Lettre 1041 : François Janiçon à Pierre Bayle

[Paris, le 10 juin 1695]

… voici en propres termes ce qu’[un de mes amis] m’apprit dans une lettre datée de Paris le 10 de juin 1695 :

 

Quoi qu’en puisse dire l’auteur des Galanteries des rois de France, on n’a point vu ici aucun écrit de Mr Varillas, par lequel il se soit justifié de ce que feu Mons r Hevin, avocat au parlement de Rennes, a écrit contre lui au sujet de la comtesse de Chateaubriant [1] ; et Mr d’Hozier [2] m’a dit sur cela, que Mr de Caumartin [3], l’un de nos six intendans des Finances, a dans sa bibliotheque le Factum que le connétable Anne de Montmorenci fit faire contre les héritiers de Mons r de Chateaubriant, pour soutenir la donation qu’il lui avoit faite de cette terre, et que ce Factum commence par ces mots : « Les malheurs qui ont accompagné la vie de Mr de Chateaubriant [4] sont si connus de toute la France, qu’il est inutile de les rapporter ».

Notes :

[1Sur cet ouvrage de Claude Vanel, qui adoptait les erreurs de Varillas, voir Lettre 984, n.8. Henri Basnage de Beauval avait fait état de ces erreurs dans sa lettre adressée à François Janiçon du 14 avril 1695 : voir Lettre 1031, n.38. L’écrit de Pierre Hévin s’intitule Réfutation de la prétendue histoire du comte et de la comtesse de Châteaubriand (s.l. 1686, 8°) ; une nouvelle édition fut publiée par Jacques-J. Hévin, son petit-fils (Rennes 1756, 4°) ; cette attaque semble, en effet, être restée sans réponse.

[2Sur Charles René d’Hozier, qui semble avoir été en correspondance avec Bayle par l’intermédiaire de François Janiçon, voir Lettre 933, n.4. C’est ce qui nous incite à identifier l’auteur anonyme de la présente lettre à François Janiçon.

[3Louis Urbain Lefebvre de Caumartin (1653-1720), conseiller au Parlement de Paris, puis conseiller d’Etat et intendant des Finances.

[4Voir le DHC, art. « Chateaubriand (La comtesse de) » : « [Elle] a été la maîtresse de François I er , à ce que disent quelques auteurs. Mons r Varillas est celui qui a rapporté avec le plus d’étendue l’histoire de cette intrigue amoureuse, et il n’a pas oublié de dire que le comte fit mourir sa femme. D’autres prétendent que cette histoire est un conte très-fabuleux, et ont publié un Factum contre Mons r Varillas. » Bayle renvoie aux NRL, janvier 1686, art. II : « Critique d’un endroit de l’ Histoire de François I er [de Varillas] ».

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