Lettre 352 : François Janiçon à Pierre Bayle

[Paris,] Ce 6. nov[em]bre [1684]

Depuis celle que j’ay eu l’honneur de vous écrire Monsieur par Mr Ferand, j’en ay écrit une autre à nostre amy le 27. du mois passé : et le mesme jour aprés avoir envoyé la lettre à la poste je receus la vostre et la sienne dattées du 16. ausquelles je répondray par celle cy [1]. Vous direz s’il vous plaist à nostre amy que Mr Le F[evre]  [2] n’ayant peu obtenir l’approbation des docteurs de Sorbonne qui sont preposez par Mr le Chancellier pour examiner les livres de theologie[,] sans laquelle il n’accorde point de privilege pour leur impression ; et ayant esté au contraire exhorté de supprimer ce livre afin que ceux de nostre communion ne peussent pas en tirer quelque avantage, led[it] s[ieu]r Le F[evre] ne peut pas s’employer aupres des puissances pour leur demander que son livre puisse entrer librement dans le royaume[,] quoy qu’il ne soit point à proprement parler un livre de contrebande. Et c’est pour cela mesme qu’il a voulu qu’il parust que l’impression s’en est faite à son insçeu. Mais tout ce qui se pourroit faire pour le dédommagement de l’imprimeur seroit de se charger d’une centaine d’exemplaires qu’il envoyeroit en France aux personnes qu’on lui indiqueroit et d’en supporter la perte en cas qu’ils vinssent à estre pris et confisquez, ce que je ne croy pas qui puisse arriver, puisqu’il n’y a rien dans ce livre ny contre l’Estat, ni contre la rel[igion] cat[holique] rom[aine].

Pour ce qui est du sirop dont nostre amy me parle, je vous supplie de luy dire que je m’en suis deja informé à plusieurs personnes sans avoir encore rien peu aprendre de certain, ny de son prix ny de sa bonté, et qu’aussitost que j’en seray un peu mieux instruit que je ne suis je ne manqueray pas de luy en rendre un compte exat. Il est juste que je vous en rende aussy, Monsieur, des trois exemplaires du livre qui m’ont esté envoyez par Mr de Franc[quesnay] [3]. Je vous diray donc, que le d[it] s[ieu]r de Fran[quesnay] m’ayant écrit cy devant avant que je les eusse receus d’en remettre un exemplaire entre les mains d’un con[seill]er de ce Parlement qui est de son païs ; et ce con[seill]er estant allé depuis ce tems là passer celuy des vaccations à la campagne, j’ay remiz l’un des exemplaires entre les mains d’un de ses amis qu’il avoit chargé en partant de me le demander. J’en ay envoyé un autre exemplaire à Mr de La S[abliere] [4] qui est en sa maison de Beausse sur une lettre de nostre amy, qui me mandoit* que je pouvois le faire. Depuis cela je n’ay eu aucune nouvelle dud[it] s[ieu]r de La S[abliere] ainsy je ne scay s’il prétend garder le livre et me le payer, ou bien me le rendre aprés l’avoir leu. Et pour ce qui est du 3 e exemplaire il est encore entre mes mains.

Je vous ay achepté l’exemplaire en blanc* du Dictionnaire que vous m’avez demandé de Mr l’abbé Baudran  [5] avec celuy du Marius Maerccator de Mr Baluze  [6] et vous envoyeray l’un et l’autre le plustost que je le pourray par la voye que vous m’indiquez. Cependant je vous diray que ce Diction[naire] geographique n’est point celuy de /  Ferarius à proprement parler. Il est vray que la premiere edition que led[it] s[ieu]r Baudran fit faire n’estoit qu’une augmentation de celuy de Ferarius  : mais dans la seconde il y a quelque chose de plus, • Mr Baudran ayant voulu devenir auteur de son chef. Un de mes amis a deja veu un cayer seulement de ce petit imprimé dont vous me parlés qui contient un projet d’une nouvelle Bible polyglotte [7], et seroit bien capable de donner de bons avis à ceux qui entreprendront cet ouvrage, et le feroit mesme volontiers si on luy fait scavoir le nom des entrepreneurs. Je vous diray le sien une autre fois.

Aujourd’huy Mrs de l’Accad[emie] franç[oise] doivent nommer celuy qui doit remplir la place de feu Mr de Corneille  : et l’on ne doute point que Mr son frere n’aye le plus grand nombre des suffrages [8]. Aprés quoy on songera à remplir la place qui vaque par la mort de Mr de Cordemoy  [9]. L’ Histoire de France à laquelle celuy cy travailloit est demeurée imparfaite par cette mort, puis qu’il n’avoit achevé que l’histoire de nos roys de la premiere et de la seconde race. Le premier volume in fol[io] estoit achevé d’imprimer à une feuille prés quand la mort de l’ auteur est survenue [10].

Outre les personnes dont j’ay parlé cy devant, qui pensent à entrer dans l’Accad[emie] il y a Mr Menage  [11][,] Mr Ducange  [12] et un Mr Dubois [13] qui sont sur les rangs. Ce dernier a esté precepteur ou gouverneur du dernier duc de Guise et loge encore à present dans l’hostel de Guise. Il s’est fait connoistre depuis peu par une traduction nouvelle qu’il a faite de toutes les Epitres de s[ain]t Augustin en deux volumes in fol[io] dédiés à Mad lle de Guise, il me semble l’avoir oui compter parmy les gens attachez au party du jansenisme. Quand la place de feu Mr de Corneille aura esté une fois remplie, ceux qu’on croit avoir la meilleur part à celle de Mr de Cordemoy sont Mr Menage, et Mr de Bergeret  [14] premier commis de Mr de Croissy. Les accademiciens de la Cour sont presque tous pour celuy cy ; mais la pluspart des autres sont pour celuy là. On a esté un peu surpris de voir qu’a l’age où est à present Mr Menage, la pensée luy soit venue d’entrer dans l’Accad[emie] de laquelle vous scavez qu’il s’estoit autrefois assés moqué dans sa requeste sur leur Dictionnaire [15]. Pour moy je croy qu’il l’emportera sur tous ses competiteurs. Mais je croy encore plus fortement qu’il ne deviendra jamais le doyen de ce corps là.

Comme j’en estoit à cet endroit un de Mrs les accademiciens vient de me dire que Mr Racine qui est directeur de l’Accad[emie] dans ce quartier cy [16] demanda avanthier qu’on surcist pendant 15. jours à remplir la place de Mr de Corneille pour des raisons qui pouvoient estre avantageuses à l’Accademie. Et comme il se vied [ sic] un peu pressé par Mrs ses confreres de vouloir declarer ces raisons, il leur dit que Mr le duc du Mayne  [17] avoit temoigné quelque dessein de vouloir estre de leur corps, aprés quoy vous pouvez bien juger qu’il n’y en eust aucun qui osast refuser à leur directeur le delay qu’il leur avoit demandé. Si ce prince / entre des à present dans cette compagnie il pourroit bien faire perdre à Mr Corneille, et ou à Mr Menage la pensée qu’ils ont eu[e] d’y estre receus.

Vous ne serez peut estre pas fasché de scavoir une petite contestation, qui se leva dans l’Accad[emie] entre l’abbé de Lavaur [18] directeur du quartier precedent, et Mr Racine qui l’est de celuy cy, sur ce que Mr de Corneille estant mort la nuit du dernier septemb[re] au premier octobre, chacun de ces deux Mrs pretendoit qu’il luy appartenoit de faire faire le service à ses despens dans l’egl[ise] des Carmes des Billetes, suivant la coutume de l’Accad[emie], ce qui ne couste qu’environ deux louis d’or. L’affaire ayant esté mise en deliberation il fut jugé à la pluralité des voix que l’affaire regardoit Mr le directeur du quartier precedent, puis que l’autre n’estoit pas encore nommé. Ce qui donna lieu à quelqu’un des accademiciens de dire à Mr Racine un mot qui a esté trouvé asséz bon, Vous aviez esperé Mr d’enterrer Mr Corneille, mais vous vous y estes trompé. Si aprés que / je vous auray informé de la reception qui aura esté faite de celuy qui aura esté receu à la place de Mr de Corneille vous jugez à propos de rapporter le mot qui a esté dit au sujet de Mr Racine, vous pourrez le tourner d’une maniere qui luy soit avantageuse, en disant que s’il y avoit quelqu’un dans la compagnie a qui il appartint d’enterrer Mr de Corneille, ce devroit estre Mr Racine qui s’est rendu si celebre par les belles pieces de theatre qu’il a composées [19][.] /

Depuis que cette lettre est commancée celuy a qui j’avois envoyé un des trois exemplaires du livre que vous m’aviez adressés [20] m’a dit qu’il faisoit estat de le retenir, parce que vous le luy aviez promis, à quoy je n’ay peu rien repondre m’estant contenté de luy dire que j’avois eu dessein de m’en deffaire pour vous envoyer d’autres livres que vous m’avez demandé[s].

Le jeune medecin dont je vous ay parlé dans ma lettre precedente, m’estant venu voir il y a trois jours, me leut un extrait qu’il a fait du petit livre De la nature des fievres [21] que je vous ay envoyé, avec quelques reflexions sur des thezes de medecine qui ont esté soustenues icy publiquement sur l’usage du quinkina. Il m’a promis de m’aporter le tout au premier jour, ou à Mr Alix pour vous le faire tenir. Mais quelque diligence que nous puissions faire pour cela, je n’espere pas que vous le puissiez recevoir assés à tems pour en charger vos Nouvelles du mois courant.

Je n’ay encore rien ouy dire de cette • Suite de l’histoire de l’Accad[emie] fran[çoise] faite par un gentilhomme perigourdin dont vostre Gazete vous a parlé [22]. Si j’en aprend quelque chose, je ne manqueray point à vous en faire part, ny mesme à vous envoyer le livre s’il est deja imprimé et s’il en vaut la pene.

Mr l’abbé Fleschier a eu depuis peu deux benefices qui vacquoient par la mort de l’abbé de S[ain]t Maur de dix mil livres de rente, chargés seulement d’une pension de 1500 l[ivres] t[ournois] pour le precepteur du fils du duc Duzez [23].

Quand vous et nostre amy m’écrirez doresnavant par la voye de Mr de Franq[uesnay] il ne faudroit point mettre de suscription à vos lettres, et qu’il se tint pour dit que celles qu’il verra en cet estat seront pour moy, afin qu’il y mit ou fit mettre la suscription ordinaire. J’oubliois à vous dire que Mr l’abbé de La Roque l’auteur du Journal des sçavans est un des pretendans aux places qui vaquent dans l’Accademie [24] : et que lors que Mr de Racine parla du dessein que Mr le duc Dumayne temoigne avoir d’y entrer, quelqu’un d’eux proposa de charger Mr de Racine d’asseurer ce prince que quand mesme il n’y auroit point de place vacante dans leur corps, il n’y avoit aucun d’eux qui ne fust bien aise de mourir pour luy en faire une. A Dieu, Monsieur, je suis toujours etc.

 

A Monsieur/ Monsieur Vanderhorst op de leuven/ haven/ A Roterdam

Notes :

[1] La dernière lettre de Janiçon est apparemment celle du 22 septembre (Lettre 335) ; les autres lettres évoquées, la réponse de Bayle et celles échangées avec Jurieu (« notre amy »), sont perdues.

[2] Janiçon donne ici des explications, destinées à Jurieu, sur le manuscrit de Jacques Le Fèvre envoyé à Bayle et à Jurieu par Rouen – c’est-à-dire par l’intermédiaire de Basnage de Franquesnay – manuscrit qu’il a déjà évoqué dans sa lettre du 22 septembre : voir Lettre 335, n.13.

[3] Comme on voit par la lettre de remerciement de Nicolas de La Sablière, il s’agit de trois exemplaires de l’ouvrage de Jurieu, L’Esprit de M. Arnaud : voir Lettre 338, p..

[4] Sur cet exemplaire donné à Nicolas de La Sablière, voir Lettre 338, n.1.

[5] Il s’agit de l’ouvrage de Philippe Ferrari, dit Ferrarius (1570 ?-1626), Lexicon geographicum in quo universi orbis oppida, urbes, etc. recencentur (Parisiis 1665, folio), qui fut augmenté une première fois dans une nouvelle édition établie par Michel-Antoine Baudrand (Parisiis 1670, folio) et une seconde fois dans la Geographia ordine litterarum disposita (Parisiis 1681-1682, folio, 2 vol.), publiée sous le nom de Baudrand.

[6] Etienne Baluze (éd.), Marii Mercatoris Opera, S.B. emendavit et notis illustravit (Paris 1684, 8°) : voir Lettre 335, n.10.

[7] [ Richard Simon], Ambrosii ad Origenem Epistola de novis Bibliis Polyglottis (Utrecht 1684, 8°). Bayle consacrera l’art. IX des NRL de janvier 1685 à la présentation du projet de Bible polyglotte et à la correspondance fictive entre « Ambroise » et « Origène », deux pseudonymes de Simon lui-même.

[8] Pierre Corneille était mort le 1 er octobre 1684 ; sa place à l’Académie française revint, en effet, à son frère Thomas : voir NRL, janvier 1685, art.III : « Réception de Messieurs Corneille et Bergeret à l’Académie françoise », et art. X : « Eloge de M. [Pierre] Corneille ».

[9] Géraud de Cordemoy mourut en octobre 1684 ; sa place à l’Académie française revint à Jean-Louis Bergeret (voir ci-dessous n.14).

[10] Cet ouvrage sera complété par son fils, Louis-Géraud de Cordemoy : voir Lettre 239, n.20.

[11] Gilles Ménage, que Bayle connaissait bien pour avoir fréquenté ses « mercuriales » lors de ses séjours à Paris, ne devait jamais entrer à l’Académie française.

[12] L’historien Charles Du Fresne, seigneur Du Cange (1610-1688), auteur d’une grande Histoire de l’empire de Constantinople […] (Paris 1657, folio), d’une Histoire de Saint Louis […] (Paris 1668, folio), et d’une Historia Byzantina duplici commentario illustrata (Parisiis 1680, folio), ainsi que de nombreux travaux de lexicologie, ne devait pas entrer à l’Académie française.

[13] Philippe Goibaud du Bois de La Grugère (1629-1694), après avoir résidé quelque temps chez le duc de Roannez, s’installa, sur la recommandation de la marquise de Sablé, en octobre 1666, à l’hôtel de Guise, comme précepteur, conseiller et secrétaire du jeune duc de Guise, Louis-Joseph de Lorraine, âgé de seize ans. Après la mort du jeune homme, le 31 juillet 1671, Du Bois continua à résider, sous la protection de M lle de Guise, au même hôtel, qui devint un centre intellectuel apprécié. Goibaud du Bois fut, en effet, comme le signale Janiçon, proche de Port-Royal : il prit la défense de Port-Royal attaqué par Racine, il fut consulté sur la traduction du Nouveau Testament, il participa, avec les « Pascalins », à la préparation de l’édition dite « de Port-Royal » des Pensées de Pascal (Paris 1670, 12°). Après la mort de son élève, il se tourna vers la traduction et publia une édition française des Lettres de saint Augustin avec des notes de Sébastien Le Nain de Tillemont (Paris 1684, folio, 2 vol., et 8°, 6 vol.), ainsi que des traductions des Sermons (Paris 1683, 8°, 7 vol.) et des Confessions (Paris 1686, 8°). Par la suite, il publia également des traductions de Cicéron. Il devait entrer à l’Académie française le 12 novembre 1693, quelques mois avant sa mort à l’hôtel de Guise, où il n’avait jamais cessé de demeurer, le 1 er juillet 1694. Voir Dictionnaire de Port-Royal, s.v., et le compte rendu de la traduction des Lettres de saint Augustin dans NRL, novembre 1684, art. X : cette édition est significative dans la perspective qui est celle de Bayle dans le Commentaire philosophique.

[14] Jean-Louis Bergeret (1641-1694), premier commis de Colbert de Croissy, auteur d’un seul « ouvrage », qui est le Traité entre le Roy et les Etats généraux des Provinces Unies des Pays-Bas. Arrêté et signé à La Haye, le 29 juin 1684 (Paris 1684, 4°), devait prendre la place de Géraud de Cordemoy à l’Académie française en 1685 : voir NRL, janvier 1685, art. III.

[15] Comme le raconte Tallemant des Réaux (éd. A. Adam, ii.322), Ménage composa sa Requeste des dictionnaires en 1636 ; elle fut publiée sous le titre Le Parnasse alarmé (Paris 1649, 4°, 16 pages).

[16] Racine était entré à l’Académie française en 1673 ; voir aussi Lettre 366, n.8.

[17] Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), fils du roi et de M me de Montespan, fut élevé par la veuve de Scarron, la future M me de Maintenon. Il était de santé fragile et souffrait d’un pied bot qui le faisait boiter, mais il était doué d’une grande sensibilité et d’une vive intelligence. Après sa légitimation en 1673, il vivait avec son frère, le comte de Toulouse, et sa sœur, M lle de Nantes, au château de Saint-Germain. A l’âge de sept ans, il faisait figure d’enfant prodige. Il obtint, en 1681, à cause du souhait de la Grande Mademoiselle de revoir Lauzun en liberté, la terre des Dombes et le comté d’Eu. En 1682, le roi le nomma gouverneur du Languedoc. En 1692, il épousa la fille de Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé, femme intelligente et cultivée. A la même date, il fut promu lieutenant-général : il suivit son père en campagne, participa au siège de Namur et à la bataille de Steinkerque. Deux ans plus tard, le roi le nomma grand maître de l’Artillerie. En 1699, il acheta pour son épouse le château de Sceaux, construit par Claude Perrault pour Colbert ; les époux du Maine en firent un centre de vie intellectuelle et culturelle intense. Selon les dispositions du testament de Louis XIV, le duc du Maine fut investi du commandement des troupes de la maison du roi et pensa gouverner le jeune Louis XV, mais le Parlement cassa le testament et les princes du sang privèrent les légitimés du droit à la succession au trône. Sa femme l’entraîna alors dans le complot de Cellamare, qui avait pour but de mettre Philippe V sur le trône de France ; les époux du Maine furent arrêtés le 29 décembre 1718, et le duc incarcéré à Doullens. Libéré en 1720, il passa le reste de sa vie en exercices de piété avec sa femme au château de Sceaux, où il mourut d’un cancer en 1736.

[18] Il s’agit en fait non pas de l’abbé de Lavaur mais de Louis Irland de Lavau ( ?-1694), garde des livres du cabinet du Roi au Louvre, qui fut admis à ce titre le 17 avril 1679 à l’Académie française. Il rendit à ses frais les devoirs funèbres à Corneille, honneur qui lui fut disputé par Racine : en effet, Corneille mourut dans la nuit du 30 septembre au 1 er octobre 1684 ; or, Lavau était directeur en septembre et Racine en octobre. Le différend fut soumis à l’arbitrage de l’Académie qui donna raison à Lavau.

[19] La rivalité entre Racine et Corneille est évoquée dans les NRL à l’occasion de l’« Eloge de Monsieur Corneille » que Bayle fait paraître en janvier 1685 (art. X).

[20] Voir Lettre 335, p., et ci-dessus, n.3 : il s’agit d’un exemplaire de L’Esprit de M. Arnaud par Jurieu. Janiçon l’avait confié à un ami d’un « conseiller de ce Parlement qui est de son pays [de Basnage de Franquesnay] », c’est-à-dire de Normandie. Nous ne saurions identifier ce conseiller ni son ami avec plus de précision.

[21] Janiçon ne parle pas d’un jeune médecin dans sa lettre précédente, mais bien d’un livre sur la nature des fièvres : voir Lettre 351, n. 4. Il s’agit de l’ouvrage de Jacques Minot, De la nature et des causes des fievres, avec quelques experiences sur le quinquina.

[22] Paul Pellisson-Fontanier avait publié son Histoire de l’Académie française (Paris 1653, 12°) ; nous n’avons su identifier cette suite, évoquée sans doute dans la Gazette d’Amsterdam. La lettre où Bayle avait posé cette question à Janiçon est perdue.

[23] En 1684, le duc d’Uzès est Emmanuel II de Crussol (1642-1692), devenu duc d’Uzès en 1674. Il fut pair de France, prince de Soyons, marquis de Florensac et comte d’Apchier. Son fils aîné, si c’est bien de lui qu’il s’agit ici, est Louis de Crussol (v.1670-1693), comte de Crussol, puis duc d’Uzès en 1692, et pair de France.

[24] Sur l’abbé Jean-Paul de La Roque, rédacteur du Journal des sçavans, voir Lettre 80, n.14 ; Bayle était entré récemment en correspondance avec lui en lui envoyant les premiers numéros des NRL : voir Lettres 325 et 333. L’ abbé ne devait pas entrer à l’Académie française.

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