[Rotterdam, le 30 avril 1696]

Au très éminent et très érudit Monsieur Jansson d’ Almeloveen P. Bayle présente ses compliments.

Comme je l’avais prévu, l’occasion ne s’est pas présentée plus tôt de vous rendre ce volume que m’offre Slaertius [1], imprimeur du périodique de Rabus [2]. Je vous suis extrêmement reconnaissant de la faveur que vous me faites. Je garde toujours le Traité de l’éthique pythagoricienne [3], car je ne m’en suis pas encore servi ; mais je le rendrai au premier jour. Quant à la correction Aspasiæ pour Aspasia dont il a récemment été question, elle a été pressentie autrefois par Turnèbe comme cela se voit chez Quintilien, Variorum [4], et m’a été montrée récemment par notre Henricius [5]. Deinoot [6] va mieux et il a pu il y a quelques jours s’entretenir de choses littéraires avec André Morell, Suisse de Berne [7], versé comme peu d’autres dans la numismatique ; en font preuve des monuments publiés. Je forme les vœux les plus ardents pour votre santé.

Donnée à Rotterdam la veille des Calendes de mai 1696.

 

Recommandé[e] à l’attention de Monsieur vander Slaert [8], libraire à Rotterdam

A Monsieur Monsieur Almeloveen Docteur en Medecine A Tergou

Notes :

[1] Sur Pieter van der Slaart, imprimeur du périodique de Rabus, De Boekzaal van Europe, voir Lettre 970, n.14.

[2] Le périodique de Rabus, De Boekzaal van Europe : voir Lettre 970, n.15.

[3] Il s’agit de l’ouvrage de Magnus Daniel Omeis (1646-1708), Ethica Pythagorica cui accessit aureum carmen commentario ethico illustratum et ars regendorum affectuum (Altdorfi 1693, 8°) : voir Lettre 1094, n.3.

[4] Sur cette lecture de Quintilien corrigée par Vossius selon la leçon de Cicéron, voir Lettre 1103, n.7.

[5] Sur Jacob Henricius, résident à Rotterdam, avocat, érudit et précepteur à l’Ecole latine, dont il était co-recteur de 1680 à 1703, voir Lettre 426, n.2. Il était voisin de Jurieu dans la Hoogstraat (où était située également l’église wallonne de Rotterdam) ; c’était un ami de Grævius et de Gronovius.

[6] Pieter Deynoot, dit Petrus Deinoot, avocat rotterdamois qui avait été malade, voir Lettre 1103, n.4.

[7] Sur le numismate André Morell, qui fut embastillé sur ordre de Louvois mais qui a pu poursuivre ses travaux en prison grâce au soutien de Marc-Antoine Oudinet, voir Lettre 356, n.12. Par l’intermédiaire de Leibniz et d’ Ezéchiel Spanheim, il avait été invité à Berlin, où il cherchait à constituer un grand corpus des médailles antiques. Il devait y mourir en 1703 sans avoir terminé ce projet, qui n’a été publié que très partiellement.

[8] Sur l’imprimeur Pieter van der Slaart, voir ci-dessus, n.1, et Lettre 970, n.14.

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