Lettre 863 : Pierre Bayle à Claude Nicaise

A Rotterdam le 21 avril 1692

Le commencement de votre lettre du 11 de ce mois, Monsieur me fait juger que j’en dois attendre une precedente qui ne m’a pas eté encore renduë, car depuis celle que Mr de Witt me donna, et à laquelle ma derniere servoit de reponse je n’ai eu le bonheur de recevoir que celle que notre bon ami Mr de Larroque m’a fait tenir [1]. Je m’informe de toutes parts si l’autre est venuë ou sous le couvert de Mr de Witt ou sous celui de Mr Cuper, car on aprend tant de choses curieuses par vos lettres Monsieur, et elles sont un magazin si bien fourni des nouveautez literaires, qu’un homme avide autant que je le suis de ces sortes de mets, ne souffre que tres impatiemment d’en perdre quelcun.

Mr Leers n’a point recu encore le livre de la tolerance de Mr Pellisson que tout le monde a ici beaucoup d’impatience de lire [2]. On conjecture qu’il roule sur la meme difficulté que la derniere partie du 6 eAvertissement de Mr de Meaux [3], laquelle Mr Leers vient de recevoir c’est à dire sur ce que le principe de l’examen admis par les protestans les entraine à la tolerance de toutes les sortes ; on pourra accorder • cela à l’egard de la tolerance politique mais on le niera à l’egard de l’ecclesiastique et encore avons nous ici le plus grand nombre de theologiens prêt[s] à nier la premiere tolerance, Mr Jurieu ne cessant de crier que les / magistrats doivent emploier leur autorite pour delivrer un pays des heresies qui s’y introduisent [4]. Mr Choüet a eu raison de vous dire [5] que cet inquisiteur huguenot continuë à persecuter ici un grand nombre d’honnetes gens, et meme son propre beau frere Mr Basnage qui est fort en etat de se moquer de lui [6] ; il n’a pas eu moins de raison de vous mander* que Mr Le Clerc a quitté la Bibliotheque universelle [7]. Car il y a plus d’un an qu’il s’en est dechargé sur les epaules d’un ministre refugié nommé Bernard [8] ; la guerre a tellement diminué le debit de ces sortes de livres que le libraire ne continuë la Bibliotheque que dans l’esperance d’un meilleur tems, et en attendant il reduit chaque quartier* à tres peu de feuilles, pour ne payer à l’auteur qu’une somme bien mediocre. Le dernier quartier nous aprend dans une preface, que l’ancien associé de Mr Le Clerc nommé La Croze fait un Journal de scavans à Londres en anglois, [et] il a maltraité Mr Le Clerc et le continuateur present de la Bibliotheque, insinuant qu’ils affectent de faire valoir les livres ou les raisons des heretiques et des libertins [9]. Je n’avois point oui parler encore des Dialogues publiez contre Mr Baillet [10] je souhaitte (et je suis seur du succez de mon souhait) qu’il triomphe de ses adversaires mal endurans, qui ne peuvent lui pardonner la franchise genereuse avec laquelle il a fait conoitre les mechans cotés de quelques gens. Je ne savois point non plus que Mr Du Hamel eut publié quelque chose contre Mr Regis [11]. J’enrage que vos Sirenes ne soient point encore ici [12].

Il court ici quelques pieces contre les jesuïtes, comme l’histoire de l’etablissement de deux chaires / de theologie à Marseille qu’ils ont obtenu[es] par filouterie au prejudice des Peres de l’oratoire, avec la maniere dont le philosophisme y a eté enseigné et retracté [13]. Les autres pieces concernent le desordre qu’a causé à Doüai l’intrigue du faux Arnaud [14]. On a enfin relegué dans diverses provinces de France les professeurs qui avoient donné dans ce panneau. Vous avez lu sans doutte Monsieur les plaintes que Mr Arnauld a publiées sur ce sujet adressées à Mr l’eveque d’Arras. On vient de publier les lettres memes du fourbe avec des remarques, et une reponse à un ecrit publié par les jesuites premierement en Flandres, puis à Paris retouché par le P[ère] Tellier et puis encore au Pays-Bas sous le titre de Secrets du parti de Mr Arnaud decouverts [15]. On voudroit persuader que le P[ère] Tellier a eté le principal promoteur de cette filouterie : ces memes pieces contiennent une tirade contre le P[ère] Bouhours sur ce qu’il s’est plaint dans un discours fait à des religieuses que les jansenistes etoient les auteurs de la calomnie qui couroit contre lui [16] ; et cette tirade est bien poussée sans rien decider contre lui. On voit à la fin des extraits du cours de philosophie qu’enseigne presentement à Rome le P[ère] Senapa jesuite [17], où apres avoir etabli que l’art sophistique est une vertu intellectuelle, il se fait une objection que l’art de filouter et de blasphemer le sont aussi ; et il l’avouë ; sur quoi il est un peu berné dans les ecrits dont je vous parle. Je parle à Mr de Larroque [18] d’un autre petit ecrit contre Mr Arnaud [19]. Adieu Monsieur je suis avec toute sorte de respect tout à vous

A Monsieur / Monsieur l’abbé Nicaize / A Paris

Notes :

[1] Aucune des lettres de Nicaise à Bayle de cette époque ne nous est parvenue.

[2] Paul Pellisson-Fontanier avait publié l’année précédente la quatrième partie de ses Réflexions sur les différends de religion (Paris 1691, 12°) ; il s’agit ici très probablement de la nouvelle édition de cet ouvrage sous le titre De la tolérance des religions, lettres de M. Leibnitz et réponses de M. Pellisson ; ou quatrième partie des « réflexions sur les différens de religion (Paris 1692, 12°), dont un compte rendu devait paraître dans le JS du 5 et du 12 mai 1692. Jacques Basnage reçut ce dernier ouvrage quelques mois plus tard, envoyé par l’auteur. Il lui répondit par une réflexion intéressante sur « l’examen particulier » où il se montre en parfait accord avec Bayle le journaliste qui avait publié autrefois les comptes rendus des ouvrages de Jean Claude et de Nicole ( NRL, novembre 1684, art. 1) et qui devait revenir sur cette question dans le DHC, art. « Nicolle (Pierre) », rem. C, et « Pellisson (Paul) », rem. D : « Pour l’examen particulier je trouve que dans chaque party on prend plaisir à se faire des difficultés et à se lancer mutuellement des traits qui percent l’ennemy, sans prendre garde qu’on reçoit à mesme temps la mesme playe ; car enfin quelque éblouissantes que soient les objections de l’Eglise romaine contre notre examen, ou de discussion ou d’attention, comme parlent nos théologiens, il faut avouer de bonne foy que je puis faire les mesmes arguments contre vous, car afin que j’entre dans la veritable Eglise il faut que je la connaisse, afin de la connoitre il faut necessairement tomber dans l’une de ces deux extremités, de dire que l’Eglise est aussi sensible que le soleil dont la lumiere eclatante ne permet pas qu’aucun homme doute de son existence et de sa verité, ou s’il y a quelque petite difficulté à la connoitre[,] faites cette difficulté si legere composée d’un si petit nombre d’articles que vous plaira ; il faudra que j’examine cette difficulté et vous reverrés malgré que vous en ayés à l’examen et à toutes les difficultés qui en sortent. Je ne vous demande, Monsieur, que cette seule question qui se formera infailliblement dans l’esprit d’un maure ou d’un juif, s’il y a une Eglise à laquelle il faut se joindre pour estre sauvé ou quelle est cette Eglise entre les bras de laquelle il faut se jetter. Vous luy prouverés cela par l’Ecriture ou par la tradition, vous ne luy prouverés pas par l’autorité de son curé, car il n’en a point encore, et si vous appellés l’Ecriture à votre secours pour lui montrer les promesses eclatantes que J[esus] Christ a faites à cette Eglise et les caracteres par lesquels il la faut connoitre et enfin la necessité qu’il y a de s’y joindre pour estre sauvé, il faudra necessairement qu’il lise cette Ecriture, qu’il voye si dans les passages que vous luy cités l’original s’ac[c]orde avec la version etc. Les difficultés seront bien plus etendues à l’egard de la tradition. Ainsi, Monsieur, j’avoue que je ne voy point de bonne foy dans cette dispute. Il faudroit se sentir prêt à repondre à tout ce qu’un juif ou un payen ou un reformé peut objecter là dessus, avant que de faire des objections. Mais ce n’est pas là le genie de nostre siecle, ny mesme des controverses : pourveu qu’on embarrasse son ennemy on est content et l’on croit avoir triomphé. Il importe peu si nos maximes tendent à prouver qu’il ne peut y avoir de chrétien au monde et qu’ainsy la religion chretienne soit fletrie par les divisions de ceux qui la professent, pour veu qu’on af[f]oiblisse l’ennemy qui nous presse de plus près. » (J. Basnage, Corrispondenza da Rotterdam, 1685-1709, éd. M. Silvera (Amsterdam, Maarssen 2000), Lettre XXII du 25 août 1692, p.77-78.

[3] Bossuet, L’Antiquité éclaircie sur l’immutabilité de l’Estre divin et sur l’égalité des trois personnes. L’état présent de la controverse de la religion protestante, contre la 6 e, 7 e et 8 e lettre du « Tableau [du socinianisme] » de M. Jurieu. Sixième et dernier avertissement (Paris 1691, 4°).

[4] Bayle souligne l’incohérence des positions successives de Jurieu sur le rôle du bras séculier à l’égard de la tolérance des Eglises et des croyances. Son dernier pamphlet, Janua cœlorum reserata cunctis religionibus (1692) venait précisément de démontrer que la doctrine de Jurieu ouvrait le ciel à toutes les croyances.

[5] Dans une de ses lettres perdues, Nicaise avait dû faire état d’une observation de Jean-Robert Chouet – qui faisait partie de son réseau de correspondance – sur les batailles théologiques et politiques de Rotterdam.

[6] Sur les frictions entre Jacques Basnage et Jurieu, voir Lettre 802, n.9 ; sur les intervention de Basnage de Beauval dans la querelle entre Jurieu et Bayle, voir Lettres 745, n.6, 781, n.6, 813, n.1. Ces tractations sont enregistrées dans les Actes du consistoire : « Dudit jour 9 mars 1692. – Monsieur Jurieu ayant representé à la compagnie qu’attendu l’aproche du synode il souhaittoit de poursuivre sans autre delay l’affaire qu’il a avec Mr Bayle devant cette compagnie, mais que comme Mr Basnage se trouvoit absent, il la prioit de se vouloir rassembler extraordinairement cet aprés midy après la seconde action, à quoy la compagnie a donné les mains. » « Du susdit jour après midy. – En consequence de l’acte precedent, Monsieur Jurieu a allegué plusieurs raisons à la compagnie extraordinairement assemblée par lesquelles il soutient que Monsieur Basnage ne doit point estre receu dans la distinction qu’il a faitte dans sa recusation, et Monsieur Basnage ayant advancé plusieurs raisons contraires et donné un memoire dans lequel elles sont en partie contenues, la compagnie a remis la decision de cette question à dimanche prochain et a fait demander à Mr Jurieu ses raisons par escrit. » « Du 16 mars 1692. – Sur la resumption de l’acte precedent, Monsieur Jurieu a dit qu’il n’avoit pas trouvé necessaire de mettre ses raisons par escrit et il a persisté à soutenir que Monsieur Basnage ne devoit pas être receu dans sa distinction. Monsieur Basnage a aussy perseveré à dire le contraire. Puis aprés Monsieur Jurieu a dit qu’il n’estoit plus question de cette disputte puisqu’il demandoit à la compagnie de renvoyer l’affaire qu’il a avec Mr Bayle au synode prochain, et pour cet effet il la prie de vouloir bien deliberer là dessus dimanche prochain. Sur quoy la compagnie a resolu de deliberer sur cette affaire dimanche prochain et elle a deputé M rs Vandoorn, ancien, et Ferrand, diacre, pour donner cognoissance à Monsieur Bayle des demandes de monsieur Jurieu. Aprés cela Monsieur Pielat, president, a declaré à la compagnie que pour plus prompte expedition, il souhaittoit qu’elle s’assemblast extraordinairement mecredy prochain. Sur quoy la compagnie a pe[rsisté] dans la resolution de ne s’assembler que dimanche prochain. » « Du 13 avril 1692 après-midy. – Monsieur Basnage, voyant que la compagnie aloit faire la resumption du dernier acte, s’est levé de sa place pour sortir, sur quoy la compagnie ayant opiné elle luy a permis d’estre present à la ditte resumption. »

[7] La BUH paraissait depuis janvier 1686, rédigée par Jean Le Clerc avec différents collaborateurs : sucessivement, Jean Cornand de La Crose, Charles Le Cène et Jacques Bernard, cousin de Le Clerc. Celui-ci venait apparemment – puisque Bayle était bien informé sur le monde de la presse – d’abandonner le périodique ; son cousin en poursuivit la rédaction jusqu’en octobre 1693. Voir Dictionnaire des journaux, s.v. (art. de H. Bots) et Dictionnaire des journalistes, art. « Le Clerc, Jean », « Bernard, Jacques », « Cornand de La Crose, Jean », par A. Juillard, et « Le Cène, Charles », par H. Bots.

[8] Jacques Bernard, qui avait autrefois logé en pension chez les Minutoli, avant de gagner les Provinces-Unies, et qui allait reprendre la rédaction des NRL en janvier 1699, voir Lettres 102, n.10, et 629, n.6.

[9] Jean Cornand de La Crose (1661-1705), né à Grenoble, fit ses études à partir de 1681 à Genève, où il a pu rencontrer Jean Le Clerc. Il fut accusé de menées séditeuses et emprisonné à Lyon le 23 juin 1681 : il semble qu’il ait été impliqué dans la rédaction ou la diffusion du pamphlet protestant intitulé Les devoirs de l’Eglise, ou les motifs de la conversion du P[ère] Sanson, récollet. Il se rendit en Hollande vers juillet 1682, ayant subi une espèce de « bannissement civil » ; en 1684, il fut nommé à Zwolle. Après la Révocation, il voyagea en Hollande et en Allemagne, puis revint à Amsterdam, où il collabora avec Le Clerc à la rédaction de la BUH. S’étant brouillé avec Le Clerc, qui résume leur querelle dans la préface de la BUH, t. XXI, 2 e partie, Cornand de La Crose gagna Londres au début de l’année 1689 et entra comme diacre dans l’Eglise anglicane. Il lança plusieurs périodiques anglais : The Universal Historical Bibliothèque (janvier-mars 1687), qui emprunte ses articles à différentes périodiques euroopéens ; The History of learning (Londres, juillet 1691-février 1692), qui publie des comptes rendus d’ouvrages récents ; The Works of the learned (Londres, août 1691-avril 1692), périodique savant que Le Clerc regarde comme un rival direct de la BUH – c’est sans doute le journal évoqué par Bayle dans la présente lettre ; Memoirs for the ingenious (Londres, janvier-décembre 1693) ; Memoirs for the ingenious, or the Universal Mercury, janvier 1694) ; History of the works of the learned, janvier 1699-décembre 1711), le principal journal littéraire sous le règne de la reine Anne. Voir R.P. Bond, Studies in the early English periodicals (University of North Carolina 1957), et Dictionnaire des journalistes, s.v. (art. d’A. Juillard).

[10] Bayle connaissait déjà l’ Anti-Baillet de Ménage (1688) et l’ Asinus in Parnasso de Jean Commire (1689) : voir Lettres 621, n.4, et 726, n.12. Il s’agit ici sans doute des publications du jésuite Antoine Boschet (1642-1699), Réflexions sur les « Jugemens des savants », envoyées à l’auteur par un académicien (La Haye 1691, 12°) et Réflexions d’un académicien sur le « Vie de M. Des Cartes », envoyées à un de ses amis en Hollande (La Haye 1692, 12°).

[11] Jean-Baptiste Du Hamel (1623-1706), né à Vire en Normandie, après des études à Caen, entra à l’Oratoire et devint professeur au collège d’Angers en octobre 1644. En 1652, ses élèves publièrent sa Philosophia moralis christiana (1652), et son succès lui valut d’être appelé à la maison mère de l’Oratoire, rue Saint-Honoré à Paris. En 1653, cependant, il accepta la cure de Neuilly-sur-Marne, près du Raincy, et s’éloigna de l’Oratoire. En 1656, il devint aumônier du roi. Il publia en 1660 deux ouvrages scientifiques remarqués : Astronomica physica et De meteoris et fossilibus libri duo. En 1663, sa nomination comme chancelier de l’Eglise de Bayeux lui laissa plus de temps pour ses études de philosophie et des sciences : il publia cette année-là De consensu veteris et novæ philosophiæ, où il tente de concilier l’ancienne philosophie et la philosophie moderne, Platon, Aristote, Epicure et Descartes, et il fut dès lors regardé comme un médiateur entre les partisans et les adversaires de la philosophie péripatéticienne. En 1663 ou 1664, il fut appelé par Colbert pour faire partie de son entourage, et le ministre le nomma secrétaire de l’Académie des sciences dès sa création en 1666. Il garda cette position jusqu’en 1697. Son ouvrage célèbre, Philosophia vetus et nova ad usum scholæ accommodata, in regia Burgundia pertractata (Parisiis 1678, 12°, 4 vol.), reprend l’essentiel du cours donné par Du Hamel à Jacques-Nicolas Colbert, fils du ministre, étudiant au collège de Bourgogne et futur archevêque de Rouen. En 1682, il fut nommé professeur de philosophie grecque et latine au Collège royal. Il consacra ses dernières années à des ouvrages théologiques, dont les Institutiones biblicæ (Parisiis 1698, 12°). Pierre-Sylvain Regis avait publié son Système de philosophie, contenant la logique, la métaphysique, la physique et la morale (Paris 1690, 4°, 3 vol.) et Du Hamel avait lancé des Réflexions critiques sur le système cartésien de la philosophie de Mr. Regis (Paris, 1692, 12°), dont un compte rendu devait paraître dans le JS du 5 mai 1692 ; Bayle ne connaissait apparemment pas cet ouvrage, en effet très rare, mais Nicaise avait sans doute annoncé la publication de la réponse de Regis, Réponse aux « Réflexions critiques de M. Du Hamel sur le système cartésien de la philosophie de M. Regis » (Paris 1692, 12°), qui devait être recensée dans le JS du 24 novembre 1692 ; Du Hamel devait répliquer par une Lettre de Monsieur Du Hamel, ancien professeur de philosophie de l’Université de Paris, pour servir de réplique à Monsieur Regis (Paris 1692, 12°). Leibniz, qui était également en correspondance avec Nicaise, fait allusion à la publication de la critique de Regis par Du Hamel au mois de septembre 1692, et Basnage lui indique la réponse de Regis le mois suivant : Leibniz, Philosophische Schriften, iii.85, 88. Voir Dictionary of seventeenth-century French philosophers, art. « Du Hamel, Jean-Baptiste », par J. Lesaulnier, et « Regis, Pierre-Sylvain », par S. Charles.

[12] Claude Nicaise, Les Sirènes, ou discours sur leur forme et figure (Paris 1691, 4°) : voir Lettre 830, n.2.

[13] Le Philosophisme des jésuites de Marseille, contenant les intrigues qu’ils ont employées pour y faire fonder trois chaires de théologie, et comment le philosophisme y a été introduit dès le mois suivant, etc. (Avignon 1692, 12°).

[14] Sur Antoine Arnauld et l’affaire de Douai, voir Lettre 827, n.21.

[15] On attribue à Honoré Tournély (1658-1729), professeur de théologie à Douai en 1688 et à la Sorbonne entre 1692 et 1716, l’ouvrage en question : Secrets du parti de Mr Arnauld, découverts depuis peu (s.l. 1691, 12°), un pamphlet de 88 pages qui connut plusieurs éditions ; la troisième, qui date également de 1691, comporte également un « Avertissement touchant les plaintes de Mr Arnauld ».

[16] Bayle avait déjà fait allusion aux malheurs du Père Bouhours : voir Lettre 855, n.18.

[17] Le nom est difficile à déchiffrer, mais il s’agit certainement du Père jésuite Senapa, dont les écrits avaient servi à fabriquer et à justifier les lettres de la « fourberie de Douai » (voir Lettre 827, n.21). Sébastien-Joseph Du Cambout de Pontchâteau se demande dans La Morale des jésuites. De la calomnie ; ou instruction du procès etre les jésuites et leurs adversaires sur la matière de la calomnie (2 e éd. s.l. 1716, 12°) : « Mais quel est, mes Peres, le grand moyen qui vous rend d’une part si redoutables, et qui de l’autre vous fait avoir tant de credit après des princes ? Si on y prend garde on trouvera, que c’est cet art de tromper, de fourber, de calomnier que votre professeur* du collège romain a mis au nombre des vertus intellectuelles. » Et en note, il est indiqué : « *Le P[ère] Senapa. Voyez dans le Recueil des écrits / sur la fourberie de Douai celui qui a pour titre Remarques sur la lettre du P[ère] de Waudripont, pag[e] 80. On y donne des extraits du P[ère] Senapa. » (p.282-283). Le même texte est publié dans les Œuvres d’ Antoine Arnauld, xxxv.192. Voir aussi E. Jacques, Les années d’exil d’Antoine Arnauld (1679-1694) (Louvain 1976), ch. XLII, p.567-598, où il donne (p.587) la liste des écrits publiés dans le recueil signalé par Pontchâteau, dont le titre exact est : Le Faux Arnauld ou recueil de tous les écrits publiez contre la fourberie de Douay, avec le libelle diffamatoire du Faux-Arnauld [...] et tout ce que l’on a pu recouvrer de ses lettres (s.l. 1693, 4°) ; sur la fourberie de Douai, voir aussi G. Dehon, L’Université de Douai dans la tourmente (1635-1765). Heurs et malheurs de la Faculté des Arts (Lille 1998), p.51-73.

[18] Les lettres de Bayle à Larroque sont presque toutes perdues : nous n’en connaissons que deux, celles du 11 juin 1693 et du 13 août 1694. Il est intéressant de voir que Larroque est en relations assez suivies avec l’ abbé Nicaise à Paris.

[19] Nous ne saurions identifier l’ouvrage hostile à Antoine Arnauld auquel Bayle fait ici allusion, puisque ses ennemis et ses adversaires étaient très nombreux : plusieurs autres pamphlets furent publiés concernant l’affaire de la « fourberie de Douai » : Lettre à M. Arnauld sur les plaintes adressées à Mgr l’évêque d’Arras et aux RR. PP. jésuites touchant l’affaire de Douay (s.l. 1691, 12°) et Les illusions de l’écrit intitulé « Relation sommaire de ce qui s’est passé dans l’affaire de quelques théologiens de Douay » (s.l. 1691, 12°). Puisque Bayle avait évoqué les malheurs du Père Bouhours, il se peut également qu’il s’agisse d’un ouvrage publié par ce Père jésuite dans le cadre de la querelle sur le « péché philosophique » : Sentimens des jésuites touchant le péché philosophique. Première [-troisième] lettre (Paris 1690, 12°).

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