[Gouda, le 16 septembre 1692]

A Pierre Bayle à Rotterdam

De la part de notre intime ami de Mey [1], j’apprends avec le plus grand plaisir que vous êtes revenu en faveur, ayant recouvré votre santé ébranlée, conformément à ce que m’avaient dit il y a trois semaines vos domestiques quand je les avais interrogés sur le seuil de la porte. J’aurais fait moi-même l’excursion et offert mon aide si des affaires à Amsterdam n’avaient pas demandé ma présence comme arbitre, affaires qui m’ont occupé bien contre mon gré ; les nouvelles me préoccupent aussi, de sorte que je me permets, encore que par lettre seulement, de demander si, vraiment, tout va bien à présent chez vous tous que j’aime tant. Chez nous, tout va comme nous le souhaiterions sauf pour votre absence cette année, une absence que nous ne pouvons guere supporter ; vous enlèverez facilement ce desagrément d’un mot amical, et vous viendrez au plus tôt nous rendre visite, ce que non seulement vous sollicitez la permission de faire, mais encore recommandez. Notre Muhlius [2], que j’ai fait venir comme vous voyez, a tenu prête la lettre promise ; il a voulu que la copie ci-joint soit traduite pour vous. Je présage qu’elle ne déplaira ni à vous ni aux autres. Rien ne me tient plus à cœur que de savoir que, notre amitié ayant été récemment confortée, vous me la conserverez en bon état de sorte que ni ennemi ni envieux ni même le temps ne seront capables de la détruire.

Portez-vous bien, mon Bayle. Souvenez-vous toujours de votre Almeloveen.

Donnée le 16 des Calendes d’Octobre MDC XCII

Notes :

[1Willem de Mey : voir Lettre 851, n.5.

[2Sur Heinrich Muhlius, professeur à l’université de Kiel, autre ami d’ Almeloveen, voir Lettre 878, n.6. Son texte joint à la présente lettre ne nous est pas parvenu, mais Bayle révèle dans sa réponse (Lettre 886) qu’il s’agit d’un poème sur la réunion chez Almeloveen du mois de juillet (voir Lettre 878).

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