Lettre 1336 : Louis Doucin à Pierre Bayle

• [Paris,] le 16 dec[em]bre 1697

Je vous suis sensiblement obligé, Monsieur, des soins que vous vous etes donnés envers Mr Leers. Ils ont eu tout leur effet : il m’envoïe le nom, mais non pas la demeure du marchand à qui je dois envoïer les cent exemplaires de l’ Histoire du nestorianisme : il m’asseure que les livres pour la Chine sont chargés dans un vaisseau qui va à Nantes : il ne s’agit plus que de ceux qu’il doit m’envoïer à Paris, et dont je lui ay laissé un[e] liste separée, afin qu’on les mit dans ma caisse qu’on a laissé ouverte exprès, pourvû qu’il / les remette à tem[p]s au sieur Mulders, ou à Mr l’ abbé de Menerville, en leur recommandant de les faire porter incessamment chez Mr Verbick, tout ira bien. Il suffira qu’ils disent qu’on les mette dans ma caisse, qui doit partir avec le bagage de S[on] E[xcellence] Monsieur de Cressy. Mais il faut qu’elle soit emballée à tem[p]s[,] et j’appren[d]s qu’on part incessam[men]t. Pardonnez-moi si je vous donne encore cette peine ; voila ce que c’est d’avoir si bien reussi d’abord ; on s’attire de nouvelles corvées[.]

Vous vous etes fort trompé, Monsieur, si vous avez cru ne devoir etre homme que dans le feuillet de mon ouvrage que j’ay pris la liberté de vous envoïer. J’ay eu l’honneur de vous dire que j’imprimerai separement un volume de remarques critiques sur les deux histoires de l’origenisme, et du nestorianisme ; c’est là qu’il me sera permis de dire ce que je pense de vous, et croyez que vous ne serez pas consulté pour lors : il est vrai que tant de gens m’ont prevenu, en vous rendant justice, Monsieur, que mes loüanges vous doivent etre presque aussi indifferentes que le blame de tel, et tel ; mais brisons là ; et ne songeons qu’à remplir nos devoirs de chretien, et d’honnete homme ; Dieu aura soin de notre reputa[ti]on.

On me fait bien esperer de l’affaire du capitaine, mais je n’ay encore aucune asseurance que la compagnie doive subsister ; croyez que je ne m’y endors pas ; envoyez moy de nouveau son nom et le nom de son regiment, parceque le s[ieu]r Verjus a brouillé les papiers du tiroir où est le memoire et il ne suffit pas de recommander verbalement un capitaine nouveau catholique qui est actuellement dans l’Isle de Ré ; des commis ont copie du memoire, mais il ne faut pas s’attendre qu’ils laissent chercher : adieu, mon cher ami.

J’ay fais [ sic] vos complimen[t]s au mathematicien qui est non à Roüen, comme on l’y avoit destiné, / mais à Blois : mandez moi si les nouveautez de ce païs cy vont jusqu’à vous : j’ay supposé que Mr Pajot les recevoit, et qu’il vous en faisoit part, persuadé que vous en seriez plus friand que des bons repas qu’il vous offre, et qu’il se plaint que vous refusez d’aller prendre chez lui. Je n’ai ni assez de papier, ni assez de tem[p]s pour vous dire ce qu’on me mande sur cela : aimez moi, je vous conjure, et croyez qu’on ne peut etre plus que je le suis, Monsieur, tout à vous.

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