Lettre 449 : François Janiçon à Pierre Bayle

• [Paris, le] 27 juillet [1685] [1]

Je n’ay peu jusques à present vous faire rien scavoir, Monsieur, sur la lettre que vous avez écrit[e] à Mr nostre deputé general [2] et sur le memoire que je luy ays fait donner sur le mesme sujet, parce qu’apres qu’il eut receu l’un et l’autre, Mr son pere et Mad e sa mere partirent d’icy pour Calais, d’où l’on dit qu’ils doivent passer en Angleterre, et qu’il les a accompagnés pendant une bonne partye du chemin. Il est de retour depuis lundy dernier, et ayant apris hier qu’il estoit allé à Versailles, et qu’il en devoit revenir hier au soir, j’ay envoyé chez luy ce matin pour luy faire demander s’il n’avoit rien apris du sujet de la detention de Mr vostre frere. La personne qui y a esté de ma part • a trouvé qu’il n’estoit point encore éveillé, et qu’il ne devoit se lever qu’entre XI heures et midy parce qu’il s’estoit couché extremement tard. Son serv[iteur] à qui on a parlé à son deffaut luy a ouy dire qu’il n’avoit point peu apprendre la cause de cet emprisonnement, et qu’on s’estoit contenté de luy dire qu’il y avoit quelque chose de par[ticulie]r sans vouloir s’en expliquer d’avantage. Je croy que le medecin à qui vous en avez écrit [3] pourra en découvrir quelque chose s’il veut bien s’y appliquer de la bonne sorte. Cependant je feray encore parler à Mr de Ruvigny sur cela. Mr de La Bovisse [4] ne m’en a rien écrit de Saverdun depuis sa lettre que vous avez veüe, je ne manqueray pas de faire mettre demain à la poste celle que vous m’avez envoyée pour luy.

On doit vous avoir donné avis que le samedy 14 de ce mois je fis porter icy au messager de Roüen une cassete adressée à Mr Fontaine dans laquelle estoient les cartes que j’ay payées à Mr Sanson [5] avec quelques traductions de l’ abbé de Marolles, sçavoir six volumes des œuvres d’ Ovide [6], quatre de celles de Plaute [7], et trois de celles de Seneque le tragique [8], et un de quelques œuvres meslées de divers auteurs [9]. Ces quatorze volumes qui sont des / in 8° tous neuf[s] reliés en veau n’ont cousté que 20 s. la piece, non plus que le petit Traité de l’ame des bestes [10] que vous avez demandé, ny le livre de la morale de Seneque [11] etc. ce qui est un fort bon marché. Ce dernier n’a point esté mis dans la cassette, ne m’ayant esté apporté qu’apres qu’elle fut envoyée[.] Vous voyez par là, Monsieur, que j’ay executé par avance et sans attendre vostre ordre ce que vous me mandez* par vostre lettre du 19 de ce mois [12]. Je tacheray suivant vos intentions à recouvrer peu à peu les autres traductions de l’ abbé de Maroles avec les autres livres que vous me demandez ou par quelqu’un de mes amis, ou bien lorsque je seray en estat de sortir, ce qui ne pourra pas estre encore si tost. Je n’ay commencé que depuis 3 ou 4 jours à quitter le lit pendant 3 ou 4 heures du jour, et à faire quelque tour de chambre ; et ma playe ne pourra estre fermée que sur la fin de la semaine prochaine [13].

J’adjouteray à la fin de cette lettre le memoire de ce que j’ay deboursé en tout ce qui est contenu dans la cassette lequel vous conserverez s’il vous plaist pour qu’il vous serve à regler nos comptes, car pour moy je vous avouë que je suis un peu neglig[e]ant à ses [ sic] sortes de choses. Je n’ay encore receu aucune de vos Nou[velles] par le P[ère de] La C[haize] [14] depuis que vous avez commencé à luy en envoyer, et la personne qui a esté diverses fois pour luy parler de ma part n’a encore peu le faire. Cet ecclesiastique de vostre province dont nous avons cy devant nommé Mr Bellot [15] me pria dernierement de vous écrire que vous voulussiez bien en envoyer tous les mois un exemplaire à Mr l’ arch[evêque] d’Alby [16] par la poste, ou à Mr l’ evesque de Glandeve [17] qui logent dans la rue S[ain]t-Dominique au fauxbourg S[ain]t-Germain, je ne peu[x] pas m’empecher de luy dire que je vous en écrirois sans luy faire aucune autre avance, ainsy vous • en userez comme vous le jugerez à propos. / J’oubliois à vous dire ce qu’il adjouta à sçavoir qu’il rembourseroit icy par d’autres livres le prix de ceux que vous envoyeriez.

Comme je scay que vous vous faisiez envoyer autrefois par feu Mr Du Peyrat [18] tous les Mercures galans qui se font icy chaque mois, et que vous aviez declaré que vous estiez bien aise de les voir. J’ay fait proposer adroitement à l’ auteur [19] qu’il devroit rechercher vostre connoissance et tacher de faire un échange avec vous de son Mercure avec vos Nouvelles [de la] republ[ique.] Il a a[c]cepté volontiers ce party, ainsy que vous le verrez par la lettre qu’il vous écrit, et qui m’a esté rendüe [20] par Mr Sylvestre [21]. Depuis cela il • a commencé à m’envoyer son Mercure du mois de juin avec ces [ sic] deux Relations du carous[s]el pour vous les faire tenir. Je luy ay mandé que je le ferois par la premiere co[m]modité • et l’ay assuré sans crainte d’en estre desavoué que vous recevriez sa lettre avec joye, et ne manqueriez pas d’y faire reponse, non plus qu’à luy envoyer tous les mois vos Nouvelles par la voye qu’il m’indiquera. Je vous su[p]plie, Monsieur, de remercier de ma part Mons r Jozeph [22] du livre qu’il m’a envoyé, et qu’il a adressé à Mr de Francq[uesnay] [23]. J’ay une grande impatiance de le lire, et cela fait que je ne suis pas trop satisfait de ce que celuy cy au lieu de me l’a[p]porter, ou de me l’envoyer, me le garde si long tems pour le faire voir à tous ses amis de la ville où il est.

Le petit livre que vous verrez a[n]noncer dans le dernier Journal de Mr de La Roque sous le titre de la Conversion de s[ain]t Augustin, est de Mr Terson [24] qui l’a dedié à Mr l’ arch[evêque] de Paris, et le luy a presenté dans le tems que ce prelat presidoit à l’Assemblée du Clergé. Il n’est pas mal aisé de voir qu’il a pris et ce patron et ce tems là pour / tacher d’obtenir quelque chose de cette assemblée. Le s[ieu]r Soulier [25] en a obtenu une augmantation de 100 l[ivres] t[ournois] à la pension de 500 l[ivres] t[ournois] qu’on luy faisoit deja, sy bien qu’elle est à present de quatre cens escus. Je ne scay pas de combien estoit celle qu’on faisoit au s[ieu]r Ferrand, et je scay seulement que cette assemblée l’a augmentée de 200 l[ivres] t[ournois] en faveur des 2 nouveaux livres qu’il vient de publier en mesme tems. Mr l’abbé de La Roque donne un assez grand extrait de l’un dans son dernier journal, et l’autre qui est une reponse à l’ Apologie de Mr Jurieu est deja affichée dans les rues à ce qu’on m’a dit [26].

Mr Lefevre docteur de Sorbonne s’est aussy avisé de composer contre nous un ouvrage de cette nature qui est deja fort avancé et qu’il fait imprimer par Leonard impr[imeur] du clergé [27][ ;] je ne m’étonne pas si l’on m’a dit qu’il a esté souvent à S[ain]t-Germain pend[an]t la tenue de l’Assemblée. Le s[ieu]r Soulier qui m’en parloit hier est mal content de luy l’accusant d’estre un plagiere et d’avoir pris de luy sans le nommer comme a fait Mr Arnauld une bonne partie des choses qu’il a mises dans son Histoire des edits et autres livres de sa façon [28]. J’ay esté un peu surpris de cela croyant que Mr Lefevre ne s’attachoit qu’à des ouvrages de doctrine.

Ma maladie est cause que je n’ay peu voir Mr Deleuze [29] depuis quelques jours, sur ce qui luy a esté envoyé par Mr Maurice [30][.] La derniere fois qu’il m’en a parlé il me dit qu’il n’avoit encore peu s’en defaire que d’une petite partie a raison de 7 l[ivres] t[ournois] 10s.

Adieu Monsieur je vous embrasse de tout mon cœur et suis toujours etc.

Notes :

[1] L’année est déterminée par l’objet de la lettre : l’emprisonnement de Jacob Bayle.

[2] Cette lettre – concernant évidemment l’incarcération de Jacob Bayle – adressée par Bayle à Henri de Massue le fils, qui avait assumé dès 1678 la charge de son père et homonyme, le marquis de Ruvigny, ne nous est pas parvenue. Le père avait reçu l’autorisation – exceptionnelle – de se réfugier en Angleterre ; le fils devait l’y suivre après la révocation de l’Edit de Nantes : voir Lettres 47, n.8, et 146, p.456 et n.12.

[3] Il s’agit de Pierre Rainssant : voir Lettres 439 et 444.

[4] La Bovisse ou La Bouisse de Saverdun : nous ne saurions l’identifier plus précisement ; sa lettre à Bayle et la réponse sont perdues.

[5] Sur ces cartes de Sanson, voir les allusions de l’anonyme, que nous soupçonnons être l’ingénieur La Fontaine, Lettre 389. M. Fontaine, à Rouen, servait d’intermédiaire pour l’envoi de livres entre Paris et Rotterdam. Nous ne savons rien d’autre de lui.

[6] L’ abbé de Marolles traduisit diverses œuvres d’ Ovide regroupées en une seule édition publiée à Paris entre 1660 et 1661. Elle contient les épitres : L’Art d’aimer, suivi : Du Remède d’amour. De l’Art d’embellir le visage. Le Noyer. Fragment d’un discours des poissons. Le Songe. Epigrammes (Paris 1661, 8°) ; Les Epistres héroïdes d’Ovide, de la traduction de M. de Marolles,... avec des remarques (Paris 1661, 8°) ; Les Fastes (Paris 1661, 8°), Le Livre d’Ovide contre Ibis... (Paris 1661, 8°), en 1677 paraissent Les Métamorphoses d’Ovide comprises en quatre vers pour chaque fable des 15 livres de cet ouvrage ou plus tôt pour leur servir d’argument (Paris 1677, 8°).

[7] En 1658, paraissent les quatre volumes de traductions de Plaute : Comœdiæ in quatuor tomos digestæ. Tomus I [-IV] ex recognitione Francisi Guieti Andini, opera et studio Michaelis de Marolles abbatis de Villeloin, cum ejusdem interpretatione gallica ; Le Premier [-quatriesme] tome des Comédies de Plaute avec des remarques en latin et en français... (Paris 1658, 8°, 4 vol.).

[8] En 1664, les œuvres de Sénèque paraissent à Paris : Les Tragedies de Seneque : en latin et en francois, de la traduction de M. de Marolles ... Avec des remarques necessaires sur les lieux difficiles (Paris 1664, 8°, 3 vol.).

[9] En 1667, paraissent Catalectes ou pièces choisies des anciens, recueillies en deux livres par J. Scaliger. Traduction en vers, par M[ichel] D[e] M[arolles] A[bbé] D[e] V[illeloin]. Ils contiennent : Le livre des spectacles et le premier livre des epigrammes de Martial, traduits en vers. Les estrennes et les apophoretes de Martial, traduites en vers (Paris 1667, 8°, 3 vol.).

[10] Antoine Dilly, De l’âme des bêtes, ou après avoir demontré la spiritualité de l’ame de l’homme, l’on explique par la seule machine, les actions les plus surprenantes des animaux (Lyon 1676, 12°).

[11] Il s’agit certainement de la troisième édition des Œuvres morales et meslées de Sénecque, traduites de latin en françois et nouvellement mises en lumière par Simon Goularrt [ sic] (Paris 1604, 8°).

[12] Cette lettre adressée par Bayle à Janiçon le 19 juillet 1685 est perdue : de cette précieuse correspondance, nous n’avons, jusqu’en 1695, que les lettres de Janiçon.

[13] Janiçon avait été opéré des « hémorroïdes internes » : voir Lettre 419, p..

[14] Le Père François d’Aix de La Chaize, S.J., confesseur du roi, à qui Bayle envoyait chaque mois un exemplaire des NRL : sur lui, voir Lettres 233, n.3, et 419, n.2.

[15] Nous n’avons pas su identifier ce M. Bellot, ecclésiastique du Languedoc. On peut se demander s’il ne s’agit pas de « l’ abbé de R. », dont il a souvent été question et que Bayle redoutait de rencontrer dans les rues de Paris : voir Lettre 104, n.1.

[16] Hyacinthe Serroni (1617-1687) devint d’abord évêque d’Orange, puis, en 1661, de Mende, et enfin, en 1676, premier archevêque d’Albi.

[17] Léon Bacoué (1607-1694), évêque de Glandève, ami d’ Hyacinthe Serroni : ces évêques ne résidaient évidemment pas dans leur diocèse, et c’est ce qui donne tout son sens à l’histoire de François de Camps, ancien professeur aux Petites Ecoles de Port-Royal, ensuite protégé d’ Hyacinthe Serroni, qui a convaincu son ami Léon Bacoué de prendre François de Camps comme coadjuteur, qualité qui lui fut officiellement acquise lors de l’assemblée du Clergé en avril 1682, grâce à l’intervention du Père de La Chaize. François de Camps, qui s’était insinué ainsi dans le milieu de la numismatique naissante, obtint par la suite d’être nommé évêque de Pamiers après la mort de François-Etienne de Caulet, mais il ne devait jamais recevoir ses bulles. On voit que tous ces ecclésiastiques, proches du pouvoir, membres du cercle du duc d’Aumont et passionnés par les médailles, étaient lecteurs assidus des NRL. Voir le Dictionnaire de Port-Royal, art. « Camps, François de ». Bayle consacre un bref article à Léon Bacoué dans le DHC, précisant qu’il était natif de Casteljaloux dans la Basse Guyenne et qu’il quitta la religion réformée pour entrer chez les cordeliers. Il emprunte cette information à Rocolles, dans son Histoire véritable du calvinisme, ou mémoires historiques touchant la Réformation, opposés à l’« Histoire du calvinisme » de M. Maimbourg (Amsterdam 1683, 12°), p.166 : Bacoué est ainsi « le seul huguenot converti, qui soit parvenu à l’épiscopat sous le règne de Louis XIV ».

[18] M. Du Peyrat, pseudonyme de Joseph Bayle : voir Lettre 222, n.5.

[19] Jean Donneau de Visé, rédacteur du Mercure galant ; sur lui, voir Lettre 126, n.9.

[20] Cette lettre de Donneau de Visé à Bayle du mois de juillet 1685, est perdue, mais Bayle confirme qu’il l’a reçue « mardi dernier » dans sa lettre à Jean Rou du 3 août (Lettre 451) ; quelques lettres ultérieures de leur correspondance ont survécu : voir sa lettre à Bayle du 4 septembre 1685.

[21] M. Silvestre est sans doute le médecin parisien dont Bayle publiait, précisément dans les NRL de juillet, art. II, une « Observation singulière […] touchant une fracture dans laquelle il s’est formée une nouvelle articulation ».

[22] « Monsieur Jozeph », Pierre Jurieu, a envoyé à Janiçon un exemplaire de son dernier ouvrage : il s’agit sans doute de ses Réflexions sur la cruelle persécution que souffre l’Eglise réformée de France et sur la conduite et les actes de la dernière Assemblée du clergé de ce royaume. Avec un examen des prétenduës calomnies dont le clergé se plaint au Roy dans sa profession de foy à deux colonnes, que les réformés ont répanduës dans leurs ouvrages contre l’Eglise romaine. Le tout pour faire voir à ceux qui sont exposés à la tentation de revolte, quelle est la religion qu’on les force, ou qu’on veut les forcer d’embrasser (s.l. 1685, 12°). Bayle en donnera le compte rendu dans les NRL, novembre 1685, art. IV.

[23] Henri Basnage de Franquesnay, avocat au parlement de Rouen servait d’intermédiaire pour les envois de livres entre Paris et Rotterdam : voir Lettres 160, n.8, et 338, n.1.

[24] Dans le JS du 23 juillet 1685, parmi les « Nouveautez de la quinzaine », est annoncé l’ouvrage que Janiçon signale à Bayle : Motifs de la conversion de saint Augustin à la foy catholique. Pour servir de modèle aux protestants (Paris 1685, 12°) ; un bref résumé de l’ouvrage paraît ensuite dans le même journal à la date du 6 août, mais l’ouvrage est présenté comme anonyme (comme aussi l’exemplaire de l’Arsenal, cote : 8-T-9253). Il intéressait tout particulièrement Bayle, car il avait bien connu l’auteur, Jean Terson, à Puylaurens et était resté en contact avec lui par la suite jusqu’à la date de son abjuration en 1681 (voir Lettres 135, n.11, 157, n.2, 163, n.17, 164, n.35, 190, n.14). Il mentionnera l’ouvrage dans les NRL, septembre 1686, cat. iv : « […] L’auteur se nomme M. Terson. Il avoit étudié pour le ministere non seulement à Puylaurens sa patrie, mais aussi à Paris, et avoit fait de grands progrès. Il y a déjà cinq ou six ans qu’il a changé de religion : il nous fait entendre dans ce livre qu’il a été attiré dans la communion romaine par les mêmes raisons qui éclairerent saint Augustin manichéen. Les lecteurs qui ne se convaincront pas de cela, apprendront du moins ici plusieurs pensées de saint Augustin, et plusieurs tours qu’un homme d’esprit peut y donner. »

[25] Pierre Soulier, prêtre, autre controversiste assidu dans la défense des mesures prises par Louis XIV contre les huguenots. Il avait publié : Abrégé des édits, des arrests et des déclarations de Louys le Grand, avec des réflections (Paris 1681, 12°) ; Histoire des édits de pacification et des moyens que les prétendus réformés ont employés pour les obtenir (Paris 1682, 8°) ; L’Explication de l’édit de Nantes, de M. Bernard, avec de nouvelles observations et les nouveaux édits, déclarations et arrests donnez jusqu’à présent, touchant la religion prétendue réformée (Paris 1683, 8°) ; et il allait mériter l’augmentation de sa pension par la publication d’un nouvel ouvrage l’année suivante : Histoire du calvinisme, contenant sa naissance, son progrès, sa décadence et sa fin en France (Paris 1686, 4°).

[26] Louis Ferrand (1645-1699) était, en effet, un apologiste et controversiste fécond : il venait de publier, chez Etienne Michallet, un Traité de l’Eglise contre les hérétiques, principalement contre les calvinistes (Paris 1685, 12°), et, toujours chez le même éditeur, contre Jurieu, une Réponse à l’apologie de la Réformation, pour les réformateurs et pour les réformez (Paris 1685, 12°). Bayle signalera la parution de ce dernier ouvrage dans les NRL de septembre 1685, art. III. Le compte rendu des deux ouvrages de Ferrand se lit dans le JS, respectivement du 23 juillet et du 27 août 1685.

[27] Il avait déjà été question d’un ouvrage de Jacques Le Fèvre qui s’opposait aux critiques qu’ Antoine Arnauld avait publiées contre son ouvrage Motifs invincibles : voir Lettre 221, n.24. Il s’agit ici de sa Nouvelle conférence avec un ministre de la R.P.R. sur les réponses des ministres à l’Avertissement pastoral du Clergé de France à ceux de cette religion. Où l’on fait voir la variation et l’erreur des protestants, touchant les causes qu’ils produisent pour colorer leur séparation (Paris 1685, 12°) ; Bayle en a signalé la publication dans les NRL, avril 1685, cat. iii.

[28] Pour cet ouvrage de Pierre Soulier, voir ci-dessus, n.25.

[29] L’index de O. Douen, La Révocation de l’édit de Nantes à Paris, n’indique aucun Deleuze protestant parisien. On trouve en revanche des Deleuze méridionaux, dont un Alexandre Deleuze, originaire de Vialas, qui semble avoir émigré vers Erlangen (et trois frères Deleuze de Saint-Andéol, Jacques, Daniel et Scipion, nés entre 1670 et 1674, trop jeunes pour être concernés par la mention de Janiçon) : voir C. Deleuze, « Les réfugiés protestants de quatre paroisses des Hautes-Cévennes après la révocation de l’édit de Nantes », BSHPF, 114 (1968), p.326-333.

[30] Il s’agit sans doute toujours de M. Maurice, l’intermédiaire entre Bayle et Justel : voir Lettre 292, n.2.

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