Lettre 349 : Henri Justel à Pierre Bayle

[Londres,] le 24 oct[obre 16]84

Monsieur

Je vous ferai faire pour un escu chaque feuille et vous ne donnerez pas plus qu’on ne donne en Hollande [1] : mais il faut scavoir ce que vous entendez par une feuille et si vous voulez qu’elle soit in 4° ou in folio[,] une feuille d’un papier in fol[io] qui est d’une mediocre grandeur a quatre pages. Un in 4° en doit avoir pres de huict ou environ[,] les lignes pas trop loin l’un[e] de l’autre à la pose[ ;] je croy qu’il faut que vous me mandiez* ce que vous en pretendez donner pour la feuille d’un papier in 4° comme sont imprimées les Transactions qui sont in 4°. J’attendrai vostre résolution pour faire travailler la personne qui a faict ce que je vous ai envoyé. On fera voir au secre[taire] de la Société [2] ceste traduction et on le consultera sur les choses qu’on n’entendra pas bien et qui seront obscures. Expliquez vous clairement, afin que je fasse agir selon vostre intention. Je scais que les libraires de Hollande ne donnent rien et qu’ils sont fort réservés, c’est pourquoy il faut / mesnager vostre bourse, ce que je ferai quand je scaurai vostre intention.

J’ay recu les deux petits livres que vous avez eu la bonté de m’envoy[er] : faictes moy scavoir ce qu’ils ont cousté, afin que je vous le fasse rendre. Obligez moy de vous servir de l’addresse que je vous ai donnée [3] et d’envoyer par ami ce que vous voudrez m’envoyer parce que la voye des marchands est longue, incertaine et penible. J’attendrai de vos nouvelles. C’est vostre tres humble et tres obeissent serviteur s’il y a quelque livre nouveau vous m’obligerez de m’en donner avis. Tout à vous.

  Justel

A Monsieur/ Monsieur Bayle professeur/ en philosophie à Rotredam/ A Rotredam.

Notes :

[1] Justel répond à une lettre perdue de Bayle qui, elle, répondait à sa Lettre 347. Il poursuit ici son propos sur le prix de la traduction des Philosophical Transactions de la Royal Society qu’il fait effectuer pour le compte de Bayle ; nous avons appris que le premier traducteur était Steven Blanckaert : voir Lettre 347, n.4.

[2] Il semble qu’il s’agisse ici de Francis Aston, secrétaire de la Société Royale entre 1681 et 1685. A cette époque le deuxième secrétaire était William Musgrave (1655-1721), médecin et antiquaire.

[3] Voir Lettre 347, n.2 : l’adresse de Justel est « chez M. Cook, secrétaire à Whitehall ».

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