Lettre 451 : Pierre Bayle à Jean Rou

A Rotterdam, le 3 d’août 1685

Je ne reçus qu’hier les Nouvelles de juillet, mon cher Monsieur, et j’en prépare dès aujourd’huy un exemplaire pour vous l’envoyer [1], si j’en trouve l’occasion ; comme on me le fait esperer. J’y joïns ces lignes pour vous aprendre que je recus mardy dernier une lettre fort civile de Mr de Vizé, auteur du Mercure galant [2], qui me prie d’agréer qu’il m’envoye chaque mois son Mercure, par la voye qu’il me plaira de luy indiquer. J’ay sû même, qu’en attendant, il a fait porter chez Mr Jannisson le mois de juin, et les 2 tomes du Carrouzel [3]. J’ai apris aussi que c’etoit l’effet d’une proposition qu’un tiers luy avoit conseillée, que nous fissions échange de nos mercures* [4]. Or voicy ce que je voudrois savoir de vous ; de quelle voye vous vous servez pour faire venir celuy de Madame la princesse [5] ; combien cela coûte de port ; et enfin si l’exemplaire qu’on me donnera ne pourroit pas servir au lieu de celuy que S[on] A[ltesse] R[oyale] fait / venir ; car pourvû que j’aye la lecture, et même en courant, de la piece [6], j’en abandonne de bon cœur la proprieté. Un petit mot de reponse sur cela, à vôtre loisir ; afin que je puisse me regler pour indiquer la voye qu’on me demande. Tout à vous &c.

Notes :

[1] Bayle envoyait régulièrement les NRL à certains de ses amis, parmi lesquels figurait Jean Rou : voir Lettre 284.

[2] Sur cette lettre de Donneau de Visé, voir Lettre 449, n.20.

[3] Jean Donneau de Visé, La Brillante journée ou le carrousel des galans Maures, entrepris par Monseigneur le Dauphin, avec la comparse, les courses et des madrigaux sur les devises... (Paris 1685, 4°, 2 vol.).

[4] Janiçon avait présenté cet échange comme une suggestion qui venait de sa part : voir Lettre 449, p.455 et n.19.

[5] Cette princesse lectrice du Mercure galant est probablement Mary Stuart (1662-1694), princesse d’Orange, épouse du stathouder Guillaume III d’Orange. Les Mémoires de Jean Rou (éd. Waddington) ne permettent pas de confirmer cette hypothèse, mais le correspondant et ami de Bayle résidait à La Haye et frayait dans les sphères politiques, ce qui rend très vraisemblable qu’il ait connu celle qui allait devenir reine d’Angleterre.

[6] Bayle se propose ainsi de se contenter d’une lecture rapide du Mercure galant et de faire suivre son exemplaire à la princesse d’Orange.

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