Lettre 1000 : Pierre Bayle à François Pinsson des Riolles

A Rotterdam le 26 de juillet 1694

Il n’y a que peu de jours Monsieur, que j’ai recu le paquet que vous eutes la bonté de m’envoier le 30 de mars dernier [1]. Je vous rends compte sur le memoire cy joint des pieces que j’y ai trouvées [2]. Il ne me reste qu’à vous remercier tres humblement de tant de marques de votre amitié la plus officieuse et genereuse qui se vit jamais. Je ne puis songer sans une extreme confusion à la maniere dont je repons à tant de bons offices. Je ne fais rien pour vous Monsieur, je ne trouve ici rien que je puisse vous envoier en revanche et cependant vos profusions envers moi ne cessent point. Il faut que je me reduise à vous sup[p]lier que cette meme bonté d’où partent tant de bien faits se contente de la gratitude que j’en conserve la plus vive et la plus forte du monde. Je vous demande aussi la grace de faire mes remercimens tres humbles aux illustres auteurs qui m’ont envoié de leurs pieces par votre moien. Je les communique à nos connoisseurs qui m’en savent beaucoup de gré. Votre épitaphe de Mr Menage leur a paru tres belle aussi bien qu’à moi.

A peine avois-je achevé de goutter la joye que tant d’excellentes pieces dont le paquet etoit plein me donnerent, que je recus votre derniere lettre Monsieur avec celle de Mr Graverol [3] et la preface des Plantes de Mr de Tournefort [4]. J’ai eu l’honneur de voir ici 2 ou 3 fois Mr de Tournefort, mais j’etois trop malade pour profiter comme j’aurois voulu de sa conversation. Je donnerai ce titre et le plan de son livre à nos journalistes afin qu’ils en parlent dans leur premier ouvrage [5]. Le paquet où est le livre De vita et moribus Epicuri [6] n’est pas egaré ; Mr Leers qui vous rendra la presente [7] vous dira la cause du retardement. Votre derniere lettre m’ap[p]rend que Mr Perrault m’a fait l’honneur de me citer dans ses Remarques contre le Longin de Mr Despr[eaux] en consequence de ce que je vous avois ecrit sur la question de la preference des Anciens ou des Modernes [8]. Je ne me sens point digne d’etre allegué là dessus ; mon gout et mon jugement est trop peu de chose ; et je m’attens bien que les adversaires de Mr Perrault le critiqueront de s’etre servi du suffrage d’un aussi petit auteur. Ce sera à lui à me deffendre ; je suis en tres bonnes mains, et ainsi je goute sans inquietude l’honneur et la faveur immortelle qu’il m’a fait de m’inserer dans ses beaux ecrits, et je vous sup[p]lie de l’en remercier tres hum[ble]ment de ma part. Je ne doute point que nos libraires ne nous donnent bien tot ce dernier ouvrage de Mr Perrault comme ils ont fait sa critique de la Satire des femmes [9] et plusieurs autres de ses pieces.

On a vu dans le dernier mois des pieces nouvelles[,] la Critique de Griselidis [10]. Je ne l’ai point luë, ni vu personne qui m’en ai[t] parlé. Je vous ai dit Monsieur que tous les mois on donne à La Haye un petit livre de 5 feuilles contenant plusieurs pieces nouvelles soit en vers soit en prose [11]. Vous me demandez si l’on peut avoir la Genese de Mr Le Clerc [12] et le nouveau livre de Thomas Burnet l’auteur de Sacra Theoria Telluris [13]. Je croi que n’y aiant rien contre l’Eglise romaine, vos visiteurs de livres ne s’opposeront pas vigoureusement à l’entrée. Ici il n’est rien de plus aisé que de les envoier sur vos frontieres ; toutes les œuvres / [de Mon]sieur Thomas Burnet ont eté rimprimées depuis peu à Amsterdam [14], la Genese de M. Le Clerc y a eté imprimée. Ce dernier ouvrage est une nouvelle version de la Genese sur l’hebreu accompagnée de paraphrases et de notes ; mais ce qu’il y a de plus curieux consiste dans les dissertations qui accompagnent la version, et qui concernent la langue que parloit Adam, la punition de Sodome, la femme de Loth etc. L’auteur ne croit point qu’il y ait rien eu de surnaturel dans l’embrasement de Sodome, il epargne les miracles à la providence avec beaucoup d’œconomie [15]. Mr Burnet a bien la mine de rien croire sur l’histoire de la chute du premier homme : pour le moins il donne clairement à entendre que Moyse n’en a point rap[p]orté le fait lit[t]eralement, mais voilé sous une maniere d’apologue ou d’embleme selon la maniere des Orientaux. Vous verrez dans le dernier journal de Mr Basnage l’extrait du Moses vindicatus de Mr Graverol [16] le ministre qui a repondu quant à ce point à Mr Burnet.

Mon Diction[n]aire est encore à la lettre B. Si vous avez des memoires à communiquer pour M rs Du Chene pere et fils  [17] outre la lettre que vous avez faite et que vous avez la bonté de me vouloir communiquer touchant le fils, vous n’aurez Monsieur qu’à les donner à Mr Leers.

On a imprimé en Allemagne quelques lettres du savant Conringius professeur à Helmstad ecrites à Mr l’eveque de Paderborn et à Mr Baluze, avec les reponses de celui cy. La vie de Conringius a eté mise à la tete [18]. Mr Lenfant ministre francois à Berlin vient de publier une traduction francoise d’un livre • que Mr Spanheim le professeur en theologie à Leyde fit il y a quelque tems touchant la papesse Jeanne [19]. Il ne demord point de l’opinion qui a tant duré, et il cherche toutes les exceptions qu’il peut aux raisons pressantes que les Onufrius, les Allatius, et principalement le ministre David Blondel ont produites contre l’existence de cette papesse [20].

A propos de Longin je vous dirai qu’il s’en fait une nouvelle edition à Utrecht in 4° dans laquelle on inserera la version et les remarques de M rs Despreaux et Dacier. Je ne doute point que celle de Mr Perrault n’y soient aussi inserées. L’auteur de cette edition se nomme Tollius [21]. Il a du savoir et des humanitez. Il etoit professeur à Duisbourg au Pays de Cleves, et voiagea par ordre de l’électeur de Brandebourg en divers pays du monde pour acheter des livres à mettre dans la bibliotheque electorale. Il se fit de votre religion à Rome, et à son retour il quitta sa charge de professeur à Duisbourg. Il s’est retiré à Utrecht, où il n’a pas beaucoup de bien à depenser. Il y publie un Longin grec et latin ; il corrige le texte grec et donne une nouvelle version avec un ample commentaire. La version francoise de Mr Despreaux avec les notes serviront d’appendix. Mr Leers en a porté quelques feuilles à Paris [22] à la priere du libraire d’Utrecht.

La Vie de Cromwel, et de la reyne Elizabeth par Mr Leti [23] ont eté mises en francois depuis peu et sont en vente. Je suis faché Monsieur de n’avoir rien de plus curieux à vous mander*.

Je suis avec toute sorte d’estime et de reconnoissance tout à vous.

  Inventaire des pieces contenues dans le paquet du 30 de mars 1694 Deux lettres de Mr Pinsson l’une du 29[,] l’autre du 30 mars 1694 [24].

L’eloge de Jean Martin [25] que Mons r Pinsson a eu la bonté de copier.

Deux s[c]eaux[,] l’un de René roi de Sicile, l’autre d’un concile de France en 1423.

Deux pieces latines de Mr de Santeuil, Victorinus vindicatus, et Quo more recitandæ horæ canonicæ [26].

Deux exemplaires de l’ode du P[ère] Commire sur la machine de S[aint] Malo [27], l’un desquels etoit pour Mr de Beauval qui lui a eté envoié.

Les vers du P[ère] de Jouvanci [28] sur la meme machine.

L’extrait de la Bibliotheque de s[aint] Jerome qui a eté envoié à Mr de Beauval auquel il etoit destiné mais il avoit deja parlé de ladite bibliotheque dans son journal [29] : ainsi la chose est venuë trop tard.

La requete de Marguerite Malaure [30].

Griselidis, Conte de Peau d’Ane, et Souhaits ridicules 2 e edit[ion] [31].

Un exemplaire des • dissertations de Mr Graverol sur le dieu Pan, • sur la medaille des Tyriens, sur la medaille grecque de Trajan, et sur la statue d’Arles [32].

Deux exemplaires de la lettre du meme à Mr Ciampini intitulée Votum deæ Nehaleniæ solutu[m] [33]. Cela fait en tout six pieces de Mr Graverol. Mr Pinsson marque que j’en trouverois 8 dans le paquet. /

Une lettre pour Mr Allix [34], qui a eté tout aussi tot envoiée par la poste.

Deux epitaphes de Mr Menage par Mr Pinsson, l’une sans revers [35], l’autre ayant au revers la lettre de Mr Simon de Val-Hebert touchant les Origines de feu Mr Menage [36]. Mr Pinsson me parle d’une demie douzaine d’exemplaires qu’il dit qu’il m’envoie pour etre donnée à M rs Basnage, Le Clerc, Grævius, Leers et Wetstein [37]. Je me serois acquitté ponctuellement et avec le plus grand plaisir du monde de cette commission mais je n’ai trouvé dans le paquet que les deux exemplaires susdits.

J’ai cru devoir envoier cet inventaire au tres obligeant et tres officieux* Mr Pinsson afin qu’il voïe si son paquet n’auroit pas eté ouvert, et si l’on en auroit oté quelque chose : il faut que ce paquet n’ait pas tenu la route que l’on avoit cru, car il m’a eté envoié d’Amsterdam environ la mi-juillet 1694 par M rs Huguetan  [38] libraires qui m’ont marqué qu’ils venoient de le recevoir par la poste dans un autre paquet qu’on leur avoit envoié de France. Ce paquet etoit trop gros pour avoir eté destiné pour la poste par Mr Pinsson. Je conjecture que l’adresse qu’on lui avoit indiquée sur la fin de mars manqua, et que celui qui la lui avoit indiquée en ayant attendu une autre vainement long tems s’est enfin servi de la poste.

Notes :

[1] La lettre de Pinsson des Riolles à Bayle datée du 30 mars 1694 ne nous est pas parvenue. On remarque que le paquet a mis près de quatre mois pour parvenir à Rotterdam – sans doute à cause des obstacles mis à la circulation aux frontières en temps de guerre.

[2] Voir ce mémoire ci-dessous en fin de lettre.

[3] Ces lettres de Pinsson des Riolles et de François Graverol sont également perdues.

[4] Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708) fit des études de médecine à Montpellier, puis devint professeur de botanique au Jardin des plantes à Paris en 1683. Son grand ouvrage, Eléments de botanique, ou méthode pour reconnaître les plantes venait de paraître (Paris 1694, 12°) ; la traduction latine devait paraître quelques années plus tard : Institutiones rei herbariæ (Paris 1700, 4°, 3 vol.).

[5] L’ouvrage de Tournefort est mentionné dans l’ HOS, août 1693, art. XIII : « Extrait de diverses lettres » et de nouveau en novembre 1694, art. X.

[6] Bayle avait envoyé à Pinsson des Riolles à Paris des exemplaires du De vita et moribus Epicuri de Jacques Du Rondel : sur ce livre, voir Lettre 825, n.17.

[7] Sur le voyage de Reinier Leers à Paris en juillet 1694, voir Lettre 985, n.3.

[8] Une nouvelle édition de la traduction par Boileau du Traité du sublime du pseudo- Longin venait de paraître dans les Œuvres diverses (Paris 1694, 12°, 2 vol.), où elle est accompagnée de neuf Réflexions critiques sur Longin, où, par occasion, on répond à quelques observations de M. P[errault] contre Homère et contre Pindare ; Charles Perrault s’en était pris aux Réflexions dans sa Réponse aux reflexions critiques de M. D[espréaux] sur Longin (Paris 1694, 12°), p.39-41. Boileau avait écrit : « Après avoir ainsi convaincu M. P[errault] sur le grec et sur le latin, il trouvera bon que je l’avertisse aussi qu’il y a une grosse faute de françois dans ces mots de sa traduction : Mais, mon esprit ! ne contemples point, et que contemple à l’imperatif n’a point de s. » Perrault répond : « Je ne sçay pas ce que M. D[espréaux] veut dire. Dans la premiere et la seconde édition de mes Paralleles, page 28 du premier tome, il y a : Mais mon esprit ! ne contemple point, et non pas ne contemples point. Il faut que M. D** ait trouvé cette faute d’orthographe dans une des éditions qu’on en a fait en Hollande : car M. Bayle a mandé à un de mes amis qu’on avoit réimprimé mes Paralleles à Amsterdam. Je croy que vous ne serez pas fâché de voir icy l’extrait de cette lettre. Elle est écrite à M. Pinsson advocat, homme de mérite et tres-connu. En voicy les termes : “Je suis tout-à-fait du sentiment de M. Perrault, et je remarque que ses adversaires ne se défendent jamais par des raisons, ils ne font que declamer et ne viennent jamais au fait. Ses Paralleles ont esté réimprimez à Amsterdam depuis quelques mois, et plaisent beaucoup à nos curieux. Sa lettre à M. Boileau est tout-à-fait judicieuse et polie, et je ne voy pas ce qu’on y pourroit répondre. J’en ai fait part à M. Beauval, qui quoy que grand amy de M. de Fontenelle, ne veut pas se trop ouvertement declarer pour aucun parti.” Cette lettre est dattée du 19 novembre 1693. » Après avoir transcrit ce passage (voir Lettre 955), Perrault tire les conséquences : « Cet extrait peut donner à faire trois remarques. La premiere, que mon livre n’est pas si peu lû que le pretend M. D**. La seconde, que la loüange qu’il donne à un grand prince de lire jusqu’à mes livres n’est pas si forte qu’il veut le faire entendre ; et la troisiéme, que M. Beauval, autrement M. Banage, qui est de mon sentiment, n’oseroit se declarer. J’ay esté surpris qu’on craignît encore M. D** et les traits de sa satyre. Cette crainte estoit pardonnable il y a vingt-cinq ans ; mais aujourd’huy pourquoy le craindre ? La satyre luy avoit donné de la reputation, la satyre la luy a ostée ; et il a esté puni par où il avoit peché. »

[9] Charles Perrault, L’Apologie des femmes (Paris 1694, 12°).

[10] Perrault avait publié une premier conte intitulé La Marquise de Salusses, ou la patience de Griselidis, nouvelle (Paris 1691, 12°) ; Peau d’âne, conte suivit peu de temps après. Parurent alors deux « Lettres de M. de *** à Mademoiselle ***, sur les pièces de Griselidis et de Peau d’âne, de M. Perrault » dans le Recueil de pièces curieuses et nouvelles, tant en prose qu’en vers publié par Adriaan Moetjens à La Haye, ii.21-105 : la critique de Grisélidis est datée du 24 mars 1694 (p. 56) et la seconde lettre est datée du 28 mai 1694.

[11] C’est une allusion au recueil qui comportait la critique de Griselidis : le Recueil de pièces curieuses et nouvelles, tant en prose qu’en vers, publié par Adriaan Moetjens (La Haye 1694, 12°) est un supplément littéraire aux Lettres historiques contenant ce qui se passe de plus important en Europe, et les réflexions nécessaires sur ce sujet, publiées également par Moetjens tous les mois entre janvier 1692 et juin 1728. Chaque numéro est composé de cinq cahiers de vingt-quatre pages – d’où les « 5 feuilles » mentionnées par Bayle – tandis que le Recueil de pièces curieuses est irrégulier, chaque tome comprenant en principe six parties d’une centaine de pages. Le rédacteur de ces périodiques se déclare protestant réformé et « Hollandais par inclination et par devoir, s’[il ne l’est] pas par naissance ». Il n’a pas été identifié avec certitude : P. Stewart mentionne Jean Dumont (1666 ?-1727) et Jacques Bernard parmi les rédacteurs, sans qu’il soit certain de la date à laquelle ils ont commencé leur collaboration ; par la suite, Jean-Blaise Desroches-Parthenay (1690-1766) fut sans doute l’unique rédacteur des derniers volumes. Voir Sgard, Dictionnaire des journaux, n° 822 (art. de P. Stewart).

[12] Le premier volume de la traduction de la Bible par Jean Le Clerc avait paru l’année précédente : Genesis, sive Mosis prophetæ liber primus, ex translatione Jo. C., cum paraphrasi perpetua, commentario philologico, dissertationibus criticis et tabulis chronologicis (Amstelodami 1693, folio) ; il devait être recensé dans le JS du 20 décembre 1694.

[13] Thomas Burnet, Archæeologiæ philosophicæ : sive Doctrina antiqua de rerum originibus (Londonii 1692, 4°) : voir Lettres 895, n.22, 929, n.3, et 984, n.5.

[14] Thomas Burnet, Telluris Theoria Sacra : originem et mutationes generales orbis nostri, quas aut jam subiit, aut olim subiturus est, complectens ; accedunt « Archæologiæ philosophicæ, sive doctrina antiqua de rerum originibus » (Amstelœdami 1694, 4°).

[15] Autrement dit, Le Clerc adhère à la doctrine malebranchiste de la « simplicité des voies » par lesquelles Dieu conserve l’univers.

[16] Sur la critique publiée par Jean Graverol, Moses vindicatus ; sive Asserta historiæ creationis mundi aliarumque : quales à Mose narrantur, veritas. Adversus CL. V. T. Burnetii S.T.D. « Archæologias philosophicas » (Amstelodami 1694, 12°) contre l’ouvrage de Thomas Burnet, Archæeologiæ philosophicæ : sive Doctrina antiqua de rerum originibus (Londinii 1692, 4°), voir HOS, mai 1693, art. XII, août 1693, art. XIII, novembre 1693, art. XI, avril 1694, art. IV, et Lettres 929, n.3, et 984, n.5.

[17] André Du Chene (1584-1640) et son fils François Du Chene (1616-1693) avaient tous deux servi comme historiographes du roi. Bayle avait peut-être envisagé de leur consacrer un article, mais ce projet ne s’est pas réalisé.

[18] Hermanni Conringii ad Stephanum Baluzium Tutelensem et huius ad illum epistolæ (Helmstadii 1694, 4°). Dans sa lettre à Almeloveen du 17 juillet (Lettre 999 : voir n.6), Bayle avait fait le constat de la présence dans cet ouvrage d’une biographie de Conring.

[19] Jacques Lenfant, Histoire de la papesse Jeanne, fidèlement tirée de la dissertation latine de Monsieur de Spanheim (Cologne 1694, 12°).

[20] Onofrio Panvinio, Romani pontifices et cardinales ab eisdem à Leone IX ad Paulum IIII per quingentos posteriores a Christi natali annos creati (Venetiis 1557, 4°) ; Leone Allacci, De Joanna papissa fabula (Romæ 1630, 4°) et Confutatio fabulæ de Joanna papissa : ex monumentis græcis Bartoldus Nihusius recensuit, prologo atque epilogo auxit, nec non telescopium adiunx (Coloniæ Agrippanæ 1645, 8°) ; David Blondel, Familier esclaircissement de la question si une femme a esté assise au siege papal de Rome entre Leon IV, et Benois III (Amsterdam 1647, 8°) ; seconde édition, toujours chez Blaeu à Amsterdam en 1649, qui précède la version latine de 1657 : De Joanna papissa : sive famosæ quæstionis, an fœmina ulla inter Leonem IV, et Benedictum III, romanos Pontifices ; media sederit, Anakrisis (Amstelædami 1657, 8°). Sur la papesse Jeanne, voir aussi P. Levillain, Dictionnaire historique de la papauté (Paris 1994), s.v.

[21] Sur cette édition du Traité du sublime du pseudo- Longin par Tollius, voir Lettre 985, n.2.

[22] Sur le séjour de Reinier Leers à Paris, voir Lettre 985, n.3.

[23] Gregorio Leti avait publié deux années auparavant Historia, e memorie recondite sopra alla vita di Oliviero Cromvele, detto il tiranno senza vizi, il prencipe senza virtu (Amsterdamo 1692, 8°, 2 vol.) ; la traduction par Louis-Antoine Le Peletier, La Vie d’Olivier Cromwel, venait de paraître chez Antoine Schelte (Amsterdam 1694, 12°, 2 vol.) ; elle allait connaître des rééditions régulières chez Desbordes et chez Schelte. Sur la traduction de l’ouvrage de Leti, Historia overo vita di Elizabetta, regina d’Inghilterra, detta per sopranome la comediante politica (Amsterdamo 1693, 12°, 2 vol.), par Louis Antoine Le Peletier imprimée chez Henry Desbordes (Amsterdam 1694, 12°, 2 vol.), voir Lettre 911, n.32.

[24] Ces deux lettres de Pinsson des Riolles à Bayle sont perdues.

[25] Martin Akakia, deuxième du nom, avait été nommé lecteur et professeur royal de chirurgie par Charles IX en 1574. Quatre ans plus tard, ayant été nommé second médecin du roi Henri III, il se démit de son poste de professeur en faveur de Jean Martin, « homme très-capable de cette charge, comme ses écrits le témoignent ». A l’article du deuxième Martin Akakia dans le DHC, rem. B, Bayle précise que René Moreau « a eu soin d’imprimer deux ouvrages de cet auteur [Jean Martin] : Prælectiones in librum Hippocratis Coi de morbis internis, à Paris, en 1637 ; Prælectiones in librum Hippocratis Coi de Aëre, Aquis, et Locis, à Paris, en 1646. Il a mis l’éloge de l’auteur à la tête du premier. On voit à la tête du second quelques vers latins d’ Antoine Mornac à la louange du même Martin, qui fut l’un des commissaires à la fameuse conférence de Du Perron, et de Du Plessis. » C’est sans doute l’éloge composé par René Moreau que Pinsson des Riolles avait recopié pour Bayle.

[26] Jean-Baptiste Santeuil (ou Santeul), Victorinus vindicatus (s.l.n.d., 4°) et Illustrissimo Ecclesiæ principi Carolo Pradel, episcopo Montispessulani, quo more ac modo recitandæ sint a clericis horæ canonicæ (s.l.n.d., 4°). Ces deux pamphlets de quatre pages sont signés « Santolius Victorinus ». Sur Jean Baptiste Santeuil, voir Lettre 132, n.23, et Dictionnaire de Port-Royal, s.v. (art. de J. Lesaulnier).

[27] Le Père jésuite Jean Commire (1625-1702), poète néo-latin qui avait contribué à la critique des Jugements des savants de Baillet : voir Lettre 621, n.4. Basnage de Beauval ne semble pas avoir publié dans l’ HOS les vers cités ici.

[28] Le Père jésuite Joseph de Jouvancy (1643-1719) était entré au noviciat en 1659 ; après avoir enseigné la grammaire, les humanités et la rhétorique à Compiègne, puis la rhétorique à Caen et à La Flèche, il était à la date de la présente lettre professeur au collège de Clermont. En 1699, il devait être appelé à Rome pour continuer l’ Historia Societatis commencée par Niccolo Orlandini et il y mourut le 29 mai 1719. C’était un éditeur de textes anciens et un auteur très fécond, traducteur aussi des Entretiens de Gabriel Daniel contre les Provinciales de Pascal. Dans son immense bibliographie telle qu’elle est présentée par Sommervogel, on trouve deux textes qui correspondent à la composition mentionnée ici : n° 45 : De navali machina in San-Maclovianæ urbis exitium ab hostibus irrito conatu fabricata (Rhedonis 1693, 8° ; s.l. 1693, 4°) ; n° 46 : Divo Maclovio Macloviensium patrono ob suam urbem servatam. Ode à Joseph de Jouvancy, S.J. (Rhedonis 1694, 8°). Voir Sommervogel, s.v., et le Receuil de pièces touchant l’« Histoire de la Compagnie de Jésus », composé par le Père Joseph de Jouvenci, jésuite, et supprimé par arrêt du Parlement de Paris du 24 mars 1713 (Liège [Amsterdam] 1713, 12°), édité par Nicolas Petitpied.

[29] Dans l’ HOS, avril 1694, art. VI, Basnage de Beauval recense l’ouvrage édité par Jean Martianay et Antoine PougetSancti Eusebii Hieronymi Stridoniensis Presbyteri divina Bibliotheca antehac inedita, complectens translationes latinas Vet. ac Nov. Testamenti, cùm ex Hebræis, tum è Græcis fontibus derivatas, innumera quoque scholia marginalia antiquissimi Hebræi cujusdam Scriptoris anonymi, Hebræas voces pressiùs exprimentis. Prodit è vetustiss. MSS. codicibus. C’est-à-dire, La Bibliotheque sacrée de St. Jerôme (Parisiis, apud Anisson, 1693, folio) », « et se trouve à Rotterdam chez Reinier Leers ».

[30] Marguerite Malaure, née en 1665 à Pourdiac, près de Toulouse, fut condamnée comme hermaphrodite en 1691 par les capitouls et débaptisée. Elle se rendit à Paris en octobre 1692 auprès du célèbre médecin Helvetius à Paris, qui diagnostiqua une « descente de matrice » ( lapsus uteri) et la remit entre les mains de Saviard, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, qui la « guérit ». Elle s’adressa alors au roi pour se faire rétablir dans ses droits civiques et religieux. F. Richer, Causes célèbres et intéressantes avec les jugements qui les ont décidés (Amsterdam 1773-1787, 12°, 20 vol.), tome IV ; P. Graille, Les Hermaphrodites aux XVII e et XVIII e siècles (Paris 2001), p.124-128. Bayle ne semble pas avoir exploité ces informations dans le DHC.

[31] Sur l’ouvrage de Charles Perrault, Grisélidis, nouvelle, avec le conte de Peau d’Ane et celui des Souhaits ridicules. Seconde édition (Paris 1694, 12°), voir Lettre 965, n.16.

[32] François Graverol, Dissertation [...] à M. Rigord, sur l’explication d’une médaille grecque qui porte le nom du dieu Pan (Paris 1689, 4°) ; Dissertation [...] sur l’explication d’une pierre antique et d’une médaille grecque de l’empereur Trajan (s.l.n.d., 4°) ; Dissertation sur une médaille des Tyriens (s.l.n.d., 4°) ; Dissertation [...] sur la statue qui étoit autrefois à Arles et qui est à présent à Versailles (Nîmes 1685, 4°).

[33] François Graverol, Votum deæ nehaleniæ solutum, sive Francisci Graverol, nemausensis, ad Joannem Ciampini, Romanum, epistola, de opere quodam musivo nuper reperto (s.l. 1689, 4°).

[34] Sur cette lettre de Pinsson des Riolles du 24 décembre 1693 adressée à Pierre Allix, voir Lettre 965, n.2.

[35] Gilles Ménage était mort le 23 juillet 1692 : voir Lettre 881, n.10 ; sa mort n’est pas mentionnée dans le Mercure galant, qui signale cependant celle d’ Emeric Bigot (août 1692, p.171-181), de l’abbé Cocquelin (janvier 1693, p.186-201), de Pellisson (février 1693, p.280-295), et de l’abbé Charles Boileau (ibid., p.329-330). Nous ne connaissons pas les épitaphes de Ménage par Pinsson des Riolles.

[36] Nous ne connaissons pas la lettre de Hervé Simon de Valhébert (1661-après 1736) sur l’édition posthume de l’ouvrage de Ménage, Dictionnaire étymologique ou origines de la langue françoise (Paris 1694, folio) – ouvrage recensé dans le JS du 17 mai 1694, mais il est intéressant de constater qu’il faisait partie à cette date du réseau de correspondance de Pinsson des Riolles : il allait échanger une correspondance importante avec Bayle à partir du mois de novembre 1696 et fut par la suite en contact avec Pierre Des Maizeaux. Il avait été domestique chez Ménage avant de devenir son secrétaire : voir H. Ashton (éd.), Lettres de Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, et de Gilles Ménage (Londres 1924), passim. Il veilla à l’édition posthume du Dictionnaire étymologique et il est l’auteur de la « Vie de M. Ménage » placée en tête de l’ouvrage. Il entra par la suite au service des Bignon et devint bibliothécaire de l’abbé Jean-Paul Bignon : c’est à ce titre que Bayle devait le connaître. Ce statut de bibliothécaire lui fut contesté par Mathieu Marais (lettre à Des Maizeaux du 8 juillet 1706 : BL Add. mss 4.285, f.53r°), qui se fondait sur le témoignage du chancelier Pontchartrain, mais on constate qu’un rapport de Renaudot sur Richard Simon, envoyé à Pontchartrain ( Bossuet, Correspondance, xiii.543-544), avait provoqué une confusion dans l’esprit du chancelier, qui annota ce texte en signalant que « Simon », « bibliothécaire » de l’abbé Bignon (neveu du chancelier), avait été chassé de chez lui « à cause de ses friponneries et de ses infidélités ». Valhébert était encore en vie en 1736 et résidait « chez M. Henault, place de la Sorbonne » (lettre à Des Maizeaux du 29 mars 1736 : BL Add. mss 4.288, f. 197v°). Il fut nommé « adjoint » de l’Académie des sciences en 1699 (et « adjoint vétéran » en 1733), sans que l’ Histoire de l’Académie royale des sciences (Paris 1733), ii.387, 436, précise à quel titre.

[37] Autant de membres du réseau de correspondance de François Pinsson des Riolles et de Bayle lui-même.

[38] Sur les trois frères Huguetan , Marc, Jean-Henri et Pierre, imprimeurs à Amsterdam, voir Lettre 882, n.40.

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Institut Cl. Logeon