Lettre 97 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Paris, le 15 juin 1675]
Monsieur e[t] t[res] c[her] f[rere],

N’attendez pas que je vous exprime au juste la douleur dont je me trouve accablé depuis la funeste nouvelle q[ue] vous m’avez envoyée [1]. Quand je serois eloquent (ce qui n’est pas), je ne vous representerois que confusement ce que j’ay senti à l’ouye de cette triste avanture*. Dieu nous a oté la meilleure mere du monde, dont la tendresse pour moi a eclaté d’une façon admirable dans sa vie, mais sur tout dans sa mort. Qui pourroit doutter que le dessein de la Providence n’ait eté de m’appeller aux lamentations, aux pleurs et aux sanglots ? Asseurement ce seroit contrequarrer l’intention divine que de refuser l’affliction, et que d’y chercher de l’allegement. Il faut s’en laisser devorer, jusques à ce que Dieu lui meme voyant qu’il y en a assez, prenne le soin de l’eteindre dans ces eaux saillantes de consolation et de joye qui ne se trouvent que par devers* luy [2]. Si vous m[on] t[res] c[her] f[rere], qui possedez à fonds l’art de consoler, et qui le prattiquez continuellement, n’avez peu soûtraire votre coeur à l’affliction la plus amere ; que dois je me promettre, moi qui ne me suis jamais fortifié contre ces sortes d’attaques, et qui ay toujours laissé ouvertes toutes les avenues de mon ame à cette espece d’ennemis. Je vous avoüe que la consideration de votre affliction a terriblem[en]t fortifié la mienne. Vous avez pleuré amerement ; votre douleur s’est fait connoitre par les marques les plus sensibles ; le decôrum de votre charge, ni la profession que vous faittes de consoler le prochain, votre robbe enfin n’ont peu vous sauver des atteintes de la douleur

nec te tua plurima Pantheu

Labentem pietas, nec Apollinis infula texit.

Virg[ilius] Æneid[os] 2 [3] .

Comment pourrois je apres cela conserver quelque moderation, moi qui manque de tous ces moyens plausibles et specieux de l’excuser. Non non il ne faut rien de mediocre, il faut que la grandeur de ma tristesse reponde à la grandeur de ma perte : et si ma douleur ne peut monter aussi haut ; que la durée du moins en fasse l’equilibre. Cela ne sauroit manquer, car les passions ausquelles on ne contredit point, n’ont garde de se retirer d’elles memes. Or je ne suis pas resolu de combattre avec mon affliction. Toutes les maximes, tous les passages, toutes les moralitez dont on bat cette passion, ne font que blanchir quand nous les faisons joüer sur nous memes. Vous en sauriez que dire m[on] c[her] f[rere], vous qui apres l’avoir / terrassée en mille rencontres, et apres avoir heureusement emploié vos machines* pour la chasser des coeurs les plus desolez, n’avez peu les tourner utilement contre votre propre desolation. En effet ce sont des remedes merveilleux pour les autres, mais presque inutiles pour nous memes

Nec prosunt Domino quæ prosunt omnibus artes Ovid[ius] Meta[morphoseon] 1 [4]
Je n’en dis pas d’avantage. Il suffit de cela pour vous donner une grande impression de ce que je sens. J’admire la bonté de Dieu de s’etre si hautement declaré en faveur de ceux qui le servent fidellement toute leur vie, et d’avoir accordé à n[otre] b[onne] et pieuse m[ere] ces marques eclatantes de son amour durant son dernier combat. Cette resignation, ce zele, cette force d’esprit, cette elevation d’ame, et tout ce enfin dont j’attends impatiemment le detail, ont authentiquement justifié la foy de notre defunte, et Dieu en accordant une mort si bien parlante (s’il est permi d’user de cette expression) distingue dés cette vie ses eleus et prononce une espece d’arret qui les range à sa droitte parmi ses brebis [5]. C’est un fleuron detaché par avance de la couronne de vie [6], qui est toute prete d’etre mise sur la tete d’un fidele mourant. J’entrerois trop avant sur vos terres si je poussois plus loin cette reflexion. J’ay bien du regret que le portrait [7] n’ait peu servir à la consola[ti]on de la personne que nous pleurons. S’il peut etre de quelque usage pour ceux qui restent, s’il peut les entretenir du respect, de la tendresse et de l’obeissance que je leur ai voüée, j’en benirai Dieu de tout mon coeur.

Depuis l’avoir fait partir, je vous ay ecrit un billet, et un autre à m[on] t[res] h[onoré] p[ere], ce dernier par le Sr Labat [8] qui a quitté cette ville. Vous avez peu apprendre le peu de satisfaction que je goute dans mon poste à cause du peu de liberté que j’y ay. Je me suis expliqué si fortement que je crains de vous avoir allarmez. Il n’y a remede, dabit Deus his quoque finem [9]. Je suis seur que vous n’etes pas venu à Montauban au tems que vous m’aviez marqué, puis que je ne l’ai point seu. Mandez moi je vous prie, votre arrivée dés que vous le pourrez. Mr de las Forgues [10] est bien de mes amis, il a beaucoup de merite, je plains* que mes occupa[ti]ons d’un coté et les siennes de l’autre, nous empechent de nous voir souvent. Le grand mal pour moi est que mes disciples ne vont point au college, car les precepteurs ont assez de bon tems, lors que leurs ecoliers y vont [11], comme Mr Bourdin vo[us] / a dit peut etre. Asseurez de mes respects l’Ecclesiaste [12] dont le latin s’est signalé pour votre consola[ti]on. Tres humbles actions de graces à vos illustres voisins des souhaits qu’ils font pour moi. Je suis leur tres humble serviteur. Vous m’obligerez sensiblement* de me communiquer les rela[ti]ons qui vous viendront du Roussillon [13]. Un des gens de Mr de Schomberg [14] a envoyé icy un journal de ce qui s’est fait en ce pays là depuis q[ue] ce general s’est mis en campagne, et il a affecté de donner une liste de 96 bourgs et villages de la Catalogne qui ont preté serment de fidelité au Roy [15]. Ceux qui lisent cette liste avec de grands mots catalans, et qui ne savent pas la carte du pays s’imaginent que nous avons fait deja une illustre conquete dans la Catalogne. Je vous ay deja parlé de la reponse que Mr Jurieu professeur en theologie à Sedan, a faite au livre de Mr Arnaud contre notre morale [16]. Mr Arnaud nous avoit depeints plus noirs que des demons. Mais Mr Jurieu luy a repondu d’une maniere si solide, si savante et si eloquente et il a repoussé si vigoureusement la hauteur et la malignité de son stile que c’est un livre generalement approuvé. On m’a dit qu’un ministre de Soubize [17] dont j’ay oublié le nom a composé une reponse au meme livre de Mr Arnaud, laquelle il va publier, qui ne devra rien à celle de Mr Jurieu. Cela n’empeche pas que Mr Arnaud n’ait publié depuis peu une partie de sa derniere reponse au livre de Mr Claude [18]. Il s’est attaché principalement à prouver que les Grecs • tiennent la transubstantiation. Le P[ere] Meimbourg (qui a une bonne plume) vient de faire imprimer l’ Histoire des Croisades [19]. Mr Gadrois [20], philosophe carthesien a fait imprimer un Systheme du monde qui est bien estimé. Il y a un Voyage du mont Liban traduit de l’italien d’un jesuite nommé Bandini, par un pere de l’Oratoire nommé Simon Recarede [21], où il y a des choses bien curieuses. Le traducteur qui n’est pas ami des jesuites a fait des observations sur le livre, qui valent bien le livre meme. Le P[ere] Bossu, chanoine regulier de S[ain]te Genevieve a publié un Traitté du poeme epique qu’on estime beaucoup [22]. Caspar Bartolin fils du fameux Thomas Bartolin a fait imprimer divers traittez fort curieux, De armillis veterum , De inauribus veterum , De puerperio veterum , avec diverses dissertations de medecine De variolis puerorum , De essentia stiptica  [23], etc. Le P[ere] Rapin a repondu au P[ere] Vavasseur qui avoit si mal traitté les Reflexions sur la poetiq[ue] [24], mais il est impossible de trouver cette reponse, tant on a pris soin de / supprimer les monumens de la querelle de ces 2 freres. Le P[ere] Vavasseur est un fort savant personnage, et qui parle tres bien latin. Il a fait un beau traitté de l’epigramme en cette langue, et un autre De Ludicra dictione  [25], c’est-à-dire, du stile burlesque, où entre autres choses il pretend prouver qu’ Æsope n’est pas l’autheur des fables qui courent sous son no[m]. L’une de ses raisons est qu’il est fait mention dans ces fables, du Pyrée quoi qu’il n’ait eté construit que 100 ans apres la mort d’ Æsope. Ce pere a fait aussi une satyre en latin contre Mr Godeau [26], et plusieurs autres traittez. Je me souviens à present du nom du ministre de Xaintonge qui repond à Mr Arnaud. Il s’appelle Mr Hesperien. Au reste puis que vous achetez quelquefois des livres, je vous conseille d’acheter un gros Dictionnaire historiq[ue] et poetique qui a eté imprimé à Lyon depuis 1 an. L’autheur se nomme Mr Moyeri [27]. Il ne coute icy que 10 ou 11 livres relié en veau. C’est un in-folio. On veut q[ue] Mr de Schomberg se soit emparé d’un fort aupres de Gironne, et de la ville d’Ampurias pres de la mer [28]. La ville de Dinant, sur la Meuse, appartenant à Mrs de Liege, et le chateau où il y avoit garnison imperiale se rendit à Mr le marechal de Crequi le 29 du passé* apres 7 jours de tranchée ouverte [29] ; depuis ce marechal ayant eté envoyé du coté de Treves, Mr le marquis de Rochefort a fait le siege de Huÿ appartenant aux Liegois, mais ayant garnison imperiale ; cette place qui est sur la Meuse entre Liege et Namur se rendit le 7 du courant. Depuis quoi le meme marquis de Rochefort est allé assieger Limbourg [30]. Le Roy est avec son armée en deça de la Meuse, du coté de Tongres. Du coté du Rhin, Mr de Turenne et Mr de Montecuculi joüent au plus fin [31]. Ce dernier voulant obliger Mr de Turenne à decamper d’aupres de Strasbourg, afin qu’en suitte* de cela, rien ne l’empechat de s’emparer du pont de cette place, a fait diverses feintes. Il s’est approché de Philisbourg, et a formé le blocus, cela n’attirant pas Mr de Turenne du coté de Philisbourg, il a fait passer le Rhin à son armée sur le pont de Spire, et a publié qu’il venoit livrer bataille aux Francois. Mais Mr de Turenne luy a joüé un autre tour, car il est passé de l’autre coté du Rhin au dessus de Strasbourg, et s’est venu camper dans le pays ennemi en un lieu q[ui] ote la communica[ti]on de Strasbourg aux Imperiaux. Montecuculi a repassé du meme coté de la riviere, et vient à luy à ce qu’on dit. Si cette lettre vous trouve à Montauban,vous trouverez ennuyeuse cette page, car vous n’avez que faire des nouvelles que je vous pourrois mander, ayant à commandement toutes les gazetes. Je suis v[ot]re &c.

le 15. juin 1675

Notes :

[1] C’est apparemment par une lettre de son frère Jacob que Bayle apprit la mort de leur mère ; elle ne nous est pas parvenue.

[2] Expression biblique : voir, par exemple, Es 66,11, et Phm 1,7.

[3] Virgile, Enéide, ii.429-430 : « et toi non plus, Panthus, ni ta piété si grande ne t’a empêché de glisser dans la mort, ni le diadème d’Apollon ». Bayle écrit Pantheu par inadvertance pour Panthu.

[4] Ovide, Métamorphoses, i.524 : « mon art, utile à tous, est inutile à son maître », dit Apollon qui ne peut guérir son amour pour Daphné.

[5] Mt 25,31-32.

[6] Voir Jc 1,12 et Ap 2,10.

[7] Voir Lettre 96, n.5.

[8] Voir Lettres 91, p.168, et 92, n.1.

[9] Virgile, Enéide, i.199 : « Dieu mettra un terme à ces épreuves aussi. »

[10] Il faut probablement reconnaître dans ce Lafargue le jeune Méridional que Bayle avait rencontré à Genève : voir Lettre 10, n.39. Il pourrait bien avoir été, lui aussi, précepteur dans une famille parisienne. Les réformés de la capitale se rencontraient facilement, le dimanche, à Charenton, durant l’intervalle entre le culte du matin et celui de l’après-midi.

[11] Quand les pupilles d’un précepteur allaient au collège, celui-ci jouait un rôle de répétiteur et surveillait le travail à faire chez soi, mais il était libre pendant toute la durée des classes. Ce genre de préceptorat, souvent exercé par les étudiants en théologie, laissait des loisirs appréciables à qui l’exerçait, car les horaires des collèges étaient lourds.

[12] Cette appellation désigne probablement Laurent Rivals, qui aurait apparemment écrit un poème latin ou une lettre de consolation en cette langue à son vieil ami Jean Bayle, à l’occasion de son veuvage.

[13] Des troupes françaises combattaient l’Espagne en Catalogne ; la proximité du Pays de Foix et du Roussillon (annexé à la France depuis 1659 et la Paix des Pyrénées) par rapport au théâtre des opérations militaires laisse escompter à Bayle qu’au Carla on dispose d’informations plus exactes que les nouvelles partiales données par la Gazette. Sur ces campagnes militaires, voir aussi Gatien Courtilz de Sandras (1644-1712), Relation de ce qui s’est passé en Catalogne pendant les campagnes de 1674 et 1675 (Paris 1678, 12°).

[14] Sur le déroulement de la campagne de Schomberg en Catalogne dans cette période, voir la Gazette, n° 53, nouvelle du camp de Gouillane en Roussillon du 11 mai 1675, n° 55, nouvelle de Figuières, en Catalogne, du 16 mai 1675, n° 57, nouvelle d’Armadas, en Catalogne, du 20 mai 1675, et n° 59, nouvelle du camp près de Gironne du 4 juin 1675.

[15] Une liste des conquêtes de Schomberg en Catalogne sera publiée dans l’extraordinaire de la Gazette, n° 63 du 25 juin 1675.

[16] Voir Lettre 69, n.7.

[17] Ce pasteur de Soubise (Saintonge) était Pierre Hespérien (?-1676), dont on sait peu de chose, si ce n’est qu’il avait soutenu des thèses à Saumur en 1647 et qu’on connaît de lui quelques sermons imprimés. David Ancillon (1617-1692), dans les Mémoires concernant les vies et les ouvrages de plusieurs modernes célèbres dans la république des lettres, parus posthumes (Amsterdam 1709, 12°), p.132, signale d’ Hespérien un « Traité de la justification contre M. Arnaud », demeuré inachevé par la mort de son auteur : celui-ci en avait soumis une première rédaction à Claude et à Conrart, qui l’avaient encouragé à y mettre la dernière main. Au synode provincial de Saintonge, tenu à Marennes en octobre 1674, à cause de l’« indisposition qui continue depuis longtemps » dont souffrait Hespérien, on accorda un second pasteur à temps partiel à la communauté réformée de Soubise, Pierre de Geac. En septembre 1676 (voir Lettre 133, p.388, et n.29), Bayle qualifie Hespérien de « feu ».

[18] Il s’agit du troisième volume de la « grande » Perpétuité : voir Lettre 90, n.22.

[19] Sur cet ouvrage de Louis Maimbourg, voir Lettre 90, n.23.

[20] Claude Gandroys (1642-1678), médecin cartésien, Le Système du monde selon les trois hypothèses, où conformément aux lois de la mechanique l’on explique, dans la supposition du mouvement de la terre, les apparences des astres, la fabrique du monde, la formation des planètes, la lumière, la pesanteur, etc. (Paris 1675, 12°). Le JS du juillet 1675 recensera cet ouvrage. Bien plus tard ( Eclaircissement, n.70), Bayle citera un autre livre de Gandroys : Lettre à M. de La Grange-Trianon, pour servir de réponse à celle que M. Castelet a écrite contre les raisons de M. Descartes touchant le flux et le reflux de la mer (Paris 1677, 4°).

[21] Voir Lettre 93, n.31, sur cette traduction, œuvre de Richard Simon.

[22] Sur Le Bossu, voir Lettre 79, n.19 ; il s’agit ici de son Traité du poème épique (Paris 1675, 12°, 2 vol.), qui connaîtra une nouvelle édition établie par les soins de Saint-Hyacinthe et de Le Courayer (La Haye 1714, 8°).

[23] Voir Lettre 90, n.27.

[24] Sur le conflit entre les deux Pères jésuites Rapin et Vavasseur, voir Lettre 79, n.22, 23 et 26.

[25] Voir Lettre 93, n.8.

[26] Antonius Godellus, episcopus Grassensis, an elogii Aureliani scriptor idoneus, idemque utrum poëta (Parisiis 1650, 8°, aussitôt réédité Constantiæ). Sur ce recueil, voir J. Orcibal, Les Origines du jansénisme. II-III : Jean Duvergier de Hauranne, abbé de saint-Cyran et son temps (Paris 1947-1948), ii.334 ss. Antoine Godeau (1605-1672), évêque de Grasse, académicien, auteur fort abondant d’ouvrages de piété, poète à ses heures : voir Dictionnaire de Port-Royal, s.v.

[27] Louis Moreri (1643-1680), prêtre, publia Le Grand dictionnaire historique, ou le mélange curieux de l’histoire sainte et profane (Lyon 1674, folio) ; une seconde édition augmentée, procurée par Parayre, parut peu après la mort de Moreri (Lyon 1681, 2 vol. folio). L’ouvrage connut par la suite de multiples rééditions, corrigées et augmentées par une foule d’érudits, protestants ou catholiques selon les lieux d’impression, jusqu’à atteindre, en 1759, dix volumes in-folio. Cet ouvrage sera à l’origine du projet du DHC, quinze ans plus tard, en ce sens que Bayle en avait à la fois apprécié l’utilité et mesuré les défauts.

[28] Bayle fait allusion à l’ordinaire de la Gazette, n° 59, qui annonçait cette conquête dans les nouvelles du camp près de Gironne, datées du 4 juin 1675.

[29] Sur la prise de Dinant, voir dans la Gazette les nouvelles de Bouillon du 4 juin 1675. François de Blanchefort, marquis de Créqui (1629-1687), avait été élevé à la dignité de maréchal de France en 1663. Il se fera surprendre, le 11 août, à Consarbrück et devra se réfugier à Trèves, où une mutinerie des troupes le contraindra à se rendre.

[30] Henri-Louis d’Aloigny, marquis de Rochefort (?-1676), maréchal de France en 1675, qui avait trempé dans la Fronde dans sa jeunesse, était protégé par Louvois. Les mauvaises langues disaient que c’était parce que la marquise de Rochefort, née Madeleine de Laval-Boisdauphin, avait été la maîtresse du ministre, mais cela semble avoir été une imputation calomnieuse, quoiqu’il soit avéré que Louvois fit des avances à la jeune femme. Voir la lettre de Mme de Sévigné à M. de Grignan du 16 janvier 1671, i.146 et n.1. Sur la prise de Huy, voir l’extraordinaire de la Gazette, n° 60 du 18 juin 1675 : « Le siège et la prise de Huy par les troupes du Roy, sous le marquis de Rochefort, lieutenant général dans les armées de Sa Majesté : et la défaite d’un puissant parti des ennemis, près la Bassée », et sur la présence du maréchal de Rochefort à Limbourg, l’ordinaire n° 62, nouvelle du camp devant Limbourg du 17 juin 1675.

[31] De nombreux articles de la Gazette rapportent les feintes de Montecuccoli et de Turenne : voir en particulier les ordinaires n° 57, nouvelle de Strasbourg du 30 mai 1675 et nouvelles du camp d’Akenheim du juin 1675 ; n° 59, nouvelle du camp d’Akenheim du 8 juin 1675 ; n° 62, nouvelle de Strasbourg du 14 juin 1675, du camp de Wilstet du 15 juin 1675, et enfin de Brisach du 16 juin 1675. On le constate, les nouvelles de la guerre filtraient dans les conversations parisiennes par la voie de lettres privées et de gens en contact avec la Cour, dès avant qu’elles ne fussent relatées par la Gazette.

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