Lettre 149 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Sedan,] le mecredy 23 fevrier 1678

Je souhaitte que vous ayez receu[,] M[onsieu]r e[t] t[res] c[her] f[rere], les lettres que je vous envoiai le mois de janvier dernier, et le paquet qui les devoit suivre bien tot apres par le messager de Thoulouse [1], où le s[ieu]r Carla m’a mandé qu’il joindroit les sermons de Mr Charles de Chatelleraud [2], lesquels vous lui avez demandé avec des temoignages d’impatience. Je vous recommande particulierement les commissions de Mr Jurieu dont vous avez si heureusement soutenu les interets au dernier synode, que sa Lettre n’a rien à craindre pour l’avenir [3]. Dés que vous aurez quelque certificat de Mrs de l’acad[emie] de Puylaurens sur le memoire que je vous ay envoyé [4], ayez la bonté de le faire partir, et d’y joindre les nouvelles que vous jugerez à propos, sur tout celles de l’etat de n[otre] t[res] h[onoré] p[ere][,] de votre Eglize, de votre santé, des etudes de notre philosophe [5] etc[.]

Je n’ai rien à vous dire de particulier sur mon sujet ; je me porte assez bien par la grace du bon Dieu, à quelques migraines pres qui viennent de tems en tems me causer un peu de peine ; je ne puis presque point etudier pour mon conte, parce que les fonctions de ma charge prennent le meilleur de mon tems et ne me laissent que des petits intervalles entre coupez, qui finissent avant que l’on ait pris gout à l’etude ; mais quoi que cela me paroisse dur, j’aime mieux remplir mon devoir, que de me procurer du loisir en fraudant ceux qui sont commis à ma discipline. Une autre chose me fache c’est que je ne puis acheter les livres qui me seroient necessaires, et sans cela je ne vois pas qu’on puisse jamais se distinguer. Je m’en vas* prendre le parti de me munir de bons dictionnaires, pour avoir en peu de volumes, des repertoires de toutes choses. On vient d’en donner un • en Suisse, sous le titre de Lexicon generale 2 vol[umes] fol[io] que je tacherai d’avoir. L’autheur est fort capable, de grande lecture, et de bon discernem[en]t. Il est professeur en grec à Basle et se nomme Mr Hofman [6]. La Suisse produit de savans hommes, quoi qu’on les raille par tout de grossiereté, et j’ay oüi dire que Mr Otto professeur en histoire à Zurich a fort doctement relevé les meprises du cardinal Baronius, dans l’ Examen qu’il en a donné au public il y a 2 ans, et qui comprend les Annales des 3 premiers siecles [7]. Il a dessein de parcourir les autres sur le meme pied. Ils sont plus • propres à cela que des Francois, parce qu’ils sont plus laborieux, mieux stipendiez et mieux fournis de livres. On a donné depuis peu le 5e volume de l’ Histoire ecclesiastique de feu Mr Godeau, qui contient le • 8. 9. et 10. Siecles [8]. On y trouve beaucoup de fautes, ce qui fait dire au public que c’est un ouvrage supposé, ou bien laissé imparfait par Mr Godeau pour n’avoir peu l’achever avant sa mort. Mr Louys Du Moulin avoit entrepris la critique des premiers volumes de cet ouvrage [9] et y reussissoit fort bien, mais l’entetement où il s’est mis contre l’autorité de l’Eglise, ne / lui permet pas de songer à autre chose qu’à cela. Il prepare un gros livre contre Mr Jurieu [10] à l’heure qu’il est. On m’a preté depuis quelques jours la Bibliotheque francoise du s[ieu]r de La Croix-du Maine imprimée l’an 1584 [11]. C’est un catalogue de tous les livres qui avoient paru en notre langue jusqu’à cette année là, avec le nom, la patrie, et la qualité de leurs autheurs. Je souhaitterois de voir cet ouvrage continué jusqu’à notre tems. Le s[ieu]r Du Verdier Vau-Privas a travaillé sur la meme chose [12], mais comme il etoit contemporain de La Croix du Maine il n’a peu rien dire des ecrivains de ce siecle. C’est le meme Du Verdier qui a fait des supplemens aux leçons de Pierre Messie, et un gros ouvrage de 2 ou 3 volumes in fol[io] intitulé La Prosopografie  [13]*, où il donne en abregé l’histoire de plusieurs grands personnages avec leurs portraits : mais celui qui a fait tant d’abbregez d’histoire, de notre tems, et qui se nomme historiografe de France est un autre Du Verdier [14]. A propos de bibliotheques, il y eut dans le siecle passé un Suisse de Zurich nommé Conradus Gesnerus, qui recueillit en plusieurs volumes le nom de tous les autheurs, et de tous les livres qui etoient venus à sa connoissance, de quelq[ue] nation qu’ils eussent eté [15] ; un de ses compatriotes nommé Josias Simlerus abregea cet ouvrage [16]. Il y a un jesuite nommé Alegambe qui a fait un volume in fol[io] des ecrivains de sa Societé [17]. Ces sortes de livres seroient fort à mon gout. J’ay appris le nom de celui qui compose le Mercure galant, il s’appelle Mr Davizé ; c’est lui qui est l’autheur de L’Amour echappé, des Nouvelles nouvelles, et de quelques autres pieces de cette nature [18]. L’autheur du Journal des savans [19] le donnera desormais tous les 8 jours à l’imitation de feu Mr de Salo conseiller au Parlem[en]t de Paris qui commencea à le donner sous le nom de Mr de Hedouville, et de Mr l’ abbé Galoys. Mr Drelincourt de Niort a fait imprimer un recueil de Sonnets chretiens [20], qu’il a composez en diverses rencontres. Si vous trouviez à Toulouse quelque dissertation semblable à celle qui servoit pour prouver la noblesse des capitouls, touchant l’institution des jeux de dame Clemence et autres antiquitez de cette savante ville [21], vous m’obligeriez fort de me les envoier, et je vous fairois tenir le remboursem[en]t, et si vous avez un catalogue de la bibliotheque de feu Mr B. [22] vous pourriez l’y joindre. On pretend que le livre intitulé L’Histoire de madame de Ravezan, est l’histoire des amours du comte de S[ain]t Paul tué au passage du Rhin, et de la marechalle de La Ferté [23]. On a imprimé une relation fort exacte de la campagne derniere [24]. Un Hollandois nommé Amerpoel a fait un livre intitulé Cartesius mosaïsans [25], pour montrer que Des Cartes raisonne conformem[en]t aux principes de la revela[ti]on ; je n’ay point veu ce livre là[.] Le Tractus théologico-politicus , dont un medecin etranger a dit tant de bien à Mont[auban] [26] a eté refuté par Cuperus. Je ne croi pas q[ue] ce soit la meme reponse q[ue] celle qui s’intitule, Ariadne atheismi retorta  [27]. /

• On vient de publier un livre qui s’appelle Radices linguæ latinæ , par Mr Danet à qui le Roy donna une abbaye pour recompense d’un fort beau dictionnaire qu’il avoit fait p[ou]r Mr le Dauphin [28]. L’ abbé Esprit a fait imprimer un traitté de morale, intitulé La Fausseté des vertus humaines [29]. On en loüe la delicatesse du stile entre autres choses. Il y a de Reflexions sur l’art poetique q[ui] paroissent depuis peu, de la façon de l’autheur de L’Art de parler, qui fut imprimé en 1675 [30]. Informés vous je vous prie si Mr de Saintrailles [31], si connu dans le pays tant pour son esprit que pour la folie qui a succedé à cet esprit, se dit descendu de ce fameux Poton de Saintrailles, qui fut un des soutiens de la France durant les victoires des Anglois contre Charles 7. Informés vous aussi où est le chateau de Du Bartas [32], le fief de ce grand poete de Gascogne qui se nommoit ainsi. Le Roy est parti de Paris le 7 du courant, et est venu faire un tour en Lorraine, sa marche s’est faite avec tant de secret, que personne ne savoit où il en vouloit, et les ennemis sont encore fort incertains sur quelle ville il pretend decharger ses coups. On a cru qu’il s’attacheroit au siege de Treves et de Luxembourg, mais on commence à dire q[ue] S[a] M[ajesté] revient sur la Meuse, et qu’elle a d’autres pensées [33]. Les plus eclairés ne peuvent y penetrer. Mr de Crequy fait le siege de Rhinfeld au dessus de Basle [34]. Les An[gloi]s se vont declarer [c]ontre la France [35]. Je me [recom]mande à vos s[ain]tes prieres. /

A Monsieur/ Monsieur Ynard not[ai]re royal/ rue Dauriol, pour faire tenir/ à Mr Bayle/ A Montauban.

Notes :

[1] Voir Lettre 147.

[2] Michel Charles, Recueil de sermons faits sur divers textes de l’Ecriture sainte, prononcez à Charenton par M. Charles, ministre de Chatellerault (Charenton 1678, 8°) : voir Lettre 92, n.5.

[3] Voir Lettre 147, p. et n.8 : au synode provincial de Caussade, Jacob Bayle était intervenu pour éviter la condamnation de la Lettre sur le baptême de Jurieu (sur ce texte, voir Lettre 106, n.6), une défense pour laquelle Jurieu lui avait fait parvenir un mémoire manuscrit (voir Lettre 147, n.15).

[4] Il s’agit des questions concernant le fonctionnement de l’académie de Puylaurens : voir Lettre 147, n.57.

[5] Joseph Bayle, en classe de philosophie.

[6] Johann-Jacob Hofmann (1635-1706), Lexicon universale historico-geographico-chronologico-politico-philologicum (Basileæ 1677, folio, 2 vol.). Cet ouvrage connaîtra une continuation en 1683 en deux volumes in-folio. Le JS parlera de ce livre le 7 mars 1678, en observant qu’il s’agit d’un ouvrage repris de Vallois, Baudrand et Morelly, mais Bayle l’avait connu par une source orale avant la parution du JS.

[7] Sur cet ouvrage d’ Otte, voir Lettre 117, n.12.

[8] Antoine Godeau, Histoire de l’Eglise, nouvelle édition revue, corrigée et augmentée (Paris 1663-167, folio, 5 vol.).

[9] Louis Du Moulin, Jugulum causæ, seu nova et expeditissima ratio per quam papa, ejus imperium, totusque missæ, religionis et ecclesiæ romanæ apparatus, unâ ruinâ concidere debent (Londini 1671, 4°, 2 vol.).

[10] Il s’agit ici très probablement de la première réplique de Louis Du Moulin au Traité de la puissance de l’Eglise […] divisé en diverses lettres écrites à M… D… [Louis Du Moulin] à l’occasion de ses écrits contre la juridiction ecclésiastique (Quevilly 1677, 12°) de Jurieu ; l’ouvrage de Du Moulin en préparation à cette date s’intitule La Tyrannie des préjugez, ou réflexions sur les fragments d’une lettre de Mademoiselle Marie Dumoulin. Avec plusieurs éclaircissements, en forme d’Epitres sur la puissance ecclésiastique et l’excommunication. Pour servir de response à Monsieur Jurieu (Londres 1678, 12°). Marie Du Moulin avait écrit à son frère Louis, sachant que ce dernier, indigné que leur neveu Pierre Jurieu ait critiqué son Fasciculum epistolarum (Eleutheropolis 1676, 12°), avait entrepris de se défendre par écrit ; Louis Du Moulin reçut le Traité de la puissance de l’Eglise de Jurieu avant d’avoir achevé La Tyrannie, et consacra la deuxième partie de son opuscule à une dénonciation véhémente – logique, de la part de l’érastien fervent qu’il était – des positions du théologien de Sedan. Cet ouvrage sera suivi d’une seconde réplique intitulée Essai de renfermer la réfutation entière et solide du Traité de Mr Jurieu touchant la puissance ecclésiastique en une seule période (s.l. 1679, 12°).

[11] François Grudé, sieur de La Croix, dit Du Maine (1552-1592), Premier volume de la bibliothèque du sieur de La Croix du Maine, qui est un catalogue general de toutes sortes d’auteurs qui ont escrit en françois depuis cinq cens ans et plus jusques à ce jour d’huy (Paris 1584, folio), seul volume paru. Grudé était probablement protestant : voir Haag. Bayle annonce ici un intérêt pour les « bibliothèques » qui s’exprimera encore dans les NRL, oct. 1685, art. III.

[12] Antoine Du Verdier de Vauprivas, La Bibliothèque d’Antoine Du Verdier, sgr de Vauprivas [1544-1600], contenant le catalogue de tous ceux qui ont escrit ou traduict en françois et autres dialectes de ce royaume […] avec un discours sur les bonnes lettres servant de préface et à la fin un supplement de l’Epitome de la bibliothèque de Gesner (Lyon 1585, folio).

[13] Pedro Mexia, Les Diverses leçons de Pierre Mexie […] avec trois dialogues dudit auteur contenans variables et memorables histoires mises en françois par Claude Gruget augmentées, outre les precedentes impressions, de la suitte d’icelles, faite par Antoine Du Verdier (Lyon 1577, 8°). La première édition de la traduction de Mexia datait de 1526. Antoine Du Verdier de Vauprivas (1544-1600) avait publié en un volume sa Prosopographie ou Description des personnes insignes, enrichie de plusieurs effigies, et reduite en quatre livres (Lyon 1573, 4°) ; les rééditions, sous des titres légèrement modifiés, comportaient deux (Lyon 1589, folio, 2 vol.) ou trois volumes (Lyon 1604 et 1605) : voir Lettre 105, n.63.

[14] Gilbert Saulnier, sieur du Verdier : voir Lettre 36, n.23.

[15] Conrad Gesner (1516-1565), médecin et naturaliste zurichois, Bibliotheca universalis, sive catalogus omnium scriptorum locupletissimus, in tribus linguis latina, graeca et hebraica, extantium et non extantium, veterum et recentiorum in hunc usque diem, doctorum et indoctorum, publicatorum et in bibliothecis latentium (Tiguri 1545, folio). Un second volume classé par matières, intitulé Pandectes parut en 1548.

[16] Josias Simler (1530-1576), pasteur et professeur de théologie à Zurich, Epitome bibliothecæ Conradi Gesneri, conscripta primum a Conrado Lycosthene […] nunc denuo recognita et […] locupletata per Josiam Simlerum (Tiguri 1555, folio).

[17] Philippe Alegambe, S.J. (1592-1651), Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu, post excusum anno 1608 catalogum R.P. Ribadeneiræ […] nunc hoc novo apparatu librorum ad annum 1642 editorum concinnata […] Accedit catalogus religiosorum Societatis Jesu qui […] pro catholica fide interempti sunt (Antverpiæ 1643, folio). Il est probable, au reste, que Bayle parle ici de la seconde édition : Bibliotheca scriptorum Societatis Jesu, opus inchoatum a R.P. Petro Ribadeneira […] continuatum a R.P. Philippo Alegambe recognitum et productum ad annum […] 1675 a Nathanaele Sotuello (Romæ 1676, folio).

[18] Jean Donneau de Visé (1638-1710) fut effectivement le fondateur et principal rédacteur du Mercure galant : voir Dictionnaire des journaux, n° 919, p. 846-847 et Dictionnaire des journalistes, n°244. Par ailleurs il avait publié Nouvelles nouvelles (Paris 1663, 12°, 3 vol.), et L’Amour échappé, ou les diverses manières d’aimer, contenues en quarante histoires, avec le parlement d’amour (Paris 1669, 12°, 3 vol.), ainsi que d’autres romans, de nombreuses pièces de théâtre et des opuscules de critique littéraire : voir M. Vincent, Donneau de Visé et le « Mercure galant » (Paris 1987).

[19] L’ abbé Jean-Paul de La Roque (?-1691) est singulièrement mal connu ; il rédigea le JS de 1674 à 1687 avec régularité : voir le Dictionnaire des journalistes, s.v., Dictionnaire des journaux, n° 710 (article de J.-P. Vittu). Sur Denis de Sallo et l’ abbé Gallois, voir Lettre 7, n.3.

[20] Laurent Drelincourt (1625-1680) fut le fils aîné du pasteur de Charenton, Charles Drelincourt, et l’auteur de Sonnets chrétiens sur divers sujets ; divisez en quatre livres (Niort 1677, 8°). D’abord pasteur à La Rochelle, Laurent Drelincourt l’était devenu à Niort en 1670.

[21] Voir Germain La Faille, Traité de la noblesse des capitouls de Toulouse (Toulouse 1668, 4°), ouvrage qui connut trois autres éditions successives, augmentées de textes de différentes époques. D’après la légende, la noblesse des capitouls de Toulouse remontait à l’époque romaine. Sur les ouvrages de La Faille, voir R. Limouzin-Lamothe, La Commune de Toulouse et les sources de son histoire (Toulouse, Paris 1932), p. 80, 82. Voir aussi les ouvrages plus tardifs de Simon de La Loubère (1642-1729), Panegyricus Clementiæ Isauræ quæ ludos florales tolosanos instituit, dictus in publico Academiæ consessu 3 mai anni 1709 (s.l.n.d. [Tolosæ 1709], 4°), et Traité de l’origine des jeux floraux de Toulouse (Toulouse 1715, 18°)

[22] On est enclin à conjecturer que ce « B » désigne Bonafous, mais l’hypothèse est très fragile.

[23] Charles-Paris d’Orléans, comte de Saint-Paul (1649-1672), mort, en effet, au péage du Rhin en 1672, était fils d’ Anne-Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville et de François de La Rochefoucauld (1613-1680) ; le comte de Saint-Paul était devenu duc de Longueville en 1671 à la place de son frère aîné, qui était d’Eglise et présentait des troubles mentaux, mais il était de notoriété publique que le nouveau duc était le fruit d’un adultère, et Condé, son oncle maternel, approuvait difficilement le transfert du titre et des biens de l’aîné de ses neveux au cadet. Le comte de Saint-Paul avait une liaison avec Madeleine d’Angennes de La Loupe, maréchale de La Ferté, de vingt ans plus âgée que lui ; de ces amours naquit le chevalier de Longueville, qui fut reconnu sans que le nom de sa mère fût indiqué et qui fut tué au siège de Philisbourg en 1688. Henri de Senneterre (1600-1681), duc de La Ferté, maréchal de France depuis 1651, ignora toujours les frasques de sa femme, qui défrayaient la chronique mondaine. Bussy-Rabutin, dans La France galante, ou histoire amoureuse de la cour de Louis XIV (Cologne 1688, 12°, 2 vol.) raconte cet épisode : voir éd. G. Mongrédien (Paris 1930, 2 vol.), ii.1-50. Bayle fait allusion à l’ouvrage de Louise Geneviève Gomez de Vasconcelles (devenue ensuite Mme Gillot de Beaucour), Les Mémoires de la vie de Madame de Ravezan (Paris 1677, 12°). L’ouvrage, qui connut une nouvelle édition en 1678, a été attribué également à Eustache Lenoble de Tennelière, à François Le Tellier de Bellefons et à Louise Geneviève de Saintonge.

[24] Il pourrait bien s’agir ici de l’ouvrage plus précisément décrit plus bas, lettre 151, n.16.

[25] Joannes Amerpoel, Cartesius Mosaïsans (Leovardiae 1669, 12°) ; voir JS du 30 août 1677 ; les NRL (décembre 1685, art. ii) mentionneront cet ouvrage.

[26] Pour ce qui est du médecin étranger auquel Bayle fait ici allusion, il pourrait s’agir – d’après l’historien Paul Vernière – d’un certain Moralès ou Morelli, juif converti au catholicisme, connu pour avoir été disciple de Spinoza et ami de Saint-Evremond : voir P. Vernière, Spinoza et la pensée française avant la Révolution (Paris 1954), p.290, n.2. Cependant, on n’a aucun indice d’un voyage de Moralès à Montauban.

[27] Frans Kuyper, dit Cuperus, était socinien : Arcana atheismi revelata, philosophice et paradoxe refutata, examine tractatus theologico politici (Rotterodami 1676, 4°) ; voir le compte rendu du JS du 24 janvier 1678. Bayle avait fait mention de cet ouvrage, Lettre 146, n.20, et il se trompe ici à cause de la déformation du titre de Kuyper.

[28] L’ abbé Pierre Danet (vers 1650-1709) était membre de l’équipe qui, sous la direction de Montausier, travaillait aux éditions de classiques destinées à l’éducation du Dauphin : Dictionarium novum latinum et gallicum, ad usum […] Delphini (Parisiis 1673, 4°), et Dictionarium linguæ latinæ, in quo singulæ voces suis radicibus subjiciuntur. Collegit ac digessit Petrus Danetius […] in usum serenissimi Delphini (Parisiis 1677, 8°). La deuxième édition du premier ouvrage est mentionnée dans le JS 1680 du 16 décembre 1680, Bibliographia , p.322 in fine. En 1675, Pierre Danet publia l’édition ad usum Delphini de Phèdre : voir La Collection Ad usum delphini. L’Antiquité au miroir du Grand Siècle, dir. C. Volpilhac-Auger (Grenoble 2000).

[29] Jacques Esprit (1611-1678), oratorien et membre de l’Académie française, ami de La Rochefoucauld, avait publié La Fausseté des vertus humaines (Paris 1677-78, 12°, 2 vol.), dont le privilège date du 11 juin 1674.

[30] Bernard Lamy, De l’art de parler (Paris 1675, 12°) ; voir aussi les éditions critiques par B. Timmermans (Paris 1998) et par C. Noille-Clauzade (Paris 1998), et Nouvelles réflexions sur l’art poétique (Paris 1678, 12° ; éd. T. Gheeraert, Paris 1998) : voir F. Girbal, Bernard Lamy (1640-1715). Etude biographique et critique (Paris 1964).

[31] Le Gascon Jean Poton de Xaintrailles (ou Saintrailles), compagnon de Jeanne d’Arc, maréchal de France en 1454, mourut en 1461. Joseph, chevalier de Saintrailles, chevalier de Malte, attaché à la maison de Condé, d’abord gentilhomme de Monsieur le Prince, puis premier écuyer de Monsieur le Duc, était en outre colonel du régiment de Bourbon quand il mourut en 1713, âgé de soixante-huit ans. Saint-Simon mettait en doute son patronyme de Poton, à tort, semble-t-il.

[32] Le château du Bartas se trouve à proximité de Cologne (actuellement dans le Gers). Le père de Guillaume Saluste, négociant prospère, avait acheté cette seigneurie peu avant de mourir en 1566. Le poète, qui en hérita, affectionna cette terre, en agrandit le château et en prit le nom.

[33] Le roi quitta Paris le 7 février 1678 : Bayle a lu la Gazette, n°17, nouvelle de Vitry-le-François du 16 février 1678.

[34] Sur le siège de Rheinfeld par Créquy, Bayle a lu la Gazette, n°17, nouvelle de Strasbourg du 11 février 1678.

[35] En réalité cette menace d’un revirement anglais facilita la signature de la Paix à Nimègue : voir Lettre 148, n.5. Bayle se fonde sans doute sur le rapport de la Gazette, n°17, nouvelle de Londres du 13 février 1678.

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