Lettre 161 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Sedan,] le 26 novembre 1678

Vous serez averti, M[onsieur] e[t] t[res] c[her] f[rere], par cette lettre, que j’envoye au s[ieu]r C[arla] la De[c]ade de sermons de Mr de Beaulieu ; le traitté contre le livre de La Reunion ; le discours de Mr Pierre Du Moulin sur la nature de la foy ; une copie que je vous ay fait faire de 2 lettres de Mr Claude[,] une reponse de 24 pages à votre grande lettre etc [1][.] J’y joindrois volontiers un exemplaire de toutes les Theses de Mr de Beaulieu imprimées icy, mais on n’en trouve point qui soit complet ; il y a 10 ou 12 theses dont on n’a aucun exemplaire et les autres sont parmi de gros monceaux de papier qu’on ne demelera que quand nous pourrons avoir un imprimeur pour achever ce qui nous manque [2]. On nous a dit que l’edition de Londres [3] se vendroit un louïs d’or, et je ne fairois point difficulté de le croire ainsi quoi que vous me disiez qu’on l’a eu p[ou]r 2 ecus à Thoulouze, car apparemment le libraire a craint de ne s’en defaire • jamais dans un lieu où les livres pretendus heretiques ne sont point de recherche. Si vous en trouviez un autre exemplaire vous fairiez fort bien de vous en accommoder. J’ay corrigé quelques endroits dans les lettres de Mr Claude où le copiste avoit manqué, mais j’en ay trouvé un au commencem[en]t de la page 22 dont je n’ay peu faire le supplement, n’ay[an]t point d’autre exemplaire auquel je peusse collationner celui cy et ainsi de quelques autres. Si Mr Claude le fils vouloit permettre qu’on prit des copies de plusieurs excellens traittez q[ue] son pere lui a dictez, je vous aurois envoyé à tout le moins celui où il expose la maniere de bien expliquer un texte [4] : Mr Jurieu qui l’a leu le trouve parfaitement beau, et demeure d’accord qu’il y a peu d’esprits au monde qui ayent plus de penetra[ti]on, plus d’etendue et plus de netteté q[ue] Mr Claude. On peut dire q[ue] son esprit lui tient lieu de toutes choses, car il le fait paroitre mille fois plus savant q[ue] cent autres qui ont plus leu q[ue] luy et qui sont plus profonds et plus universels q[ue] luy. Ce Mr Bencelin dont il fait mention dans sa lettre du bapteme est ministre de Mets ; j’ay veu de luy une assez longue lettre manuscritte qu’il composa sur ce qu’on avoit trouvé à redire dans son consistoire qu’il eut dit q[ue] le bapteme fait les enfans, chretiens [5]. Cette piece est bien judicieuse et savante. De tous ceux qui ont proposé des objections à Mr Jurieu, il n’y en a point dont il face plus de cas q[ue] de Mr Metayer ministre de S[ain]t Quentin, fils d’un ministre du meme lieu q[ui] a traduit en latin le Traitté de Mr Daillé de l’employ des Peres [6]. Au reste celui à qui s’addresse la lettre que vous avez receüe conjointem[en]t avec l’imprimée, n’est pas ministre de Rouen, il l’est de Caen et s’appelle Mr Morin [7]. On ne se souvient pas qui e[st] celui par qui on envoya des theses, ce pourroit bien etre Mr Basnage q[ui] fut chargé de les faire tenir à Caen. Quant à celui qui se nomme Beaulieu Le Blanc dans les lettres à Mr de La Tabariere, ce ne peut etre n[ot]re prof[esseur] en theol[ogie] car la mort de celui qui donnoit sujet à ces lettres etoit arrivé au siege de Boisleduc en 1629, auquel tems n[ot]re prof[esseur] n’avoit que 15 ans [8]. C’etoit donc son pere [9] (qui etoit ministre au Plessis Mornay dans le colloque du pays chartrain, où Mr de Beaulieu et Mr Le Blanc ont pris naissa[n]ce) qui aura ecrit en cette rencontre. Je me recommande à vos bonnes et s[ain]tes prieres, et fais mille vœux au ciel po[ur] la prosperité de n[otre] t[res] c[her] et t[res] h[onoré] p[ere] po[ur] la votre, celle du cadet &c[.] Tout à vo[us][.] /

J’ay dit que Mr de L’Angle min[istre] de Charenton a un frere qui a eté pourveu depuis peu d’un canonicat en Angleterre ; maintenant j’ajoute q[ue] c’est un canonicat à Cantorbery où ils valent des 2 à 3 mille livres de rente [10]. On dit q[ue] rien ne pouvoit luy venir plus à propos ; parce qu’il aime l’aise, et à n’etre point chargé des ames d’autruy. Il etoit auparavant ministre de la Savoye, c’est ainsi qu’on nomme l’Eglise des Francois etablis à la Cour d’Angleterre ou qui logent au quartier de la Cour, outre laquelle il y a une autre Eglize francoise ou wallonne [11] deservie ordinairem[en]t par 2 ministres qui sont à p[rese]nt Mr Mussard de Geneve et Mr Primerose de Bourdeaux [12]. Sans doutte le credit de Mr Durel • a beaucoup servi à Mr de Langle car il est bien dans l’esprit du roy qui l’a pourveu depuis quelque tems du doyenné d’Windsord, qui est un bon gros benefice [13]. Vous savez qu’il est mary d’une sœur de Mrs de Langle dont il estoit devenu amoureux etant ministre de Mr de La Force [14] pendant la disgrace du roy d’Angleterre ; Mr de La Force ayant demeuré long tems à La Boulaye, belle terre qu’il a assez pres de Rouen, et mademoiselle de Langle y ayant fait une visite considerable, plut à Mr Durel. Il la fit demander, on la luy refusa ; apres le retablissem[en]t du roy son maitre sa fortune etant devenue meilleure sans que son amour eut diminué il la fit demander encore et on la luy accorda tres volontiers [15], il est des isles de Guernezay qui sont assez pres de la cote de Normandie [16]. Vous savez qu’il a ecrit assez amplement sur l’autorité de l’Eglise contre Mr Louys Du Moulin [17], et qu’il a fait des apologies p[ou]r la hierarchie de l’Eglise anglicane contre les objections des non-conformistes [18]. Sa femme se mele aussi de composer, en traductions à tout le moins, car c’est elle qui nous a traduit de l’anglois, La Prattique des vertus chretiennes [19], livre beaucoup plus estimé que La Prattique de pieté [20]. Au reste je mets dans le paquet la reponse à v[ot]re grande lettre [21], je vous y parle fort amplem[en]t de la famille de Du Moulin et de Jurieu, mais co[mm]e on oublie toujours quelque chose j’ay à vous dire icy outre ce que j’ay • marqué loco laudato [22] que le p[ere] de Mr Jurieu avoit eu vocation po[ur] l’Eglise de Roüen, dont il s’excusa, s’estant fait une conscience fort delicate sur le changement d’Eglise, ainsi il n’a jamais servi q[ue] celle de Mer. C’etoit un homme bien fait et agreable predicateur outre quelques sermons et le traitté de controverse duquel vous m’avez parlé, il avoit fait imprimer une reponse à une lettre q[ue] Mr de La Milletiere son bon amy lui avoit ecritte, et il intitula cette reponse, La Voix d’Elie contre ceux q[ui] clochent des 2 cotez [23]. Il epousa une 2e femme qui vit encore [24], dont il n’eut p[oin]t d’enfans. Mr Jurieu se souvient d’avoir veu Mr Charles à Saumur [25]. Les 2 ministres q[ui] furent chargez d’ecrire par le synode de Berry sont Mrs Pajon et Lenfan, on ne sait s’ils ont ecrit ou non [26]. Je felicite n[otre] c[her] cousin N[audis] d’avoir un fils [27] qui a tant d’esprit, je voudrois contribuer à son education de tout mon mieux. Saluez tous ceux qu’il appartiendra*.

Notes :

[1] L’envoi de ces pièces était annoncé dans la Lettre 159, n.9. Sur les sermons de Louis Le Blanc de Beaulieu, voir Lettre 128, n.42 ; sur l’ouvrage de Jurieu, Examen du livre de la réunion du christianisme d’ Isaac d’Huisseau, voir Lettre 113, n.9 et Lettre 152, n.2 ; sur le Traité de la foi justifiante de Pierre II Du Moulin, voir Lettre 147, n.48 ; les lettres de Claude mentionnées ici circulaient sous forme manuscrite dans les milieux réformés cultivés ; certaines seront éditées plus tard, au Refuge, au tome V des Œuvres posthumes de Monsieur Claude (Amsterdam 1688-1689, 8°, 5 vol.) : voir Lettre 159, n.10 et 12, sur l’identification de deux de ces lettres. Enfin, la réponse de « 24 pages » que Bayle a confiée à la messagerie est la Lettre 160.

[2] Voir Lettre 129, n.12 : le libraire de Sedan, Chayer, était mort au printemps 1677 et, visiblement, il n’avait pas encore de successeur.

[3] Voir Lettre 67, n.5, sur cette édition des thèses de Le Blanc de Beaulieu faite en Angleterre.

[4] Cet ouvrage de Claude, intitulé Traité de la composition d’un sermon, fut imprimé dans les Œuvres posthumes du pasteur de Charenton, i.161-492.

[5] François Bancelin (1632-1703), pasteur de Metz depuis la mort de Ferry, son beau-père, en 1669, se réfugia au Brandebourg après la Révocation. Cette lettre, aujourd’hui disparue, avait passé par les mains de Chaufepié, qui la mentionne, Nouveau dictionnaire, article « Jurieu », rem. G.

[6] Jean Mettayer (Mestayer, ou encore Metayer) (?-1668), pasteur de Saint-Quentin, avait traduit en latin le Traité de l’emploi des saints Pères de Daillé, traduction revue et un peu augmentée par l’auteur, d’où son intérêt : J. Dallæi libri duo de usu Patrum ad ea definienda religionis capita, quæ sunt hodie controversia, latinè è gallico nunc primùm redditi, ab authore recogniti, aucti et emendati (Genevæ 1656, 4°). Samuel Mettayer, fils du précédent, devint collègue de son père à Saint-Quentin, en 1660 ; à la Révocation, il se réfugia en Angleterre, où il mourut en 1698, après avoir été pasteur à l’Eglise de la Patente et de la nouvelle Patente à Londres. Voir Stelling-Michaud, iv.524-525.

[7] La copie d’une lettre envoyée précédemment à Jacob était donc celle d’une lettre de Jurieu à Etienne Morin, destinée à résoudre certaines objections inspirées au pasteur de Caen par la Lettre […] sur le baptême. Ce document se trouvait au nombre de ceux dont a disposé Chaufepié : voir son article « Jurieu », rem. G. Sur la question du baptême, voir Lettres 106, n.6, 116, n.7, et 147, n.8.

[8] Voir Lettres de consolation escrites à M. et Madame de La Tabarière, sur le deceds de feu M. le baron de Saincte-Hermine, leur fils aisné, mort au siege de Bosleduc en un assaut donné le 4 e jour d’aoust 1629, par Pierre II Du Moulin… et plusieurs autres (Charenton 1632, 8°). Mme de La Tabarière était fille de Duplessis-Mornay, d’où l’afflux de lettres de condoléances aux parents endeuillés ; outre Pierre II Du Moulin, le recueil contient des lettres de Louis Le Blanc, Jean Daillé, Velhieux, Bouchereau, Vincent de Montigny, Jean Chaufepié, André Rivet, Mestrezat, François Turrettini et Charles Drelincourt. Le siège de Bois-le-Duc est un épisode de la guerre entre les Provinces-Unies et l’Espagne.

[9] Louis Le Blanc de Beaulieu, pasteur du Plessis-Marly, avait épousé Charlotte Cappel, fille de Louis Cappel ; de ce mariage naquit en 1614 Louis Le Blanc de Beaulieu, le futur professeur de Sedan.

[10] Jean-Maximilien Baux de L’Angle (ou de Langle) (1640-1724), frère cadet de Samuel, pasteur de Charenton depuis 1671, s’était établi en Angleterre, où il desservit, à Londres, l’Eglise de la Savoie. Il obtint en 1678 un canonicat à Cantorbéry et se fit naturaliser Anglais en 1681. Nous n’avons pas la lettre où Bayle a évoqué une première fois le frère de Samuel Baux de L’Angle.

[11] L’Eglise de Threadneedle Street était une communauté wallonne, donc réformée, tandis que la Savoie était francophone, mais de rite anglican.

[12] Sur Pierre Mussard, voir Lettre 11, n.12 ; il était pasteur de Threadneedle Street depuis 1678 (Stelling-Michaud, iv.632). David Primerose (1601-ap.1682) avait remplacé son père, Gilbert Primerose, à Threadneedle Street en 1642, après avoir été pasteur à Rouen ; si Bayle le dit de Bordeaux, c’est qu’il était né dans cette ville alors que son père, d’origine écossaise, y exerçait le ministère pastoral.

[13] Jean Durel (1626-1683) étudia la théologie à Oxford et à Saumur ; il fut ordonné prêtre anglican en 1650, alors qu’il était réfugié en France, car il était un ardent royaliste. Après avoir été pasteur à Caen, il devint aumônier d’ Armand de Caumont, 2 e duc de La Force. A la restauration de Charles II, il revint en Angleterre et contribua à l’érection de la communauté francophone de la Savoie en paroisse anglicane. Il devint successivement chanoine de Salisbury, chapelain du roi Charles II, puis chanoine et enfin doyen de Windsor.

[14] Armand de Caumont (v.1578-1675), 2 e duc de La Force depuis la mort de son père en 1655, fut le beau-père de Turenne ; à sa mort, son titre passa à son frère cadet, Henri Nompar de Caumont, marquis de Castelnaut, qui mourut en janvier 1678 ; à celui-ci succéda le petit-fils d’ Armand, Jacques Nompar de Caumont, marquis de Boisse, époux de Suzanne de Beringhen (voir Lettre 83, n.2).

[15] Charles II retrouva le trône d’Angleterre fin 1659. Jean Durel épousa en 1664 Marie Baux de L’Angle, fille du pasteur de Rouen, devenant ainsi beau-frère de Jean-Maximilien II Baux de L’Angle. Ce que Bayle raconte ici lui a certainement été relaté par Basnage.

[16] Jean Durel était né à Saint-Hélier, dans l’île de Jersey, où son père était marchand.

[17] Jean Durel, Sanctæ ecclesiæ Anglicanæ adversus iniquas atque inverecundas Schismaticorum criminationes vindiciæ (Londini 1669, 4°). Par son mariage, Jean Durel était devenu cousin de Louis Du Moulin, puisque Marie Baux de L’Angle était par sa mère petite-nièce d’ Esther Du Moulin, sœur de Pierre Du Moulin. Louis Du Moulin attaqua cruellement Durel en stigmatisant ses cumuls de prébendes anglicanes dans L’Idée d’un livre intitulé Patronus bonæ fidei in causa puritanorum (Londini 1672, 8°). Les deux hommes avaient eu des positions diamétralement opposées pendant l’interrègne en Angleterre, de sorte que le conflit ultérieur entre l’anglican royaliste et l’érastien aux sympathies puritaines était inévitable.

[18] Jean Durel avait traduit le Prayer-book anglican en français dès 1662, comme l’atteste le privilège de La Liturgie, c’est à dire le formulaire des prières publiques, de l’administration des sacrements et des autres ceremonies et coutumes de l’Eglise selon l’usage de l’Eglise anglicane, avec le psautier ou les pseaumes de David (London 1667, 12°). Voir aussi A View of the government and public worship of God in the reformed Church of England, as it is established by the Act of uniformity (London 1662, 4°) ; on sait que cet acte du Parlement eut pour effet l’expulsion de près de deux mille pasteurs à tendances plus ou moins puritaines, obligés d’abandonner leur paroisse et leur gagne-pain à cause des scrupules de conscience qui leur interdisaient de se soumettre aux exigences du conformisme que la loi imposait.

[19] [ Richard Allestree], La Pratique des vertus chretiennes ou tous les devoirs de l’homme, avec quelques devotions particulieres qui peuvent servir en diverses occasions, comme au matin. Au soir. Lors que l’on communie. Lors que l’on est Malade. En temps de persecution et de calamité publique, traduit de l’anglais, dédié à Son Altesse Royale Madame la duchesse de York (Quevilly 1669, 12°). La duchesse d’York est ici la première femme du duc, fille du chancelier Hyde et bonne protestante. La dédicace n’est pas signée nominalement, mais elle est rédigée au féminin ; la traductrice était Mlle Durel, à savoir Marie, fille du pasteur de Rouen, Jean-Maximilien Baux de L’Angle ; née en 1628, elle avait épousé Jean Durel en 1664. Notons que, plus tard, dans sa Préparation à la Sainte Cène, avec des élévations d’esprit tirées du livre de la Pratique des vertus chrétiennes (Paris 1683, 12°), Pierre Allix témoignera du succès de l’ouvrage auprès des huguenots les plus fervents. L’ouvrage anglais traduit a souvent été attribué à William Chappell (1582-1649), évêque de Cork ; toutefois, sa subdivision en dix-sept sections incite à juger qu’il s’agit de l’ouvrage intitulé The Whole Duty of Man, dont l’auteur, Richard Allestree (1619-1681), avait été royaliste (comme Durel) durant l’interrègne et était un anglican proche de l’évêque d’Oxford, John Fell. Un argument supplémentaire, c’est que Les Devoirs d’un gentilhomme par l’auteur de la pratique des vertus chrétiennes, traduit de l’anglais (Amsterdam 1709, 12°) correspond à The Gentleman’s calling (London 1660) d’ Allestree. La Pratique des vertus chretiennes fut un succès de librairie et connut de multiples éditions ; celle de Londres, en 1619, fut révisée par Jean-Armand Du Bourdieu, ce qui démontre qu’en cinquante ans la langue en avait vieilli.

[20] Lewis Bayly (?-1632), évêque de Bangor, fut un des grands représentants de la piété puritaine. Le pasteur Jean Verneuil (ou Verneuilh) (1583-1647), né à Bordeaux mais installé en Angleterre et sous-bibliothécaire à Oxford, traduisit The Practice of piety : directing a Christian how to walke that he may please God de Bayly sous le titre La Pratique de la piété, addressant le chrestien au chemin qu’il doit tenir pour plaire à Dieu, escrite en anglois par M. Louys Bayle […] traduite en françois par Jean Verneuilh (Genève 1625, 12°). L’ouvrage anglais en était à sa deuxième impression en 1602 (référence donnée par le STC et par EEBO), et sa traduction française connut également de nombreuses éditions. Celle de 1668 porte un titre un peu modifié : Devoirs de l’âme chrestienne ou la pratique de la piété […] traduite de l’anglois de L. Bayle. Derniere edition mise en la pureté de la langue françoise (Saumur, Charenton 1668, 12°). On ignore qui avait modernisé le langage, devenu un peu archaïque, du pasteur Verneuil. Voir Chaufepié, s.v., et G. Ascoli, La Grande Bretagne devant l’opinion française au siècle (Paris 1930, 2 vol.), ii.64, 312.

[21] Cette lettre de Jacob est perdue. Bayle y avait répondu par la Lettre 160.

[22] « à l’endroit indiqué », à savoir, dans la Lettre 160 ; voir p. sur Daniel Jurieu.

[23] Sur Daniel Jurieu et ses ouvrages, voir Lettre 147, n.13.

[24] Esther Du Moulin, la mère de Pierre Jurieu, mourut en 1638, quand celui-ci n’avait que quelques mois ; Daniel Jurieu se remaria l’année suivante avec Charlotte de Cambis de Soustelle, dont il n’eut pas d’enfant et qui lui survécut : voir Lettre 147, n.13. Jurieu fut en bons termes avec la famille de la première femme de son père ; resté orphelin de mère en très bas âge, il fut évidemment élevé par sa marâtre, mot qui ne comportait rien de péjoratif au siècle.

[25] Pierre Jurieu avait fréquenté le collège de Saumur alors que Michel Charles, futur pasteur de Châtellerault, de dix ans plus âgé que lui, y était proposant ; la différence d’âge laisse penser que c’était plutôt de vue qu’autrement que Jurieu avait connu son aîné.

[26] Le synode provincial du Berry (sur lequel voir Lettre 147, n.6) aurait donc chargé Pajon et Lenfant d’écrire, on ne sait à qui ni sur quoi. S’agirait-il d’une lettre aux académies réformées ? On ne saurait exclure que Bayle soit ici simplement l’écho d’un soupçon paranoïaque de Jurieu à l’égard de deux hommes qu’il détestait, car nous n’avons pas trouvé d’autre mention de cette affaire.

[27] Nous apprenons ainsi que Jean Bruguière de Naudis était marié ; le jeune enfant dont il est question ici pourrait bien être son fils Charles, qui fut l’héritier final des papiers de Pierre Bayle.

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