Lettre 1414 : Mathieu Marais à Pierre Bayle

A Paris ce 21 e de fevrier 1699 J’ai mille graces à vous rendre, Monsieur, et mille pardons à vous demander. Vous m’avés écrit de Rot[t]erdam le 2 e d’octobre 1698 [1] une lettre, qui est un panegyrique dans les formes et qui meritoit bien que je vous en fisse sur le champ mes trés-humbles remerciemen[t]s. Mais un voyage dans un pays eloigné de Paris, et de tout ce qui peut rap[p]eller d’agréables souvenirs, une longue maladie, des embar[r]as non point domestiques (car Dieu merci je vis encore sans aucun empeschement) mais d’autres soins que je dois donner à une profession dont le poid[s] est difficile à porter, tout cela, Monsieur, m’a empesché de repondre plutost à vostre trop-obligeante lettre. Elle l’est trop asssurement, et si vous ne nous aviés ap[p]ris • vous mesme à rabattre des louanges que vous donnés quand elles sont portées à cet excès de magnificence où elles se trouvent dans vostre lettre, je dirois comme Mr Pel[l]isson fit un jour en pareille occasion [2], que loin d’estre obligeante, vostre lettre deviendroit injurieuse, tant il y a de • disproportion entre ce que je suis, et ce que vous voulés me faire. Vous / me mettés à costé de vous ; vous me faites auteur d’un Diction[n]aire critique, il ne tient pas à vous que je ne sois double[,] dans Paris pour ramasser des materiaux, dans Rotterdam pour faire imprimer. Vous allés jusques à me demander des avis. Où suis-je ? Monsieur, je ne me con[n]ois plus. Les douces resveries des Muses ne m’ont jamais mené jusques là, pas mesme pendant le sommeil. Vous étes un enchanteur, qui donnés à vos paroles la force des brevets* magiques et qui transformés les gens en un moment. Mais l’enchantement se dissipe bientost. Je rentre dans ce que je suis. Je suis l’admirateur de tous vos ouvrages. Si je vaut [ sic] quelque chose, c’est par cet endroit. Vous estes, et vous serés toujours l’admiré. Demeurons-en dans ces termes vrais et naturels. Recevés mes hommages trés humbles que je vous offre avec tous les gens de Lettres, et laissés-moi dans ma mediocrité*. Je scais cependant combien il est doux d’estre loué par un homme loüable. Mais aussi l’illusion en est plus dangereuse et l’on doit s’y abandonner d’autant moins que l’amour-propre en est davantage flatté. Vous m’avés mis au point de ne pouvoir montrer à personne une lettre si pleine de mes loüanges et d’envier à tout le monde quatre pages d’une ecriture*, dont on recueille une seule ligne avec avidité. En cela je pren[d]s vostre interest qui m’est / beaucoup plus cher que le mien. Une autre fois, Mons r, epargnés-moi, et faites s’il vous plait, que ce qui passera en France de vous soit utile à plus d’une personne. Vous me menacés d’un plus grand détail. Vous sentés, dites-vous, que vous suivrés tost ou tard toutes les pages de mon ecrit. Voila une terrible menace. Je sens de mon costé que cela n’arrivera point, et il ne doit point arriver que vous preferiez ainsi un ecrit particulier au profit que tout le monde attend de vostre travail. Vous me faites trop d’honneur d’en vouloir bien transporter quelque chose dans vos ouvrages. La proposition que vous me faites de me nommer à la marge [3] est une tentation trop seduisante pour n’y succomber pas. Qui pour[r]oit resister à la gloire de faire passer à si peu de frais son nom dans un ouvrage à qui l’immortalité est assurée ? Je vous l’abandonne, Monsieur, ce nom encor inconnu dans les Lettres, et je me fie bien à vous sur les lieux où vous le mettrés. Vous estes le maitre de trancher et de couper. J’enten[d]s bien que vous supprimerés tout ce que j’ai dit de la Critique des œuvres de Saint Evremont  [4]. C’est une opinion légére que je ne devois peut estre pas mesme vous dire, bien loin de consentir à la rendre publique. J’ai recherché l’origine du Sonnet de l’avorton [5]. Je ne l’ai pû trouver. On s’en rap[p]ortera / rap[p]ortera [ sic] bien à vos decouvertes. J’ai trouvé seulement que l’auteur du Sonnet a esté marié et qu’il a laissé une fille avec peu de biens, qui est pension[n]aire à Paris dans un couvent. Sa réputation est encore chere à quelques anciens amis, qu’il avoit enseignez. Vous sup[p]rimerés aussi sur ce qui le regarde ce que Mr Dépreaux m’en a dit, ou du moins ce sera sans le nommer. Je vous dois dire ici, Monsieur, puisque je parle de Mr Despreaux, que je lui ai envoyé de ma campagne, où j’étois, l’endroit de vostre lettre, où vous avés parlé de lui [6]. Il m’en a fait remercier, et m’a fait dire qu’il estoit extremement sensible aux eloges, qui venoient d’une aussi bonne main, que la vostre, et que personne ne les sçavoit dispenser si agréablement. J’ai esté obligé de rechercher la genealogie du president de Nully [7], parce que son arriere petit fils a esté inquiété sur sa noblesse. J’ai trouvé plusieurs fautes dans Mr de Thou [8], dans Mezeray [9], dans le livre de Blanchard des maitres des requettes [10], dans les editions du traité de Crepy fait en 1544 [11] où on a appellé Milly, un Charles de Nully, qui etoit plenipotentiaire à cette paix pour François I er , lequel Charles était pere du president. Il a fal[l]u reformer toutes ces erreurs. Le Conseil du Roy y est entré, le traitant a perdu sa cause ; et du moins sa recherche n’aura point esté inutile, puisqu’elle a servi a rectifier tant de mescomptes. Je vous en ferai un petit memoire si / vous les [ sic] trouvés bon. Je crois que cela sera de vostre goût et de vostre critique. Vos presses roulent sur de grands ouvrages. Heureux qui n’est point obligé de les lire. Voila bien des in-folio. Mais vos imprimeurs n’en sont point étonnez. Pour moi ils m’effraient, et à moins qu’ils ne viennent de vous, qui scavés les rendre trop courts encore, par l’agrement que vous y répandés partout, j’avoue qu’ils me font peur. Nos auteurs ne sont pas si vastes : ils paroissent se renfermer dans des bornes plus étroites, peut estre par le defaut de leur esprit, auquel nous estant accoutumés, il s’en fait un[e] habitude qui nous dégoute de ces ouvrages immenses. Ce que vous me marqués des oppositions des docteurs de l’Eglise anglicane à l’edition nouvelle des Dogmata theologica du Pere Petau [12], témoigne que le zele pour la bonne doctrine n’est pas encore tout à fait éteint dans ce pays, que l’on assûre qui se gâte de plus en plus. Il montre aussi la malignité de l’homme qui se sert des choses les plus innocentes pour y trouver des fondemen[t]s de sa corruption. Les Peres parloient à des gens qui les entendoient bien et qui ne contestoient point une doctrine receuë. Ils auroient parlé plus précisement s’il y avoit eu alors des sociniens. Que diroit le P[ère] Petau s’il pouvoit voir qu’il a travaillé pour eux. Nous attendons avec impatience les notes sur Lucien [13], puisqu’elles viennent de bon endroit. Il y a tant / d’esprit et tant de feu dans cet auteur, un fonds de plaisanterie si vraye, un ridicule si bien découvert dans une religion qui avoit esté respectée par les plus grands esprits, qu’on doit bien avoir de l’obligation à ceux qui nous font connoitre toutes les beautés d’un semblable ouvrage. Je compren[d]s qu’à moins que d’avoir le genie de Lucien et de se transformer en lui, il n’est pas possible de le rendre tel qu’il estoit. Quelle gloire pour un homme qui se sent la force d’un nouveau Lucien ! La traduction françoise de la Vie de Mahomet faite en anglois par Mr Prideaux a passée [ sic] ici, et y a esté imprimée [14]. Vostre article de « Mahomet » est un bon commentaire pour ce livre [15], qui paroit bien court en des endroits et trop long en d’autres. Il n’estoit pas autrement necessaire que le docteur Prideaux comparast l’Alcoran aux ouvrages d’Homere pour nous apprendre que l’Alcoran avoit esté composé de morceaux ramassés comme on fit autrefois le poëme d’Homére sur les centons et rapsodies qui couroient sous le nom de ce poëte (c’est à la page 33 de l’ed[ition] de Paris). Voilà un comme dont les scavan[t]s ne conviennent point, et je vous ai marqué là-dessus dans ma premiere lettre la colére de Mr Despréaux contre ceux qui ont fait dire cette sottise à Elien, qui n’y a jamais pensé [16]. Le docteur anglois ne met point de correctif, il parle bien affirmativement. Mais sa science s’étend peut estre plus sur l’arabe que sur le grec. / On est toujours ici dans l’attente de l’ événement* du livre de l’ archevêque de Cambray [17]. Rome n’a point encore prononcé. Nous attendons sa décision pour savoir s’il a raison ou tort. Mais cependant à ne juger que de son stile et de sa maniere d’écrire, qui a paru dans plusieurs ouvrages qu’il a donnés à sa deffense, on peut dire sans faire tort à son illustre adversaire, qu’il est inimitable, dans ses tours, dans ses expressions toujours simples, naturelles, touchantes, gracieuses, claires dans la matiere du monde la plus obscure, et dont il se jouë comme d’une bagatelle. On y trouve une eloquence parfaite, des traits insinuan[t]s, des mouvemen[t]s qui vont au cœur. Il a bien dit dans son discours à l’Academie, que la passion est l’ame de la parole [18]. Personne ne scait mieux que lui mettre ce precepte en usage. Si ces ornemen[t]s servent à embel[l]ir l’erreur, et à la rendre aimable, il est bien malheureux dans son esprit ingenio miser. Mais il semble qu’on puisse répondre de son cœur. On voit dans Paris un ouvrage encore m[anu]s[crit] qui vient certainement de sa main. C’est une espece de poëme epique en prose, où il a poussé nostre langue à une perfection, à laquelle on n’esperoit point de la faire atteindre [19]. Mais c’est ce qu’on y doit le moins admirer. Il y regne un air ancien et grec, une connoissance des mœurs de tous les peuples, des caractéres de toutes sortes de princes, bons, mechants, avares, tyrans, ambitieux, voluptueux, une morale pure, / un triomphe de la vertu, un enchainement d’avantures qui remplissent l’esprit et le cœur, des peintures vivantes et animées, des descriptions riantes et fleuries qui n’excédent pourtant point le naturel, enfin une grace et des sentimen[t]s qui justifie* que cet homme est un genie de la force des Homeres et des Virgiles. On s’arrache cet ouvrage des mains dans Paris. Je n’en ai encore vü qu’un fragment assés grand, mais on assûre que l’ouvrage est achevé. Quelque infidele rendra service aux Lettres en le faisant passer dans vostre pays où on l’imprimera. J’oubliois de vous en dire le sujet. Ce sont les avantures de Telemaque, fils d’Ulysse. La tempeste le jette dans l’isle de Calipso. Il cherche son pere et la nymphe le retient pour lui faire conter ce qui lui est arrivé • depuis qu’il est sur la mer. La déesse Minerve deguisée sous la figure de Mentor, l’accompagne partout. Il va en Egypte, à Tyr, dans l’isle de C[h]ypre, dans celle de Crête ; il est esclave, il est berger, il goûte de toutes les conditions. Le recit en est enchanteur, et il n’y manque que vostre approbation, que je crois que vous ne lui refuseriés pas. Un homme qui écrit tres bien et qui a beaucoup de delicatesse dans l’esprit a traduit depuis peu quatre livres de lettres de Pline le jeune [20]. Vous y trouverés tout l’air d’un original. Nos maitres en sont satisfaits, et ils disent que c’est ainsi qu’il faut traduire les anciens. La préface donne un peu sur Ciceron, sur / Montaigne et sur Voiture. C’est à vous, Monsieur, à nous dire si cette critique vous plait, et si vous pensés que le tendre et le delicat Voiture s’etoit fait l’esprit dans Pline le jeune. Cet ancien avoit bien de l’esprit. Mais n’en vouloit-il point trop avoir, et son traducteur même ne se seroit-il point un peu gâté par ce commerce*. Il s’ap[p]elle Mr de Sacy. C’est un avocat au Conseil du Roy, qui ne tient nullement au Sacy traducteur de l’Ecriture [21]. Je vous remercie par avance des Comettes [22] que vous me promettés. On dit ici que vous allés continuer la République des Lettres [23]. Quelle joye seroit-ce ! Mais quand verrons-nous le Sup[p]lement • du Dictionnaire [24] ? Je suis, Monsieur, vostre etc.

Notes :

[1] Lettre 1384, qui répondait à la longue lettre de Mathieu Marais contenant des remarques sur les articles du DHC (Lettre 1363).

[2] Cette disproportion fait l’objet essentiel du Discours prononcé par M. Pellisson, le 30 décembre 1652. Sur ce que l’Académie en considération de ce qu’il avoit composé son Histoire, avoit ordonné que la premiere place qui vaqueroit dans le corps lui seroit destinée, et que cependant il auroit droit d’assister aux assemblées, et d’y opiner comme un académicien, avec cette clause, que la même grace ne pourroit plus être faite à personne, pour quelque considération que ce fût : Œuvres diverses (Paris 1735, 16°, 3 vol.), ii.1-9.

[3] C’est la pratique constante de Bayle dans le DHC, car il authentifie ainsi les informations qu’il donne de seconde main : voir en particulier Lettre 1404, n.4. Il mentionne l’apport de Mathieu Marais dans les articles « Guise (Henri de Lorraine, duc de [fils de Claude]) », rem. Q, « Henault (N.) », rem. A, B, C, D, E, « Navarre (Marguerite de Valois, reine [la bru]) », rem. Q, « Nevizan (Jean) », rem. A, « Nully », « Perse (Aulus Persius Flaccus) », rem. C, F, G, I, « Quellenec », rem. H, « Robert (Jean) », rem. B, mais son apport est bien plus important, comme on le voit dans la Lettre 1363 et dans le tableau de la correspondance de Bayle liée à la composition du DHC (tome XIV, Annexe).

[4] Sur cette critique de Saint-Evremond par Charles Cotolendi, voir Lettres 1363, n.160, et 1384, n.5.

[5] Sur le Sonnet de l’avorton de Jean Hénault, voir Lettres 1105, n.22, 1107, 1363, n.153, et 1384, n.7.

[6] Voir Lettre 1384 : Bayle commence par commenter la réception du DHC par Boileau : « Je commence par celui où vous m’apprenez que mon Dictionnaire n’a point déplu à Mr Despréaux. C’est un bien si grand, c’est une gloire si relevée, que je n’avois garde de l’espérer... »

[7] Voir le DHC, art. « Nully », qui avait été fourni par Mathieu Marais.

[8] Voir Jacques-Auguste de Thou, Historiarum sui temporis ab anno Domini 1543 usque ad annum 1607, libri CXXXVIII, quorum LXXX priores multo quam antehac auctiores : reliqui vero LVIII nunc primum prodeunt […] Accedunt commentariorum De Vita sua libri sex hactenus inediti (Aurelianæ 1626, folio, 5 vol.).

[9] Voir François Eudes de Mézeray, Histoire de France depuis Faramond jusqu’à maintenant (Paris 1643-1651, folio, 3 vol.).

[10] François Blanchard (?-1660), Généalogies des maîtres des requêtes ordinaires de l’hostel du roi (Paris 1670, folio).

[11] Le Traicté de la paix faicte et accordée entre [...] Françoys [I er] [...] roy de France [...] et Charles [Quint] empereur et roy des Espaignes [...] l’an de grace mil cinq cens quarante quatre (Paris [1544], 4°).

[12] Sur la publication de cet ouvrage de Denis Petau et sur l’opposition de certains théologiens de l’Eglise anglicane qui craignaient la diffusion des opinions sociniennes sur la Trinité, voir le post-scriptum de la Lettre 1384 (et n.22).

[13] Sur les Lectiones Lucianeæ de Johannes Jens, voir Lettres 1237, n.15, 1379, n.4, et 1384, n.23.

[14] Sur cet ouvrage de Humphrey Prideaux, voir Lettre 1384, n.21.

[15] Voir le DHC, art. « Mahomet », dont la remarque K porte sur l’hypothèse de l’imposture de Mahomet, et la remarque N sur l’extension de l’islam par la force des armes ; la remarque O compare cette violence avec celle exercée au nom de la religion chrétienne ; la remarque P compare les mœurs des musulmans avec celles des chrétiens ; la remarque Q souligne la condition malheureuse des femmes musulmanes ; la remarque CC précise qu’« il étoit fort propre à se faire suivre comme le Messie que les juifs attendoient ». Toutes ces remarques figuraient dans la première édition du DHC ; Bayle ajoute six nouvelles remarques dans la deuxième édition.

[16] Sur l’erreur d’ Adrien Baillet – reprise par Perrault – qui « a rapporté dans l’article d’ Homere qu’au sentiment d’ Elien, Homere avoit composé son Iliade et son Odyssée par morceaux sans unité de dessein » et sur la réfutation de cette erreur par Boileau, voir Lettre 1363, n.26 et 27.

[17] Sur la censure de l’ Explication des maximes de saints de Fénelon, voir Lettres 1268, n.24, 1269, n.10 et 1302, n.18.

[18] Discours prononcez dans l’Académie françoise le mardi 31 e mars 1693, à la réception de M. l’abbé de Fénelon (Paris 1693, 4°) ; Œuvres, éd. J. Le Brun (Paris 1983), i.533-539 : « On a enfin compris, Messieurs, qu’il faut écrire comme les Raphaëls, les Carraches et les Poussins ont peint, non pour chercher de merveilleux caprices et pour faire admirer leur imagination en se jouant du pinceau, mais pour peindre d’après nature. [...] Ainsi on retranche d’un discours tous les ornements affectés qui ne servent ni à démêler ce qui est obscur, ni à peindre vivement ce qu’on veut mettre devant les yeux, ni à prouver une vérité par divers tours sensibles, ni à remuer les passions, qui sont les seuls ressorts capables d’intéresser et de persuader l’auditeur ; car la passion est l’âme de la parole. » (p.535-536). Fénelon succédait à Paul Pellisson-Fontanier à l’Académie française.

[19] Les cinq premiers livres du Télémaque de Fénelon parurent pour la première fois en avril 1699 chez la veuve de Claude Barbin sous le titre Suite du quatrième livre de l’Odyssée d’Homère ou les aventures de Télémaque fils d’Ulysse (Paris 1699, 12°) ; les autres livres suivirent la même année mais de façon subreptice, le privilège de l’imprimeur ayant été retiré. Parurent ensuite les éditions d’ Adriaan Moetjens (La Haye 1699, 12°, 3 vol.) et de François Foppens, divisées en dix livres (Bruxelles 1699, 12°, 2 vol.). Plusieurs manuscrits de Télémaque sont connus : un mansucrit autographe (BNF, réserve 14.944), une copie exécutée sur ordre de Fénelon et attribuée à l’ abbé Porée (BNF, f.fr. 14.945) ; une autre copie faite sur ordre de Fénelon et conservée à la bibliothèque de Saint-Sulpice. Trois autres copies existent sans que leur authenticité soit établie : BNF, f. fr. 14.948-14.949 ; Aix-en-Provence, Méjanes, ms 193 ; Arsenal, ms 2370.

[20] Louis-Silvestre de Sacy (1654-1727) avait commencé à publier sa traduction des Lettres de Pline le Jeune (Paris 1699-1700, 12°, 3 vol.).

[21] Isaac-Louis Le Maistre de Sacy, prêtre à Port-Royal des Champs, traducteur de la Bible. Sur lui, voir le Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[22] Sur cette troisième édition des Pensées diverses, voir Lettre 1384, n.24.

[23] C’est Jacques Bernard qui avait repris la rédaction des NRL chez Henry Desbordes en janvier 1699 : voir Lettre 1393, n.7.

[24] Sur le Supplément du DHC, voir le projet de Bayle au mois d’octobre 1698 : Lettre 1384, n.8. Basnage de Beauval avait prévu des difficultés dès le début : « M. Bayle prépare un 3 e vol[ume] de son Dictionnaire ; mais il va estre traversé par les poursuites que fait contre luy le consistoire de Rotterdam. Mr Jurieu, le persecuteur de tous les honnestes gens, qui se trouve offensé et tourné en ridicule en mil endroits, pour s’en vanger, a excité son consistoire à entreprendre Mr Bayle sur son Dictionnaire : comme contenant des propositions etherodoxes [ sic], et tendantes à l’atheïsme, des ordures, des saletez, et des choses contraires aux bonnes mœurs. Ce procez retardera son travail et luy ostera sa liberté pour la suite. » (Henri Basnage de Beauval à Dufai, le 4 juillet 1697, éd. H. Bots et L. van Lieshout, n° 67, p.138-139). Ce sont finalement les dimensions des corrections et des ajouts apportés au DHC – plutôt que les tergiversations du consistoire – qui ont incité Bayle, en accord avec Reinier Leers, à intégrer son Supplément dans le texte même de la deuxième édition. Il s’en explique longuement dans la Préface de la deuxième édition du DHC. Il devait cependant continuer à envisager un Supplément à la deuxième édition : voir Lettres 1414, n.24, 1436, n.4, 1454, n.4, 1518, n.8. On peut penser que bon nombre de textes composés en vue du Supplément ont été publiés en fin de compte dans la RQP, dont la première partie devait paraître en octobre 1703.

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