Lettre 339 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Rotterdam,] le lundi 2 d’oct[obre] 1684

Je repons un peu tard à votre lettre du 31 juillet dernier [1] M[onsieur] e[t] t[res] c[her] fr[ere] mais vous excuserez ce retardement si vous considerez que le travail où je me suis engagé [2] m’occupe plus qu’on ne sauroit dire, et d’autant plus qu’il faut que je menage extremement ma santé. Pour repondre par ordre je vous dirai que le billet que vous m’avez ecrit par un homme de Saverdun n’est point parvenu à moi ni [à] la personne qui en etoit chargé. Je vois par votre lettre que vous n’aviez pas encore recu celle que je vous ai ecrite en faveur du s[ieu]r Lafage cavalier dans le regiment de Monpoüillan [3], et que vous m’en aviez ecrit une 2 e depuis la funeste mort de notre frere où vous m’apreniez ce que la demoiselle Goulons [4] vous • avoit repondu. Si par là vous entendez le billet donné au jeune homme de Saverdun, je n’ai perdu qu’une de vos lettres, mais si vous entendez quelque autre lettre j’en ai perdu deux[,] car je n’ai point recu celle qui parloit de la reponse de Mad le Goulons. Je n’ai seu le nom des 2 medecins qui ont veu le defunt que par votre lettre du 31 juillet. Ce sont me dites vous Mrs Monginot [5] et Mesmin [6]. Ils sont habiles et sur tout le p[remi]er[ ;] je ne sai point comment on a fait pour les frais, personne ne m’en ayant ecrit. Je vous remercie tres affectueusement de m’avoir apris les offices de charité que vous ont rendus vos bons amis et confreres au Seigneur par leurs lettres, mais sur tout de m’avoir fait connoitre la chose où je m’interessois le plus, savoir que Dieu avoit fait la grace à mon pere de revenir de l’atteinte vive et accablante qu’il avoit receuë par la mort de son fils notre frere. Sa sainte bonté en soit à jamais loüée, et veuille ce grand Dieu qui l’a si bien fortifié le conserver encore longuement et heureusement pour sa gloire pour l’edifica[ti]on de son troupeau et pour la consolation de sa famille et la mienne en particulier. Dieu veuille aussi vous conserver cherement m[on] t[res] c[her] fr[ere], avec tous les votres, ma sœur et mon petit nepveu à qui je souhaite mille benedictions du ciel en haut et de la terre en bas.

Les difficultez sont si grandes pour faire passer des livres que je ne sai si vous pourrez recevoir Le Jansen[iste] convaincu [7]. L’Esprit de M A[rnauld] pour vous le dire en confidence vient de la meme plume que le livre que vous m’aprennez que mon pere lisoit avec tant de joye. Plusieurs personnes l’ont d’abord soupconné, et n’en doutent plus à present, neanmoins il est bon de n’en parler jamais positivement. Si vous ne vous souvenez pas quel est le livre que vous m’avez apris q[ue] mon p[ere] lisoit, il faut vous eclaircir autrem[en]t la chose. Souvenez vous de l’auteur de la Reponse de 4 vol[umes] in 12 au Calv[inisme] du s[ieur] M[aimbourg] [8] et vous aurez la chose.

Je passe à l’eclaircissem[en]t que vous souhaitez touchant le Mercure scavant [9]. Il est certain qu’un ouvrage de ce titre a paru 2 fois imprimé à Amsterdam savoir le mois de janv[ier] et de fevrier 1684. Je n’en connois pas l’auteur. On m’a dit que c’est un medecin de Paris [10]. Il vouloit continuer, mais le / libraire lui ayant apris qu’il avoit traité avec un autre[,] la chose en demeura là. Cet autre [11] s’engagea de faire un pareil ouvrage, et le commencea dans le mois de mars. Il lui donna • le nom de Nouvelles de la republique des lettres cela continue jusques à present et continuera apparemment encore. On vous a envoié par Mr Ferrand [12] les 2 premiers mois, et il les a portez lui meme à Bourdeaux où il a passé l’eté. Il doit revenir ici bien tot. A son retour je le prierai de vous faire tenir la suite, il n’y aura point de peine car on les a laissez entrer dans quelques villes de France sans empechement mais pour ceux qui sont defendus il y aura beaucoup de peine et vous m’aprenez que personne ne s’en veut charger de Bourdeaux à Mont[auban].

Si le pauvre defunct [13] avoit vecu il auroit mangé plus que nous n’avons de bien tous ensemble dans 4 ans, car quoi qu’il ait eu long tems la table ches Mr le comte de Dona, il n’a pas laissé de depenser à Geneve tout ce que vous lui aviez donné en partant 200 l[ivres] t[ournois] que je lui envoiai et pour 5 ou 6 cens francs de billets qu’il a laissez à Mrs Turretin et Minutoli, sans conter le billet qui a eté envoié au s[ieu]r Garrel [14]. Ces Mrs de Geneve • agissent fort honnetement, car Mr Turretin ayant tiré une lettre de change sur moi pour ce qui lui etoit dû, et moi lui ayant ecrit que je le priois d’avoir patience [15], que je n’avois point d’argent, mais que je vous ecrirois au plutot, il fit savoir au marchand qui devoit recevoir l’argent de la lettre de change qu’il ne me pressast point et qu’il attendist ma commodité* ou celle de mon pere. Mr Minutoli m’a ecrit aussi [16] que s’il etoit riche il ne demanderoit rien et que le billet du defunct porte qu’au bout de six mois • il y auroit des interets qui courroient. Vous m’ecrivez qu’il vous est impossible de satisfaire ces 2 messieurs . Je vous asseure qu’il me l’est aussi, car mes gages ne sont toujours que de 500 francs, et mes repetitions en fort petit nombre, et le peu que je retire de mes Nouvelles s’en va en ports de lettres[,] correspondances qu’il faut entretenir, ou bien en livres qu’il faut prendre de libraire en paiement. Je n’ai nulle industrie* ni savoir faire pour amasser du bien et tout est ici d’une cherté extreme. Notre pension depuis un an est montée à 450 l[ivres]. Voici donc ce que je trouverois à propos de faire sauf meilleur avis ce seroit que vous ecrivissiez à Mr Turretin et à Mr Minutoli que vous vous chargez de leur payer l’interet des sommes qu’ils ont fournies à notre frere jusques à ce que vous soiez en commodité d’acquiter les dites sommes. Cela fait je veux bien vous promettre que j’enverrai l’interet auxdits Mrs jusques à ce que vous ayez trouvé le moien de paier le principal. La raison pourquoi je vous pr[ie] d’en user ainsi c’est que par ce moien vous les empecherez de tirer des lettres de change sur moi, que je serois obligé de laisser protester, ce qui ne me feroit / que du deshonneur et à ces Mrs aussi qui d’ailleurs seroient en colere qu’on [fît] si peu de cas de leurs lettres de change. Je suis au desespoir de ne pouvoir pas vous degager tout à fait de cet abyme où le pauvre defunt nous jette comme il le disoit dans ses lettres et comme je le lui ai mille fois representé. Je comprens comme si j’y etois la difficulté de recevoir vos gages. Je m’en souviens comme de ce que j’ai fait aujourdhui [17]. C’est la plus miserable de toutes les conditions du monde eu egard au temporel que d’etre ministre dans des lieux comme celui où vous l’etes, on y vieillit miserable et l’on ne peut etre payé du tiers ou du quart qu’avec mille combats, genes et contestations.

Nous aprenons ici tout ce qui se machine contre l’Eglise et cela m’empeche de gouter le repos où nous sommes. Cet Etat joüit d’une grande prosperité, car il vient d’etre le principal instrument de la paix generale de l’Europe ayant eté cause de la treve de 20 ans qui vient d’etre ratifiée entre la France et ses alliez d’une part, et l’Espagne, l’Empereur et l’Empire de l’autre [18]. Mais cela n’empeche pas que tous ceux qui avons nos parens et nos familles en France ne soions aussi malheureux que • si nous etions dans le pays de captivité [19] parce que nous nous representons incessamment les maux qu’on fait à l’Eglise, et que les nouvelles nous font toujours plus grands qu’ils ne sont. Avez vous connoissance de l’arret qui ordonne aux ministres de changer d’Eglise de 3 en [tro]is ans et de s’eloigner de 20 lieues pour le moins [20][?] Il sera executé d’ici à 3 ans s’il reste encore des Eglises[,] de quoi on doute.

Mr Jurieu qui est extremem[en]t sensible aux maux de Sion [21] ne sent pas à cause de cela le bonheur où il est d’etre à couvert de la tempete. Il travaille toujours. Son livre de Prejugez legitimes contre l’Eglise romaine commence de s’imprimer [22]. Vous souhaitez qu’on ecrive la vie du grand Du Moulin. C’est une chose faite. On la trouve dans un livre imprimé depuis 2 ans en Angleterre avec la vie de quelques autres illustres [23].

Quant à la maison de Dona je n’en entens plus parler. Le comte de Ferassieres s’est perdu de reputation à La Haye [p]ar ses infames debauches [24], il s’en est allé à Copet avec le mepris public. Mr de Frejeville [25] a eu l’ honneteté* de m’envoier tous les livres qui se sont trouvez à moi parmi ceux de mon frere, et il m’en a envoié presque pour la somme que je lui [a]vois envoiée.

Je ne connois point ce Mr Du Brueil dont vous me dites qu’il a eté [a]rreté à Toulouze [26] comme ayant commercé avec les etrangers. L’auteur des [N]ouvelles de la repub[lique] des lettres ayant dit quelque chose dans celles d’avril qui n’etoit pas obligeant pour Mr Le Bret prevost de Mont[auban] et considerant que s’il venoit / à savoir la [pare]nté de l’auteur il s’en vengeroit peut etre sur elle, lui a fait [un]e ample satisfaction dans les [N]ouvelles d’aout afin de vous le rendre favorable dans l’occasion [27]. Mr Isarn est à Londres l’un des postulans de la place de Mr de Primerose qui est pourtant convalescent [28]. Mr Jurieu vous saluë ; je n’ai pas le tems de relire ma lettre. J’assure notre tres h[onoré] p[ere] de mes plus tendres respects. Mr Nicole en repondant aux Considerations de Mr Cl[aude] sur les lettres circulaires a repliqué pour son livre des Prejugez [29]. Tout à vous.

A Messieurs/ Messieurs Passet marchands à/ la place de Rouais/ pour faire tenir à Mr Bayle/ A Toulouze.

Notes :

[1] Cette lettre de Jacob à Pierre Bayle ne nous est pas parvenue.

[2] La rédaction des NRL.

[3] Il est assez probable que ce La Fage soit le domestique, originaire du Carla, qui avait un temps accompagné son maître, Lauzun, en prison : voir Lettres 68, n.13, et 203, n.7. Les rapports de police, avec l’inexactitude qui les caractérisait si souvent, voient en ce personnage, dont le nom prend la forme de La Faye, un parent de Bayle. Le même rapport de police prétend que ce dernier se trouve « auprès du Prince d’Orange ». Voir Ravaisson, Archives de la Bastille, viii.342-343.

[4] Il s’agit de la logeuse des enfants d’ Usson et de leur précepteur Joseph Bayle, qui habitait sur le quai proche de la Samaritaine : voir Lettre 246, p.23.

[5] Le médecin François de Monginot (1625- ?) devait être enfermé à la Bastille, puis au château d’Angers, après la Révocation, à cause de son refus d’abjurer le protestantisme, puis finalement expulsé de France en 1688. Son frère Etienne, fermier général, allait feindre la docilité, abjurer puis réussir à gagner la Hollande.

[6] Guy Mesmin, fils d’un Guy Mesmin et père d’un troisième Guy Mesmin, naquit en 1649. Docteur en médecine, il se réfugia en Hollande à la Révocation et fut finalement naturalisé anglais avec sa femme et son fils en 1687. Correspondant de Robert Boyle, il semble aussi avoir été le traducteur d’au moins un des essais de Grew, Boyle et Leeuwenhoek contenus dans le Recueil d’experiences et observations sur le combat, qui procede du melange des corps : sur les saveurs, sur les odeurs, sur le sang, sur le lait, etc. Tres-curieux et utile aux medecins et à ceux qui s’appliquent à la recherche de la nature, des qualitez et des proprietez de toutes sortes de corps (Paris 1679, 12°). Voir The Correspondence of Robert Boyle, éd. M. Hunter, A. Clericuzio et L.M. Principe (London 2001, 6 vol.), vi.24-27, 138-141. Il allait devenir un correspondant de Bayle : voir sa lettre du 16 septembre 1686.

[7] C’est un terrible enchaînement d’ouvrages de controverse dont il s’agit ici : Le Janséniste convaincu de vaine sophistiquerie, ou Examen des réflexions de Monsieur Arnaud sur le « Préservatif contre le changement de religion » (Amsterdam 1683, 12°) était un ouvrage de Jurieu qui répondait à l’attaque d’ Antoine Arnauld, intitulée Réflexions sur un livre intitulé « Préservatif contre le changement de religion », qui font voir le peu de solidité et de jugement de cet auteur dans la manière dont il combat l’Exposition de la doctrine catholique de M. l’évêque de Meaux (Anvers 1682, 12°), contre l’ouvrage de Jurieu, Préservatif contre le changement de religion ([Rouen 1680 ?], 12°) – les quelques exemplaires localisés de la première édition sont dépourvus de page de titre ; la deuxième édition paraît sans lieu en 1681, 12° –, qui s’en prenait en effet à l’ Exposition de la doctrine catholique sur les matières de controverse (Paris 1671, 12°) de Bossuet.

[8] La « réponse en quatre volumes in-12° » est l’ouvrage de Jurieu, Histoire du calvinisme et celle du papisme mises en parallèle : ou apologie pour les réformateurs, pour la Réformation et pour les réformez, divisée en quatre parties ; contre un libelle intitulé « L’Histoire du calvinisme » par Mr. Maimbourg (Rotterdam 1683, 12°, 4 vol.). On remarque l’extrême prudence de Bayle, qui évite de citer le nom de Jurieu pour éviter de compromettre son frère.

[9] Sur ce périodique, précurseur des NRL, voir Lettre 256, n.9.

[10] Nicolas de Blégny, auteur, avec Abraham Gaultier, du Mercure savant : voir Lettre 256, n.9.

[11] Pierre Bayle.

[12] Sur Ferrand, voir Lettre 310, n.9.

[13] Joseph Bayle.

[14] Ce billet, adressé au sieur Garrel , libraire réformé de Montauban, pour garantir les dettes de Joseph, est perdu.

[15] Sur cet échange entre Bayle et François Turrettini, voir Lettre 288, p.171.

[16] Voir la lettre de Minutoli du 13 juin 1684 : Lettre 289, p.177.

[17] Bayle se souvient des difficultés rencontrées par son père pour toucher ne serait-ce qu’une part de son traitement annuel. Il s’agissait là d’une plaie constante des petites communautés réformées méridionales, qui s’explique par l’autonomie financière presque totale de chaque Eglise locale. Jean Bayle s’était plaint de ce retard aux synodes provinciaux de Revel (1656) et Millau (1660) ; Jacob l’avait fait à deux reprises aux synodes de Mauvezin, en 1671 et 1681.

[18] La Trêve de Ratisbonne, signée le 16 août, marque l’apogée du pouvoir de Louis XIV ; il gardait pendant vingt ans toutes les places occupées par ses armées avant le 1 er août 1681, ainsi que Strasbourg. L’attitude des Etats Généraux fut prudente à l’encontre des vœux de Guillaume d’Orange car ils ne souhaitaient pas soutenir les Pays-Bas espagnols envahis. L’Empereur ne put que céder et accepter deux traités distincts, l’un entre la France et l’Espagne, l’autre entre la France et l’Empire.

[19] Allusion à la captivité de Babylone : les réformés se comparaient volontiers au peuple hébreu : voir II Rois, chap.24 et 25.

[20] Ce texte n’est pas un arrêt du Conseil, mais un édit, du mois d’août, où il est effectivement précisé que le nouveau poste des pasteurs doit être éloigné de vingt lieues au moins de leur ancien poste.

[21] Sion désigne ici l’Eglise réformée.

[22] Sur ce livre de Jurieu, voir Lettre 269, n.16.

[23] Deux ouvrages de Jean Brazi furent publiés l’année même de la mort de Pierre I Du Moulin : Version du latin de M. Brazy sur la mort de M. Du Moulin, trad. S. Charpentier (Charenton 1658, 8°) et Les Dernières heures de M. Du Moulin, ensemble le recueil de plusieurs vers faits à sa mémoire par divers auteurs (Sedan 1658, 8°), mais Bayle fait ici allusion à l’ouvrage publié en Angleterre : William Bates (Guillelmus Batesius), Vitæ selectorum aliquot virorum, qui doctrinâ, dignitate aut pietate inclaruêre (Londini, 1681, 4°) ; voir DHC, art. « Cayet », rem. H, note 30.

[24] Sur les débauches de Ferrassières, voir Lettres 260, p.73 et 261, p.84.

[25] Philippe de Fregeville, père et oncle des enfants dont Joseph avait été précepteur à Paris.

[26] La lettre de Jacob du 12 mai-5 juin 1685, nous apprendra que ce Du Breuil était frère d’ Anne Le Moutonnier, femme de Nicolas Du Plessis Rambouillet. Sur elle, voir Lettre 427, n.35.

[27] Bayle avait, en effet, critiqué Henri Le Bret dans les NRL, avril 1684, cat. xiv : « On nous écrit que M. Le Bret, prévôt de l’Eglise cathédrale de Montauban, vient de publier une Histoire de la Bible, dans laquelle il fait souvent mention de l’ Histoire critique du Vieux Testament. On ajoûte qu’il semble avoir plus en vûë de faire voir qu’il a lu cette critique, que d’y répondre ; ce qui, dit-on, semble procéder de son impuissance. Il eût mieux fait de travailler à l’ouvrage qu’il avoit promis, sçavoir à un Abrégé de l’histoire universelle, que d’attaquer foiblement l’auteur de l’ Histoire critique. Un Abrégé de l’histoire universelle seroit fort nécessaire en françois, car on en manque. M. Le Bret, qui avoit entrepris de le donner, commença fort irrégulièrement par la queüe, je veux dire par l’histoire de l’Eglise, et il s’est contenté depuis de la promesse qu’il avoit faite. On attend toûjours son Abrégé de l’histoire universelle profane, et je croi qu’on l’attendra bien long-temps. On peut l’excuser sur ce qu’il doit être permis de commencer par le plus facile : mais d’autre côté pourquoi s’engage-t-on à ce que l’on juge trop difficile ? » Il revient sur ce passage dans un Avertissement des NRL du mois d’août suivant : « J’ai parlé de M. Le Bret d’une manière qui lui déplaira sans doute, mais je le suplie de considérer que c’étoit sur la foi d’autrui ; et je reconnois présentement qu’on m’avoit très-mal informé des choses. J’ai sçu depuis que son ouvrage est excellent. Si j’ai formé quelque plainte de ce qu’il n’a point achevé encore l’ Abrégé de l’histoire universelle, c’est parce que j’ai beaucoup d’impatience qu’un aussi habile homme que lui enrichisse le public d’un ouvrage si necessaire. Je souhaitte qu’il sçache que personne n’est plus prêt que moi à rendre justice à son mérite. »

[28] Pierre Isarn de Capdeville, l’ancien pasteur de Montauban, ne fit guère que passer en Angleterre et ne tarda pas à gagner la Hollande. Il se trouvait au synode wallon de Rotterdam en avril 1686. Il fut ensuite pasteur « extraordinaire », c’est-à-dire en titre. David Primerose était pasteur de l’Eglise wallonne de Threadneedle Street, à Londres, depuis 1660. Une maladie grave de Primerose, mais qui ne s’avéra pas mortelle, avait pu laisser croire à Isarn que le poste allait vite devenir vacant.

[29] Jean Claude, Considérations sur les lettres circulaires de l’assemblée du clergé de France de l’année 1682 (La Haye, 1683, 12°) ; Pierre Nicole, Les prétendus réformés convaincus de schisme, ou reponse aux Considérations &c. (Paris, 1684, 12°), où Nicole prenait la défense de son ouvrage déjà ancien : Préjugez légitimes contre les calvinistes (Paris 1671, 12°).

Accueil du site| Contact | Plan du site | Se connecter | Mentions légales | Statistiques | visites : 180414

Institut Cl. Logeon