Lettre 81 : Pierre Bayle à Vincent Minutoli

A Paris, le 17 de mars, 1675
 [1] Je ne sai, mon cher Monsieur, quand vous guérirez d’une erreur dont je vous avertis depuis long-tems, et qui fait tort à vos lumieres. / Vous ne cessez de louër, ou de croire louable, ce que vous savez être parti de ma plume. Cependant, je ne cesse de vous avertir, par le desir que j’ai que votre juste discernement ne se demente en aucune chose, de juger de mes foibles productions, sans aucun égard à votre amitié pour moi. Il me suffit que vous n’ignoriez pas que je me suis entretenu avec vous durant ma solitude de Normandie ; cela vous marquant assez que vous êtes toujours present à mon souvenir, je vous épargnerai la peine de lire un cahos de pensées indigestes, que mon chagrin me faisoit rediger par écrit [2].

Les nouvelles que vous me communiquez de l’Alsace, me font voir que la renommée avoit precedé le coup ; car ce ne fut que le 29 de decembre, et le 5 de janvier que les confédérez furent mal-menez à Mulhausen, et à Turkeim [3], et la datte de votre lettre est posterieure [4] au dernier choc des deux armées. Quoi qu’il en soit, les Allemands ne peuvent nier la dette cette fois ici : et ce n’est pas sans raison qu’on les mes-estime chez vous. Leur défaite n’a pas été pourtant si considérable que l’on disoit d’abord, et le principal fruit, que la France en a tiré, est l’évacuation de l’Alsace, et le retour de ses hôtes au delà du Rhin. On aurait bien souhaité que M. de Turenne eut mis à la raison Messieurs de Strasbourg, qui ont été la seule cause des miseres de l’Alsace, par le violement de la neutralité où ils se jetterent si avidement [5]. Mais, de raisons supérieures, sans doute, ont porté ce général à mettre cette affaire en négociation. A tout le moins, dit-on, devoit-il faire comme les anciens Romains du tems que leur modération étoit si / grande, qu’au raport de Salluste, Victis nihil quidquam, præter injuriæ licentiam, eripiebant [6]. Il devoit leur oter le pouvoir de nuire à la France, et leur laisser le reste, à la bonne heure. C’est ce qu’il n’a point fait ; puis que leur pont est à la disposition des ennemis de cette couronne. En cela, on croit que les Suisses ont été ménagez, et qu’en faveur de la constance et de la fidélité, qu’ils ont gardée à un prince, contre qui toute l’Europe a fait une ligue, on a traité doucement une ville ingrate, et indigne de tout support [7].

Nous verrons si la modération du Roi aura ramené cette populace par le succès de la négociation de Mr. de Frémont [8]. Cet emploi, dont M. de Turenne l’a pourvu, ne semble pas à ses amis digne de la joie avec laquelle il l’a accepté. Car, il est à craindre qu’un peuple infatué de la gloire germanique, et prévenu de cent fausses idées de la prétenduë vanité françoise, ne contribue de tout son pouvoir à rétablir l’honneur de l’Allemagne, et à mortifier l’insolence de nos troupes, toutes les fois qu’il se verra en état de le faire impunément. Ainsi, les amis de Mr. de Frémont desesperent que son adresse et son éloquence mette le pont de Strasbourg au pouvoir du Roi, à moins qu’elle ne soit appuiée par vingt ou trente mille hommes. Le tems nous fera voir, s’il plait à Dieu, le contraire ; ce que je souhaite de tout mon cœur, pour la gloire particuliere que votre illustre parent [9] en remporteroit. On n’a point de nouvelles de lui à la cour, depuis son arrivée à Nanci ; / ce qui chagrine Mr. de Turenne. Mais, c’est sans doute qu’il ne se veut pas mettre en chemin que sous bonne escorte, afin que ses instructions ne tombent pas entre les mains des ennemis.

Je voudrois bien lire les apologies, et les manifestes des généraux des confédérez [10]. Mr. de Montauban, qui fut pris à Mulhausen le 29 de decembre, écrivoit à ses amis qu’il ne faisoit autre chose qu’accorder des colonels, des majors et d’autres officiers subalternes, qui se querelloient à toute heure ; chacun rejettant la faute sur autrui [11]. Je croi que, selon le génie de l’humilité germanique, il n’y en a pas un qui convienne que la valeur des François ait eu aucune part à l’issue de la campagne, mais seulement la desunion, et les divers interets des généraux. Il me semble que j’entends dire à tous vos Tudesques [12], les François sont encore dans le monde, c’est que nous ne voulons pas les exterminer ; c’est que leur argent seme la zizanie dans nos conseils de guerre : et si nous étions d’accord un moment, ce seroit fait de la France : à peu près comme les Grecs devant Troie,

 [13]

Les Suédois ont trompé bien du monde par l’irruption qu’ils ont enfin faite dans la Marche de Brandebourg ; on desesperait dejà de leurs bonnes intentions par ici [14]. Mais ils ont montré ce qu’ils savent faire. Ce qui est de regrettable dans cette affaire, c’est que Mr. l’Electeur de Brandebourg est / la duppe, ou plutot, la victime sur qui tombe tout le méchef*. Il seroit plaint davantage de nos huguenots de deçà*, sans l’inconstance qu’il a fait paroitre en violant un traité, dont les conditions, quoi que desavantageuses à la France, avoient été si religieusement observées de sa part [15]. Je suis bien aise que Mr. le comte de Dohna n’ait point été mis de part* dans les négociations de cette Altesse [16] ; mais, d’autre part, les aliénations qu’il a faites pour des desseins à exécuter, ne m’affligent pas médiocrement. Avant de quitter le chapitre de Mr. de Brandebourg, je vous communiquerai, Monsieur, le quatrain qui le regarde dans les Centuries que Mr. le prince de Condé fit il y a deux ans, pendant les accès de sa goutte, à l’imitation de Nostradamus :
Le Dominant de la Plage de griffe,

De l’Inulca frivole sectateur,

Quoi que trainant Epouse et Successeur

Par bois uni sera fait grand Pontife

 [17]
.

Par le premier vers il designoit les Etats de S.A. qui ont un Griffon pour armes. Le second marque qu’il est calviniste. Le troisieme cause l’étonnement qu’on a de lui voir promettre le pontificat. Et le quatrieme enfin, marque qu’on croioit qu’il feroit un pont de batteaux, la premiere campagne, pour passer le Rhin.

Je vous envoierois le Testament de L’Isola, fait par le P[ere] Bertet, jesuite, à Mr. le cardinal de Bouillon [18] ; mais, parce qu’il a couru par toutes les boutiques du Palais, je m’ima / gine que vous l’avez reçu à Geneve, avec les nouvelles manuscrites. Mr. Verjus [19], le grand adversaire de ce baron, s’en va à Hambourg, pour le service du Roi. Il est fils d’un conseiller au Parlement de Paris, et il a été au cardinal de Retz [20], du tems de la Fronde. Lui, Joly [21], surnommé Pistolet, et un autre, étoient les trois créatures de ce cardinal ; et l’histoire scandaleuse a voulu faire croire, que quand on attaqua le carrosse du cardinal, et que Joly fut blessé, on avoit excédé les pouvoirs donnez par cette Eminence, laquelle auroit attitré des gens pour le venir attaquer accompagné de ses trois amis, afin qu’il eut beau jour de demander des gardes au Parlement. On dit peu de jours après des merveilles de l’assurance qu’avoit témoignée le coadjuteur à cette attaque. Mr. de Bragelogne, à la table duquel se faisoit l’éloge, se mit à dire, en riant, le proverbe, Tela prævisa minus feriunt [22].

Je vous remercie, mon cher Monsieur, des nouvelles du galant Mr. de Rocolles. Je croi qu’il fait une triste figure à Berlin ; à moins qu’il ne soit franc* de guet* et de garde*, en qualité d’historiographe de son Altesse Electorale [23]. Nous verrons, sans doute, l’histoire de l’irruption des Suédois, et des soins du prince d’Anhals pour mettre le païs en deffense, de la façon de notre ami. Car, s’il commence une fois de se faire coucher sur le Catalogue de Francfort [24], l’y voilà pour toute sa vie. Il y a quelque tems que la Gazette de Hollande parloit du chevalier de Verneda, gouverneur de Corfu, en fort bon termes [25]. Je souhaitai que vous et moi puissions le voir pour une heure, et lui faire lire cet endroit de la Gazette. Apparemment, c’eut été pour bien / rire. J’ai fait part de cet endroit de votre lettre à notre cher Mr. Basnage, qui doit être ici au mois de mai [26]. J’ai regret aux bons endroits que l’Inquisition de Genève nous dérobe dans Le Moine sécularisé [27], dont j’attendois le régal avec impatience. Je crains bien qu’aiant été chatré par des censeurs si séveres, ses parents ne le prennent en horreur ; et, pour la part que vous y pouvez avoir, j’en suis très faché, comme aussi du contre-tems* que vous a fait le Pere Simon Recarede, prêtre de l’Oratoire, par la traduction du Rabbi Léon de Modena [28]. On m’a dit qu’il avoit ajouté plusieurs choses à l’original, je ne sais où pêchées. Vous ferez fort bien, mon cher Monsieur, de donner au public votre traduction ; car, outre qu’elle défera celle du prêtre, c’est qu’elles se pourront débiter en des lieux différens, comme vous le remarquez fort bien.

Le regret que j’ai de la mort de Mr. Sartory [29], ne pouvoit plus à propos se diminuer, que par l’esperance que j’en tire que cela vous impatronisera dans l’Academie, où vous n’aurez pas plutôt mis le pied, que le nouveau lustre qui lui en viendra vous y fera avancer de plus en plus. Je vous supplie, mon cher Monsieur, de m’instruire quel progrès a eu la proposition qui vous a été faite, soit pour la place du défunt, soit pour l’histoire ecclésiastique. Pour peu que l’on ait égard à la réputation de l’Académie, et de votre république, je garentis la chose faite. J’aime assez Geneve, pour souhaiter que les directeurs de cette affaire prennent le parti de vous faire emploier vos beaux talents à la gloire / de votre patrie ; et, quand je n’y verrois pas votre satisfaction particuliere, je désirerois que cela arrivât pour l’amour d’une ville où j’ai passé de si agreables momens. Jugez, mon cher Monsieur, quel accessoire* ce doit être à ces souhaits, que de m’imaginer que vous trouvez votre compte à tout cela.

Je vous prie d’assurer Monsieur le syndic Fabry [30] des mes très humbles respects. c’est une personne dont je révere le mérite, la capacité et l’esprit, qui sont en lui extraordinaires ; et ce me fera beaucoup de plaisir, qu’il sache que je suis son très humble serviteur.

Je suis à Paris sur ma bourse* ; car, la personne, avec qui je devois y être, n’y viendra peut-être pas. On me fait esperer un poste qui pourroit être de quelque esperance pour l’avenir [31]. Je ne sai ce qui en sera. Mon adresse, pour un interim, doit être à Mr.  Mr. Carla, maitre tailleur d’habits, ruë de Gèvre, à l’enseigne de la hure, pour faire tenir à Mr. Bayle, à Paris. Je vous souhaite toute sorte de felicité, et suis de toute mon ame, votre, etc. P.S. Vous aurez pu voir par la lettre que j’écrivis à Mr. Leger  [32], le lendemain de mon arrivée en cette ville, par où l’on croit ici que l’on ouvrira la campagne. Il se dit fort peu de nouvelles ; car, mecredi passé, je fus aux conférences, qui se tiennent chez Mr. Ménage  [33], et comme l’on y entre en matiere presque toujours par les affaires générales, on demanda à tous ceux qui venoient ce qu’il y avoit de nouveau. Il n’y eut personne qui sut la moindre chose, si vous en exceptez la chasse donnée à l’armée na / vale des Espagnols auprès de Messine par l’escadre du duc de Vivonne [34]. On en a donné un extraordinaire* ; c’est pourquoi je n’en parle plus. Je vous renvoie à notre Gazette, comme à la plus véritable* de toutes. Il y a cinq ou six mois qu’on s’est mis sur le pied au bureau d’adresse de ne dire rien que sur de bons mémoires. D’ailleurs, le stile en est fort beau et fort coulant. On m’a assuré que Mr. de Guilleragues [35], secrétaire du Cabinet, ou Mr. de Bellizani [36], tous deux beaux esprits, la revoient fort exactement, et en otent non seulement ce qu’il y a de fabuleux, mais aussi ce qui n’est pas assez élégant.

Mr de Valavoir est tombé malade à Messine. On dit que quelques-uns l’aiant jetté sur le discours des Vêpres siciliennes, il se mit à dire en riant, « Ah ! pour cela, on sera bien fin, si on m’y attrape ; car, je ne vas* jamais à Vêpres » [37]. Le Roi a destiné quatre mille hommes pour la Sicile [38]. Il court un bruit sourd que Mr. de Schomberg est rappellé de Catalogne [39].

Pour les livres nouveaux, j’en ai déjà touché quelque chose à Mr. Leger dans ma lettre sus-mentionnée. Je ne me souviens point si je lui ai parlé de la critique qu’on a faite des Réflexions du P[ère] Rapin sur la Poétique d’Aristote [40]. Elles sont bien mal traitées ces Réflexions-là, et il n’a rien servi au Père de donner, en diligence, une nouvelle édition de son livre, où il a corrigé une partie de ses méprises ; car, on sait bien que les critiques travaillent toujours sur les premières éditions. C’est le jésuite Vavasseur, qui a ainsi mal mené son confrere, parce que, contre l’esprit de l’Ordre, il n’avoit pas loué les poësies de Vavasseur, jésuite des / plus célèbres. Le P[ere] Rapin a répondu ; mais la Réponse ne se débite pas encore. Chappuzeau a publié le Voiage de Mr. Tavernier [41]. On le vend un écu. C’est un in 4°. L’ Ancienne et nouvelle Athenes [42] est un livre très beau et très savant, et qui a eu l’aprobation générale. On a donné la Vie du pape Leon X , traduite du latin de Paul Jove. On croit que c’est l’abbé de Pure [43].

M. Joly a fait un livre fort curieux, et fort docte, quoi que sous un titre fort simple ; car, il l’intitule Avis moraux sur l’institution des enfans [44]. Il n’a point fait comme le grammairien Melissus, dont parle Aulu-Gelle, disant d’un de ses livres, qu’il avoit un titre Ingentis cuiusdam illecebræ ad legendum scriptus  [45]. On souhaiteroit fort que Mr. de Varillas, historiographe de France, pût avoir permission de faire imprimer la Vie de François I, qu’il a composée, et qui est belle par excellence ; mais il a trop agi en fidelle et desinteressé historien, pour que Mr. Colbert en veuille permettre la publication [46]. / 

L’ abbé de Saint-Réal [47], qui a fait le Dom Carlos, et qui étoit un des eleves de Mr. de Varillas, s’est mis mal dans son esprit ; Mr. de Varillas se plaignant qu’il lui a dérobé ses écrits de la derniere conséquence*. Cet abbé s’est retiré à Chambéry pour travailler à la Vie du grand-père du duc de Savoye d’à present [48] ; ce petit bossu qui a été si fin, et si ambitieux. On a déjà vu IV tomes du Journal amoureux d’Espagne [49]. Mr. Halley, de Caen, l’un des meilleurs poëtes latins du siecle, vient de faire imprimer ses Poësies [50]. Faites moi part de vos nouveautez au plutot.

Notes :

[1] Il faut assurément adopter la date que Prosper Marchand assigne à cette lettre, c’est-à-dire le 17 mars 1675, et tenir pour une coquille d’imprimerie la date du 7 mars dans les OD. Bayle fait allusion à la lettre (perdue) qu’il a adressée à Antoine Léger « le lendemain de mon arrivée en cette ville » : il y est donc depuis plusieurs jours.

[2] Allusion à la Lettre 65, qui nous est parvenue en brouillon ; Bayle n’a pas jugé bon ou n’a pas trouvé le loisir de la recopier pour l’envoyer à Minutoli. Pourtant, il en a parlé à Basnage (voir Lettre 67, p.9) qui semble avoir répercuté cette information auprès de Minutoli, et celui-ci avait demandé à Bayle de lui envoyer son écrit.

[3] La bataille de Mulhouse est du 29 décembre 1674 et celle de Turckheim du 5 janvier 1675. Il s’agit de deux victoires de Turenne sur les confédérés : sur la manœuvre qui lui permit de remporter ces victoires, voir Lettre 64, n.13.

[4] Il y a ici sans doute un lapsus calami (« postérieure » pour « antérieure »), qu’il soit de Bayle ou du copiste. La lettre de Minutoli, qui ne nous est pas parvenue, semble avoir été écrite au début de janvier, avant que les nouvelles des succès militaires de Turenne en Alsace aient pu atteindre Genève.

[5] Strasbourg était une ville libre qui faisait partie de l’Empire. Les 24 et 25 septembre 1674, la ville avait accueilli les coalisés, abandonnant ainsi sa neutralité précédente. Voir la Gazette, n° 9, nouvelle du camp de Gemur près de Schelestad (Sélestat) du 19 janvier 1675.

[6] Voir Salluste, La Conjuration de Catilina , xii.4-5 : « Ils n’enlevaient rien aux vaincus sinon la liberté de nuire. »

[7] L’alliance de Strasbourg avec les cantons suisses imposait aux Français une certaine modération à l’égard des Strasbourgeois. En effet, la neutralité helvétique, scrupuleusement maintenue, avait empêché le passage des troupes coalisées à travers le territoire suisse, en dépit des sollicitations instantes faites par les Confédérés, ce qui avait bénéficié à la France. Il s’agissait pour elle de conserver de bons rapports avec les Suisses, et donc de ne pas les irriter en traitant trop mal Strasbourg, leur alliée.

[8] Jean-Jacobé de Frémont d’Ablancourt (1621-1696) avait été élevé par son oncle, Perrot d’Ablancourt. Frémont d’Ablancourt avait fait carrière dans la diplomatie, comme ambassadeur de France au Portugal, en particulier. Il venait d’être nommé résident de France à Strasbourg, sans doute par la protection de Turenne, un poste qui demandait beaucoup de doigté. La Gazette, n° 30, nouvelle de Strasbourg du 15 mars 1675, annonce l’arrivée de Frémont dans cette ville ; en ce qui concerne ses négociations, voir l’ordinaire n° 32, nouvelle de Strasbourg du 29 mars 1675. Après la mort de Turenne (27 juillet 1675), Frémont d’Ablancourt revint à Paris, où il demeura jusqu’au moment où la révocation de l’Edit de Nantes l’engagea à se réfugier en Hollande, où Bayle devait le rencontrer. Fort lettré, Frémont d’Ablancourt était lié avec Richard Simon : voir Lettres choisies de M. Simon (Amsterdam 1730, 12°, 4 vol.), i.260-77, iii.33-40, 96-98, 115-23, iv.33-40 : Frémont d’Ablancourt est le « caraïte » à qui Simon écrit.

[9] La mère de Vincent Minutoli est née Madelaine Perrot : Minutoli et Frémont d’Ablancourt étaient arrière-petit-fils de deux frères. Voir J.A. et J.B.G. Galiffe, Notices généalogiques sur les familles genevoises (Genève 1829-1892, 7 vol.), iii.393.

[10] Nous n’avons su retrouver ces opuscules qui parvenaient à Genève, mais qui n’arrivaient pas en France. Bayle conjecture qu’on s’y efforçait de justifier la conduite des généraux coalisés et de minimiser les succès remportés par Turenne, tâche difficile à ses yeux dont il voudrait savoir comment les propagandistes coalisés se tirent.

[11] A cette époque, les prisonniers d’importance pouvaient librement correspondre avec les leurs et ils étaient accueillis dans les états-majors de ceux qui les avaient capturés. On voit ici M. de Montauban jouer le rôle d’arbitre dans les discussions entre les officiers subalternes sur l’échec subi. Bayle a été informé de la capture du marquis de Montauban par la Gazette (voir Lettre 74, n.8), mais il tire ces nouveaux renseignements sur les querelles des officiers allemands d’une autre source que nous n’avons su découvrir.

[12] « vos Tudesques » : ceux parmi les Genevois qui préféraient l’Empire à la France.

[13] Homère, Iliade, ii.379-80 : « que seulement nous arrivions un jour à n’avoir qu’une seule volonté et, alors, la ruine de Troie ne souffrira plus le moindre délai ». Les armées coalisées jouissaient d’une supériorité numérique sensible sur les troupes françaises, mais leur hétérogénéité, les rivalités entre les généraux et l’absence d’unité de commandement représentaient pour elles un lourd handicap.

[14] Le roi de Suède, Charles XI, était mineur, et les Suédois, seuls alliés de la France, ne s’ébranlèrent qu’à la fin de l’année 1674, non sans que leur inactivité durant l’été eût déçu l’opinion francaise : voir Lettres 65, n.25 et n.105, 69, n.17, et 74, n.10.

[15] Frédéric-Guillaume, le Grand Electeur, qui avait signé un traité avec la France le 10 avril 1673, finit par s’aligner sur la décision prise par la Diète germanique qui, le 28 avril 1674, déclara la guerre à la France. Le Brandebourg fournit alors des troupes à la coalition, et ce revirement de l’Electeur fut, bien entendu, très mal perçu par l’opinion française : voir G. Pagès, Le Grand Electeur et Louis XIV, 1660-1688 (Paris 1905).

[16] Sur l’activité du comte de Dohna au service des intérêts de ses parents, le Grand Electeur et Guillaume d’Orange, voir Lettre 64, n.15. Bayle est rassuré de savoir que le comte n’a participé en rien au revirement politique du Brandebourg (qu’il a cependant évidemment approuvé), car la France lui avait fait payer cher ses allégeances en confisquant les biens de la comtesse dans le Pays de Gex (voir Lettre 36, n.2). Les « aliénations » mentionnées ici pourraient concerner des terres de Prusse.

[17] Bayle cite ici le sixième quatrain des Centuries du style de Nostradamus faites Par Mgr le duc et envoyées à madame de La Fayette qui les a expliquées. Il s’agit d’une pièce fugitive qui sera recopiée dans les Voyages de Mrs de Bachaumont et de La Chapelle avec un mélange de pièces fugitives tirées du cabinet de monsieur de Saint Evremond (Utrecht 1697, 12°), p.162. La plaisanterie sur le pontificat joue sur le mot pontifex, au sens de constructeur de ponts : l’armée des coalisés, sous le commandement de l’ Electeur, avait passé le Rhin en septembre 1674. L’auteur des vers est le fils du Grand Condé, Henri-Jules, duc d’Enghien, puis prince de Condé (1643-1709), dont Saint-Simon trace un portrait contrasté, à bon droit demeuré célèbre : voir Mémoires, éd. Boislisle, xxvi.139-154.

[18] Jean Bertet (1622-1692), S.J., fut chassé de la Compagnie et éloigné de la Cour en 1680 par ordre du Roi : le jésuite avait éte mêlé à l’affaire des poisons ; quelques années plus tard, il revint de son exil et mourut chez le cardinal de Bouillon, son ancien élève, qui est ironiquement désigné comme l’héritier de Lisola. Il s’agit du Testament du marquis d’Isola, satire en vers françois (s.l. 1673), ouvrage que nous ne connaissons que d’après Sommervogel, i.1375.

[19] Louis de Verjus, comte de Crécy (1629-1709), diplomate qui allait entrer à l’Académie française en 1679, avait été pris à partie dans un des derniers pamphlets de Lisola, La Sauce au Verjus (Strasbourg 1674, 12°) – titre qui s’explique, le verjus (suc de raisins verts) entrant dans la préparation de certaines moutardes. Nous n’avons pas trouvé dans la Gazette l’annonce de son voyage à Hambourg ; sur les rapports entre Retz et Verjus, voir S. Bertière, La Vie du cardinal de Retz (Paris 1990), p.413, 488.

[20] Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de Retz (1614-1679), coadjuteur de l’archevêché de Paris dès 1643, avait joué un rôle de premier plan durant les Frondes, et a laissé des Mémoires célèbres qui n’ont été édités qu’au siècle (Amsterdam 1717, 8°, 3 vol.). Sur lui, voir S. Bertière, La Vie du cardinal de Retz.

[21] Guy Joly (?-1678) était conseiller au Châtelet et secrétaire de Retz durant les Frondes. Ses Mémoires (Amsterdam 1718, 2 vol. 8°), hostiles à Retz, corroborent « l’histoire scandaleuse » dont Bayle se fait ici l’écho. L’attentat à l’encontre de Retz le 11 décembre 1649 avait été organisé par Joly : celui-ci était l’un des syndics des rentiers. Sur cet épisode célèbre de la Fronde, voir S. Bertière, La Vie du cardinal de Retz, p.218-23 ; et Retz, Mémoires, éd. S. Bertière (Paris 1987, 2 vol.), i.528-30.

[22] Etienne de Bragelogne (ou Bragelongue, ou Bragelonne) de Versigny (?-1714), qui avait été fait prisonnier à Seneffe, fut capitaine au régiment des gardes, puis major-général à l’armée d’Allemagne. Il avait connu Retz dès l’année 1638, car il l’avait accompagné, avec les frères Tallemant , en Italie (voir S. Bertière, La Vie du cardinal de Retz, p.72). Le proverbe signifie « les coups prévus sont peu douloureux ». En effet, Joly raconte s’être fait à lui-même une plaie au bras que le coup de pistolet était censé avoir effleuré ; le coup fut effectivement tiré, mais Joly s’était alors accroupi dans son carrosse (voir S. Bertière, p.218-23). Les sources de Bayle ici sont probablement une tradition orale, au moins en ce qui concerne le rôle attribué à Retz. Joly avait fait paraître, aussitôt après le prétendu attentat, un factum de six pages : Moyens des requestes presentées à la Cour par maistre Guy Joly pour raison de l’assassinat commis en sa personne (s.l.n.d., folio) : « assassinat » désignait alors aussi bien une tentative de meurtre qu’un meurtre effectif. Les curieux collectionnaient volontiers de telles pièces et il n’est pas impossible que Bayle ait pu voir ce factum chez un lettré rouennais.

[23] Ce titre d’historiographe avait engagé Rocolles à entreprendre la rédaction d’une Histoire de Brandebourg, dont le manuscrit se trouvait aux Archives d’Etat, à Berlin, au siècle selon FP. L’Electeur est, bien entendu, Frédéric-Guillaume, le Grand Electeur.

[24] Tous les ans, à l’automne, la foire de Francfort rassemblait la majorité des livres imprimés en Europe occidentale pendant l’année écoulée.

[25] Depuis le début du siècle, Corfou servait de base à l’empire colonial vénitien. Apparemment, Rocolles avait eu naguère maille à partir avec le chevalier vénitien Verneda, sur lequel nous n’avons pas trouvé d’information.

[26] Une fois terminées ses études de théologie à Sedan, Basnage allait regagner Rouen, sa ville natale, en s’arrêtant un peu en route à Paris.

[27] Jacques Dupré (?-1652), entré à l’Oratoire vers 1635, avait été exclu de sa congrégation en 1643 à cause de la véhémence forcenée à l’encontre des jésuites et du clergé régulier en général dont témoignait l’enseignement qu’il donnait à Caen. L’ouvrage dont il s’agit ici, Le Moine sécularisé (Cologne, Pierre Du Marteau, 1675, 12°) lui a été attribué, et, si cette attribution est juste, le texte a dû circuler longtemps sous forme de manuscrit. Une fois venu aux mains des protestants, il connut différentes éditions, sans adresse bibliographique ou avec des adresses bibliographiques fictives et des adjonctions variées : « La Vie des moines », une « Satire en vers », ou précédé des « Jésuites en belle humeur ». Voir Sommervogel, i.1474-1475. N.-N. Oursel, Nouvelle biographie normande (Paris 1886, 12°, 2 vol.), i.318, et la notice bibliographique de P.-L. Jacob [Paul Lacroix] dans son reprint (Paris 1912). Le témoignage de Bayle ici infirme l’affirmation du bibliophile Paul Lacroix, qui tenait la première édition pour faite à Grenoble. Il parut en 1676 un opuscule intitulé L’Autheur du Moine sécularisé se rétractant et faisant amende honorable (Cologne, Pierre Marteau, 1676, 12°). Par l’« Inquisition de Genève » Bayle désigne l’attitude de ceux qui sentaient que le style polémique de Dupré était en train de tomber en désuétude et répugnait à un nombre croissant de lecteurs. C’est un signe des temps que les autorités genevoises aient voulu faire expurger le texte de ses pires grossièretés, comme en témoigne cet écho plus tardif de l’affaire dans le Registre de la Compagnie des pasteurs : « Mr le recteur ayant proposé à la Comp[agni]e qu’il a apperceu que chez Mr de Tournes l’on imprimait un livre intitulé Le Moine sécularisé contre les moines où il y a plusieurs choses sales et dangereuses, et qu’ensuite ayant donné advis au dit de Tournes qu’il en devoit retrancher plusieurs choses qu’on y avoit corrigé[es], la chose n’a point esté exécutée mais le livre imprimé selon le premier exemplaire et sans ces corrections. A esté advisé que Mr[s] le recteur et Tronchin en demanderont un exemplaire à Mr de Tournes pour le voir incessamment et en communiquer avec Mrs les Scolarques » (Archives de Genève, R 13, f.365, 30 juillet 1675). Le regret qu’exprime ici Bayle, sans doute en écho à Minutoli, est un indice parmi d’autres d’une sensibilité encore assez proche de celle du siècle. Bayle reviendra ultérieurement sur le ton propre à la controverse religieuse : voir DHC, art. « Bellarmin », rem. B, et R. Whelan, The Anatomy, p.237. Notons que le titre de Dupré fut repris en 1683 (Cologne, in-12°) dans une attaque contre Maimbourg, signée Roxelias Umeau (SHPF : cote O 406).

[28] Sur la traduction de Léon de Modène procurée par Richard Simon, voir Lettre 69, n.5. Il apparaît que Minutoli avait envisagé de traduire cet auteur. La version de Simon comportait des additions qui témoignaient de la profonde érudition orientaliste de ce dernier et le Genevois, qui ne pouvait guère se targuer que de sa connaissance de la langue italienne, eut la sagesse de ne pas entrer en compétition avec l’oratorien.

[29] Jean-Jacques Sartoris mourut le 24 décembre 1674 ; Minutoli lui succéda finalement dans la chaire de grec et de belles-lettres, enseignement auquel on ajouta celui de l’histoire ecclésiastique et profane : voir Registres des conseils, f.363, 20 septembre 1675.

[30] Sur Fabri, voir Lettre 26, n.3.

[31] Cette formule sibylline laisse penser que Basnage avait déjà laissé entrevoir à Bayle la possibilité pour ce dernier de briguer un jour un poste à l’Académie réformée de Sedan.

[32] Cette lettre ne nous est pas parvenue ; sur Antoine Léger, voir Lettre 40, n.9.

[33] On appelait « mercuriales » les réunions de lettrés et de savants qui se tenaient tous les mercredis chez Ménage, au cloître Notre-Dame. C’était probablement Bigot qui avait donné à Bayle une lettre d’introduction auprès de l’abbé. Sur Ménage et son cercle, voir la thèse ancienne de E. Samfiresco, Ménage, polémiste, philologue, poète (Paris 1902).

[34] Louis-Victor de Rochechouart, duc de Vivonne, comte puis – en 1675 – duc de Mortemart (1636-1688), frère de Madame de Montespan, était depuis 1669 général des galères. En avril 1675, il allait réussir un débarquement français à Messine, ce qui lui valut, en juin, le bâton de maréchal. Il était célèbre par son esprit fin et délicat et fut lié avec Molière et Boileau. Voir la Gazette, extraordinaire n° 23 du 15 mars 1675.

[35] Gabriel-Joseph de La Vergne, vicomte de Guilleragues (1628-1685), premier président de la Cour des Aides à Bordeaux en 1660, et secrétaire de la Chambre en octobre 1669, allait être nommé ambassadeur de France à Constantinople en décembre 1677. Il avait publié des Lettres portugaises, traduites en françois (Paris 1669, 12°) sous le voile de l’anonymat ; voir Chansons et bons mots. Valentins. Lettres portugaises, éd. F. Deloffre et J. Rougeot (Genève-Paris 1972). Entre l’été 1674 et l’été 1678, Guilleragues et son ami Bellinzani (voir note suivante) « contrôlèrent le style et le contenu de la Gazette », Dictionnaire des journaux, n° 492, i.447 ; voir aussi Dictionnaire des journalistes, s.v.

[36] François Bellinzani (?-1684), marquis de Villeneuve, créature du cardinal de Mazarin, et par la suite intendant du duc de Mazarin, servit Colbert en diverses manières. Il fut arrêté en décembre 1683, accusé de malversations, et mourut à Vincennes ; sur lui, voir G. Martin, La Grande industrie sous le règne de Louis XIV (Paris 1899), p.34-56 ; Saint-Simon, Mémoires, vii.540-43 ; Mme de Sévigné, ii.36 et n.3 (p.1095-96) ; Dictionnaire des journaux, p.447b.

[37] François-Auguste, marquis de Valavoire (1614 ?-1694 ?), commanda en Sicile jusqu’en novembre 1676, date où il fut frappé d’hémiplégie (voir Mme de Sévigné, i.440, n.5, et ii.152, n.3). On appelle « Vêpres siciliennes » le massacre général des Français qui eut lieu le 21 mars 1282, sous le gouvernement de Charles d’Anjou, frère de saint Louis. Ce fut un lundi de Pâques que se produisit le soulèvement. L’anecdote met en évidence l’ignorance historique de Valavoire.

[38] La Gazette, n° 30, nouvelle datée de Gênes du 11 mars 1675, annonce l’équipement à Marseille de plusieurs vaisseaux et de vingt-quatre galères qui seront envoyés « pour le secours des Messinois ».

[39] Frédéric-Armand de Schomberg (1619-1690) était d’origine palatine. Après avoir servi en Suède et en Hollande, il vint en France, où il fut naturalisé en 1668. Il allait devenir maréchal de France en juillet 1675, en récompense des succès qu’il avait remportés en Catalogne (voir Lettre 97, n.14). Les « bruits sourds » dont Bayle se fait ici l’écho se révélèrent sans fondement : Schomberg était réformé et ses coreligionnaires étaient attentifs à sa carrière. A l’époque de la Révocation, il put quitter la France – grâce exceptionnelle pour un laïc – et se mit par la suite au service de Guillaume d’Orange.

[40] Voir Lettre 79, n.22 et 23.

[41] Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689), baron d’Aubonne en février 1669, voyageur et polygotte, avait longtemps résidé en Orient et, en particulier, en Perse, où il s’était enrichi dans le commerce de pierreries. C’était un protestant – il allait pouvoir quitter la France à la Révocation – ce qui peut expliquer qu’il ait fait appel à Chappuzeau pour rédiger, sur la base de notes qu’il avait prises, le récit de ses voyages : Nouvelle relation de l’intérieur du sérail du Grand Seigneur, contenant plusieurs singularitez qui jusqu’icy n’ont point esté mises en lumière (Paris 1675, 4°), recensé dans le JS du 20 janvier 1676.

[42] Sur ce livre de Guillet de Saint-Georges, voir Lettre 74, n.16.

[43] L’hypothèse était bien fondée. Paolo Giovio (1483-1552), De vita Leonis decimi Pont. max. libri quatuor (Florentiæ 1549, folio), traduite par l’abbé de Pure, La Vie de Léon dixième pape écrite en latin par Paul Jove (Paris 1675, 12°) ; cette traduction sera recensée par le JS, le 10 mai 1675. Sur Giovio, voir DHC, « Jove » ; sa Vita sera une des sources du DHC, « Leon X ».

[44] Sur cet ouvrage, voir Lettre 80, n.16.

[45] Aulu-Gelle, Nuits attiques, xviii.6 : « un titre des plus alléchants ».

[46] Antoine Varillas (1620-1696), historiographe du roi de 1655 à 1662, auteur prolifique, bénéficia longtemps d’une estime particulière dans les milieux réformés, parce qu’on y attribuait les difficultés rencontrées par la publication de son Histoire de François (qui ne parut qu’en 1684, à La Haye, édition aussitôt désavouée par l’auteur) à une impartialité – tout imaginaire – à l’égard des protestants. En fait, depuis 1670, l’historien vivait d’une pension allouée par le clergé de France : voir NRL, octobre 1686, art. IX, et DHC, art. « François ».

[47] Sur le conflit de Saint-Réal avec Varillas, voir G. Dulong, L’Abbé de Saint-Réal (Paris 1922), p.90-102, et R. Pouzet, « Une carrière d’historien autour de Colbert, ou les déboires d’Antoine Varillas », in De la mort de Colbert à la révocation de l’Edit de Nantes : un monde nouveau ? Actes du colloque du CMR 17 (Marseille 1984), p.145.

[48] Le duc de Savoie « d’à présent » est Charles-Emmanuel II (1634-1675), fils de Victor-Amédée  et de Christine de France ( Madame Royale, sœur de Louis XIII) et petit-fils de Charles-Emmanuel  (1562-1630), dit le Grand, qui régna de 1580 à sa mort. Il ne semble pas que Saint-Réal ait rien publié sur ce souverain entreprenant et habile. Voir A. Mansau, Saint-Réal et l’humanisme cosmopolite (Lille-Paris 1976), p.170.

[49] Sur ce roman d’ Anne de La Roche-Guilhem, voir Lettre 80, n.18.

[50] Antoine Halley (1593 ou 1595-1675), professeur de belles-lettres et ensuite d’éloquence à l’université de Caen, avait été, comme Pierre-Daniel Huet, le maître de Moisant de Brieux et était devenu son ami. Les deux frères d’ Antoine Halley – Henry, professeur de droit à Caen, et Pierre, professeur de rhétorique à Caen et par la suite professeur du Roi ès saints décrets, et docteur-régent de la Faculté de droit à Paris – étaient poètes néo-latins, comme leur aîné. Antonii Hallæi, regii eloqentiæ professoris et musaei sylvani gymnasiarchæ, in academia Cadomensi Opuscula miscellanea (Cadomi 1675, 8°).

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