Lettre 1419 : Pierre Bayle à Claude Nicaise

A Rotterdam, le 26 e de fevrier 1699 C’est, Monsieur, la premiere fois que j’ai l’honneur de vous écrire depuis le commencement de cette année, mais je n’ai pas attendu si long tem[p]s à vous la souhaiter tres heureuse ; je m’a[c]quittai in petto de ce devoir aussi promptement qu’il se put, [1] et je vous en fais aujourd’hui par écrit la réitération. J’ai recu par Mr de Witt [2] la lettre que vous aviez mise sous son couvert, j’ai recu aussi votre derniere depeche [3], et ai fait tenir aussi tot à M rs Grævius, et Cuper celles qui y etoient pour eux [4]. Quant à ce que vous souhaitiez, Monsieur, que je priasse Mr de Beauval d’envoier à Mr Le Clerc la lettre du P[ère] Pagi [5] pour être inserée toute entière dans quelque journal, je n’ai pu vous satisfaire, car Mr Le Clerc ne se mêle plus d’aucun journal depuis 5 ou 6 ans [6]. Mr Leers qui vous saluë, m’a dit qu’il n’avoit plus aucun exemplaire de Junius [7] qui ne fût complet, et qu’ainsi il lui est impossible de vous renvoier ce qui manque à votre exemplaire. Il vous l’a fait tenir une ou deux fois à ce qu’il m’a dit, par Mr Anisson [8], de qui vous devez le redemander. Je l’ai fort exhorté à écrire au Père de Vitri [9], touchant le paquet que Mr Grævius vous avoit envoié ; il m’a promis de le faire : mais il y a eu tant de brouilleries, et tant de cahos dans les af[f]aires que ce Père et Mr Leers ont eues ensemble qu’on n’y voit gout[t]e, et il s’est passé un si long tem[p]s depuis l’envoi des livres à Dunkerque, que je n’espere point qu’on en puisse jamais avoir raison. J’y suis interessé plus que vous, à cause de quelques paquets de present que j’avois mis dans la balle de Dunkerque. Je suis bien aise que vous aiez enfin recu mon / Diction[n]aire [10]. Je vous suis infiniment obligé de vos nouvelles lit[t]eraires et du memoire de Mr de La Monnoie du 1 er de fevrier [11], où j’ai vu que depuis 3 semaines il vous en avoit fait tenir un autre, où il traitoit amplement du Molsa, poete italien du dernier siecle [12]. Je n’ai point recu cela, Monsieur, et c’est pourquoi je vous sup[p]lie tres humblement de m’ap[p]rendre ce que cela a pu devenir, car je souhaite passionnement de le recouvrer. Je vous ren[d]s mille graces de la faveur particuliere et insigne que vous me faites de m’envoier par Mr Chene [13] (que je salue) les vies des Guyon, et de Philander [14], et d’avoir ecrit à Rome pour l’ Historia della volgar poesia [15]. C’est ainsi que vous soutenez sans vous relacher l’eloge que Mr Grævius vous donne de mortalium omnium officiosissimus [16]. Tous les auteurs, toute la Republique des Lettres en general est interessé à vous souhaiter une longue vie, accompagnée de bonne santé [17]. Nos nouveautez lit[t]eraires ne sont pas grand’chose. Les memoires de Ludlow, l’un des juges de Charles I er roi d’Anglet[erre] [18], sont estimez. On en a publié une traduction francoise, de laquelle Mr Bernard a parlé fort amplement dans ses Nouvelles de la république des lettres du mois de fevrier 1699 et Mr de Beauval aussi dans son dernier quartier de 1698 [19]. Je ne sai si l’on traduira de l’anglois les memoires de Mylord Barklai [20] qui ont eté publiez à Londres peu apres ceux de Ludlow. Ce Mylord etoit du parti roialiste. On a traduit du flamand en francois la relation d’une ambassade du sieur Ysbrand à la cour de la Chine de la part du Czar [21]. On y trouve des choses assez curieuses. Les inscriptions gre[c]ques que des voiageurs anglois ont trouvées dans les ruines de l’ancienne ville de Palmyre, de quoi il a paru une relation en anglois, se voient / depuis peu dans un ouvrage latin avec les notes de Mr Smith, et d’un professeur d’Oxford nommé Bernard [22]. Elles servent d’appendice à la nouvelle edition de la lettre du même Smith De statu hodierno Ecclesiæ Græcæ [23]. Nous avons une nouvelle edition du traitté De veritate Religionis Christianæ qu’un juif converti nommé Rittangelius avoit autrefois publié en Allemagne. Mr Vander Wayen, prof[esseur] en theologie à Franeker qui l’a procurée y a joint une preface où il replique à un ecrit de Mr Limborch [24][,] collègue de Mr Le Clerc dans le college des arminiens d’Amsterdam. Il avoit dejà fait imprimer au meme lieu, c’est à dire à Franeker, deux autres traittez du meme juif converti, et refuté Mr Le Clerc dans une longue preface sur le sens du mot λόγος au 1 er chap[itre] de saint Jean [25]. On a rimprimé à Leide le traitté de Casaubon, qu’on ne trouvoit plus, De satirica veterum poesi avec quelques autres petits traittez du meme ou d’autres, et la version des Cyclopes d’ Euripide, par Florent Chretien, le tout accompagné de remarques [26]. C’est par les soins de Mr Crenius qui s’occupe beaucoup à faire revivre des traittez fugitifs et dont les exemplaires ne sont plus à acheter. Il nous promet une nouvelle edition de quelques ouvrages de Saumaise [27], qui contiennent l’explication de quelques vieilles inscriptions. Mr Leydecker prof[esseur] en theologie à Utrecht a traduit en latin, et y a joint plusieurs notes [et] le traitté De Regibus Judæ et præsertim de Messia du fameux rabin Maimonides [28]. Je vous prie Monsieur, de jetter les yeux sur l’article « Begat » de mon Diction[n]aire. Vous trouverez je m’asseure, qu’on y peut ajouter bien des choses que vous me pourrez fournir, car c’etoit un illustre conseiller de votre parlement au siecle passé [29]. Je suis votre tres humb[le] etc. Bayle Aiez la bonté, je vous en conjure, d’envoier le billet cy-joint à Mr de La Monnoie [30]. Je n’ai pas manqué d’avertir Mr Leers de ce que vous m’avez fait savoir qu’on donneroit une nouvelle edition fort augmentée du Diction[n]aire de Richelet [31]. Mr Leers a • interet de savoir cela, car on lui of[f]re les manuscrits de Richelet touchant le Diction[n]aire, et on lui demande une grosse somme. Il n’accepte point le parti / car il craint qu’apres avoir bien paié ce manuscrit, d’autres qui en peuvent avoir une copie ne le fassent imprimer inseré dans une nouvelle edition du Diction[naire] de Richelet. Un certain Hannemanus alleman[d] a publié une dissertation latine pour montrer que ce qu’on conte de l’inscription Mysterium de la couronne papale est une fable [32]. Au reste je ne receus que par la poste de mardi dernier 24 e du courant votre paquet du 5 e [33]. C’est ce qui fait que je vous ecris à droiture* [34]. A Monsieur / Monsieur l’abbé Nicaise / A Dijon •

Notes :

[1] Voir la lettre de Bayle à Nicaise du 1 er janvier (Lettre 1407).

[2] Malgré la « négligence » de Johan de Witt (Lettre 1377), il continuait donc de servir d’intermédiaire pour les échanges entre Bayle et Nicaise. Nicaise devait d’ailleurs se fâcher avec de Witt au cours de l’année 1699 : voir Lettre 1463.

[3] Toutes les lettres de Nicaise à Bayle de l’année 1698 sont perdues et l’unique lettre connue de l’année 1699 est de date incertaine (Lettre 1463).

[4] Ces lettres de Nicaise à Kuiper et à Grævius nous sont inconnues ; il y est fait allusion dans la lettre de Bayle à Grævius du 26 février (Lettre 1417). L’abondante correspondance de Nicaise circulait ainsi par « paquets » parmi ses amis aux Provinces-Unies. Pour sa correspondance manuscrite avec Kuiper, voir aussi La Haye, KB : 72 D 2. Sa correspondance avec Leibniz permet de croiser les informations : éd. gerhardt, ii.525-594.

[5] Il semble qu’il s’agisse toujours de la lettre d’ Antoine Pagi mentionnée dans la lettre de Bayle à Kuiper du 9 septembre 1698 (Lettre 1380).

[6] Jean Le Clerc avait participé brièvement à la rédaction des NRL lors de la défaillance de Bayle à partir de mars 1687 ; il avait rédigé la BUH depuis janvier 1686 jusqu’en décembre 1693 ; il devait lancer la Bibliothèque choisie en 1703, mais l’arrêta en 1708 ; il fut ensuite le rédacteur de la Bibliothèque ancienne et moderne depuis 1714 jusqu’en 1726. Entretemps, son cousin Jacques Bernard avait repris la rédaction des NRL publiées par Henri Desbordes : voir Lettre 1393, n.7.

[7] François Du Jon le jeune, De pictura veterum libri III. Acced. catalogus, adhuc ineditus, architectorum, mechanicorum, sed præcipue pictorum, statuariorum, [...] aliorumque artificum, et operum quæ fecerunt (Roterodami 1694, folio) ; cette édition comporte en préface une biographie de Junius par Grævius, où celui-ci passe sous silence la contribution de Nicaise : voir Lettre 1066, n.3.

[8] Jean Anisson, directeur de l’imprimerie royale depuis 1691, qui servait souvent d’intermédiaire pour l’envoi d’ouvrages des Provinces-Unies à Paris : voir Lettre 947, n.9.

[9] Edouard de Vitry, qui avait autrefois repris le fonds de Claude Barbin, avait eu maille à partir avec Reinier Leers pour des affaires obscures de commerce de livres : voir Lettre 1122, n.2.

[10] Bayle avait envoyé un exemplaire du DHC à Nicaise par la « voie de Genève » : voir Lettres 1237, n.13, et 1407, n.2.

[11] Sur ce mémoire concernant François d’Arezzo, voir Lettres 923, 1373, 1406 et 1418, n.2.

[12] Sur le mémoire concernant Molsa, voir Lettres 1399, n.6, et 1418, n.3.

[13] Sur Etienne Chêne, dit « M. Chesne l’aîné », avocat au parlement de Dijon, voir Lettres 1393, n.6, et 1450, n.2.

[14] Il s’agit des publications de Philibert de La Mare : voir Lettre 1393, n.5.

[15] Sur l’ Historia della Volgar poesia de Crescimbeni, voir Lettre 1400, n.9.

[16] Sur cette formule de Grævius pour désigner Nicaise, voir Lettre 1287, n.2.

[17] Nicaise devait mourir le 20 octobre 1701 à l’âge de soixante et onze ans.

[18] Edmund Ludlow (1617-1692), Memoirs of Edmund Ludlow Esq ; lieutenant general of the Horse, commander in chief of the forces in Ireland, one of the Council of State, and a member of the Parliament which began on November 3, 1640 (Vivay 1698, 8°, 2 vol.). Fervent baptiste, Ludlow avait des sympathies pour les Levellers. Il fut l’un des juges au procès de Charles I er et regarda le régicide comme un acte de justice. Il entra alors au premier conseil d’Etat du Commonwealth. En juin 1650, il fut nommé lieutenant de William Ireton et participa au siège de Limerick. Cependant il refusa de reconnaître la légitimité du protectorat de Cromwell. Celui-ci lui permit néanmoins de se retirer en 1656 auprès de sa famille dans l’Essex. Sous l’autorité de Richard Cromwell, il fut membre du troisième parlement du protectorat et continua à s’opposer au régime instauré par Cromwell. En juillet 1659, il fut nommé commandant des armées anglaises en Irlande. Il retourna en Angleterre et s’apprêtait à rejoindre l’insurrection de John Lambert lorsqu’il apprit l’arrestation et la mort de celui-ci. Après la restauration de Charles II, il se retira à Vevey en Suisse. Son autobiographie, intitulée A Voice from the watch tower [ La voix de la sentinelle] fut remaniée, probablement par John Toland, avant sa publication en 1698 : toute trace des convictions puritaines de Ludlow en fut expurgée et l’auteur y est représenté comme un républicain pur et dur. L’ouvrage publié sous cette forme eut un grand succès auprès des républicains et des Whigs radicaux. Ce n’est qu’en 1970 qu’on découvrit des fragments du manuscrit autographe à Warwick Castle et qu’on se rendit ainsi compte du remaniement subi par le texte. Voir ODNB (art. de C.H. Firth révisé par B. Worden), M. Ashley, Cromwell’s Generals (London 1954), et l’édition critique d’Edmund Ludlow, A Voyce from the watch tower : part five 1660-1662, éd. B. Worden (London 1978), d’après le manuscrit de la Bibliothèque bodléienne, ms English History c. 487.

[19] Les Mémoires d’ Edmond Ludlow, chevalier, lieutenant général de la cavalerie, commandant en chef des forces d’Irlande, conseiller d’Etat et membre du Parlement. Contenant ce qui s’est passé de plus remarquable sous le régne de Charles I jusqu’à Charles II. Traduit de l’anglois (Amsterdam 1699, 12°, 2 tomes), ouvrage dont on trouve, en effet, le compte rendu dans les NRL de Jacques Bernard, février 1699, art. II, et février 1700, art. V, ainsi que dans l’HOS de Basnage de Beauval, décembre 1698, art. X, et janvier 1699, art. I.

[20] John Berkeley (1606-1678), 1 er baron Berkeley de Stratton, fut nommé ambassadeur de Charles I er auprès de la reine Christine de Suède en janvier 1637. De retour en Angleterre au cours de la même année, il joua un rôle militaire important pendant la guerre civile ; après sa défaite à Exeter, aux mains de Fairfax, il tenta en vain de servir d’intermédaire entre Charles I er et les officiers de l’armée. Il accompagna le roi dans sa tentative de fuite le 10 novembre 1647, puis se retira à Paris et, en 1652, après la mort de Lord Byron, s’attribua le titre d’« intendant des affaires de son Altesse royale [ le duc de York] ». Il accompagna le futur Charles II en Flandre et, lors de la Restauration, fut nommé à vie « lord président de Connaught » ; en 1663, il entra au conseil privé du roi. Bayle fait allusion à la publication en anglais des Memoirs of Sir John Berk[e]ley, containing an account of his negotiations with lieutenant-general Cromwell, commissary general Ireton, and other officers of the army for restoring King Charles I to the exercise of the government of England (London 1699, 1702, 8°), dont on signale également une édition latine que nous n’avons pu localiser : Collectanea Historica Johannis Berkeley complexa ipsius negotiationem anni 1647 cum Olivaro Cromwell, Ireton, et aliis exercitus præfectis pro revocatione Caroli I in regni administrationem (1699).

[21] Everard Ysbrantz Ides, Voyage de l’ambassadeur moscovite, E. Y. Ides, de Moscou à la Chine, fait par terre par la grande Oustiga, la Sirianie, la Permie, la Sibérie, la Daourie et la grande Tartarie, et qui a duré trois ans ; contenant la description des mœurs des peuples, etc., et enrichi d’une carte et de beaucoup de figures dessinées par l’ambassadeur ; en outre, d’une description de la Chine, écrite par un Chinois dans sa langue, et traduite pour la première fois en hollandais avec des remarques (Amsterdam 1701, 4°) : voir Lettre 1408, n.4. Nous n’avons pas pu localiser un exemplaire de cet ouvrage.

[22] Sur les inscriptions grecques trouvées dans les ruines de Palmyre, voir Abednego Seller (1646 ?-1705), The Antiquities of Palmyra : containing the history of the city, and its emperors, from its foundation to the present time : with an appendix of critical observations on the names, religion, and government of the country and a commentary on the inscriptions lately found there (London 1696, 8°), et les Inscriptiones Græcæ Palmyrenorum : cum scholiis et annotationibus Edwardi Bernardi et Thomæ Smithi (Trajecti ad Rhenum 1698, 8°), publiées chez François Halma.

[23] Thomas Smith, De Græciæ Ecclesiæ hodiernæ Statu Epistola [...]. Editio nova, auctior et emendatior (Trajecti ad Rhenum 1698, 8°), publiée également par François Halma. La première édition de cet ouvrage avait paru à Oxford : De Græcæ Ecclesiæ hodierno statu epistola (Oxonii 1676, 8°), et une deuxième à Londres (Londini 1678, 8°). Sur l’auteur, voir aussi Chaufepié, s.v.

[24] Johann Stephan Rittangel (1606-1652), De veritate religionis christianæ in articulis de Trinitate et Christo ex Scriptura, rabbinis, et cabbala probate. Præfixa est Johannis vander Waeyen Limborgianæ responsio Discussio (Franequeræ 1699, 8°, 2 vol.). Voir l’article qui est consacré à cet auteur dans le DHC, rem. A, et le compte rendu de son ouvrage dans les NRL, août 1699, art. VII ; dans le même numéro des NRL, art. VIII, Jacques Bernard recense également l’ouvrage de Jonas Schlichting, Bilibra veritatis et rationis [ Traité de la parole de Dieu opposé à celui de Jean Etienne Rittangelius ; avec un appendice contre Joseph de Voisin et Raymond Martini. Précédé d’une dissertation sur la parole de Dieu, dont il est si souvent fait mention dans la paraphrase chaldaïque] (Freistadii 1700, 8°) : sur ce dernier ouvrage, voir Lettre 1486, n.11.

[25] Stephani Rittangelii Libra veritatis et de Paschate tractatus. Præmissa est Johannis van der Waeyen, dissertatio de Logo adversus Johannes Clericum (Franekeræ 1698, 8°).

[26] Museum philologicum et historicum Thomas Crenius conlegit, recensuit, emendavit, ac præfatione, notis et concinnô indice auxit (Lugduni Batavorum 1699-1700, 8°, 2 vol.). Le premier volume comporte le De Satyrica d’ Isaac Casaubon, dont la première édition date de 1605.

[27] Museum philologicum et historicum de Thomas Crenius (1648-1728), on trouve dans le deuxième tome : Cl. Salmasii Duarum inscriptionum veterum Herodis Attici rhetoris et regillæ consulis honori positarum explicationem.

[28] Moïse Maïmonide, Tractatus de Regibus Hebræorum eorumque bellis, præsertim de Rege Messia. Melchior Leydecker Latine vertit et notis philologicis illustravit (Rotterdam 1699, 8°), publié par Pieter van der Slaart.

[29] Nicaise ne dut pas réagir à cette demande, car l’article « Bégat (Jean) » du DHC reste très court, axé sur le fait qu’il fut « député à Charles IX, l’an 1563, pour lui faire des remontrances sur l’édit qui avoit accordé aux protestan[t]s l’exercice de leur religion, après la guerre civile ».

[30] Lettre 1418.

[31] Richelet était mort en novembre 1698, et Leers semble avoir été sollicité pour une nouvelle édition du Dictionnaire françois que Richelet s’était appliqué à réviser dès 1692. Cette édition, que Richelet avait espéré publier en France (l’ouvrage était interdit en France, parce qu’il portait atteinte au privilège exclusif de l’Académie française), parut une fois encore à l’étranger sous les presses des Elzevir : Dictionnaire françois contenant generalement tous les mots tant vieux que nouveuax [sic] et plusieurs remarques sur la langue françoise (Amsterdam 1706, folio). Dans son étude, César-Pierre Richelet (1626-1698), biographie et œuvre lexicographique (Tübingen 1986, p.5), L. Bray explique que « l’édition de 1706, […], n’est qu’une réimpression in-folio de l’édition in-quarto de 1693, laquelle correspond à un remaniement, par Richelet, de l’originale de 1680, qu’il avait personnellement augmentée “de plus d’un bon tiers” ».Voir aussi G. Petrequin, Le « Dictionnaire françois » de P. Richelet (Genève, 1679/1680) : étude de métalexicographie historique (Leide 2009).

[32] Johann Ludwig Hannemann, Mysterion Papali Coronæ adscriptum Non Ens : ceu Commentarius in Cap. XVII, v. 5. Apocal., Quo Demonstratur Papali Coronæ Mysterion nunquam fuisse inscriptum ; Juncta Epistola Poggii Florentini De Exustione Hieronymi Pragensis (Hamburgi 1698, 8°).

[33] La lettre d’accompagnement de Nicaise du 5 février ne nous est pas parvenue.

[34] Bayle adresse sa lettre directement à Nicaise sans passer par des intermédiaires – tels que Valhébert ou Bourdelot – qui risqueraient de ralentir son courrier.

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