Lettre 1485 : Jean-Alphonse Turrettini à Pierre Bayle

[Genève, le 18 juin 1700 [1]] DHC 2, art. « Calvin (Jean) », rem. F : « La plus vieille édition de l ’Institution de Calvin que l’on ait dans la bibliotheque de Geneve [2] est un octavo de 514 pages, imprimé à Bâle per Thomam Platterum [3] et Balthasarum Latium [4] mense Martio, anno 1536. A la fin du livre est la figure de Minerve, avec ces mots, Tu nihil invita facies dicesve Minerva. Le commencement y manque jusqu’à la page 42. On ne peut donc point savoir par cet exemplaire si l’épée au milieu des flammes a été mise dans cette édition, elle est dans plusieurs autres et latines et françoises, comme dans une françoise de l’an 1545 et dans une autre de l’an 1561. [5] » •

Notes :

[1] Bayle indique que la lettre de Jean-Alphonse Turrettini est datée du 7 juin 1700, mais il s’agit très probablement d’une date en style julien ; nous indiquons donc la date en nouveau style : 18 juin 1700. Sur le nouveau calendrier grégorien, voir Lettre 1484, n.1.

[2] Christianæ religionis institutio, totam fere pietatis summam, et quicquid est in doctrina salutis cognitu necessarium : complectens : omnibus pietatis studiosis lectu dignissimum opus, ac recens editum : Præfatio ad Christianissimum regem Franciæ, qua hic ei liber pro confessione fidei offertur, Joanne Calvino Noviodunensi authore (Basileæ, per Thomam Platterum et Balthasarem Lasium 1536, 8°). La bibliothèque de Genève possède plusieurs exemplaires de cet ouvrage. Dans l’un de ceux-ci, il manque les cahiers a1 à c5 : c’est peut-être l’exemplaire auquel Jean-Alphonse Turrettini fait allusion dans la lettre que Bayle exploite dans son article du DHC. L’emblème de « l’épée au milieu des flammes » figure bien dans cette édition, non pas au début mais à la fin de l’ouvrage.

[3] Thomas Platter (1499-1582), dit le vieux, fut un humaniste suisse, fils de paysans valaisiens. Après des études en grec, latin et hébreu, il devint maître de pension, puis directeur d’école secondaire à Bâle. Après la mort de Jacob Ruber, correcteur dans l’imprimerie de Johann Herwagen, Platter devint, sous l’impulsion d’ Oporin, correcteur d’imprimerie à Bâle. Pendant l’été 1535, Platter fut admis moyennant finances dans la confrérie de l’Ours ouverte aux artisans de métaux précieux, dont faisaient partie les imprimeurs. En octobre 1535, il fut reçu bourgeois de Bâle. Associé à Balthasar Ruch, dit Lasius, il publia l’édition princeps de la Christianæ religionis institutio de Calvin, parue en mars 1536 ; les éditions suivantes furent considérablement augmentées. De mars 1536 à mars 1538, vingt-quatre volumes sortirent des presses Platter-Ruch. Voir E. Le Roy Ladurie, Le Siècle des Platter (Paris 1997-2006, 3 vol.), t. I, « Le mendiant et le professeur » ; t. II, « Le voyage de Thomas Platter » ; t. III, « L’Europe de Thomas Platter ».

[4] Balthasar Ruch, dit Lazius, ancien typographe chez Episcopius, fut, avec Oporin, Robert Winter et Thomas Platter, l’un des associés de l’imprimerie Platter-Ruch à Bâle de 1535 à 1538, avant de s’établir à son compte de 1538 à 1541.

[5] En effet, on trouve cet emblème dans l’édition : Les Institutions de la religion chrestienne : composée en latin par Jehan Calvin, et translatée en francoys par luymesme : en laquelle est comprise une somme de toute la chrestienté. Avec la preface adressée au Roy : par laquelle ce present livre luy est offert pour confession de foy (Genève, Jehan Girard, 1545, 8°), qui est la seconde édition française après celle de 1541, introduisant les additions de la troisième édition latine de 1543 publiée à Strasbourg chez Wendelin Rihel. Cette édition porte une marque à l’épée flamboyante avec la devise Non veni pacem mittere, sed gladium. Veni ignem mittere ; et Institution de la religion chrestienne, nouvellement mise en quatre livres, et distinguée par chapitres, en ordre et methode bien propre. Augmentée aussi de tel accroissement, qu’on la peut presque estimer un livre nouveau par Jean Calvin (Genève, Jacques Bourgeois 1561, 8°). Cette dernière édition porte également une marque à l’épée flamboyante, plus petite que celle de l’édition de 1545, avec la devise Non veni ut mitterem pacem in terram, sed gladium. Voir aussi ci-dessus, n.2.

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