Lettre 77 : Pierre Bayle à Joseph Bayle

[Rouen, le 7 février 1675] [1]

• Je vous ai promis m[on] t[res] c[her] f[rere], de repondre de point en point à toutes vos l[ettres] [2]. Voicy de la maniere que je veux m’y prendre, c’est que je m’en vas* les relire, et à mesure que je verrai quelque chose sur laquelle il sera à propos de m’arreter, j’en ferai un des articles de cette lettre. Commenceons par votre paquet du dernier juin 1674 [3].

Cette longue tirade des eloges que le chirurgien [4] fit de moi represente merveilleusement le genie gascon. Qu’il vous dit de hableries ! quelle exaggeration prodigieuse ! Il n’y a presque pas un mot de vrai dans tout ce que vous m’ecrivez qu’il etala si pompeusement sur mon chapitre, et il paroit bien que pour vous donner une grande idée de la liaison qu’il disoit avoir eté entre nous, et pour se faire davantage caresser, il vous disoit de moi tout ce qu’il jugeoit propre à vous chatoüiller l’oreille. Cette humeur exaggerante est tres vicieuse et les gens de notre pays, je veux dire ceux de Guyenne et du Languedoc sont fort decriez pour cela. Tachez ou de ne la contracter pas, ou de vous en defaire incessamment si vous l’avez deja contractée, comme il me semble l’avoir reconnu aux louanges que vous avez données à n[ot]re chirurgien. Vous en avez trop dit asseurement, quoi qu’il soit tres habile en sa profession.

L’etat que vous me donnez de votre belliqueuse jeunesse etoit ce que je souhaittois aussi passionnement de savoir. Quand vous avez parlé du baron de Clermont tué au siege de • Mastrich [5] , j’aurois voulu que vous eussiez specifié quel Clermont c’etoit. Car qui ne dit que Clermont, ne dit rien de particulier, y ayant quantité de familles de ce nom en diverses provinces de France ; Clermont de Lodeve en Languedoc, Clermont Tallard en Dauphiné, Clermont Tonnerre en Bourgogne, Clermont Galerande, Clermont d’Amboise en d’autres lieux [6]. Il me souvient que quand on faisoit le procez au marquis de La Douze [7], les parens de sa defunte femme sollicitans contre luy, s’appelloient Clermont. Celuy dont vous avez entendu parler, est sans doutte le neveu de feu Mr le marquis de Rabat [8]. Mandez moi je vous prie quelque chose touchant cette maison de Clermont, et en quel etat elle est presentement. Car si vous voulez que je vous parle franchement, nous ne devons pas nous / ecrire pour nous avertir seulement les uns les autres de l’etat de notre santé. Les gens de lettres ne s’arretent pas là, ils s’entr’ecrivent pour apprendre les uns des autres ce qu’ils ne peuvent savoir par eux memes ; et comme les femmes galantes ne trouvent rien de plus ennuyant que ces soupireurs à gage qui ne les viennent voir que pour leur dire seulement je vous aime ; ainsi les gens d’etude s’ennuyent bien tot d’un commerce de lettres où il n’y a que des complimens. Je dis cecy pour vous preparer l’esprit à plusieurs questions que je vous ferai dans la suitte, et ausquelles je vous prierai de satisfaire par vos reponses. Nous y trouverons notre conte vous et moi ; vous parce que cela vous donnera occasion de vous informer de plusieurs choses à quoi vous n’auriez peut etre jamais songé ; et moi parce que vous me ferez savoir ce dequoi je souhaitterai d’etre instruit.

Dans l’enumer[at]ion de la parenté j’ay trouvé à dire* une demoiselle qui etoit il y a six ans pour* avoir bien des avantures. Vous ne m’avez pourtant rien dit sur son sujet. Supléez y quand vous m’ecrirez. C’est de la femme de Mr de Montag[...] [9] que je parle. L’ oncle [10] nouveliste* auroit peut etre dequoi satisfaire sa curiosité si je pouvois parler avec lui comme autrefois, car comme je suis nouveliste* à toute outrance, j’ay fait quelque provision, et à tout le moins un mois durant, je pourrois me passer des redites. Vous connoissez un homme qui s’epuisoit dés le debut, et qui ne faisoit que repeter sa lecon, à tout autant de gens qui luy demandoient ce qu’il y avoit de nouveau. Quand vous m’avez parlé des milices de Mr l’ eveque de R[ieux] [11] je me suis souvenu d’avoir leu dans la Gazette quelq[ue] chose touchant les milices de l’ eveque du Puy en Vellai [12]. Cela me fait vous demander quel pouvoir et quelle direction ont les eveques sur les milices. Vous vous informerez un peu, pourquoi c’est que les milices marchent au nom des evéques, et vous m’ecrirez ce que l’on v[ou]s en aura dit.

Le denombrement des livres que vous avez ou en propre ou par emprunt, et de ceux que vous lisez reglement* ; ne peut qu’il ne m’ait eté fort agreable. Car ce sont tous bons livres chacun en son genre. Celuy des Images des dieux n’est il pas de Vincent Cartary [13] ? de grace aprenez bien comme on representoit chaque divinité. Ne vous contentez pas de savoir par exemple que Neptune portoit un trident. Sachez de / plus comment etoit fait son chariot, et par quelle sorte d’animaux il etoit tiré. Et ainsi des autres dieux. J’ai connu des gens qui avoie[n]t bien leu et qui ne savoient pas reconnoitre la statue de Mercure parmi plusieurs autres. C’est qu’ils n’avoient pas pris garde que ce dieu avoit des ailes aux talons et à la tete, et qu’il portoit un baton où etoient 2 serpens entortillés, dont les tetes etoient separées à l’extremité du baton. On appelloit cela son caducée. Le Pantheum mythicum [14] decrit assez joliment l’equippage de chaque dieu. Prenez y bien garde en le lisant. Pour ces methodes dont vous avez ouy parler, par lesquelles on apprend 4 ou 5 sciences ou langues à la fois [15], vous ne devez pas fort vous en mettre en peine. Je compare tous ces methodistes à ces politiques imaginatifs, qui renversent dans leur cabinet tous les etats du monde pour fonder une monarchie universelle, et qui trouvent cent expediens pour conquerir tout à la fois les royaumes et les republiques voisines. Ces inventeurs de methodes sont ou des charlatans qui veulent attirer beaucoup d’ecoliers par de magnifiques promesses affichées à tous les coins des rues ; ou bien ce sont des esprits extraordinaires qui decouvrent à fonds l’affinité et le rapport que les sciences ont entre elles, et les sentiers les plus courts qui nous y peuvent conduire ; mais ils ne se souviennent plus de leur enfance. Ils s’imaginent que les enfans malgré leur stupidité et leurs tenebres [16] verront clair dans ce grand jour où ils sont parvenus apres tant de veilles et tant de travaux. En un mot ces methodes ne valent rien que pour des gens d’un jugement fait, de grande memoire, et de grande penetration. Et encore est il besoin qu’un habile homme les manie pour les allonger ou les raccourcir selon le different genie de ceux pour qui on les employe. Ainsi ce n’est pas ce que je regrette, que de n’avoir pas etudié sur le plan de ces methodistes. Je regrette le tems que j’ay perdu à semer des poids [ sic] et des feves, à chasser des cailles et à hater des vignerons [17]. Je regrette meme le tems que j’ay employé à etudier six ou 7 heures de suitte, parce que je n’observois aucun ordre, que j’allois par tout où mon caprice me portoit, que personne n’appliquoit mon esprit à ce qu’il falloit à cet age là, enfin parce que j’etudiois par anticipation ; c’est à dire que je laissois ce qui etoit propre au tems present, pour sauter à ce qui me devoit un jour etre propre. C’est là ce que je regrette et pourveu que vous evitiez ces dangereux ecueils, vous aurez dequoi etre / content. Au reste je veux bien vous avertir que quand je vous parle des livres ou que j’ay leus, ou que j’entens dire etre nouveaux, je ne vous conseille pas par là ou de les lire ou de les acheter. Je vous en parle sans aucun egard à leur bonté ou à l’utilité qu’on en peut tirer, et ce qui me determine à vous en faire mention est uniquement qu’ils sont nouveaux, ou que je les ai leus, ou que j’en ay oui parler.

Ce qui suit dans votre lettre touchant les excellens ouvriers de votre colloque [18], les conferences et les divertissemens du Mas d’Azil etc. [19] m’obligent à vous feliciter de ce que vous avez rencontré à votre avenement au monde, une si favorable disposition. Profitez en bien. Ce galant homme à qui j’ay ecrit et que je souhaïttois il y a long tems qui me fournit des memoires pour repondre aus 2 lettres de critique [20], est digne de luy faire bien votre cour, afin que vous preniez ce tour aisé et poly sans lequel la science n’est qu’un diamant brute. Le vers gascon de son Esprit serounez [21] q[ue] vous avez inseré dans votre lettre, m’a remis entierement son caractere. Car il est tellement de luy que je l’aurois reconnu pour sien, quand bien vous ne me l’auriez pas dit. Je croi que cecy joint à ma precedente sera une reponse complette à votre lettre du 30 juin [22]. J’ay remarqué que vous innovez beaucoup dans l’ortografe. Vous ne mettez par exemple aucune r aux infinitifs. C’est une singularité qu’on pardonne aux femmes, mais les savans ne s’en servent pas. Ils attendent que l’usage ait reglé peu à peu le retranchement des lettres superflues. Il est probable que l’ecriture s’approchera de la prononciation plus qu’elle n’a fait jusques icy ; mais c’est une imagination mal fondée de croire qu’on puisse jamais ecrire comme l’on prononce, et ceux qui en ont fait la tentative se sont fait siffler. Voyez un peu comme les romans les plus nouveaux observent l’ortografe ancienne à la reserve de quelques mots. Il faut faire comme ces autheurs là. En lisant la lettre à Cadaichou [23] je me suis etonné que sans avoir jamais veu aucune carte de geografie, je ne me sois pas mepris plus de fois. Cet endroit, Priam qui a eu gouverné est un barbarisme, on ne parle pas ainsi en bon francois. A Dieu m[on] c[her] f[rere] jusques à ce que je passe à v[ot]re seconde lettre [24]. •

Le 7. mars 1675.
 [25]

Notes :

[1] Bayle donne à cette lettre, en fin de texte, la date « Le 7 mars », date que l’éditeur reproduit en tête de lettre ; de même, la Lettre 78 est datée par Bayle du « 8 mars ». La présente lettre précède les Lettres 78 et 79, qui y font allusion (voir Lettre 79, n.2) ; la Lettre 79 est indubitablement écrite de Rouen (voir p.80s). Or, le Calendarium donne « 1675, Kal[endis] mart[iis] » / « le mars » comme date du départ de Bayle de Rouen pour Paris. C’est ainsi que, sur la foi du Calendarium, Elisabeth Labrousse a été amenée à proposer des dates modifiées pour les Lettres 77 et 78 et à supposer que Bayle se trompait de mois en datant ces lettres du mois de mars, alors qu’il les écrivait à Rouen – et donc au mois de février. En effet, il est possible que Bayle se soit trompé sur le mois en écrivant les deux lettres adressées à Joseph (Lettres 77 et 78). Néanmoins, on pourrait être tenté d’évoquer une autre hypothèse : il est, après tout, également possible que Bayle se trompe ou se contente d’une approximation dans le Calendarium. Ne se pourrait-il pas, après tout, qu’il ait quitté Rouen le 9 mars – après avoir adressé la Lettre 79 à son frère Jacob ? Les dates des Lettres 77, 78 et 79 deviendraient alors cohérentes. Nous savons qu’il arrive à Paris plusieurs jours avant le 17 : il affirmera à cette date (Lettre 81) avoir adressé une lettre à Antoine Léger « le lendemain de mon arrivée en cette ville ». Le 3 avril il entrera au service de M. de Beringhen. Cependant, cette hypothèse, parfaitement cohérente en soi, se heurte au témoignage de la Lettre 84 : en effet, Bayle y affirme avoir écrit à Antoine Léger le lendemain de son arrivée à Paris et « dix ou quinze jours après » à Minutoli, désignant par là la Lettre 81, adressée à Minutoli et datée du 17 mars. De plus, dans la Lettre 86, Bayle affirmera : « Je vous écrivis au commencement du mois de mars, un asses gros paquet. Je partis quelques jours apres pour venir en cette ville. » Il désigne par là le « paquet » des Lettres 72 à 80, composées en janvier et en février à Rouen, envoyées début mars avant son départ. L’hypothèse d’ Elisabeth Labrousse s’avère ainsi la plus solide et la plus économique.

[2] Voir Lettre 72, p.40.

[3] Cette lettre ne nous est pas parvenue.

[4] Il s’agit de l’ apothicaire de Saverdun, nommé Fauré : voir Lettre 11, n.6.

[5] La généalogie des Clermont-Lodève, au siècle, est difficile à établir : Gabriel-Aldonce de Guilhem (qui mourut entre 1650 et 1659), comte de Lodève-Clermont et marquis de Saissac, eut au moins quatre fils que – ferveur monarchiste ou imagination déficiente – il prénomma tous Louis… L ’aîné, qui mourut en 1692, était né vers 1628 ; il faut probablement reconnaître ses cadets parmi les gentilshommes de cette maison qui périrent, l’un en duel en 1651, un autre en 1669 au siège de Candie, deux autres tués, l’un à Maastricht, en 1673, l’autre à Entzheim en 1675, mais il a pu s’agir dans certains cas de cousins des précédents. Celui de tous les fils de Gabriel-Aldonce sur lequel nous sommes le mieux renseignés, né vers 1632, commença par être abbé de Clermont-Lodève, puis revint à la vie séculière, sans pourtant embrasser cette carrière militaire qui décimait ses frères, et prit le nom de marquis de Saissac, puis, une fois devenu l’aîné des survivants, celui de comte de Clermont. Courtisan, il osa tricher au jeu du Roi (voir la lettre de Mme de Sévigné à Mme de Grignan, du 18 mars 1671, i.188), ce qui l’obligea à s’exiler quelques années en Angleterre ; il finit par rentrer en grâce et, déjà âgé, épousa en 1698 une fille du duc de Luynes (voir Saint-Simon, Mémoires, v.118-122). Il devait mourir en 1703 et n’eut pas de descendance, son fils unique étant mort jeune. La Gazette, quand elle énumère les officiers tués, n’entre pas dans des précisions généalogiques les concernant ; il se peut que Joseph Bayle se soit trouvé en mesure de répondre à la question que lui posait son frère, car la maison de Clermont-Lodève possédait beaucoup de terres dans la région de Carcassonne, donc près du Pays de Foix, et était assurément bien connue de la noblesse du cru.

[6] C’est vraisemblablement pendant son séjour à Coppet, chez le comte de Dohna, que Bayle s’est initié à la connaissance, dont il témoigne ici, des patronymes de familles nobles étrangères à sa province d’origine.

[7] Pierre d’Abzac, marquis de La Douze, Périgourdin né vers 1634, fut décapité à Toulouse en 1669. Il avait été jugé coupable de l’assassinat de sa première femme, motivé, prétendait-on, par le désir d’épouser la seconde. Il avait toutefois clamé son innocence jusqu’à son dernier souffle. Le père du condamné, Charles d’Abzac, avait parcouru une carrière militaire honorable et c’est en sa faveur qu’en 1618 la terre de La Douze avait été érigée en marquisat. Ce Charles d’Abzac avait, lui aussi, été accusé d’avoir commandité l’assassinat de son frère, Gabriel, et pour se libérer une fois pour toutes des accusations qui le harcelaient, il avait obtenu en 1639 des lettres d’abolition. Tallemant des Réaux décrit la femme de Gabriel d’Abzac comme une virago (voir Historiettes, ii.595-96) dont la sœur avait péri au cours d’une échauffourée avec des voisins.

[8] Sur divers membres de la famille de Foix-Rabat, voir Lettre 37, n.14 et 15. Il semble que Bayle eût dû écrire « vicomte » et non marquis, et qu’il songe à Jean-Roger .

[9] Le « de » dont Bayle fait précéder le nom discrètement abrégé de la parente qu’il mentionne, laisse penser qu’elle appartenait à sa famille maternelle, qui était de petite noblesse. Alors que du côté paternel la généalogie de Bayle est assez bien établie (l’état civil des protestants montalbanais depuis la fin du siècle est préservé aux Archives du Tarn-et-Garonne), il n’en va pas de même pour le Pays de Foix et nous savons fort peu de chose sur les Bruguière et leurs collatéraux.

[10] L’oncle dont il s’agit est probablement M. Ros de Bruguière. Cet oncle maternel des frères Bayle habitait aux environs immédiats du Carla.

[11] Depuis 1662, l’ évêque de Rieux était Antoine-François de Bertier (1632-1705), qui laissa une réputation de science et de piété. C’est ce prélat qui avait assuré une pension au jeune Bayle en 1670, quand celui-ci se trouva à Toulouse comme étudiant récemment converti au catholicisme.

[12] L’ évêque du Puy était alors Armand de Béthune (1635-1703) ; il avait été nommé évêque de Saint-Flour fort jeune, dès 1661, mais, après une crise religieuse, en 1671, il devint un prélat fort zélé. La Gazette du 21 juillet 1674, ainsi que la Gazette de Bruxelles du 27 juillet 1674, nouvelle datée de Paris du 20 juillet 1674, avaient mentionné la levée des milices par l’évêque, sous la conduite du sieur de Morangis La Vigère ; elles étaient destinées à être envoyées en Roussillon. Il est probable que les milices levées par l ’évêque de Rieux dont parlait Joseph Bayle dans sa lettre avaient une destination analogue. Les évêques de la région soutenaient l’effort de guerre vers la frontière avec l’Espagne, qui ne fut finalement qu’un théâtre de combats très accessoires. Les pouvoirs de l’évêque du Puy dérivaient du statut ancien de cette seigneurie épiscopale : l’évêque du Puy était le comte du Velay et disposait donc de forces armées : voir B. Rivet, Une ville au siècle : Le Puy-en-Velay (Le Puy-en-Velay 1988), p.175-179.

[13] Vincenzo Cartari, Les Images des dieux des Anciens, contenant les idoles, coustumes, céremonies et autres choses appartenans à la religion des payens, recueillies en italien et traduites en françois par Antoine Du Verdier, seigneur de Vauprivas (Tournon 1606-1607, 8°), plusieurs fois réédité à Lyon par la suite.

[14] François Pomey, Pantheum mythicum, seu fabulosa deorum historia (Lugduni 1659, 12°).

[15] Bayle semble faire allusion à des éditions polyglottes du célèbre Janua linguarum reserata. Sive seminarium linguarum et scientiarum omnium, hoc est compendiosa Latinam (et quamlibet aliam) linguam una cum scientiarum artiumque, fundamentis perdiscendi methodus sub titulis centum, periodis mille comprehensa (Lesnæ 1631, 8°). Cet ouvrage du grand humaniste tchèque Jan Amos Komensky, dit Comenius (1592-1670), s’efforce d’enseigner le vocabulaire et la syntaxe du latin par des exemples tirés de toute la gamme des connaissances humaines. Traduit en douze langues, il eut un succès extraordinaire qui dura jusqu’à la fin du dix-septième siècle. Sur Comenius, voir DHC, « Comenius », et J. Prévot, L’Utopie educative : Comenius (Paris 1981).

[16] Cette vision augustinienne de l’enfance, confortée d’ailleurs par le cartésianisme, restera toujours celle de Bayle : voir par exemple, CPD, §xx et xxiii ; voir aussi, Labrousse, ii.64-65, et R. Whelan, « La religion à l’envers : Bayle et l’histoire du paganisme antique », in Les Religions du paganisme antique dans l’Europe chrétienne. - siècle (Paris 1988), p.117-18.

[17] La dot de la femme du pasteur Jean Bayle avait apporté à la famille quelques pièces de terre et un potager. On voit ici que les fils participaient à l’exploitation de ces quelques biens.

[18] Les colloques regroupaient des Eglises voisines et constituaient des subdivisions de l’organisation des Eglises réformées en provinces synodales (voir l’Introduction, t.i, p.xxvi-xxvii).

[19] Situé à 13 kilomètres au sud du Carla, le Mas d’Azil, un gros bourg, faisait figure de minuscule capitale de la région. Le pasteur le plus ancien était Jean Baricave ; le second pasteur était André de Bourdin ; le troisième pasteur de cette communauté réformée populeuse l’était assez nominalement, car, pendant l’été, Paul Falentin de La Rivière (1635-1725) était chapelain de Schomberg et le suivait dans ses campagnes militaires. D’ailleurs, Falentin de La Rivière était chargé de s’occuper des protestants isolés de la région de Toulouse, dont le lieu de culte, hors les murs, était au Portet.

[20] Il s’agit de Pradals ; ces lettres ne nous sont pas parvenues. Les deux lettres de critique sont probablement les écrits sur lesquels Bayle demandait le jugement de Jacob et celui de Pradals, Lettre 13, p.74.

[21] Cette expression dialectale semble faire référence au pays de Serou, à savoir, à la montagne. Un « esprit serrounez » serait alors un esprit plus lent et têtu que celui du terrefort, au pied des Pyrénées (sinon déjà dans la plaine), tel que celui des habitants du Carla.

[22] Cette lettre ne nous est pas parvenue.

[23] Probablement un texte bouffon en dialecte, dont le destinateur fictif était un parent des Bayle, de qui ceux-ci se moquaient volontiers : voir Lettre 13, n.58.

[24] Voir Lettre 78.

[25] Voir ci-dessus n.1.

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