Lettre 258 : Jacques Basnage à Pierre Bayle

[Rouen, mars 1684]

« Eloge de Monsieur de Larroque, dressé par Monsieur… et envoyé à l’auteur de ces Nouvelles par M. B[asnage] M[inistre] D[e] R[ouen] » [1] .

C’est avec beaucoup de chagrin que nous inserons dans les prémices de notre travail, un éloge qui les rendra fort recommandables. Nous aimerions mieux n’avoir pas un si bon titre de recommandation dès le commencement, que de le devoir à une si grande perte. Mais puisque la mort ne se regle pas sur nos desirs, c’est à nous à faire notre devoir, selon la diversité des conjonctures agréables ou desagréables.

Monsieur de Larroque, mort à Roüen le 31 de janvier 1684 âgé de 65 ans, étoit de Clairac petite ville de Guienne, au voisinage d’Agen [2]. Son pere et sa mere qui moururent en même temps, le laisserent fort jeune sous la conduite de la parenté, et par un sort très-ordinaire aux gens de lettres, sans beaucoup de bien. Son amour pour l’etude le consola de tout dans ce triste état. Les ayant commencées sous divers maîtres, il les alla continuer dans l’académie de Montauban, et s’étant attaché à la théologie sous Messieurs Charles et Garissoles [3], professeurs célebres, qui avoient aussi alors pour disciple le fameux M. Claude [4], il y fit en peu de temps des progrès assez considérables, pour être jugé digne du ministere. Il y fut donc admis de bonne heure, et envoyé par le synode de Guienne à une petite Eglise nommée Poujols [5]. A peine y avoit-il été une année, que Messieurs de l’Eglise romaine lui contesterent le droit d’exercice, ce qui l’obligea d’aller à Paris. Il s’y fit connoître à Messieurs Le Faucheur et / Mestrezat [6], qui augurerent dès-lors avantageusement de lui. Il précha à Charenton avec beaucoup de succès, et plût si fort à feuë Madame la duchesse de La Trimoüille [7], qu’elle le demanda pour l’Eglise de Vitré en Bretagne, où elle demeuroit ordinairement. Il acquiesça pour bien des raisons aux instances de cette princesse, et se transporta à Vitré, où il a demeuré vingt-six ans, si attaché à son cabinet, qu’il y passoit quatorze ou quinze heures chaque jour.

Le public s’en appercût bien-tôt, par l’ouvrage que M. de Larroque publia contre un ministre, qui ayant changé de religion avoit fait imprimer les motifs de son changement [8]. On vit dans cette réponse, que l’ auteur avoit déja une grande connoissance de l’Antiquité, jointe à un raisonnement fort solide, et fort net, ce qui a toûjours été le caractere d’esprit de feu M. de Larroque. Quelques années après, sçavoir l’an 1665 il fit une très-sçavante Réponse au livre de l’Office du S[aint] Sacrement, composé par Messieurs de Port-Royal [9], dans laquelle il montra à ces illustres Solitaires, qu’ils avoient cité et traduit les passages des Anciens, ou avec une grande négligence, ou avec beaucoup de mauvaise foi. Son Histoire de l’eucharistie [10], qu’on peut appeller hardiment son chef-d’œuvre, parût quatre ans après, et acheva de faire connoître le mérite de ce sçavant homme.

Après tant de productions considérables, les protestans de Paris le regarderent comme un sujet fort capable de leur faire honneur, et résolurent de l’appeller au milieu d’eux. Ce juste projet auroit eu son accomplissement, si un parti d’envieux, que sa gloire et son attachement pour deux illustres personnes [11], dont le nom est assez connu, avoient formé contre lui, n’eût prévenu l’esprit de Sa Majesté. On obtint par ce moyen une défense de songer à cette nomination. M. le marquis de Ruvigni [12] fut en Cour pour cette affaire, et répondit au Roy du zele et de la fidélité de M. de Larroque pour son service. Sa Majesté, qui est naturellement bien-faisante, dit là-dessus à M. le Deputé géneral, « qu’on lui avoit voulu donner d’autres impressions, mais puisqu’il vouloit bien être la caution de l’accusé, qu’ Elle permettoit à ce ministre d’exercer sa profession par tout où on l’appelleroit, excepté à Paris ».

Une action de cet éclat fit tout le bruit qu’on se peut imaginer, mais elle ne nuisit pas à M. de Larroque, autant que ses ennemis l’eussent voulu ; car il fut demandé aussi-tôt après par plusieurs Eglises considérables. Il n’écouta aucune proposition que celle qu’on lui fit pour Saumur. L’Eglise et l’académie avoient alors à remplir une place de ministre, et une place de professeur en théologie. On lui offrit l’une et l’autre ; mais soit par modestie, soit qu’il ne voulût pas abandonner son premier genre d’étude, assez different de celui que doit avoir fait un professeur, il n’accepta que la premiere. Il se disposoit à l’aller remplir, lors que l’ intendant de la province [13] s’y opposa, je ne sçay pourquoy. Le consistoire de Saumur fit de si fortes instances pour lever cette opposition, qu’enfin elle fut levée. Mais néanmoins M. de Larroque ne voulut plus accepter l’emploi, de l’avis de M. Conrart [14] pour lequel il avoit une entiere déference, qui lui représenta que l’intendant seroit toûjours son ennemi, et qu’ainsi il ne faloit point se mettre sous son ressort. / 

Le conseil de cet ami incomparable donna lieu à M. de Larroque d’écouter d’autres vocations, qui lui furent adressées en même temps de divers endroits. L’Eglise de Montauban, celle de Bourdeaux, et celle de Roüen, le demanderent pour leur ministre ; il préfera la derniere aux deux autres, par le conseil de ses amis. Il se transporta donc à Roüen, pour y exercer son ministere, et c’est là qu’en faisant valoir les rares talens que Dieu lui avoit confiez, il a travaillé jusques à sa mort au salut des ames, et à l’éclaircissement de la verité, avec une application infatigable. Roüen étoit un lieu fort propre à un homme comme lui ; car c’est une ville pleine de gens d’esprit et de sçavoir, bien fournie de bibliotheques. Il s’y est acquis une grande réputation, même parmi les sçavans de l’autre parti, et l’illustre M. Bigot [15] qui les assemble toutes les semaines dans sa maison, pour des conversations libres et curieuses, étoit fort aise que M. de Larroque s’y rendît. Il y alloit en effet, et y faisoit admirer sa profonde connoissance dans l’histoire ecclesiastique.

Peu après son arrivée à Roüen, M. David si connu parmi les sçavans par son érudition, et par la guerre qu’il a faite à Messieurs de Marca, Justel, et de Launoi [16], l’attaqua sur l’une des Deux Dissertations latines qu’il avoit publiées l’an 1670 et dédiées à M. d’Amproux, conseiller au Parlement de Paris [17]. M. de Larroque avoit renversé le sentiment du P[ere] Petau sur le temps de la naissance, et de la condamnation de l’héresie de Photin. Ses preuves avoient paru très-solides à bien des gens ; mais M. David, qui d’ailleurs étoit fort persuadé que l’epoque du P[ere] Petau étoit fausse, ne trouva pas que M. de Larroque l’eût bien ruïnée. C’est pour cela qu’il écrivit contre lui, et c’est ce qui donna lieu à la réponse que lui fit M. de Larroque, et qu’il dédia à M. Conrart leur ami commun.

Depuis ce temps-là ce sçavant ministre a publié divers ouvrages sur des matieres differentes. Il en a fait un qui s’intitule, Considérations sur la nature de l’Eglise [18]. Un autre beaucoup plus gros, où il montre la Conformité de la Discipline des protestans de France, avec celle de la primitive Eglise [19]. Un autre encore en latin, pour défendre le sentiment de M. Daillé, sur les lettres de s[aint] Ignace, et sur les constitutions apostoliques, contre Messieurs Pearson, et Beveregius, deux docteurs anglois fort célebres. Ils ont écrit une seconde fois pour défendre leur opinion [20], et il avoit dessein de leur repliquer, comme on l’a vû par l’ouvrage manuscrit, qu’on a trouvé fort avancé parmi ses papiers ; mais à la priere de quelques personnes qui panchoient un peu trop du côté des episcopaux, il n’acheva pas cette replique. Le dernier ouvrage qu’il a publié, est une Réponse au traité de M. de Meaux de la communion sous les deux especes [21]. Quoi qu’il n’y eût pas mis son nom, on ne laissa pas de connoître qu’elle venoit de lui. On le reconnut à la maniere dont elle est écrite, honnête*, déchargée de digressions, et d’ornemens superflus, et pleine de remarques puisées dans la plus profonde antiquité.

Mais quelque grande idée que tous les ouvrages imprimez de feu M. de Larroque nous donnent, de l’étenduë, et de l’exactitude de / son sçavoir, on la peut appeler médiocre en comparaison de ce que l’on auroit vû, si Dieu lui eût fait la grace d’achever ce qu’il avoit commencé. Comme il étoit l’un des hommes de France le plus capable de composer une bonne histoire ecclesiastique, tous ses amis l’avoient exhorté à l’entreprendre, et il y travailloit effectivement avec la derniere application. Il se proposoit d’en publier un volume tous les ans, et d’y joindre plusieurs dissertations, qui auroient également fait paroître sa bonne foi, et sa science. Il n’avoit encore conduit son ouvrage que jusqu’à la moitié du quatrieme siecle, et c’est la seule chose que le public ne perdra pas d’un si vaste, et d’un si riche bâtiment [22]. On a trouvé aussi parmi ses papiers un Traité fort exact de la régale [23], où il prouve que les rois de France, depuis Clovis, ont eu ce droit sur toutes les Eglises cathedrales de leur royaume. Cela avec quelques autres petits traitez, auxquels cet illustre mort avoit mis la derniere main, pourra faire un volume d’une assez juste grandeur. M. de Larroque, digne fils d’un tel pere, aura soin d’en faire part au public [24].

Il ne se borne pas à cela ; il promet un recueil exact de toutes les dissertations, qu’il a trouvées dans l’histoire des trois cens cinquante premieres années de l’Eglise ; et il veut les mettre en latin en faveur des etrangers [25]. On sera fort aise d’apprendre cette nouvelle, sur tout si nous ajoûtons quelque chose concernant le détail de ce recueil. C’est pourquoi nous faisons sçavoir au public qu’on y verra des dissertations, 1. sur la legion foudroyante, où on montrera que ce qu’on en a dit est fort incertain. 2. Sur l’origine de la tonsure des ecclesiastiques. 3. De orariis. 4. Sur la maniere dont le clergé saluoit le peuple, ce qui servira à expliquer ce passage de s[aint] Cyprien, au sujet d’ Aurele qu’il vouloit ordonner lecteur, Dominico interim legit nobis, id est, auspicatus est pacem, dum dedicat lectionem ; ce que M. Rigaud n’a pas entendu, non plus que M. Lombert, qui a suivi le sentiment de M. Rigaud, dans la belle et exacte traduction qu’il nous a donnée de ce Pere [26]. 5. Sur la lettre du concile d’Antioche, qui condamna Paul de Samosate [27]. 6. Sur la dixieme persécution, que l’on verra plus exactement décrite que dans toutes les histoires précédentes, parce que M. de Larroque a tiré de grandes lumieres du traité de Lactance, De mortibus persecutorum, publié depuis peu d’années par M. Baluze [28]. 7. De sacerdotibus secundi ordinis, et archidiaconis. 8. De ordinibus ex quibus episcopi sumebantur. 9. De epistolis tractoriis. 10. De narthece veteris Ecclesiæ. 11. De energumenis et . 12. De pœnitentibus eorumque gradibus. 13. De antiquo ritu dimittendi ab Ecclesia catechumenos, energumenos, et pœnitentes. 14. De duplici catechumenorum genere. 15. De tempore quo obtinere cœpit in Ecclesia occidentali hæc loquendi formula, episcopus Dei gratia et sedis apostolicæ. 16. De pluralitate beneficiorum, ut vulgo loquuntur. 17. De nudipedalibus. Comme celui dont nous attendons ces morceaux de l’histoire ecclesiastique a beaucoup d’esprit, et de lumieres, on ne doit pas appréhender qu’ils perdent entre ses mains quelque partie de leur éclat.

Tout ce que nous venons de dire regarde / l’esprit de M. de Larroque. C’est un champ fort vaste ; mais si nous voulions parler des qualitez de son cœur, nous trouverions encore plus de matiere. C’étoit une ame d’une droiture presque inconnuë dans ce siecle, qui regardoit sans envie le mérite des autres sçavans, et qui fermoit les yeux sur ses belles qualitez. C’étoit un grand et rigide observateur de la discipline, qui ne se contentoit pas de declamer en chaire contre le vice en géneral, mais qui le persecutoit en tous lieux, au hazard de se faire des ennemis par la severité de sa morale. Il préchoit d’exemple, et faisoit paroître dans tous les fâcheux accidents de la vie, une fermeté veritablement chretienne. Il s’acquittoit de sa charge avec tant de ponctualité, qu’il n’en voulut jamais discontinuer les fonctions, pendant une fievre quarte qui lui dura dix mois, après la vocation de Saumur ; il ne voulut point, dis-je, discontinuer, ni les fonctions de son ministere, ni ses études, quoy que les médecins l’assûrassent qu’un mal qui avoit souvent des accès de 36 heures, ne s’en iroit point s’il ne se donnoit du repos. Les malheurs des Eglises de France dans ces dernieres années, lui étoient incomparablement plus sensibles, que si c’eussent été des aflictions particulieres à sa famille. Si ces malheurs doivent durer, on peut dire de lui ce que Ciceron a dit d’un autre ; ii rempublicam casus sequuti sunt, ut mihi non erepta L[ucio] Crasso à diis immortalibus vita, sed donata mors esse videatur [29], que Dieu ne lui a pas ôté la vie, mais qu’il lui a fait présent de la mort.

Notes :

[1] Nous reproduisons le texte intégral de l’article des NRL. L’introduction est due à Bayle ; il est déclaré dans le titre que le texte lui a été envoyé par M. B[asnage] M[inistre] d[e] R[ouen]. Il nous semble probable que Daniel de Larroque a fourni un mémoire, qui a été mis en forme par Jacques Basnage ou par Bayle.

[2] L’Église réformée de Clairac, qui disposait de deux pasteurs, appartenait au colloque du Haut Agenais (province synodale de Basse Guyenne).

[3] Paul Charles (vers 1585-1648) reçut la main d’association au synode provincial de Réalmont en 1610. En 1614, il devint pasteur et professeur de théologie à Orthez, cette dernière charge disparaissant avec la suppression de l’académie en 1620. Il resta pasteur à Orthez une dizaine d’années. En 1637, il devint pasteur à Castres et, en 1645, professeur de théologie à Montauban, où il mourut trois ans plus tard. Antoine Garrissoles (1587-1651), qui professa la théologie à l’académie de Montauban de 1627 à sa mort, dispensa également des cours de grec, d’hébreu et de philosophie entre 1630 et 1645. Voir M. Nicolas, Histoire de l’ancienne académie protestante de Montauban (1598-1659) et de Puylaurens (1660-1685) (Montauban 1885), resp. p.189-192, 169-180.

[4] Jean Claude étudia la théologie à Montauban de 1642 à 1645, et Mathieu de Larroque de 1640 à 1643 : voir M. Nicolas, Histoire de l’ancienne académie de Montauban, p.287-289.

[5] L’Église de Pujols, dans le colloque du Bas Agenais.

[6] Sur Michel Le Faucheur, pasteur de Charenton, voir Lettre 11, n.16 ; sur Jean Mestrezat, également pasteur de Charenton, voir Lettre 10, n.11.

[7] La veuve d’ Henri-Charles de La Trémoille (1620-1672), Amélie de Hesse-Cassel (1628-1693), fille du Landgrave, s’était retirée à Vitré ; elle y vécut jusqu’en 1685, puis obtint la permission d’aller s’établir à Francfort-sur-le-Main. A la différence de son mari, qui avait abjuré le protestantisme en 1671, la duchesse de La Trémoille fut sa vie durant une réformée convaincue.

[8] Cette Response aux motifs de la conversion de Daniel Martin, ministre du Béarn, par Mathieu de Larroque, actuellement introuvable, semble avoir été publiée vers 1665. Le pasteur Daniel de Martin avait abjuré en 1642 à l’âge de 70 ans, convaincu par son propre fils devenu barnabite après avoir étudié à Lescar dans un collège tenu par cet ordre. L’ouvrage du nouveau converti s’intitulait La Conversion très-heureuse de M. Daniel de Martin, cy-devant ministre de Castetijs et autres lieux en Béarn. Contenant la recognoissance et declaration de quelques principaux motifs d’icelle (Bourdeaux 1642, 8°), ouvrage réédité en 1644 et en 1645, qui apparemment avait conservé une certaine notoriété pour que M. de Larroque y ait répondu après tant d’années.

[9] Mathieu de Larroque, Response à un livre intitulé « L’Office du Saint-Sacrement », venu des MM. de Port-Royal (Charenton 1665, 8°). Sur ce livre de dévotion janséniste incriminé par le pasteur, voir Lettre 18, n.21.

[10] Mathieu de Larroque, Histoire de l’Eucharistie divisée en trois parties, dont la premiere traitte de la forme de la célébration, la seconde de la doctrine, et la troisieme du culte, (Amsterdam 1669, 4°).

[11] L’une des deux personnes mentionnées est évidemment la duchesse de La Trémoille (voir ci-dessus n.7). Dans l’article du DHC qu’il consacre à Mathieu de Larroque, Bayle parle de l’appel que l’Église de Charenton avait adressé à ce pasteur en 1669, mais il ne lève pas le voile sur l’identité des « quelques faux freres » dont « l’envie […] fut si violente qu’ils firent joüer des machines pour préoccuper la cour contre lui ».

[12] Sur Henri de Massue, marquis de Ruvigny, député général des Eglises réformées, voir Lettre 47, n.8.

[13] Cet intendant de la province de Saumur s’appelait M. Voisin (voir DHC, « Larroque »).

[14] Sur Valentin Conrart, membre éminent du milieu huguenot à Paris, voir Lettre 72, n.5, N. Schapira, Un Professionnel des Lettres au XVII e siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale (Paris 2003), et Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[15] Sur Emeric Bigot, érudit de Rouen, voir Lettre 69, n.2.

[16] Jean David, intendant du prince de Soubise, publia un dissertation Des jugemens canoniques des évesques. Avec une dissertation qui nous découvre le sujet pour lequel les auteurs qui ont recherché jusqu’ici quel étoit le concile plénier dont saint Augustin a parlé en se disputant contre les donatistes, se sont égarés dans cette recherche (Paris 1671, 4°), dont les 914 pages attirèrent une réponse de Jean de Launoy : Remarques sur la dissertation où l’on montre en quel temps l’Eglise universelle a consenti à recevoir le baptesme des hérétiques (Paris 1671, 8°). David répliqua par une Réponse aux « Remarques » de M. de Launoy sur la dissertation du concile plénier dont a parlé S. Augustin (Paris 1671, 8°), à laquelle Launoy répondit encore par un Examen de la préface et de la réponse de M. David aux remarques sur la dissertation du concile plénier (Paris 1672, 8°). Ce débat visait aussi l’ouvrage déjà ancien de Christophe Justel (1580-1649), secrétaire du duc de Bouillon et historiographe de France, Nomocanon Photii patriarchæ Constantino-politani, cum commentariis Theodori Balsamonis patriarchæ Antiocheni, C.J. ex Bibliotheca Palatina nunc primum Græce edidit. Accessere Photii, Nili metropolitæ Rhodi et anonymi tractatus de synodis œcumenicis (Parisiis 1615, 4°). Quant à la « guerre » avec Pierre de Marca (1594-1662), archevêque de Toulouse puis de Paris, Basnage renvoie sans doute à l’édition établie par Etienne Baluze des Opuscula de Pierre de Marca, auxquels étaient joints un opuscule de Jacques Sirmond et la Dissertatio de Photino hæretico de Petau (Parisiis 1681, 8°).

[17] L’ouvrage de Larroque s’intitulait : Dissertatio duplex : I. De Photino hæretico, ejusque multiplici damnatione. II. De Liberio Pontifice romano (Genevæ 1670, 8°), dédié à J ean Amproux (parfois Emproux), sieur de La Massaye, conseiller au Parlement de Paris : sur celui-ci, voir Lettre 156, n.8 et 9. Larroque s’en prenait ici aux arguments du Père Denis Petau De Photino hæretico dissertatio (Parisiis 1636, 12°) ; et Jean David lui répondit dans sa dissertation Des Jugements canoniques des évesques (Paris 1671, 4°), ouvrage qui donna lieu aux Considérations servant de response à ce que M. David a écrit contre la dissertation de Photin (Rouen 1671, 4°) de Larroque. On trouvera une bibliographie d’études sur la méthode historique et sur la théologie du Père Denis Petau (1583-1652) dans L. Polgár, Bibliographie sur l’histoire de la Compagnie de Jésus, 1901-1980 (Les Personnes) (Roma 1990), ii.658-660.

[18] M. de Larroque, Considérations sur la nature de l’Eglise, et sur quelques unes de ses propriétés (Quevilly 1673, 12°).

[19] M. de Larroque, Conformité de la discipline ecclésiastique des Protestans de France avec celle des anciens chrétiens (Rouen 1678, 4°).

[20] Sur cet ouvrage de Mathieu de Larroque, voir Lettre 68, n.16, et sur les attaques des deux théologiens anglais, Pearson et Beveridge, contre les thèses de Daillé, défendues par Larroque, voir Lettre 36, n.7. Beveridge avait répondu à Larroque dans son Codex canonum ecclesiæ primitivæ vindicatus ac illustratus (Londini 1678, 4°).

[21] M. de Larroque, Response au livre de l’évêque de Meaux « De la communion sous les deux espèces » (Rouen 1683, 12°).

[22] Basnage semble faire ici et plus loin allusion aux traités de Mathieu de Larroque publiés par son fils Daniel dans le recueil Adversariorum sacrorum libri tres, opus posthumus. Accessit diatriba de legione fulminatrice (Lugduni Batavorum 1688, 8°).

[23] Ce traité parut posthume, édité par Daniel de Larroque : Nouveau traité de la régale où l’on prouve invinciblement le droit que nos rois ont toujours eu de pourvoir aux Eglises vacantes (Rotterdam 1685, 12°).

[24] Mathieu de Larroque avait eu d’un premier mariage un fils et homonyme, qui abjura : voir Lettre 194, n.4. Daniel de Larroque fut fils d’un second mariage et il avait deux sœurs cadettes ; c’est, bien entendu, de lui qu’il est question ici.

[25] Dans l’art. du DHC consacré à Daniel de Larroque (rem. A), Bayle veut encore espérer « que le public jouïra un jour de ce beau travail », mais il ne semble pas que Larroque ait accompli ce travail de compilation et de traduction. Seul le premier traité mentionné par la suite, celui traitant de la « légion foudroyante », a paru dans le recueil signalé ci-dessus n.22.

[26] Pour le passage de saint Cyprien que cite Basnage, voir N. Rigaltius, Sancti Cæcilii Cypriani opera (Parisiis 1666, folio), Epistolæ , xxxiii, p.47 (dans les éditions plus récentes, notamment l’édition bilingue du chanoine Bayard de la Correspondance de saint Cyprien (Paris 1925, 8°, 2 vol.), cette lettre porte le numéro xxxviii). Il s’agit de la nomination en 250 ap. J.-C. par Cyprien, évêque de Carthage, du jeune Aurelius à l’office de lecteur. Basnage fait également allusion à la traduction des Œuvres de saint Cyprien eveque de Carthage et martyr traduites en françois, par Monsieur Lombert. Avec des remarques (Paris 1672, 4°), lettre xxxii, p.113. Sur le traducteur Pierre Lombert, voir Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[27] Paul de Samosate, évêque d’Antioche vers 206, fut l’auteur d’une hérésie qui niait la Trinité divine et la divinité de Jésus-Christ. La lettre du synode d’Antioche de 268 condamnant Paul de Samosate, partiellement conservée par Eusèbe ( Historia Ecclesiastica, vii.30), constitue une des principales sources de renseignements sur cette hérésie.

[28] L. Cæcilii Lactantii De Mortibus persecutorum liber (Oxford 1680, 12°). Sur cette édition de Lactance par Baluze, voir Lettre 179, n.18.

[29] « si ces malheurs doivent durer, etc. » Voir Cicéron, De l’orateur, III.ii.8, où le texte porte : « ei tamen reipublicæ casus ... » : « les désastres nationaux qui ont suivi m’ont fait penser que Dieu n’a pas ôté la vie à L. Crassus mais qu’il lui a fait présent de la mort ».

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