Lettre 16 : Pierre Bayle à Jean Bayle

[A Coppet, le 1 er juillet 1672]
Monsieur et tres honnoré pere

Je ne vous celeray point que j’ay demeuré bien long tems sans vous écrire, dans la crainte que j’avois que tant de lettres ne vous fussent enfin à charge[.] En effet je ne voyois rien venir de votre part qui m’assurat contre cette crainte ; et j’ay passé deja dans ces quartiers* pres de deux ans sans recevoir de vo[s] nouvelles que deux fois. Cependant j’ecrivois quasi tous les 15 jours et souvent de lettres d’une longueur excessive, et ainsi il y avoit lieu d’appr[eh]end[er] que je ne me fusse rendu importun à force de paquets, n’y ayant point [d’]apparence qu’on recoive agreablement des lettres ausquelles on neglige si fort de faire reponse. Quoi qu’il en soit je n’ai pas plutot apris par la lettre de mo[n] frere du mois de may dernier [1] que mon silence vous mettoit en allarme que j’ay repris mes anciens erremens, et me suis remis tout de bon à vous envoyer de mes nouvelles. Et pour ne rien perdre, je vous envoye des lettres que je vous avois ecrittes il y a deja quelque tems. Elles avoient deja commencé leur navigation pour vous aller trouver, mais un vent contraire les remit au port tout aussitot[,] si bien que ce n’est qu’apres 8 mois de sejour qu’elles se mettent en mer pour la 2. fois [2]. Ce fut ce meme vent qui a arreté la lettre que je vous avois dit que j’avois ecritte à mon oncle de Pradalz [3], et comme mon frere m[’a] temoigné qu’il regrettoit de n’avoir pas receu cette lettre, je l’envoye aussi par cette commodité* du sieur Bardin libraire de Castres [4].

Je ne m’amuseray pas à vous ecrire beaucoup de nouvelles quoi que nous soyons en un pays où l’on e[n] apprend de tous les cotez du monde [5]. Et certes il y a si peu de confiance à p[rendre] aux relations des nouvelistes, à cause de la grande contrarieté qui se trou[ve] entr’eux chacun donnant l’avantage à son • party et à sa nation [6] qu[e] [je] ne sai s’il ne vaudroit pas mieux ne savoir point des nouvelles, que d’en s[avoir] d[e] la nature de celles dont le monde retentit presentement. Outre que le [long ?] tems que ces lettres seront à venir entre vos mains oteroit aux nouvel[les] [que] je vous envoirois toute leur nouveauté, et ne permettroit pas que je previn[sse] les autres moyens de savoir ce qui se passe, que vous pouvez avoir par devers vous. Ainsi je ne vous parlerai pas fort amplement ni de la guerre de Ho[llan]de ni des autres choses dont on a presentement accoutumé de faire le sujet [des] conversations[.] Je vous diray seulement que selon le bruit commun le Roy t[rouve] autant de facilité à reduire les Hollandois, que l’avoient cru les plus fanfar[ons] de ses sujets, et que toutes les difficultez dont les etrangers ont esperé que [notre] [con]quete de la Hollande seroit accompagnée ne sont autre part que dans leur im[a]gination. On ne voit point de sieges de 6 mois et d’un an que l’on croyoit que la moindre place de messieurs les Etats seroit capable de soutenir, et ce qui e[st] etrange, c’est que ces memes Hollandois qui ont fait tant de bruit dans le m[onde] et dont la valeur a triomphé de toute la puissance espagnolle, et de l’he[roi]que bonheur de Charles Gustave dernier roy de Suede [7], font presentement craindre aus Francois le meme inconvenient qui obscurcit si fort les actions du grand Alexan[dre] qui est de n’avoir eu à combattre que des femmes [8]. [On rapporte] que tous les genera[ux] francois se plaignent hautement du peu d’occupation [que rencontre leur coura]ge par la mollesse de leurs ennemis, et il n’est pas* que vous [n’aiez su qu’une pa]reille indignation a perdu le comte de S[ain]t Paul [9] avec plusieurs autres gen[tils]hom[m]es. Ce jeune prince piquant vertement vers une redoutte où quelques compagnies des ennemis s’etoient retirées, et voyant venir vers luy des gens qui demandoient quartier, et qui cerchoient à faire composition, ne put se tenir de leur reprocher leur lacheté, et dans l’emportement de colere qui le saisit de voir que la poltronnerie des • Hollandois l’alloit empecher de signaler son courage, il lacha son pistolet sur celuy qui venoit le premier demander à composer. Cela attira une decharge des ennemis où le comte de S[ain]t Paul fut tué et monsieur le prince de Condé son oncle blessé au bras[point] La mort de ce jeune seigneur afflige sensiblement ceux de Neufchatel, tant parce que son merite leur donnoit pour sa personne toute l’amour et toute l’estime dont ils etoient capables, que parce qu’ils craignent de passer sous la puissance de quelque prince bigot et enteté• d’un zele aveugle de religion, qui se laissant emporter à la fureur et aux instigations de personnes mal intentionnés diminue la liberté et le repos des Eglises refformées qui sont dans cette principauté de Neufchatel [10]. Mais il n’est pas necessaire que je vous amuse par le recit d’une chose qui est trop connue pour n’etre pas arrivée jusques à vous.

Il vaut mieux que je vous entretienne d’une autre sorte de guerre plus sourde et moins sanglante que l’autre. C’est de certains jeux d’esprit, et de certains traits de raillerie que se lancent les autheurs des 2 nations tandis que les gens de guerre jouent des couteaux. Des le commencement de cette année l’on vit une devise pour le Roy dont le corps est un soleil elevant des vapeurs du fonds d’un marais, avec ce mot evexi sed discutiam [11]. On a voulu par là signifier que le Roy qui prend constamment pour son symbole le soleil, ayant formé par l’assistance de ses troupes et de ses conseils la republique de Hollande, pourroit aussi la detruire. Cette pensée a eté mise en vers par Mr de Brianville abbé de Quincay [12] de la facon que vous allez voir

Lors que pour foudroyer les monts audacieux

Dont l’ombre affoiblissoit mon pouvoir sur la terre

J’elevay ces vapeurs qui portoient mon tonnerre

Du plus bas des marais jusqu’au plus haut des cieux

Ces brouillars eclatans surprirent tous les yeux

Et bien que leur eclat fut un eclat de verre

Jaloux de ma splendeur ils me firent la guerre

S’efforçans d’obscurcir mes rayons en tous lieux

Poussés au gré des vens du vieux au nouveau monde

Et regnans fierement sur la terre et sur l’onde

Par tout avec l’orage ils porterent l’effroi

Mais par tout vainement ils voulurent me nuire

Qu’ils sachent les ingrats qu’ils ne sont rien sans moy

Je peus les elever je sauray les detruire.

En quoi il faut remarquer que quand le Roy dit qu’il a elevé du fond des marais ces vapeurs, il entend les avoir elevées en la personne de ses ancetres qui pour affoiblir la puissance espagnole q[ui] aspiroit à la domination universelle ont fait tout ce qu’ils ont pu pour appuyer la confederation des Provinces Unies. Presq[ue] sur la meme pensée le jesuite Commire [13] lecteur en philosofie cette année au college de Rouen a composé en vers iambiques latins une fable où il introduit des grenouilles qui avoient voulu choquer le soleil par les benignes influences de qui elles etoient en nature, et qui pour offusquer sa lumiere avoient fait monter un epais nuage dans les airs, en remuant le limon de leurs marescages. Le soleil s’apercevant de cette entreprise, se mit à convertir ce nuage en foudres en greles et en tonnerre, et envoya cette terrible tempete sur les grenouilles qui tacherent en vain de se sauver sous les joncs et les roseaux, puis que le soleil ayant desseiché toutes leurs eaux les laissa en proye aux milans et aux vautours.

Je vous copierois icy cette fable, qui est inimitable pour la beauté des vers et pour l’heureux genie de l’expression si ce n’est qu’elle est un peu trop longue. On en a fait quantité de traductions en vers francois dont celle qui est de la façon de Mr Furetiere n’est pas la moindre [14]. Les beaux esprits de Hollande n’ont pas demeuré muets en cette rencontre, ils ont eu leurs parelies, ils ont eu des fromages qui par leur interposition faisoient eclipser le soleil [15], enfin ils ont fait assaut de satyres avec les Francois en plusieurs manieres. Mais parce que leur raillerie reussissoit principalement en tableaux et en tailles douces, il y a eu de Francois qui les ont attaqués par ce genre de batterie. C’est pourquoy on a fait graver la princesse de Hollande agonisante à peu pres de la maniere que je m’en vay vous dire [16]. On represente un lit au milieu d’une chambre dans lequel est couchée une femme agée de cent ans, et malade à l’extremité. Cette femme c’est la republique de Hollande. On luy met du coté droit de son lit cinq medecins dont le premier e[st] Suedois qui lui tatant le pouls dit qu’elle est bien malade et qu’elle ne la fera pas longue. Le 2. est Danois qui luy regardant la langue s’ecrie Ha ha la mauvaise langue elle est toute chancreuse. Le 3. est Espagno[l] qui dit voyant son urine qu’elle est bien enflammée et qu’elle a trop beu du vin d’Espagne. Le 4. qui est Francois est d’avis qu’on luy tire du sang à quoy l’Anglois qui e[st] le 5me medecin s’oppose sur ce que la malade est trop vieille mais il est d’avis qu’on luy fasse rendre gorge par le moyen d’un vomitoire. Au coté gauche est le prince d’Orange [17] à qui la malade dit, Monsieur je m’en vay mourir sans pouvoir faire testament, rendez à Cæsar ce que vos ancetres m’ont aydé à oter à plusieurs Cæsars, et tachez de retenir mon comté de Hollande pour vous. Aux pieds du lit est l’eveque de Munster [18] qui fait des exorcismes et conjure le diable de sortir de l’ame de cette mechante femme, mais avec peu d’esperance de succez parce que de petits demons qui sont à l’entour du lit et qui luy representent des couronnes reveillent son ambition et l’empechent de restituer de bon gré. On ajoute pour conclusion qu’au dessus de la maison de ville d’Amsterdam est ecrit, Maison à louer pour la S[aint] Jean. Au reste ce qu’on remarq[ue] q[ue] la republique malade e[st] agée de 100 ans est historique. Car il est vray q[ue] ce fut en l’année 1572 que le party des Flamans opposé au duc d’Albe gouverneur pour le roy d’Espagne [19], commencea de faire figure de republique. Si l’année climacterique de cet etat est venue comme plusieurs le pensent, il faut avouer que voilà peu vivre po[ur] un etat qui avoit eu tant de peine à se former, mais qui aussi avoit bien tot depuis sa formation acquis sa plus robuste virilité ce qui doit en quelq[ue] façon diminuer l’etonnement de sa petite durée car c’est la coutume que les choses qui ont des accroissemens hatifs, comme les courges, ne vivent pas long tems. Mais ce n’est pas à no[us] à connoitre les tems et les saisons que le Pere a mises en sa propre puissance [20]. C’est luy qui fonde les empires et qui [le]ur marque leur[s] bornes lesquelles ils ne sauroient outrepasser. Cependant les speculatifs font des discours à [p]erte de veuë pour rechercher les causes de la decadence des republiques, et quelquefois se jettent à corps perdu sur [de]s reflexions assez propres à diminuer la gloire de ceux qui les detruisent, prenans plaisir à remarquer qu’ils triomphent d’une nation belliqueuse par la trahison de quelques ames venales qui rendent inutile la valeur des au[tre]s et sacrifient le courage d’une infinité de bons citoyens à leur avarice.

Je leur abandonne volontiers ces [so]rtes de reflexions, et reviens à vous, mon tres bon et tres honnoré pere, en vous asseurant de mon inviolable respe[ct] [et] du desir ardent qui me possede de vous temoigner ma reconnoissance pour toutes les bontés insignes que vous [m’a]vez toujours liberalement accordées. Je prie Dieu qu’il vous comble de ses graces, qu’il benisse comme il a fait [jus]ques icy votre troupeau, et votre vigilance à le conduire, qu’il vous fasse jouyr d’une agreable et paisible santé [avec] bonne suitte d’années. C’est ce que je vous souhaitte etant parfaittement

Mr et tres honnoré pere

Votre tres humb[le] et tres obeissa[nt] [serviteur] BAYLE

A Monsieur / Monsieur Bayle f. m. d. s. E. / Au Carla

Notes :

[1] Cette lettre ne nous est pas parvenue.

[2] Il s’agit, semble-t-il, des Lettres 11, 12 et 13. Certes, elles ont été écrites un peu plus de neuf mois plus tôt que la présente lettre, mais les « 8 mois » que mentionne Bayle concernent le moment où elles sont revenues entre ses mains et celui où il peut enfin les confier à un voyageur.

[3] Si Pradals est ici qualifié d’oncle, c’est « à la mode de Bretagne ».

[4] Allusion à Jérémie ou François Bardin, libraires de Castres, qui étaient en même temps l’un et l’autre bourgeois de Genève : voir FP 2, i.811-12.

[5] Il arrivait à Genève aussi bien les gazettes et les publications de France que celles des Provinces-Unies ou d’origine germanique. L’opinion publique genevoise semble avoir été assez partagée entre francophiles et francophobes : voir Lettre 34, p.203.

[6] Ce sera un leitmotiv chez Bayle que de déplorer naïvement la partialité des gazetiers, dont chacun défend la cause de son pays tout en prétendant être objectif : voir Labrousse, Pierre Bayle, ii.23-27.

[7] Charles X Gustave (1622-1660), le successeur de sa cousine, la reine Christine, avait été l’allié de l’Angleterre contre les Provinces-Unies (alliées alors au Danemark) dans la première guerre anglo-hollandaise de mai 1652 à avril 1654.

[8] Voir Tite-Live, Histoire romaine, ix.xix.10 ; Quinte-Curce, Histoires, viii.i. Bayle reviendra sur la vie d’ Alexandre dans le DHC, « Macedoine ».

[9] Le comte de Saint-Paul, fils de madame de Longueville et, probablement, de La Rochefoucauld, fut tué au passage du Rhin, à Tolhuys (c’est-à-dire, au bureau de péage de Lobith, près de l’île de Betuwe) le 12 juin 1672. Ce même jour, le fils aîné de La Rochefoucauld, François VII, prince de Marsillac (?-1714) fut blessé et son quatrième fils, Jean-Baptiste, chevalier de Marsillac, tué. Le Grand Condé, quant à lui, fut blessé au poignet : voir Gazette, extraordinaire n o 75 du 22 juin 1672 ; la lettre de madame de Sévigné à madame de Grignan, du 20 juin 1672, i.535-88 ; et F. R. Freudmann, L’Etonnant Gourville (Paris 1960), p.125.

[10] Finalement, la principauté de Neuchâtel échappa aux Conti et passa à Frédéric 1er, roi de Prusse, en 1707, acquisition sanctionnée au traité d’Utrecht en 1713 ; mais pendant de longues années, le sort de ce territoire, tiraillé entre des ambitions antagonistes, avait été incertain : voir J. Cart, « Louis XIV et la principauté de Neuchâtel en 1707 », Revue historique vaudoise, 7 (1899), p.1-9.

[11] Cette devise avait été illustrée par une gravure de Sébastien Le Clerc (1637-1714), dessinateur et graveur français de grand renom : voir M. Préaud, Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIe siècle : Sébastien Leclerc (Paris 1980), i.233, n o 852-54. La devise fut réutilisée par Finé de Brianville dans son Abrégé méthodique de l’histoire de France (Paris 1675, 3e éd.), p.363.

[12] Claude-Oronce Finé de Brianville, un Dauphinois, né au commencement du dix-septième siècle, était devenu abbé de Saint- Benoît de Quinçay en 1668 ; il devait mourir en septembre 1674. Montausier avait fait obtenir à Brianville le titre honorifique de « conseiller et aumosnier » du roi. Quant à madame de Montausier, gouvernante du dauphin, dès 1663 elle avait fait entrer Brianville dans la maison de ce jeune prince « pour l’amuser en lui montrant des images des rois de France ». Brianville était un héraldiste compétent. Il publia un Abrégé methodique de l’histoire de France (Paris 1664, 12 o) sans nom d’auteur, et une Histoire sacrée en tableaux pour Mgr le Dauphin (Paris 1670-1675, 12 o, 3 vol.). Celui-ci bénéficia d’une chaleureuse approbation de Bossuet en date du 2 octobre 1669 : voir Bossuet, Correspondance, i.507-508. Brianville avait aussi traduit les Lettres latines de Jacques de Bongars, Resident et ambassadeur sous le roy Henri IV (Paris 1668, 12 o, 2 vol.). Le sonnet que cite Bayle ici parut pour la première fois dans une brochure intitulée Devise pour le roy, sur les préparatifs de la campagne de l’an 1672, expliquée par un sonnet traduit en plusieurs langues ; ensemble une fable latine traduite en françois, sur le mesme sujet (Paris 1672, 4 o), p.3. Le sonnet fut aussi édité en placard, avec traduction néerlandaise en regard (BN, Cabinet des estampes, Coll. Hennin, n o 4.648 ; voir la planche 10). Il inspira d’ailleurs une réponse hollandaise : Advis du ciel au roy, sur les préparatifs de la campagne de l’année 1672 (s.l.n.d., folio). Le sonnet de Brianville et un contre-sonnet sur les mêmes rimes s’y font face.

[13] Jean Commire (1625-1702), S.J., professeur d’éloquence, fut un fécond poète néo-latin. La fable dont il s’agit ici est si bien imitée de Phèdre qu’au dix-huitième siècle un érudit allemand la plaça parmi celles de l’auteur ancien : voir A. Gachet d’Artigny, Nouveaux mémoires d’histoire, de critique et de littérature (Paris 1749-1756, 12 o, 7 vol.), i.270. Cette fable s’intitule Appendix ad fabulas Phædri, ex Leidensi bibliotheca, Sol et ranæ, fabula (Parisiis 1672, 8 o). Le permis d’imprimer, signé La Reynie, est du 26 février 1672 et précède donc de quelques semaines le commencement des hostilités militaires. Cette fable latine inspira un nombre suprenant de traductions françaises ; deux d’entre elles proviennent de confrères de l’auteur, les jésuites Pierre-Joseph d’Orléans et Dominique Bouhours : un traducteur non identifié signa par les initiales E. D. ; Antoine Furetière proposa sa version et, enfin, La Fontaine la sienne. Cette dernière traduction signée D. L. F. n’a jamais été incluse dans les recueils publiés du vivant de son auteur, mais on la trouve dans les éditions ultérieures. Vers la même époque, et dans une même intention de propagande anti-hollandaise, La Fontaine publia une Lettre aux Hollandais, virelay (Paris 1672, 4 o) : voir La Fontaine, Œuvres, éd. H. Regnier (Paris 1883-1897), iii.346-51, et viii.431-38. Sommervogel (ii.1345) indique à tort une autre traduction encore de la fable de Commire, car l’édition qu’il signale est celle de l’original latin.

[14] La traduction de Furetière figure dans la brochure Devise pour le roy, citée ci-dessus n.12.

[15] Un peu plus tard, pour célébrer la reprise de Naarden (12 septembre 1673) et l’abandon progressif d’Utrecht par les troupes françaises (de septembre à novembre 1673), fut frappée en Hollande une médaille qui porte à l’avers « Sta sol » : voir Jos x.12. Dans le champ, un habitant des Provinces-Unies montre du doigt un fromage sur lequel on lit « Fromage d’Hollande » – allusion à la reprise de Naarden – et lève les yeux au ciel où apparaît le soleil rayonnant timbré d’une fleur de lys, et la date, « 12 sep. 1673 ». Au revers : « il ne scait où aller », un cavalier français, armé de toutes pièces, l’épée à la main, et prenant la fuite, et la date « 13 nov. 1673 ». Les dates font respectivement allusion à la reprise de Naarden par le prince d’Orange et à l’abandon d’Utrecht par les Français : voir P. Marchand, Dictionnaire historique ou mémoires critiques et littéraires (La Haye 1758-1759, folio), ii.52 ; et G. van Loon, Histoire métallique des XVII provinces des Pays-Bas (La Haye 1732-1737, folio, 5 vol.), iii.ii.121 : voir aussi la planche 9.

[16] L’allégorie de la Hollande agonisante fut exploitée dans une pièce de théâtre de Raymond Poisson, La Comtesse malade (Paris 1672, 12 o) : voir Lancaster, History of dramatic literature, vi.351-52 ; la gravure elle-même est à la BN, Cabinet des estampes : B 52.213 ; voir la planche 9.

[17] Guillaume III, prince d’Orange (1650-1702), devait épouser en 1677 sa cousine germaine, Mary, fille du duc d’York (futur Jacques II), et monter avec elle sur le trône anglais en 1689 : voir S. B. Baxter, William III (London 1966), et H. et B. van der Zee, William and Mary (London 1975).

[18] Il s’agit de Christophe-Bernard de Galen (ou van Galen) (1604-1678), devenu évêque de Munster en 1650, un reître que son amour de la guerre fit surnommer « le brigand mitré » et le « soldat en soutane ». Bayle fera allusion à ce personnage dans le « Discours préliminaire » qui précède le Com. Phil. ( OD, ii.357b). Il existe une « biographie » contemporaine de l’évêque de Munster : La Vie et les actions de Monsieur Christofle Bernard de Gale, evêque de Munster (Cologne [Rouen ?] 1679, 12 o), très hostile au prélat. Cette « vie », qui connut de nombreuses éditions, est une traduction de l’ Historisch verhael van’t leven en orlogsbedryf van de Heer Christoph Bernard van Galen […] door S. D. V. (dont nous n’avons pu retrouver d’exemplaire), attribué à Simon de Vries, maître d’école à Utrecht.

[19] Fernando Alvarez de Toledo, duc d’Albe (1507-1582), est resté célèbre pour la férocité de la répression par laquelle il tenta d’arrêter les troubles politico-religieux survenus dans les Pays-Bas, férocité qui suscita une résistance finalement victorieuse sous le commandement de Guillaume le Taciturne. Le duc d’Albe avait été rappelé à Madrid en 1573, trop tard pour que l’Espagne pût rester maîtresse des sept provinces du nord, s’il lui fut possible de conserver les provinces méridionales de ses anciennes possessions.

[20] Allusion à Ac i.7.

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