Lettre 335 : François Janiçon à Pierre Bayle

A • [Paris,] ce 22. [septem]bre [16]84

• Je receus ces jours passez, Monsieur, vostre billet du 31 du mois passé qui estoit dans la lettre de mesme datte de nostre amy [1] : et on me rendit presque dans le mesme tems les trois Nouvelles des mois de may juin et juillet, que vous avez eu la bonté de m’envoyer, dont je vous remercie tres humblement. J’en fais part fort soigneusement à tous ceux de mes amis qui sont connoisseux dans ces sortes de choses. L’un d’entr’eux à qui je lisois la semaine passée vostre dernier billet, où vous me parlez des feuilles qui vous manquent du livre de Mr. Charpentier [2], et que vous m’avez prié de faire chercher, prit de là occasion de me dire[ :] ne vous mettes point en pene de chercher ces feuilles car j’ay un exemplaire de ce livre que je vous envoyeray pour que vous en fassiez un present de ma part à vostre amy, en temoignage de l’estime que j’ay de luy. Quelques heures apres il ne manqua pas de m’envoyer ce livre bien relié en deux volumes, que je vous feray tenir un de ces jours par la voye de Mr. de Franq[uesnay] [3]. Celuy qui vous a fait ce present est le mesme qui m’a escrit cy devant le billet que vous avez veu au sujet de vos premieres Nouvelles [4]. Vous verrez, Monsieur, sy vous devez l’en remercier par quelque billet que vous pourriez luy écrire, ou s’il suffira que je l’en remercie de vostre part. Il me fit une ouverture que j’aprouverois assez, qui est que vous envoyassiez desormais un exemplaire de chacune de vos Nouvelles à Mrs. de l’Academie françoise, m’assurant qu’il seroit bien receut [ sic] d’elle, • que cela ne feroit pas un mechant effet pour vous. Et comme il a esté un des premiers qui a temoigné à ces Mrs. les sentimens d’estime qu’il a de cet ouvrage et qu’il leur a donné l’envie de le voir, vous pourriez les faire passer par ses mains, et l’en rendre le porteur, à quoy il s’est offert de fort bonne grace. Cependant je ne laisseray pas de faire chercher par Mad. de V[arennes] [5] les feuilles qui vous manquent de l’exemplaire que vous avez deja en blanc de ce mesme livre de Mr. Charpentier pour le rendre complet.

Je receus dernierement une lettre qui me fut écrite du pais de Foix par un frere de feu Mr. Du Peyrat [6], et y fis reponse dans le mesme tems. / Il y a prés d’un mois que Mr. de Franq[uesnay] m’envoya de vostre part ce me semble par la voye du messager de Rouën une petite cassete où il y avoit trois exemplaires • couverts de papier marbre de L’Esprit de Mr. A[rnaud] [7]. Mais comme on n’apporta pas pour le faire retirer toutes les precautions necessaires le facteur voulut à toute force faire porter la cassete à la douane et il a fallu employer des amis pour l’en ravoir. J’attendray que vous et nostre amy me fassiez scavoir de quelle maniere vous voulez que je dispose de ces livres. Il m’en fut demandé un exemplaire dernierement par un con[seiller] de ce Parlement qui s’en alloit en Normandie, mais je ne peu[s] point le luy remettre n’ayant pas encore alors retiré la cassette. Je m’imagine que vous devez à present avoir receu un petit paquet que je vous envoyay dernierement par la voye de Mr. Arondaeus lib[raire] de La Haye [8] dans lequel il y avoit un billet écrit de ma main fort à la haste, et les avis de quelques autres personnes sur vos Nouvelles. Le livre de Mr. Nicole [9] ne fait pas icy tout le bruit qu’on en avoit attendu. Mr. Baluze a fait imprimer depuis peu les œuvres de Marius Mercator qui est ce me semble un ancien docteur de l’Eglise[,] contemporain de s[ain]t Augustin[,] dont les Peres Labbe et Garnier, et un moine de Corbie qui a pris le nom de Risberieux avoi[ent] deja publié separement diverses pieces [10]. Mr. Baleuse y a ajouté à la fin quelques nottes dignes de son nom et de sa reputation. C’est un volume in 8° que Muguet vend un escu. On a imprimé chez Cramoisi L’Histoire de Charles 8. par Jaligni, André de La Vigne, et quelques autres historiens depuis 1583, jusques en 1598. Cet ouvrage a esté receuilly par feu Mr. Godefroy historiographe de France [11]. On verra aussi bientost au jour le Zonare grec et latin que le mesme Cramoisi imprime pour joindre au corps de L’Histoire bizantine dont il y a deja plusieurs volumes in fol[io] [12].

J’ay de l’impatiance d’apprendre que la coppie de la Reponse de Mr. Lefevre à Mr. A[rnauld] [13] que je vous ay envoyée par Rouën soit parvenue entre vos mains, et en celles de nostre amy. Quant elle y sera vous m’obligerez d’en prendre tout le soin necessaire et d’apporter à son impression toutes les [p]recautions qu’il est à propos d’y garder pour l’interest de l’auteur à l’insceu [du]quel elle vous a esté envoyée. /

Je ne scay pourquoy nostre ami [14] refuse toujours de prendre pour l’entret[i]ent de nostre commerce les precautions que je lui ay conseillées. Quant à vous, Monsieur, je serois bien aise que vous m’indiquassiez une adresse comme vous aviez fait cy devant pour que vostre nom ne parust point sur la suscription de mes lettres. Vous pourrez continuer à faire passer les vostres par les mains de Mr. de Franq[uesnay] et luy recommander de ne les pas garder longtems, et mettre toujours au dessus à Mr. Milhau chez Mr. etc. On publie depuis 2 jours dans les rues un nouvel arrest du Con[sei]l qui causera sans doute de nouveaux chagrins aux personnes de vostre Rel[igion] de ce royaume. Il contient des deffences fort expresses à tous par[ticuli]ers de retirer dans leurs maisons sous pretexte de charité aucuns malades de la Rel[igion], leur enjoignant de les faire conduire dans les hospitaux pour y estre traitez ainsy que les malades de la rel[igion] cath[olique] ; et aux consistoires de la dite Rel[igion] d’avoir à leurs despens aucuns lieux pour servir de retraite ausdits malades, à peine contre les par[ticuli]ers qui contreviendront à cet arrest de 500 l[ivres] t[ournois] d’amande et de confiscation des meubles, et autres choses servant ausdits malades ; et contre les consistoires d’interdi[c]tion de l’exercice de leur rel[igion] dans les lieux où ils auroient lesd[ites] maisons [15]. Un de mes amis de vostre Rel[igion] me fit voir hier une lettre qu’il avoit receue de La Rochelle par laquelle on luy mande* que le presidial de cette ville là a condamné vostre Egl[ise] à estre privée pour toujours de son exercice et tous les min[istres] du lieu à faire amande honorable, au bannissement perpetuel, à la confisca[ti]on de leurs biens, et à 4 000 l[ivres] t[ournois] d’aumosne ; peut estre que le Parlement de Paris moderera en quelque façon la rigueur de ce jugement [16]. Ce mesme amy me disoit encore que vos Egl[ises] de La Rochefoucault, Angers, Marseille, et autres sont attaquées de la mesme maniere [17]. Pour moy je vous avoue franchement, Monsieur, que quelque bon cath[olique] que je sois je ne scaurois aprouver la plupart des voyes dont on se sert à present pour vous ramener dans le sein de l’Egl[ise]. Et j’en vois plusieurs autres des nostres qui sont dans le mesme sentiment [18]. On m’a dit aussi que l’academie que vous aviez à Die a esté condamnée par le Conseil [19].

La fievre que Monsieur a eue dans sa maison de S[ain]t Clou[d] n’estant qu’intermitante n’a pas empesché que le Roy ne soit party hier pour Chambor[d] [20]. Il avoit receu avant que de partir la ratification que le roy d’Espag[ne] a faite de la treve, mais elle est conçeue en des termes dont il n’a pas été content [21], et do[nt] / il n’avoit pas en effet sujet de l’estre, et ne vouloit pas à cause de cela faire deloger ses troupes qui sont encore dans les Pais Bas espag[nols] et y vivent à leurs despens. Mais le nonce du pape, l’ambassadeur de Hollande, et l’envoyé d’Angl[eterre] s’estant faits forts de faire changer les termes de cette ratification, on croit que le Roy aura envoyé ordre à ses troupes de sortir de dessus les terres d’Espagne. Par cette ratification le roy d’Espag[ne] declare qu’il ratifie le traité de treve en la maniere qu’il a esté dressé et signé par ses min[istres] à Ratisbonne. Or ses min[istres] n’ont point agi en cela comme min[istres] du roy d’Espag[ne] mais comme plenipotentiaires de l’emp[ereur] et subdélégués par lui et comme ayant pouvoir du roy d’Esp[agne] pour la signature de cette treve, et c’est en cette qualité qu’ils ont signé les premiers avant le conte [ sic] de Cressy [22] plenipotentiaire de France, à quoy on n’auroit pas consenty s’ils eussent agy co[mme] min[istres] du roy d’Esp[agne]. Adieu, Monsieur, quoy que je vous aye dit ce petit mot de nouvelles de politique contre ma coutume je ne vous en demande pourtant point de telles.

J’ay veu icy la coppie d’un bref du pape qui a censuré les livres du P[ere] Alexandre Noel jacobin [23]. Si je puis en avoir coppie je vous en feray part.

Pour Monsieur Bayle.

Roterdam/ A Monsieur/ Monsieur Vanderhorst/ op de Leuven Haven/ A Roterdam

Notes :

[1] La lettre de Bayle à Janiçon du 31 août 1684 est perdue, ainsi que celle que lui avait adressée Pierre Jurieu, « nostre amy », à la même date.

[2] Puisqu’il s’agit d’un ouvrage relié en deux volumes, on peut conjecturer que Bayle avait un exemplaire défectueux du traité de François Charpentier (1620-1702), membre de l’Académie française depuis 1650, De l’excellence de la langue françoise (Paris 1683, 16°, 2 vol.), dont il donna un compte rendu substantiel dans les NRL, août 1684, art. VII, et septembre 1684, art. III.

[3] Henri Basnage de Franquesnay, habitant à Rouen, intermédiaire habituel entre Bayle et Janiçon.

[4] Il s’agit d’ Isaac de Benserade (1613-1691), académicien depuis 1674, comme on le verra par la Lettre 353, transmise par Janiçon. Son billet adressé à Janiçon sur les NRL, auquel il est ici fait allusion, ne nous est pas parvenu.

[5] M me de Varennes, la veuve du libraire : voir Lettre 109, n.25.

[6] Du Peyrat était le pseudonyme de Joseph Bayle, qu’il adopta d’ailleurs à la suggestion de Janiçon (voir Lettres 222, p.353, et 239, p.430). Le frère désigné est donc Jacob Bayle.

[7] Sur la publication de cet ouvrage de Jurieu, voir Lettre 238, n.15

[8] En octobre 1684, Bayle consacre deux articles des NRL à des comptes rendus d’ouvrages parisiens réédités à La Haye chez Abraham Arondeus : le Cesarion ou Entretiens divers de l’ abbé de Saint-Réal, initialement publié chez Barbin (art. VIII), et la Metropolitanarum Urbium Historia civilis et ecclesiastica du P. Cantel, parue chez Etienne Michallet (art. X). Le catalogue de ce mois (cat. i) mentionne encore la Dissertation sur les oracles des Sibylles du P. Crasset, éditée à Paris chez Michallet et contrefaite par Arondeus. Arondeus avait aussi publié les ouvrages de Jurieu : La Politique du clergé de France (1681) et le Préservatif contre le changement de religion (1682). Voir E.F. Kossmann, De boekhandel te ’s-Gravenhage tot het einde van de 18de eeuw (’s-Gravenhage 1937), p.8-9.

[9] Pierre Nicole, Les Prétendus Réformés convaincus de schisme, ou réponse aux « Considérations sur les lettres circulaires de l’Assemblée du clergé de 1682 » (Paris 1684, 12°).

[10] Voir Marii Mercatoris Opera Stephanus Baluzius Tutelensis ad fidem veterum codicum mss. emendavit et notis illustravit (Parisiis 1684. 8°) et Acta Marii Mercatoris sancti Augustini discipuli, cum notis Rigberii [ Gabriel Gerberon] (Bruxelles 1673, 12° et 18°). Nous n’avons pu localiser une édition de Marius Mercator par Philippe Labbe. Il n’est pas exclu qu’il y ait quelque confusion dans l’indication bibliographique de Janiçon : voir ci-dessous, n.12.

[11] Histoire de Charles VIII, roy de France, et des choses mémorables advenuës de son règne depuis l’an 1483 jusques à 1498, par Guillaume de Jaligny, André de La Vigne et autres, (Paris 1617, 4°), ouvrage édité par Théodore Godefroy (1580-1649) ; une nouvelle édition parut en 1684, in-folio, par les soins de Denis II Godefroy (1615-1681), historiographe du roi depuis 1640 jusqu’à sa mort.

[12] Les Annales de Zonaras vont de la création du monde à la mort d’ Alexis Comnène (1118). Voir . Joannis Zonaræ monachi magni antea vigilum præfecti et primi a secretis Annales (Parisiis 1686, folio, 2 vol.), imprimées par Sébastien Mabre-Cramoisy. Voir le Corpus Byzantinæ historiæ (Parisiis 1645-1702, folio, 30 tomes en 27 vol.). Les 58 premières pages du premier volume de ce monumental ouvrage sont consacrées au De Byzantinæ historiæ scriptoribus sub felicissimis Ludovici XIV regis auspiciis publicam in lucem e Luparæa typographia emittendis ad omnes per orbem eruditos Protrepticon, où le Père jésuite Philippe Labbe expose la raison d’être et le plan de l’ouvrage. La Byzantina historia a connu de nombreuses éditions partielles, complètes, ou augmentées.

[13] Il s’agit ici d’un manuscrit que Janiçon a envoyé à Rotterdam par Rouen et dont il espère la publication. Dans sa lettre du 6 novembre (Lettre 352), Janiçon donnera des explications, destinées à Jurieu, sur l’ouvrage de Jacques Le Fèvre, dont la réponse à Antoine Arnauld n’a pas obtenu l’approbation des docteurs de Sorbonne. L’ouvrage de Jacques Le Fèvre, Motifs invincibles pour convaincre ceux de la religion prétendue réformée (Paris 1682, 12°), avait mis en cause le livre, déjà ancien, d’ Antoine Arnauld, Le Renversement de la morale de Jésus-Christ par les erreurs des calvinistes touchant la justification (Paris 1672, 4°). Le théologien de Port-Royal lui répondit sous le titre Le Calvinisme convaincu de nouveau de dogmes impies, ou la justification du livre du « Renversement de la morale » par les erreurs des calvinistes, contre ce qu’en ont écrit M. Le Fèvre, docteur en théologie de la faculté de Paris, dans ses « Motifs invincibles », et M. Le Blanc, ministre de Sedan, dans ses thèses (Cologne 1682, 12°). C’est à cet ouvrage que Jacques Le Fèvre souhaitait répliquer. Nous assistons, dans cette lettre et dans celle du 6 novembre, aux difficultés qu’il a rencontrées à la Faculté de théologie de Paris ; les explications que fournira Janiçon sont censées calmer la méfiance de Jurieu. L’ouvrage parut enfin : Réplique à M. Arnauld pour la défense des « Motifs invincibles », contre son livre du « Calvinisme convaincu de nouveau » (Lille 1685, 12°). Voir aussi Lettre 318, n.8.

[14] « nostre ami » désigne toujours Pierre Jurieu.

[15] L’arrêt du conseil du 4 septembre « portant défenses aux particuliers de recevoir en leurs maisons les pauvres malades de la R. P. R. ».

[16] Les trois pasteurs de La Rochelle, Delaizement, de Tandébaratz et Blanc, avaient été arrêtés le 15 juillet 1684 pour avoir, la veille, célébré un culte au cours duquel avait été admise une relapse, Renée de La Serre. Le 12 septembre, ils furent condamnés à faire amende honorable et bannis ; leurs biens étaient confisqués, ils devaient acquitter une amende de 4000 livres tournois envers le roi et de 800 livres tournois d’aumônes : voir E. Forlacroix, L’Eglise réformée de La Rochelle face à la Révocation, thèse de l’Université de Montpellier III, 1996, i.221-222.

[17] A La Rochefoucauld, le pasteur Benjamin de Daillon avait été accusé d’avoir accueilli des relaps au culte. Daillon ayant fait valoir qu’aucun acte d’abjuration ne lui avait été signifié, on en avait fabriqué de faux. Condamné par le tribunal d’Angoulême, il avait fait appel mais la sentence devait être définitivement confirmée neuf ou dix mois plus tard, en avril 1685 : voir E. Benoist, Histoire de l’édit de Nantes, v.745-748. A Angers, les pasteurs Du Tens et Lombard furent victimes des mêmes méthodes : E. Benoist, Histoire de l’édit de Nantes, v.755-758. A Marseille, un pasteur avait été chassé par l’intendant Rouillé dès 1679. Dès la fin de l’année 1681, les négociants suisses se plaignaient de ce que leurs malades et leurs mourants étaient inquiétés par les prêtres. Voir E. Arnaud, Notice historique sur les protestants de Marseille de la Réforme à la Révolution (Nyons 1888), p.25-26 ; V.-L. Bourilly, « La révocation de l’édit de Nantes à Marseille », BSHPF, 54 (1905), p.5-38.

[18] Cette formule est évidemment destinée aux éventuels censeurs indiscrets. Janiçon était à cette date encore Ancien de Charenton et huguenot très convaincu. Au cours de cette année 1684, il envoya son fils aîné, François-Michel, à l’âge de neuf ans, à Maastricht, d’où il devait rejoindre son oncle, Michel Janiçon, ancien ministre de Blois et réfugié à Utrecht après la révocation de l’Edit de Nantes. François Janiçon devait être exilé à Vierzon au moment de la Révocation ; obligé d’héberger des troupes, il perdit beaucoup d’argent en peu de temps. En janvier 1686, il se décida à abjurer et put revenir à Paris, mais cette conversion fut de pure façade : sa femme, Marie Brunier, aidait les huguenots à s’enfuir (Douen, ii.435, 448, n.2) ; les Janiçon élevaient en huguenots leurs deux enfants cadets, restés auprès d’eux à Paris.

[19] L’Académie de Die fut fermée par arrêt du 11 septembre 1684 : voir E. Arnaud, Histoire de l’académie protestante de Die en Dauphiné au siècle (Paris 1872), p.107.

[20] Voir la Gazette, ordinaire n° 52, nouvelle de Paris du 23 septembre, et n° 55, nouvelle de Paris du 6 octobre 1684.

[21] Il est fait mention ici de la Trêve de Ratisbonne dont les négociations débutèrent le 8 août 1684. Louis XIV était représenté par le comte de Crécy, son ambassadeur à la diète. Les plénipotentiaires de l’empereur, Schenk van Castell, évêque d’Eichstadt, le comte de Windischgrätz et François Mathias, négocièrent en une journée, avec le comte de Crécy, ambassadeur français, une trêve qui assurait à Louis XIV la possession des territoires acquis depuis la Paix de Nimègue. Cette victoire politique fut parachevée par la trêve signée avec l’empereur et l’Empire. Voir dans la Gazette, les nouvelles de Ratisbonne, ordinaire n° 43, nouvelle du 3 août, n° 45, nouvelle du 11 août, n° 47, nouvelle du 17 août, et nouvelle de Paris du 26 août, sur l’établissement du traité de paix de Ratisbonne ; ensuite, n° 52, nouvelle de Paris du 23 septembre, et n° 55, nouvelle de Paris du 6 octobre, sur la ratification.

[22] Sur Louis de Verjus, comte de Crécy (1629-1709), voir Lettre 81, n.19. Il est ici mentionné comme ambassadeur de France à la diète de Ratisbonne : voir B. Jeanmougin, Louis XIV à la conquête des Pays-Bas espagnols : la guerre oubliée, 1678-1684 (Paris 2005) p.177-192.

[23] Par un bref du 10 juillet 1684, Innocent XI mit les ouvrages du Père dominicain Noël Alexandre à l’Index. Il s’agissait de la Dissertatio polemica, du Dissertationum ecclesiasticarum trias, de la Summa D. Thomæ vindicata et des Selecta historiæ ecclesiasticæ capita ; sur ces ouvrages, voir Lettres 93, n.22, 152, n.5, et 154, n.10. Voir aussi J.M. De Bujanda, Index librorum prohibitorum, 1600-1966 (Montréal, Genève 2002), p.59-60. Le bref du pape Innocent XI sera publié dans les NRL d’octobre 1684, avec quelques précisions biographiques sur l’auteur incriminé.

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