Lettre 191 : Pierre Bayle à Vincent Minutoli

Ce 26 juin 1681

Pour repondre par ordre à la belle lettre que vous avez eu la bonté de m’ecrire [1], mon tres-cher Monsieur, je commence par vous temoigner que je suis bien faché d’avoir grossi mes deux dernieres lettres, de plusieurs vers que vous aviez deja veus imprimez dans le Mercure galant, et qui à cause de cela n’ont servi qu’à vous faire debourser un port plus considerable. Je n’aurois pas fait cette beveüe, si je voyois les ouvrages de Mr de Vizé, comme je faisois les premieres années, où il nous a regalez de son Mercure [2]. J’ay bien de la joye de la tranquillité dont l’humeur honnete et equitable de Mr Dupré [3] vous laisse joüir, et je prie Dieu de vous continuer long tems dans ce bien heureux etat, sans soufrir memes que vous soyez inquietez par la crainte des suittes que peuvent avoir les boutades* et les accez furieux des tetes mal saines, qui vous ont mis en allarme depuis quelque tems. Ce que vous me dites de l’interruption des leçons de Mr Mestrezat pendant tout l’hyver, me fait souvenir qu’on nous a ecrit sa mort, dequoi nous fumes desabusez à quelque tems de là [4].

Je souhaitte pour l’instruction de tous ceux qui veulent etre bons theologiens, que le second volume de notre excellent Mr Turretin paroisse bien tot, tous les proposans* que j’ay veus icy se sont extremement appliquez à lire la premiere partie, et tant eux que les ministres du royaume, at / tendent la suitte impatiemment [5]. Je voudrois avoir lieu de me plaindre de quelque migraine, ou de quelque maladie semblable, comme vous faites, pourveu qu’elle eut la meme cause, que celle dont vous vous plaignez : mais c’est un risque que je ne cours point icy : bien loin d’etre exposé à voir pour un jour 25 balles de livres nouvellement receus de Paris, ce qui me seroit un regale fort sensible, je ne vois pas seulement des paquets qui pesent 6 livres, nous n’avons qu’un relieur qui ne vend que des pseaumes et des preparations à la Cene. J’ay pourtant leu il y a assez long tems, La Politique du clergé de France, qui m’a paru bien ecritte, et pleine de reflexions fort bien tournées. On a corrigé quelques fautes dans la 2e edition [6], par exemple ce qu’on disoit, qu’ Oates et Bedlow etoient demeurez catholiques depuis la decouverte de la conspiration d’Angleterre, ce qui n’est pas car ils ont abjuré l’Eglise romaine, en meme tems qu’ils ont deposé leurs accusations [7]. On n’a rien changé dans l’article qui regarde la mort du feu roy d’Angleterre, parce qu’apparemment l’autheur a cru s’etre assez tiré d’affaire en declarant qu’il ne reconnoissoit pas ce qu’il disoit sur cela apres* un livre imprimé, comme une preuve convaincante dans les formes [8]. Dans cette 2. edition, on a joint aux 2 dialogues la lettre du P[ere] de La Chaize à Mr Spon et la reponse de Mr Spon et 4 ou 5 autres lettres d’un / anonyme qui ne sont pleines que de certains faits historiques du vieux tems mille fois reprochez et rebatus, sur l’entreprise des papes, la corruption de la Cour de Rome etc[.] Celui qui a imprimé le tout, s’est nommé de son veritable nom, ayant mis « A La Haye ches Abraham Arondeus » [9]. J’avois leu en m[anu]s[crit] la lettre de Mr Spon à Paris, l’ayant releue imprimée, elle m’a paru plus forte et meilleure, qu’elle n’avoit fait la premiere fois, ce qui n’est pas ordinaire. Je serai ravi de voir votre traduction de La Vie du marquis Galeace Caracciolo [10], et j’en procurerai le debit par tout où il me sera possible, à Rouen, à Paris, à Mets et icy : il nous faudra seulement aviser aux moyens d’en avoir des exemplaires, et en attendant j’avertirai mes amis du merite de la piece afin qu’on soit preparé à souhaitter de voir une piece si accommodée au tems. Je souhaitte que le s[ieu]r Radeau [11] qui a eu l’honneur de vous avoir pour compere, dont je le felicite, et ce que je dois mettre sur mon conte, puis que vous avez eu la bonté de vous rendre son patron pour l’amour de moi, je souhaitte dis-je, qu’il vienne faire un voyage en ce pays, et qu’il nous apporte de vos excellens ouvrages. Celui de Mr Jurieu s’imprime en Hollande, et Lucas se prepare a en faire une autre edition à Rouen la premiere etant presque debitée [12]. Celui de Mr Brueis n’est pas encore à / Paris [13]…

Me voici enfin mon cher Monsieur, au dernier article de votre lettre, dont l’importance m’eut fait commencer la mienne par là, si je n’eusse voulu suivre votre ordre : je parle de la bonté que vous voulez avoir pour mon frere de le recevoir ches vous [14] : je regarde cela comme un avantage si grand pour lui, que je ne sai comment vous exprimer la reconnoissance que j’en ay. C’est un bonheur dont je lui ai aussi tot annoncé la nouvelle ; il en comprendra toute l’etendue, car il y a long tems qu’il vous connoit pour un excellent predicateur, pour un scavant poli et qui mele la delicatesse avec les charmes de la conversation et avec la profonde literature*. Jugez Monsieur, si etant affamé comme il est de bonnes choses, et avide de profiter, il ne s’estimera pas le plus heureux du monde de loger ches vous. Vous devez etre tres persuadé qu’il aura pour vous tout le respect imaginable, qu’il se gardera de vous etre à charge en aucune maniere, et qu’il s’attachera à l’instruction de ses aimables disciples avec toute l’affection et toute l’assiduité que vous voudrez. Il n’y a point de poste que nous considerions pour rien au prix de celui là. Mais au reste mon cher Monsieur, dites moi franchement, si en ma consideration vous ne vous resolvez pas à prendre un precepteur plutot que vous ne fairiez ; je vous / supp[li]e •, de ne rien donner à l’amitié pour ce point, j’ayme mieux que mon frere soit privé du profit qu’il y a à faire dans votre maison, que de voir que vous ayez la bonté de vous contraindre en anticipant le tems que vous auriez destiné à choisir un precepteur. J’espere que vous en userez avec la liberté que je vous demande, et que vous serez tres persuadé de la reconnoissance que j’ay pour tant de marques eclatantes que vous me donnez de votre amitié, pendant que j’ai le malheur de ne trouver aucune occasion de vous faire paroitre combien je vous aime, je vous estime et je vous honnore.

Je ne sai si je pourrai vous adresser des pensionnaires, car les Hollandois et les Flamans qui passent par icy, et qui y sejournent ne vont guere plus loin que Paris apres cela, et ce sont les seuls etrangers qui nous viennent, à la reserve de quelques Allemans du pays de Cleves et de Juliers, mais soit etrangers, soit Francois je tacherai de vous les adresser quand j’en trouverai qui voudront voyager vers vos quartiers*, et meme de leur en faire naitre l’envie.

Le docteur Stillingfliet doyen de S[aint] Paul vient de faire imprimer un livre contre les presbyteriens où il a inseré des • lettres ecrittes à l’evesque de Londres par Mrs Claud[e,] de Langle et Le Moine, lesquelles sont favorables à la cause des episcopaux [15]. Tout à vous. /

A Monsieur/ Monsieur Minutoly f[idele] m[inistre] d[u] s[aint] E[vangile]/ et professeur en histoire etc/ A Geneve

Notes :

[1] Nous n’avons pas cette lettre de Minutoli. Les deux dernières lettres de Bayle à Minutoli que nous connaissions sont les Lettres 183 et 188 ; or, Bayle n’y cite pas de vers ; sa formule dans la présente lettre implique donc qu’une lettre intermédiaire s’est perdue.

[2] La parution du Mercure galant avait été interrompue fin 1674, pour ne reprendre qu’en 1678, et apparemment, à cette date, Jurieu n’avait pas repris d’abonnement, car il est assez invraisemblable que Bayle ait acheté ce périodique régulièrement.

[3] Roland Du Pré Des Marets, le nouveau Résident de France à Genève qui remplaçait Laurent de Chauvigny : voir Lettre 179, n.2.

[4] Il est question ici de Philippe Mestrezat, professeur de théologie à Genève ; il ne devait mourir qu’en 1690, à 72 ans.

[5] Sur cet ouvrage de François Turrettini, voir Lettre 179, n.40.

[6] Sur cet ouvrage de Jurieu, paru anonyme, voir Lettre 190, n.19. Bayle parle ici de la seconde édition, qui porte le millésime 1682 (La Haye), et qui est augmentée d’une lettre du Père de La Chaize à Jacob Spon et de la réponse de celui-ci. La fameuse lettre de Pellisson, du 12 juin 1677, achevait le livre dans sa première édition : elle était adressée à Etienne Le Camus, évêque de Grenoble, et le directeur de la « caisse des conversions » y exhortait l’évêque à obtenir des conversions au meilleur prix.

[7] Voir la première édition, p.150 ; dans la seconde édition, Jurieu a simplement omis les mots suivants : « ils ne changent point de religion, ils ne deviennent point apostats » (p.116).

[8] Voir La Politique du Clergé de France, IIe entretien, p.137. Bayle fait allusion à la thèse pour le moins suprenante selon laquelle les jésuites auraient noyauté les Indépendants anglais afin de leur faire commettre le crime de régicide en la personne de Charles , espérant par là ramener l’Angleterre au catholicisme. Telle avait été l’hypothèse de Pierre II Du Moulin dans un ouvrage paru en 1664 (et non en 1662, comme l’écrit Jurieu) : A Vindication of the Sincerity of the Protestant Religion in the Point of Obedience to Sovereignes. Opposed to the Doctrine of Rebellion, authorized and practised by the Pope and the Jesuites. In Answer to a Jesuitical Libel, entituled Philanax Anglicus (London 1664, 4°). Le pseudonyme de Philanax Anglicus dissimulait Sir Henry Janson, dont l’ouvrage avait été imprimé à Londres en 1663. La thèse de l’ouvrage reflète probablement celle de William Preynne : voir, par exemple, Rome’s master-piece, or the Grand Conspiracy of the Pope and his Jesuited instruments, to extirpate the Protestant Religion [...] and to poyson the King him-selfe (London 1643, 4°). Le livre de Pierre II Du Moulin connut une seconde édition en 1667, une troisième en 1668 et, surtout, en 1679, une quatrième édition augmentée : … in which more light is given about the horrible Popish Plot, whereby our late Sacred Sovereign Charles the I. was Murdered. Il est fort possible que Jurieu n’ait connu que cette dernière édition de l’ouvrage de son oncle, mais il avait fait un séjour auprès de celui-ci jusqu’en 1662 (d’où sa connaissance de la langue anglaise) et on ne saurait naturellement exclure qu’il ait connu une des éditions antérieures de la Vindication. Notons que Jurieu expose la singulière thèse du rôle des jésuites dans l’exécution de Charles  avec une certaine prudence dans la présentation, prudence qu’il y a tout lieu de juger feinte.

[9] Cette seconde édition, reveue, corrigée et augmentée de la lettre de Mr Spon au Père de La Chaize (La Haye 1682, 12°), est, comme on le constate, post-datée. L’ouvrage allait connaître, sous le même millésime, une troisième édition, le titre continuant … et du Projet pour la Reünion des deux Religions, des Remarques sur le Projet et de plusieurs autres Lettres. Sous cette dernière forme, les deux agiles dialogues ne représentent plus qu’une moitié du total des pages et la pugnacité du livre est malencontreusement émoussée.

[10] Nicolas Balbani (pasteur de la communauté italienne de Genève), Historia della vita di Galleazzo Caracciolo chiamato il Signor Marchese, nella quale si contiene un raro e singulare essempio di costanza e di perseveranza nella pietà e nella vera religione (Genava 1587, 8°). Sur cet opuscule d’hagiographie protestante, voir P. Chaix, A. Dufour et G. Moeckli, Les Livres imprimés à Genève de 1550 à 1600, nouvelle édition revue et augmentée (Genève 1966), p.118. C’est en mars 1587 que Balbani obtint le permis d’imprimer ; l’opuscule fut immédiatement traduit en latin par Hotman et aussitôt publié ; en revanche, sa traduction française par Simon Goulard paraît bien, ou n’avoir jamais été achevée, ou n’avoir jamais été imprimée. Indépendamment de Minutoli, Antoine Teissier (1632-1715), avocat lettré et polygraphe, lié avec Conrart, qui devint historiographe du roi de Prusse, au Refuge, en 1692, estimant tout comme le Genevois qu’il était opportun de mettre sous les yeux des huguenots harassés un grand exemple ancien de fidélité à la conscience, entreprit de traduire l’opuscule de Balbani, ce que, faute d’avoir trouvé un exemplaire original, il réalisa en partant de sa version latine : La Vie de Galeas Caraciol ; et l’histoire de la fin tragique de François Spiere, mises en françois par le sieur de Lestan (Lyon, Amsterdam 1681, 12°). Teissier, caché sous le pseudonyme de Lestan, donnait comme pendant à la vie édifiante de Caracciolo une relation de la mort d’un autre Italien gagné à la Réforme, à qui la crainte avait fait renier sa foi et qui, persuadé d’avoir commis ce péché contre le Saint Esprit (voir Marc 3,29), pour lequel il n’existe pas de pardon, en mourut de désespoir. La puissance des presses néerlandaises assura à la traduction de Teissier une diffusion que ne connut pas celle de Minutoli, si l’on en juge par la relative fréquence de la première, dans des impressions diverses, conservée dans les grandes bibliothèques européennes, et par la rareté de la seconde. Voir l’étude de B. Croce, dont il existe une traduction française, Galeas Caracciolo, marquis de Vico (Genève 1965), qui donne des détails sur l’édition ultérieure de la traduction de Minutoli (Genève 1854) et du texte de Balbani (Firenze 1875) ; elle signale aussi la traduction anglaise de Crasham (London 1635, 1639, 1677).

[11] Il a déjà été question de ce Radeau, Lettre 183, p..

[12] Il s’agit du Préservatif de Jurieu : voir Lettre 188, n.12, et 190, p..

[13] Il s’agit de la Réponse au livre de M. de Condom de Brueys : voir Lettre 190, n.11.

[14] Minutoli a donc répondu favorablement à la demande de Bayle lancée dans la Lettre 179, p., et reprise dans la Lettre 188, p., en engageant Joseph Bayle comme précepteur de ses propres enfants. De son mariage du 28 avril 1671 avec Suzanne Fabri (1653-1725), cinquième des huit enfants de Pierre Fabri et d’ Adrienne Trembley, Minutoli avait, à cette date, plusieurs filles – une était morte en bas âge – et quatre fils : Paul, né en 1673, Amédée, née en 1675, Jean Barthélemy, née en 1677, et François Helen, né en 1679. Un cinquième fils, Joachim Frédéric, devait naître en 1683. Ce n’est donc pas sans raison que Bayle s’inquiète de savoir si Minutoli n’a pas engagé Joseph comme précepteur par complaisance pour son ami, plus tôt qu’il n’aurait souhaité normalement le faire... Sur la famille de Minutoli, voir Dictionnaire des journalistes, s.v., article de J.-D. Candaux.

[15] Edward Stillingfleet (1635-1699), évêque de Worcester et, depuis 1678, doyen de Saint-Paul de Londres. L’évêque de Londres, destinataire des lettres des théologiens réformés français, était depuis 1675 Henry Compton (1632-1713), un des fils cadets du comte de Northumberland autrefois chargé de l’éducation religieuse des filles du duc d’York – l’une et l’autre fermes protestantes – et qui sera l’un de ceux qui appelleront Guillaume d’Orange en 1688. L’ouvrage de Stillingfleet s’intitule The Unreasonableness of Separation, or an Impartial account of the History, Nature and Pleas of the present Separation from the Church of England, to which several late letters are annexed of eminent protestant divines abroad (London 1681, 4°) ; il connut une troisième édition « corrected » dès 1682. Les lettres sont publiées dans leur texte original, suivi de leur traduction en anglais. La lettre de Le Moyne est datée de Leyde, 3 septembre 1680 ; celle de Baux de l’Angle est du 31 octobre de la même année et celle de Claude du 3 novembre. Cette dernière lettre fut rééditée dans les Œuvres posthumes de M. Claude (v.253-263) (Amsterdam 1689) ; ce volume contient aussi aux pages 264-266, une lettre du 16 avril 1681 de Claude à Mme de R. – très probablement Mme de Ruvigny (née Marie Tallemant), belle-sœur de la comtesse de Southampton – qui avait servi d’intermédiaire entre l’évêque de Londres et le pasteur de Charenton ; Claude s’y plaint à bon droit que sa lettre ait été rendue publique sans qu’il en ait été averti ; dans une autre lettre de la même date, mais adressée à Compton (v.267-270), Claude dénonce avec une pointe d’amertume le procédé cavalier des prélats anglais et formule quelques critiques au sujet de certains usages de l’Eglise d’Angleterre et de sa hauteur envers les non-conformistes. Les deux prélats anglais, ardemment hostiles au catholicisme, désiraient opérer un rapprochement avec les non-conformistes et s’imaginaient que des témoignages huguenots en faveur de l’Eglise d’Angleterre pourraient avoir du poids auprès de ces derniers. Les pasteurs français ne pouvaient guère répondre négativement aux sollicitations venues d’Outre-Manche au moment où beaucoup de huguenots, fuyant les brimades en France, se réfugiaient à Londres et où les protestants français avaient tant besoin d’appuis à l’étranger. Toutefois, la publicité donnée à leurs lettres conciliantes avaient de quoi leur paraître tenir de l’abus de confiance et elle les plaçait en position délicate vis-à-vis de leurs coreligionnaires, du moins, en théorie, car, en pratique, il semble que l’ouvrage de Stillingfleet n’attira pas l’attention des protestants français. Ces lettres bienveillantes pour l’Eglise d’Angleterre n’allaient pas être oubliées ; Frédéric Spanheim le fils les réimprima en traduction latine en appendice à Pro Friderico Spanhemio […] seniore adversus fictiones nuperi criminatoris de varia et libera ecclesiarum politia deque anglicano episcopatu animadversionum pars specialis cum epistolis Stephani Le Moyne, D. L’Anglæi et J. Claudii ad episcopum Londinensem (Lugduni Batavorum 1684, 8°) : voir l’article que Bayle consacre à cet ouvrage : NRL, août 1684, art. V. Cet ouvrage défend la mémoire de F. Spanheim le père contre Van der Waeyen. Il reparut sous le titre De varia et libera Ecclesiarum politia, de que anglicano episcopatu ; Animadversiones adversus nuperum criminatorem (Lugduni Batavorum 1696, 8°). Un peu plus tard, Claude Grosteste de La Mothe en cita de brefs extraits dans sa Correspondance fraternelle de l’Eglise anglicane avec les autres Eglises réformées et étrangères, prouvée par une dissertation historique et par plusieurs sermons prononcez à l’occasion des réfugiez d’Orange (La Haye 1705, 12°), p.8-11, puis les redonna, intégralement, dans ses Entretiens sur la correspondance fraternelle de l’Eglise anglicane, avec les autres Eglises réformées (Amsterdam 1707, 12°), p.566-605 ; elles y étaient précédées (p.552-566) par le texte d’une lettre d’ Etienne Le Moine à Daniel Brevint, écrite au printemps 1660, dans laquelle Le Moine regrette que les circonstances historiques aient privé les Eglises réformées de France du bénéfice de l’institution épiscopale : la teneur de sa lettre de 1680 n’a donc rien de surprenant, ce qu’on ne saurait dire des lettres des pasteurs de Charenton, si on oubliait la situation difficile du protestantisme français dans les années immédiatement antérieures à la Révocation.

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