Lettre 1262 : Pierre Bayle à François Janiçon

[Rotterdam, le 20 mai 1697]

[Texte inconnu.]

 

[Lettre où il déclare qu’il a pris les détails qu’il a donnés sur Bautru dans un livre imprimé à Paris avec privilège [1] et qu’il n’a rien dit sur les Arnauld qui ne soit tiré du mémoire de Monsieur de Visé, inséré dans le Mercure [2]. Non seulement il n’a pas été peiné de l’interdiction de son Dictionnaire en France, mais il s’en réjouit et s’en fait un mérite auprès des zélateurs [3]. Il prie Baluze de lui envoyer toutes ses remarques [4]. S’il n’était pas sans bibliotheque, son recueil ne seroit pas si défectueux.]

Notes :

[1] Bayle répond à une remarque de Janiçon dans sa lettre du 10 mai (Lettre 1257). A l’article « Bautru (Guillaume) », du DHC, Bayle avait émis quelques doutes quant à la fidélité de l’épouse de Bautru et avait cité à deux reprises le bon mot par lequel le courtisan résumait ses malheurs : voir Lettre 1257, n.3. Il avait expressément signalé à la remarque B : « Son mariage ne fut pas le plus heureux de ce monde. Puisqu’on a imprimé à Paris avec privilege ce que je vais dire, je puis sans doute le publier en Hollande, sans crainte d’en être blâmé par les personnes judicieuses. »

[2] C’est Jean Anisson qui avait signalé à Bayle que l’ abbé Renaudot était irrité de ce que Bayle avait désigné Antoine Arnauld et Pierre Nicole comme des « jansénistes » dans le DHC : voir Lettre 1215. A l’article consacré à la famille Arnauld, Bayle mentionne Isaac Arnauld, dont la sœur avait épousé Mannassès de Pas, marquis de Feuquières : il tire cette information d’un « Mémoire inséré dans le Mercure galant du mois de décembre 1693, p.42 ».

[3] Bayle s’était irrité à plusieurs reprises contre le Jugement de l’abbé Renaudot : c’est la première fois qu’il prétend se réjouir de l’interdiction du DHC par les « zélateurs » comme une marque de son mérite.

[4] Indice d’un contact direct entre Baluze et Bayle : leur éventuelle correspondance ne nous est pas connue. Jusqu’à cette date, leurs relations étaient passées par l’intermédiaire de François Janiçon : voir Lettres 933, n.7, et 948, n.5, 1093, n.7, 1096, n.15, 1102, n.6, 1119, n.1, 1191, n.3, et 1208, n.1.

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