Lettre 601 : Daniel de Larroque à Pierre Bayle

[Oxford, Londres,] Le 22 nouveaux/12 de juillet vieux stile [1686]
• Il me seroit fort difficile mon cher Monsieur de vous dire l’ordre dans lequel mes lettres ont esté écrites, et laquelle des deux a précédé, ne me parlant que de deux, cela me fait conjecturer que vous n’en avez pas reçu une par la poste et qui avoit précédé les deux autres [1]. Ce n’est pas une grande perte ainsi il faut s’en consoler. Je suis ravy que M rs de la Société [2] vous ayent donné une marque de leur estime en vous faisant présent d’un de leurs livres ce qu’ils ont fait à tres peu d’autres[ ;] comme cela leur vaudra une lettre de votre part j’aurois esté bien aise de voir ce remerciement. Je fus hier toute l’apresdiné avec le docteur Smith [3], où nous parlâmes longtems de vous[ ;] il a tous vos journeaux jusqu’au mois d’avril inclusivement[ ;] je luy [ai] monstré l’endroit de votre lettre où vous parliez de son livre que vous n’aviez encore pu trouver. Le libraire luy avoit dit qu’il en avoit envoié en Hollande. Je ne me ressouviens p[oin]t si vous avez parlé du Traité de la priere d’ Origene grec et mis en latin avec des diverses lecons par Mr l’évêque d’Oxfort [4], prélat pour qui j’ay une veneration qui ne se peut exprimer et que je regrette desja par avance[,] le croyant attaqué d’une maladie mortelle. Je ne croy pas qu’on ait jamais vû tant de vertus chrétiennes ensemble et portées jusqu’à un si haut point. On peut dire que si quelque chose a hâté le cours de ses jours on ne s’en doit prendre humainement qu’aux malheurs de l’Eglise auxquels il est si sensible que chaque mauvaise nouvelle qu’il en apprend luy cause toujours quelque facheux* symptome, ses grandes austeritez joint[es] à tout cela l’ont mis aux bords du tombeau. Vous connoissez son savoir ainsi je ne vous en parle point. Je suis bien aise que vous ayez parlé de Mr Dodvel [5] ce savant laique, et ce terrible / episcopal, il y a desja quelques années qu’il a fait un livre contre les presbyteriens, pour prouver qu’ils ne sont point sauvez et qu’ils ne le peuvent estre. Ses argumens ne sont pas des plus forts, mais en récompence l’autheur a l’intention bonne. Je le vis dernierem[en]t dans la bibliothéque sans deviner qu’il fut un savant. Je voiois un homme fait et habillé comme un païsant et que je croiois plûtôt un copiste qu’un autheur, mais enfin luy voiant manier tant de manuscrits grecs d’où il faisoit des extraits[,] j’[e]ûs la curiosité de vouloir savoir quel il estoit[,] ce que l’on m’apprit, c’est du reste un honneste homme et d’une vie sans reproche, il a toujours refusé les ordres jusqu’icy par humilité. Le docteur Wallis connu par toute l’Europe pour le plus fameux mathematicien fait imprimer une logique [6] dont il a desja 4 feuilles tirées, c’est une [ sic] homme savant en tout[,] bon theologien, grand jurisconsulte et un peu presbyterien ce qui a esté un obstacle à son avancement. Le docteur Pockoc qui a traduit de l’arabe Les Dynasties d’Albufarage et un traité en particulier du mesme autheur de la religion des mahometans devant et apres Mahomet avec des remarques de tous les auteurs arabes qui peuvent aider à faire connoître cette religion, vient de publier un fort savant commentaire sur Osée en anglois où le docteur Bernard a joint, je ne say si je vous l’ay desja mandé*, un traité latin De ponderibus et mensuris, savant mais tres obscur, ce qui vient de ce qu’il a voulu estre trop concis [7]. Mr Boyle vient de donner au public un nouveau livre, qui a pour titre Recherche touchant la signification qu’on donne d’ordinaire au mot de nature [8][,] je n’en ay lu qu’une petite partie estant occupé à autre chose[ ;] / le docteur Smith qui l’a tout lu, y trouve beaucoup d’erudition[.] En vous parlant de ce docteur, j’ay oublié à vous dire qu’il a beaucoup de manuscrits grecs qu’il mettroit en état de voir le jour si[,] cela soit dit entre nous, il estoit plus content de sa fortune ; il y en a un entrautres que le docteur Cave [9] son grand amy luy a demandé pour le publier et où il mettra une traduction latine, qui est le testament des 12 patriarches [10] tiré d’un manuscrit grec ecrit il y a environ douze cent ans[,] je l’ay vû copié au net de la propre main du doct[eur] Smith. On continue à imprimer icy au theathre [ sic] les anciens hist[oriens] anglois qui ont écrit des guerres de la Terre sainte, vous pouvez en avoir desja vu un volume, le dernier manuscrit qu’on y imprime sur le mesme sujet à ce titre[ :] Itinerarium regis Anglorum Richardi et aliorum in terram hierosolymorum auctore Gaufrido Vinisauf [11] . Je dois partir dans trois jours pour aller faire un petit tour à Londres où j’ay quelque affaire[.] J’y verray le docteur qui veut avoir commerce avec vous [12], et luy montreray ce que vous me mandez. Dites moi s’il vous plaît quand Mr Leers sera de retour, et s’il sera en état d’imprimer ce dont je vous ay parlé [13][ ;] je luy en envoirois une partie par avance par un de mes amis qui partira dans 5 semaines[ ;] se sera une affaire de trois mains et demy de papier. Il y a beaucoup de choses qui je croy n’ont pas encore esté dites, et une grande variété. Je le dédit [ sic] à Mr Boyle. J’ay beaucoup changé de choses dans la Vie de mon pere [14] et on trouve que sans faire tord à sa mémoire j’ay tourné assez doucement son démêlé avec les Anglois. Je n’ay point vu le livre de Mr Banage [15][,] je luy en rend graces par avance[.] / Je ne say si vous saviez quand vous avez parlé d’ Antonio Pagi dans vôtre journal d’avril qu’il fit imprimer il y a quelques années Dissertatio Hypatica sive de consulibus qui est une fort bonne piéce [16]. Mr Spanhemein [ sic] prépare des remarques contre Baronius [17], j’en ay aussi de feu mon pere sur trois ou 4 tomes, critiques et courtes sans controverses, cela fera le 4 me livre de ces opuscules que je dois publier[,] car je distingue ainsi tout l’ouvrage. Je suis si lassé d’écrire depuis cinq mois bientost que je n’en peux plus. Je regretteray toute ma vie tout le tems que j’ay passé hors d’Oxford. Si j’y avois esté depuis deux ans seulement je sens bien qu’il y auroit de l’amendement en moy. Ce n’est pas à la vérité un lieu à faire fortune[,] ce qui m’est pourtant bien necessaire, mais il est bien propre à devenir quelque chose. Plus je voy les Anglois et plus je les admire, generalement parlant ils nous passent en tout. Les langues grecques et orientales fleurissent en Angleterre plus qu’en aucun lieu du monde. Le docteur Castel [18] qui a fait ce terrible lexicon de la polyglotte angloise et qui luy cousta la vue est mort depuis 3 mois. Le N[ouveau] Test[ament] d’icy avance [19][ ;] le docteur Mill qui est celuy qui y travaille est un fort savant homme et surtout en grec[ ;] il est fort gay ce qui n’est pas fort ordinaire aux Anglois. Mr Allix est en grande reputation icy, et on luy conferera le doctorat quand il y viendra [20]. Je suis tout à vous de tout mon cœur. Mr de La Riviére est icy [21] qui étudie comme un perdu[,] il vous fait ces [ sic] complimens. Faites s’il vous plaît les miens à Mr et Mademoiselle Jurieu de mesme à Mr et à Mad Banage et mes assurances de respects à Mademoiselle Du Moulin. / Depuis avoir écrit ma lettre je ne saurois m’empêcher de faire ce supplement. Je l’avois commencée à Oxford et je la finis à Londre. Je le commenceray par vous dire que quoy qu’on m’eust desja mandé à Oxford que vous aviez inséré dans vos Nouvelles la lettre de Mr Jurieu contre Mr Alix je ne l’avois pu croire, 1° je vous croiois ami commun des deux, et je ne me pouvois m’imaginer que vous voulussiez publier un écrit où un des premiers hommes de l’Europe pour qui vous aviez toujours marqué de la consideration est décrié d’une manière aussi indigne et contre laquelle tout le monde généralement se récrie et par lequel l’autheur se deshonore d’une si terrible maniére. 2 do Ce que vous aviez déclaré dès le commencement que vous ne publieriez jamais les écrits satyriques et injurieux, m’enpeschoient [ sic] encore d’adjoûter foy à cette nouvelle, pour vous l’avouez franchement mon cher Monsieur, j’ay esté fâché que mes yeux ayent vû dans vos journeaux ce que je n’aurois jamais attendu de votre complaisance pour Mr Jur[ieu] laquelle ne devois assurément pas aller si loin. Je vis hier une lettre d’un des plus beaux esprits de France que vous connoissez et qui est dans vos quartiers* qui marquoit positivem[en]t que Mr Claude quoy qu’ennemy de Mr Allix avoit dit que l’autheur avoit la cervelle démontée, ce sont ses [pro]pres mots [22]. Je lus dernierement quelque chose de vôtre journal [d’]avril chez le docteur Smith, où vous y parlez si je ne me trompe d’une personne qui vante comme une piéce fort rare un manuscrit de Bocace savoir De casibus viror[um] illust[rium] [23][ ;] il y en a plus de six pareils dans Oxford, comme vous le pouvez voir dans un ancien [c]atalogue de manuscrits fait il y a 40 ans par un ancien [b]ibliothecaire d’Oxford [24]. Je suis surpris que vous ne sachiez pas comme il paroît dans vôtre ouvrage de juin que Mr l’éveque d’Oxford est celuy qui a publié le traité d’ Origenes [25] dont vous parlez, c’estoit la modestie de ce prelat qui l’a [e]mpêché de mettre son nom à tant de pareils ouvrages qu’il [a] publiez. Sachez s’il vous plait mon cher Monsieur de Mr Leers s’il voudra imprimer ce que j’ay de feu mon pere [26], cela ira à 3 mains* et demy de papier de mon écriture. Je suis tout à vous, pardonnez moy ma liberté à vous dire mes sentim[en]ts. Si vous ne m’estiez pas aussi cher que vous l’estes, de ma vie je ne vous aurois parlé comme j’ay fait. 
A Monsieur/ Monsieur Bayle profeseur en/ philosophie et en histoire/ A Roterdam

Notes :

[1] Les dernières lettres de Larroque sont, en effet, datées approximativement : mai (Lettre 567), mai-juin (Lettre 568), et juin-juillet 1686 (Lettre 587).

[2] Voir la lettre de Sir John Hoskyns, secrétaire de la Royal Society, du 25 mai 1686 (Lettre 562), qui avait été accompagnée de l’ouvrage de Francis Willoughby, De historia piscium libri quatuor, édité par John Ray : voir Lettre 562, n.3.

[3] Sur le docteur Thomas Smith, fellow de Magdalen College à Oxford, voir Lettres 487, n.4, 567, n.8 et 568, n.12. Bayle venait de mentionner ses Miscellanea (Londini 1686, 8°) dans les NRL, juin 1686, cat. x.

[4] Sur le Traité de l’oraison d’ Origène édité par John Fell (Oxonii 1686, 12°), que Bayle avait recensé dans les NRL, juin 1686, art. VIII, voir Lettre 599, n.6.

[5] Dans les NRL, mai 1686, art. V, Bayle avait donné un compte rendu des Dissertationes cyprianicæ de Henry Dodwell (Oxoniæ 1685, folio) et avait annoncé sa De jure laïcorum sacerdotali ex sententia Tertulliani aliorumque Veterum dissertatio adversus anonymum dissertatorem, « De cœnæ administratione ubi pastores non sunt » [de Hugo Grotius] (Dubliniensi, Londini 1685, 8°), qui visait à réfuter Grotius sur la capacité des laïcs à consacrer en l’absence d’un prêtre. Larroque avait fait allusion, dans une lettre du mois de mai 1686 (Lettre 567), aux Dissertationes cyprianicæ de Dodwell et à ses Dissertationes in Irenæum (Oxoniæ 1689, 8°) ; il mentionne ici son ouvrage contre les presbytériens : Separation of churches from episcopal government, as practised by the present non-conformists, proved schismatical ... In this treatise the sin against the Holy Ghost, the sin unto death, and other difficult Scriptures are discoursed of, etc. (London 1679, 4º). Sur la place de Dodwell dans les débats historiques de l’époque, voir J.A.I. Champion, The Pillars of priestcraft shaken, p.38-39, 47-50.

[6] John Wallis, Institutio logicæ, ad communes usus accomodata (Oxonii 1687, 8°) : voir Lettre 611, n.12.

[7] Edward Pocock (1604-1691), théologien, fellow de Corpus Christi College, Oxford, professeur d’arabe, fut probablement le plus grand arabiste de son temps. Homme d’une érudition immense, il publia, entre autres ouvrages, des commentaires sur Michée, Malachie, Osée et Joel, ainsi que des traductions des Annales d’ Eutychius et de l’ Histoire orientale d’ Aboulfaradj.

[8] Robert Boyle, A Free Enquiry into the vulgarly receiv’d notion of nature made in an essay, address’d to a friend (London 1685/6, 8°) et De ipsa natura, sive libera in receptam naturæ notionem disquisitio ad amicum (Londini 1687, 12°). Bayle devait donner un compte rendu de cet ouvrage dans les NRL, décembre 1686, art. III.

[9] Sur le docteur William Cave, savant auteur d’ouvrages patristiques, voir Lettres 567, n.12, et 568, n.14.

[10] The Testament of the Twelve Patriarchs, the sons of Jacob Translated out of Greek into Latine by Robert Grosthead [Grossetête, vers 1175-1253] sometime bishop of Lincoln and out of his copy into French and Dutch by others, and now Englished. To the credit whereof, an ancient Greek copy written in parchment is kept in the university library of Cambridge (London 1677, 8°).

[11] Geoffrey de Vinsauf (ou Gaufridus de Vinosalvo), surnommé Anglicus, sujet du roi Richard I er , écrivain et poète, auteur d’une Ars poetica, ante quingenta annos conscripta, éd. Polycarpe Leyser (Helmstadii 1724, 8°). On lui attribue aussi un Tractatus de vino et eius proprietate (Roma vers 1495 ; éd. A. Berry, Paris 1939), attribué par ailleurs à Filippo Beroaldo.

[12] Sur ce « docteur anglois homme d’esprit, qui entend bien le francois » qui voulait entrer en correspondance avec Bayle, voir Lettre 568, p.408.

[13] Il s’agit sans doute des traités de Mathieu de Larroque restés manuscrits et que son fils avait promis de publier ; celui-ci revient plus loin sur ce même projet : voir ci-dessous, n.25.

[14] Larroque prépare une notice bibliographique pour la publication des manuscrits de son père restés inédits : voir ci-dessous, n.25. Sur les « démelés » de Mathieu de Larroque avec les théologiens anglais Pearson et Beveridge, voir Lettre 68, n.16.

[15] Jacques Basnage venait de publier deux ouvrages : Considérations sur l’état de ceux qui sont tombés, ou lettre à l’Eglise de ... sur sa chute (Rotterdam 1686, 12°) : voir Lettre 593, n.9, et sa Réponse à M. l’évesque de Meaux sur sa lettre pastorale (s.l. 1686, 12°).

[16] Dans les NRL, avril 1686, cat. ix, Bayle avait signalé la publication de l’ouvrage historique du Père Antoine Page, O.F.M., dirigé contre Baronius et Henri de Sponde, Critica historico-chronologica in Annales ecclesiasticos Em. Card. Baronii, in qua Ill. et R. Henrici Spondani, Apamiarum Episcopi Epitomatoris ordine servato rerum narratio suppletur et illustratur, ordo vero temporum corrigitur, et periodo græco-romana nunc primum concinnata munitur (Lutetiæ 1686, folio, 2 vol.). Larroque signale un autre ouvrage du même auteur publié par Jean Anisson et Jean Posuel à Lyon : Dissertatio Hypatica Seu De Consulibus Cæsareis : Ex Occasione Inscriptionis Forojuliensis Aureliani Augusti ; In Qua Cæsarum Et Augustorum Consulatus Ordinarii, eorumque Decennalia et id genus festa regulis hactenus nemini observatis declarantur ... ; Accedunt Quæstiones Selectæ de Consulatibus designatis, suffectis, honorariis, dimidiatis ... Chronologiam Cæsaream, ab Augusto ad Constantinum usque Porphyrogenitam, non parm illustrantibus (Lugduni 1682, 4°).

[17] Les « remarques » de Frédéric Spanheim le fils contre Baronius avaient déjà été imprimées par Daniel van Gaesbeeck à Leyde : Friderici Spanhemii Introductio ad Chronologiam, et Historiam sacram, ac præcipue Christianam, ad tempora proxima Reformationi. Cum necessariis castigationibus C. Baronii (Lugduni Batavorum 1683, 4°).

[18] Edmund Castell (1606-1685) fut un orientaliste anglais. Ayant fait des études à Emmanuel College, Cambridge, il passa à St John’s College, attiré par la richesse de la bibliothèque de celui-ci. Son chef d’œuvre, le Lexicon heptaglotton hebraicum, chaldaicum, syriacum, samaritanum, æthiopicum, arabicum, conjunctim ; et persicum, separatim, fut publié par Thomas Roycroft à Londres en 1669 (folio, 2 vol.), ce qui lui a valu d’être élu professeur d’arabe à l’université de Cambridge. Il avait aidé Brian Walton dans la préparation de sa Bible polyglotte (voir Lettre 636, n.7).

[19] Sur les progrès de l’édition du Nouveau Testament grec qui devait être publié en 1707, voir Lettre 567, n.7.

[20] Pierre Allix avait reçu de Jacques II une patente pour fonder à Londres une Eglise française de rite anglican, qui devait être celle de Threadneedle Street. Il devait ensuite recevoir un doctorat honoraire des universités d’Oxford et de Cambridge : voir Haag 2, i.147-148, et Lettre 481, n.8.

[21] Sur Falentin de La Rivière réfugié à Londres, voir Lettre 484, n.1 et 2.

[22] C’est sans doute un des frères Basnage qui avait rapporté ce jugement de Jean Claude sur Jurieu, mais sa lettre ne nous est pas parvenue.

[23] Parmi les ouvrages de Boccace en latin figurent le De claris mulieribus (1360-1374), une collection de biographies de femmes célèbres, et le De casibus virorum illustrium (1355-1374), sur l’inévitable catastrophe qui attend tous ceux qui ont été trop favorisés par le sort.

[24] La première bibliothèque universitaire à Oxford, distincte de celles des collèges, fut constituée au XIV e siècle ; en 1488, Humfrey, duc de Gloucester, frère cadet du roi Henry V, fit don à la bibliothèque d’une collection de livres et de 281 manuscrits précieux. En 1555, cependant, la bibliothèque fut « purgée » de tous ses ouvrages catholiques sur instruction du roi Edward VI. La bibliothèque fut reconstituée par Thomas Bodley (1545–1613), fellow de Merton College, en 1598 ; elle s’ouvrit en 1602, sous la direction du bibliothécaire Thomas James ; le premier catalogue fut imprimé en 1605 ; une seconde édition parut en 1620. Le bâtiment actuel fut achevé entre 1634 et 1637 et reçut les manuscrits des collections du troisième earl de Pembroke, de Kenelm Digby et de William Laud.

[25] Allusion au compte rendu donné par Bayle dans les NRL, juin 1686, art. VIII, du Traité de l’oraison d’ Origène édité par John Fell : voir ci-dessus, n.4, et Lettre 599, n.6.

[26] Cet ouvrage fut publié quelques années plus tard, non pas à Rotterdam par Reinier Leers, mais à Leyde par P. van der Aa : Adversariorum sacrorum libri tres, opus posthumus. Accessit diatriba de legione fulminatrice (Leyde 1688, 8°) ; voir Lettres 258, p.64, et 357, p.163.

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