Rotterdam, le 27 novembre 1698

Au très considérable et très célèbre Monsieur Thomas Crenius, Pierre Bayle adresse son salut.

Pour plusieurs motifs je souhaite qu’à l’avenir notre commerce épistolaire soit plus fréquent ; d’une part pour que j’apprenne plus souvent par vos mots que vous m’aimez, d’autre part parce que, grâce à vos lettres, je deviens toujours plus savant. Je vous présente tous mes remerciements pour les informations que vous m’avez données au sujet des différentes éditions anciennes de Pline. Peu de temps après vous avoir écrit, j’ai eu la preuve que l’édition de 1525, parue à Bâle chez Frobenius, était érasmienne. Entre temps, j’ai appris de source sûre que celle que Sigismond Gelenius a procurée en 1535 est la troisième, qui fut produite par le même homme. A peine avais-je envoyé ma dernière lettre que je me suis souvenu que j’avais écrit par erreur Jacobus Sturmius à la place de Johannes. Il faut que le troisième volume des Discours de Cicéron soit moins rare que les deux premiers, car je suis dans le même cas que vous, homme très illustre : ceux-ci me manquent et je possède celui-là. Mais la préface de Sturm au troisième volume m’est moins utile que ne me serait celle du second tome. Je montrerai clairement qu’Hardouin s’est trompé quand il a estimé qu’une édition plus récente était antérieure à celle de Gelenius. Si vous savez de qui sont les notes sur Apulée dans l’édition de Bâle de 1560 (en trois volumes in 8°, si ma mémoire est bonne), apprenez-le moi je vous prie, faites-le comme cela vous convient le mieux.

Portez-vous bien, homme très savant, et continuez de m’aimer.

Donnée à Rotterdam le 5 e jour avant les Calendes de décembre 1698

A M. Crenius / Franco / à Leyde

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