Lettre 820 : Pierre Bayle à Vincent Minutoli

A Rotterdam, le 27 d’août, 1691

Je dois réponse à deux de vos lettres [1], mon très cher Monsieur ; vous comprenez assez, sans doute, pourquoi j’ai été si long-tems sans me donner la consolation et le plaisir de m’entretenir avec vous, et vous jugez bien qu’un homme, qui a sur les bras un persécuteur tel que Mr Jurieu, dont la populace laïque, et même l’ecclésiastique, suit aveuglement la fureur, n’a pas peu d’affaires. La Cabale chimérique, dont la première édition fut bientot distribuée, de sorte qu’on en fit une seconde fort augmentée et fort corrigée ; mais qui est demeurée assez long-temps sans se vendre, à cause que M rs nos bourguemêtres défendirent à tous nos libraires le débit de tout ce qui s’imprimeroit sur notre différend ; La Cabale chimérique [2], dis-je, a excité dans ce païs de grands vacarmes : les amis de ma partie aiant dit unanimement que je n’y avois pas assez menagé un homme à qui l’Eglise a de si grandes obligations. On a publié plusieurs libelles contre le mien, tous chantans les mêmes médisances, sans nulles preuves.

Mr Jurieu ne s’est pas oublié : il a publié ses prémieres Convictions et sa derniere Conviction [3]. Ce sont deux Factums, dont le prémier regarde la cabale du Projet de paix ; le second l’ Avis aux réfugiés. Il a de plus donné au public un extrait de mes livres [4] ; je veux dire une liste de quelques propositions, qu’il en a tirées, et qu’il prétend impies, et blasphematoires ; et, outre la mauvaise-foi, et le peu de jugement, avec quoi il étâle ces propositions, il y ajoute de son cru plusieurs conséquences pernicieuses, qui n’en naissent point. Quant à moi, voici ce que j’ai fait. 1. Une petite Lettre [5] de 12 pages, sous le nom d’un ami, pour faire savoir pourquoi je ne répondois pas à tant de libelles qu’on publioit contre moi : j’allegue, entre autres raisons, que les auteurs ne se nomment pas, et qu’ils débitent impudemment des mensonges évidens, comme je le fais voir par quelques exemples. 2. Une Déclaration [6] d’une feuille, contenant une sommation à ma partie de ne donner pas le change au public ; mais, de prouver ce dont il m’a accusé : savoir l’athéisme ; lui déclarant, qu’avant cela, ou avant l’aveu qu’il s’est trompé, je ne répondrai point sur les plaintes qu’il fait, que j’ai avancé des propositions hétérodoxes, hérétiques, etc., promet[t]ant au public qu’alors je les justifierai toutes, ou serai des prémiers à en solliciter la condamnation, et la défense de débiter les livres où elles sont contenues. Je déclare aussi que je prétens attaquer l’escarmouche, je produis six propositions impies, scandaleuses, etc., tirée de ses écrits. 3. Une réponse [7] à ses deux Factums, qui est précédée d’une longue préface, où je marque en détail toutes les flétrissures, et les plaies honteuses, que le s[ieu]r Jurieu a reçuës dans ce différend. La lettre, que vous lui avez écrite, est à la fin de ma réponse à son prémier Factum [8]. Cet ouvrage, qui est composé depuis long-tems, n’est pas encore achevé d’imprimer. Il sera un peu long ; de vingt feuilles, in 12, pour le moins. Je vous en enverrai, dès qu’il sortira de dessous la presse. La lenteur des imprimeurs me fait bien de la peine. J’en enverrai aussi à notre cher et illustre ami de Lausanne [9], que je vous supplie d’assurer de mes remerciemens.

Vous pouvez garantir, que mes réponses aux Factums de ma partie convaincront de mauvaise-foi, et de calomnie, cet accusateur auprès de tous ceux qui n’agiront pas par passion. Jusques ici, nos Puissances [10], qu’il a sollicitées ardemment, en se tournant de tous côtez, n’ont fait aucun compte de ses prétendues preuves. On ne m’a rien dit, ni rien fait, de leur part. J’ai jouï de tous mes droits, et fait toutes mes fonctions, comme auparavant. Cet homme est haï comme la peste, par nos magistrats, et par tous les Hollandois presque. Il n’y a que la populace réfugiée, et les ministres du Tiers Etat, dont le nombre est vingt fois plus grand que celui des bonnes têtes, et des sçavans, qui jurent pour lui ; mais aussi, a-t-il à sa manche* ce parti-là avec une préoccupation qui va presque jusqu’à la fureur.

De tous mes amis, il n’y a que Mr de Beauval, frere de Mr Basnage, qui ait mis la main à la plume pour moi [11]. Mr Jurieu le hait pour le moins autant qu’il me hait, et le mêle dans tous ses libelles avec une mal-honnêteté tout-à-fait brutale ; et enfin, il le fait auteur avec moi de l’ Avis aux réfugiés. Mr de Beauval a donc fait une Lettre de deux feuilles et demie sur notre différend, qui le pique* finement et adroitement. Mr Jurieu, faisant une Apologie, adressée au synode, a répondu en passant à Mr de Beauval [12]. Celui-ci a sous la presse sa réplique [13], qui ne sera que d’une feuille, où il le confond pleinement, et à n’en jamais revenir, sur ce qu’il y a eu entre eux deux à demêler dans cette querelle.

Rien n’a plus gendarmé le public contre ce bourru et cet acariâtre, que les oppositions qu’il a faites en dernier lieu à la vocation de Mr Basnage pour ministre ordinaire de cette ville ; mais, en dépit de lui, et même pour le mortifier, les magistrats, et le consistoire, l’ont appellé [14], et le s[ieu]r Jurieu voiant cela, a eu l’adresse de se désister de son opposition. Après-demain, commencera le synode à Naerden [15], où on croit qu’il y aura de furieuses contestations. L’Eglise d’Amsterdam veut faire casser quelques décisions que l’on fit il y a un an dans le synode. Le magistrat d’Amsterdam le souhaite ; et comme ces décisions ont été l’ouvrage du s[ieu]r Jurieu, qui lui couta mille et mille cabales, il remuë ciel et terre, pour le maintenir. Il a fait écrire les ministres de Berlin [16] au synode, pour demander que ces décisions soient maintenues ; il a fait que ceux de Londres envoient deux députez au synode [17], pour demander la même chose ; enfin, c’est un homme, qui bouleverseroit tout ce païs, si son pouvoir étoit égal à son inquiétude, et à son ambition.

Je suis bien aise que Mr Goudet fasse imprimer quelque chose pour sa justification [18] ; il nous fera du bien à tous, et s’en fera encore plus à lui-même. Je ne trouverai pas mauvais qu’il se plaigne fortement de moi, de ce que j’ai traité son Projet de visions chimériques. Mr Turretin prêcha hier dans notre Eglise [19], et charma tout son auditoire, qui étoit excessivement nombreux.

Je vous rends mille graces, mon cher Monsieur, de la lettre favorable, que vous avez obtenuë de Mr l’envoié Valkenier à Mr le Grand Pensionnaire [20]. Pour revenir à Mr Turretin, je soupai hier avec lui, et avec Mr Dautun [21], chez Mr Basnage, où nous parlames amplement de vous, et saluames votre santé comme il faut. C’est un jeune homme de grande espérance, qui pense, et qui s’exprime tout-à-fait délicatement. Le Dictionnaire de Moréri, corrigé et augmenté par Mr Le Clerc, paroit depuis quelques jours, imprimé en ce païs [22]. On y a corrigé bien des fautes ; mais, on y en a laissé infiniment davantage à corriger. Mr Tronchin Du Breuil, qui faisoit autrefois les Lettres sur les matieres du tems, a obtenu le privilege de faire une gazette [23]. S’il etoit le seul qui eut le privilege en ce païs, il y gagneroit beaucoup. Ne vous donnez pas la peine de m’envoier des extraits de la dispute entre feu Mr Turretin et l’évêque d’Annecy, quant à ce qui regarde le droit des rois [24]. Il suffit de me marquer ce qui fut répondu touchant Junius Brutus [25].

Nos armées de Flandres sont toujours à se regarder [26] ; les François n’aiant garde de hazarder un combat, se campent toujours à l’avantage, pour n’y être pas forcés. On mettra dix ou douze mille hommes en garnison à Bruxelles cet hiver, pour couvrir la frontiere des courses de l’ennemi. Mr de Castanaga [27] continuë, dit-on, dans le dessein de forcer les lignes des Français.

A Dieu, mon très cher Monsieur, je suis tout à vous.

Notes :

[1] Ces deux lettres de Minutoli sont perdues : aucune de ses lettres de l’année 1691 ne nous est parvenue. Beaucoup de lettres de Bayle de cette période sont également perdues. La dernière lettre que nous connaissions de son échange avec Minutoli date du 26 mars 1691 (Lettre 794).

[2] Sur La Cabale chimérique et sur les écrits suscités par cette polémique, voir Lettres 797, n.5, 808, n.7, 814, n.12, et 818, n.7.

[3] Sur ces nouvelles attaques de Jurieu, voir Lettres 783, n.5, 802, n.5, 818, n.6.

[4] Jurieu, Courte revûë des maximes de morale et des principes de religion de l’auteur des « Pensées diverses [...] » et de la « Critique générale [...] » : voir Lettre 814, n.12.

[5] Bayle, Lettre sur les petits livres publiés contre la « Cabale chimérique » : voir Lettre 808, n.7.

[6] Bayle, Déclaration [...] touchant un petit écrit qui vient de paroître sous le titre de « Courte revûë » : voir Lettre 818, n.15.

[7] Bayle, La Chimere de la cabale : voir Lettres 808, n.7, et 818, n.7.

[8] La lettre de Minutoli à Jurieu du 29 mai 1691 (Lettre 802) : La Chimère de la cabale, I re partie, art. VII, in fine ( OD, ii.764b-766a).

[9] David Constant, professeur à l’Académie de Lausanne.

[10] « nos Puissances », le conseil municipal ( vroedschap) de Rotterdam.

[11] Nous connaissons trois lettres de Basnage de Beauval pour la défense de Bayle contre Jurieu : Lettre à Messieurs les ministres et anciens qui composent le synode assemblé à Leyden le 2 de may 1691 (s.l.n.d., 12° : voir Des Maizeaux, Vie, p.LVI) ; Copie d’une lettre écrite à M. S*** touchant l’auteur des « Remarques générales sur la “Cabale chimérique” » (s.l.n.d. [juillet-août 1691], 12°), et Lettre sur les différens de M. Jurieu et de M. Bayle (s.l.n.d. [août 1691], 12°).

[12] Jurieu, Apologie du s[ieu]r Jurieu, pasteur et professeur en théologie, adressée aux pasteurs et conducteurs des Eglises wallonnes des Pays-Bas (La Haye 1691, 4° ; édition fac-similé dans Bayle, OD, v-2, p.437-464).

[13] Nous n’avons su localiser cette Réponse d’une page de Basnage de Beauval, qu’il ne faut pas confondre avec sa Réponse à une apologie de M. Jurieu (s.l. [1694], 12°), qui, elle, de trente-quatre pages sur deux colonnes, répondait à un autre écrit plus tardif de Jurieu intitulé : Apologie pour les synodes et pour plusieurs honnêtes gens déchirez dans la dernière satyre du s[ieu]r de Beauval, intitulée « Considérations sur deux sermons, etc. où l’on traite incidemment de cette question curieuse, s’il faut haïr M. Jurieu. A l’apologie sont ajoutées les preuves que le s[ieu]r de Beauval est complice de l’auteur de l’« Avis aux refugiez » ; pour servir, avec les « Nouvelles et dernières convictions », de troisième partie au procès (Rotterdam 1694, 4°).

[14] Jacques Basnage fut déclaré pasteur ordinaire après délibération du consistoire datée du 16 août 1691, confirmée par le synode de Naarden du 29 août 1691 (annoncé par Bayle quelques lignes plus loin) : voir H. Bost, Actes du consistoire de l’Eglise wallonne de Rotterdam, p.121-122, et son commentaire, p.14 : « Quant à ses relations avec Jacques Basnage, qui se trouve être son beau-frère et l’ami de Bayle, on est fondé à penser que les formulations laconiques ou neutres des actes du consistoire atténuent considérablement la rudesse de leurs échanges. Jurieu se défie de Basnage “pour les raisons que tout le monde sait” (10 août 1692) : cette formulation peut renvoyer à leur contentieux familial [autour du premier enfant de Basnage et de Suzanne Du Moulin], mais aussi au fait que leur mésentente est de notoriété publique. »

[15] Au cours du synode wallon de Leyde (mai 1691), Jurieu avait été requis de faire examiner ses ouvrages (art. xix). Il faut préciser que, juste avant la tenue du synode, Basnage de Beauval avait publié anonymement – peut-être avec l’aide de son cousin Samuel Basnage de Flottemanville et d’ Elie Saurin – un assez long réquisitoire contre la théologie de Jurieu sous le titre A MM. les ministres et anciens qui composent le synode assemblé à Leyde le 2 de mai 1691 : voir Bayle, OD, v-2, p.347-356. Le débat rebondit à Naarden où certaines Eglises parlèrent de « quelques propositions qui paroissent être contraires à la saine doctrine et qui ont besoin d’explications ». Jurieu dut s’engager à donner toutes les explications attendues au cours du prochain synode. Synode wallon de Naerden, art. xxii : Livre synodal contenant les articles résolus dans les synodes des Eglises wallonnes des Provinces-Unies du Païs-Bas, t.II.

[16] Les articles du synode de Naarden ne mentionnent pas de lettres de ministres de Berlin.

[17] Voir le témoignage de Jean-Alphonse Turrettini sur la présence de deux ministres de Londres au synode de Naarden, ci-dessous, n.18. Les articles du synode de Naarden n’indiquent pas la présence des députés venus de Londres. Cependant, Bayle sait que Jurieu en avait sollicité l’appui avant la tenue du synode d’Amsterdam en 1690. Par l’intermédiaire d’ Isaac Dubourdieu, il avait obtenu que trente-quatre pasteurs français réfugiés à Londres écrivent une lettre apparemment spontanée où ils adjuraient le synode de veiller au risque d’infiltrations « sociniennes ». Voir E. Labrousse, « Introduction historique », dans Bayle, OD, v-1, p.xxx.

[18] Goudet avait l’intention de faire imprimer à Lausanne les Huit entretiens contenant son projet de paix en Europe ; nous ne connaissons pas d’écrit justificatif de sa part.

[19] Jean-Alphone Turrettini (1671-1737), arrivé de La Haye au cours de sa peregrinatio academica, prêcha le dimanche 26 août 1691 « en remplacement de Pierre Du Bosc. Il a tâché de s’en faire dispenser, d’autant plus que c’est contraire au règlement, mais Du Bosc n’a rien voulu entendre. Jurieu n’y assistera pas puisqu’il part le lendemain pour le synode qui aura lieu à Naarden et au cours duquel on parlera de beaucoup de choses ; Dieu veuille que tout se passe dans la paix mais le climat est houleux. En effet, les magistrats veulent la révocation d’un article dressé lors du synode d’Amsterdam de l’année dernière mais, du côté ecclésiastique, on ne veut pas céder. Jurieu, qui veut le maintien de l’article, a fait venir deux ministres d’Angleterre pour montrer que les Eglises d’outre-Manche approuvent la conduite de celles de Hollande » (Jean-Alphonse Turrettini à Bénédict II Turrettini du 23 août 1691 (Lettre 291), résumée par M.-C. Pitassi, Inventaire, i.204-205). Dans sa réponse du 28 août 1691 (Lettre 293), Bénédict II Turrettini fait allusion aux « querelles scandaleuses » de Rotterdam ( ibid., p.206), et Jean-Alphone Turrettini précise, dans sa réplique du 30 août (Lettre 295), que « Jurieu, parti pour le synode, n’a pas assisté au culte mais que Du Bosc s’y est fait porter. Ils ont été le soir régalés par Jacques Basnage » ( ibid., p.207). Voir aussi ci-dessous, n.21.

[20] Petrus Valckenier (1641-1712), diplomate, fut l’envoyé extraordinaire des Provinces-Unies en Suisse entre 1690 et 1704 : voir Lettre 769, n.17. Le Grand Pensionaire de Hollande entre 1689 et 1720 fut Anthonie Heinsius (1641-1720) ; sur lui, voir J.A.F. de Jongste et A.J. Veenendaal jr. (dir.), Anthonie Heinsius and the Dutch Republic, 1688-1720. Politics, war, and finance (The Hague 2002).

[21] Jacques Basnage avait donc invité Bayle à dîner avec Jean Alphonse Turretini et Jean Antoine Dautun (1645-après 1719) : voir ci-dessus, n.19. Voir aussi Jacques Basnage, Corrispondenza da Rotterdam, 1685-1709, éd. M. Silvera (Amsterdam, Maarssen 2000), p.76, n.5 ; F.R.J. Knetsch, Pierre Jurieu. Theoloog en politikus der Refuge (Kampen, 1967), p.321-322 ; G. Cerny, Theology, Politics and Letters at the Crossroads of European Civilization. Jacques Basnage and the Baylean Huguenot Refugees in the Dutch Republic (Dordrecht, 1987), p.102-109. Dans sa lettre du 30 août 1691 (Lettre 295), Turrettini précise que Jean-Antoine Dautun avait lui aussi prêché à Rotterdam à la place de Jacques Basnage, et que, lors de leur séjour à Rotterdam, ces deux amis avaient été hébergés, avec Samuel Ravier (1666-1693), Genevois, beau-frère de François Poullain de La Barre, dans une pension tenue par de « braves gens » dont « la table est bonne » (M.-C. Pitassi, Inventaire, i.207-208). La carrière de Jean-Antoine Dautun fut très mouvementé : originaire de Portes (Gard), il fut inscrit à l’Académie de Genève en 1666. Successivement pasteur de plusieurs Eglises du sud-est de la France (Aigremont, Saint-Julien d’Arpaon, Saint-Privat-de-Vallongue) de 1671 à 1683, il se réfugia à Genève en novembre 1683 et fut condamné par défaut à la potence par le Présidial de Nîmes en juillet 1684 en raison de son adhésion au projet de Brousson. En 1686, il fut précepteur à Wangen chez le bailli Beat Fischer. En mai 1689, il fut de retour à Genève, où il remplaça le régent de première. M.-C. Pitassi conteste l’affirmation de Stelling-Michaud concernant ses prédications en France à cette époque. Il rejoignit Jean-Alphonse Turrettini au cours de sa peregrinatio academica en passant par Berne en 1691. Il voyagea aux Pays-Bas en 1692, comme en témoigne la présente lettre, puis il partit pour l’Allemagne, où il fut pasteur de l’Eglise réformée française à Hambourg (1692-1693), puis à Francfort-sur-le-Main à partir de 1693 jusqu’à sa mort (en juillet 1719, il était encore vivant mais très malade). Voir M.-C. Pitassi, « Les amours de jeunesse : échos cartésiens dans la correspondance du théologien Jean-Alphonse Turrettini (1671-1737) », Rivista di filosofia neo-scolastica, 93 (2001), p.191-207 ; C.-F. d’Iberville, Correspondance 1688-1690, éd. L. Vial-Bergon (Genève 2003), i.216, 221 ; Pitassi, Inventaire Turrettini, vi.66-67.

[22] Louis Moréri, Le Grand Dictionnaire historique, ou le mélange curieux de l’histoire sacrée et profane, [...] sixième édition reveue et augmentée [par Jean Leclerc] (Amsterdam 1691, folio, 4 vol.).

[23] Jean Tronchin Dubreuil (1641-1721), d’origine genevoise, marié à Balk (West-Frise) vers 1684, était devenu membre de l’Eglise wallonne d’Amsterdam le 23 juillet 1690. Entre février 1688 et décembre 1690, à l’occasion de la Glorieuse Révolution, il publia des Lettres sur les matières du temps, d’un ton très critique à l’égard de la politique religieuse de Louis XIV. Comme Bayle l’indique dans la présente lettre, Tronchin Du Breuil fut le fondateur de la seconde Gazette d’Amsterdam, qui parut à partir du mois d’août 1691 avec privilège d’Amsterdam et de West-Frise. Voir JS, éd. de Hollande, décembre 1721, p.689-696 (art. de H. Limiers), et Dictionnaire des journalistes, s.v. (art. de J. Sgard).

[24] Dans son article du DHC consacré à François Turrettini, remarque B, Bayle mentionne sa Réponse à un écrit que le chanoine d’Aneci avoit publié, pour rendre odieux les protestans, entre autres choses sur la doctrine de l’obéïssance des sujets à leurs princes legitimes : c’est bien l’ouvrage qui est désigné dans la présente lettre, mais nous n’avons su le localiser ni, par conséquent, en déterminer l’adresse bibliographique exacte. On trouve quelques allusions à cette dispute dans la Correspondance de Jean Daillé fils, ministre à Charenton (1628-1690), éd. J.L. Tulot (blog personnel).

[25] L’attribution des Vindiciæ contra tyrannos et l’identité de « Junius Brutus » demeurent des préoccupations constantes de Bayle, qui prépare sa Dissertation sur Junius Brutus pour le Projet et fragmens d’un dictionnaire critique : voir Lettre 730, n.7.

[26] Voir dans la Gazette, les ordinaires n° 33, nouvelle du camp de Florennes du 24 juillet, n° 36, nouvelle du camp de Graben du 4 août 1691, n° 35, nouvelle de Paris du 11 août, et n° 36, nouvelle du camp de Chambéry du 10 août 1691.

[27] Don Francisco Antonio de Agurto y Salcedo (1640-1702), premier marquis de Gastañaga, gouverneur des Pays-Bas autrichiens entre 1685-1691. A la demande de Guillaume III, il fut remplacé par Maximilien Emmanuel II de Wittelsbach (1662-1726), électeur de Bavière et un meilleur soldat (il était l’époux d’une nièce du roi d’Espagne). Voir J.M. Stapleton, « The dual monarchy in practice : Anglo-Dutch alliance and war in the Spanish Netherlands, 1689-1797 », in E. Mijers et D. Onnekink (dir.), Redefining William III. The impact of the King-Stadholder in international context (Aldershot 2007), p.69-90.

Accueil du site| Contact | Plan du site | Se connecter | Mentions légales | Statistiques | visites : 141997

Institut Cl. Logeon