Historia Plantarum, species hactenus editas aliasque insuper multas noviter inventas et descriptas complectens. In qua agitur primo de Plantis in Genere etc [1]

Londres, le 16 août vieux style 1686

Très illustre Monsieur, Je songe depuis longtemps à vous envoyer les remerciements que je vous dois pour votre République littéraire, diffusée de tous côtés, partout triomphante, et faisant nos délices. Voilà mon tribut [2]. L’auteur de ce premier volume de l’ Histoire des plantes est trop éminent pour avoir besoin de mon éloge [3]. En 1660, il a publié le Catalogue de Cambridge [4] ; quelques années après, il a donné dans le Caractère universel du très révérend évêque John Wilkins [5], publié en anglais en 1665, une méthode pour classifier les plantes d’après la fleur et son calice, la semence et son conceptacle, et sa racine. Il a publié son Catalogue des plantes d’Angleterre et des îles voisines [6] en 1670 et 1677. Son Catalogue des plantes observées en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Sicile, à Malte et en France [7] a été publié en 1673. Finalement, il a préparé en 1682 une Nouvelle Méthode des plantes en latin qu’il a insérée avec certaines additions et modifications dans cette Histoire universelle [8] ; et il ne s’est pas intéressé uniquement aux plantes, ni n’a limité à elles ses recherches, même s’il a beaucoup et longtemps peiné là-dessus, car il possède parfaitement toute l’histoire naturelle et les Humanités ; il a revu l’ Histoire des oiseaux et des poissons de Monsieur Willoughby [9], l’a arrangée et complétée ; espérons qu’il nous fera encore des largesses de son immense trésor de science, Dieu voulant. Ce premier volume de l’ Histoire de plantes contient XVIII livres, précédés d’une explication des abréviations de noms botaniques, et le recensement des ouvrages publiés par ces mêmes auteurs ; et l’interprétation de certains ouvrages et de certaines termes généraux. Dans le livre I, il s’agit des plantes en général ; racines, tiges, leurs parties, la motion de la sève, le développement annuel de la souche, bourgeons, feuilles, fleurs, fruits, semences, pousses, tendrons, épines, etc. et leurs différences, anatomies, structures et leur emploi ; à quoi s’ajoutent leurs propriétés et accidents, tels que nutrition ; plantation, propagation ; greffe ; différences spécifiques ; transplantation ; hauteur ; dimensions ; âge ; durée ; location ; division ; collection ; dessication ; vertus et emploi ; analyse chimique ; emploi des parties séparées ; enfin maladies des plantes et leurs remèdes. Le livre II comprend les plantes imparfaites ; qui manquent ou semblent manquer de fleurs et de semences, mais surtout de semences, de sorte à faire croire que celles-ci se produisent spontanément : comme par exemple dans le cas des coraux, corallines, lythophytes [10], alcyons, algues, fucus, éponges, champignons, truffes, et certaines espèces de mousse. Le livre III s’occupe des plantes à semences minuscules, guère visibles à l’œil nu, la fleur étant inexistante ou imparfaite, plantes ayant une tige ou n’en ayant pas ; comme plusieurs mousses, lichens, ophioglosses, lunaires, prêles, et les plantes dites capillaires, dont les semences se produisent sur la surface dorsale des feuilles en des points ou en de petites tracées qui fleurissent au même endroit comme on le voit sous le microscope, d’où les épithètes de dorsipares et de tergifretæ : produites et protégées sur la surface inférieure des feuilles, encore que certaines aient passé autrefois pour être stériles : c’est-à-dire les fougères, capillaires, polypodes, phyllitis, lonchite, etc. Le livre IV concerne les plantes à semences plus grandes, à fleur imparfaite ou staminée, ou apétale, c’est-à-dire composée seulement d’étamines avec style et calice, et manquant de ces feuilles délicates passagères, colorées, que les botanistes appellent pétales ; celles-ci se présentent avec une pousse séminale à deux feuilles ou bivalve, ou à cotylédon double, qui d’abord sortent du sol et se subdivisent en trois classes subalternes qui sont celles des houblon, chanvre, ortie, mercuriale, ricin, oseille, arroche, amarante, etc. Le livre V comprend les plantes à fleur parfaite pétalodée ou bien couverte de bractées, munie de ses feuilles passagères, composée ou assemblée de plusieurs petites fleurs réunies en une fleur complète, à feuilles plates, naturellement pleine le plus souvent, la plante lactescente ; telles les laitues, laiterons, épervières, etc. Le livre VI inclut les plantes à fleur composée discoïde, non lactescentes, la semence naît à l’intérieur d’une sorte de coton ailé ; telles les aunées, asters, jacobées, verges d’or, etc. Le livre VII comprend les plantes ayant une grosse tête, la fleur étant composée de petites fleurs semblables à des flûtes de Pan, par exemple les chardons, jacées, bluets. Leurs semences sont entourées d’une espace de coton dans un calice squameux. Le livre VIII concerne les plantes à fleur composée, discoïde appelées corymbifères, aux semences dépourvues de pappe, telles sont les calendulées, camomilles, marguerites, dont la fleur est radiée ; d’autres ont la fleur nue ; telles que les abrotones, tanaisies, absinthes ; d’autres sont apparentées aux corymbifères, telles que les scabieuses, érynges, etc. Le livre IX présente les plantes à fleur parfaite simple, ou consistant en pétales avec étamines et style seulement, à semences nues, solitaires, c’est-à-dire individuelles dans les fleurs individuelles, sans avoir de capsule sauf le périanthe ou l’enveloppe ; telles sont les agrimoine, merveille du Pérou, valériane, etc. A celles-ci s’ajoutent les plantes ombellifères dont les fleurs à cinq pétales sont disposées en forme d’ombelles ou de corymbe, des semences nues doubles étant jointes aux fleurs individuelles ; celles-ci se subdivisent diversement selon leurs feuilles et leurs semences. A cette famille appartiennent persil, fenouil, angélique, ciguës, carottes. Le livre X contient les plantes étoilées, dont les feuilles sont entourées de tiges à la manière d’une étoile rayonnante, les fleurs sont monopétales et même divisées en quatre segments, imitant le même nombre de feuilles, et les semences doubles succèdent naturellement aux petites fleurs en plusieurs espèces. A cette classe appartiennent garances, grat(t)eron, gaillet, cruciata. S’ajoutent à ce livre les asperifoliæ dans lesquelles quatre semences succèdent aux fleurs individuelles, les feuilles étant attachées aux tiges en alternant de côté ou sans ordre, les marges des fleurs monopétales étant en cinq parties, les hauts des pointes retournés en queue de scorpion ; telles sont les cynoglosses, borraginées, vipérines, etc. Le livre XI comprend les plantes verticillées, ayant plusieurs rejetons herbacés, les feuilles étant doubles en face l’une de l’autre, fleurs monopétales, très labiées ou casquées, embrassant une tige morceau par morceau comme des anneaux ; quatre semences à chacune des fleurs individuelles, auxquelles un calice sert de vaisseau. A ce genre appartiennent sauge, lavande, romarin, hysope, thym, menthe, origan, mélisse. Le livre XII concerne les plantes polyspermes à semence nue, qui ne dépouillent pas spontanément leurs follicules ou peaux individuelles (s’il y en a qui en aient ou semblent en avoir) ; à ces fleurs individuelles succèdent plus de quatre semences, le nombre n’en étant pas certain ni défini. De ce genre sont les renoncules, mauves, althées, alcées, quintefeuilles. A celles-ci se rattachent les plantes à semence nue, polyspermes, et à fleur nue, c’est-à-dire sans périanthe enveloppant ; telles que anémones, certaines clématites, ulmaires, pulsatilles, etc. Le livre XIII comprend les plantes fruitières et baccifères, qui se distinguent par l’écorce et le fruit. Leurs fleurs sont nues, monopétales, le bord divisé en cinq parties, les fleurs se trouvant installées au bout du fruit ; les semences se trouvent dans leurs propres réceptacles, éloignées du périanthe et se tiennent ou bien dans un péricarpe mou ou dans une pulpe entourant les semences et rendue humide par le mûrissement du fruit. De cette classe sont courges, pastèques, melons, concombres, grenadilles ou fleurs de la passion, ronces petit-mûrier, smilax, salsepareilles, lys dans la vallée, bryones, morelles, asperges, vacciniées, etc. Le livre XIV contient les plantes multisiliqueuses ou cornues, comprenant des semences dans plusieurs réceptacles distincts qui succèdent à la même fleur : telles certains sédums, télèphes, pivoines, aconits, ancolies, delphiniums, etc. Le livre XV des plantes à fleur monopétale uniforme porteuse de vaisseaux, qui en plus du calice de la fleur ont un autre vaisseau contenant de la semence, divisé en des compartiments variés comme dans les jusquiames, tabacs, gentianes, liserons, campanules, stramoines, etc. Le livre XVI des plantes à fleur monopétale difforme, au péricarpe ou vaisseau arrondi de bivalve ; ou bicapsulaire, telles que les linaires, pédiculaires ou crêtes de coq, euphrasies, digitales, etc. Le livre XVII contient les plantes siliqueuses et capsulifères ou siliculeuses, à fleur uniformément tétrapétale : du premier genre sont les matthioles, raves, choux, moutardes, roquettes, etc. : du second genre sont les nasturces, cochléaires, cressons, thlaspis. A celles-ci s’ajoutent les plantes à fleur tétrapétale uniforme anomales et sui generis, telles que avots, euphorbes, véroniques, rues, plantains. Le livre XVIII comprend des plantes à fleur papilionacée ou légumineuses ; primo grimpantes, comme les haricots, pois, épurges, vesces, lentilles, etc. secundo, non grimpantes, celles-ci ou bien à gousses droites, ou pendantes, ou à petites outres incluses, ou articulées, ou géminées ; comme chez les lupins, fèves, réglisses, galéga, astragale, anthyllides, baguenaudiers, tragacanthes. tertio, les trèfles variées non grimpantes, mélilots, ononides (bugranes), sainfoins, lotiers, cytises, qui sont distingués clairement et certainement par leurs caractéristiques particulières. A ceux-ci sont rattachées certaines plantes exotiques irrégulières qui ressemblent aux légumineuses par leurs siliques bivalves, telles les fumeterres siliqueuses, certaines acacias, plantes sensitives, mimosas, natives, de petite taille. Il ne me reste qu’à vous avertir, très habile Monsieur, que je n’ai fait que parcourir les divisions générales des grands genres ; il y a en effet de presque innombrables subdivisions d’espèces subalternes dans chaque classe ou section dont je n’ai pas fait mention, et qui se distinguent d’après la variété des feuilles, fleurs, semences, calice et vaisseaux des plantes de la même famille ou tribu ; cela pour la méthode de ce volume en général, à quoi peut s’ajouter la description de chaque plante en particulier ; le très sagace auteur, insigne philosophe, et très savant botaniste, observe cet ordre en disposant son Histoire naturelle : les plantes étant d’abord rassemblées sans [indication de] leurs locations propres et arrangées en classes ; il montre leurs étymologies, leurs caractéristiques connues par lesquelles les plantes du même genre se distinguent avec certitude, les synonymes qui figurent chez les botanistes, les descriptions de toutes les parties, lieux et temps de floraison, propriétés et emplois médicaux aussi bien qu’utilitaires ; il a exécuté tout cela avec la plus grande perspicacité, une longue expérience, un jugement consommé, une application assidue, et soutenu de l’aide de ses amis. L’opportunité d’un tel ouvrage ne peut manquer de se faire sentir, car depuis la mort des deux Bauhin , des racines presque innombrables avaient été découvertes, et publiées par Alpini, Vesling, Cornut, Marggraf, Piso, Bontius, Recchi, Hernandez, Boccone, Zanoni, Morison, Breynius, les auteurs du Hortus Malabaricus, Mentzel, Munting, Magnol et par l’auteur Ray lui-même et d’autres, et rédigées en cette Histoire en un seul corps ou presque, avec l’addition de celles qui ont été décrites par Clusius, Fabio Colonna, Caspar Bauhin, Johannes Bauhin, et d’autres ; toutes arrangées selon une méthode nouvelle et très exacte d’après des caractéristiques naturelles connues et certaines. Voilà pour ce premier volume très récemment publié à Londres. Le second volume est déjà sous presse ; il comprend les plantes pentapétales et polypétales ; les bulbeuses et celles qui en sont parentes ; culmifères ; blés, céréales, graminées, plantes à feuille graminiforme non culmifères ; plantes anormales et sui generis ; arbrisseaux et arbres avec supplément et appendice ; le tout étant arrangé selon une nouvelle méthode guidée par la nature. Appendice Ray, Historia plantarum : recension des ouvrages publiés par les auteurs cités [11]Adversaria, éd. Petrus Pena et Matthias de Lobel, première édition (Londini)1570. Réédité par Lobel (Londini) vers 1605 avec une seconde partie et la Pharmacopeia de Rondelet. Apuleius Platonicus, non l’ancien de Madaure mais un auteur plus moderne, qui, d’après la conjecture de Thomas Johnson dans sa Préface du Herball de John Gerard revu par lui, aurait vécu il y avait quelque six cents ans et aurait été auteur d’un De plantarum virtutibus, d’abord en grec [probablement en fait du IV e siècle]. Prosper Alpinus, De Balsamo Dialogus (Venetiis 1594, 4°) ; De Plantis Ægypti et Dialogus de Balsamo et observationibus Jo. Veslingii (Patavii 1640, 4°) ; De Plantis Exoticis (Venitiis 1627), ouvrage posthume. Aloysius Anguillara, Opusculum, 14 parties, traduction italienne par Joan Marinelli (Venetiis 1561, 8°). Honorius Bellus Vicentinus, Epistulæ de Plantis ad Clusium. Petrus Bellonius [Pierre Belon] Observationes, 3 livres, trad. latine de C. Clusius (Antwerpiæ 1589, 8°) avec dix images de plantes. Du même Bellonius, Tractatus de neglecta stirpium cultura, également traduit par Clusius et, accompagné des Observationes, ajouté par lui aux livres de l’ Exoticorum (Leyde 1605, folio, 3 vol.). De Bellonius encore, le De arboribus coniferis, resiniferis et semper virentibus (Paris 1553, 4°) avec huit images. C. Bauhinus, in Phytopinace (Basileæ 1596, 4°). Du même, Animadversiones in Historiam generalem Lugdunensem (Francofurti 1600, 8°). Du même, édition corrigée de Jacobus Theodorus Tabernamontanus, Historia Germania (Francofurti 1613, Folio). Du même, Prodromus Theatri botanici (Francofurti 1620, 4°). Ce livre contient des espèces suspectes à beaucoup d’entre nous, décrites à partir de plantes desséchées. Du même, Catalogus Plantarum circa Basileam sponte nascentium, cum eorundem Synonymis et locis natalibus (Basileæ 1622, 8°). Du même, finalement en 1623 paraît Pinax Theatri Botanici, ouvrage achevé… Ce livre ne manque pas d’inadvertances et d’erreurs : certaines espèces sont mentionnées deux ou trois fois sous des titres divers, d’autres sont assignées à des locations qui ne leur conviennent pas, comme il sera évident à tout lecteur de l’ Historia generalis Ebrodunensis [d’Embrun], du Præludium Botanicum et de l’ Historia Oxoniensis de Morison, et de celle que nous avons publiée nous-même. Beaucoup d’années après la mort de C. Bauhinus, Joannes Casparus Bauhinus, son fils, publia le premier volume du Theatri Botanici sive Historia Plantarum qui est la partie 129 de l’œuvre complète (Basileæ 1658, folio). Paulus Boccone Siculus Panormitanus, Icones et descriptiones rariorum plantarum Siciliæ etc. (Oxonii 1674, 4°). Du même, Epistolæ Gallico sermone (Amstelodami) qui renferment certaines observations au sujet des lytophytes et d’autres plantes sous-marines. Jacobus Bontius, Historia naturalis Indiæ orientalis, mise en ordre par Gulielmus Piso (Amstelodami 1658). Ans. Boetius de Boot, Historia quorundam Florum etc. (Bruges s.d., 4°). Jacobus Beynius de Prusse, Exoticarum plantarum Centuria prima (Gedani 1678). Du même, Prodromus fasciculi rariorum plantarum (Gedani 1680), lequel livre n’est pas encore arrivé entre nos mains. Otho Brunfelsius, le premier à publier des Germanorum vivas Plantarum icones. Son Historia Latina en trois tomes parut : le premier, 1530, le second 1531, et le troisième, posthume,1536 (Argentinæ) avec 238 images dont dix-sept figurent deux fois : en tout, avec et sans images, 288 sont décrites. Du même, une édition en langue germanique in folio avec les mêmes images, et in 4°, petites images ajoutées (Argentinæ 1539). Jo. Theodorus de Bry, Florilegium en trois parties (s.l. 1612, 1614, 1618, folio). Andreas Cæsalpinus Aretinus, Professeur de plantes à l’Académie de Pise, ses seize livres, sans images, parurent (Florentiæ) en 1583 ; du même, Appendix à ces livres (Romæ 1603, 4°). Joachimus Camerarius, Matthioli Historiam Germanicam per Hantschium primum versam et cum Matthioli figuris cusam rursus emaculavit, novis iconibus 123 et notis auxit ; du même, Matthioli epitome cum figuris 1003 (Francofurti 1586, 4°) ; du même, Hortus Medicus et Philosophicus, 56 images ajoutées (Francofurti 1588, 4°). Castor Durantes, médecin à Rome, publia en italien Herbarium novum cum figuris plantarum quæ in tota Europa, India Orientali et Occidentali nascuntur viribus Latinè versibus expressis. Il suivit l’ordre alphabétique, et ajouta 879 images de plantes (Romæ 1585, folio). Catalogus Plantarum in agro Altdorffino locisque vicinis sponte nascentium, publié pour la première fois par Ludovicus Jungermannus, révisé par Casparus Hofmannus, à nouveau revu et augmenté par Mauritius Hofmannus (s.l. 1662, 4°). Carolus Clusius Atrebas, botaniste insigne, Dodonæi historia, écrite dans sa langue vernaculaire, et traduite par lui en français avec un supplément sur les aromates et des images (publié séparément 8°) (s.l. 1560, folio). Du même, abrégé en latin de Garcia ab Orto, Dialogus de Aromatibus et simplicibus (publié d’abord en portugais) légèrement annoté et avec trente images de plantes (Antverpiæ 1574) ; 5 e édition augmentée de 36 images dont quelques-unes d’exotiques (s.l. 1606, folio). Du même, traduction de l’espagnol de Nicolas Monardes, De Medicamentis Indiæ Occidentalis, avec des notes et 9 images (s.l. 1574, 8°) ; 5 e édition avec des Exotiques ; livre 3 de la même édition latine du même Monardes (Antverpiæ 1583, 8°). Du même, abrégé latin de l’ Historia en espagnol de Christophorus Acosta, avec des scolies 1582 ; 3e édition avec 6 images ajoutées y compris des exotiques (s.l. 1605, folio). Du même, De plantis per Hispaniam observatis, 2 volumes, avec 230 images (Antverpiæ 1576, 8°). Par la suite, à l’invitation de l’empereur Maximilien II, il visita l’Autriche, la Pannonie et les provinces adjacentes et écrivit sur les simples qu’il y avait observées 4 livres, où figurent 353 images (Antverpiæ 1583, 8°). Du même, Historia plantarum rariorum, ouvrage qui réunit en 6 volumes ses Histoires hispaniques et pannoniques et quelques autres écrits, avec 1135 images (Antverpiæ 1601, folio). Du même, Exoticorum, en dix livres dont les six premiers sont d’un contenu varié concernant les animaux et des plantes avec 194 images. Du même, les livres susdits de Garcia, Monardes et Acosta ; 3 livres de Nicolas Monardes, De lapide Bezoar, De Scorzonera, De Ferro et Nive (s.l. 1605, folio). Par les soins du même, ces derniers ouvrages ont été publiés après sa mort augmentés de 27 images (Antverpiæ 1611, folio). Fabius Columna de Naples, de la famille romaine des Columna, homme très érudit et d’un jugement fin, de l’Académie des Lyncées, publia un Phytobasanon avec 36 images (Neapoli 1592). Du même, De minus cognitis plantis en deux parties, dont la première comprend 161 images (Romæ 1606) ; la seconde avec 44 images (Romæ 1616). Du même, Annotationes et Additiones in Historiam Plantarum Mexicanarum de Fr. Hernandez et autres, publiées avec ladite Historia (Romæ 1651). Valerius Cordus écrivit des Annotationes in Dioscoridem. Du même, 4 livres De Stirpium historia avec 272 images tirées de Tragus, et quelques nouvelles ajoutées par Gesner. Du même, Sylvam observationum, toutes publiées par les soins de Gesner (Argentinæ 1561, folio). Le Dispensatorium du même a été souvent réimprimé. Jacobus Cornutus Gallus, médecin parisien publia Historiam Plantarum Canadensium aliarumque (Parisiis 1635, 4°). Pedacius Dioscorides Anazarbeus vécut vers le temps de Pline, médecin et botaniste insigne (mais non l’Alexandrin familier de Marc-Antoine et de Cléopâtre), auteur d’un De Materia Medica usu antiquissimo et experientia longa comprobata en 8 livres qui ont été souvent réimprimés. Certains croient que C. Plinius Secundus a transféré beaucoup de choses de cet ouvrage dans sa propre Historia sans en mentionner l’auteur. Puisque cela répugne à la candeur de Pline, je crois plutôt avec Saumaise que tous les deux, Dioscoride comme Pline, ont partagé ces emprunts avec Sextius Niger, et que Pline n’a jamais lu ni vu le livre de Dioscoride. Rembertus Dodonæus, médecin de Malines, Stirpium historia en langue belge, traduit en français par Clusius avec certaines additions (Antverpiae 1559). Du même, Pemptades sex sive libri XXX (s.l. 1583, folio) en latin. Du même, Frugum historia (s.l. 1552, 8°) en latin ; et un peu plus tard Florum et purgantium historia (s.l.n.d., 8°). Les deux Histoires ont paru réunies en une seule divisée en 30 livres (Antverpiae 1583, folio), avec 1305 images. Cette Historia a connu une nouvelle édition en langue belge, à laquelle ont été ajoutées des annotations prolixes ; 36 images nouvelles ont été ajoutées en 1608 et l’ouvrage a paru en latin en 1616. Dodart, Description de quelques plantes nouvelles (Paris 1676) [non encore localisée par Ray]. D. Johannes Evelynus, Sylva (Londini s.d., folio). Hortus Episcopi Eystettensis in Bavaria, édité par Basilius Beslerus, apothicaire (Novimbergæ 1613). Ephemerides medico-physicæ Germanicæ Academia naturæ curiosorum. Acta Hafniensia Medica et philosophica édités par Thomas Bartholinus, Emanuelis Swertius, Florilegium (Francofurti s.d., folio). Joan Baptista Ferrarius Senensis S.J., Flora seu de Florum cultura 4 vol. (Amsterdam 1646). Johannes Tragosus, Historia aromatum fructuum et simplicium [en espagnol, publiée par Israel Spachius] (Argentinæ 1610, 8°). Fuchsius, Historia Latina (Basileæ 1542, Folio). D. Rea, Flora (Londini s.d., folio). Claudius Galenus. [Johannis] Gerardi Historia emaculata et aucta par Thomas Johnson (Londini 1633 et 1636). Gesner, De collectione stirpium et Catalogus plantarum et vires ex Dioscoride, Ægineta, Theophrasto, Plinio et recentioribus Græcis juxta Elementorum ordinem (Venetiis 1541, 16°). Du même, Catalogus plantarum quadrilinguis (Tiguri s.d.). Du même, De Lunariis et noctu lucentibus et montis Trachi sive Pilati Lucernatum descriptione (Tiguri 1552, 4°). Du même, De Hortis Germanicæ cum Appendice et Corollario ad Cordi historiam (Argentinæ s.d., folio). Du même, De Lapidibus, fossilibus et genuinis cum marinarum plantarum (Tiguri 1565, 8°). Du même. Epistulæ medicinales, éditées par Casparus Wolfius et appendice De Aconito primo [Dioscoridis], asseveratio 1577. 4°. du même, De stirpium collectione, édité par Wolfius, 1587. 8°. Melchior Guillaudinus, Theon, sive Apologia adversus Matthiolum (Patavii 1588, 4°). Du même, Epistolæ aliquot de stirpibus (Patavii s.d.) Du même, Commentarium in tria C. Plinii capita de Papyro, qui inscribitur Papyrus. Du même, Conjectanea synonymica plantarum cum horti Patavini Catalogo (s.l. 1591). Joh. Schenkius, Opera (Francofurti 1600, 8°). Hermolaus Barbarus Patriarcha Aquileiensis, Commentariorum in Dioscoridem, 5 livres, que Colon appelle Corollarium (s.l. 1530, folio). Du même, In C. Plinii Historiam Naturalem Castigationes (Basileæ 1534, 4°). Plantarum, Animalium etc. Mexicanorum Historia a Francisco Hernandez primum compilata et a Nardo Antonio Reccho in Volumen digesta (Romæ 1651, folio). Hortus Malabaricus Indicus … dressé par Henricus Reed van Draakenstein (s.l.n.d.). Horti Leydensis Catalogus. Horti Regii Parisiensis Catalogus (Parisiis 1665, folio). Hortus Blæsensis auctus, édité par Morisonus (Londini 1669, 8°). Catalogues de jardins divers rassemblés et édités ensemble par S. Paulus (Hafniæ 1653, 16°). Tobias Aldinus, Hortus Farnesianus avec images (Romæ s.d., folio). Casparius Hofmannus, De Medicamentis Officinalibus, 2 vol. Recensement du Catalogus Altdorfiensis de Jungermannus (Altdorfi 1615, 4°). Joannes Bauhinus, frère de Casparus, premier médecin du duc de Würtemberg, esprit exceptionnellement pénétrant et érudit, de la plus grande sûreté, d’une immense lecture, d’un jugement affiné et mûr, extrêmement versé dans tout ce qui concerne la botanique tant ancienne que moderne, et dans tout genre de littérature humaniste et sérieuse, en un mot le Coryphée des botanistes ; à part quelques opuscules, par exemple, celui De Plantis a Divis denominatis (Basileæ 1598, 8°). Celui De Absinthii generibus imparfait (Montisbeligardi 1593, 8°). Et De plantis circa Balneum Bollensi nascentibus Catalogus, augmenté de 60 images de pommes et de 40 de poires, avec l’ Historia de Balneo Bollensi (Montisbeligardi 1598, 4°). En plus de celle-ci, il a commencé une Historia Plantarum Universalis et a travaillé beaucoup et longtemps à l’achever et à la pourvoir, mais, devancé par la mort, il a laissé imparfait cet ouvrage, qui a été revu et augmenté par Monsieur Dominique Chabrée, M.D., de Genève, et publié en fait par Monsieur François Ludwig de Graffenried, Monsieur Gertzensee et d’autres. C’est un ouvrage achevé comprenant tout ce qui avait vu le jour jusque-là, embrassant à peu près tout ce qui se trouve mériter notre connaissance et notre observation chez les Anciens et les Modernes et indiquant en même temps tous les termes synonymes, équivoques, substitués, etc. Cet auteur prend le plus grand soin de ne pas multiplier les espèces sans nécessité en faisant plusieurs d’une seule, étant tellement attaché à la vérité que dans cette cause il n’hésite pas même à supprimer certains noms d’espèce qu’il avait d’abord adoptés lui-meme. Beaucoup d’espèces manquent dans cet ouvrage que l’auteur n’aurait certainement pas omises s’il avait vécu assez longtemps pour présider à l’édition ; il y aurait plutôt ajouté beaucoup d’autres et changé pour le mieux l’ordre et l’arrangement de toutes. Ferrante Imperatus, de Naples, apothicaire, publia Historia naturalis, 28 livres avec 33 images de pierres, coraux, éponges etc. et de plantes et fruits (Neapoli 1599, folio ; et Venetiis 1672, folio, augmentée par Ant. Ferri). Joannes Bodæus a Stapel, médecin d’Amsterdam in Commentaria ou notes sur l’Histoire de Théophraste (Amstelodami 1644, folio), avec le texte grec. Cet ouvrage comprend de nombreuses images de plantes vulgaires et rares. Joachimi Jungii Isagoge Phytoscopica, etc. (Hamburgi 1679, 4°). Andreas Lacuna, Commentaria in Dioscoridem avec images. Composés en espagnol (Salmanticæ 1552, folio). Du même, Annotationes in Dioscoridem (s.l.n.d.), où la version de Ruellius est corrigée. Lobelius, Observationes aut Adversaria. Du même, images éditées séparément. Lobelius, en plus des Adversaria dont nous venons de parler a publié Plantarum seu Stirpium Historia, qu’il nomma d’ailleurs Stirpium Observationes, avec 1476 images (Antverpiæ 1576, folio). Par la suite il publia Historia plantarum seu stirpium en langue belge, où les Adversaria et Observationes sont compris, avec d’autres additions. Avec 2116 images qui ont été réimprimées (Antverpiæ) in forma longa. Il a projeté en plus un autre grand ouvrage, intitulé Stirpium Illustrationes. En fait la mort l’a interrompu. Un fragment en a été imprimé à Londres assez longtemps après sa mort. Lobelius, autant que je m’en souvienne, a été qualifié par Jo. Bauhinus quelque part de vantard vague et futile ; et quoique je n’approuve guère cette censure, j’ai observé néanmoins que Lobelius, en décrivant les plantes, avait assez souvent erré par manque de soin et par la confiance excessive qu’il mettait en sa mémoire, surtout quand il s’agissait de la localisation des plantes. Car il prend beaucoup pour indigènes en Angleterre, que personne à part lui-même n’a vu pousser naturellement en Angleterre, et que vous chercherez en vain dans les lieux qu’il désigne : ou même peut-être ailleurs dans la nature ; par exemple, Lycopsis altera Anglica, et Nymphea lutea, aussi peu qu’ Alba minor. Adamus Lonicerus : augmenta d’un quart l’ Herbaria d’Eucharius Roslin, son prédécesseur in officio à Francfort, écrit en langue germanique, qui parut finalement en 1569 : par la suite, ayant enlevé le nom d’Eucharius, il le remplaça par le sien et publia l’ouvrage avec 833 images (Francofurti circa 1582). L’ Historia generalis plantarum, en 18 livres, commencée par Dalechampius, fut assemblée et éditée (Lugduni 1587), par Joan. Molinæus, qui n’y mit pas son nom. L’ouvrage offre 2686 images dont quelque 400 sont répétées deux ou trois fois. D. Marcellus Malpighius, homme exceptionnellement sagace, et D. Nehemiah Grew publièrent Anatomia plantarum avec de grands applaudissements. L’une et l’autre imprimées à Londres, in-folio. Petrus Andreas Matthiolus, Commentaria Italica avec 957 grandes images (Venetiis 1568) ; Italica avec petites images 1563. Édition en langue germanique par Camerarius, et en latin revue par C. Bauhinus comme nous l’avons dit plus haut, avec abrégé. Epistolæ cum Commentariis (Francofurti) avec Apologia in Amatum Lusitanum, encourant la grande répréhension de Lobelius et autres. Petrus Magnol, de Montpellier, M.D., botaniste distingué, publia un Catalogus Plantarum circa Monspelium nascentium, sous le nom de Botanicus Monspeliensis (Lugduni 1676, 8°), où il a éclairé beaucoup de choses obscures, et a fait la description et donné l’image de quelques nouvelles plantes. Georgius Margravius de Liebstad, Germain de Meissen, Historia rerum naturalium (Basilien) en huit livres, dont les trois premiers traitent des plantes (Amstelodami 1648, folio). Christianus Mentzelius, né à Furstenwald (mort à Berlin). Docteur en philosophie et en médecine, conseiller et médecin en chef de l’Electeur Sérénissime de Brandebourg, Index Nominum Plantarum Universalis multilinguis, avec une poignée de plantes rares et quelques gravures (Berolini 1682, folio). Morisonus, Præludia Botanica. Morisonus, Historia plantarum Universalis. Robertus Morisonus d’Aberdeen, Écossais, M.D. professeur de botanique à Oxford, et directeur du jardin médical, Hortus Blæsensis augmenté d’une brève et succincte délinéation des plantes y comprises que personne n’avait jamais décrites jusque-là, et de ce qu’il appelle les bévues de C. Bauhinus in Pinace et Jo. Bauhinus in Historia, et de certains autres, sous le titre de Præludia Botanica (Londini 1669, 8°). Du même, Plantarum Umbelliferarum in Distributionem novam, par tables de parenté et d’affinité (Oxonii 1672, folio). Du même, Historia Plantarum Universalis Oxoniensis, seconde partie (Oxonii 1680, folio). Tant qu’il s’est maintenu dans les limites de sa compétence en se consacrant à la composition de catalogues de jardins, à la recherche des signes caractéristiques des genres, à celle des erreurs des botanistes dans la distribution des espèces ou, comme il aime dire, à la détection et à la correction de leurs bévues, il a sûrement mérité des louanges. Mais comme il était trop satisfait, trop imbu, de lui-même, il méprisait plus doctes que lui et, osant entreprendre ce qui était au-dessus de ses forces en composant une Histoire universelle des plantes, il ne prit pas soin de sa réputation et ne répondit pas à l’attente de bien des lecteurs. Abrahamus Muntingius M.D. et professeur de botanique à l’académie de Groningue, De vera herba Britannica avec appendice De Speciebus Aloes (Amsterodami 1681, 4°) ; Historia Plantarum en langue belge 1672. 4°. Phytologia Britannica (Londini 1650, 8°). Paulus Renealmus Blæsensis, Specimen Historiæ Plantarum avec 43 images (Lutetiæ 1611, 4°). Parkinsonus in Theatrum Botanicum. Parkinsonus in Paradisus terrestris. Johannes Parkinsonus Londoniensis, apothicaire du Roi, son Paradisus terrestris en anglais, 1629, où il poursuit largement l’histoire naturelle de toutes les fleurs, et celle des arbres fruitiers, des légumes et des arbrisseaux élégants qu’on cultive dans les jardins. Par la suite il publia son Theatrum Botanicum en 1640, en anglais également, comprenant toutes les plantes en général à l’exception de celles du Paradis terrestre, ouvrage où, employant une nouvelle méthode, il distribua les plantes surtout selon leurs vertus et leurs moyens en des classes diverses. Cet ouvrage contient plus d’espèces que toute autre histoire publiée jusqu’ici. Dans bien des cas, il suit les pas de C. Bauhinus : mais il ajoute beaucoup d’espèces prises dans les Exoticis d’Alpino, dans la Canadensium historia de Cornutus et chez d’autres. En revanche, cependant, il omet certaines choses par oubli ou par précipitation, et en répète d’autres. Caius Plinius Secundus a vécu du temps de Vespasien. Il mourut suffoqué par les vapeurs sulfurées du Vésuve pendant qu’il recherchait les causes de la chaleur brûlante, l’an 79. Beaucoup de ses écrits ont péri avec le passage du temps. Ont survécu les 37 livres de son De Historia mundi, où il a beaucoup à dire sur les plantes, leur culture et leurs propriétés, mais sans rien tirer de Dioscoride, comme je l’ai autrefois affirmé en suivant l’opinion vulgaire, car le très éminent Saumaise démontre dans sa Præfatio ad Homonyma Hyles Iatricæ que Dioscoride a été ou bien contemporain de Pline ou, plutôt, postérieur : et il ne convient pas à la candeur que Pline a toujours montrée envers tous les auteurs de son époque et même envers ceux qui étaient toujours vivants, qu’il mentionne expressément d’avoir emprunté d’un autre ce qu’il avait en commun avec Dioscoride, sans en mentionner l’auteur ; de sorte qu’il est plus vraisemblable que là où ils disent tous les deux la même chose, chacun l’a empruntée à un tiers, et surtout à Sextius Niger. Voir bien des choses à cet effet chez Saumaise, Præfationes, citations p. 25 et seq. Jo. Pona, apothicaire de Vérone, écrivit un Catalogus simplicium in monte Baldo nascentium et ajouta des descriptions de certains d’entre eux avec 16 images. Clusius l’ajouta à son Historia rariorum. Il donna une édition augmentée du même ouvrage et ajouta des descriptions de quelques plantes observées par Honorius Belli en Crète avec 38 images (Basileæ 1608, 4°). Le même ouvrage augmenté de nombre d’autres exotica reçus du jardin fort savant du très noble Nicolai Contareni, sénateur de Venise, avec l’addition de 91 images ; traduction en italien par son fils Francisco Pona, M.D. (Venetiis 1617, 4°). Petrus Laurembergius, De plantis tuberosis, bulbosis et De Horticultura (Frankfurt s.d., 4°). Leonard Rauwolfius, med[ecin] augustin, au cours de son voyage en Orient, décrivit plusieurs plantes et ajouta des images (Lavingæ 1583, 4°). Joan Ruellius traduisit Dioscoride en latin : De natura stirpium en trois livres (Basileæ 1537, folio). Casparus Schwenckfeldius, Catalogus Stirpium et fossilium Silesias (Lipsiæ 1601, 4°). Joannes Schroderus, Pharmacopeia Medico-Chymica, souvent imprimée. Robertus Sibbaldus, Prodromus et Historia naturalis Scotiæ (Edinburgi 1684). Jacobus Theodorus Tabernamontanus, Historia Germanica en 3 parties avec 2087 images (Francofurti 1588, folio). Du même, corrigée et augmentée de descriptions de plantes et de plusieurs médicaments par C. Bauhinus (Francofurti 1613, folio). Les images du même ouvrage avec un simple nom latin et germanique (Francofurti 1590) sous forme longue. Jo. Bauhinus taxe cet auteur d’ignorance en fait d’herbiers. Joannes Thalius Médecin de Nordhausen, Sylva Harcynia sive Catalogo plantarum in montibus et locis vicinis sponte nascentium avec plusieurs descriptions ; avec le Hortus de Camerarius, 9 images ajoutées (Francofurti 1588, 4°). Théophraste d’Éresos, successeur d’Aristote à l’Académie. Il vivait environ 322 ans avant la naissance du Christ. De Historia Plantarum, 10 livres, dont neuf, et De causis Plantarum, 8 livres, dont six seulement sont venus entre nos mains. Hieronymus Tragus, médecin germanique, Historia Plantarum, souvent publiée en langue germanique (Argentinæ, folio) : et par David Kyberus traduite en latin, avec 567 images, même si quelque 800 sont décrites (Argentinæ 1552, 4°). Édition germanique corrigée de Melchior Sebitzius et Nicolaus Agerius (s.l. 1595, folio). Gulielmus Turnerus, M.D., Anglais, homme d’une érudition et d’un jugement solides, publia en 1551 une Histoire des plantes en anglais, où il joint bon nom d’images de Fuchsius. Leurs noms sont donnés en latin / grec, en anglais, en français, en langue germanique. Il suit l’ordre alphabétique. Ulysses Aldrovandus, Dendrologia (Bononiæ s.d., folio). Joannes Jonstonius, Dendrologia avec gravures (Francofurti s.d., folio). Jacobus Zanonius, Italien, de Bologne, apothicaire, directeur du hortus medicus Bononensis, dans le palais du cardinal, homme très versé en matière d’herbiers, écrivit en italien une Histoire botanique des plantes rares observées et cultivées par lui-même, partie dans son jardin privé, partie dans le jardin public de Bologne, dont bon nombre n’avaient été publiées ou décrites par personne avant lui, ouvrage publié (Bononiæ 1675, folio), avec des gravures très élégantes. D. Wheeler et Spon, dans leur Voyage en Grèce [12] et nombreux autres voyages et navigations (surtout aux Indes Orientales et Occidentales) publiés en divers lieux, décrivent des plantes qu’il serait fastidieux d’énumérer toutes. FIN

Notes :

[1L’ Historia plantarum (Londini 1686, folio) de John Ray fut recensée dans les NRL, novembre 1686, art VII : ce compte rendu s’étend au second volume et mentionne Tancred Robinson comme l’auteur du chapitre 29 consacré à « l’analyse chymique des plantes ». Voir aussi le compte rendu dans le JS du 17 janvier 1689.

[2Tancred Robinson (1657/8-1748), médecin et naturaliste, naquit dans le Yorkshire. Son père était négociant et son frère membre du Parlement britannique. Robinson commença ses études de médecine à Saint John’s College, Cambridge, à quinze ans et obtint sa licence en médecine en 1679. Il passa quelques années à l’étranger et assista aux cours de Tournefort et de Du Verney à Paris. Il commença une correspondance avec John Ray en 1683 et l’invita à loger chez lui à Londres l’année suivante. Ils devinrent grands amis. Ayant contribué aux Philosophical Transactions de la Royal Society, dont il fut élu fellow en 1684, il reçut le doctorat en médecine de l’université de Cambridge en 1685 et fut élu fellow du Royal College of Physicians (Collège royal de médecine) en 1687. Il fut nommé médecin ordinaire du roi Georges I er avant d’être fait chevalier par celui-ci en 1714. Robinson s’attacha particulièrement à l’étude de la botanique et collabora avec John Ray dans ce domaine. Il eut un rôle des plus importants dans la publication du Wisdom of God in Creation de Ray en 1690. Voir DNB, xlvii.408-409.

[3John Ray (1627-1705) fut, après Caspar Bauhin (1560-1624) et avant Carl von Linné (1707-1778), l’un des trois fondateurs de la taxonomie botanique. Fils d’un forgeron, il fut admis au lycée de Braintree en Angleterre, d’où il passa à l’université de Cambridge et fit des études surtout linguistiques (il se montra un latiniste exceptionnellement doué) aux collèges de Sainte Catherine et de Trinity, étant élu fellow de ce dernier collège en 1649. Après avoir enseigné le grec, les mathématiques et les humanités, il commença à s’intéresser à la philosophie naturelle. Mais par une décision parfaitement désintéressée et en dépit de ses principes épiscopaliens, il refusa de signer l’acte d’Uniformité de 1662 dirigé contre les non-conformistes. Ayant perdu, par cet acte de conscience, sa position au collège de Trinity, il dut accepter l’aide de son élève, Francis Willloughby, avec qui il voyagea longuement en Angleterre et en Europe à la recherche surtout de spécimens botaniques. En 1667, il fut nommé fellow de la Royal Society. A.R. Hall, l’historien anglais de la « révolution dans les sciences entre 1500 et 1750 », dit de Ray qu’il fut « peut-être le premier biologiste à écrire des traités distincts sur les principes de la taxonomie », citant à titre d’exemples la grande série de ses volumes descriptifs, Historia generalis plantarum (1686-1704) et Historia Insectorum (1710), avec l’ Ornithologia (1676) et l’ Historia Piscium (1686), composés en collaboration avec Francis Willoughby mais complétés et publiés par Ray (sur ce dernier ouvrage, voir Lettres 433, n.7, 562, n.3, et 574, n.3). L’ensemble constitue l’enquête la plus complète et la mieux organisée sur la nature vivante qui eût jamais été tentée. Ray exerça sa pénétrante faculté d’observation partout en Angleterre et dans une grande partie de l’Europe occidentale ; il était profondément versé dans les écrits des naturalistes anciens et modernes ; et, surtout, son esprit était ouvert aux idées nouvelles. Il croyait à « la sagesse de Dieu manifestée dans les œuvres de la Création » (c’est le titre d’un ouvrage influent de Ray publié pour la première fois en 1690), ce qui ne l’empêcha pas d’accepter la conception formulée par Ralph Cudworth d’une « nature plastique ou principe vital » inhérent à la nature, conception dénoncée par Bayle comme signifiant un retour à la notion péripatéticienne de forme substantielle et semblant rendre inutile la créativité divine. Sur cet éminent botaniste, voir DNB, xlvi.178-183 ; C.E. Raven, John Ray, naturalist. His life and works (Cambridge 1942, 1950) ; A.R. Hall, The Revolution in science, 1500-1750 (London, New York 1983). Sur sa place dans l’histoire de la botanique, voir J. von Sachs, Geschichte der Botanik vom 16. Jahrhundert bis 1860 (München 1875) ; trad. anglaise : History of botany (1530-1860) (London 1890) ; trad. fr. : Histoire de la botanique. Du 16 e siècle à 1860 (Paris 1892) ; A. Arber, Herbals, their origin and evolution : a chapter in the history of botany, 1470-1670 (3 e éd. Cambridge (U.K.), New York, 1986).

[5John Wilkins (1614-1672), éveque de Chester, An Essay towards a real character and a philosophical language. An Alphabetical dictionary, wherein all English words, according to their various significations, are either referred to their places in the philosophical tables, or explained by such words as are in those tables (London 1668, folio). Dans l’ Epistle to the reader de cet ouvrage (p.7), John Wilkins explique la participation à ses travaux de certains savants : Francis Willoughby pour les animaux, John Ray pour les plantes et William Lloyd pour le lexique. Voir S. Sorlin, « La langue philosophique de John Wilkins (1614-1672) : langage universel ou utopie linguistique ? », Etudes Epistémè, 12 (2007), p.117-130. Tancred Robinson commet une erreur dans la datation de l’ouvrage de Wilkins, qui parut en 1668 et non pas en 1665. 

[10Sur les recherches effectuées au cours de la première moitié du dix-huitième siècle sur la nature du polypier, on peut consulter l’ Encyclopédie de Diderot, art. « Plantes marines ».

[11Pour permettre au lecteur d’envisager l’œuvre de John Ray dans son contexte intellectuel, nous ajoutons en appendice la présentation par Ray de sa propre bibliographie dans l’ Historia plantarum, avec ses observations éventuelles – traduites en français – sur les auteurs ou sur leurs ouvrages ; cette bibliographie a été exploitée par Tancred Robinson dans la présente lettre.

[12Sur Sir George Wheeler, voir Lettre 160, n.122 ; sur Jacob Spon, voir Lettres 160, n.123, et 517.

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