Lettre 712 : François Janiçon à Pierre Bayle

• [Paris, mai 1688]
Il y a prés d’un mois Monsieur, que votre lettre du 13 du mois passé me fut envoyée de Versailles [1] et je n’aurois pas tant tardé à y repondre, si je n’eusse pas attendu comme j’ay fait à vous pouvoir donner quelque éclaircissement tant sur le compte que nous avons à terminer [2], que sur les pieces que vous m’avés témoigné souhaiter d’avoir. A l’egard du compte je ne vous en scaurois à present dire autre chose que ce que je vous en ay mandé cy-devant : et tout ce que je puis faire est de remplir les articles du memoire que vous m’envoyates dernierement, lesquels vous aviés laissé en blanq. Il faudra que vous vous accommodiés avec Mr Thomas [3] des dissertations de Mr Dupin [4], du dernier livre de Soulier [5] et du catechisme de Mr de Meaux [6] que vous luy avés remis n’ayant point quant à moy de compte à faire aveque luy. Quoy que je vous eusse dejà envoyé les dissertations de Mr Dupin reliées en veau, je n’ay pas laissé de racheter à votre intention un autre exemplaire en blanq [7], qui ne m’a pas moins couté que le précedent, à cause de la deffense qui en avoit été faite jusqu’à ce qu’on y eust fait les changemens que vous avés vû dans les cartons que je vous en envoyay dans ce temps là. Cependant si vous ne souhaités pas d’avoir cet exemplaire, je le garderay volontiers pour moy, et vous tiendray compte de l’introduction à la geographie de Samson [8] que j’ay fait relier, et qui vous étoit envoyé en blanq par l’abbé Baudran [9]. Il ne me souvient point des autres livres qui étoyent dans le balot qui me fut renvoyé de Roüen à la reserve du livre • de Mr Roujat [10] que j’ay encore, et que j’ay dejà voulu remettre au s[ieur] Hortemels [11] qui m’a dit n’avoir point d’occasion quant à present de le faire passer, ce que j’ay pris pour une deffaite*, • voyant qu’il me renvoyoit à d’autres libraires car pour ce qui est des Mercures galants je les ay envoyés depuis par Maestrik pour qu’on vous les fist tenir. Cet article me fait souvenir de l’auteur du Mercure [12], à qui j’ay delivré quelques uns de vos mois que j’ay payé, sur ce qu’il me disois qu’il n’en avoit point receu de vous depuis long temps. Des trois piéces que vous m’aves cy-devant demandées du Pere Vavasseur je n’en ay pû recouvrer qu’une seule qui est de Reflexions sur l’art poëtique du P. Rapin, que celuy cy avoit fait supprimer par le credit de feu Mr le premier presid[en]t de Lamoignon [13]. Je vous l’envoyeray par la premiére occasion, et y joindray quelqu’une des autres piêces dont vous me parlez dans votre derniere lettre [14], et dont / je n’ay conservé que des idées confuses, en cas que j’en puisse recouvrer quelqu’une, ce qui me sera assés malaisé. Il ne me sera peut etre pas si difficile de trouver quelque exemplaire du Satyrique berné [15], soit en la faisant venir de Montauban, soit en la demandant à quelqu’un des ennemis de Mr Despreaux qui ne sont pas en petit nombre. Je ne scay si vous avés vü ces six vers qu’il a faits contre ceux qui ont écrit depuis peu contre luy
Venés Pradon et BonnecorseGrands écrivains de mesme forceDe vos vers recevoir le prixVenés prendre dans mes écritsLa place que vos noms demandent Pinchêne et Boursaut / Cotin vous attendent [16].
Je connois un[e] autre personne qui a aussy assés bien critiqué les ouvrages de Boileau, et comme cela n’a point encore été imprimé, • je pourray bien vous l’envoyer en cas que je puisse l’obliger à me le remettre. Il me semble avoir deja envoyé à Mr de Beauval un madrigal de Mr Perraut contre Despreaux au sujet de la querelle qui s’est remué[e] entr’eux à l’occasion du Siecle de Louis le Grand, et de la preference • des auteurs anciens ou des modernes [17], cependant je ne laisseray pas de vous le coppier icy
D’où vient que des François le superbe censeurDes Grecs et des Latins est l’ardent défenseurLa réponse en est toute preteEn mérite, en esprit, en belles qualitésIl aime mieux cent morts au dessus de sa têteQu’un seul vivant à ses côtés.
Quelqu’un a voulu critiquer ces deux derniers vers en disant que le sens figuré doit etre fondé dans le sens propre et lit[t]eral, et que les morts, bien loin d’être au dessus de nos têtes, sont enfoncés bien avant sous nos piés ; et qu’il n’y a que le corps de Mahomet duquel on a pu dire qu’il est à La Meque au dessus de nos têtes. Mais pour moy je ne laisse pas de demeurer satisfait du madrigal malgré la publicité de son critiqueur[.] Il y a environ trois ans, Monsieur, que je vous écrivis au sujet du / filz d’un de mes meilleurs amis, qui avoit dessein d’aller faire sa philosophie sous vous [18], et vous utes la bonté de me repondre sur cela en des termes les plus obligeants du monde. Ce jeune homme ne put pas satisfaire à ce desir ; il est à present du coté de la Suisse ; d’où il pourra bien passer bien tot dans vos quartiers. Mais il a son cadet qui est depuis peu auprés de vous, et j’apprens qu’il s’attache à present au dessein que son ainé ne put pas exécuter, et qu’il a deja commencé son cours sous vous. Je sçay que vous ayant deja été recommandé par Mr Ledoux et de Limeville [19], vous ne manquerés pas sans doute d’avoir beaucoup de consideration pour ce jeune écollier. Cependant je ne laisse pas de vous le recommander de ma part, et de me promettre de votre amitié que • ma recommandation ne luy sera pas inutile aupres de vous, et que vous voudrés bien le luy faire sentir dans les occasions. Si j’avois remarqué en luy quelque penchant à la débauche ou au libertinage, je vous supplierois de m’en donner avis et de l’en retirer par vos exhortations ; mais je n’ay reconnu en luy que de bonnes et de loüables inclinations ; en quoy j’ay été fortement confirmé par l’action qu’il vient de faire à l’insceu de ses pére et mére, et de laquelle vous n’aurés sans doute pas manqué à luy donner la loüange qui luy est due. Mr l’abbé Nicaise m’a communiqué la lettre qu’il vous écrivit la semaine passée [20], de laquelle Mr Basnage scaura sans doute bien proffiter quand il aura à donner l’extrait de la seconde edition du livre de f[rère] Claude Lancelot De l’hémine des Benedictins [21]. Mr Courcier theologien de Paris [22] ayant écrit à Mr l’arch[evêque] de Reims [23] pour l’exhorter à faire rendre par son official* une sentence semblable à celle que vous avés veüe de l’officialité de Paris, ce prelat luy a repondu qu’il ne pouvoit pas le faire, ne croyant que la connoissance de la traduction du breviaire romain fust de la competence d’un official ; et a ajouté que dans le fonds c’étoit un grand contre temps de vouloir interdire aux nouveaux cathol[iques] la lecture de l’Ecriture sainte en langue vulgaire ; et qu’on ne devoit pas mesme le faire à l’egard des anciens : que les traduction[s] du Nouveau Testament par le P[ère] Veron, par l’abbé de Maroles et par Mr Godeau avoyent été imprimées avec privilege et approbation [24] ; et que celle de Mons [25] étoit fort recherchée par tous les habiles gens et que pour luy il l’avoit trouvé permise dans son dioceze, et l’en [ sic] avoit toujours permis l’usage et le débit. Mr Courcier a repondu à Mr de Reims qu’il se trompoit, et que Mr le card[inal] Antoine Barberin son predecesseur [26] / avoit fait un vrai m[ande]mant pour condanner et desapprouver cette traduction de Mons, et qu’il • en avoit apporté à peu pres les mémes raisons qui en sont rendues dans la sentence de l’official de Paris [27]. Mr de Reims a écrit dit-on une seconde à Mr Courcier et luy mande* qu’il scait tres bien que ce mandement fut l’ouvrage d’un jesuite du collége de Reims, nonobstant lequel le Nouveau Testament de Mons n’a pas laissé d’avoir cours dans ce dioceze là, et luy repéte qu’il n’en deffendra jamais l’usage. A Monsieur / Monsieur Bayle professeur en / philosophie et en histoire / A Roterdam

Notes :

[1] La dernière lettre connue de Janiçon à Bayle date du mois de décembre 1686 ; celle de Bayle dont il est ici question a certainement été envoyée par l’intermédiaire de Rainssant à Versailles, mais elle est perdue ; nous ne connaissons aucune lettre de Rainssant après la date du 1 er janvier 1687 (Lettre 681).

[2] Il s’agit d’un compte concernant les livres commandés par Bayle à Janiçon, dont il donnera par la suite le détail.

[3] L’ouvrage d’ Ellies du Pin (voir la note suivante) fut publié par Arnoult Seneuse : le Thomas désigné par Janiçon doit donc être un autre intermédiaire de Bayle pour la commande d’ouvrages imprimés en France. Il est curieux de constater qu’aucune autre allusion à ce « Thomas » ne se trouve dans les lettres connues de Bayle ou de ses correspondants à cette époque. Il est possible aussi qu’il s’agisse d’un pseudonyme ; or, Bayle devait recevoir l’ouvrage de Lancelot (voir ci-dessous, n.21) par l’intermédiaire de l’abbé Nicaise (voir Lettre 714, n.4) : c’est un indice possible quant à l’identité de « Thomas ».

[4] Louis Ellies du Pin, De antiqua ecclesiæ disciplina ; dissertationes historicæ (Parisiis 1686, folio), que Jean Le Clerc avait recensées dans sa BUH, juillet 1687, art. III. Une nouvelle édition des Dissertationes devait paraître en 1691 (Parisiis 1691, 4°).

[5] Les ouvrages de Pierre Soulier, ecclésiastique et controversiste catholique, avaient été évoqués par Janiçon dans sa lettre du 27 juillet 1685 : voir Lettre 449, n.25.

[6] Bossuet, Catéchisme du diocèse de Meaux (Paris 1687, 12°).

[7] Un exemplaire « en blanc » : un exemplaire non relié.

[8] Guillaume Sanson, Introduction à la géographie. 1 re partie, où sont indiquées : 1. Les sciences dont la géographie emprunte plusieurs principes ; 2. La description des différentes manières dont cette science est représentée ; 3. L’explication des termes de toutes les parties de la géographie ; 4. Une instruction de l’usage des cartes. - Introduction à la géographie, seconde partie, où sont la géographie astronomique [...] la géographie naturelle [...] la géographie historique [...] (Paris 1681, 12°), ouvrage qui connut une nouvelle édition en 1690, plusieurs nouvelles émissions « chez l’auteur, aux galleries du Louvre, vis à vis l’Eglise de St. Nicolas » et une contrefaçon hollandaise (Utrecht 1692, 12°). L’auteur anonyme, que nous soupçonnons être l’ingénieur La Fontaine, qui envoya à Bayle une critique dévastatrice de l’ouvrage d’ Alain Manesson Mallet, Devoirs militaires des officiers de l’artillerie (Paris 1673, 8°, et 1675, 8°), cita longuement l’ouvrage de Guillaume Sanson à l’appui de son commentaire : voir Lettre 389, p.263-264, et n.15.

[9] Si l’abbé Michel Antoine Baudrand (1633-1700) avait envoyé à Bayle l’ Introduction de Guillaume Sanson, son intention n’avait sans doute pas été tout à fait innocente : il était lui-même auteur de cartes intitulées : Romani imperii qua occidens est descriptio (Romæ 1667) et Romani Imperii qua Oriens est Descriptio Geographica [Georgius Widman sculpsit] (Romæ 1669) et surtout il avait publié une édition augmentée de l’ouvrage de Philippe Ferrari, Lexicon geographicum in quo universi orbis oppida, urbes, etc. (Parisiis 1670, folio), – le même ouvrage paraissant une seconde fois sous le titre Geographia ordine litterarum dispositita (Parisiis 1681-1682, folio, 2 vol.), cette fois sous son propre nom – travaux qui avaient fait l’objet d’une critique de Sanson, In Geographiam antiquitatem Michælis Antonii Baudrand Disquisitiones criticæ (Lutetiæ Parisiorum 1683, 12°), que Bayle avait signalée dans les NRL, mai 1684, cat. iii : voir Lettres 352, n.5, et 383, n.18.

[10] Il s’agit peut-être de Jucquel Rougeart, Curiosolitorum de hæreticis triumphus [...] (Parisiis 1578, 8°) ; ses Œuvres complètes ont fait l’objet d’une réédition en fac-similé présentée par C. Magnien-Simonin (Genève 1988).

[11] Le libraire-imprimeur Daniel Horthemels (?-1691), natif de Middelbourg ; gendre d’ Antoine Cellier, il exerça à Paris, rue de La Harpe et rue Saint-Jacques, à partir de 1686, après avoir abjuré le calvinisme. Voir Lettre 260, n.11, et J.-D. Mellot et E. Queval, Répertoire (2004), n° 2075.

[12] Depuis quelques années déjà, Bayle échangeait des exemplaires des NRL contre des exemplaires du Mercure galant de Jean Donneau de Visé : voir Lettre 449, n.19.

[13] René Rapin avait été, en effet, un membre éminent de l’« académie » du président Guillaume de Lamoignon : voir Lettres 79, n.27, et 382, n.3 ; sur la bataille entre Rapin et François Vavasseur, voir Lettre 79, n.22, 23, 26 et 27.

[14] Il s’agit apparemment d’une nouvelle lettre, envoyée par Bayle à Janiçon après celle du 13 avril mentionnée au début de la présente lettre : elle est également perdue.

[15] Jacques Coras (1625-1677), Le Satirique berné en prose et en vers par L. D. I. et D. D. (Paris 1668, 8°).

[16] Sur cette bataille entre Boileau et Bonnecorse, voir Lettre 582, n.2.

[17] Si Janiçon avait bien envoyé le madrigal de Charles Perrault à Henri Basnage de Beauval, celui-ci n’y prêta apparemment pas attention. La bataille entre Perrault et Boileau fut âpre. L’ouvrage de Perrault, Le Siècle de Louis le Grand, poème (Paris 1687, 4°) fut lu devant l’Académie française en 1687 ; selon le Furetieriana (Paris 1696, 8°), « Despréaux ne put entendre cette lecture sans éclater et faire des protestations publiques de leur fausseté. Il promit hautement d’écrire contre, sitôt que son emploi lui en laisseroit le temps ». Il rétorqua la même année par son Epigramme sur ce qu’on avoit leu à l’Académie (éd. A. Adam et Fr. Escal, p.257) et c’est sans doute à cette épigramme que Perrault réplique par le « madrigal » cité par Janiçon. Sur le sens profond de la Querelle, voir, dans le Dictionary of Seventeenth Century French philosophers, les articles consacrés à Boileau-Depréaux et à Perrault par A. Petit.

[18] De nombreuses lettres de Janiçon à Bayle sont perdues et on ne trouve dans les lettres connues aucune mention d’une telle demande de prise en charge d’un écolier. Comme Bayle mentionne très rarement ses élèves par leur nom, nous ne saurions identifier les frères dont il s’agit ici ni l’action du frère cadet qui lui aurait valu les louanges de Bayle.

[19] M. Ledoux et M. de Limeville : nous n’avons su identifier ces personnes. Dans une lettre de François Janiçon composée au mois de novembre 1696, il mentionne M. de Limeville-Bazin comme étant le petit-neveu du médecin réformé Antoine Menjot : il s’agit donc peut-etre ici d’un membre de la même famille.

[20] Après sa longue maladie, Bayle a repris contact avec l’abbé Nicaise par sa lettre du 15 avril 1688 (Lettre 709). C’est sans doute à la réponse à cette lettre-là que Janiçon fait ici allusion ; la lettre contenait manifestement des nouvelles littéraires, mais elle est perdue.

[21] Claude Lancelot, Dissertation sur l’hémine de vin et sur la livre de pain blanc de s[aint] Benoist. Seconde édition, avec la réponse aux nouvelles difficultés qui avaoint été faites sur ce sujet (Paris 1688, 8°). L’ouvrage fut annoncé par Basnage de Beauval dans l’ HOS, juillet 1688, et recensé le mois suivant (art. II).

[22] Louis Courcier (1657-1740), neveu du jésuite Pierre Courcier (1604-1692), obtint sa licence à la Sorbonne en 1686 au dix-huitième rang et devint chanoine et théologal de Notre-Dame de Paris. Après avoir voté contre le quiétisme de Fénelon et en faveur d’un enregistrement « avec nuances » de la bulle Unigenitus en 1714, Courcier s’y opposa et connut un exil temporaire ; à son retour, il devint un anticonstitutionnaire « insigne », appartenant au groupe qui marqua le plus fortement sa résistance à l’égard de la bulle : voir J.M. Gres-Gayer, Théologie et pouvoir en Sorbonne. La Faculté de Théologie de Paris et la bulle « Unigenitus », 1714-1721 (Paris 1991).

[23] Le 8 juillet 1668, Charles-Maurice Le Tellier (1642-1710) fut nommé archevêque titulaire de Nazianze et coadjuteur de l’archevêque de Reims, Antoine Barberini. Le 3 août 1671, il devint archevêque de Reims et premier pair de France. Son archevêché était peuplé d’amis de Port-Royal, dont, en particulier, Philippe Le Féron, Antoine Faure et Thomas Roulland, ses vicaires généraux. Voir le Dictionnaire de Port-Royal, s.v., art. de J. Lesaulnier. Courcier exhortait donc l’archevêque de Reims à s’opposer à la traduction du bréviaire romain comme l’officialité de Paris, sous la conduite de l’archevêque Harlay de Champvallon, venait de le faire. Le Tellier défendait la position des théologiens de Port-Royal sur la traduction de la Bible, comme on le voit par sa défense du Nouveau Testament « de Mons » dans les lignes qui suivent.

[24] François Véron (1575-1649), jésuite entre 1595 et 1628, prédicateur du Roi pour les controverses à partir de 1622, curé de Charenton à partir de 1638, fit paraître chez Louis Boulanger, imprimeur-libraire de la rue Saint-Jacques « à l’image de S. Louis, devant S. Yves », Le Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jésus-Christ, de la traduction des docteurs de Louvain, reveuë et corrigée exactement sur l’ancienne et vulgate edition latine, reconnuë par le commandement du pape Sixte V et publiée par l’authorité de Clément VIII. Collationnée au grec (Paris 1646, 16°). Après avoir traduit le Bréviaire romain suivant la réformation du saint concile de Trente (Paris 1650, 8°), Michel de Marolles publia sa traduction du Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jésus-Christ (Paris 1655, 8°). Antoine Godeau fut l’auteur de Paraphrases des Psaumes à partir de 1637 ; il publia aussi un Version expliquée du Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jésus-Christ (Paris 1668, 8°, 2 vol.).

[25] Isaac-Louis Le Maistre de Sacy (1613-1684), Le Nouveau Testament de Nostre Seigneur Jésus-Christ, traduit en françois selon l’édition Vulgate, avec les différences du grec (Mons [Amsterdam] 1667, 8°). La page de titre porte le nom de l’imprimeur Gaspard Migeot à Mons ; l’ouvrage fut en réalité imprimé chez les Elzevier, à Amsterdam, sous la surveillance de l’ abbé de Pontchâteau. Voir le Dictionnaire de Port-Royal, art. « Le Maistre de Sacy, Isaac-Louis » par J. Lesaulnier.

[26] Antoine Barberini (1607-1671), neveu d’ Urbain VIII, fut évêque de Poitiers, cardinal (1627), puis archevêque-duc de Reims (1657), cardinal-évêque de Palestrina, duc de Segny et grand aumônier de France. Il avait publié une Ordonnance [...] portant defense de lire, vendre et débiter une traduction du Nouveau Testament et des épistres de sainct Paul imprimée à Monts. 1667 (s.l. n.d., folio).

[27] C’est Hardouin de Péréfixe, archevêque de Paris, qui publia une Ordonnance [...] portant défense de lire, vendre et débiter une traduction du Nouveau Testament imprimée à Mons (Paris 1667, folio), renouvelée par une Seconde ordonnance portant condamnation de la traduction du Nouveau Testament imprimée à Mons (Paris 1668, 4°), et cette condamnation fut confirmée par le pape Clément IX, qui émit un Décret contre le Nouveau Testament imprimé à Mons (s.l. 1668, 16°). S’ensuivit une bataille âpre entre les théologiens de Port-Royal ( Arnauld, Nicole, Girard et d’autres) et leurs adversaires ( Maimbourg, Georges d’Aubusson de La Feuillade, archevêque d’Embrun, et les jésuites Bouhours, Annat, Le Tellier, Mallet). Voir A. McKenna, De Pascal à Voltaire, appendice V : « Bibliographie chronologique de la polémique autour du Nouveau Testament de Mons », et son article, « Ménage et Bouhours », in Gilles Ménage (1613-1692), grammairien et lexicographe. Le rayonnement de son œuvre linguistique, éd. I. Leroy-Turcan et T.R. Wooldridge (Lyon 1995), p.121-139.

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