Lettre 1148 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

[Paris,] Le vendredi dixieme d’aoust [1696 [1]]

Vous me faites Monsieur un trop grand compliment pour un present si petit [2] ; je m’estimois trop heureux de vous avoir fourni de quoy passer agreablement deux heures de temps, et il ne falloit point vous donner la peine de m’en remercier si elegam[m]ent. Sitost que j’eus recus vostre lettre [3] j’escrivis à Monsieur Oudinet ce que vous me mandiez touchant le livre de Berger [4]. Je reçeus sa response avanthier, il me marque qu’il a escrit à Rheims pour avoir l’exemplaire apostillé de la main de l’autheur, et que j’auré incessament de ses nouvelles. C’est une affaire à la quelle je vous promets de bien veillier. Je crois que vos Messieurs n’oublieront point de faire imprimer à la teste de leur livre l’ode latine que le P[ère] Commire a faite à la louange de l’autheur [5] ; elle se trouve parmi ses ouvrages imprimé[s]. Je doute qu’un jour on i trouve l’epitaphe sanglante contre Monsieur Arnaud [6] que tout le monde lui attribüe et qui veritablement est de lui. Jamais mort ne fut si maltraitté. Je pense vous avoir mandé* que Mr Arnaud et Mr Pascal avoient este osté[s] du livre des Illustres de Monsieur Begon [7].

L’anonime contre le quel a escrit l’ abbé de S[ain]t-Real est un nommé Andri, depuis il a joint un second volume à son premier [8]. Je l’ay vu • regent de la troisieme au college des Grassins. C’est un vetillart plutost qu’un critique. Il est parlé de lui au com[m]encement du second tome du Menagiana [9].

J’avois prévenu l’ordre que vous m’envoié de faire part à Mr Jannisson des nouveautez que vous me com[m]uniqué [10]. C’est un tres hon[n]este homme, et dont je tiens à honneur d’estre ami. Monsieur Pinsson a faict ce dont vous estes en peine [11]. Je pense que l’auteur de vostre Gazette d’Amsterdam est Tronchin [12], interessé autrefois dans les fermes du Roi. Il se ruina et se mit en neces[s]ité de faire banqueroute par l’entreprise qu’il fit du canal de Longpendu, la quelle / il ne scut point faire reussir. Tout le monde approuve fort ici son stile, • pour la grammaire et pour la politique, je veux dire que l’on le trouve assez sincere et peu partial. Je plains comme vous le traducteur latin de son ouvrage [13]. Il aura bien de la peine à se rendre inintelligible [ sic], pour l’entendre il faudra joindre à une entiere con[n]oisance du latin, une parfaite intelligence de l’architecture militaire, deux genres de con[n]oisance rares en un meme sujet. Excepté quelques officiers generaux je ne sache ici person[n]e qui püisse l’entendre ; je ne sçais si dans vos provinces le livre sera à l’usage de plus de gens.

Vous auré peut-etre ap[p]ris que M. • le duc de Roannez a obtenu le privilege pour la machine qui remonte les rivieres par les forces internes. Ce seigneur a beaucoup de genie pour les mecaniques, c’est lui qui est le promoteur de canal de Troye qui va s’achever [14]. Mr de Lagarouste dont vous avé parlé décembre 1685 [15], a aussi obtenu un privilege pour une autre machine dont l’usage ne sera pas moins utile : c’est une nouvelle ap[p]lication du levier, qui d’une maniere fort simple, multiplie infiniment la force de cette puissance. L’invention consiste, en ce que son levier, par le moyen de deux verges de grandeur inégale attachées • à la hauteur de son point fixe, les quelles agissent succes[s]ivement, l’une avancant lorsque l’autre recule, faict moüvoir continüel[l]ement une poülie ou les verges trouvent prise, sans qu’il i ait aucun mouvement perdu, la poulie avançant tousjours egalement lorsque l’on baisse le levier et lorsqu’on le relève.

Un medecin de Blois [16], si je ne me trompe, vient de faire une décoüverte qui fera bruit, et dont nos journaux vont se parer incessament ; il a trouvé dans un cadavre qu’il disseqüoit deûx tuyaüx de la grosseur d’une plume de cygne, remplis d’un chile sereux qu’ils conduisent dans les reins où ils entrent. Jamais je n’avois pu m’ac[c]om[m]oder de l’explication ordinaire de la • separation des urines.

Je crois que vous auré recu une lettre de Mr de Longepierre [17] depuis quinze jours ou trois semaines. Il vous / aura bien demandé excuse de son long silence. Le succez de Sesostris [18] l’a degouté de rien faire paroistre davantage sur le theatre, et je ne sçais si son assidüité à faire sa cour aux petits princes [19] lui laisse • le loisir de travaillier.

Je viens à nos livres nouveaux : Analyse des infiniments petits. C’est un oüvrage de Mr le marquis de L’Hospital de l’Academie des sciences [20]. Ce livre est fort estimé ; il est rare de trouver des gens de quarante mille livres de rente qui se donnent aux mathematiques et composent dessus. Je me retracte de ce que je vous ai mandé touchant Mr de Varillas [21], qu’il estoit mort necessiteux, tout le monde l’a cru com[m]e moy mais tout le monde s’est trompé, il laisse du bien et meme considerablement.

Il i eut mardi huit jours que Desgrets, vir dudum inter instrumenta regni habitus, par ordre du Roy enleva et conduisit à S[ain]t Lazare l’abbé Faydit de Riom en Auvergne [22]. C’est un homme qui scait quelque chose, mais de ces gens inquiets et turbulents à charge à la societé, qui vont remuer un boürbier dès qu’ils le voyent. Dans quelques escrits, qu’il publia il i a sept ou huit ans pour la deffense d’un sermon qu’il avoit preché contre la conduite du pape Innocent XI, il fict rassembler tout ce que Celse et autres ont escrit d’infame contre la naissance de Jesus Christ. Il est l’auteur des mémoires qui ont courü contre l’ Histoire ecclesiastique de Monsieur de Tillemont [23], et il s’est faict de feste de son mieux dans la querelle des jesuites et de Santeuil [24] : ce qui a donné sujet à l’accident dont je vous ai parlé, est un livre imprimé ici sans non [ sic] d’imprimeur depuis un mois ou trois semaines, dont il se recon[n]ois[s]oit l’autheur et dont les exemplaires ont este trouvez chez lui. La Verité du dogme theologique alteree par les Scolastiques, traitté premier sur la trinité. Vaneri Societatis Jesu, Vites et vinum [25] : Ducerceau S.J. Papilliones [26] : ce sont deux pieces de poesies de deux jeunes jesuites dont l’on dit assez de bien. Je ne les ai pas encore lues.

Anisson • a achevé d’imprimer les Memoires de M[onsieu]r de Bussi [27] qui vont paroistre incessament en deux volumes in 4°. Les Delaulnes impriment les lettres du / même autheur [28] en deux in 12. Le manuscrit du premier livre a este payé quatre milles francs par le libraire et celui du second trois. La Bibliotheque mahometane de feü Mr d’Herbelot [29] est achevée d’imprimer et ne tardera plus lontemps à paroistre. Reflexions sur le ridicule et sur les moyens de l’eviter[ :] c’est un in douze dont l’autheur est l’ abbé de Bellegarde [30]. C’est un grand faiseur de petits livres, petits en touts sens. Il est l’autheur des Reflexions sur ce qui peut plaire et deplaire dans le commerce du monde, et de quantité d’autres [liv]rets qui doivent vous estre incon[n]us.

Monsieur Bernier de Blois vient • de publier un recueil de bons mots, etc. sunt bona sunt quædam mediocria sunt mala multa [31], les premiers en tres petite quantité. Si nostre siecle est moins sage que les precedents ce n’est pas as[s]eurement la faute de M rs les autheürs, jamais on on ne fit tant de livres pour ap[p]rendre à bien vivre. L’on vient de decocher coup sur coup trois ou quatre livres differents sur le bon usage de la retraitte, et sur la maniere de s’i occuper de pieüses meditations [32]. Ce sont les livres qui sont ici le plus entourez d’achepteurs : Hic meret æra liber Sosiis [33], et l’on peut adjouter ceux dont la lecture profite le moins. Je pense qu’il en est de meme chez vous. La Mort de Schach Soliman Roy de Perse et le couron[n]ement de Sultan Hussein son fils : le titre vous explique suffisament quel est le livre [34]. Madame de Brioü a donné la suitte de son Histoire secrete de Bourgogne, elle contient l’histoire des amours de Catherine de France femme de Henri sixieme roy d’Angleterre [35]. On peut dire de ce livre et du suivant le reste du vers d’ Horace, hic et mare transit [36], c’est à dire qu’il[s] auront bientost passé chez vous. L’ Histoire de Margüerite de France reyne de Navar[r]e [37], ce sont deux volumes in douze assez bien escrits. La reyne de Navar[r]e dont il est ici question est la sœur de François premier.

Mr Dacier n’a pas encore achevé sa traduction de quelques ouvrages d’Hippocrate [38], mais il i travaille de maniere que cela sera bientost faict. Je vis / avanthier Mr Baillet mon compatriote qui travaille tousjour[s] à ses Vies de saincts [39] ; je ne pu[s] point m’empecher de luï dire periculosæ plenum opus aleæ tractas [40]. Com[m]e il est homme à dire la verité, il va s’attirer à dos bien des moines dont il attaquera la marmite. Mr Vaillant va faire imprimer les medailles grecques des empereurs [41] : c’est un ouvrage excellent, qui contient des thresors et le meillieur qui se soit imprimé depuis qu’il est question de livres de medailles. J’ai entendu parler d’un livre de Mr Cellarius imprimé depuis peu à Leipsik, contre l’histoire des Herodiades du P[ère] Hardouin [42]. Vous me feré plaisir de m’ap[p]rendre ce qui en est. Mr Cellarius n’aura pas eu de peine à triompher de son adversaire ; c’est escrire contre l’astrologie judiciaire qu’escrire contre les Herodiades [43]. Ce livre parut ici tanquam herba solsticialis [i]. Ses superieurs le firent sup[p]rimer. Il pretend que Joseph, Horace, etc. son[t] des autheurs sup[p]osez, il n’epargne pas les apologies de s[ain]t Justin[,] les plus venerables monuments de la religion chretien[n]e. A propos de ces bevues d’autheurs dont je vous parlois il n’i a pas lontemps, il prend l’Herodes affranchi de Ciceron dont il est parlé en cinq ou six endroits des lettres à Atticus [44] pour le grand Herode, et batit des merveilles sur ce fondement. L’Art de nager demontré par les principes de la mecanique [45] : je n’ai point vu encore le livre non plus que le suivant qui est L’Art de bien prononcer la langue françoise [46]. Je ne scais si l’autheur se sera rencontré avec vostre Monsieur de La Touche [47], mais on ne faict pas ici grand cas de son livre.

La Faculté de theologie s’assemble deux fois la semaine pour deliberer sur la censure du premier tome de La Vie de la vierge, traduit en françois de l’espagnol de Marie d’Agreda, ab[b]esse du couvent de l’Immaculée Conception d’Agreda [48]. Le livre espagnol s’intutitule [ sic] : Mystica Ciudad de Dios milagro de su omnipotencia, y abismo de la gratia, historia divina y vida de la Virgen madre de dios medianera de la gratia, etc. Manifestada en estos ultimos siglos por la misma Senora a su esclava sor Maria de Jesu, etc. et contient quatre gros in octavo. Il fut imprimé à / Madrid en 1670 et a esté reimprimé à Perpignan en 1681 et peu[t] etre l’a-t-il encore esté à d’autres endroits. Il court un petit escrit adressé à la faculté où sont extraites quantité de propositions extravagantes et vision[n]aires, et je crois que à la fin le livre sera censuré [49]. Ce qui m’eton[n]e c’est qu’il se troüve dans la faculté je ne dis pas des moines, græculus esuriens in cœlum jusseris ibit [50], mais des docteurs sæculiers qui aïent le front de soutenir le livre. Il fut censuré à Rome en 1681.

 

A Monsieur / Monsieur Bayle / à Rotterdam •

Notes :

[1] L’année se déduit du contenu de la lettre ; elle est confirmée par l’annotation de la main de Bayle en fin de lettre et portée, d’une autre main, en tête de la lettre : voir note critique u.

[2] Il s’agit apparemment du portrait de Charles Perrault, qui, avec quelques ouvrages, accompagnait la lettre de Dubos du 25 juin (Lettre 1125) et dont Bayle l’avait remercié dans sa lettre du 23 juillet (Lettre 1137 : voir n.3).

[3] La lettre de Bayle du 23 juillet (Lettre 1137).

[4] Dubos avait annoncé à Bayle que Marc-Antoine Oudinet avait signalé un exemplaire de l’ouvrage de Nicolas Bergier, Histoire des grands chemins de l’empire romain, annoté de la main de l’auteur (Lettre 1125, n.32) ; Bayle avait contacté à ce propos Almeloveen, qui s’était adressé à son tour à Grævius et à François Halma pour que Henninius puisse profiter de cette découverte (Lettre 1137, n.8, 9, 10).

[5] L’ode latine du Père Commire à la louange de Nicolas Bergier devait figurer en tête de la traduction latine de son ouvrage par Heinrich Christian von Hennin (1658-1703), dit Henninius, Nicolai Bergierii De Publicis Et Militaribus Imperii Romani Viis Libri V. Ex Gallica in Latinam Linguam translati Ab Henr. Chr. Henninio. Accedunt Ejusdem Animadversiones cum Tabulis et Numismatibus, qui devait être publiée par Grævius dans son Thesaurus antiquitatum Romanorum (Trajecti ad Rhenum 1694-1699, folio, 12 vol.), x.127, chez François Halma.

[6] Sur l’« affaire » de l’épitaphe d’ Arnauld par Santeuil et sur les réponses des Pères jésuites de La Baune, Commire et Jouvancy, voir Lettre 1139, n.1.

[7] Sur la suppression des éloges d’ Arnauld et de Pascal dans le recueil de Charles Perrault, Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leurs portraits au naturel (Paris 1696-1700, folio, 2 vol.), qui avait été conçu par Michel Bégon, voir Lettre 1067, n.41, 42.

[8] Sur l’ouvrage de Gédéon Huet contre Saint-Réal et Nicolas Andry de Boisregard, voir Lettre 1125, n.29.

[9] Voir les Menagiana, éd. Bernard de La Monnoye (Paris 1715, 12°, 4 vol.), iii.4-5 : Nicolas Andry de Boisregard est cité comme auteur des Sentiments de Cléarque sur les « Dialogues d’Eudoxe et de Philanthe » et sur les « Lettres à une dame de province » (Paris 1688, 12°).

[10] Sur ces relations entre les membres du réseau parisien de Bayle, voir Lettre 1137, n.35.

[11] Il s’agit de la lettre du 15 mars 1696 (Lettre 1095) adressée à Nicaise et envoyée par l’intermédiaire de Pinsson des Riolles avec la lettre de même date (Lettre 1096).

[12] Il s’agit du rédacteur de la Gazette d’Amsterdam, Jean Tronchin Dubreuil : voir Lettre 1137, n.38.

[13] Jean Tronchin Dubreuil, Relation de la campagne de Flandre et du siège de Namur en l’année 1695 (La Haye 1696, folio). Bayle reviendra sur l’attribution de cet ouvrage dans sa lettre du 3 septembre (Lettre 1156 : voir n.19) ; voir aussi Lettre 1137, n.37.

[14] Artus Gouffier (1627-1696), duc de Roannez, autrefois très proche ami de Pascal, avait constitué une société en vue de ses derniers travaux concernant la navigation sur la Seine. Les membres réalisaient une curieuse union entre le monde de Port-Royal et celui de l’Académie des sciences : M. de Nainvilliers, Goibaut du Bois, Arnauld de Pomponne, M me de Fontpertuis, le marquis de L’Hospital, Denis Dodart, Anne Olier, le fils de La Rochefoucauld, M. de Saint-Louis, Pierre Gayot et Guillaume Homberg. Gilles Filleau des Billettes devait y entrer en 1699. Le duc s’était attaqué au problème du « remontage » des bateaux et avait conçu et réalisé une machine à cet effet. En vue de son exploitation, il surveillait l’achèvement de la canalisation de la Seine entre Troyes et Nogent et c’est très peu de temps avant sa mort (le 4 octobre 1696) qu’il fit son dernier voyage, peu après le 1 er août 1696. Voir J. Mesnard, Pascal et les Roannez (Paris 1965), p.962-966.

[15] Dans les NRL, décembre 1685, art. VI, est mentionnée l’invention d’un « miroir ardent » par M. de Lagarouste, gentilhomme du Quercy, à Saint-Cyr dans le comté de Turenne.

[16] Il s’agit sans doute de Jean Bernier, mais sa découverte ne semble pas avoir fait l’objet d’une publication dans les périodiques de cette époque.

[17] La lettre de Longepierre date du 25 juillet (Lettre 1138).

[18] C’est sans doute l’échec de cette tragédie, représentée deux fois au théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain à Paris le 28 décembre 1695, qui incita Longepierre à la désavouer : voir Lettre 1138, n.5. La tragédie ne fut d’ailleurs pas imprimée.

[19] Longepierre avait été nommé auprès du comte de Toulouse, Louis Alexandre de Bourbon, et du duc de Chartres, Philippe II, futur régent de France ; Louis Le Valois était leur confesseur. Cependant, Longepierre devait perdre ce poste par la suite : voir le détail de ses malheurs, Lettre 1156, n.29.

[20] Sur cet ouvrage du marquis de L’Hospital, voir Lettre 1135, n.8. Il devait faire l’objet d’un compte rendu dans le JS du 10 septembre 1696.

[21] C’est dans sa lettre du 25 juin que Dubos avait annoncé la mort de Varillas en ces termes : « Il estoit agé, infirme et neces[s]iteux, ainsi je ne scais si l’on doit le plaindre d’estre mort » : voir Lettre 1125, n.22.

[22] Dans sa lettre du 6 août 1696 adressée à Dom Claude Estiennot, Bernard de Montfaucon précise : « On a pris l’abbé Faydit et on a saisi en même temps ses papiers, ses écrits, deux cents exemplaires de son dernier livre [...] Il pleuroit beaucoup, parce qu’on envoya pour le prendre Desgrets, dont on se sert ordinairement pour prendre les criminels. On l’a mis à Saint-Lazare. » Voir BNF f.fr. 17701, f.24 ; P. Tamizey de Larroque, « De l’emprisonnement de l’abbé Faydit », p.584, n.2. Sur l’arrestation de Faydit, voir Lettre 1139, n.4. Desgrets est désigné comme « un homme depuis longtemps au service du gouvernement ».

[23] Faydit, Mémoires contre les mémoires de l’histoire ecclésiastique de M. de Tillemont, par le sieur Datify de Romi (Toulouse 1695, 4°) : voir Lettre 1135, n.11.

[24] Sur la querelle de Santeuil avec les jésuites et sur l’intervention de Faydit, voir Lettres 1107, n.63 et 64, 1125, n.3, 1135, n.13, 1139, n.1.

[25] Jacques Vanière , S.J., Carmina. Vites, vinum (Parisiis 1696, 12°).

[26] Jean-Antoine Du Cerceau, S.J. (1670-1730), Papiliones (Rotomagi 1696, 8°).

[27] Les Mémoires de Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy, lieutenant-général des armées du roy et mestre de camp général de la cavalerie légère (Paris 1696, 4°, 2 vol.), imprimés par Jean Anisson.

[28] Les Lettres de Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy (Paris 1697, 12°, 4 vol.) ; l’édition fut établie par le Père Dominique Bouhours et imprimée par Florentin et Pierre Delaulne.

[29] Barthélemy d’Herbelot (1625-1695), Bibliothèque orientale, ou dictionnaire universel contenant généralement tout ce qui regarde la connoissance des peuples de l’Orient (Paris 1697, folio) ; l’ouvrage posthume fut publié avec une préface d’ Antoine Galland : c’est sans doute plus ou moins directement par ce dernier que Dubos avait eu vent de la publication.

[30] Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde (1648-1734), Réflexions sur le ridicule et sur les moyens de l’éviter : où sont représentez les mœurs et les différens caractères des personnes de ce siècle (Paris 1696, 12°), dont une deuxième édition devait paraître dès l’année suivante. Dubos évoque également les Reflexions sur ce qui peut plaire et deplaire dans le commerce du monde (Paris 1688, 12°), qui donnèrent lieu à une Suite des réflexions d’Euthyme et de Théagène sur les matières de morale (Paris 1688, 12°), et dont une nouvelle édition parut à Lyon en 1696, 12°, en trois volumes.

[31] Jean Bernier, Réflexions, pensées et bons mots qui n’ont point encore esté donnés, par le sieur Pepinocourt (Paris 1696, 12°), dont un bref compte rendu parut dans le JS du 11 juin 1696. Dubos commente d’après Martial, Epigrammes, I, 16. : « il y a de bonnes choses, plusieurs sont médiocres et beaucoup sont mauvaises ». Voir aussi F. Wild, Naissance du genre des ana (1574-1712) (Paris 2001), ch. 5, 3, p.334-344.

[32] A cette date sont publiés, en effet, plusieurs ouvrages au titre prometteur : Claude Gentil, S.J., La Solitude des vierges, ou la Vie et les vertus de la très-sainte Vierge [...] mises en méditations pour une retraite de huit jours (Paris 1696, 12°) ; le Père Toussaint de Saint-Luc, Les Pensées de la solitude chrestienne sur l’éternité, le mespris du monde et la pénitence (Paris 1696, 12°) ; Jean Croiset, Retraite spirituelle pour un jour de chaque mois, par un Père de la Compagnie de Jesus (Lyon 1696, 12°) ; Dom Claude de Bretagne, Méditations sur les principaux devoirs de la vie religieuse [...] avec des lectures spirituelles [...] pour une retraite de dix jours, par un religieux de la Congrégation de Saint Maur (2 e éd., Paris 1696, 8°). Sur l’importance de ce thème au XVII e siècle, voir B. Beugnot, Le Discours de la retraite au XVII e siècle loin du monde et du bruit (Paris 1996).

[33] Horace, Ars poetica, v.345, « ce livre enrichit les éditeurs ».

[34] Martin Godereau, Relation de la mort de Schah Soliman, roy de Perse, et du couronnement du sultan Ussani, son fils (Paris 1696, 12°).

[35] Sur Charlotte-Rose de Caumont La Force, dite M lle de La Force, momentanément épouse de Charles de Briou, voir Lettres 1067, n.9, et 1086, n.19. Il s’agit ici de son Histoire secrète de la Bourgogne (Paris 1694, 12°) ; le second ouvrage mentionné n’existe pas, car son objet même repose sur une confusion : Henry VI d’Angleterre n’épousa pas Catherine de France mais Marguerite d’Anjou ; il fut déposé par Edouard IV, petit-fils du roi de France Charles VI le Fou par sa mère Catherine de Valois. Ce n’est que quelques années plus tard que la romancière devait publier une Anecdote galante, ou histoire secrète de Catherine de Bourbon, duchesse de Bar et sœur de Henri le Grand, avec les intrigues de la cour durant les règnes de Henri III et de Henri IV (Nancy 1703, 12°).

[36] Horace, Ars poetica, v.345-346 : « Hic meret æra liber Sosiis, hic et mare transit, / Et longum noto scriptori prorogat ævum. » : « son livre enrichit Sosie le libraire, va même au-delà des mers, et donne au poète une notoriété durable. »

[37] Charlotte-Rose Caumont La Force, Histoire de Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur de François I er (Paris 1696, 12°, 2 vol.), publiée chez Simon Benard.

[38] André Dacier, Les Œuvres d’Hippocrate, traduites en françois avec des remarques et conférées sur les manuscrits (Paris 1697, 12°).

[39] Adrien Baillet était originaire de La Neuville-en-Hez en Picardie, sur la route de Rouen à Reims passant par Beauvais et Compiègne ; Dubos était originaire de Beauvais, également en Picardie. Il s’agit ici des travaux de Baillet à un projet qui ne devait aboutir que quelques années plus tard : il publia d’abord son Discours sur l’histoire de la vie des saints (Paris 1701, 8°), qui fut suivi par l’œuvre plus importante annoncée ici, Les Vies des saints disposées selon l’ordre des calendriers et des martyrologes, avec l’histoire des autres festes de l’année (Paris 1701-1703, folio, 4 vol.) ; cet ouvrage connut deux autres éditions (Paris 1704, folio, 4 vol. ; Paris 1739, 4°, 10 vol.).

[40] Horace, Odes, 2.1.6. « Vous composez un ouvrage plein de périlleux hasards. »

[41] Jean-Foy Vaillant, Numismata imperatorum, Augustarum et Cæsarum : a populis Romanæ ditionis, Græce loquentibus ex omni modulo percussaquibus urbium nomina, dignitates, Prærogativæ, [...] consignantur (Lutetiæ Parisiorum 1698, folio ; Amstelædami 1700, folio).

[42] Il s’agit d’une thèse présidée par Christophorus Cellarius le 7 janvier 1696 à l’université de Halle : Flaviana Herodum historia [...] nummis antiquis conciliata, quam [...] pro honoribus [...] magistri philosophiæ [...] consequendis, præside Christophoro Cellario [,..]. a.d. 7 januar. 1696 [...] ad disputandum proponit Joannes Justus Adelung (Halæ Magdeburgicæ [1696], 4°). Cet ouvrage fait l’objet d’une annonce dans un « Extrait d’une lettre de Rotterdam » dans le JS du 30 avril 1696 : « La dissertation du P[ère] Hardouin De nummis Herodiadum, a esté imprimée en Al[l]emagne, avec une refutation, sous ce titre Flaviana Herodum Historia adserta et nummis antiquis conciliata. L’auteur est professeur en histoire et en éloquence dans la nouvel[l]e université de Hall[e], et se nomme Sellarius. »

[43] Dubos écarte donc l’ouvrage sceptique de Jean Hardouin comme un recueil de spéculations superstitieuses.

[i] tamquam herba solstitialis : « comme l’herbe du solstice [d’été] », une plante qui s’épanouit l’été mais qui se fane très rapidement. Voir Plaute, Pseudolus, 38, « quasi solstitialis herba paulisper fui : repente exortus sum, repentino occidi ».

[44] Il confond l’ Hérode mentionné à plusieurs reprises dans les lettres de Cicéron à Atticus avec Hérode le Grand, roi de Judée.

[45] Melchisédec Thévenot, L’Art de nager démontré par figures, avec des avis pour se baigner utilement (Paris 1696, 12°).

[46] Jean Hindret, L’Art de prononcer parfaitement la langue françoise (Paris 1687, 12° ; 2 e éd., Paris 1696, 12°, 2 vol.).

[47] Pierre de La Touche, L’Art de bien parler françois, qui comprend tout ce qui regarde la grammaire et les manières de parler douteuses (Amsterdam 1696, 12°) : Bayle avait fait allusion à cet ouvrage dans sa lettre du 23 juillet (Lettre 1137 : voir n.33), tout en évoquant un autre livre semblable de Gédéon Huet.

[48] Sur cet ouvrage de Maria de Agreda, voir Lettre 1135, n.3.

[49] Sur l’interdiction de l’ouvrage de Maria de Agreda par l’Inquisition le 30 juillet 1678 et par la Sorbonne le 17 septembre 1696, voir Lettre 1135, n.3.

[50] Juvénal, Satires, III, 78, « dites au misérable Grec affamé de monter au ciel et il le fera », – c’est-à-dire qu’il essaiera de le faire, tel est son besoin de gagner de quoi se nourrir.

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