Lettre 343 : Jean Jacobé de Frémont d’Ablancourt à Pierre Bayle

De Menin le 7 e [octo]bre [16]84

Je ne puis Monsieur laisser partir Monsieur Formont de Brevanes [1] pour Holande sans le charger de ce billet qui vous renouvelle les asscurances de mes tres humbles services, et sans vous temoigner combien je suis reconnoissant de tout ce que vous avez dit de moy. Quoy que je ne sois pas assez vain pour croire que je merite toutes vos louänges [2], je suis pourtant si penetré de vostre generosité, que je ne puis assez vous en remercier, et vous ofrir en échange tout ce qui depend de moy, en tout ce qu’il vous plaira de m’ordonner[.] Au reste quoy que mon ami ayt resolu de passer comme un eclair en Holande soit en allant ou en revenant[,] il prendra son temps de savoir de vous ce qu’il faut / qu’il achete pour satisfaire à la curiosité de Mr Allix [3] et à la mienne ; et si vo[us] desirez en mesme temps quelque chose de nous vous n’avez qu’à luy dire en toute liberté et mesme luy ecrire, car tout me sera rendu icy en main propre[.] Contez donc s’il vous plait que vous avez en moy, un serviteur tres humble et tres obeissant et qui vous est tout aquis. Fremont d’Ablancourt

A Monsieur/ Monsieur Beyle professe[ur] en philosophie/ A Rotredam

Notes :

[1] Pierre Formont de Brévanes, l’intermédiaire habituel entre Frémont d’Ablancourt et Bayle. Fils de Pierre Formont, banquier et secrétaire du roi, Formont de Brévanes était commissaire de l’ Electeur de Brandebourg, en avril 1683, c’est-à-dire qu’il était chargé de lui expédier ce qui se publiait à Paris ; il s’échappa de France en décembre 1685 avec sa mère et son frère, et s’établit peut-être en Suisse : voir O. Douen, La Révocation (Paris 1894, 3 vol.), iii.340. Nous corrigeons ici notre remarque, Lettre 294, n.1.

[2] Les louanges données par Bayle sont celles de son compte rendu des Dialogues de la santé de Frémont d’Ablancourt dans les NRL, mars 1684, cat. iv. Les lecteurs étaient pourtant réticents sur cet ouvrage : voir les remarques de La Sablière, Lettres 320, p. et n.5, et 338, p., et de Dulignon, Lettre 358, p..

[3] On verra par la lettre de Pierre Allix du 2 novembre (Lettre 351) qu’il joue – sans doute avec Frémont d’Ablancourt – un rôle important dans la rédaction de comptes rendus d’ouvrages pour les NRL. Ils attendent donc que Bayle leur indique les ouvrages dont il souhaite qu’ils proposent une recension.

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