Lettre 882 : Pierre Bayle à Vincent Minutoli

A Rotterdam, le 28 d’aout, 1692

Je n’avois pas ouï dire, mon cher Monsieur, que Mr Goudet [1] eut été malade. Je ne l’ai su que par la lettre où vous m’apprenez que le bon air de votre maison de campagne, ou de votre champet*, que j’appellerois Tusculanum ou Laurentinum, si j’étois poëte, a fort contribué à le remettre. Je lui souhaite une parfaite santé.

Les pieces, que vous m’avez communiquées, / et en latin, et en françois, sur l’incendie d’une partie de la flotte de France [2], m’ont paru très ingénieuses. La matiere a été féconde ; et je croi que nos muses flamandes ne se sont pas épargnées là-dessus [3] ; mais je n’entends point leur langue. Quant à celles qui chantent en latin en ce païs-ci, elles sont réduites à un petit nombre. Je ne connois presque que celle de votre ancien ami Mr Francius, qui vient de publier un volume de harangues latines [4], et celle de Mr Broekhuisen [5].

Dieu soit loüé de ce que l’irruption, qui a suivi de près l’arrivée de Caprara [6], a dissipé le sujet et le fondement des réfléxions surquoi roulent les conférences en vers, que vous m’avez communiquées, qui sont d’une veine aisée et fort naturelle. On apprit ici la prise de Guilletre fort promptement. On ne doute point de celle d’Ambrun à l’heure qu’il est ; et, encore que les nouvelles de Turin, qui ont paru dans nos gazettes, et qui portoient que l’archevêque étoit allé lui-même porter les clefs à son Altesse Roïale de Savoie [7], n’aient pas été véritables ; et que les articles de Paris, dans les mêmes gazettes, aient dit que ce prélat, qui avoit autrefois porté les armes, les avoit reprises, pour défendre ses brebis le casque en tête et l’épée à la main [8] : ce qui apparemment est aussi fabuleux que l’autre ; on croit à présent vrai ce que l’ ordinaire* dernier de Paris aprit : savoir, que la ville s’étoit rendue par composition*. Les lettres d’Italie ont dit que toute la garnison, qui étoit d’environ quatre mille hommes, a été faite prisonniere de guerre [9] : mais on ajoute plus de foi aux lettres qui nous viennent de certaines gens de Paris, et de Lion, / qu’à celles que nos gazetiers flamans reçoivent de Milan et de Turin, qui sont toutes pleines de hableries ; si l’on n’aime mieux dire que nos gazetiers en sont eux-mêmes les inventeurs.

Mr d’Ablancourt [10] se porte assez bien. Je vous en dirois plus de nouvelles, si j’avois éxécuté le dessein que j’avois fait de lui aller montrer votre derniere lettre : mais, il m’est survenu toujours quelque obstacle, lors que je croiois partir. Certain Dictionaire critique, à quoi je me suis engagé, et qui est une mer orageuse et sans fond ni rive, m’ôte toute sorte de loisir. J’en ai fait imprimer le Projet et quelques fragmens [11], et vous en ai addressé des exemplaires ; afin, mon cher Monsieur, d’être secouru de vos avis, et de vos lumieres : j’entens des votres, et de celles de notre ami de Lausanne [12].

M rs Basnage se portent très bien. Ils sont à présent trois sur le pied d’auteur ; deux freres, et un cousin [13]. Ce dernier est une des intimes et plus anciennes connoissances de Mr Constant. Il a dessein de changer sa grande entreprise de la réfutation de Baronius, de laquelle il a déjà publié un volume in 4° [14] ; il a dessein, dis-je, de la changer, en celle d’une histoire de l’Eglise : et je croi que plus de gens profiteront du dernier travail, qui sera plus suivi, et continu, que ne seroit l’autre. Mr Basnage, / qui croioit d’abord ne faire qu’une addition à sa réponse aux Variations de Mr de Meaux [15], pour suppléer les premiers siecles, dont il n’avoit pas montré la conformité avec notre créance, est à présent dans un travail bien plus vaste, commencé à l’occasion de cette premiere vuë. Il a dessein de donner une conformité de notre doctrine avec celle de la pure Antiquité, et d’y joindre l’histoire des changemens et des altérations de l’Eglise [16] ; serrant le plus qu’il pourra l’ouvrage, afin qu’il ne soit pas d’une grosseur rebutante pour les lecteurs non lettrez.

La guerre est quasi déclarée entre ces trois Messieurs, et notre prophête dénonciateur [17], et l’on va voir un terrible remue-ménage dans huit ou dix jours au synode de Breda [18], où se doit juger l’affaire que cet homme a avec quelques ministres, qui ont dénoncé sa doctrine au synode. Les principaux sont, Mr Saurin, ministre d’Utrecht [19], et Mr Basnage de Flottemanville, ministre de Zutphen. Le synode de Ziric-Zée, peu favorable à Mr Jurieu s’est vu sous la férule de son esprit satirique ; car, il a publié une instruction à M rs les Etats Généraux, et à toutes les Eglises wallonnes [20], laquelle est une / violente satire, où ce synode est cruellement déchiré. On va voir ce que celui de Breda fera, ou pour, ou contre. La cabale de Mr Jurieu jouë de son reste*, pour le faire triompher en cette occasion ; mais, il y a lieu d’espérer que ses mesures se trouveront courtes.

Il a publié tout de nouveau un gros Factum [21] contre moi, que personne ne m’a conseillé de lire ; (et j’ai suivi ce conseil) ; où il ne fait que répéter toutes ses anciennes chicaneries, sans faire semblant de savoir qu’on les a réfutées pleinement. Il a fait, à ce qu’on m’a dit, revenir sur les rangs la cabale de Geneve et du projet de paix [22], sans avoir égard, ni à ce qu’il vous a écrit, pour vous reconnoitre innocent, ni à l’aveu que font ses plus outrez partisans, qu’il a eu tort de m’attaquer sur cela, et qu’il devoit se contenter de l’autre accusation. Il vous charge à présent, sans aucun détour, d’avoir été du complot ; et il trouve que votre lettre [23], que j’ai fait imprimer, ne fait pas plus à ma justification, que le feroit une du duc de Luxembourg, pour justifier un homme surpris à l’armée des alliés, en voulant faire sauter des magazins. On a fait si peu de cas de ce Factum, que je n’ai pas cru devoir vous donner avis de la malice enragée de ce personnage.

Quant à Mr Beddevole [24], je ne puis vous en rien dire. Nous n’avons pas de ses nouvelles, / et je ne doute pas que le combat de Steenkerke n’ait augmenté ses grandes occupations. Il est très digne, comme vous dites, d’une chaire de professeur en anatomie ; et, la mort de Mr Nuick, qui l’étoit à Leyde [25], avec une grande réputation, aiant depuis peu laissé cette place vacante, j’avois d’abord songé à indiquer Mr. Beddevole à des gens qui auroient pu agir efficacement pour lui. Mais, on m’a fait entendre que ce seroit peine perdue ; y aiant un certain Mr Bidloo, qui, outre sa capacité connuë par des livres d’anatomie, a la faveur de la Cour [26], à un tel point, qu’aiant été mis en arrêt, depuis quelque tems, pour un libelle diffamatoire, on a trouvé cent moiens de le faire sortir triomphant. On compte la charge à lui, comme s’il la tenoit déjà ; et on prétend en pouvoir / donner démonstration, politiquement parlant.

On a défendu à Londres un certain Mercure athénien, qui se débitoit toutes les semaines ; et dont les auteurs répondoient à toutes les questions qu’on leur faisoit, de quelque nature elles fussent. Ils donnérent dans un panneau, qu’il était bien facile d’éviter. On leur demanda ce que devoit et que pouvoit faire un pere, qui, aiant un fils, et deux filles, avoit été contraint par ses filles d’abandonner sa maison, et tout son bien, et aller busquer fortune ? On demandoit, si un pere, réduit à ces extrémitez pouvoit témoigner son indignation à ses filles, par telles et telles voies ? Les auteurs de ce Mercure, prenant cela pour une pure question en l’air, prise de la theorie de la morale, sans raport ni application à ce qui s’est fait à Londres en 1688 [27], répondirent tout bonnement, que l’ingratitude de ces filles, et leur ame dénaturée méritoit ceci et cela. Quand on a vu l’abus malin, qu’on pouvoit faire de l’offre de ces auteurs, de répondre à toutes sortes de doutes, ordre est venu à eux de ne plus continuer. /

Le procès de l’infame chevalier de Grandval [28] doit avoir été publié en quatre langues. Il paroit, par ses dépositions, et par celles d’un de ses complices, à qui on a pardonné, que le dessein d’attenter à la personne sacrée de Sa Majesté britannique a été machiné par Mr de Louvois ; et, après sa mort, continué sur ses mémoires, par Mr de Barbésieux [29]. On y voit mêlez Mr de Chanlais [30], et de Rébénac [31] ; mais, il n’y a pas un seul mot, qui témoigne que le roi de France en ait eu aucune connoissance. Ce chevalier fut puni à la maniere des Anglois, comme criminel de haute trahison, et son corps écartelé, etc. C’est une chose qui fait horreur, et qui sans doute fera du chagrin à la Cour de France.

Le combat du 3 de ce mois [32] a été la plus vigoureuse et la plus sanglante action, qui se soit jamais passée d’infanterie à infanterie ; et jamais deux corps du nombre où se montoient les attaquans et les attaquez n’ont perdu tant de gens en si peu d’heures. Ça été pour la France un bonheur extrême, qu’il y ait eu tant de Suisses de ce côté-là. On leur donne la principale gloire de la résistance qui obligea les alliés à se retirer ; ce qu’ils firent en très bon ordre, et après avoir fait un carnage horrible. Je ne sai si Mr Stoupe, le brigadier [33], que j’ai vu sur la liste des blessez, en réchapera. Mr le colonel Polier, dont on dit des merveilles, / et qui a été tué, étoit-il de la parenté de Mr Polier, le professeur de Lausanne [34] ?

Mais, passons aux nouvelles litéraires. Ne pourriez-vous pas, mon cher Monsieur, vous ressouvenir d’une chose que je vous ai ouï dire autrefois ; c’est que Balzac, dans ses jeunes ans, avoit écrit quelque traité anonyme, qui marquoit qu’il étoit quasi prêt à changer de religion, et à devenir, non seulement protestant ; mais aussi, bon Hollandois ? J’ai lu une de ses lettres à Chapelain, où il avouë, qu’à l’âge de dix-sept ans, étant en Hollande, il fit un discours, qu’il regarde comme un grand péché de jeunesse, et se plaint de la cruanté qu’avoit euë Daniel Heinsius de lui reprocher cette escapade [35]. Je n’ai point trouvé l’endroit où Heinsius lui fait ce reproche ; quoi que j’aie parcouru toute sa réponse à la critique de l’ Herodes infanticida [36].

J’ai parcouru tout le gros volume de la Vie de Mr Des-Cartes, par Mr Baillet [37] ; et, comme il y a beaucoup de personnalitez*, je n’ai pas été rebuté, comme tant d’autres, de la longueur. L’abrégé de cette Vie, par le même auteur [38], est déjà public à Paris. La Poëtique / d’Aristote, avec les notes de Mr Dacier, ouvrage fort estimé, vient d’être réimprimée à Amsterdam in 12 [39], par nos réfugiés de Lion, M rs Huguetan  [40], qui font rouler incessament dix ou douze presses. On verra bientot le Callimaque, que le fils de Mr Grævius avoit commencé de mettre sous la presse, et que la mort l’empêcha d’achever [41]. On ne croit pas que les notes soient d’autre main que de celle de son illustre pere, qui vouloit mettre son fils en réputation par ce tendre stratagême, comme feu Mr Claude en usoit à Charenton [42]. Mr Spanheim, le ministre d’Etat [43], a envoié quantité de belles observations, qui paroitront dans cette édition de Callimaque. Il met la Cour de Brandebourg sur un bon pied, par rapport aux Belles-Lettres, aiant inspiré à Son Altesse Electorale le desir de rendre sa bibliotheque l’une des plus belles de l’Europe, et l’aiant déjà porté à établir une belle imprimerie à Berlin [44] ; dont les prémiers essais sont beaux. Vous les avez vus, sans doute. Ce sont quelques Dissertations sur les médailles, par Mr Béger, ce me semble, avec les objections de Mr Spanheim [45].

On a publié depuis peu la Vie du duc de Parme, gouverneur des Païs-Bas [46], si chanté par Famien Strada [47], et celle du duc de Savoie Emmanuel Philibert [48], sur qui les Suisses / s’emparérent du païs de Vaux. Je croi que les auteurs de ces deux vies sont des Fran[cs]-Comtois, ou en général des Wallons. La derniere m’a paru préférable à l’autre, et elle est pleine d’application au tems présent, et dédiée à Mr le duc de Savoie d’aujourd’hui [49], qu’on félicite de sa liaison avec la Maison d’Autriche, laquelle on prend pour un gage de son futur rétablissement dans tous ses Etats, comme cela arriva a Em[m]anuel Philibert, qui les avoit tous perdus du tems de François I, et de Henri II, son fils [50]. Les sermons que les libraires de Bruxelles ont imprîmez, comme du P[ère] Bourdaloue [51], ne sont pas avouez par ce jésuïte. On ne voit plus rien de Mr Arnaud [52]. Il faut qu’il soit malade ; car, il n’y a qu’une maladie qui soit capable d’arrêter sa plume. L’envie d’écrire étoit devenue en lui une passion insurmontable.

Je vous sup[p]lie de n’oublier pas le médécin Tampisius [53], dont je vous envoiai derniérement un petit mémoire. Le ministre Bekker, qui avoit fait un livre, pour nier les opérations diaboliques a été déposé [54]. Cet écrit a donné lieu à tant d’autres, principalement en langue flamande, qu’ils coutent presque cent francs. L’Ombre du marquis de Louvois est une / satire [55], qui paroit depuis la prise de Namur ; mais, elle étoit écrite auparavant. Elle a assez de cours ; et n’est, ni tout-à-fait sans esprit, ni tout-à-fait sans coïonneries. Mr Leti vient de publier une Vie de Cromwel en 2 gros volumes in 8 [56]. Il a mis à lâ tête, sous le nom d’un ami, un grand éloge de sa personne, et de la fécondité de sa plume, sans oublier l’énumeration des livres qui lui restent à publier, vastes et nombreux.

Comme j’allois fermer cette lettre, on m’a apporté un imprimé d’une trentaine de pages in 4, à deux colonnes. L’auteur, qui se nomme, et qui nomme son imprimeur, est Mr Saurin d’Utrecht. Il justifie le synode de Ziric-Zée contre la satire du s[ieu]r Jurieu [57], et le fait d’une maniere accablante et désolante pour ce faiseur de libelles. Il le convainc de mille faussetez et de mille extravagances. Il est difficile d’écrire avec plus de bon-sens et de netteté que fait Mr Saurin.

Tout à vous, mon très cher Monsieur.

Notes :

[1] Bayle attendait toujours les « justifications » de Goudet qui devaient l’aider à s’expliquer et à s’innocenter dans l’affaire du projet de paix. Après avoir perdu beaucoup de temps, Goudet s’était apparemment déclaré malade et incapable de rédiger les justifications attendues. La lettre par laquelle Minutoli avait appris cette nouvelle à Bayle ne nous est pas parvenue.

[2] Il s’agit sans doute de la bataille de La Hougue à la fin du mois de mai 1692 : douze vaisseaux français y sombrèrent sous le feu de la flotte anglaise. Voir P. Aubrey, The Defeat of James Stuart’s armada, 1692 (Totowa (N.J.) 1979).

[3] Knuttel signale plusieurs pamphlets (d’une page) en néerlandais et d’autres partiellement en français qui célèbrent la victoire de La Hougue et se moquent de la défaite française : n° 13760 : Nader Verhael van de Victorie Op de France Vloot op den 30. May en d’aenvolgende daegen, bevoghten (The Hague 1692) ; n° 13761 : De Franse vloot verdelgt door de Vereenigde Engelse en Staatse vlooten (Leiden 1692) ; 13762 : Canailje ’t Canael Uyt (s.l. 1692) ; 13764a : Desolaten Inventaris van de Franse Wracken (s.l. 1692) ; et la traduction néerlandaise du récit de l’amiral Edward Russell, n° 13756 : Missive van den admiraal Russel aan den graave van Nottingham ; behelzende een naauwkeurig verhaal van de gelukkige victorie op de Fransche vloot bevochten (Amsterdam 1692).

[4] Petrus Francius, Orationes in unum collectæ (Amstelodami 1692, 8°).

[5] Joan van Broekhuizen (Broukhusius) (1649-1707), soldat, érudit et poète, résidant à Amsterdam : NNBW, iv.309-310.

[6] Le comte Enea Silvio Caprara (1631-1701), général des troupes allemandes, combattait aux côtés du duc de Savoie : voir Lettre 891, n.42.

[7] La défense de Guillestre se composait, dit Vauban, d’une mauvaise muraille sans fossé « ne valant pas la muraille du parc de Versailles ». Malgré une défense acharnée, la ville tomba aux mains du duc de Savoie le 31 juillet, et fut pillée durant les jours suivants. Dès le 2 août, les troupes reçurent l’ordre de marcher sur Embrun qui, bien qu’elle aussi mal défendue, parvint à résister jusqu’au 15 août. Voir P. Thomé de Maisonneufve, L’Invasion du Dauphiné en 1692 (Grenoble 1929), p.27-34 et 50-68. Il semble que Minutoli fasse allusion aux gazettes diffusées par le « réseau italien » à Genève (voir Lettre 751, n.21), mais on trouve de brefs récits de la prise de Guillestre dans la Gazette parisienne, nouvelle de Grenoble du 17 août, de la marche sur Embrun, nouvelle du camp de Presle du 18 août, et de la reddition d’Embrun, nouvelle de Grenoble du 24 août 1692. On n’y trouve pas, en revanche, la nouvelle (fausse) concernant la reddition de Turin. Sur le rôle de Vauban à cette époque dans la guerre du Dauphiné, voir A. Blanchard, Vauban (Paris 1996), p.321-328.

[8] En tant qu’archevêque d’Embrun, M gr Charles Brûlart de Genlis (1668-†1714) porte le titre de prince d’Embrun, dont il partage la propriété avec le roi de France. « Pour bien affirmer que sa démarche était faite par lui en qualité de prince temporel de la ville conquise, il avait revêtu le manteau d’écarlate, insigne de sa dignité princière, qui lui donnait le droit de traiter d’égal à égal avec l’ennemi des conditions qui allaient être imposées à la ville. […] Les divers documents qui nous relatent ce fait constatent que Victor-Amédée ne se méprit point de cette prétention, mais l’archevêque, ajoutent-ils, ne s’en excusa point et défendit énergiquement les droits des siens. » Voir P. Thomé de Maisonneufve, L’Invasion du Dauphiné en 1692, p.27-34 et 50-68.

[9] Les troupes françaises qui avaient défendu Embrun ne furent pas faites prisonnières. Elles purent sortir de la ville avec les honneurs « balle en bouche, mèches allumées et drapeaux déployés », avec un équipage de cinquante mulets et l’autorisation de se retirer vers Grenoble. P. Thomé de Maisonneufve, L’Invasion du Dauphiné en 1692, p.68.

[10] Depuis la Révocation, Jean-Jacobé de Frémont d’Ablancourt s’était exilé aux Pays-Bas : à Groningue d’abord et ensuite à La Haye. Il fut protégé par Guillaume III d’Orange et par Marie Stuart et devint pensionnaire et historiographe du prince. A cette époque, il était en correspondance avec Jean-Alphonse Turrettini : en février 1692, c’est Turrettini qui lui apprit la mort de M me de Windsor ; en juin de la même année, il salue Turrettini avant son départ en Angleterre ; en juin 1693, il recommande à Turrettini de rendre visite à différentes personnes à Paris et le tient au courant de l’affaire Halewijn : voir Pitassi, Inventaire Turrettini, n° 390, 456, 655. Bayle lui consacre la remarque D de son article « Perrot, Nicolas, sieur d’Ablancourt ». Rappelons que Minutoli était, par sa mère, petit-fils du pasteur Charles Perrot, et donc allié de la famille de Nicolas Perrot d’Ablancourt et de son neveu Jean-Jacobé Frémont d’Ablancourt.

[11] Bayle, Projet et fragments d’un dictionaire critique : voir Lettre 864. La lettre avec laquelle Bayle avait envoyé des exemplaires du Projet pour Minutoli et pour David Constant ne nous est pas parvenue.

[12] David Constant.

[13] Jacques Basnage, pasteur ordinaire de l’Eglise wallonne de Rotterdam ; Henri Basnage de Beauval, rédacteur de l’ HOS ; et leur cousin, Samuel Basnage de Flottemanville, pasteur de l’Eglise wallonne de Zutphen.

[14] Sur cet ouvrage de Samuel Basnage de Flottemanville, voir Lettres 505, n.1, et 828, n.17.

[15] Jacques Basnage avait pensé seulement donner une nouvelle édition augmentée de sa Réponse à M. l’évesque de Meaux sur sa lettre pastorale (s.l. 1686, 12°)

[16] Basnage avait déjà publié son Histoire de la religion des Eglises réformées, pour servir de response à l’« Histoire des variations des Eglises protestantes » de M. de Meaux (Rotterdam 1690, 8°, 2 vol.) ; il s’agit ici d’un grand projet qui aboutira à son Histoire de l’Eglise depuis Jésus-Christ jusqu’à présent (Rotterdam 1699, folio).

[17] Pierre Jurieu.

[18] Sur le synode de Breda, voir Lettres 875, n. 2 et 5, et 891, n. 9, 10, 11.

[19] Sur la querelle d’ Elie Saurin avec Jurieu, voir Lettre 865, n.15.

[20] Sur le nouveau pamphlet de Jurieu, Informations pour Nosseigneurs les Etats et instructions de ce qui s’est passé au synode de Zyriczée, voir Lettre 881, n.3.

[21] Jurieu, Factum selon les formes, ou disposition des preuves contre l’auteur de l’« Avis aux réfugiés », selon les regles du barreau : qui font voir que sur de telles preuves, dans les crimes capitaux, on condamne un criminel accusé (s.l. 1692, 8°). Ce Factum était gros, en effet : il comporte 195 pages numérotées avec une faute de pagination : 16 + 205 + 3 pages en tout. Par prudence, Bayle ne répondit pas à cet écrit.

[22] L’affaire du projet de paix de Goudet : voir Lettre 751, n.17.

[23] La lettre de Minutoli à Jurieu du 29 mai 1691 (Lettre 802), que Bayle avait publiée à la fin de sa Chimère de la cabale en septembre 1691 ( OD, ii.764b-766a).

[24] Sur Dominique Beddevole, voir Lettres 398, n.1, 875, n.18 ; il devait mourir peu après : voir Lettre 891, n.16.

[25] Anthony Nuck (1650-1692), professeur d’anatomie à Leyde entre 1687 et 1692 : voir NNBW, vii.914-915.

[26] Govard Bidloo (1649-1713), professeur d’anatomie à Leyde entre 1694 et 1701, puis entre 1702 et 1713. En 1701, il fut appelé à Londres pour servir de médecin personnel au roi. Bidloo avait pris fortement position en faveur de Guillaume III et avait composé une série de pamphlets et des poèmes en son honneur. Ce dramaturge fécond avait par ailleurs composé le premier opéra en néerlandais, qui fut mis en scène en 1686. Voir NNBW, viii.104-108.

[27] John Dunton publia l’ Athenian Gazette, or casuistical mercury (dont le titre fut ensuite abrégé en Athenian Mercury) de 1691 à 1696 : il a sans doute été officiellement réprimandé de sa réponse imprudente à une question familiale faussement naïve qui masquait une interprétation de la « Glorieuse Révolution ». Sur ce périodique, voir M. Conboy, Journalism : a critical history (London 2004), p.150.

[28] En 1692, Barthélemy de Linière, chevalier de Grandval, fut accusé, avec ses complices François Dumont et le Hollandais Leefdael, d’avoir voulu assassiner Guillaume III – peut-être à l’instigation de Louvois. Dumont et Leefdael trahirent. Les trois conspirateurs furent arrêtés et conduits à Bois-le-Duc ; leur procès eut lieu à Hall et Grandval fut exécuté : voir Paul Rapin de Thoyras, Histoire d’Angleterre, continuée jusqu’à l’avènement de George I er à la couronne (La Haye 1735-1738, 4°, 13 vol.), xi.165 ; Isaac de Larrey, Histoire de France, sous le règne de Louis XIV (Rotterdam 1738, 12°, 9 vol.), ii.312-314 ; Tobias Smollett, Histoire d’Angleterre depuis la descente de Jules-César jusqu’au traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, trad. Targe (Orléans 1759-1764, 12°, 19 vol.), xv.315. Le récit du procès fut publié en quatre langues ; la version anglaise est attribuée à Daniel Defoe et porte le titre : An account of the late horrid conspiracy to depose their present Majesties K. William and Q. Mary : to bring in the French and the late King James, and ruine the City of London. With a relation of the miraculous discovery thereof. Also some brief reflections on the trials of the Lord Preston, Major Ashton, and Mr Elliot, who were chiefly concern’d therein, and found guilty. / By a Gentleman who was present at their trials (London 1691, 4°) ; ce récit fut traduit en néerlandais (Knuttel, n° 13598) et en allemand. La version française est intitulée : Relation de ce qui s’est passé au procez de mylord Preston et du sieur Jean Ashton, leur conviction et condemnation, pour crime de haute trahison contre leurs majestez le roi Guillaume et la reine Marie. Pour avoir conspiré contre la vie de leurs Majestez, tâché de les deposer [...] Avec plusieurs lettres et des memoires tres curieux du roi Jaques au roi de France, au pape et à divers ministres. Publié par le commandement de la reine, le vendredy 16 janvier 1691 (La Haye 1691, 12°).

[29] François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’Etat à la guerre, est mort le 16 juillet 1691. C’est son fils Louis François Marie Le Tellier, marquis de Barbezieux (1668-1701), qui lui succède.

[30] Chanlais, maréchal général des logis de l’armée française, est mentionné dans le récit de Tobias Smollett comme ayant « animé » Grandval et Leefdael dans le complot contre Guillaume III : voir Smollett, Histoire d’Angleterre, xv.316.

[31] François de Pas de Feuquières, seigneur de Rebenac, dit le comte de Rebenac, ambassadeur de France en Espagne en 1688 et 1689, mis en cause par Grandval lors de son interrogation. Gatien Courtilz de Sandras fait l’éloge de Rebenac et doute de son implication dans le complot : voir Mercure historique et politique, contenant l’état présent de l’Europe, ce qui se passe dans toutes les cours, l’intérêt des princes, leurs brigues, et généralement ce qu’il y a de curieux, le tout accompagné de réfléxions politiques sur chaque Etat (La Haye 1692, 12°), septembre 1692, xiii.251-253.

[32] La bataille de Steinkerque du 3 août 1692, au cours de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, opposa, près d’Enghien, François-Henri de Montmorency Bouteville, maréchal de Luxembourg, commandant de l’armée des Flandres, aux forces coalisées anglo-hollandaises de Guillaume III d’Orange. Le maréchal de Boufflers apporta son soutien à Luxembourg. La victoire française fut éclatante. Voir la Lettre de Monsieur le mareschal duc de Luxembourg au Roy sur ce qui s’est passé au combat de Steenkerque (datée du 4 août 1692), reliée entre les ordinaires n° 35 et 36 de la Gazette de 1692 dans l’exemplaire de l’Arsenal (cote : 4° H 8917), et le Mercure galant, août 1692, i.220-273, et ii.1-232.

[33] Jean-Baptiste Stouppe (ou Stoppa) (1623-1692) mourut de ses blessures reçues à Steinkerque. C’est, en tout cas, l’avis quasi-unanime des historiens, quoiqu’une confusion avec son frère Jean-Pierre soit possible. C’est que les péripéties de la carrière de Stouppe rendent très difficile de le suivre. Né à Zurich en 1623, il avait fait des études de théologie et, après avoir prêché un temps « dans la campagne », entra au service d’un marquis et puis s’exila en 1652 en Angleterre, où il fut nommé ministre de l’Eglise française de Londres. Il y combattit les querelles entre les différents courants dans la communauté huguenote, et devint agent diplomatique de Cromwell. Il s’activa au service des vaudois lors de la persécution de 1655, mais fut banni d’Angleterre en 1661 lors de la restauration. Il séjourna alors aux Provinces-Unies et traduisit des œuvres de Richard Baxter. En 1670, il devint officier dans le régiment suisse au service du roi de France commandé par son frère Jean-Pierre, avec lequel il participa à la prise d’Utrecht en 1672. C’est dans cette ville qu’il composa son livre célèbre, La Religion des Hollandois, représentée en plusieurs lettres écrites par un officier de l’armée du Roy, à un pasteur et professeur en theologie de Berne (Paris 1673, 12° ; Cologne, Pierre Marteau, 1673, 12°), s’attirant la réponse de Johannes Braun, théologien de Groningue, La Véritable Religion des Hollandois, avec une apologie pour la religion des Estats généraux des Provinces-Unies, contre le libelle diffamatoire de Stoupe (Amsterdam 1675, 12°). En 1685, il accompagna Gilbert Burnet dans son voyage en Italie ; à son retour, il prit le commandement de son propre régiment à partir de 1688. Bayle, dans le DHC, art. « Spinoza », rem. D, le fait mourir « au commencement du mois d’août 1692 », et cette date est généralement retenue par les historiens, mais J.B. Mencke, Bibliotheca virorum militia æque ac scriptis illustrium (Lipsiæ 1734, 4°), p.445, affirme qu’il mourut à Paris en 1700. On trouve le récit peu connu de la rencontre de Jean-Baptiste Stouppe avec Jean-Alphonse Turrettini à Paris en 1691 dans la lettre de Turrettini à Barthélemy Micheli Du Crest datée du 14 avril 1691 : Pitassi, Inventaire Turrettini, i.151, n°213. Voir aussi L. Feer, « Un pamphlet contre les Hollandais au XVII e siècle », BSHPF, 31 (1882), p.78-96 ; P. de Witt, « Une apologie des Hollandais au XVII e siècle », BSHPF, 31 (1882), p.226-240, et du même, « Les collaborateurs du colonel Stoppa. MM. de Louvois et de Luxembourg », BSHPF, 32 (1883), p.368-380 ; P. Vernière, Spinoza et la pensée française avant la Révolution (Paris 1954), p.18-23, 49-51 ; A. McKenna, « Observations de Baxter sur l’Apocalipse avec quelques réflexions dessus, édition critique », Lias, 18 (1991), p.113-140 ; M. Benítez, « Le jeu de la tolérance : édition de la lettre A Madame de ... sur les différentes religions d’Hollande  », in G. Canziani (dir.), Filosofia e religione nella letteratura clandestina. Secoli XVII e XVIII (Milano 1994), p.427-468 ; T. Guillemin, Isaac Papin (1657-1709). Itinéraire d’un humaniste réformé, de l’Ecole de Saumur au jansénisme (thèse, université d’Angers 2015, 3 vol.), s.v.

[34] L’engagement des régiments de Stouppe et de Pollier dans la bataille d’Enghien et la liste des morts et des blessés figurent dans la Gazette parisienne, nouvelles du camp d’Enghien du 7 août 1692.

[35] Bayle revient sur cet écrit de Balzac dans le DHC, art. « Balzac, Jean Louïs Guez de », rem. A : « Au reste, le petit écrit, qu’il composa à l’âge de dix-sept ans [1612], vaut bien une digression. Il avoue qu’en le faisant il fit une faute et une folie, et il s’en excusa le mieux qu’il peut sur sa jeunesse, et sur ce qu’il le composa en Hollande, sans dessein de le rendre public par l’impression (lettre X à Chapelain, livre III). Il trouve fort mauvais qu’ Heinsius ait ressuscité cette faute. [...] J’avois cru, avant que de lire l’écrit en question, que c’étoit un jugement téméraire ; mais j’ai changé de sentiment depuis que Mr Minutoli a eu la bonté de m’envoyer une copie de cette pièce. Il en a un exemplaire imprimé, de l’édition qu’Heinsius fit faire à Leyde, l’an 1638. Le titre est, Discours politique sur l’état des Provinces-Unies des Païs-bas, par I.L.D.B., gentilhomme françois. C’est une pièce volante de quatre ou cinq pages : on y voit à la fin, par forme de signature, Jean Louïs de Balzac. » Voir Balzac, Lettres familières à M. Chapelain (Paris 1656, 8°), livre III, lettre X, et Œuvres (Paris 1665, folio, 2 vol.), i.766-767 et ii.482-485.

[36] Balzac, Discours sur une tragédie de M. Heinsius intitulée « Herodes infanticida » (Paris 1636, 8°) ; Daniel Heinsius, Epistola qua dissertationi Balzaci ad « Herodem infanticidam » respondetur (Luduni Batavorum 1636, 8°). Voir aussi Jean de Croÿ, Response à la lettre et au discours de Balzac sur une tragédie de Heins intitulée « Herodes infanticida » (s.l. 1642, 8°).

[37] Adrien Baillet, La Vie de Monsieur Des-Cartes : voir Lettre 830, n.5.

[38] Baillet, La Vie de Monsieur Des-Cartes réduite en abrégé (Paris 1692, 12°).

[39] André Dacier, La Poétique d’Aristote, traduite en françois, avec des remarques critiques sur tout l’ouvrage (Paris 1692, 4°). Voir C. Volpilhac-Auger (dir.), La Collection ad usum Delphini, p.107-115.

[40] Les Huguetan étaient une famille de libraires originaires de Lyon. Il y avait trois frères : Marc (1655-1702), Jean Henri (1664-1749) et Pierre (1674-1740). Marc s’établit à Amsterdam en 1686 et, étant réfugié, devint gratuitement membre de la guilde des libraires ; en 1695, il partit pour Londres, où il mourut. Ses frères maintinrent la librairie à Amsterdam, mais Jean Henri fit fortune à la bourse ; il partit pour le Danemark et y mourut sous le nom de comte Gyldensteen. Pierre était donc le véritable successeur de Marc ; il quitta Amsterdam et s’établit à La Haye en 1731. Voir H.-J. Martin, Livre, pouvoirs et société à Paris au XVII e siècle, 1598-1701 (Genève 1969), ch. IV, §II, p.745-748 ; I. van Eeghen, « Europese “libraires”. De gebroeders Huguetan in Amsterdam (1686-1705) », Documentatieblad Werkgroep Achttiende Eeuw, 53-54 (1982), p.1-19.

[41] Jean Georges Graevius publia en 1697 les travaux de son fils décédé : Callimachi hymni, epigrammata, et fragmenta ex recensione Theodori J.G.F. Graevii cum ejusdem animadversionibus. Accedunt N. Frischlini, H. Stephani, B. Vulcanii, P. Voetii, A.T.F. Daceriæ, R. Bentleii, commentarius, et annotationes viri illustrissimi Ezechielis Spanhemii. Nec non præter fragmenta, quæ ante Vulcanius et Daceria publicarant, nova, quæ Spanhemius et Bentleius collegerunt, et digesserunt. Hujus cura et studio quædam quoque inedita epigrammata Callimachi nunc primum in lucem prodeunt (Ultrajecti 1697, 8°, 2 vol.).

[42] Ni l’article « Claude » du DHC (rem. F), ni même l’ Abrégé de la vie de Mr Claude d’ Abel-Rodolphe de Ladevèze (Amsterdam 1687, 12°) ne permettent de décrypter cette allusion. Peut-être s’agit-il simplement du Traité de la composition d’un sermon qu’ Isaac Claude publiera au début des Œuvres posthumes de son père. A Charenton, dit Ladevèze, Claude « n’a mis que très peu de sermons au jour parce qu’il était plus appliqué à d’autres choses dont le public avait plus d’intérêt ; on peut juger pourtant par ceux qu’il nous a donnés qu’il n’avait pas moins de talent pour la prédication que pour le cabinet, et j’espère que Mr son fils fera imprimer un petit traité que Mr son pere a fait, de la maniere d’expliquer l’Ecriture sainte en chaire, si juste et si beau qu’on sera fortement persuadé en le lisant que Mr Claude était un grand maître sur cette matière. » ( Abrégé de la vie de Mr Claude, p.56).

[43] Ezéchiel Spanheim, professeur de philosophie à Genève en 1650, puis résident à Paris de Frédéric-Guillaume I de Hohenzollern, électeur de Brandebourg. : voir Lettres 13, n.15, et 359, n.13.

[44] L’imprimerie d’ Ulricus Liebpertus fut active entre 1691 et 1704 : elle publia des ouvrages archéologiques et numismatiques de Lorenz Beger, Pietro Santi Bartoli, Jacques de Bie et Johann Justus Appelius.

[45] Lorenz Beger (1653-1705), Observationes et conjecturæ in numismata quædam antiqua. [...] Accedunt duæ Ez. Spanhemii ad authorem epistolæ iisque interjecta authoris ad priorem responsoria (Coloniæ Brandenburgicæ 1691, 8°), imprimées par Ulricus Liebpertus.

[46] Jean-Chrysostome Bruslé de Montpleinchamp, Histoire d’Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance, gouverneur de la Belgique (Amsterdam 1692, 12°).

[47] Famiano Strada, S.J., De bello belgico decas secunda : ab initio præfecturæ Alexandri Farnesii Parmæ Placentiæque ducis III. ; an. MDLXXVIII usque ad an MDXC (Romæ 1637, 8°) ; traduction française de Pierre Du Ryer : Histoire de la guerre de Pays-Bas, escrite en latin par Famianus Strada, de la compagnie de Jesus, mise en françois par P. Du-Rier (Paris 1645, 8°).

[48] Jean-Chrysostome Bruslé de Montpleinchamp, L’Histoire d’Emmanuel Philibert, duc de Savoie, gouverneur général de la Belgique (Amsterdam 1692, 8°). L’ouvrage est dédié à Maximilien Emmanuel, duc de Bavière, et non à Victor-Amédée II, duc de Savoie.

[49] Victor-Amédée II (1666-1732), duc de Savoie entre 1675 et 1730. Sur sa politique européenne après la Glorieuse Révolution, voir Lettre 783, n.8, 12 : la Savoie allait finir par revenir du côté français dans la guerre de la Ligue d’Augsburg et en être récompensée : aux termes du Traité d’Utrecht (1713), elle retrouvait le territoire de la Savoie qui avait été occupé par la France et recevait en outre le royaume de Sicile.

[50] Emmanuel-Philibert (1528-1580), surnommé « Tête de Fer », duc de Savoie entre 1553 et 1580.

[51] Sermons pour les grandes festes de l’année (Bruxelles 1692, 12°). Ces sermons figurent cependant sous le nom de Louis Bourdaloue (1632-1704) dans Cioranescu et dans le catalogue de la BNF ; Cioranescu met en doute le lieu d’impression et propose Chartres, mais l’ouvrage fut bien publié par E.-H. Frick à Bruxelles.

[52] A cette date, après l’épisode de la « fourberie de Douai » (1691 : voir Lettre 827, n.21) et après l’affaire des oratoriens de Mons qui provoqua ses Difficultés proposées à M. Steyaert (1691 : voir Lettre 831, n.5), Antoine Arnauld continuait à publier pamphlets et protestations sur ces deux affaires contre les Pères jésuites Payen et Waudripont. Il résidait alors toujours à Bruxelles : voir E. Jacques, Les Années d’exil d’Antoine Arnauld, ch. XLI-XLIII, p.546-646.

[53] Sur le médecin, « nommé vulgairement Tampisius », qui étoit aussi sénateur, brûlé à Genève en 1608 pour sodomie, voir Lettre 875, n.24 et 25.

[54] Le 22 janvier 1692, le ministre d’Amsterdam, Balthasar Bekker, fut révoqué à la suite de la publication de la première partie de son audacieux De betoverde Weereld (Amsterdam 1691-1693, 8°, 2 vol.). Voir Lettre 835, n.12, et A.C. Fix, Fallen Angels. Balthasar Bekker, spirit belief, and confessionalism in the seventeenth-century Dutch Republic (Dordrecht 1999) ; J.I. Israel, Radical Enlightenment. Philosophy and the making of modernity, 1650-1750 (Oxford, 2001), ch. 21 ; W. van Bunge, From Stevin to Spinoza. An essay on philosophy in the seventeenth-century Dutch Republic (Leiden, 2001), ch. 5.

[55] L’Ombre du marquis de Louvois consultée par Louis XIV sur les affaires présentes ; suivi de : Examen des pretextes de l’invasion des François pour l’instruction des Anglois (Cologne 1692, 24°)

[56] Sur La Vie de Cromwell par Gregorio Leti, voir Lettre 103, n.15, et N. Krivatsy, Bibliography of the works of Gregorio Leti (New Castle, Delaware 1982).

[57] Elie Saurin, Accusation pour le sieur Saurin contre les accusations de M. Jurieu (Utrecht 1692, 12°) ; voir aussi Lettre 865, n.15.

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