Lettre 281 : Jean Le Clerc à Pierre Bayle

• Amsterdam le 3 Juin 1684

Vous fites fort bien, Monsieur, de corriger quelques endroits du memoire que je vous envoyai, il y a quelques jours touchant le Theatro brittanico [1]. Si j’avois eu le temps de le transcrire vous n’auriez pas eu cette peine là ; outre que peut être • j’avois parlé un peu trop hardiment de la conspiration d’Angleterre, qui fait un article du credo de quelques personnes zelées [2].

Je ne sai point de livre nouveau que l’on imprime ici si ce n’est les Epîtres de Grotius qui ne sont pas encore achevées, et qui ne le seront même de long temps [3]. Je vous envoye un titre des œuvres du chancelier Bacon qui verront bien tôt le jour [4]. C’est un ouvrage qui n’est pas nouveau, mais que l’on n’avoit jamais imprimé en cette forme, et dont les parties n’avoient jamais été ramassées en un même corps. Vous trouverez aussi dans ce paquet le titre d’un ouvrage anatomique qui paroîtra bien tôt [5]. C’est un recueil de divers traitez particuliers des anatomistes modernes, où il y aura diverses pieces de Malpighius etc. qui n’ont point encore vû le jour. Toutes ces pieces ensemble feront une Anatomie complette composée des plus excellens traitez que l’on trouve des plus celebres anatomiciens de toute l’Europe.

C’est là tout ce que je vous puis dire de nouveau ; il se peut faire qu’on imprime des choses que je ne sai point, parce que je n’ay accoûtumé d’aller que chez quelques libraires. Dailleurs je ne suis curieux que pour une certaine sorte de livres, et je ne m’informe pas des autres que l’on imprime tous les jours. Si l’on imprimoit ici quelque livre de Mr Arnaud, ce seroit la veuve Schiper [6], et une personne qui la voit assez souvent m’a dit qu’il ne croioit pas qu’elle eût rien sous la presse de Mr Arnaud. On a bien parlé il y a quelque temps, de faire imprimer de nouveau le journal de S[aint] Amour, avec quantité d’autres pieces des jansenistes qui feroient en tout troi[s] volumes in folio, mais je ne sai pas assurément s’ils executeront ce dessein [7]. Quoy qu’il en soit si je decouvres [ sic] quelque chose de tout cela je ne manquerai pas de vous en avertir.

Mr Desbordes [8] m’a dit que vous seriez bien aise d’apprendre ce que l’on dit de vos Nouvelles, et vous connoissant comme je fais, je croi que vous ne serez pas fâché si je vous dis ce que j’en ai oüi dire. On dit en général que l’ auteur des nouvelles s’étend trop sur des choses qui ne sont pas si necessaires, et qu’on pourroit aisément reduire les cinq feuilles à troix, / 

ou même à deux. Et je crois qu’il suffiroit d’avoir au bout de l’année de quoy faire un volume, au lieu que sur ce pied là il y en aura deux gros. Quelques autres disent que ce que l’on souhaite n’est pas d’avoir tous les mois des reflexions de l’auteur sur les livres qu’on imprime, mais des extraits fideles par où l’on puisse voir s’ils meritent qu’on les achette ou qu’on les lise. On en saura bien juger en suite sans les lumieres de l’auteur, qui débite mal à propos (ce sont les propres termes d’un homme d’esprit) ses lieux communs à l’occasion du titre des livres. On dit aussi qu’il paroît clairement qu’il y a de certains livres dont l’auteur n’a vû tout au plus que la préface, et dont on souhaiteroit d’avoir des extraits. On ajoûte encore, qu’il y a des nouvelles ridicules, et diverses remarques inutiles sur des choses de nulle importance. On trouve mauvais qu’on fasse des extraits du Journal des savans, et l’on dit que ceux qui l’impriment ici tous les ans s’en pourront bien plaindre. On dit aussi qu’il est inutile de parler d’un livre deux fois ; et que les renvois que l’auteur fait de parler de certains livres à une autre fois fait voir qu’il ne les a pas lûs ; et qu’il suffiroit bien d’en parler apres les avoir lûs. On se plaint, que l’auteur mêle trop de medisance dans ces jugemens, et l’on dit que plûtot que de medire d’un livre il faudroit l’omettre. Le soin que l’auteur prend de justifier par tout la religion protestante est loüable, dit-on, mais il n’est pas de saison et il doit reserver les remarques qu’il peut faire sur ce sujet pour quelque livre de controverse [9]. Voila tout ce que j’en ai oui dire en general. Voici en particulier quelques endroits qui ne plaisent pas universellement.

Dans la Préface, que l’on trouve trop longue, p. 10 : « Je ne comprens pas comme j’ose etc. » [10] On trouve que ce compliment sent un peu le galimathias, et qu’on pouvoit dire sans détour les raisons que l’on peut avoir de faire un journal ici quoy qu’on en fasse divers ailleurs.

p.19 et seqq. Les reflexions que l’on fait à l’occasion du livre de La Bête transformée etc. paroissent trop longues [11].

p.22. Mr Descartes ne bâtit pas son systeme dans son imagination sans penser à l’ame des bêtes, puisque c’en est une grande partie [12] ; et l’on ne voit pas que l’on puisse dire que le sentiment commun est revêtu « de quelque certitude et de quelque évidence ». La reflexion de morale qui est ici seroit mieux placée dans quelque autre livre que dans celuy-ci.

p.62. « Qu’un gros rat s’est accouplé etc » [13]. Cette nouvelle paroit fort apocriphe, et l’on ne comprend pas comme le rat et la chatte ont voulu avoir des temoins de leurs amours pour les aller ensuite deshonorer en publiant une espece de crimes contre la nature.

p.81. La remarque sur le mot de  [14] n’est pas particulière à Mr / Graevius, et ce n’est une chose ni rare ni nouvelle.

86. Ce n’étoit pas la peine de mettre ici une correction d’un passage de Lactance [15].

98. On croit que c’auroit été mieux fait d’omettre cette Vie de Madame Eliot [16]. Les livres de cette sorte ne meritent pas qu’on en parle, à moins qu’on ne vueille mettre dans le journal une infinité de bagatelles, comme le livre de Mr Caramüel [17].

108. La remarque sur l’ archeveque Laud me regarde [18], mais ce n’est pas ce qui m’en fait parler ; étant aussi grand amateur de la liberté que je le suis, je ne saurois trouver mauvais que chaqu’un ait ses sentimens. Mais si les lettres de l’archevêque ne le justifient pas, je ne voudrois pas soupçonner comme vous faites, un homme que toute l’Angleterre, si ce n’est les presbyteriens emportez, regarde presque comme un martyr[,] témoin le Cyprianus anglicus d’un des plus fameux docteurs d’Angleterre [19]. Tout ce dont on l’accuse c’est de n’avoir pas voulu consentir que l’on abolit les ceremonies de l’Eglise anglicane, que les presbyteriens traitent de restes du papisme ; en sorte que si quelqu’un les soûtient, ils disent d’abord qu’il est papiste. Je ne sai si l’on dit mieux la « religion anglicane » que la « religion gallicane », mais je sai bien que c’est plûtôt pour soutenir la religion de l’Eglise anglicane que pour la vouloir détruire qu’on a fait mourir cet archeveque.

127. Il y a ici une espèce d’insulte à la misere de Mr Arnaud [20], que l’on ne trouve point bonne, non plus que celles de celuy qui a fait son Esprit [21].

128. Il falloit, comme le croient quelques uns, se contenter de narrer, sans tirer des consequences de ce que dit Maimbourg [22], puis qu’il ne s’agit pas ici de faire sa critique.

135. On dit que cette page est un petit galimathias pour remplir le papier, et n’est bonne qu’a faire naître des idées peu honnêtes [23].

141. Ces décisions de l’Université d’Oxford sont une condamnation de diverses propositions des presbyteriens plûtôt que des papistes [24]. Et les presbyteriens, que l’on regarde comme les veritables reformez, ont en Angleterre des maximes fort pernicieuses à l’egard des roys. Ils n’ont rien à reprocher aux papistes là dessus ; et il[s] font la même chose à l’égard du duc d’Yorc, • que les ligueurs firent contre Henri IV. De plus la Sorbonne a parlé bien des fois assez hardiment contre les Papes. Ainsi tout ceci n’est point trop favorable aux réformez.

146. La remarque touchant Monsieur Stephano Cosmi etc. est assez inutile [25].

148. On se met peu en peine de savoir si Mr Patin retournera à Paris ou non ; et l’on croit que la chose n’est pas de si grande importance qu’il faille dire deux fois ce qu’on en conjecture [26]. / 

191. On pouvoit omettre ces « Reflexions », et l’on dit qu’on n’avoit que faire de cet antidote pour ne se laisser pas corrompre aux propositions de l’éveque [27].

203. L’ Arlequin procureur ne meritoit pas, comme l’on croit, d’être inseré dans ces Nouvelles. Et le petit lieu commun touchant l’utilité de la comedie ne fait pas trop bon effet ici [28].

213. On dit que sur l’article du Pere Thomassin [29] il valloit mieux faire un extrait des matieres qu’il traite, et de la methode qu’il observe que de le railler ou de railler les Peres.

Voilà, Monsieur, ce que j’ay ouï dire de vos nouvelles, et que je vous rapporte dans les mêmes termes qu’on l’a dit. Ce n’est pas de mon chef que je vous parle, je vous puis assurer que ce sont des gens de bon goût, et je crois que vous le reconnoitrez assez par une partie de leurs remarques. J’ay au reste à vous dire que tout le monde les estime, et souhaite d’en voir la continuation. Je crois que vous ne vous facherez pas de la naïfveté* avec laquelle je vous ai rapporté ce qu’on en dit ; c’est comme je voudrois que mes amis en usassent avec moy si je donnois quelque ouvrage au public. Je suis, Monsieur, de tout mon cœur

Vôtre tres humble et tres obeissant serviteur
Le Clerc

Notes :

[1] Voir Lettre 263. La publication du mémoire de Le Clerc avec les corrections de Bayle se fit dans les NRL du mois d’avril 1684, art. IV.

[2] Allusion au « complot papiste » dénoncé par Israel Tonge ; Bayle avait suivi l’affaire de près et rapidement soupçonné l’imposture. Le passage de son mémoire auquel Le Clerc fait ici allusion a été supprimé dans l’article des NRL.

[3] Grotius, Epistolæ quotquot reperiri potuerunt, in quibus præter hactenus editas, plurimæ theologici juridici philologici historici et politici argumenti occurrunt (Amstelodami 1687, folio). Le Clerc devait en publier deux extraits dans la Bibliothèque universelle et historique, janvier 1686, p.1-29 et février 1686, p.121-166. Voir J. Ter Meulen et P.J. Diermanse, Bibliographie des écrits imprimés de Hugo Grotius (La Haye 1950), p.605.

[4] Bayle annonce brièvement la parution prochaine de ces œuvres dans les NRL de juin 1684, cat. v : Francisci Baconi de Verulamio […] Opera, quae extant omnia in unum corpus collecta, et sex voluminibus comprehensa (Amsterdam 1684, 12°).

[5] Le frère de Jean Le Clerc, Daniel, avait publié avec Jean-Jacques Manget, Bibliotheca anatomica, sive recens in anatomia inventorum thesaurus locupletissimus (Genève 1684, folio) : voir NRL juin 1684, cat. iv ; une nouvelle édition devait paraître dès l’année suivante, 2 vol. in-folio

[6] Lors de son exil aux Pays-Bas à partir de 1679, Antoine Arnauld fut accompagné par son fidèle secrétaire Léonard de Guelphe. En 1681, celui-ci entra en relation avec Jean de Neercassel, évêque de Castorie, qui le mit en contact avec Juste Mödersohn à Amsterdam ; Mödersohn permit à Guelphe d’entrer en négociation avec la veuve Schippers, libraire-imprimeur, et, avec elle, Guelphe organisa la publication de la première édition de l’ Apologie pour les catholiques d’ Arnauld en octobre 1681 ; elle s’occupa aussi de la réédition du Nouveau Testament dit de Mons et de l’édition des Lettres provinciales en quatre langues. Mais le grand projet que Guelphe négocia avec elle devait échouer : les indélicatesses de la veuve Schippers, qui n’hésita pas à rééditer les livres d’ Arnauld pour son propre compte sans en avertir l’auteur, provoquèrent l’indignation du secrétaire, qui se brouilla avec elle. Malgré l’intervention de Neercassel et de Pierre Codde, archevêque de Sébaste, qui cherchèrent à éviter le scandale, l’édition projetée du « Grand Recueil », recueil historique de documents sur Port-Royal et le jansénisme, ne vit pas le jour. I. van Eeghen, De Amsterdamse Boekhandel van, ne mentionne aucun livre d’ Antoine Arnauld édité par la veuve Schippers, mais sa documentation est incomplète : voir Léonard de Guelphe, Relation de la retraite de M. Arnauld dans les Pays-Bas (s.l. août 1733) ; A. McKenna, « Léonard de Guelphe, secrétaire du grand Arnauld », Chroniques de Port-Royal, 35 (1986), p.41-70, et Dictionnaire de Port-Royal, art. « Guelphe ».

[7] Louis Gorin de Saint-Amour, Journal de ce qui s’est fait à Rome dans l’affaire des Cinq Propositions (Paris 1662, folio, 2 parties en un vol.) ; ce projet d’une nouvelle édition ne s’est pas réalisé. Sur l’auteur du Journal, voir Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[8] Henri Desbordes, le libraire qui imprime les NRL.

[9] Jean Le Clerc critique les allusions anticatholiques que Bayle a glissées dans ses articles : soit celles contenues dans la présentation du Recueil de quelques pieces curieuses (Amsterdam 1684, 12°), que Bayle a fait paraître chez Desbordes (voir NRL mars 1684, art. III), soit les digressions que lui inspire l’ Histoire de la Ligue de Louis Maimbourg (Paris 1684, 12°), recensée dans les NRL d’avril 1684, art. III.

[10] Dans sa préface des NRL, après avoir fait l’éloge du Journal des sçavans et des Philosophical transactions, Bayle ajoute à propos des Acta eruditorum : « J’ay trouvé qu’ils surpassent la grande réputation qu’ils se sont acquise, et ils m’ont parû si judicieux, si exacts, si diversifiez, que je ne comprens pas comment j’ose après cela me mêler d’un semblable ouvrage. »

[11] Dans l’article qu’il consacre à Jacques Darmanson, La Bête transformée en machine, (s.l. 1684, 12°) ( NRL mars 1684, art. II), Bayle développe pour la première fois son point de vue hostile à la théorie cartésienne de l’animal-machine. On sait que cette question sera longuement reprise dans l’art. « Pereira » du DHC. Depuis le 8 septembre 1683, Darmanson était citoyen d’Amsterdam ; il devint plus tard professeur de philosophie à Francfort : voir C.L. Thijssen-Schoute, Nederlands Cartesianisme. Verhandelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen (Amsterdam 1954), p.198-199.

[12] Dans son article (voir n.11), Bayle avance que Descartes n’a adopté le « dogme des automates » « qu’à cause qu’il a été contraint de se jetter dans ce précipice, pour soûtenir ce qu’il avoit une fois avancé ».

[13] Dans l’« Extrait d’une lettre écrite de Londres » ( NRL mars 1684, art. VI) : « Un gros rat s’est accouplé avec une chatte, qui a fait des petits qui tiennent du rat et du chat ; on en a mis un au Parc où sont les animaux que sa Majesté Britannique fait nourrir. » Voir Lettre 252, p., et n.13.

[14] Dans l’art. VIII des NRL de mars 1684 consacré à l’ Apotheosis, seu consecratio Homeri, cum explicatione gemmae Augustae (Amsterdam 1683, 4°) de Gijsbert Kuiper (Cuper), Bayle s’arrête sur la signification de [ pistis], que, selon lui, Cuper traduit par « rhétorique » et non par « foi » : « Ce sens étoit inconnu aux Gentils, et M. Grævius, dont l’érudition est si grande, lui donne une origine hebraïque. » Plus exactement, pistis signifie soit « croyance, foi », soit « ce qui fait croire, preuve ».

[15] Cuper, dans l’ouvrage susmentionné, corrige un vers de Virgile cité par Lactance et estropié par Baluze.

[16] Jean Crasset, La Vie de Madame Helyot (Paris 1683, 8°), ouvrage recensé dans les NRL de mars 1684, cat. x.

[17] Johannes Caramuel y Lobkowitz (1606-1682), évêque de Vigevano, Leptótatos Latine subtilissimus, de nova Dialecto Metaphysica (Viglevani 1684, folio), ouvrage recensé très défavorablement dans les NRL de mars 1684, cat. xiii ; voir aussi le JS du 3 juillet 1684. Cet ouvrage avait eu en 1681 une première édition au titre plus développé : Leptótatos latine subtilissimus. Est Opus Ingeniosum et Novum, Sublimium Scientiarum Professoribus maximè necessarium. Demonstrat enim […] ubi debebant propria et Conceptus exprimere, haesisse omninò […] Et […] dialectum metaphysicam, brevissimam, facillimam, et significatissimam exhibet (Viglevani 1681, folio). Il s’agit d’une tentative de créer une langue philosophique idéale.

[18] « On écrit differemment selon les personnes avec qui l’on entretient commerce de lettres. […] et si j’avois à justifier l’archevêque de Cantorberi, William Laud, de l’accusation qui lui a été intentée d’avoir voulu abolir la religion anglicane, je ne me servirois pas des lettres qu’il écrivoit aux bons huguenots […] S’il avoit de mechans desseins (c’est une question sur quoi je n’ai rien à dire) il sçavoit bien à qui il en faloit faire confidence, et qu’il faloit écrire aux autres selon les apparences qu’il gardoit. » : NRL avril 1683, art. I.

[19] Il s’agit de l’archevêque de Cantorbéry, William Laud, exécuté en 1645. Voir Peter Heylyn, Cyprianus Anglicus, or, The history of the life and death, of the most reverend and renowned Prelate William by divine providence, Lord Archbishop of Canterbury ... Containing also the ecclesiastical history of the three kingdoms of England, Scotland, and Ireland from his first rising till his death (London 1668, folio).

[20] Le Clerc se réfère à l’art. II des NRL d’avril 1684, consacré à la Réponse de l’auteur de la Recherche de la vérité au livre de M. Arnaud « Des vrayes et des fausses idées » (Rotterdam 1684, 12°). En conclusion de cet article, Bayle évoque « les afflictions de M. Arnaud [qui] ne l’empêchent pas de faire des livres » et précise : « Il a perdu depuis peu la Mere Angelique sa sœur, cette celebre Superieure de Port-Royal, et Messieurs de Sassi et de Luzanci ses neveux, et il a vû M. Nicole, ce grand Pilier du parti, s’accommoder avec les Jesuites. On ne compte pas certains ouvrages qui depuis un an l’ont maltraité coup sur coup d’une maniere épouvantable. » Le dernier trait était une allusion à L’Esprit de M. Arnauld de Jurieu.

[21] Allusion à l’ouvrage de Jurieu, L’Esprit de M. Arnaud, sur lequel voir Lettre 213, n.39.

[22] Louis Maimbourg, Histoire de la Ligue (Paris 1684, 12°) : voir NRL avril 1684, art. III.

[23] Ibidem. Cette p.135 correspond aux « paroles désobligeantes pour le beau sexe » que « quelques censeurs » reprochaient à Maimbourg d’avoir proférées.

[24] « On m’a promis une Copie des dernieres Décisions de l’Université d’Oxford, qui sont les veritables Antipodes du Decret de la Sorbonne. On verra, si on en fait le parallele, qui sont ceux qui ont de plus favorables principes aux Souverains, ou les Protestans, ou les Catholiques. Cette fameuse Université assemblée en Corps le vingt-unieme de Juillet dernier, déclara Hérétiques et scandaleuses 27 propositions contraires au devoir des Sujets envers leur Roi, et contenuës dans les Livres de Buchanan, de Milton, et quelques autres. » NRL avril 1684, art. III.

[25] « M. Maimbourg […] publie très-volontiers les marques de considération et de distinction, qu’il reçoit des personnes de Qualité. Monseignor Stephano Cosmi, Archevêque de Spalato, lui ayant envoyé de Venise il y a plus de trois ans, la vie du Cardinal Morosini, M. Maimbourg ne manque pas de nous l’apprendre, afin de lui donner un témoignage public de sa gratitude. » NRL avril 1684, art. III.

[26] A la fin de l’article consacré aux Lettres choisies de feu Monsieur Gui Patin, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, et Professeur au College Royal (La Haye, Genève 1683, 12°) ( NRL, avril 1684, art. I), Bayle mentionne la permission qu’a reçue le fils de cet auteur, l’antiquaire et médailliste Charles Patin, de retourner à Paris après sa disgrâce.

[27] Après avoir transcrit deux extraits de lettres relatifs aux efforts déployés par Mgr Rojas de Spinola, évêque de Tina, pour établir un contact avec les cours protestantes d’Allemagne, Bayle propose quinze « Réflexions sur les propositions de cet Evêque » : NRL avril 1684, art. VII.

[28] Grapinian, ou Arlequin Procureur, Comedie (Paris 1684, 12°) : NRL avril 1684, cat. vii.

[29] Louis Thomassin, Dogmatum Theologicorum de Deo, Deique proprietatibus, Tomus I (Paris 1684, folio) : NRL avril 1684, cat. xiii. L’oratorien, commente Bayle, a « l’esprit bien pénétrant, puis qu’il trouve tant de philosophie dans les livres des Saints Peres ; car il y a beaucoup d’autres gens qui n’y en trouvent point du tout ». Selon Thomassin, qui réfute Usserius et Vossius, les Pères grecs et latins étaient entièrement d’accord sur la prédestination ; mais, note Bayle, « il est fort à craindre que si quelque homme d’esprit y remet la main, il ne reproduise la discorde ; car il en va des écrits des Peres comme de certaines perspectives, qui montrent le blanc et le noir selon le point de vûë qu’ on leur donne ».

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