Lettre 106 : Pierre Bayle à Jacob Bayle

[Paris, le 27 ou 28 juillet 1675]

Je prends un si grand plaisir à m’entretenir avec vous m[onsieur] e[t] t[res] c[her] f[rere], que malgré mes occupations, je ne pretens pas laisser passer aucune poste sans vous ecrire, tandis que vous sejournerez à Mont[auban]. Une chose me fache*, que je sois si peu en etat de faire provision de nouveautez. Si j’etois franc de toute corvée, vous pourriez vous asseurer que je vous communiquerois bien des choses, car le plaisir que je me ferois de savoir que vous les feriez tres bien valoir, donneroit de nouvelles forces à ma curiosité. Le tailleur [1] n[ot]re bon ami craint que le cadet ne prenne en mauvaise part la confidence qu’il vous a faitte de ses questions [2]. Je l’ay rasseuré là dessus. C’est un effet des grands egards qu’une ame bonne et honnete comme la sienne, a coutume d’avoir pour le prochain. Je me repose sur vous des excuses que je dois à n[otre] t[res] h[onoré] p[ere] de ce que je ne lui ecris pas tous les ordinaires*[.] J’espere de sa bonté qu’il me pardonnera une faute où je ne tombe qu’à mon corps deffendant, et qu’il se contentera des asseurances que je luy donne de mes respects et des voeux que je fais pour sa conservation. Avant que nous nous separions (il me semble que nous sommes en meme ville, depuis que nous nous ecrivons si reiglement) je ferai un paquet pour notre Ithaque [3].

Je suis bien aise que le jugement de Mr Charles [4] soit avantageux au livre de Mr Jurieu [5] ; j’aurai bien tot un traitté que ce dernier a fait imprimer à Sedan, touchant l’usage et la necessité du bapteme [6], s’attachant sur tout à justifier la pretendue dureté dont on nous accuse, sous pretexte que nous ne voulons pas baptiser les enfans, sinon aux lieux et aux heures de nos exercices. J’ay eté souvent aux prises avec des Lutheriens pour ce sujet. Et je me souviens que Mr le comte de Dhona, quoi que zelé sectateur de la rel[igion] reformée, trouvoit un peu rude que Mrs de Berne luy eussent refusé de participer à la Cene dans sa chambre, ce qu’il avoit eté contraint de leur demander à cause de ses frequentes et longues attaques de goutte [7]. Je ne sai si on est icy fort rigide quant à l’administra[ti]on du bapteme intra privatos parietes [8]. Mais je sai bien que je vous puis dire comme une chose de fait [qu’o]n a baptizé en chambre n’a* pas fort long tems, un petit enfant de Mr le marquis de Boisse [9]. Moyennant une permission de Mr le lieutenant civil, Mrs les ministres n’en font point de difficulté, à en juger p[ar] cet exemple.

Je serai bien aise de savoir où loge Mr Duncan [10] afin de renouveler connoissance avec lui. Il etoit / extremem[en]t studieux, et de l’air qu’il y alloit on peut • luy croire un fort grand acquis, sans etre des plus credules. La connoissance que Mr Martel nous veut procurer à tous deux [11] est trop illustre pour ne le pas prendre au mot. Vous l’asseurerez s’il vous plait de ma gratitude.

Il n’est pas* que vous n’ayez oui parler des lettres du P[ere] Paul qu’on a imprimées à Geneve il y a 2 ans [12]. La belle histoire du concile de Trente qu’il a composée, sans parler de ses belles apologies pour les Venitiens excommuniez par le pape Paul 5 [13] ont rendu le nom de Fra Paolo ou de Pietro Soave, illustre par toute l’Europe. Et de verité c’etoit un des plus grands ho[mm]es de ces derniers siecles. Comme il avoit correspondance avec tous les savans de son tems ; les curieux attendoient avec impatience la publication de ses lettres. Enfin on les a publiées à Geneve, avec un autre livre du meme autheur, intitulé De beneficiis [14]. Comme il y a eu de gens qui ont creu que Seneque etoit consommé dans le droit canon, et qu’il avoit traitté à fonds, des matieres beneficiales*, dans son excellent livre De beneficiis [15] ; il y a eu aussi un honnete hom[m]e, mais non pas des plus hupez* (je me sers de ce mot quoi que fort antique, car en fait de lettres, je couche tout ce qui se presente) q[ui] a creu que le P[ere] Paul traittoit de la liberalité, et de l’aumone, dans ce dernier livre, au lieu qu’il ne parle que des matieres beneficiales. Ce que j’en dis n’est pas pour avoir leu l’ouvrage meme, car ces sortes de sujets me plaisent si peu, que je n’en lirois pas aucun, quand bien* toute espece de livres me manqueroit.

Or puis q[ue] vous • plaisez aux avantures des predicateurs de tous partis, je vous dirai que Mr Joly, eveque d’Agen, precha à l’ouverture de l’assemblée du clergé, sur ces paroles de Salomon, Crain Dieu et honnore le roy [16]. Sa division fut de ce que les sujets doivent à leur p[rin]ce et de ce que le prince doit aux sujets. Ce n’est pas la division des paroles du texte, mais cela n’y fait rien. Les sujets (disoit il) doivent l’obeissance au pr[in]ce et celui cy le bon exemple à ses sujets. Comme c’est un homme d’une morale fort severe et qui a toujours affecté de precher sur un ton vehement, il poussa d’une terrible force l’article du bon exemple du souverain. Jusques là qu’on luy en a voulu faire une affaire à la Cour, et on a dit qu’il a eté contraint de s’aller justifier aupres de Mr Colbert [17]. Mr Du Bosc avoit preché sur les memes paroles un an auparavant, un jour qu’on luy avoit dit, que Mr le duc de Roquelaure l’entendroit [18], et des gens de Caen m’ont asseuré q[ue] cet excellent predicateur s’etoit surpassé lui meme. L’auditeur qu’il attendoit eut des affaires qui le retinrent ches lui, mais il se fit rendre conte des beaux endroits du sermon par Mr Malide [19] q[ue] bien connoissez.

Les raisons que vous apportez pour le jour de jeune fixé au vendredy de / vant Paques sont tres fortes. Ayant demandé à Mr Allix ce que c’etoit que l’arreté du dernier synode, il m’a dit que la compagnie n’avoit fixé le jour de jeune au vendredy sainct que pour deux ans, qu’on avoit choisi ce jour parce qu’on avoit preveu des inconveniens si on en eut choisi un autre, et que peut etre le synode prochain en ordonnera autrement [20]. Voila ce qu’il y a de certain. Lors que je vous ay marquai [ sic] que c’etoit un reiglement pour l’avenir je m’etois fié à ce que j’en avois ouy dire à un Ancien de ce consistoire.

Les Pseaumes de Mr Conrart [21] n’ont pas encore été presentez à l’Eglize pour recevoir l’approba[ti]on, mais ce qu’on en a veu a eté trouvé si bon, que pour l’edifica[ti]on publique on l’exhorte de continuer. Ses frequentes indispositions reculeront cet ouvrage quoi qu’il n’y manque à faire que bien peu de chose [22]. Il paroit un livre intitulé Recherches sur le mouvement du sang, et sa formation par Mr Challoi medecin d’Angers [23]. Mr Claude va commencer au 1er jour la reponse au dernier ouvrage de Mr Arnaud [24], et si ce que le Pere Paris chanoine de S[ain]te Geneviève vient de publier en sa faveur pour prouver que les Grecs croient la transubst[antiation] [25] merite reponse, on luy en donnera par meme moyen. Mrs de Port R[oyal] ont deja traduit 4 tomes in 8° du Vieux Testament [26]. Leur lan[g]age est tres pur, et ils font un petit commentaire que leurs partisans estiment beaucoup plus que les autres. Ils ont traduit les Proverbes de Salomon, quelques uns des prophetes, le et 2 livre des roys, qui sont notre et 2 livre de Samuel [27]. On attend au jour la traduction du Pentatheuque.

Le Roy s’en va mardy à Fontainebleau. On fait courir le bruit qu’il ira au mois de septembre en Bretagne, mais on croit q[ue] ce n’est que pour faire peur aux paysans bas bretons qui sont soulevez et qui font beaucoup de desordres [28]. J’asseure de mes tres humbles respects Mr Riv[alz]. Je luy repondrai en latin dés que j’aurai un peu plus de loisir [29]. Depuis ma derniere*, j’ay consulté Mr de Thou qui rapporte tout au long la particularité* de Castellanus [30], et il est fort vrai qu’il ne luy attribue pas la reponse, de tater le vin etc. Il conte que les Docteurs de Sorbonne deputez du corps pour se plaindre au roy de la doctrine debitée par Castellan, tomberent entre les mains d’un Mendoza 1er maitre d’hotel ches le roy, qui leur bailla ce traict mocqueur. Adieu jusqu’à • la huitaine ; Mr Millau m[’a pro]mis de s’informer de Mr Renaudot qui etoit l’autheur du Mercure fra[nc]ois [31]. Comme la / Gazette qui est une invention de Mr Renaudot, a succedé à ce mercure là, il y a apparence que led[i]t Mr Renaudot nous donnera bien de lumieres sur ce q[ue] nous cherchons. Mr Renaudot d’aujourd’huy est fils de celui q[ui] a commencé la Gazette, et frere de celui qui l’a continuée, auquel il a succedé dans cette fonction depuis sa mort [32]. Mais co[mm]e il est fort employé dans la profession de medecin, il negligeoit fort la Gazette, si bien q[ue] tout le monde se moquant du gazetier, le Roy fit commettre Mr de Guilleragues à la revision de la Gazette et depuis ce tems là, elle est bonne.

A Monsieur Monsieur Ynard not[aire]/ royal rue Dauriol p[ou]r faire tenir s’il luy plait/ à Mr Baile / A Montauban

Notes :

[1] Il s’agit de M. Ribaute, qui est souvent désigné aussi comme « Mr Carla ».

[2] C’est apparemment pour questionner Ribaute au sujet de Pierre que Joseph Bayle avait écrit. Cette curiosité avait un peu inquiété le tailleur, qui avait jugé prudent d’en avertir Jacob. Pierre ne semble pas s’en être gendarmé, ou du moins il n’en laisse rien paraître ici.

[3] Pierre avait déjà comparé Le Carla à Ithaque : voir Lettre 68, p.25.

[4] Il ne s’agit pas ici de Michel Charles, pasteur à Châtellerault (dont il a déjà été question), mais de son cousin germain, Jean Charles, né en 1632 ou 1633, pasteur à Montauban et qui mourut à Berlin en 1693.

[5] Sur l’ Apologie pour la morale des réformés, voir Lettre 69, n.7.

[6] P. Jurieu, Lettre d’un théologien à l’un de ses amis de la province du Berry. Touchant l’efficace du bapteme, et la nécessité qu’il y a de l’administrer aux enfants, en tout temps et en tous lieux, quand ils sont en péril de mort (Sedan 1674, 4°), qui fut publiée « avec permission du Conseil des Modérateurs de l’Académie de Sedan » datée du 20 mars 1675. Nous apprendrons plus loin (Lettre 147), et la lettre de Bayle est notre seule source pour cette information, que cette Lettre de Jurieu s’adresse à Galéot II Cambis de Soustelle, ministre de Romorantin : voir E. Kappler, Bibliographie de Jurieu, n° 40. Cet opuscule donna lieu plus tard, au Refuge, à toute une polémique (voir aussi Lettre 116, n.7). Dans la mesure où le baptême était jugé indispensable au salut, on tendait à en faciliter l’administration rapide. Parce que la théologie réformée ne vouait pas à l’enfer les enfants de chrétiens morts sans avoir été baptisés, la Discipline exigeait que le baptême fût célébré au cours d’un culte au temple, ce qui en retardait l’administration. Elle était très largement respectée dans les régions de protestantisme dense, mais là où les réformés étaient dispersés, cette pratique avait fléchi. Le retard apporté au baptême des nouveau-nés scandalisait le voisinage catholique et l’incitait à des ondoiements charitables, qui faisaient automatiquement du bébé un catholique. La réponse à ce péril était évidemment un baptême rapide par le pasteur, au temple. Cependant, cette interprétation est celle d’un historien actuel : à l’époque, de part et d’autre, on avançait des arguments purement théologiques. Pierre Isarn de Capdeville (1642 ?-1714), alors pasteur à Montauban, allait y publier en 1677 une Réponse à la Lettre d’un théologien à l’un de ses amis de la province du Berry touchant l’efficace du baptême, opuscule qu’on connaît par sa réédition, avec la Lettre de Jurieu et d’autres pièces, dans un Recueil de divers traités concernant l’efficace et la nécessité du baptême, pour servir à décider la question qui est agitée dans les églises wallonnes, s’il faut baptiser les enfants en tous tems et en tous lieux, quand ils sont en péril de mort (Amsterdam 1695, 12°). Aux yeux de ses adversaires réformés, Jurieu se rapprochait dangereusement des thèses catholiques en plaidant pour un adoucissement de la Discipline au nom de raisons théologiques, mais on peut penser qu’à son insu ce sont des causes sociologiques – la pression du voisinage catholique – qui avaient favorisé un certain laxisme au nord de la Loire.

[7] Le problème de la Cène était parallèle à celui du baptême. En principe, elle ne pouvait être célébrée qu’au temple au cours d’un culte public. Toutefois, les réformés ont admis parfois, au siècle, un service de sainte Cène dans la maison d’un malade ou d’un impotent, à condition qu’il prenne place au cours d’un culte, avec plusieurs assistants. Ces exceptions, dans le Midi, ne concernaient guère que les familles haut placées. Nous apprenons ici que les autorités bernoises se refusaient à une telle concession.

[8] Dans une maison privée.

[9] Paris était un lieu de protestantisme dispersé et l’on s’explique que les pasteurs de Charenton aient consenti à un assouplissement des prescriptions de la Discipline, surtout, probablement, à l’égard de fidèles prestigieux, tels que le marquis de Boisse, Jacques Nompar de Caumont, qui deviendra en 1678 le 4e duc de La Force. Au surplus, le long trajet pour atteindre Charenton, surtout si la saison était rigoureuse, présentait des dangers patents pour un nourrisson.

[10] Daniel Duncan (1650-1735) avait été compagnon d’études de Pierre à Puylaurens. Il était devenu médecin, ayant achevé ses études à Montpellier en 1673, et était venu ensuite à Paris. Il est mentionné dans le DHC, article « Cerisantes », rem. I.

[11] Daniel Duncan était Montalbanais et petit-fils de Guillaume Duncan, professeur à l’Académie réformée de Montauban. C’est Thomas Martel qui souhaite que, devenu Parisien, Daniel Duncan renoue connaissance avec Bayle, et qui veut introduire les deux jeunes gens auprès de son ami François Bernier – ce que nous apprend la Lettre 109, p.279.

[12] Lettere italiane di Fra Paolo Sarpi […] scritte da lui al signor dell’Isola Groslot, dopo li 11 dicembre 1607 sino alli 2 settembre 1618. Vi ne sono […] altre scritte da lui al signor Gillot (Verona [fausse adresse bibliographique] 1673, 12°) : cette édition fut procurée par Gregorio Leti, et les lettres passent pour apocryphes ; voir Lettre 13, n.81.

[13] Sur l’ Histoire du Concile de Trente, voir Lettre 13, n. 80 ; Bayle fait allusion par ailleurs aux Considerationi sopra le censure della Santità di Papa Paulo V. contra la republica di Venetia (Venetia 1606, 4°) ou à l’ Historia particolare delle cose passate tra’l sommo pontefice Paolo V. e la serenissima republica di Venetia gl’anni MDCV. MDCVI. MDCVII : Diuisa in sette libri. Viua San Marco (Mirandola 1624, 4°), qui a connu de nombreuses rééditions et qui devait être traduite par l’oratorien Vivien de La Borde sous le titre, Histoire du démêlé du pape Paul V avec la République de Venise (Avignon 1769, 12°).

[14] Historia de P. Paolo […] sopra li benefici ecclesiastici (Colonia Alpina 1675, 12°).

[15] « Des Bienfaits » : le terme latin se prête à la bévue.

[16] Claude Joly (1610-1678), évêque d’Agen depuis 1664, abritait une certaine sympathie pour le jansénisme et était un prédicateur renommé. Le verset se trouve dans Pr 24,21.

[17] La vie privée de Louis XIV, connue de tous, ne pouvait passer pour exemplaire. Il est significatif que le prélat ait dû se justifier auprès du ministre des réflexions qu’il avait suscitées chez certains de ses auditeurs, dont tous assurément ne lui voulaient pas de bien, même s’ils étaient tous des ecclésiastiques.

[18] Le sermon de Du Bosc dont il est question ici, prêché en 1674, avait pour texte I P 2,17 (qui reprend Pr 24,21). Voir Du Bosc, Sermons sur divers textes de l’Ecriture (Rotterdam 1687, 8°, 7 vol.), iv.89 ss. Roquelaure, gouverneur de Normandie en 1674, était en bons termes avec le pasteur.

[19] Malide servait dans le régiment de Roquelaure : voir Lettre 78, n.20.

[20] Voir Lettre 100, p.208 et n.16. Jacob Bayle s’était étonné qu’un synode réformé ait institué des jeûnes les vendredis, ce qui paraissait faire écho à un usage catholique romain.

[21] Voir Lettre 104, n.22.

[22] Conrart était alors très malade et il allait mourir le mois suivant.

[23] Bayle n’a pas retenu exactement le nom de ce médecin : il s’agit de Jacques Chaillou. Le JS du 18 janvier 1675 (p.246-249) recense ses Recherches de l’origine et du mouvement du sang, du cœur et de ses vaisseaux, du lait, des fièvres intermittentes et des humeurs (Paris 1675, 12°) ; ce livre reprenait et développait un ouvrage antérieur (dont le JS avait rendu compte le 2 mars 1665 en l’attribuant à Jacques Chaillou) au titre un peu différent : Questions de ce temps sur l’origine et le mouvement du sang, reveues et augmentées d’une explication des fièvres intermittentes, de quelques observations sur le cœur et ses vaisseaux et d’un discours du laict (Angers et Paris 1664, 8°).

[24] Le « dernier ouvrage de Mr Arnauld », L’Impiété de la morale des calvinistes, pleinement découverte par le livre de M. Bruguier, ministre de Nismes, approuvé par M. Claude, ministre de Charenton (Paris 1675, 12°), était en fait de Pierre Nicole : voir Lettres 74, n.12, et 133, n.30. Finalement, ou bien Claude n’avait pas eu l’intention de répondre et Bayle était mal renseigné, ou bien le pasteur de Charenton abandonna ce projet, faute de loisir ou parce qu’il sut que son collègue de Nîmes, Bruguier, allait le faire. Bayle évoquera ces ouvrages dans son compte rendu de la réponse de Jurieu à Arnauld : Justification de la morale des réformés contre les accusations de M. Arnauld… (La Haye 1685, 8°, 2 vol.) : NRL, novembre 1684, art. XI.

[25] Anselme de Paris, La Créance de l’Eglise grecque touchant la transsubstantiation défendue contre la réponse du ministre Claude au livre de Mr Arnauld (Paris 1672-1675, 12°, 2 vol.). Certains bibliographes ont attribué cet ouvrage à Pierre Nicole, et Bayle lui-même l’attribue par la suite à l’ abbé Eusèbe Renaudot : voir Lettre 213, n.38.

[26] Isaac-Louis Le Maistre de Sacy (1613-1684), un des prêtres de Port-Royal, s’attacha à la traduction de la Bible : Les Proverbes de Salomon, traduits en françois, avec une explication tirée des Saints Pères et des auteurs ecclésiastiques (Paris 1672, 8°) ; Isaïe, traduit en françois avec une explication tirée des Saints Pères et des auteurs ecclésiastiques (Paris 1673, 8°) ; Les Deux premiers livres des Rois traduits en françois, avec une explication tirée des Saints Pères et des auteurs ecclésiastiques (Paris 1674, 8°). L’énumération faite par Bayle n’est donc pas tout à fait exacte.

[27] Les réformés avaient adopté le texte de la Bible hébraïque pour l’Ancien Testament, ce qui excluait de leur canon Tobie, Judith, les Maccabées, la Sagesse, l’Ecclésiastique et Baruch, et, par ailleurs, modifiait l’intitulé des livres que Bayle mentionne ici.

[28] Le soulèvement qui se produisit alors en Bretagne, révolte dite du papier timbré ou des bonnets rouges, posa de sérieux problèmes aux autorités et fut férocement réprimé ; voir Lettre 94, n.10.

[29] Aucune lettre de Rivals à Bayle ne nous est parvenue.

[30] Jacques-Auguste de Thou, Historiarum sui temporis ab anno Domini 1543 usque ad annum 1607, libri CXXXVIII, quorum LXXX priores multo quam antehac auctiores : reliqui vero LVIII nunc primum prodeunt […] Accedunt commentariorum De Vita sua libri sex hactenus inediti (Aurelianæ 1626, folio, 5 vol.), livre III (1547), i.87.

[31] Sur le Mercure françois, voir Lettre 103, n.17.

[32] La dynastie des Renaudot part de Théophraste (1584-1653), médecin, créateur de la Gazette. Né protestant, il abjura à une date inconnue, mais antérieure à son obtention d’un privilège pour sa publication. Il eut deux fils, Isaac (qui mourut en 1680) et Eusèbe (1613-1679), l’un et l’autre médecins. Après la mort de leur père, Isaac abandonna assez vite la rédaction de la Gazette à son frère. L’abbé Eusèbe II Renaudot (1646-1720), fils aîné d’ Eusèbe , ne fut responsable de la rédaction du journal qu’après son frère François, né en 1650, qui abandonna le journalisme pour se faire génovéfain en 1679. A partir de cette date, Eusèbe II dirigea la Gazette jusqu’à sa mort en 1720 : voir Dictionnaire des journalistes, n° 676, article de P. Berger.

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