar de Caumont, marquis de Castelnau, et de Marguerite d’Escodeca, dame de Boësse, voir Lettre 1086, n.19.

[54] Dans sa lettre du 10 février (Lettre 1086 : voir aussi n.19), Dubos avait raconté que « le president de Briou[,] pere de son mari[,] fit casser d’abord le mariage qu’elle avoit contracté avec son fils encore mineur, ce fils arrivé à 30 ans l’a epousée une seconde fois, pourquoy il a esté desherité. » M lle de La Force avait épousé deux fois le jeune M. de Briou et son mariage avait été deux fois cassé. Nous n’avons su préciser l’identité de l’aventurière M lle de Cesserin.

[55] Jean-Baptiste Antoine Colbert (1651-1690), marquis de Seignelay, était le fils aîné de Jean-Baptiste Colbert, à qui il succéda comme secrétaire d’État de la Marine.

[56] L’auteur désigné par Dubos est Théodore de Riupeirous (1664-1706), auteur de Hypermnestre : tragédie, pièce jouée en 1704 et imprimée dans le Théâtre françois, ou recueil des meilleures pièces de théâtre (Paris 1737, 12°, 12 vol.) ii.1-92. La pièce qu’il évoque ici s’intitule Agrippa ou la mort d’Auguste ; elle fut jouée une seule fois, le 19 mars 1696 au théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain ; il semble qu’elle n’ait pas été imprimée.

[57] Les théâtres fermaient pendant une semaine avant Pâques.

[58] Aucune pièce connue de David-Augustin Brueys – ni de Jean Palaprat, avec qui il a souvent collaboré – ne fut jouée à la reprise du théâtre après Pâques 1696 : le 1 er mai, on donna La Naissance de Vénus de Jean Pic et Pasquier Collasse ; le 12 mai on joua Maréchal médecin, d’auteur inconnu, au théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain ; en juin, on représenta Geronée ou le vieillard rajeuni, également d’auteur inconnu, au collège Louis-le-Grand. Il se peut qu’il s’agisse ici de la pièce Les Empiriques, comédie (Paris 1698, 12°), que Brueys composa avec Palaprat après l’opération de la taille subie par celui-ci, le 14 janvier 1696, des mains de Georges Mareschal, seigneur de Bièvre (1658-1736), chirurgien de Louis XIV ; cette comédie médicale ne fut représentée finalement que l’année suivante. Voir G. Mareschal de Bièvre, Georges Mareschal, seigneur de Bièvre : chirurgien et confident de Louis XIV (1658-1736) (Paris 1906), p.70, 72.

[59] David-Augustin Brueys et Jean Palaprat, Le Grondeur (Paris 1693, 12°). Dubos évoque également les ouvrages de controverse de Brueys composés après son abjuration en 1682 : en particulier, Examen des raisons qui ont donné lieu à la séparation des protestans (Paris 1683, 12°) ; Défense du culte extérieur de l’Eglise catholique, où l’on montre aussi les défauts qui se trouvent dans le service public de la R.P.R. (Paris 1686, 12°) ; Réponse aux plaintes des protestans contre les moyens que l’on employe en France pour les réunir à l’Eglise : où l’on réfute les calomnies qui sont contenues dans le livre intitulé « La Politique du clergé de France » et dans les autres libelles de cette nature (Paris 1686, 12°) ; Traité de l’Eglise en forme d’entretiens, où l’on montre que les principes des calvinistes se contredisent, ce qui sert de réfutation aux derniers livres de MM. Claude et Jurieu (Paris 1686, 12°), et Histoire du fanatisme de nostre temps et le dessein que l’on avoit de soulever en France les mécontens des calvinistes (Paris 1692, 12°).

[60] Abbé Jean Pic, La Naissance de Vénus, opéra en musique représenté par l’Académie royale de musique (Paris 1696, 4°) ; la partition est de Pasquier Collasse (1649-1709) ; l’opéra fut chanté le 1 er mai 1696 : c’est la seule représentation connue.

[61] Sur la mort d’ Antoine Arnauld le 8 août 1694 à Bruxelles, voir Lettre 1008, n.7. Son cœur fut porté à Port-Royal des Champs le 9 novembre et déposé devant l’autel des saintes reliques ; il fut recouvert d’une pierre sur laquelle étaient gravés une palme et des lauriers, ainsi que l’épitaphe de Santeuil : « Ad sanctas rediit sedes ejectus, et exul, / Hoste triomphato, tot tempastatibus actus, / Hoc portu in placido, hac sacra tellure quiescit / Arnaldus, veri defensor et arbiter æqui. / Illius ossa memor sibi vindicet extera tellus : / Huc cœlestis amor rapidis cor transtulit alis, / Cor nunquam avulsum, nec amatis sedibus absens. » Les jésuites réagirent rapidement par la plume de Jean Commire : Santolio Victorino linguarium. Le baillon mis à la langue de M. Santeuil de Saint-Victor (s.l. 1694, 8°). Le poète finit par rétracter ses vers, mais se brouilla ensuite avec la Compagnie de Jésus. Il exprima publiquement plus tard « l’estime et la vénération qu’[il aura] toujours pour un aussi grand homme [Antoine Arnauld], qui a été l’un des premiers ornements de notre siècle, et dont l’amitié [lui] a toujours fait honneur ». Voir A.S. Irailh, Querelles littéraires, ou mémoires pour servir à l’histoire des révolutions de la République des Lettres, depuis Homère jusqu’à nos jours (Paris 1761, 4 vols.), iv.244-259 : « Santeuil et les jésuites » ; E. Jacques, Les Années d’exil d’Antoine Arnauld (1679-1694) (Louvain 1976), p.697-707 ; Dictionnaire de Port-Royal, s.v. (art. de J. Lesaulnier).

[62] Pierre-Valentin Faydit, Histoire du different de M. Santeuil avec les jésuites, pour l’epitaphe qu’il a fait sur le cœur de M. Arnauld (s.l.n.d. [1696 ?], 12° ; Liège 1697, 12°). Faydit devait publier encore le Tombeau de M. de Santeuil et l’éloge de ce grand poète (Paris 1698, 4°).

[63] Charles Rollin (1661-1741) enseignait l’éloquence latine au Collège royal en 1688 et devint recteur de l’université fin 1694 ; en 1696, il venait d’être nommé principal du collège de Beauvais. Il était notoirement proche de Port-Royal et devait être soupçonné de détenir les papiers de Pasquier Quesnel et de les communiquer à Germain Vuillart : après l’arrestation de ceux-ci, en 1703, il fut décrit par le Père de La Chaize comme un homme suspect de « jansénisme et de mauvaise doctrine ». Il est connu surtout pour ses travaux pédagogiques et historiques : De la Manière d’enseigner et d’étudier les belles-lettres par rapport à l’esprit et au cœur (Paris 1726-1728, 12°, 4 vol.) ; Histoire ancienne des Egyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des Babyloniens, etc. (Paris, 1731-1738, 12°, 13 vol.) ; Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu’à la bataille d’Actium (Paris, 1738-1748, 12°, 16 vol.), mais sa composition des vers latins et français Santolius Martyr, a Belgis laqueo suspensus. / Santeuil, martyr de M. Arnauld, et pendu en Flandre par les Espagnols [...] pour cause de jansenisme (s.l. 1696, 8°) est parfaitement plausible.

[64] C’est-à-dire, malgré la faveur dont jouissait Simon Arnauld de Pomponne auprès du roi, qui l’avait rappelé comme conseiller en 1691 et qui venait de lui confier, en partage avec Jean-Baptiste Colbert de Torcy, le secrétariat d’Etat aux Affaires étrangères.

[65] Tacite, Annales, IV, 26 : « sa gloire s’accrut de l’honneur qui lui était refusé » (à propos de Dolabella).

[66] Il s’agit de François-Henri de Montmorency (1628-1695), duc de Luxembourg, maréchal de France, vainqueur de Fleurus, Steinkerque et Neerwinden. Selon sa patente de 1661, il avait le rang de dix-huitième pair de France, mais, il prétendait – par sa femme – au deuxième rang au moyen du titre de duc de Piney créé en 1581. D’Aguesseau conclut l’affaire en faveur des ducs et pairs, mais elle fut reprise devant le Parlement par son fils Charles-François, duc de Montmorency-Luxembourg. Saint-Simon la suit de près : Mémoires, éd. Coirault, i.122-169. Voir aussi Mémoire sur la question de préséance, pour MM. les ducs et pairs de France, contre M. le maréchal de Luxembourg (Paris 1693, 12°), recensé dans le JS du 15 février 1694 ; Factum pour M. de Luxembourg contre MM. les ducs et pairs (Paris 1694, 4°) ; Mémoire de M. le duc de Luxembourg, pair de France, contre MM. les ducs et pairs (Paris 1696, 4°) ; Mémoire sur la question de l’extinction de la pairie de Piney, pour MM. les ducs et pairs de France, contre M. de Luxembourg (Paris 1696, 4°) ; Gabriel Argout, Mémoire pour M. de Luxembourg touchant la question de l’extinction de la pairie de Piney prétendue par MM. les ducs et pairs (Paris s.d., 4°) ; Sommaire des pièces pour la duché-pairie de Piney, pour M. de Luxembourg, contre MM. les ducs et pairs (s.l.n.d., 4°). Il se peut que l’ami évoqué par Dubos soit Gabriel Argout (1640-1703), avocat au Parlement de Paris, qui avait publié L’Institution au droit français (1692), dont nous n’avons su localiser qu’une édition ultérieure (Paris 1719, 12°, 2 vol.).

[67] Basnage de Beauval ne mentionne pas cette affaire dans l’ HOS.

[68] François-Louis Rousselet (1637-1716), marquis de Châteaurenault (ou Châteauregnaud), fut nommé commandant d’escadre en 1694. Nous n’avons pas trouvé trace en 1696 de cette rencontre si redoutée par la Cour avec l’amiral George Rooke, mais une nouvelle rencontre devait avoir lieu en 1702 : Châteaurenault escorta des galions espagnols chargés d’or du Mexique jusqu’à Vigo, port d’Espagne à 4 kms au nord du Portugal, mais sa flotte fut en partie détruite par les Anglais sous le commandement de Rooke, secondé par les amiraux néerlandais Philips van Almonde et Philips van der Goes. Châteaurenault fut fait maréchal de France en 1703 et lieutenant de Haute et Basse Bretagne en 1704.

[69] Sur l’ Epistre XI de Boileau-Despréaux, voir ci-dessus, n. 3.

[70] Sur ce prodige, voir ci-dessus, n.28 et 29.

[71] Jean-Baptiste de Beaumanoir de Lavardin, évêque de Rennes.

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