Lettre 891 : Pierre Bayle à Vincent Minutoli

A Rotterd[am] le lundi 6 d’octobre, 1692

L’ami qui vous a écrit des choses si obligeantes et si flat[t]euses pour moi [1], mon cher Monsieur, a raison de regarder le dessein, que j’ai de faire un Dictionaire critique, comme trop vaste, et comme capable d’occuper plusieurs personnes toute leur vie. Mais aussi, ne prétens-je pas y entrer, pour l’épuiser. Ce seroit vouloir vuider l’océan. Je ne prétens que fournir mon petit écot, et exciter à y travailler ceux qui y sont propres. Il n’y a personne, mon cher Monsieur, qui put y tant contribuer que vous ; si une pareille tâche pouvoit s’accorder avec votre double emploi. Je vous rends mille actions de graces des offices que vous me faites. C’est m’offrir de précieux trésors, dont personne ne connoit le prix mieux que moi ; quoi que tous ceux, qui ont l’honneur de vous connoitre, ne puissent que s’en faire une grande idée.

Vous avez raison de parler de Mr Ménage [2] sur le pied que vous faites. On m’a dit que Mr le président Cousin, seul auteur présentement du Journal des sçavans, a fait un éloge du defunt, qui contient plusieurs traits satiriques [3] ; de / quoi tous les honnêtes-gens de Paris ont été choquez. On ajoute, qu’en recherchant la raison pourquoi ce président a ainsi traité Mr Ménage, on a déterré, qu’il n’avoit jamais pu lui pardonner un petit mot, qu’il lui avoit ouï dire, en montant l’escalier, pour se rendre à la mercuriale de Mr Ménage. Vous savez qu’on nommoit ainsi l’assemblée qui se faisoit chez lui tous les mercredis [4]. On prétend que Mr Cousin, accusé d’impuissance par sa femme, et renvoïé au congrès [5], selon la jurisprudence de ce tems-là, perdit sa cause. On s’entretenoit de cet accident chez Mr Ménage, pendant que Mr Cousin montoit les dégrés, et l’on dit qu’il ouït Mr Ménage, disant, « Et pourquoi se marie-t-on, si l’on ne s’y sent pas propre ? » et qu’il rébroussa chemin, résolu de ne pardonner jamais ce trait-là [6].

Vous m’avez appris ce que je ne savois pas ; savoir, que le s[ieu]r Lamberti, que j’ai vu deux fois ici, soit chez Mylord Portland [7]. La prémiere fois que je le vis, il m’étoit venu voir avec Mr Mallet, qui a depuis tant fait parler de lui dans les vallées [8] ; et m’avoit proposé de traduire en italien les Nouvelles de la république des lettres : chose que le libraire Desbordes ne gouta point [9].

Le synode de Breda a mis fin à nos différens ecclésiastiques ; j’entens les démélez, qui étoient entre quelques pasteurs réfugiés, et Mr Jurieu [10] : car, pour ceux que j’ai avec lui, il n’en a point parlé, ni près, ni loin. Je ne crois pas qu’il soit aussi content que ses parties le sont : quoi qu’au reste, l’acte soit rempli de galimatias, et de ménagemens obliques, sous lesquels on / a sauvé la réputation d’orthodoxie du personnage. Mais, ce qu’il y a de fâcheux* pour lui, c’est que Ziric-Zée, où il a été fort mal-traité, et dont il avoit demandé que les actes fussent supprimez et lacérez, témoignant regarder cette lacération comme une chose essentielle à la conservation de son honneur, n’a reçu aucune sorte d’atteinte. On a confirmé les actes faits contre son Accomplissement des prophéties, et son Ouverture de l’Epitre aux Romains, dans les synodes de Middelburg, de Bolduc, et de Campen [11] ; et on a donné quelques autres petites égratignures à sa doctrine et à sa conduite ; et c’est beaucoup / que l’on ait pu obtenir cela, vu le grand nombre de députez ignorans et opiniâtres, que sa cabale avoit fait trouver à Breda. Mr Saurin [12] s’est réservé le droit de faire condamner dans les académies les erreurs qu’il a dénoncées au synode, et que le synode n’a pas qualifiées comme elles le méritoient. Les deux M rs Basnage , ministres [13], ont aussi fait de leur mieux en faveur de la bonne cause ; et celui, qui n’est pas ministre, a fait depuis peu une démarche dans le consistoire de Rotterdam, qui couvre de honte notre accusateur [14]. Il est venu demander qu’il produisit ses preuves de l’accusation particuliere contre Mr de Beauval. L’accusateur, aiant obtenu un mois de délai, Mr de Beauval est revenu au bout du mois, et a demandé de nouveau lesdites preuves. L’accusateur, non seulement n’a point paru ; mais, n’a pas même voulu parler aux députez, que le consistoire lui envoia. Sa femme dit à la porte, que son mari étoit malade, et que personne ne lui parloit [15]. Sur cela, le consistoire lui accorda un nouveau délai de trois semaines ; et Mr de Beauval livra un mémoire signé de sa main, par lequel il déclaroit Mr Jurieu calomniateur et malhonnéte-homme ; après quoi, c’est à ce ministre à courrir après Mr de Beauval, et non pas à celui-ci à l’attendre. /

Je n’ai su que par vous la mort du pauvre Mr Beddevole [16]. Nous souhaitions fort lui procurer la place vacante dans l’académie de Leyde [17] ; et un professeur de cette académie, ami de Mr Leers, auroit été ravi qu’il eut eu cette place, tant parce qu’il avoit de l’estime pour lui, que parce qu’il craint que la faction de Mr Spanheim, qui n’est déjà que trop puissante, au gré d’une partie des professeurs, ne s’acquiere un nouveau suppôt. J’en écrivis aussi-tot à Mr Beddevole, et à Mr le professeur Drelincourt [18] en sa faveur. Mais, celui-ci, mieux instruit que le correspondant de Mr Leers, m’écrivit que c’étoit une chose faite, et que les curateurs lui avoient ordonné de faire savoir aux étudians qu’ils auroient bientot un professeur d’anatomie ; et pendant toutes ces démarches, et avant même, la providence avoit disposé tout autrement de notre ami. Il avoit laissé à Mr Leers le manuscrit de la prémiere partie de son Traité de l’œconomie animale [19], en partant pour Bruxelles ; lui promettant de travailler à la seconde, qui n’étoit pas encore prête. Un médecin de cette ville, à qui il l’a fait voir, lui a rendu bon témoignage ; mais, il ne veut point imprimer cet ouvrage en cet état ; et je serai ravi de marquer à Mr son frere, en le lui renvoiant, les effets de l’amitié et de l’estime que j’avois pour Mr Beddevole.

Je vous prie de dire à Mr Diodati [20], que j’assure de mes très humbles services, que j’ai vu dans le Lindenius renovatus de Mercklin [21], que / le Valetudinarium d’ Alex[andre] Deodati a été imprimé deux fois, en 1662, et en 1668 [22] ; et que je n’ai pas manqué d’indiquer cela dans mon mémoire touchant son dessein [23]. Très humbles graces de vos excellens éclaircissemens et commentaires sur le médecin Tampisius [24].

Je suis bien aise que vous consentiez enfin à donner vos écrits au public : Præstat serò, quàm nunquam [25]. Vous ne sauriez mieux débuter que par la version de Pierius Valerianus [26] auquel je suppose que vous avez joint son continuateur Tollius [27]. Mais, permettez moi, mon cher Monsieur, de vous communiquer une ouverture, qui me paroit importante. La seule traduction d’un livre aussi petit que celui de Pierius Valerianus ne me semble pas d’assez de poids pour un homme comme vous. Je voudrois donc y ajouter, et vous le pouvez par le moien de ces excellens recueils, que vous avez déjà conduit[s] à 3500 pages ; vous y pouvez, dis-je, ajouter cent choses curieuses, qui / vaudront plus que l’ouvrage même de Pierius. Je considere que si Mr Teissier n’avoit fait que traduire les Eloges des sçavans de Mr de Thou [28], il n’auroit rien fait qui approchât du présent, qu’il a fait au public, en joignant à ces éloges diverses choses, qu’il avoit recueillies. Au moïen de ces additions, son ouvrage est devenu curieux et considérable. Je voudrois que vous fissiez la même chose. Pierius est si court, qu’il y a sans doute plusieurs choses à ajouter, et bien des personnalitez curieuses, qui vous sont connues et très aisées à ramasser ; à vous, dis-je, et non à d’autres. Vos additions pourroient être de deux sortes : les unes étendroient la vie et la destinée de ceux dont Pierius et Tollius parlent ; et les autres fourniroient de nouveaux sçavans malheureux.

Je ne puis vous rien répondre quant au Mercure lacédémonien [29] ; mais, pour le New-Observator de l’ex-médecin Wellwood [30], je puis vous assurer qu’il est supprimé depuis long-tems, et que l’auteur fut obligé de demander pardon à genoux à la Chambre des communes, pour quelque sottise qui lui étoit échapée contre le respect qu’il doit à ce corps. Je sai de bonne part, comme vous, qu’on n’a jamais estimé cet écrit à Londres. La version françoise, qu’on en a faite, / intitulée, Histoire du tems, a eu assez de cours [31]. C’est qu’il suffit à nos François qu’un livre dise beaucoup de mal de la France, et d’un ton hardi et décisif, pour leur plaire. Outre qu’on faisoit courir d’abord le bruit que Mr de Salisburi [32] avoit part à cet ouvrage. Cet auteur, (je parle de Wellwood) a été aussi mal-traité qu’on le puisse être par notre accusateur, à cause qu’il avoit dit qu’il connoissoit l’auteur de l’ Avis aux réfugiés ; que c’étoit un homme établi à Paris, etc [33].

Notre Mercure historique continuë toujours ; mais, c’est un autre auteur qui y travaille, qui est encore moins connu que le précédent [34]. Depuis le commencement de cette année, il y a le 16 de chaque mois un livre semblable au Mercure, divisé par lettres, que l’on estime plus que le Mercure. On n’en connoit point non plus l’auteur [35].

Je vous suis bien obligé des louanges que vous / donnez à L’Héritiere de Guienne [36], quoi qu’elles ne me soient pas dues. Vous verrez le véritable nom de l’auteur au bas de l’Epitre dédicatoire. C’est un gentilhomme normand, du païs de Caux, nommé Mr de Larrey, qui a fait cette histoire, et qui avoit déjà fait celle de l’empereur Auguste. Il s’est refugié à Berlin [37]. Il est engagé avec Mr Leers, pour composer une Histoire d’Angleterre, depuis Henri VII inclusivement, jusqu’à notre tems [38]. Ce sera un ouvrage de 2 ou 3 volumes in folio, dont on pourra commencer l’impression l’année prochaine. /

Vous me ferez le plus grand plaisir du monde, si vous avez la bonté de me faire copier la piece de Balzac, qu’ Heinsius fit réimprimer [39]. Ce sera dequoi inserer une clause d’anecdotes dans son article. Je suis sur que peu de gens en ont connoissance en France, ni ailleurs. Je suis ravi du dessein que vous avez de communiquer votre explication de l’antique à notre illustre Mr Cuper [40].

Au reste, ce n’est point Mr Pavillon, comme vous dites ; mais, c’est Des-Préaux qui a fait Le Placet des muses [41]. Cela paroit par sa promesse d’écrire fidellement l’histoire du Roi. Il finit par là son Placet. /

Nos nouvelles disent des merveilles du grand butin, qui a été remporté du Dauphiné, et du grand nombre de bourgs et villages réduits en cendre. J’ai lu dans une gazette, que le butin fait à Gap monte à trois millions [42]. Quoi qu’il en soit, je regarde cette irruption, bien que les suites n’aient pas répondu aux espérances qu’on en avoit conçues, comme le plus sanglant affront que la France ait reçu, depuis la Paix des Pyrennées ; et on ne sauroit comprendre par quelle léthargie la Cour avoit donné si peu d’ordre pour la garde des passages. Nous avions ici des officiers réfugiés, qui, connoissant le terrain, traitoient de chimere le dessein de passer les Alpes. Cependant, les alliés se sont avancés jusqu’à Ambrun, sans être, pour ainsi dire, obligés de tirer un coup de pistolet ; la destinée de ce grand passage n’aïant été commise qu’à quelques Hibernois, ou milices posées à Guillétre, qui se rendirent d’abord à discrétion. Il en va de même du passage du Rhin. Voilà la seconde fois que les Allemans le passent, à la vue des François, sans presque perdre un seul homme. Avouez moi que c’est un honte pour la France.

Pour nouvelles de lit[t]érature, je vous dirai encore qu’on a arrêté en Angleterre l’impression d’un / livre du savant Mr Dodwel, où il répondoit à Mr Holi, qui avoit publié un manuscrit grec de la bibliotheque d’Oxfort, avec sa version latine, et quelques notules [43] ; lequel manuscrit tend à faire voir, qu’encore que des évêques aient été élus et installés contre les canons, on n’est point schismatique en communiquant avec eux, moiennant qu’ils soient d’ailleurs orthodoxes. La raison pourquoi il publia ce traité est, qu’il vouloit réfuter ceux qui croient aujourd’hui en Angleterre, que les évéques, qui n’ont pas voulu prêter les nouveaux sermens, et ausquels pour cela on a donné des successeurs, sont les véritables évêques, et non pas ceux qui ont été mis à leur place ; de sorte que, communiquer avec ceux-ci, c’est, selon eux, être schismatique. On ne comprend pas la hardiesse de Mr Dodwel, de faire des livres pour appuier un tel sentiment ; et il y a eu des personnes qui ont opiné à lui ôter sa profession. C’est Mr Holi, qui soutient le parti le plus sage [44].

Vous avez ouï parler, sans doute, qu’on a denoncé à la Faculté de théologie de Paris Mr Du Pin pour plusieurs propositions erronées, contenues dans sa Bibliotheque des auteurs ecclésiastiques. On dit que Mr de Meaux fera sa partie ; / et que la concurrence, où ils se sont trouvés, sur l’explication des Pseaumes, a poussé le prélat à cela [45]. Mr Brueys a publié, dit-on, un livre sur le Fanatisme de ce tems [46], où je pense que les seuls prophêtes du Dauphiné ne sont pas frondez ; mais, leur promoteur, et leur apologiste de Rotterdam, aussi [47]. Vous trouverez dans la nouvelle édition des œuvres du grand Bochart [48], une critique du poëme de S[ain]t Amant, intitulé, Moïse sauvé [49], et d’autres pieces assez curieuses ; comme aussi, une piece de Mr Morin, son collegue, et présentement professeur à Amsterdam, sur le paradis terrestre [50] ; car, pour le traité de Mr Bochart, sur cette matiere, il ne s’est jamais trouvé. Un nommé Mollerus a publié un prodrome de sa Cimbrica literaria, qui est une liste de tous les auteurs qui ont écrit l’histoire du Holstein et du Jutland / en général [51]. La seconde partie du Polyhistor de feu Mr Morhofius ne sera pas si bonne que la prémiere [52], utpote opus posthumum [53].

Un gentilhomme réfugié, nommé De Vrigni, vient de publier l’ Apologie du parlement d’Angleterre sur l’exclusion du roi Jaques [54]. Il se fonde sur la tradition, et cite les conciles, les universitez, et les docteurs graves, comme Thomas d’Aquin. J’ai ouï parler de la nouvelle, que vous me mandez*, touchant la réplique de Dom Mabillon à Mr l’abbé de La Trap[p]e [55]. Les difficultez / pour l’expédition du privilege ont obligé ce moine à ôter de son livre ce qu’il auroit / eu de plus divertissant, parce qu’il auroit regardé l’abbé.

Je reviens à Mr Dodwel [56] , pour vous dire que ses Prælectiones in Scriptores Historiæ Augustæ, ouvrage très docte, sont attenduës ici de jour en jour [57]. L’Héraclite françois est une petite piece nouvelle [58], qui ne vaut pas grand chose. Ce sont des menaces à la France, et des descriptions des maux qu’on croit qu’elle ne peut éviter à l’avenir.

Je ne puis que je ne témoigne ma joie, de ce que Messieurs vos fils sont échappez du peril de Steenkerke [59], soit qu’ils y aient été présens, soit pour n’y avoir pas été. On continue à dire que le péril / fut très grand ; et que Mr de Luxembourg [60] a été plus heureux que sage. Le dernier Mercure historique a débité une lettre comme interceptée d’un officier de son armée, où il est parlé desavantageusement de lui, et où l’on donne une idée affreuse du desavantage de cette journée pour la France [61]. Si jamais Dieu nous donne une pleine victoire, vous pouvez juger si nos nouvellistes le prendront d’un ton bien haut ; puis qu’ils soutiennent si bien jusques ici le decorum.

Saluez, je vous en conjure, notre cher et illustre ami de Lausanne [62] de ma part, et lui communiquez ceci. Je voudrois avoir le loisir de lui écrire souvent ; mais, mon Dictionnaire est un étrange fardeau. Je vous embrasse mille et mille fois l’un et l’autre.

Notes :

[1] Il s’agit très probablement de David Constant, à qui Bayle avait également envoyé son Projet d’un dictionaire critique : voir Lettre 882, n.11.

[2] Sur la mort de Ménage, voir Lettre 881, n.10.

[3] Sur le président Louis Cousin, rédacteur du JS, voir Lettres 93, n.38, 540, n.10, 589, n.13. Son éloge de Ménage fut publié dans le fascicule du 11 août 1692 du JS ; il comporte, en effet, plusieurs traits peu flatteurs pour Ménage : sur son bavardage incessant ; sur le mensonge qu’il proféra pour obtenir une pension du cardinal Mazarin, jurant qu’il n’avait eu aucune part aux Mazarinades qui avaient été diffusées par le cercle du cardinal de Retz ; sur le nombre et la futilité de ses querelles littéraires ; sur sa sensibilité à l’égard des critiques et en particulier à l’égard de celle d’ Adrien Baillet portant sur la licence de ses poésies, peu convenable à son âge et à sa profession ; sur sa rapacité dans ses rapports avec les héritiers de Mazarin.

[4] Bayle avait assisté aux mercuriales de Ménage lors de ses séjours à Paris : voir Lettre 81, n.33.

[5] Congrès : épreuve que devait subir un mari que son épouse réputait impuissant, afin de prouver la fausseté des allégations de la femme. Voir Boileau, Satires, VIII : « Jamais la biche en rut n’a, pour fait d’impuissance / Traîné du fond des bois un cerf à l’audiance, / Et jamais juge entr’eux ordonnant le congrés, / De ce burlesque mot n’a sali ses arrests. » Voir ausssi, Bayle, DHC, art. « Barbe », rem. C, et « Quellenec », rem. A.

[6] Bayle tient sans doute ses informations de l’abbé Nicaise, mais celui-ci donne une autre version de l’anecdote dans sa lettre adressée à Leibniz le 25 octobre 1692 : « Mons r le président Cousin (dont nous venons de parler) est plus brouillé que jamais avec la Société, depuis la mort de Mons r Menage ; il en a fourré un eloge sans son journal un peu ressenti, pour parler dans les termes de l’avis, car les traicts du portraict, qu’il en fait, le marquent, à ce qu’on me mande. Ce president n’a pû digerer ce que ce bonhomme luy avoit dit autrefois avec son ingenuité naturelle et peut estre un peu trop grande, qu’il traduisoit les plus beaux ouvrages du monde en françois, et qu’il ne pouvoit traduire une fille en femme. Car vous scavés l’histoire du mariage de ce president et de la separation avec sa femme : tout cela a donné lieu aux fables qui ont paru du sieur Comore et d’autres De Culicis nuptiis etc. dont vous avés veû l’origine dans la lettre du Père Hardouin Pro Eumenio dedicato ad Norisium, que je vous ay envoyée, et dont l’on attend incessamment la reponse du Père Noris avec beaucoup d’impatience. » Voir Leibniz, Die philosophischen Schriften, ii.530.

[7] Sur Giovanni Gerolamo Arconati Lamberti, qui était à cette date secrétaire de Lord Portland, voir Lettre 499, n.2. Hans Willem Bentinck, Lord Portland (1649-1709), avait gagné la confiance et l’amitié de Guillaume III en 1675 en soignant le prince atteint de la petite vérole. Guillaume lui confia à partir de cette date des missions de la plus haute importance : c’est Bentinck qui sollicita pour Guillaume la main de Marie Stuart, fille du duc de York, le futur roi Jacques II ; après d’autres missions en Angleterre, c’est Bentinck encore qui s’assura la bienveillance ou la neutralité des princes allemands lors de la Glorieuse Révolution ; c’est lui qui assura la logistique de l’invasion, argent et vaisseaux. Une fois l’invasion réussie, Bentinck devint premier gentilhomme de la Chambre et membre du Conseil privé. En avril 1689, il fut nommé baron de Cirencester, vicomte de Woodstock, marquis (earl) de Portland. Il commanda une compagnie de cavalerie lors de la bataille de la Boyne et participa aussi à la bataille de Landen et au siège de Namur. Il joua un rôle déterminant sur le plan diplomatique, négociant un compromis avec les bourgmestres d’Amsterdam, déjouant un complot contre la vie de Guillaume III en 1696, participant aux négociations de la paix de Ryswick en 1697. En 1698, il fut nommé ambassadeur britannique à Paris, et négocia un accord avec Louis XIV sur la monarchie espagnole. Jaloux de l’avancement et de l’influence du Hollandais Arnold Joost van Keppel (futur comte d’Albemarle), il se démit de toutes ses fonctions liées à la maison royale en 1699, mais continua à accomplir les missions politiques qui lui furent confiées. Voir D. Onnekink, The Anglo-Dutch Favourite. The career of Hans Willem Bentinck, 1st earl of Portland (1649-1709) (Oxford 2007).

[8] Le lieutenant colonel Jean Malet.

[9] On apprend ici pourquoi la démarche de Lamberti auprès de Bayle en janvier 1686 n’avait pas abouti : voir Lettre 499.

[10] « La paix de nos Eglises et l’édification de nos troupeaux ayant une liaison essentielle avec la concorde des pasteurs dans la vérité et dans la charité, nous avons eu le déplaisir depuis le synode de Naerden de voir naître et croître parmi nous des matières de débats qui se sont aigris de temps en temps par des imprimés qui ont causé beaucoup d’affliction à tous les gens de bien. C’est pour en arrêter le cours et pour prévenir les fâcheuses suites que ce mal peut avoir, tant par rapport aux Eglises que nous servons qu’aux puissances qui nous gouvernent, et même à nos ennemis qui nous épient, qu’après avoir élevé nos cœurs à Dieu par des prières ardentes et expresses à ce sujet, pour obtenir le secours de ses lumières et la direction de son Esprit, la Compagnie de ce synode a jugé à propos de recomander avant toutes choses à tous les membres de ne porter pas légèrement des dénonciations les uns contre les autres, et de commencer toujours par des avis fraternels. Après quoi, prenant connaissance des remarques faites sur les écrits de N. T. C. F. Monsieur Jurieu, selon l’arrêté du synode de Naerden, aussi bien que des réponses que Mr Jurieu y a faites, et voulant finir toutes les disputes par un jugement qui se sente également de l’amour qu’elle a pour la paix et de son zèle pour la vérité, elle déclare que pour les choses qui sont déjà jugées, telles que sont L’Ouverture de l’Epître aux Romains et l’ Accomplissement des prophéties, elle s’en tient à ce qui a été décidé par les synodes précédents de Middelbourg, de Bois-le-Duc et de Campen, et en ordonne expréssement l’observation. Elle croit encore ne devoir pas faire un examen de rigueur sur toutes les choses qui ne peuvent être considérées comme essentielles et qui regardent ou des expressions singulières comme celle-ci, je crois parce que je veux croire, laquelle quoi que rectifiée par les explications de Monsieur Jurieu est pourtant paradoxe ; ou qui concernent quelque opinion qui n’est pas communément reçue, comme ce qu’il a écrit sur la liberté de se remarier avant la mort d’une des parties en certains cas ; ou qui ne roulent, enfin, que sur des questions problématiques sur lesquelles les théologiens peuvent être partagés, parce que ces sortes de choses ne regardent proprement que les docteurs qui les avancent, demeurent aussi sur leur compte. Ainsi pour faire droit sur ce qui paraît exiger avec plus d’importance et de nécessité le jugement de cette Compagnie dans les observations, et les réponses qui ont été pesées et examinées avec beaucoup de soin, elle déclare N. T. C. frère Monsieur Jurieu orthodoxe dans sa doctrine, ne pouvant ranger quelques sentiments qu’il a différents du commun de nos théologiens que dans la classe des opinions théologiques tolérables entre les frères. Nous croyons donc 1° après les éclaircissements qu’il a donnés dans son Système de l’Eglise, sans adopter néanmoins sa méthode, que si elle a quelque chose de nouveau dans les termes et les manières, on la peut réconcilier avec la méthode ordinaire. A l’égard de sa doctrine sur l’efficace du baptême, nous trouvons que, ne prenant pas dans le fonds d’autres principes que ceux de nos Confessions de foi et de nos Catéchismes, et se conformant d’ailleurs pour la pratique à l’usage de notre Discipline, on doit juger supportable ce qu’il a de singulier sur la matière. Pour ce qui est du principe de foi et des choses qui ont été remarquées là-dessus, nous recommandons avant toutes choses à ceux de nos théologiens qui écrivent de bien prendre garde, pendant qu’on élève la force des caractères de l’Ecriture, de n’affaiblir point la nécessité de la grâce interne, ou pendant qu’on presse la nécessité de cette grâce efficace, de ne diminuer en rien la beauté et la force des caractères de l’Ecriture. 2° Nous jugeons, après les déclarations formelles que l’on peut tirer de tous les ouvrages de Monsieur Jurieu sur la divinité de l’Ecriture sainte et sur l’excellence des preuves de sa vérité, qu’il est orthodoxe sur la matière, mais que dans la chaleur des disputes qu’il a soutenues pour l’orthodoxie, et particulièrement en faveur de la nécessité de l’opératio du S. Esprit, il a employé et adopté plusieurs termes dans une signification différente de l’usage commun, et par là donné lieu à des difficultés et à des objections assez fortes, qui tombent à la vérité quand on entre par une interprétation favorable dans les expressions et les intentions de cet auteur. Mais cependant, nous recommandons fortement qu’on s’abstienne à l’avenir des expressions qui sont capables de donner de l’achoppement, pour éviter les mauvaises conséquences. Nous croyons encore Mr Jurieu sain dans ses sentiments propres sur l’immutabilité de l’essence de Dieu, dont il reconnaît des preuves dans l’Ecriture, comme il le déclare dans sa 2 e Apologie, mais il nous semble qu’en voulant excuser là-dessus l’ignorance des Anciens, il n’a pas assez ménagé l’importance de la vérité. Pour ce qui regarde les dénonciations que Monsieur Jurieu a faites par rétorsion, nous croyons qu’il n’est pas nécessaire d’y avoir égard, parce qu’étant tirées de quelques remarques courtes sur lesquelles Messieurs les observateurs ne se sont pas expliqués, elles ne peuvent proprement être une matière de jugement, que d’ailleurs ces Messieurs, et Monsieur Jurieu nous paroissent facilement réconciliables étant bien entendus, et que nous n’y trouvons rien qui engage l’orthodoxie. » Synode wallon de Breda, art. liii : Livre synodal contenant les articles résolus dans les synodes des Eglises wallonnes des Provinces-Unies du Païs-Bas, t. III.

[11] « En conséquence de ce qui a été jugé sur la doctrine de Monsieur Jurieu, la dénonciation portée au synode précédent contre plusieurs Eglises tombe d’elle-même ; et la Compagnie souhaite qu’il n’en soit plus parlé, non plus que des plaintes & des contestations qu’on pourroit relever par raport à quelques synodes précédens, invitant tous les membres de nôtre synode de sacrifier à la paix commune, que nous souhaitons avec tant d’ardeur, toute sorte d’intérêts personnels. » Synode de Breda, art. lvii.

[12] Sur la querelle entre Jurieu et Elie Saurin, pasteur de l’Eglise wallonne d’Utrecht, voir Lettres 554, n.1, et 865, n.15.

[13] Jacques Basnage, pasteur de l’Eglise wallonne de Rotterdam, et Samuel Basnage de Flottemanville, pasteur de l’Eglise wallonne de Zutphen : voir Lettres 883 et 885.

[14] Voir H. Bost, Le Consistoire de l’Eglise wallonne de Rotterdam, 1681-1706 : « Du dimanche 24 août 1692 : Monsieur Basnage ayant presenté une lettre de Mr Basnage Beauval par laquelle il demande que la compagnie prenne cognoissance d’une affaire qu’il a avec M. Jurieu et luy marque un jour pour l’entendre, la compagnie a resolu de donner cognoissance à Mr Jurieu de sa demande et de faire sçavoir à Mr de Beauval par M. Basnage, pasteur, qu’elle l’escoutera dès dimanche prochain s’il veut se presenter en personne et que Mr Jurieu quy est absent puisse aussy estre present. – Du dimanche 31 août 1692 : Monsieur Jurieu s’est presenté à la compagnie et a demandé 1° sa protection au synode prochain où ses infirmités l’empechent d’aller, 2° un temoignage de sa doctrine, 3° qu’on fît une deputation extraordinaire de gens non suspects audit synode pour y maintenir la justice de sa cause, 4° que ne se trouvant pas en estat de parler ny d’entendre parler, on remît l’affaire que monsieur de Beauval luy intente à une autre foix, aprés cela il s’en est allé à cause de ses susdittes infirmités. En suitte monsieur de Beauval est entré & a demandé la permission de faire un recit à la compagnie de son affaire contre monsieur Jurieu, ce que la compagnie luy ayant accordé moyennant qu’il le fît court, il a fait un discours circonstantié qu’il a conclu en demandant que monsieur Jurieu fust déclaré calomniateur, parce qu’ayant paru dans la compagnie il s’est retiré sans playder sa cause. et sur ce que la compagnie luy a dit que Monsieur Jurieu n’estoit pas en estat de parler ny d’entendre parler et qu’il demandoit du temps, il a demandé qu’au moins la compagnie voulût luy ordonner de produire ses preuves dans 8 ou 15 jours. Sur quoy la compagnie ayant deliberé, elle a accordé à Monsieur Jurieu quatre sepmaines pendant lequel temps il assemblera ses pieces pour les produire dans ce terme-là, aussy bien que monsieur de Beauval les siennes, et cependant la compagnie a prié Messieurs de Superville et Le Page, pasteurs, et Monsieur Visch, ancien, de tâcher de porter ses Messieurs à un accomodement & à une sincere reconciliation. – Du 14 septembre 1692 : Monsieur de Beauval a escrit une lettre à la compagnie par laquelle, aprés avoir fait ses plaintes contre monsieur Jurieu, il la prie de vouloir encore une foix faire avertir M. Jurieu de produire ses preuves affin qu’il ne puisse plus reculer, sur quoy la compagnie a ordonné au secretaire de donner coppie de la dite lettre à M. Jurieu, ce quy a esté fait. » (p.152-155)

[15] H. Bost, Actes du consistoire : « Du 28 septembre 1692 : La compagnie ayant ouÿ Monsieur de Beauval quy est venu demander l’execution de ce quy fust resolu il y a un mois sur l’affaire qu’il a avec M. Jurieu et lecture ayant esté faite de la susditte resolution, il a esté resolu d’envoyer M rs Visch, ancien, et Ferrand, diacre, chez M. Jurieu pour luy demander ses reponces sur ladite affaire, et comme notre lecteur a esté pour faire sçavoir à M. Jurieu, comme lesdits députés devoient aller chez luy, il a raporté que mademoiselle Jurieu avoit dit que Mr Jurieu n’estoit pas en estat de parler, en suite de quoy il a esté resolu de prier Messieurs Visch et Ferrand de demander dans la sepmaine à Mr Jurieu ses reponces affin que la compagnie prononce sur cette affaire à la première assemblée du consistoire quy se tiendra, et Messieurs les dits deputés sont priés de donner aux parties communication de cette resolution. » Le 19 octobre, l’affaire devait se conclure : « Monsieur Jurieu ayant envoyé aujourd’huy un memoire à la compagnie pour reponce à la declaration de Mr Beauval, la compagnie, aprés avoir veu avec deplaisir les choses fâcheuses que les parties ont dittes les unes des autres, a jugé que pour ce quy regarde le fonds de l’affaire elle n’estoit pas de sa competance ; que ses messieurs seroient renvoyés pour se pourvoir où ils trouveront bon estre s’ils le veulent, leur souhaittant du reste la paix ; et elle a resolu que leurs papiers leur seroient rendus. » (p.156).

[16] Sur Dominique Beddevole, voir Lettres 398, n.1, et 875, n.17 et 18.

[17] Sur cette chaire laissée vacante par la mort d’ Anthony Nuck et occupée ensuite par Govard Bidloo, voir Lettre 883, n.25 et 26.

[18] Sur Charles Drelincourt, professeur de médecine à l’université de Leyde, voir Lettre 361, n.2.

[19] Sur les Essais d’anatomie, déjà imprimés, voir Lettre 398, n.1. Bayle souhaite communiquer cette nouvelle édition au frère de l’auteur, Dominique Beddevole ; celui-ci était fils d’ André Beddevole et de Jeanne Prévost et il avait deux sœurs et trois frères : Etienne, Antoine et Jacques.

[20] Puisque Bayle fait porter ce message par Minutoli à Diodati à Genève, il doit s’agir non pas de Philippe-Sébastien Diodati (1656-1710), cousin de Jean-Alphonse Turrettini, docteur en droit et conseiller à Rotterdam, mais de Jean II Diodati (1639-1719), commerçant à Genève. Voir J. Galiffe, Notices généalogiques sur les familles genevoises depuis les premiers temps jusqu’à nos jours (Genève 1829-1895, 7 vol.), ii.741-742 ; Stelling-Michaud, iii.117, n°3469 ; Pitassi, Inventaire Turrettini, vi.74.

[21] Georg Abraham Mercklin, Lindenius renovatus, sive Johannis Antonidae Van den Linden de scriptis medicis (Norimbergæ 1686, 4°).

[22] Bayle fait erreur puisque le texte d’ Alexandre Dieudonné (dit Diodati ou Deodatus), Valetudinarium, seu observationum, curationum et consiliorum medicinalium satura fut publié pour la première fois en 1660 (Lugduni Batavorum 1660, 12°) ; en revanche, il existe bien une édition de 1668 à la même adresse.

[23] Bayle avait fait allusion à son « mémoire » sur le médecin Tampisius dans sa lettre à Minutoli du 28 août 1688 (Lettre 882) ; il devait signaler la réception d’un « mémoire » sur Alexandre Morus de la part d’ Etienne Morin dans sa lettre du 15 octobre 1692 (Lettre 894). Il s’agit donc de la préparation du DHC, mais nous ne saurions donner plus de précisions sur le « mémoire » concernant le « dessein » d’ Alexandre Dieudonné (ou Deodati).

[24] Sur Guillaume Canal, médecin, surnommé « Tampisius », voir Lettre 875, n.25.

[25] « Mieux vaut tard que jamais ».

[26] La première édition de l’ouvrage de Giovan Pietro Pierio Valeriano, De Litteratorum infelicitate libri duo, nunc primum in lucem edita parut en 1620 à Venise (Venetiis 1620, 8°). Bayle fait mention ici de l’édition amstelodamoise de 1647 : De Litteratorum infelicitate libri duo (Amstelodami 1647, 12°) : voir Lettre 860, n.10. La traduction de Minutoli ne fut jamais publiée.

[27] Sur Jacob Tollius, l’auteur de la critique de la description de « l’antique » par Du Rondel, voir Lettre 354, n.2 ; il était l’ancien maître d’Almeloveen à Gouda, avant de devenir professeur de rhétorique et de philosophie à Hambourg : voir S. Stegeman, Patronage and service, p.16. Il s’agit ici de l’ouvrage de Cornelius Tollius, Ad Pierii Valeriani De Literatorum infelicitate librum appendix (Amstelodami 1647, 8°), qui allait être réédité par Johann Burkhard Mencke, Petri Alcyonii medices legatus, sive de exilio libri duo : accessere Jo. Pierius Valerianus et Cornelius Tollius de infelicitate litteratorum, [et] Josephus Barberius de miseria poetarum græcorum, cum præfatione Jo. Burchardi Menckenii, et indice copioso (Lipsiæ 1707, 8°).

[28] Antoine Teissier, Les Eloges des hommes savans tirez de l’histoire de M. de Thou (Genève 1683, 12°, 2 vol.) suivi d’une deuxième édition en 1696 : Les Eloges des hommes scavans tirez de l’histoire de M. de Thou. Avec des additions contenant l’abrégé de leur vie, le jugement et le catalogue de leurs ouvrages, seconde édition revûë, corrigée et augmentée d’un tres-grand nombre de remarques (Utrecht 1696, 12°, 2 vol.)

[29] Sur ce périodique de John Dunton, dont le véritable titre est Mercure athénien ( Athenian Gazette), voir Lettre 882, n.27.

[30] James Welwood (1652-1727), médecin écossais, vint à Londres dans les premières semaines de 1689 et commença à publier le journal « guillaumiste » intitulé Mercurius Reformatus, qui parut jusqu’en 1694 en prenant à partir de 1692 le titre : Mercurius Britannicus or Weekly Observatory. Sur les malheurs de ce journaliste, voir Lettre 815, n.2. Il fut auteur aussi d’un ouvrage intitulé Memoirs of the most material transactions in England for the last hundred years preceding the Revolution in 1688 (London 1700, 8°).

[31] Le journal de James Welwood était publié par Abraham Wolfgang sous forme de récit continu en français : L’Histoire du temps, ou Relation de ce qui s’est passé de mémorable en Europe, et principalement en Angleterre, depuis les règnes de Charles II et de Jaques II. Avec des réflexions de politique sur ces évenemens (Amsterdam 1691-1693, 12°, 5 vol.).

[32] Gilbert Burnet, évêque de Salisbury : voir Lettres 221, n.45, et 517, n.40.

[33] Sur cette déclaration de James Welwood, voir Lettre 815, n.2.

[34] De novembre 1686 à avril 1693, c’est toujours Gatien Courtilz de Sandras qui rédige le Mercure historique et politique concernant l’état présent de l’Europe, ce qui se passe dans toutes les cours, l’intérêt des princes, leurs brigues, et généralement tout ce qu’il y a de curieux pour le mois de [novembre 1686], le tout accompagné de réflexions politiques sur chaque Etat, périodique publié à cette époque chez Henry van Bulderen. Voir Dictionnaire des journaux, s.v. (art. de J. Lombard). Ce n’est apparemment qu’en juin 1695 que la rédaction du Mercure fut assumée par Jean de La Brune (?-1743). Originaire du Vivarais, pasteur et fils de pasteur, La Brune est souvent confondu avec son père ou avec François de La Brune, ancien étudiant de théologie à Genève en 1640, pasteur de Florensac, réfugié en 1685 à Amsterdam, où il fut suspendu « à cause de ses opinions hétérodoxes sur les sorciers ». En 1690, il semble que Jean de La Brune ait été pasteur de Bâle ; il quitta Bâle pour les Provinces-Unies et devint pasteur de l’Eglise wallonne de la garnison de Tournai ; il se réfugia enfin à Schonooven pour y exercer son ministère. Il paraît avoir participé à la rédaction du Mercure historique et politique entre juin 1695 et juin 1710. Voir Dictionnaire des journaux, s.v. (art. d’A. Juillard).

[35] Jean Tronchin Dubreuil, Lettres sur les matières du temps : sur cet excellent journaliste et les différents périodiques qu’il a crées, voir Lettre 820, n.23.

[36] Isaac de Larrey, L’Héritiere de Guienne ou Histoire d’Eleonor, fille de Guillaume, dernier duc de Guyenne, femme de Louïs VII, roi de France, et ensuite de Henri II, roi d’Angleterre (Rotterdam 1691, 8°), roman publié par Reinier Leers : voir Lettre 838, n.6.

[37] Isaac de Larrey, Histoire d’Auguste, contenant les plus particuliers evenemens de sa vie, avec l’idée generale de son siecle, et le plan de sa politique et de son gouvernement (Rotterdam, Reinier Leers [Berlin, Roger] 1690, 8°) : voir Lettre 838, n.6.

[38] Isaac de Larrey, Histoire d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande ; avec un abregé des evenemens les plus remarquables arrivez dans les autres Etats (Rotterdam 1697-1713, folio, 4 vol.) : vol. 1 : L’Ancien règne des Bretons, celui des Romains, des Saxons, des Danois et des Normands depuis Guillaume I er jusqu’à Henri III inclusivement ; vol. 2 : Les règnes d’Edouard I er, d’Edouard II, d’Edouard III, de Richard II, de Henri IV, de Henri V, de Henri VI, d’Edouard IV, d’Edouard V, et de Richard III [...] Dissertation sur les Parlemens ; vol. 3 : Les règnes de Henri VII, Henri VIII, Edouard VI, Jeanne Gray et Marie. Les règnes d’Elizabeth et de Jaques I ; vol. 4 : Qui contient l’histoire depuis Charles I jusqu’à Guillaume III inclusivement. Voir Lettre 838, n.6.

[39] Sur cet écrit de Balzac, dont Minutoli envoya un exemplaire à Bayle, voir Lettre 882, n.35.

[40] Il s’agit peut-être de l’antique sur laquelle Du Rondel et Tollius avaient savamment débattu quelques années auparavant (voir Lettres 354, n.2, 690, n.2 et 691, n.7), ou bien d’une nouvelle découverte genevoise.

[41] Prosper Marchand met en doute l’attribution par Bayle du Placet des Muses au Roy à Boileau, se fondant en particulier sur un « coup de dent » qui y est donné à Homère ; il attribue le Placet à Etienne Pavillon. Cependant, Marchand commet lui aussi une confusion, car Etienne Pavillon est l’auteur de stances intitulées Les Muses au roi, sur la prise Namur 1692 : voir les Œuvres d’Etienne Pavillon de l’Académie françoise, 1 re partie (Amsterdam 1750, 8°). C’est en fait Antoine Furetière qui est l’auteur du Placet des muses au Roy (s.l. 1686, 4°). Sur la prise de Namur, voir aussi la Gazette, ordinaire n° 33, nouvelle de Paris du 19 juillet 1692, et le Mercure galant, juin 1692, ii.1-234, juillet 1692, ii.1-357.

[42] Victor-Amédée étant tombé malade, c’est Caprara qui dirigeait la campagne et qui investit Gap, qu’il mit en coupe réglée, pilla et incendia sauvagement, de même que tous les villages environnants. Les exigences du général allemand – une contribution de 25 000 écus, que la ville parvint à ramener à 10 000 – étaient exorbitantes. Voir P. Thomé de Maisonneufve, L’Invasion du Dauphiné en 1692, p.105-119.

[43] En 1691, Humphrey Hody, fellow de Wadham College, Oxford, publia, sous le titre, Anglicani Novi Schismatis redargutio, seu tractatus ex historiis Ecclesias is, quo ostenditur Episcopos, injuste licet depositos, orthodoxi successoris communionem nunquam refugisse Nicephori adscripta (Oxonii 1691, 4°), sa défense de l’interdiction des évêques qui avaient refusé de prononcer le serment d’allégeance à Guillaume III après la Glorieuse Révolution. Henry Dodwell lui répondit par A Vindication of the deprived bishops, asserting their spiritual rights against a lay-deprivation, against the charge of schism, as managed by the late editors of an anonymous Baroccian MS [...] (London 1692, 4°), et s’attira la réplique de Hody, The Case of sees vacant by an unjust or uncanonical deprivation stated. In reply to a treatise entituled, « A Vindication of the deprived bishops [...] », together with the several other pamphlets lately publish’d as answer to the Baroccian treatise (London 1693, 4°). Dodwell devait encore réagir dans The Doctrine of the Church of England, concerning the independency of the clergy on the lay-power, as to those rights of theirs which are purely spiritual, reconciled with our oath of supremacy, and the lay-deprivations of the popish-bishops in the beginning of the Reformation (London 1697, 4°). Dans cette « controverse de la convocation », d’autres adversaires s’opposèrent à Hody, parmi lesquels Thomas Browne, Nathaniel Bisbie et Simon Lowth : voir M. Goldie, « The non-jurors, episcopacy and the origins of the convocation controversy », in E. Cruickshanks (dir.), Ideology and conspiracy : aspects of Jacobitism 1689-1759 (Edinburgh 1982), p.15-35 ; J.A.I. Champion, The Pillars of priestcraft shaken. The Church of England and its enemies 1660-1730 (Cambridge 1992), p.47-52.

[44] On appelait « non-jureurs » les quelque quatre cents membres du clergé anglican, et surtout sept ou huit évêques, qui refusaient de prêter serment d’allégeance à Guillaume III, en raison de l’interruption que son règne apportait à la succession ecclésiastique. La thèse se prêtait inévitablement à discussion, mais les non-jureurs n’avaient pas d’intentions subversives et l’agitation finit par se calmer. La mort de Guillaume III et la restauration d’un mode de succession traditionnel éliminèrent l’origine de la dispute. Sur les non-jureurs, voir J.H. Overton, The Nonjurors, their lives, principles, and writings (London 1902) ; J.W.C. Wand, The High Church Schism (London 1951). Le commentaire de Bayle le range parmi les défenseurs de la suprématie du pouvoir civil sur le pouvoir ecclésiastique. Sur la controverse de la convocation, voir aussi G. Every, The High Church Party, 1688-1718 (London 1956) ; N. Sykes, From Sheldon to Secker (Cambridge 1959), ch.2 ; G.V. Bennett, The Tory Crisis in Church and State. The career of Francis Atterbury, 1688-1730 (Oxford 1975), ch. 3 ; W. Gibson, Church of England 1688-1832. Unity and accord (London 2001), ch. 3.

[45] En 1686, année de la publication du premier tome de sa Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques (Paris, 1686-1691. 8°, 6 vol.), Louis Ellies Du Pin publia un recueil de dissertations historiques sur les grands thèmes de l’ecclésiologie gallicane : De antiqua Ecclesiæ disciplina dissertationes historicæ (Parisiis 1686, folio). Il y étudiait la structure antique des Eglises, dans leurs rapports avec le siège romain et renouvelait ainsi les discussions sur la puissance papale d’une façon qui inquiéta Paris et qui irrita Rome. Les gallicans modérés jugaient qu’il concédait des arguments à la controverse protestante. Autre imprudence, Ellies Du Pin entra en concurrence avec Bossuet en publiant en 1691 deux volumes complémentaires, Liber psalmorum cum notis quibus eorum sensus literalis exponitur (Parisiis 1691, 8°) et Le Livre des Psaumes, au moment même où l’évêque de Meaux donnait un Liber psalmorum, additis canticis, cum notis (Lugduni 1691, 8°). Averti des défauts dans les premiers volumes de la Bibliothèque d’Ellies Du Pin, signalés dans les Remarques sur la « Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques » de Mr Dupin (Paris 1691, 8°) – dont un compte rendu parut dans le JS du 28 janvier 1692 – Bossuet réagit d’abord en signalant indirectement à l’auteur les erreurs qu’on pouvait relever dans son ouvrage. Ellies Du Pin, qui déjà avait fait face aux critiques des bénédictins de Saint-Mihiel, en particulier à celles de Mathieu Petit-Didier, afficha la même combativité face à Bossuet. Ce dernier rédigea alors un Mémoire sur ce qui est à corriger dans la « Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques de Monsieur Du Pin », où il annonçait son intention de dénoncer Ellies Du Pin à l’archevêque de Paris. Il déclarait avoir relevé dans l’ouvrage de graves erreurs, et reprochait à l’auteur de ne pas différer, sur plusieurs points, des calvinistes. Puis l’évêque composa des Remarques sur l’histoire des conciles d’Ephèse et de Chalcédoine de M. Du Pin, d’où il ressort que les omissions de l’auteur « affaiblissent l’autorité du Saint-Siège, la dignité des conciles, l’autorité des Pères, la majesté de la religion. Elles excusent les hérétiques : elles obscurcissent la foi ». Malgré les interventions apaisantes des amis de Louis Ellies Du Pin, parmi lesquels Jean Gerbais, Jean Racine et Fénelon, Bossuet obtint que les ouvrages incriminés fussent examinés par l’autorité ecclésiastique. Le 12 avril 1692, Ellies Du Pin fut convoqué chez l’archevêque de Paris, François de Harlay de Champvallon, qui lui remit le mémoire rédigé contre ses écrits et lui demanda de s’expliquer. L’acharnement de Bossuet contre le jeune historien, qui pourtant se soumit sans restriction, aboutit à une condamnation publique, éclatante et définitive, le 16 avril 1693, de la Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques. Rome plaça l’ouvrage sur les listes de l’Index le 1 er juillet 1693. Plus indulgent, le Parlement de Paris donna un arrêt qui ordonnait seulement la « suppression du livre jusqu’à ce qu’il ait été corrigé à l’écrit dudit Du Pin ». Basnage de Beauval fait allusion à ce conflit dans sa lettre adressée à Leibniz le 2 octobre 1692, et il y revient le 4 juillet 1693 : « L’affaire de M. Du Pin est terminée. On l’a obligé à donner des retractations assez considerables ; et cependant l’archevesque de Paris a condamné la Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques de M. Du Pin comme contenant plusieurs propositions fausses, temeraires, scandaleuses, et le Parlement de Paris a defendu de lire, ni d’imprimer ce livre, et en joint à ceux qui ont des exemplaires de les apporter au greffe pour estre supprimez. On croit que le nonce a bonne part à cette condamnation, parce que M. Du Pin n’a pas trop epargné le pape. » (Leibniz, Philosophische Schriften, iii.88, 98). Voir aussi le Dictionnaire de Port-Royal, s.v. (art. de R. Pouzet).

[46] David-Augustin Brueys, Histoire du fanatisme de nostre tems et le desein que l’on avoit de soulever en France les mécontens des calvinistes (Paris 1692, 8°).

[47] Bayle prend soin, en écrivant à Minutoli, de ne pas approuver explicitement les critiques de Brueys à l’égard des vaudois, et souligne que Jurieu, défenseur des vaudois et des prophètes du Dauphiné dans les Lettres pastorales (15 mars 1689, éd. R. Howells, p.107-107-108), fait ici l’objet d’une attaque. En revanche, il avait pris explicitement une position très critique contre la « Glorieuse Rentrée » des vaudois et contre les petits prophètes du Dauphiné dans l’ Avis aux réfugiés, éd. G. Mori, p.229-254, 289-290 ; voir aussi La Cabale chimérique, partie II, ch. 6 ( OD, ii.666a), et Henri Basnage de Beauval, Réponse de M. *** ministre, à une lettre écrite par un catholique romain, sur le sujet des p[etits] prophètes du Dauphiné et du Vivarais (30 mai 1689 : OD, v-2, p.79-82).

[48] Sur cette édition des œuvres de Samuel Bochart établie par Etienne Morin, voir Lettres 881, n.14, et 883, n.2.

[49] La critique du Moyse sauvé de Saint-Amant se trouve dans les œuvres de Samuel Bochart : voir Lettre 889, n.8, 9.

[50] Etienne Morin, professeur de langues orientales à l’Ecole Illustre d’Amsterdam entre 1686 et 1699, ancien élève du bibliste et orientaliste Samuel Bochart (1599-1667). Il s’agit ici de la nouvelle édition des œuvres de Bochart, Opera omnia, hoc est, Phaleg, Canaan, et Hierozoicon : quibus accesserunt variæ dissertationes, hactenus omnes ineditæ [...] ut et paradisi terrestris delineatio ad Bocharti mentem a Stephano Morino concinnata. Præmittitur vita cl. auctoris ab eodem Morino litteris mandata cum variorum ejus operum recensione [...] succedunt varii indices [...] Editio tertia (Lugduni Batavorum, Ultrajecti 1692, folio, 3 vol.) : voir D. van Miert, Illuster Onderwijs. Het Amsterdamse Athenaeum in de Gouden Eeuw, 1632-1704 (Amsterdam 2005), p.175.

[51] Johannes Moller, Isagoge ad historiam chersonesi cimbricæ chorographicam, naturalem, antiquariam, civilem, genealogicam, ecclesiasticam et literariam, tam verustiorem, quam modernam, tam universalem, quam particularem singularum illius regionum ac civitatum : notitiam item legum ejusdem provincialium ac municipalium, et controversiarum illustrium atque sacrarum quadripartita (Hamburgi 1691, 8°). En 1699, devait paraître une édition enrichie comportant le traité d’ Albert Bartholin, De scriptis Danorum, Norwagorum et Islandorum, ainsi que le texte De Scriptis Suecorum de Johannes Scheffer : Bibliotheca septentrionis eruditi ; sive, syntagma tractatuum de scriptoribus illius (Lipsiæ, Hamburg 1699, 8°, 4 vol.).

[52] Daniel Morhof, Polyhistor sive de notitia auctorum et rerum commentarii (Lubecæ 1688, 4°) ; le deuxième tome devait paraître prochainement (Lubecæ 1692, 4°). Une deuxième édition parut en 1714 : Polyhistor literarius, philosophicus et practicus : maximam partem opus posthumum accurate revisum, emendatum, ex autoris annotationibus autographis, et mss. aliis, suppletum passim atque auctum [...] duabusque præfationibus [...] præfixis, quarum prior Morhofii vitam et scripta [...] exhibet, illustratum a Johanne Mollero [...] Accedunt indices necessarii (Lubecæ 1714, 4°, 2 tomes).

[53] « étant donné que ce sera un ouvrage posthume ».

[54] Jacques Philippe de Lacombe de Vrigny, Defense du Parlement d’Angleterre, dans la cause de Jaques II (Rotterdam 1692, 8°).

[55] Jean Mabillon (1632-1707), Traité des études monastiques ; divisé en trois parties, avec une liste des principales difficultez qui se rencontrent en chaque siecle et un catalogue de livres choisis pour composer une bibliothèque ecclésiastique (Paris 1691, 4°), dont Basnage de Beauval vient de donner un compte rendu dans l’ HOS, septembre 1692. Cet ouvrage avait provoqué la réaction hostile d’ Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé, abbé de la Trappe, Réponse au « Traité des études monastiques » (Paris 1692, 4°), recensée dans le JS du 21 avril 1692, réponse à laquelle Mabillon répliqua par l’ouvrage évoqué ici par Bayle, Réfléxions sur la « Réponse » de Mr l’abbé de la Trappe au « Traité des études monastiques » (Paris 1692, 4°), elles aussi recensées dans le JS du 17 novembre 1692. Le bénédictin Denis de Sainte-Marthe intervint en faveur de Mabillon, Lettre à M. l’abbé de la Trappe, où l’on examine sa « Réponse au “Traité des études monastiques” » et quelques endroits de son commentaire sur la règle de s[aint] Benoist. Avec un recueil de pièces qui concernent ces lettres (Amsterdam 1692, 12°), comme aussi Jean-Baptiste Thiers (1636-1723), en défense de Rancé, par son Recueil de quelques pièces relatives aux quatre lettres écrites à M. l’abbé de la Trappe (Cologne 1693, 12°, 2 vol.) et son Apologie de M. l’abbé de la Trappe (Grenoble 1694, 12°) ; ce dernier ouvrage fut supprimé. Voir D.-O. Hurel, « Les relectures mauristes de saint Bernard et de l’histoire de l’ordre cistercien », in N. Bouter (éd.), Unanimité et diversité cisterciennes. Filiations, réseaux, relectures du XII e au XVII e siècle (Saint-Etienne 2000), p.629-646.

[56] Henri Dodwell, Prælectiones academicæ in schola historices camdeniana : cum appendice (Oxonii 1692, 8°).

[57] Henri Dodwell, Prælectiones academicæ in schola historices camdeniana : cum appendice (Oxonii 1692, 8°).

[58] L’Heraclite françois divisé en trois parties (Cologne 1692, 8°).

[59] Sur la victoire française de Steinkerque, voir Lettre 882, n.32.

[60] Sur la réussite de François-Henri de Montmorency Bouteville, maréchal de Luxembourg, à la bataille de Steinkerque, voir Lettre 882, n.32.

[61] Dans son Mercure historique, septembre 1692, p.320-322, Gatien Courtilz de Sandras s’attaque d’abord aux mensonges de la propagande française sur la bataille d’Enghien : « On a beau chanter des Te Deum et faire des rejouissances publiques pour la victoire prétenduë du combat donné près d’Enghien. Les peuples sont plus allarmez des affaires du Dauphiné qu’ils ne sont pénétrez de joye, au sujet de cet avantage, qu’ils croyent la plupart chimerique, comme il l’est effectivement. En effet, sur quoi se fonderoient-ils ? Ce ne sera pas du moins sur la relation qu’on a fabriquée à Paris, au nom de M. de Luxembourg, car quelque soin qu’on se soit donné pour ménager ce recit étudié à l’avantage des François, on ne fait donner aucun air de victoire à ce général dans aucun endroit de sa lettre. » Le journaliste propose ensuite une lettre prétendument datée du camp de Houes du 5 août 1692 : « Mons[ieur] et très-honoré amy, Ce qui vient de nous arriver vous suprendra beaucoup en l’ap[p]renant ; mais nous le fumes bien plus lors qu’il s’executa ; et comme Albergoti qui en porte la nouvelle au Roi, ne sera pas celui qui en fera la relation la plus juste, j’ai voulu vous la donner telle qu’elle est. » Suit un récit succinct des événements désavantageux pour l’armée française : « Je vous asseure, Mr, que pendant une heure, le desordre fut grand dans notre disposition, et bien des gens se trouverent embarrassez, qui dans les relations et dans les gazettes, seront des Cesars de sang froid. Les ennemis [...] fondirent dans nôtre camp [...] d’une furie extraordinaire, et penetrerent jusques à nôtre canon dont ils furent maitres, quelque temps ; et après un assez long combat et un fort grand carnage, ils regagnerent le bois. Ce fut alors que chacun de nous reprit courage, et qu’on occupa le terrain que les ennemis laissoient. [...] Mandez-moi ce qu’aura produit l’arrivée d’Albergoti, et ce qu’on dira de Monsieur de Luxembourg, qui s’est laissé surprendre [...] ».

[62] David Constant, professeur d’éloquence latine à l’académie de Lausanne.

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