[Rotterdam, le 3 mars 1686]

Au très docte et très distingué Theod[ore] Janss[on] van Almeloveen P[ierre] Bayle fait ses compliments.

Jusqu’ici j’ai reçu volontiers trois feuilles dont je vous suis reconnaissant, et puisque je comprends par votre dernière lettre qu’il reste encore une seule feuille de l’ouvrage de Decker à imprimer, la lettre de Vinding [1] sera dans cette 3ème édition tout à fait comme elle est dans la 2ème que j’ai à portée de la main. Je n’ai rien à attendre pour achever la lettre qui sera ajoutée à l’ouvrage [2], sauf l’arrivée de cette seule feuille. Je vous prie donc, cher Monsieur, de m’envoyer au plus vite par le premier ordinaire tout ce que je n’ai pas encore reçu d’entre les feuilles déjà envoyées à la presse. Dès l’aube, si Dieu le permet, je commencerai la lettre où je corrigerai et ajouterai peu de choses et je l’enverrai tout de suite. Mais comme peut-être alors je n’aurai à écrire à personne d’autre, faites-moi savoir, je vous en prie, le nom de la rue dans le quartier de la ville [3] pour que je puisse le mettre sur la lettre à côté de votre nom de manière à être certain que vous recevrez bien promptement le fascicule. Vivez longtemps et, ce que vous faites et qui me réjouit le plus, aimez cette tête qui vous est toute dévouée.

A Rotterdam, le cinq avant les nones de mars 1686.

Je n’ai pas encore fait le compte rendu du Jardin malabare [4], mais je ferai volontiers le compte rendu du nouveau volume.

Notes :

[1Paulus Vinding (1658-1712), philologue, auteur de l’ Epistola ad Johannem Deckherrum de scriptis adespotis (s.l. 1681, 8°).

[2Il s’agit des corrections portées par Almeloveen en préparation de la troisième édition des Conjecturæ de Deckherr : voir Lettres 514 et 521. La lettre qu’ Almeloveen compte ajouter à la fin de l’ouvrage est le catalogue des erreurs que Bayle y a relevées et un supplément à la liste des ouvrages anonymes et pseudonymes : voir Lettre 529.

[3Après avoir achevé ses études de médecine, Almeloveen s’établit à Amsterdam, d’abord sur le Singel, non loin de l’église luthérienne et du Korstjesbrug, près de la Tour de Jean Roodenpoort et du Stromarkt ; quelques années plus tard, on lui écrivait au Nieuwezijds Achterburgwal (de nos jours, le Spuistraat), « à côté du casque bleu, face à la ruelle de la cité ». Derrière cette maison se trouvait l’Hôtel de ville, face auquel était située la maison de Frederik Ruysch (1638-1731), célèbre anatomiste. En 1686, quelque temps après la présente lettre, Almeloveen déménagea à Utrecht, et en 1687, il s’établit définitivement à Gouda : voir S. Stegeman, Patronage en dienstverlening : het netwerk van Theodorus Janssonius van Almeloveen (1657-1712) in de Republiek der Letteren (Nijmegen 1996), p.18.

[4Bayle ne donne pas dans les NRL de compte rendu du livre du Jardin malabare. Nous n’avons su identifier cet ouvrage.

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