[Gouda, le 22 février 1694]

A Pierre Bayle Rotterdam

Par Hercule, je me réjouis grandement que nos amis vous aient exprimé leur reconnaissance dans de très nombreux hommages, témoignage public d’une grande affection. Quant à moi, je ne mérite vraiment pas, ni ne désire une telle reconnaissance, mais je travaillerai plutôt par tous les moyens à la mériter ; ayant en vue surtout, cependant, la vigueur et la croissance de notre mutuelle amitié. Le feuillet que je vous ai envoyé, je l’ai montré au très distingué Monsieur de Mey qui disait n’avoir aucun renseignement à m’offrir sur Amama [1]. J’ai consulté d’autres personnages et j’ai finalement découvert l’édition en question, publiée à Franeker en 1656 et j’en ai donc indiqué le titre dans cette présente lettre [2], vous pourrez bien vérifier si c’est bien ce que vous cherchez. De la vie, des mœurs, de la mort de Sixtinus je n’ai jamais rien découvert, peut-être pourrait-on chercher des renseignements auprès des Messieurs très distingués Marckius [3] ou Perizonius [4], professeurs à Leyden, ou bien d’autres parmi leurs collègues. Je ferai attention que rien de ce que je pourrai faire ne laisse à désirer.

Adieu, Homme très distingué, et continuez à m’aimer comme vous faites. Saluez pour moi Monsieur Basnage [5] ainsi que Monsieur Schepers [6], à qui j’apporterai des exemplaires sitôt qu’il me sera permis de m’absenter.

Donnée à Gouda le 8 e jour avant les Calendes de mars 1694.

Notes :

[1Voir la lettre de Bayle à Almeloveen du 17 février (Lettre 967) ; elle était accompagnée d’une feuille à part destinée à Willem de Mey : nous apprenons ici qu’il s’agissait d’une demande d’informations destinées à l’article « Amama (Sixtinus) » du DHC. La hâte de Bayle avait été motivée par le rythme de l’impression de son grand ouvrage.

[2A l’article « Amama (Sixtinus), professeur de langue hébraïque dans l’académie de Franeker », Bayle cite son Anti-Barbarus biblicus (Franeker 1656, 4°), dont il avait trouvé la référence dans l’ouvrage d’ Adrien Baillet, Des satyres personnelles. Traité historique et critique de celles qui portent le titre d’« Anti » (Paris 1689, 12°, 2 vol.), ii.315 : c’est certainement à cette édition qu’il fait allusion ici.

[3Willem van Marck était recteur de l’Ecole latine de Leyde. Son fils, Johannes van Marck (1656-1731) fit ses études à Franeker et à Leyde. En 1676, il fut élu professeur de théologie à Franeker et, en 1682, il succéda à Samuel Des Marets (Maresius) à Groningue ; il revint comme professeur à Leyde en 1689. Voir Stegeman, Patronage and service, s.v.

[4Sur Jacob Voorbroek, dit Perizonius ou Accinctus, voir Lettre 464, n.7.

[6Bastiaen Schepers : voir Lettres 898, n.4, et 950, n.2., et 966, n.3.

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