Lettre 1348 : Pierre Bayle à Claude Nicaise

A Rott[erdam] le 20 e janv[ier] 1698

Je commence, Monsieur, par des vœux arden[t]s pour votre prosperité dans cette nouvelle année, et puis je vous dirai que je recus tout à la fois la semaine passée votre lettre du 27 e du passé, et celle du 20 e d’oct[obre] avec l’imprimé du Pere Pagi, etc. Je l’envoiai tout aussi tot à Mr de Beauval avec le billet que vous lui avez ecrit, et j’y ajoutai une copie de ce que vous me marquez à ce sujet là. Il faut que je vous eclaircisse mieux ce qui concerne les paquets de Mr Cuper. Le premier contenoit une depeche pour vous, une autre pour le Pere Pagi qui devait vous etre envoiée, une autre pour Mr d’Avranches, et une autre pour Mr l’abbé Du Bos. Je l’adressai à Mr Bourdelot, et le priai de vous envoier les deux ; et de faire tenir les deux autres à leur adressé. Mr Burlet medecin de Mr de Harlai le plénipotentiaire donna ce paquet à un domestique de Mr de Harlai qui al[l]oit à Paris avec Mr le comte de Celi portant le traité de paix. Mr / Bourdelot me mande* que ce paquet là n’est point parvenu jusques à lui. Mr Du Bos m’a fait savoir que l’on ap[p]orta chez lui l’exemplaire de la dissertation de Mr Cuper De tribus Gordianis, et qu’on en fit paier 33 sols. La suscription n’etoit pas de ma main. Il s’est fourré donc là beaucoup de fripon[n]erie, car j’avois ecrit la suscription du paquet qui etait pour lui dans le gros paquet que Mr Burlet envoia à Mr Bourdelot. Il faut que le domestique de [Mr] de Harlai ait ouvert le paquet, et qu’il ait voulu se faire paier les ports. Peut etre aura t’il envoié à Mr d’Avranches sa depeche en le faisant paier une 30[aine] de sols, et pour la votre et celle du P[ère] Pagi • il les aura perdues, ne pouvant pas s’en faire paier. Le second paquet adressé à Mr Du Bos est arrivé à bon port, vous avez recu tout ce qui y etoit pour vous.

Mr Leers m’a dit souvent que les exemplaires que Mr de Spanheim et Mr Morel lui avoient recommandez pour vous / etoient arrivez à Paris, et que ce n’est plus à lui à en avoir soin, la faute etant toute à ceux qui les ont recus à Paris, et qui ne les ont point fait tenir à leur adresse. Mr de Spanheim est en chemin pour Paris ; il espere d’y avoir plus de loisir qu’à Berlin pour travailler aux autres volumes de son Julien. Il n’est point passé par ce pays cy ; il est allé tout droit de Cleves à Liege et de Liege à Bruxelles, aiant des affaires d’Etat à ces deux cours. Mr Simon de Valhebert vous fera part des nouvelles lit[t]eraires que je lui ecris, et qui ne sont guere considerables. Si vous n’avez pas recu par Rheims l’exemplaire de mon Diction[n]aire, c’est que les mesures etoient prises pour l’envoier par Geneve.

Je suis Monsieur votre tres humble serviteur.

La lettre que le savant Pere Pagi vous a adressée donne une idée merveilleuse de son ouvrage.

A Monsieur / Monsieur l’abbé Nicaise / A Dijon

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