. Lettre : à

Annexe IV   Lettre inédite   Pierre Bayle à Michel Le Vassor [1]  

A Rotterdam le 12 e de juillet 1695

La lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’ecrire, Monsieur, m’a comblé de joie, et je vous ren[d]s mille actions de graces de la bonté que vous avez euë de m’ap[p]rendre que Mylord Tromball vous a parlé de moi avec des marques d’affection [2]. C’est un seigneur dont j’honnore infiniment le merite extraordinaire ; j’eus l’honneur de lui faire la reverence quand il passa par cette ville en revenant de Constantinople et j’en recus toutes sortes d’honnetetez [3]. J’ai eu une joie tres vive de la justice qui lui a eté faite lors que S[a] M[ajesté] B[ritannique] lui a conferé la charge de secretaire d’Etat [4], qu’il est si capable de remplir et de plus grandes encore au bien et à l’avantage de la nation. Si je ne me fusse consideré comme trop peu de chose[,] j’aurois pris la liberté de lui temoigner par une lettre tres respectueuse la part que je pren[d]s à sa nouvelle dignité[,] mais j’ai cru que ma petitesse me devoit faire une autre lecon, et me reduire à me rejoüir en secret, et à faire un hommage tacite à une vertu aussi grande que la sienne dans le grand emploi dont elle a eté recompensée. Je vous sup[p]lie Monsieur, d’etre l’interprete de mes sentimen[t]s aupres de cet illustre seigneur, et de lui marquer ma profonde reconnoissance pour les grandes bontez qu’il me temoigne.

J’ai trouvé tres judicieux l’avis que vous m’avez donné de laisser meurir les choses, et de garder le silence. J’ai là-dessus si peu d’impatience et je suis si content du loisir dont je joüis, et de l’independance où je me trouve, que je / suis presque convaincu que je serois faché d’en sortir [5].

Nous n’avons pas des nouvelles considerables touchant la lit[t]erature. Mr Leers a achevé l’impression de l’ Histoire de l’edit de Nantes [6]. Tout l’ouvrage contient 5 volumes in 4[,] les deux premiers ont paru depuis long tem[p]s : les 3 derniers viennent de paroitre, et sont curieux. Il fait travailler avec assez de diligence à une Histoire de l’Angleterre depuis Henri VII inclusivement jusqu’à notre tem[p]s. Mr de Larrai[,] avocat normand, refugié à Berlin[,] est l’auteur de cette Histoire qui contiendra pour le moins deux volumes in folio [7]. Le premier volume du Diction[n]aire critique sera bien tot achevé, on hatera l’impression de l’autre le plus qu’on pourra, mais il n’y a nulle ap[p]arence qu’il soit achevé d’imprimer que pour le commencement de l’année 1697 [8]. Chaque tome contiendra 330 feuilles plus ou moins. Mr Gronovius vient de publier le Monumentum Ancyranum plus ample qu’il n’avoit jamais paru [9]. Un voiageur hollandois qui a eté sur les lieux l’a copié beaucoup plus exactement que ceux dont Busbec s’etoit servi en passant par Ancyra, ne l’avoient copié [10]. Mr Gronovius y a joint des notes savantes à sa maniere. Un autre professeur de Leide nommé Matthæus vient de publier le traitté d’ Alciat De Monachis [11], il y a joint plusieurs notes, et diverses lettres de savan[t]s de tout pays. Ces sortes de pieces ne sont pas toujours fort importantes, mais elles sont tres instructives pour l’histoire des savan[t]s, et des livres, sans conter [sic] les explications qu’elles contiennent de diverses difficultez. Mr de Vries[,] fameux professeur en philosophie à Utrecht, et ardent anti-cartesien[,] a donné une nouvelle edition de ses Exercitationes philosophicæ fort augmentée [12]. Il examine plusieurs matieres de metaphysique contre les cartésiens, et entre autres celle des idées innatæ. Nous avons une nouvelle edition des lettres de Bongars en latin et en francois [13]. On a decouvert que l’edition de Paris etoit mutilée en divers endroits / celui qui mit en francois les lettres les aiant destinées à l’usage du Dauphin en retrancha divers endroits où Bongars piquoit librement les ecclesiastiques, et les Ligueux [14]. Tout cela est retabli dans cette nouvelle edition. Il est vrai que comme l’impression etoit commencée avant que l’on se fut apercu des mutilations, il y a quelques endroits retablis qui ne sont pas à leur place mais à la fin de l’ouvrage. Je ne vous parle point de quelques petits ouvrages venus de France que l’on a rimprimez en Hollande ; il y a un sur la satire [15], un autre sur le bel esprit [16], où on trouve par cy par là des pensées assez judicieuses, et raisonnables. Vous savez sans doute que les Reflexions de Mr Arnauld sur l’eloquence, qu’il avoit ecrites à Mr Du Bois de l’Academie francoise sont imprimées [17]. Je ne vous parle point non plus d’une legion de satyres contre la France qui ont paru • coup sur coup depuis deux mois, L’Alcoran de Louis XIV ou le testament politique du cardinal Mazarin [18] : La Cour de S[ain]t-Germain depuis l’arrivée du roi Ja[c]ques jusques à present [19] : Les Pensées morales de Loüis XIV depuis le bombardement de Dieppe [20] : L’Esprit du cardinal Mazarin, ou entretiens sur les matieres du tem[p]s [21] ; L’Esprit familier de Trianon, ou histoire de la mort de la duchesse de Fontange [22], on sup[p]ose qu’elle est ap[p]aruë[ ;] Le Maréchal de Luxembourg au lit de la mort[,] tragicomedie [23]. On reimprime à Leyde le Lexicon universale de Hofman [24], et les œuvres de Gregoire Gyraldi [25].

Voila Monsieur ce que je puis vous dire sur cet article pour cette fois. Je finis en vous asseurant de l’estime tres particuliere que j’ai pour vous, et en vous souhaitant toute la prosperité dont vous etes digne. Je suis seur que mes souhaits seront accomplis, parce que vous etes dans un pays où l’on estime les savan[t]s, et où l’on se fait une affaire de les favoriser.

Je suis et serai toute ma vie, Monsieur votre tres humble et tres obeissant serviteur Bayle

 

A Monsieur / Monsieur Le Vassor / docteur en theologie / A Londres •

Notes :

[1] Source : *A. BL, Add ms. 72532, f.108-109 : lettre autographe. Nous devons la découverte du manuscrit de cette lettre à la curiosité inlassable et à l’instinct très sûr de Christine Jackson-Holzberg (Munich) ainsi qu’à la patience et à la diligence de Jeff Kattenhorn (British Library, Londres). L’immense collection des manuscrits de William Trumbull fut d’abord déposée à Easthampshire Park, parmi les manuscrits Downshire : ils firent l’objet du Report on the manuscripts of the marquess of Downshire preserved at Easthampshire Park, Berks., vol I : Papers of William Trumbull (London 1924) établi par E.K. Purnell, où la présente lettre est signalée à la p.504. Par la suite, en 1953, la collection fut déplacée au Berkshire Record Office, d’où une partie fut retirée en avril et en juillet 1989 pour vente par Sotheby’s – vente qui eut lieu le 14 décembre 1989. Avant cette dernière date, plusieurs séries furent déposées à la British Library : Trumbull Alphabetical Series Correspondence, vol. I-LVI ; Minutes of Letters, vol. I-V ; Trumbull Miscellaneous Correspondence , vol. I-LXI ; et Trumbull Additional Manuscripts. C’est dans l’ensemble des soixante et un volumes de la Trumbull Miscellaneous Correspondence que se trouve le dossier Add ms. 72.532, qui contient la présente lettre.

[2] Cette lettre ne nous est pas parvenue : elle est évoquée dans une lettre de Le Vassor à William Trumbull datée du 11 août 1695 qui se trouve parmi les papiers de celui-ci : voir Lettre 1082, n.1. La première lettre de Le Vassor de cette époque qui nous soit connue est celle du 24 janvier / 3 février 1696 (Lettre 1082), où une formule désigne peut-être la présente lettre : « Monsieur le chevalier Trumball a crû que la reponse que vous m’aviez faite êtoit plus pour lui que pour moi, et dans l’embar[r]as de ses affaires il a oublié de l’envoier ; peut-être s’est-il imaginé que la lettre êtoit pour lui. Quoi qu’il en soit, Monsieur, il n’y a rien de gasté, puisque Monsieur Trumball a toujours de fort bonnes intentions pour vous. » Nous comprenons que Le Vassor a montré la présente lettre de Bayle du 12 juillet 1695 à William Trumbull, qui a compris que Bayle n’était pas pressé de quitter sa position à Rotterdam et « il a oublié de l’envoier » (c’est-à-dire de la faire suivre) conformément à ses « bonnes intentions » : nous supposons que Trumbull avait prévu d’assurer à Bayle une position auprès d’une personne d’autorité en Angleterre (voir ci-dessous, n.4). Cependant, la lettre du 3 février (Lettre 1082) révèle aussi un autre aspect virtuel de cet accord : William Trumbull s’attendait à ce que le Dictionnaire de Bayle lui soit dédié – sans doute en contrepartie de la protection qu’il lui accordait. Toutefois, Bayle devait finalement refuser de dédier le Dictionnaire au secrétaire d’Etat britannique (voir Lettre 1104) et ne devait pas profiter de la protection de Trumbull pour se réfugier en Angleterre. Une autre proposition de protection fut faite à Bayle par John Somers (1651-1716), qui, devenu Lord Chancelier le 22 avril 1697, devait être nommé Lord Somers d’Evesham le 2 décembre de la même année. C’’était un homme cultivé, éditeur de textes anciens, membre de la Royal Society (dont il fut le président entre 1698 et 1703) et du Kit-Kat Club, grand collectionneur de livres, de manuscrits et de dessins, soupçonné de socinianisme, de mœurs très libres. Son biographe : voir ODNB, art. de S. Handley. Son biographe John Oldmixon (1673-1742) déclare, Memoirs of the life of John Lord Somers. Containing, as well as several of his Lordship’s arguments in law, as his speeches in Parliament. With a large introduction, in vindication of the modern biography, occasioned by some general reflections upon in the « Free-Holder » (London, J. Roberts 1716, 8°), p.48-49 : « What leisure his Lordship could find amidst the hurry of publick affairs, he still spent in the politer studies. All men of art and merit were welcome to him ; and he not only encourages but rewarded them. Not did he confine his protection of men of letters to his countrymen only ; foreigners also shared of his favour and bounty, and Mr Le Clerc in particular. About this time [1696-1697], there was great talk of Mr Bayle’s great Historical and Critical Dictionary, as a work which was ready to be made publick ; and my Lord Somers had such a character of it, that he was desirous to do something for the author. Accordingly he wrote to a friend in Holland, intimating that if Monsieur Bayle accepted his patronage for his Dictionary, he had 150 guineas at his service. Mr Bayle had been suspected of caballing with persons in the French interest ; and it was so far proved upon him, that King William ordered him to be removed from his professor’s place by the magistracy of Rotterdam. This highly disgusted that gentleman, and on many occasions he expressed his resentment against King William, but in none more than this. For when a friend of his communicated to him my Lord’s generous disposition towards him, and represented how much it would be for his honour and advantage, Mr Bayle said, It was true ; but he could not bring himself to pay that compliment to a Lord, who was minister to a prince of whom he had reason to complain. That King William had reason to complain of him, we may very well imagine, when he was so well with the French court, that count Guiscard offered him 1.000 crowns a year, and the liberty of his religion, if he would return to France, and be tutor to his sons : the King having given him permission to do it. » Malgré l’invraisemblance de certains détails de ce récit (la déclaration de Bayle à l’égard du roi Guillaume aurait été très dangereuse ; Antoine de Guiscard n’était certainement pas en position de proposer à Bayle un retour en France à l’invitation du roi Louis XIV et ses fils avaient suivi l’enseignement de Bayle à Sedan), l’offre de protection et d’une récompense pécuniaire de la part de Somers en échange de la dédicace du DHC est parfaitement plausible. Nous remercions Christine Jackson-Holzberg de nous avoir signalé ce passage.

[3] William Trumbull avait d’abord été nommé ambassadeur à Paris en novembre 1685, un mois à peine après la révocation de l’édit de Nantes : il avait ouvertement défendu les protestants et avait constamment plaidé leur cause devant les autorités françaises. En particulier, il avait voulu défendre les droits de Guillaume d’Orange sur la principauté d’Orange, que Louis XIV voulait envahir : Trumbull s’était montré si abrupt dans sa défense des droits du roi britannique, que Sunderland dut le rappeler à l’ordre. Ensuite, Louis XIV ôta l’immunité diplomatique dont jouissait les serviteurs réformés de l’ambassadeur britannique : Trumbull fut rappelé à Londres en octobre et on l’expédia à l’ambassade à Constantinople, où il arriva en avril 1687. Il y passa les années les plus heureuses de sa vie publique, se réjouissant de « the honour of the character, the peace and great plenty of our trade, and (above all) the liberty of my conscience and religion ; for the sake of which it was easy to support this banishment with all its attendance and the dwelling in the middle of frequent alarms we received from war, revolutions, tumults, earthquakes and raging plagues among us. » (All Souls College, ms 317, f. 54). Son récit inédit des événements en Turquie devait être exploité par Paul Rycaut (1628-1700) dans la suite qu’il publia de l’ouvrage de Richard Knolles, The Turkish history : from the original of that nation, to the growth of the Ottoman empire, with the lives and conquests of their princes and emperors (6 e éd., London 1687-1700, folio, 3 vol.). Trumbull quitta Constantinople en juillet 1691 et débarqua à Greenwich en janvier 1692, ce qui permet de dater assez précisément son passage à Rotterdam, où nous apprenons ici qu’il fit la connaissance de Bayle. C’est ici la seule mention explicite de cette rencontre. Sur la carrière de William Trumbull, voir Lettre 1104, et ODNB (art. d’A.A. Hanham) et D.W. Hayton, E. Cruickshanks, S. Handley (dir.), The History of Parliament : the House of Commons 1690-1715 (London 2002), s.v. (art. d’A.A. Hanham).

[4] Depuis quelques années déjà, Sunderland cherchait à équilibrer les pouvoirs des Tories et des Whigs et Trumbull figurait comme un élément utile, étant un Tory modéré et un anglican hostile aux persécutions des dissenters. En avril 1694, il avait été nommé au conseil du Trésor, où il était censé exercer une influence modératrice. En mai 1695, il avait été nommé secrétaire d’Etat pour les « affaires du Nord », mais devait se heurter à l’hostilité de Charles Talbot, Lord Shrewsbury, et de sa créature James Vernon, en particulier lors du complot jacobite de Sir John Fenwick. La tension fut terrible et Trumbull devait donner sa démission le 1 er décembre 1697. Ce fut la fin de sa carrière politique.

[5] Les formules de Bayle sont très discrètes, mais, puisqu’il évoque les « bontez » que Trumbull lui témoigne et qu’il précise que l’« affaire » qu’il faut laisser « meurir » entraînerait la perte du « loisir » dont il jouït et de l’« indépendance » où il se trouve à Rotterdam, on peut sans doute conclure qu’il s’agissait de la protection proposée par Trumbull à son égard, concrétisée sous la forme d’un poste en Angleterre auprès de lui-même ou d’une autre personne d’autorité : on peut penser aux relations de Trumbull avec Lord Sunderland et avec Lord Albemarle, celui-ci devant par la suite offrir à Bayle un poste dans sa maison à La Haye (voir Lettres 1698, 1699 et 1700 ; Lord Huntingdon aurait également proposé une rente viagère à Bayle en 1705 : voir Lettre 1698, n.1). En 1695, Bayle prévoyait sans doute de profiter de la protection de Trumbull et du poste qui lui était proposé au cas où l’hostilité de Jurieu lui rendrait la vie impossible à Rotterdam. La lettre du 3 février 1696 de Le Vassor (Lettre 1082) semble confirmer cette interprétation, puisque la dédicace du Dictionnaire à Trumbull y apparaît comme la contrepartie de la protection du nouveau secrétaire d’Etat. Finalement, malgré le tempête provoquée par la publication du Dictionnaire, Bayle devait réussir – au moyen des Eclaircissements de l’édition de 1702 – à se mettre à l’abri des attaques de Jurieu et ne devait pas chercher à profiter des offres de Trumbull, qui d’ailleurs, à cette date, avait quitté la vie publique. Des Maizeaux rapporte, d’après un « mémoire manuscrit de Mr [Jacques] Basnage », que Charles Talbot, duc de Shrewsbury aurait cherché à obtenir pour lui-même la dédicace du DHC en échange de 200 guinées, offre que Bayle refusa : voir Des Maizeaux, Vie de Mr Bayle, p.LXXVI. La correspondance éventuelle entre Bayle ou Basnage avec Lord Shrewsbury à ce propos ne nous est pas parvenue. Dès la sortie du DHC, un certain Thomas Meredyth avait proposé à Bayle, par l’intermédiaire d’ Albert de Haes (oncle du beau-fils de Reinier Leers), une place auprès d’un nobleman britannique qui pourrait être identifié comme Richard Coote, 1 er earl de Bellomont : voir Lettre 1335, n.2 et 3. Cette proposition resta aussi sans lendemain.

[6] Elie Benoist, Histoire de l’édit de Nantes, contenant les choses les plus remarquables qui se sont passées en France jusqu’à l’édit de révocation (Delft, Adrien Beman 1693-1695, 4°, 5 vol.). Bayle se trompe sur le nom de l’imprimeur – à moins que Beman eût établi une convention avec l’un ou l’autre des frères Leers .

[7] Isaac de Larrey, Histoire d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande, avec un abrégé des événemen[t]s les plus remarquables arrivez dans les autres Etats (Rotterdam, Reinier Leers 1697-1713, folio, 4 vol.) : sur l’auteur, voir Lettre 803, n.1 ; sur ses ouvrages, voir Lettres 803, n.1, 838, n.6, 891, n.36-38, et 1767, n.5.

[8] La première édition du DHC devait en effet être achevé d’imprimer le 26 octobre 1696 et paraître sous la date de 1697.

[9] Jacob Gronovius, Memoria Cossoniana, hoc est Danielis Cossonii vita brevitar descripta, ad clarissimos et amplissimos viros Petrum Cossonium Medicum et Joannem van den Bergh J. C. : cui annexa est nova editio Monumenti Ancyrani priore Aug. Busbequii et And. Schotti emendatior et auctior cum notis Jacobi Gronovii ; acc. nonn. inscriptiones ab eodem Cossonio collectæ (Lugduni Batavorum 1695, 4°).

[10] Il s’agit de l’inscription de la Res gestæ Divi Augusti qui se trouve au temple d’ Auguste à Ankara. La première transcription est due à Ogier Ghislain de Busbecq (1522-1591), ambassadeur de Ferdinand d’Autriche, dans ses Itinera Constantinopolitanum et Amasianum ab Augerio Gislenio Busbequii, etc. D. ad Solimannum Turcarum imperatorem C. M. oratore confecta. Ejusdem Busbequii de Acie contra Turcam instruenda consilium (Antverpiæ 1581, 8°), réédités sous le titre Legationis turcicæ epistolæ quatuor [...] adiectæ sunt duæ alteræ eiusdem de re militari contra Turcam instituenda consilium (Francofurti 1595, 8°).

[11] Antonius III Matthæus (éd.), Viri consultissimi [...] Andreæ Alciati, [...] contra vitam monasticam ad... Bernardum Mattium Epistola. Accedit sylloge epistolarum [...] virorum clarissimorum quæ variam doctrinam continent. Accedunt alia adhuc quædam, ut et Vetera aliquot Testamenta, seculo XIII et initio sequentis scripta. Primus omnia in lucem protulit, adjectis passim notis Antonius Matthæus, [...] (Lugduni Batavorum, Frédéric Haaring 1695, 8°).

[12] Gerard de Vries[,] Exercitationes rationales de Deo, divinisque perfectionibus : Accedunt ejusdem dissertationes de infinito, nullibitate spirituum, homine automatico [...] (Trajecti ad Rhenum 1685, 4°), et Exercitationes rationales de Deo divinisque perfectionibus : nec non philosophemata miscellanea (edita nova, Trajecti ad Rhenum [1695], 4°).

[13] Jacques Bongars (1554-1612), Lettres de Jaques de Bongars, resident et ambassadeur du roi Henri IV vers les electeurs, princes et etats protestants d’Allemagne. En latin en françois (La Haye, Adriaen Moetjens 1695, 12°).

[14] Une première édition des Lettres latines, traduites en françois avait paru chez Osmont (Paris 1621, 12°, 2 vol.) et de nouveau chez Pierre Le Petit (Paris 1678, 12°, 2 vol.). Il s’agit ici de l’édition des Lettres latines de Monsieur de Bongars resident et ambassadeur sous le roy Henry IV en diverses negociations importantes. Traduites en francois [par Claude-Oronce Finé de Brianville] et dédiées à Monseigneur Le Dauphin (Paris, Pierre Le Petit 1668, 12°), qui avait été rééditée par Arnout Leers et Adriaen Moetjens (La Haye 1681, 12°) : elle comporte les lettres de Bongars « aux electeurs, aux princes, et aux ministres d’Allemagne, et de Danemarc » ainsi que ses lettres à Joachim Camerarius.

[15] Pierre de Villiers (1648-1728), Traité de la satire, où l’on examine comment on doit reprendre son prochain, et comment la satire peut servir à cet usage (Paris, Jean Anisson 1695, 12° ; s.l.s.n. [Provinces Unies] 1695, 12°).

[16] François de Callières, Du bel esprit : où sont examinez les sentimen[t]s qu’on en a d’ordinaire dans le monde (Paris 1695, 12° ; Amsterdam 1695, 12°).

[17] Antoine Arnauld, Reflexions sur l’eloquence des prédicateurs (Paris, Florentin et Pierre Delaulne 1695, 12° ; Amsterdam, Pierre Brunel 1695, 12°).

[18] Gatien Courtilz de Sandras, L’Alcoran de Louis XIV. Ou le testament politique du cardinal Mazarin. Traduit de l’italien (Roma [Provinces-Unies] 1695, 12°).

[19] Il s’agit apparemment d’un pamphlet qui reprenait le titre de la Mazarinade, Journal véritable et désinteressé de tout ce qui s’est fait et passé tant à Saint-Germain en Laye qu’à Paris, depuis l’arrivée du Roy audit lieu de Saint-Germain jusqu’à présent (Paris 1652, 4°). Knuttel, Catalogus van de Pamfletten-Verzameling berustende in de Koninklijke Bibliotheek (Amsterdam 1889-1920, 9 vol. ; Utrecht 1978, 9 vol.), n° 14.229, indique un pamphlet sous le titre Het Hof van Saint Germain in syn binnenste. Beginnende van ’t jaar 1690 tot 1695. Zynde een pertinent relaas van ’t onthaal dat de Protestanten aldaar in die tijd hebben genooten. Uyt het Engelsch vertaalt door H.G. : il s’agit sans doute de la traduction néerlandaise – à partir de l’anglais – du pamphlet initalement publié en français mentionné par Bayle. Knuttel propose le nom de H. Grettinga comme traducteur néerlandais de ce pamphlet.

[20] Pensées morales de Louis quatorse, Roy de France, depuis la ruïne de Dieppe (Cologne, Pierre Marteau 1695, 12°).

[21] L’Esprit du cardinal Mazarin, ou entretiens sur les matieres du temps, sur ce qui se passe à la cour de France, et dans celle des autres princes de l’Europe (Cologne, Pierre Marteau 1695, 12°), pamphlet qui reprenait également un titre de Mazarinade : Advis de l’âme du maréchal d’Ancre à l’esprit du cardinal Mazarin, touchant la résolution qu’il doit prendre sur les troubles qu’il a nouvellement suscitez en France (Paris 1649, 4°).

[22] L’Esprit familier de Trianon ou l’apparition de la duchesse de Fontanges (Paris [Amsterdam] 1695, 12°).

[23] Le Maréchal de Luxembourg au lit de la mort, tragi-comédie (Cologne, chez Pierre Richemont 1685, 8°).

[24] Johann-Jacob Hofmann, Lexicon universale historico-geographico-chronologico-poetico-philologicum (Basileæ, J.-H. Widerhold 1677, folio, 2 vol.). Bayle annonce l’édition en cours : Lexicon universale, historiam sacram et profanam [...] explanans. Editio absolutissima [...] (Lugduni Batavorum 1698, folio, 4 vol.).

[25] Lilio Gregorio Giraldi (1479-1552), Opera omnia duobus tomis distincta, complectentia historiam de deis gentium, musis et Hercule, rem nauticam, sepulcralia, et varios sepeliendi ritus [...] quæ omnia partim tabulis æneis et nummis, partim commentario Joannis Faes, et animadversionibus hactenus ineditis Pauli Colomesi, nec non indicibus emendatioribus ac locupletioribus illustrata exhibet Joannes Jensius (Lugduni Batavorum 1696, folio).

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