Lettre 37 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Coppet,] le 31 juillet 1673

Monsieur et t[res] c[her] f[rere],

Il y a long tems que je souhaittois une aussi bonne commodité* de vous ecrire que celle qui m’est offerte à cette heure. Je ne sai si on vous a rendu les lettres que je vous ay ecrittes depuis le mois d’aout en ça* [1], mais au moins suis je bien asseuré que depuis ce tems je n’ay pas plus ouy parler de vous que si j’eusse eté confiné dans les deserts de la Libye. Cela est etrange que dans une si petite distance nous demeurions des années entieres sans savoir ce qui nous arrive, et qu’il y ait de gens separés de 5 ou six cens lieues qui se donnent des nouvelles reglement tous les mois. Il faut attribuer cela ou à quelque manque de soin, ou à la nature du pays que l’on diroit etre quelque membre paralytique du monde, qui ne participe aucunement au commerce* et à la societé des autres. Quoi qu’à dire le vray il me semble que ce n’est pas uniquem[en]t le vice du pays, et qu’il y entre un peu de negligence de la part de ceux qui y demeurent, car le moyen de concevoir que je ne recoive que 3 fois de nouvelles de ches vous dans l’espace de pres de 3 ans, sans l’attribuer à un dessein fixe de ne me point ecrire, conclu et arreté entre vous je ne sai pourquoy. Mais de peur de faire des jugemens temeraires, je me veux abstenir de decider de la cause pour laquelle je n’apprens rien de votre etat. Cependant je vous prierai d’agreer ce petit mot de plainte, car il me semble que ce ne seroit pas estimer vos lettres selon leur merite, si on se pouvoit consoler facilement de n’en pas recevoir.

Quoy que je vous aye ecrit bien 6 ou 7 fois depuis avoir receu votre grande et belle lettre du mois d’aout dernier [2], je demeure pourtant d’accord que ma diligence est en reste, mes billets n’etant nullement capables de contrepeser par leur nombre, cette grande multitude de choses que vous me communiquates dans un seul coup*. De sorte que si je voulois risposter* pertinemment, j’entends bien qu’il me faudroit icy entreprendre un gros journal de ma vie comme vous m’en avez envoyé un de la votre. Mais helas que pourrois je vous dire ? Il y a si peu de varieté dans mes actions, que qui m’a veu un jour peut repondre de tout ce que j’ay fait dans une année, et d’ailleurs les avantures de ceux que je puis connoitre icy vous importent si peu, que ce seroit imprudence de vous en entretenir. Ainsi me voila quitte de l’obliga[ti]on de vous faire une lettre de la nature qu’est celle que je receus de vous l’eté dernier.

Pour faire un journal de ma vie il me faudroit imiter ceux qui voulant dauber le duc d’Epernon [3] (j’entens celuy qui a eté favori d’ Henry 3) apres qu’il eut obtenu le gouvernem[en]t de Provence firent crier par toutes les rues de Paris un livre avec ce titre, Exploits du duc d’Epernon en Provence. Mais il n’y avoit que ces 5 ou 6 mots d’imprimez, toutes les autres feuilles etoient en •blanc, et quand ceux qui l’avoient acheté ayant sans doutte* regret à leur argent, se plaignirent • de la fourbe, il leur fut repondu que les libraires et imprimeurs etoient bien excusables de n’avoir imprimé aucuns exploits du duc d’Epernon, puis qu’il n’en avoit point fait, et qu’on devoit leur savoir gré plutot de ce qu’ils avoient preparé place pour coucher ceux qu’il feroit à l’avenir, si tant etoit qu’il en fit. Si vous voulez savoir où j’ay appris cela je vous alleguerai bien tot mon autheur, c’est dans les Memoires de Mr de Brantome gentilho[mm]e du Perigord, de la Maison de Bourdeille [4]. Le marquis de Bourdeille [5] mort depuis environ un an, et qui etoit lieutenant de roy et senechal du Perigord etoit de cette Maison. Au reste ce Mr de Brantome vivoit du tems d’ Henry 4, et a ecrit dans ses Memoires tout ce qu’il a veu, et ouy dire de curieux dans les cours de Charles 9 et Henry 3 ayant fait la vie de tous les grands ho[mm]es qui ont paru dans ces regnes. Il y a mille choses qu’on ne trouveroit pas ailleurs, parce que comme il avoit de beaux emplois dans l’armée, il avoit l’entrée du Louvre et de tous les hotels, et par consequent il luy etoit facile d’apprendre et de voir plus de choses que le commun des historiens. Son stile au reste est fort soldat, c’est à dire qu’il n’est nullement etudié et dans toute la negligence d’un homme qui parle à ses amis en conversation. Ce qui n’empeche pas que ses narrations ne soient infiniment agreables. Enfin c’est un livre à voir, ou je ne m’y connois pas, d’autant plus qu’il n’est point interessé, car il louë et justifie aussi bien l’ admiral de Chatillon, que le duc de Guise [6]. Po[ur] reprendre mon discours, je vous dirai qu’un journal de mes avantures ne noirciroit pas plus de papier, que la satyre faitte contre le duc d’Epernon.

Mais quoi que je ne vous rende pas conte de ma vie, vous ne devez pas laisser de m’ecrire des lettres sur le pied* de votre derniere. Vous n’avez pas les memes raisons que moy, vous ne vivez pas si uniment*, vous diversifiez vos occupa[ti]ons, vous faitez [7] de petits voyages, et vous avez autour de vous quantité de gen[s] aus affaires de qui je m’interesse, et dont par consequent vous ne sauriez vo[us] dispenser avec bienseance, de m’ecrire les aventures. Sur tout aprenez moy celles de vos braves guerriers [8]. Je meurs d’envie de savoir de leurs nouvelles et en quels regimens, et sous quels generaux ils ont servi. Vous me direz que cela s’en va sans dire, qu’ils ont servi en Hollande dans l’armée meme du Roy puis que le Roy se trouvoit alternativement dans toutes les armées, et q[ue] ce qu’on appelloit armée de Mr le prince [9] , de Mr de Turenne, etc. n’etoit proprement parlant que des detachemens de la royale. Je vous avouera[i] cela, mais encore reste t’il à savoir si depuis le commencem[en]t d’aout que le Roy se retira, ils sont demeurez en garnison dans les places conquises, ou s’ils sont allez en Allemagne avec Mr de Turenne contre les Imperiaux et Brandebourgeois. Instruisezmoi de tout cela, je vous en prie, sans oublier ceux qui ont demeuré ches eux, de l’etat desquels je demande aussi d’etr[e] informé. Parlez moi aussi de vos etudes, et des livres qui ont fait du bruit dans vos provinces, et de l’etat de la religion et republique dans votre pays.

Si vous souhaittez que je vous parle de mes etudes, je vous dirai que depuis que je suis aupres des jeunes comtes de Dona (ils sont trois en nombre[,] le plus agé courant sa 13. année) je n’ay qu’une partie de mon tems pour mo[y] l’autre qui est assez grande, je la donne à les instruire ou au latin, ou à l’histoire, ou à la geografie, ou au blason. Vous vous etonnerez qu’ayant à apprendre ces choses, j’aye osé me charger de leur institution*, car vous savez bien que ni la geografie, ni le blason, ni meme l’histoire, n’etoient pas des pays decouverts pour moy avant mon arrivée en ce pays. Mais vous devez savoi[r] que peu apres y etre arrivé j’ay un peu etudié ces choses, si bien que je puis dire que je ne me suis pas embarqué sans biscuit. A l’egard du blason, je me sers de la methode de l’abbé de Brianville [10], qui est d’un jeu de cartes où se trouvent les armes des plus grandes Maisons de l’Europe. On prend d’ordinaire le jeu du cocu [11] (je me souviens qu’autrefois vous meme tout morigené que vous avez toujours eté, y avez passé quelques apres soupées) et apres avoir changé les cartes selon la loy du jeu, celluy qui a la moindre commance à blasonner la sienne, et parce qu’au lieu de tapis, on met sur la table une mappemonde* ; en meme tems qu’on dechiffre les armoiries d’un prince, on marque du doit sur la carte les pays qu’il possede, et puis on en marque les limites, et sous quel degré de longitude et de latitude ils sont, etc En suitte on baille* la genealogie de ce prince, et en quel tems sa Maison a commencé d’en etre investie et choses semblables. Par cette methode Mr l’abbé de Brianville a appris à Mr le Dauphin tout en meme tem[p]s le blason, la geografie, l’histoire, la chronologie etc fort heureusement. Aux autres elle reussit plus ou moins selon qu’ils ont du genie, ou qu’ils y vaquent souvent, et pour les obliger à s’y prendre de bonne maniere, on etablit que pour chaque faute on donnera une marque au jeu, laquelle on fait d’un louys d’or parmi les gens riches, et d’un sou ou encore moins parmi ceux du commun, enfin comme on veut. Or quand on veut savoir à plein fond le blason et les genealogies, il est besoin d’autre chose, car il faut avoir les ouvrages du jesuite Menetrier [12], et de m[essieu]rs de S[ain]te Marthe [13], ou d’autres equivalens.

A propos de genealogies, il me souvient que quand on faisoit la recherche des faux nobles, feu Mr le vicomte de Rabat fit imprimer la genealogie de sa Maison [14]. Faites en sorte je vous prie par le moyen de quelqu’un de vos amis qui ait entrée • ches Mr le marquis de Foix [15] d’en avoir un exemplaire. Il n’y a qu’à dire qu’on est prié de la part d’un homme qui compose une histoire de fournir des memoires p[ou]r parler de l’antiquité de cette Maison, et on en baillera à 2 mains, car les grands seigneurs ne demandent pas mieux que d’etre preconisez dans les livres, et bien loin de se faire demander leur genealogie, ils l’envoyent eux memes ou •la font envoyer à ceux qu’ils savent travailler à quelq[ue] histoire, avec priere de leur donner place dans leur livre. Si par ce donné à entendre ou par quelq[ue] autre pretexte vous en pouvez avoir un exemplaire vous m’obligerez fort de me l’envoyer. Car co[mm]e Mr le comte de Dona est consommé dans la connoissance des familles nobles de l’Europe, je ne dois rien negliger pour me perfectionner en cette science.

Pour la geografie il ne faut qu’avoir de bonnes cartes, de bons itineraires, et de bonnes relations des grands voyageurs. La France sans contredit l’emporte presentement sur les autres nations. Je dis presentement car il y a 4 vints ou 100 ans que le Paysbas avoit les plus excellens geographes de l’Europe en la personne de Gerard Mercator [16], et Abraham Ortelius [17]. Depuis encore on y a veu Philippe Cluvier [18] le plus consommé dans cette science qui ait vecu de son tems. Mais enfin la Fra[n]ce a eu le * et la seule ville d’Abbeville en Picardie a donné 3 geographes en meme tems qui ont excellé, savoir Samson [19], Du Val [20] et le jesuite Briet [21]. Ce premier a eu de grands demelez sur le sujet de l’ancienne geografie avec le Pere Labbe [22], l’un des plus savans et des plus universels de ce siecle, et qui a prodigieusement ecrit sur une infinité de matieres differentes.

Les livres que vous me demandiez s’ils etoient composés par Mr Mussard sont effectivem[en]t de luy [23]. Il vient de donner au public un volume de sermons [24] qui ont beaucoup de vogue, et qui asseurem[en]t sont tout pleins d’esprit et d’eloquence. Il est dommage qu’il n’ait pas une chaire considerable à remplir. Je croi vous avoir deja parlé dans mes precedentes* de la mort du fameux Moliere. Il n’est pas croyable combien de vers se sont faits sur sa mort, car en effet le sujet etoit fort susceptible des pensées poetiques, de voir un fameux comedien qui meurt sur le theatre en representant une piece intitulée Le Malade imaginaire [25] , ou co[mm]e d’autres disent, le mort imaginaire. A peine verra t’on jamais un si grand genie pour le comique. Il avoit donné l’hyver de l’année passé, Les Femmes scavantes [26] piece aussi achevée qu’on en vit jamais, où on croit avec beaucoup d’apparence qu’il a tourné en ridicule l’ abbé Cotin, ce qui meme a fait quelq[ue] bruit. On vit aussi ce meme hyver pour le grand balet du Roy, une tragedie balet, intitulée Psyché [27], dont la conduitte et la disposition est toute deue à Molière, quoi que dans la versifica[ti]on il ait eté fort aydé par Mr Corneille le jeune, et par Mr Quinaut. J’ay leu ces 2 pieces avec beaucoup de plaisir, et ne saurois bien dire laquelle m’a pleu davantage. Au reste cette avanture de Psyché qui a servi de sujet à ce magnifique balet du Roy qui en porte le nom, est un episode de l’ Ane d’or [28] d’ Apulée [29]. Mr de La Fontaine (celui qui a si bien mis en vers les meilleures fables de l’Antiquité) en a fait une fort jolie histoire en prose [30] qu’il a changée co[mm]e il luy a pleu, pour l’accommoder au siecle present, et à propos de fables je vous dirai que Mr l’ abbé Furetiere en a donné au public 2 petits tomes de son invention, en vers [31], mais qui n’approchent pas des graces et de la facilité qui paroit en celles de La Fontaine. Je ne vous parlerai pas de quantité de pieces de theatre qui ont fait du bruit, comme le Bajazet, et le Mithrydate de Mr de Racine [32], qui reussit à miracle dans la tragedie, la Pulcherie de Mr Corneille l’ainé [33], l’ Ariane et le Theodat de Mr Corneille le jeune [34] et plusieurs autres, car il y a assez de tems qu’on en parle pour que vous les ayez ou veues, ou veu de[s] gens qui les ont leues. J’ay leu une petite nouvelle historique intitulée Dom Carlos [35] qui a bien des agremens, car outre qu’elle est bien ecritte, c’est qu’il n’y a rien qui ne soit veritable. On y raconte donc le malheur du prince d’Espagne fils de Philippe 2 que son pere fit mourir entr’autres raisons parce qu’il avoit eté amoureux d’une femme de Philippe, et on y parle assez au long de cette amour. Il paroit aussi depuis quelque tems un livre nommé le Mercure holandois [36] composé par un ho[mm]e de Lyon. Je finis icy m[on] t[res] c[her] f[rere] en vo[us] priant d’employer vos soins à ce que je touche ce que je demande si instamment et pressé par un grand besoin, dans la lettre cy jointe [37]. Je me promets beaucoup de votre amitié et de ce que vous avez deja passé par l’ etamine* et savez combien e[st] prejudiciab[le] le defaut d’argent à tout bon et louable dessein. Non ignara mali miseris succurrere disco [38] . Changez le feminin en masculin, et parlez moy co[mm]e Didon aux Troyens vous m’obligerez infiniment qui suis de cœur et d’ame v[ot]re tres humble etc.

Notes :

[1] Aucune des lettres mentionnées ici ne nous est parvenue, ce qui suggère qu’elles ne sont pas arrivées au Carla.

[2] Cette lettre ne nous est pas parvenue.

[3] Jean-Louis Nogaret de La Valette (1554-1642), favori d’ Henri III, qui le créa duc d’Epernon en 1581, causa aux successeurs de ce roi bien des problèmes par ses intrigues et par sa turbulence. Henri IV le nomma gouverneur de Provence, mais Epernon s’y rendit odieux et fut contraint de quitter son gouvernement en 1596. Guillaume Girard (?-1663), prêtre qui avait été secrétaire du duc, publia l’ Histoire de la vie du duc d’Espernon (Paris 1655, folio) pour défendre la réputation peu flatteuse qu’avait laissée son ancien maître dans l’opinion publique.

[4] La source de Bayle pour cette anecdote satirique sur le duc d’Epernon est Brantôme (vers 1540-1614), Mémoires [...] contenant les vies des hommes illustres et grands capitaines estrangers de son temps (Leyde 1665-1666, 12°, 8 vol.) : voir ses Œuvres complètes, éd. L. Lalanne (Paris 1864-1882, 11 vol.), vi.92-93.

[5] François-Suaire (parfois François Sicaire), marquis de Bourdeille et d’Archiac, petit-neveu du mémorialiste et frère de Claude de Bourdeille, comte de Montrésor, avait refusé d’arrêter Condé lorsque celui-ci passait à Périgueux, désobeissance aux ordres royaux qui le fit considérer comme un Frondeur.

[6] A savoir, Gaspard de Coligny, seigneur de Châtillon (1519-1572), neveu du connétable de Montmorency, et amiral de France depuis 1552, qui fut le chef du parti protestant et la victime la plus célèbre de la Saint-Barthélemy ; Henri I er de Lorraine, duc de Guise (1550-1588), le « Balafré », fut, après son père François de Lorraine (1519-1563), chef du parti catholique et animateur de la Ligue : voir DHC, « Guise » (2 articles).

[7] Il s’agit d’une simple variante orthographique.

[8] Ces « braves guerriers » sont les jeunes gens des familles nobles ou notables de la région qui avaient saisi l’occasion de la guerre de Hollande pour s’enrôler dans l’armée royale. Les provinces méridionales, plus pauvres et économiquement plus archaïques que celles du nord, fournissaient un nombre considérable de volontaires – soldats ou officiers – aux armées françaises. Le personnage du « cadet de Gascogne » est bien connu en littérature.

[9] Louis II de Bourbon, prince de Condé, dit le « grand » Condé.

[10] Claude-Oronce Finé, dit de Brianville, Jeu d’armoiries des souverains et estats d’Europe, pour apprendre le blason, la geographie et l’histoire curieuse (Lyon 1659, 12 o), ouvrage qui connut dès l’année suivante une édition augmentée sous un titre un peu modifié.

[11] Le jeu de cocu, ou de coucou, appelé aussi « here », est l’un de ceux auxquels s’amuse Gargantua : voir Rabelais, Gargantua, xxii, éd. M. Screech (Genève 1970), p.135.

[12] Claude-François Menestrier (1631-1705), savant jésuite, auteur d’innombrables livres, dont plusieurs portent sur l’art du blason, tels Le Veritable art du blason et la pratique des armoiries depuis leur institution (Lyon 1671, 12 o) et Le Veritable art du blason et l’origine des armoiries (Lyon 1671, 12 o), qui reprenaient le thème d’ouvrages antérieurs parus depuis 1659.

[13] Pierre Gaucher [Scévole] de Sainte-Marthe (1618-1690), sieur de Méré, historiographe de France avait publié L’Estat de la cour des roys d’Europe, où l’on voit les noms, surnoms, qualitez, armes, alliances et posteritez des roys et princes souverains et autres princes et princesses de leurs Maisons vivans dans l’Europe (Paris 1670, 12 o, 3 vol.).

[14] Jean-Roger I, vicomte de Rabat (1600 ?-1668 ou 1669) ; sur lui, voir G. Doublet, « Histoire de la Maison de Foix-Rabat », Bulletin de la société ariégeoise des sciences, lettres et arts, 9 (1903-1904), p.177-202.

[15] Jean-Roger II, marquis de Foix (mort vers 1692), fils du précédent, devint gouverneur du Pays de Foix en 1672, mais fut suspendu de cette charge en 1675 et obligé d’en démissionner en 1678 à cause des exactions qu’il avait exercées sur la région : voir G. Doublet, « Histoire de la Maison de Foix-Rabat », Bulletin de la société ariégeoise 10 (1905-1906), p.1-18 et 225-245. Le marquis de Foix allait finir ses jours à la Cour, comme chevalier d’honneur de Madame, duchesse d’Orléans.

[16] Gérard Kremer, dit Mercator (1512-1594), longtemps au service de Charles Quint, fut l’un des fondateurs de la cartographie moderne.

[17] Abraham Œrtel, dit Ortelius (1527-1598), savant cartographe flamand publia le Theatrum orbis terrarum (Antverpiæ 1570, folio), le premier atlas qui ait paru au seizième siècle ; il fut nommé géographe royal par Philippe II.

[18] Philipp Clüver (Clüwer, Cluvier ou Cluverius : 1580-1623), historien et géographe allemand, qui publia Germania antiqua (Lugduni Batavorum 1616, folio) ; Sicilia antiqua : cum minoribus insulis ei adjacentibus, item Sardinia et Corsica ; opus post omnium curas elaboratissimum ; tabulis geographicis, ære expressis, illustratum (Lugduni Batavorum 1619, folio) ; Italia antiqua : opus post omnium curas elaboratissimum (Lugduni Batavorum 1624, folio, 2 vol.) ; et une Introductio in Universam Geographiam, tam Veterem quàm Novam (Amstelodami 1629, 122).

[19] Sur Nicolas Sanson et ses fils , voir Lettres 18, n.2, 152, n.15, et 383, n.18 et 20.

[20] Pierre Duval (1618-1683), neveu par sa mère de Nicolas Sanson, professeur de géographie et géographe royal, publia de nombreuses cartes.

[21] Philippe Briet (1601-1668), S.J., né à Abbeville, enseigna la rhétorique, mais composa aussi plusieurs ouvrages de chronologie et de géographie.

[22] Philippe Labbe (1607-1667), S.J., fut un auteur fort abondant. Dans son Pharus Galliæ antiquæ (Molinis 1644, 12 o), il critiqua la Galliæ antiquæ descriptio geographica (Parisiis 1627, folio) qui avait fondé quelques années plus tôt, la réputation de Nicolas Sanson ; celui-ci entreprit alors une polémique méthodique contre les assertions de Labbe : In Pharum […] Philippi Labbe (Lutetiæ Parisiorum 1648, 12 o), qui discutait par ordre alphabétique les noms des lieux dont Sanson contestait ce qu’en avait écrit le jésuite. Cette réfutation ne dépassa pas les lettres A et B, le chancelier Séguier étant intervenu pour faire cesser la querelle. Bayle fait allusion à cette polémique dans le DHC, « Abbeville », rem. D.

[23] Pierre Mussard avait publié, sans nom d’auteur, Les Conformitez des ceremonies modernes avec les anciennes, où il est prouvé […] que les ceremonies de l’Eglise romaine sont empruntées des payens (Leyde 1667, 12 o). Bayle était bien placé pour renseigner son frère et il emploie probablement ici le pluriel à bon escient, mais nous n’avons pu déceler quel autre ouvrage anonyme de controverse aurait aussi été l’œuvre de Mussard.

[24] Pierre Mussard, Sermons sur divers textes de la saincte Ecriture (Genève 1674, 8 o) : selon un usage fréquent, le millésime de l’impression a été post-daté, du moins sur une partie des exemplaires, puisqu’en juillet 1673 Bayle donne le livre pour paru.

[25] Le Malade imaginaire (Paris 1673, 12 o), comédie-ballet, dans laquelle Molière joua le rôle d’Argan, le malade de la pièce. La première représentation eut lieu le 10 février 1673, et Molière est mort sur la scène le 17 du même mois. Sur les nombreux vers composés à l’occasion de sa mort, auxquels Bayle a déjà fait allusion : voir Lettre 33, n.15.

[26] La comédie de Molière intitulée Les Femmes savantes (Paris 1672, 12 o) fut représentée pour la première fois le 11 mars 1672. Le personnage du cuistre Trissotin ridiculisait, en effet, l’abbé Charles Cotin (1604-1681), membre de l’Académie française, auteur d’innombrables poésies de tendance précieuse.

[27] Psyché (Paris 1671, 12 o), tragi-comédie et ballet, dont la première représentation eut lieu devant le roi le 17 janvier 1671, dans la salle des Tuileries, est l’œuvre de Philippe Quinault (1635-1688), de Molière et de Pierre Corneille (1606-1684), et non pas de Thomas Corneille (1625-1701), son frère cadet.

[28] C’est dans les livres iv, v, et vi des Métamorphoses (ouvrage connu aussi sous le nom d’ Ane d’or) qu’ Apulée, écrivain latin du deuxième siècle, rapporte l’histoire de Psyché.

[29] C’est dans les livres iv, v, et vi des Métamorphoses (ouvrage connu aussi sous le nom d’ Ane d’or) qu’ Apulée, écrivain latin du deuxième siècle, rapporte l’histoire de Psyché.

[30] Les Amours de Psyché et de Cupidon (Paris 1669, 8 o) est un conte en prose et vers mêlés de Jean de La Fontaine (1621-1695).

[31] Antoine Furetière publia un recueil de cinquante apologues : Fables morales et nouvelles (Paris 1671, 12 o).

[32] Bajazet (Paris 1672, 12 o) de Jean Racine (1639-1699) fut représenté au début de janvier 1672. Son Mithridate (Paris 1673, 12 o) fut joué au début de l’année suivante, et imprimé aussitôt.

[33] Pulchérie (Paris 1673, 12 o), comédie héroïque de Pierre Corneille, fut présentée au public parisien par la troupe du Marais, le 15 novembre 1672.

[34] Ces deux pièces de Thomas Corneille furent jouées à l’Hôtel de Bourgogne la même année : Ariane (Paris 1672, 12 o) le 26 février 1672, et Théodat (Paris 1673, 12 o) le 16 novembre 1672.

[35] Dom Carlos, nouvelle historique (Amsterdam 1672, 12 o) de l’abbé savoyard César Vichard de Saint-Réal (1643-1692) n’a pas l’exactitude historique que lui attribue Bayle. Sur le « mythe » crée par Saint-Réal, voir A. Mansau, Saint-Réal et l’humanisme cosmopolite (Paris, Lille 1976), p.301-95.

[36] Le Mercure hollandois [puis Suite du Mercure hollandois] ou l’Histoire de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas, de Pierre Louvet, parut à Lyon chez Etienne Baritel entre 1673 et 1680. Il ne s’agissait pas à proprement parler d’un périodique, mais d’une série de « suites » destinée à faire pièce au véritable Mercure hollandois, contenant les choses les plus remarquables de toute la terre d’ Abraham Castellyn, qui parut à Amsterdam chez Hendrick et Théodore Boom entre 1672 et 1684 : voir J. Sgard, Dictionnaire des journaux, ii.943, n o 944. Sur Pierre Louvet, voir L. Galle, « Pierre Louvet, sa vie et ses travaux », Revue historique de Lyon, 2 (1903), p.5-20 et 106-25.

[37] Il s’agit de la Lettre 36, où Bayle demande des subsides à son père.

[38] Enéide, i.630 : « l’expérience du malheur m’apprit à venir en aide aux malheureux » ; c’est Didon qui parle.

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