Lettre 1067 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

• A Paris ce lundi dixneufvieme decembre [1695]

Monsieur

Un livre aussi chetif que le mien ne meritait pas un compliment com[m]e le vostre [1]. Que diriez vous de plus à un autheur in folio qui auroit excellé. Aussi je le reçois com[m]e une pure civilité françoise : outre la vivacité et l’agrément de la nation qu’il paroist par vos livres que vous avé conservée [ sic] parmi les frimats d’Hollande et au milieu des brouilliards de la Meuse [2], je vois encore que vous en avé gardé l’hon[n]esteté et la courtoisie. A propos de la nation, je fus surpris lisant un de ces jours la quatrieme partie de l’ Euphormion de Barclay [3], d’i voir dans le chapitre qui traicte le caractere des François, l’exacte description de la conduite de l’illuminé Monsieur Jurieus à vostre égard. Excusé le sproposito [4]. C’est à Mr de Tillemont que j’en ai voulu, lorsque j’ay parlé des réflexions curieuses et injustes sur les égarements des payens. Ces réflexions se voient dans les endroits de son Histoire des empereurs [5], où il parle de l’apothéose de ces princes. Au reste, l’ Histoire des Gordiens [6] perd beaucoup d’estre venue trop tard pour entrer dans vostre Diction[n]aire critique, qui sera un livre de touts les temps et de toutes les nations. Tout le monde l’attend ici avec la derniere impatience : l’on ne s’informe des nouvelles politiques au peu d’estrangers qui nous viennent de chez vous, qu’apres leur avoir demandé si ce livre ne paroist pas encore en Hollande.

On imprime peu de livres en France présentement, mais en récompense l’on n’a jamais tant imprimé de livrets, / outre les Lettres amoureuses d’Héloise et d’Abaillar et leur histoire [7], assez mal écrite, il vient de paroistre celle des Amours de Jules César dans les Gaules avec Murcie [8]. Vous auré entendu parler de l’ Histoire secrète de Henri 4 e roy de Castille ; c’est un roman assez bien escrit, il est de Madame de Briou, si connue sous le nom de Mademoiselle de La Force et dont le mariage a faict tant de bruit [9]. Il i a deu[x] ans qu’elle a fet encores imprimer l’ Histoire secrete de la maison de Bourgogne [10]. Il semble que les femmes veuillent remonter sur le Parnasse. On vient d’imprimer les poésies d’une Mademoiselle Lhéritier [11], et nous aurons bientost une paraphrase de quelques pseaumes par Mademoiselle Chéron [12]. Vous aurez vu à présent en Hollande le second tome des poésies de Madame Deshoulières, où Mademoiselle Deshoulières a joint un recueil des siennes [13] ; ce second volume n’est pas aussi estimé ici que le fu[t] le premier, Madame Gilhon a mis en françois moderne les Mémoires de Commines, qu’elle va faire imprimer [14]. Il me semble qu’il faut laisser parler au seigneur d’Argenton son vieux langage, qui sert à rapeller • le temps dont il escrit l’histoire. •

Mr Bourdelot [15] vous est fort obligé de vostre hon[n]esteté. Il a épousé depuis quinze jours Mademoiselle Hélyot, niepce de la béate [16], que nous apellons ici Madame Hélyot aux escrans, parce qu’un hyver ou deux touts nos escrans estoient décorez avec son portrait. Nous avons un nouveau Traitté de la Pasque, où l’on refute le système du docteur espagnol, qui publia son livre il i a quelques mois. Le docteur espagnol est le P[ère] Daniel et celui qui escrit contre lui, Mr Vitasse autrefois professeur en philosophie à Montaigu, à présent docteur en thélogie [17], et attaché auprès de l’abbé d’Auvergne, nepveu du cardinal de Bouillon [18]. Mr Hure vient de faire imprimer • le Nouveau Testament en latin avec des notes courtes et judicieuses [19]. Le livre ne contient que deux volumes in 12. Mr Huré est un professeur émérite de l’université, qui a regenté au collège des Grassins.

Je passe quelques autres livres de / médecine et de théologie pour venir au livre d’ un jésuite, Conduite pour parler et se taire [20]. Asseurément, comme vous l’avez remarqué, si le monde va de travers, ce n’est pas la faute de Messieurs les autheurs, qui escrivent journellement de beaus et de bons livres bien capables de le redresser, s’il vouloit en profiter, témoin celui ci. Combien de desordres seroient bannis du monde, si chacun se taisoit et parloit tousjours à propos. Ce livre n’est qu’un petit in douze ; il passe pour bien escrit, et c’est le coup d’essay de son autheur, don[t] j’ay oublié le nom.

L’on n’entend parler que de mandements contre le quiétisme [21]. J’observe dans notre siecle un certain esprit de contradiction, qui me fait craindre que, malgré l’éloignement que notre nation a naturellement • pour les principes de Molinos, nous n’aions enfins [ sic] ici des quiétistes.

L’année derniere, les theatres estoient dezerts, il n’i avoit point de moines qui n’eût un auditoire mieux garni. Depuis que l’on s’est avisé d’escrire contre et de damner ceus qui alloient à la comedie [22], la fureur des spectacles est devenue une mode que tout le monde suit avec exactitude. Les gens qui estudient Paris remarquent com[m]e un phenomene la foule qui journellement se trouve au theatre. Voilà l’effet de • l’inondation de petits, et gros livres qui ont paru cet esté contre les spectacles, et des declamations que touts les predicateurs firent alors contre le theatre par ordonnance du feu archevesque. Comme les nouvelles du theatre font partie de celles de la Republique des Lettres, je vous diré, que l’on vient de jouer aux comediens françois Bradamante, tragedie nouvelle de Thomas Corneille [23]. Quoyque la piece soit bien conduite, que les sentiments en soient naturels et tendres et la • versification / cor[r]ecte, cela n’a pas fort reussi. Ap[p]arement c’est la sup[p]osition de deux breteuses qui ne cherchent que à deguaisner, qui a etrangé le spectateur, com[m]e trop eloigné de nos mœurs et peu vraisemblable. On va jouer sur le meme theatre Sesostris, roy d’Egipte, tragedie nouvelle de Mr de Longepierre [24], qui ne vous est pas inconnu, etc. L’année derniere, il donna Medée, qui eut beaucoup de succez, et il seroit à souhaitter qu’il ocupa[t] • tousjours ainsi le loisir que lui a rendu son eloignement de la Cour [25]. C’est l’histoire de Gnemon et de Menete, qui sert d’episode au roman d’ Heliodore [26], qu’il a ac[c]om[m]odée au theatre sous le nom de Sesostris. Les comediens ont encore un[e] autre piece, dont l’on dit beaucoup de bien. C’est Polixene. Le sujet est bien choisi et l’autheur, • nommé Daubigny passe pour un homme tres capable de bien faire [27]. On joue [à] l’opéra avec succez Le Ballet des saisons, dont les parolles sont d’un Monsieur Pic, autheur de certains Dialogues de morale qui se debitent ici touts les mois [28]. A propos d’opera, j’oubliois de vous dire que Madame Gilhon, qui traduit Commines, est mere de Madame Xaintonge qui a faict les parolles de deux operas, Didon et Circé [29], dont le dernier fut joué au com[m]encement de cette année. Apres Le Ballet des saisons, l’on donnera à l’opera Jason, dont Mr Rousseau a faict les parolles [30] et ensuitte Iphigenie en Tauride [31]. Monsieur Duché [32], autheur des vers a deja faict quelques opera[s] qui ont réussi et com[m]e il a eu devant les yeux un modele aussi excellent que Euripide[,] tout le monde est favorablement prevenu pour sa piece.

Mr Galland escrit contre l’ Histoire des Gordiens [33]. C’est un homme de merite, bon antiquaire et consommé dans les langues orientales. On espere qu’il succedera à Mr d’Herbelot / dans sa chaire de professeur en siriaque [34]. Ce dernier a laissé sa Bibliotheque mahometane achevée : elle paroistra cet hyver [35]. On va imprimer un nouveau volume des Essais de morale, trouvé apres le decez de Mr Nicole, parmi ses papiers [36]. On i a aussi trouvé une Théologie morale [37], qui fera trois in 4°, et un Traitté de la grace [38], qui en tiendra deux si luminis auras attigerit [39].

Mr Perrault va faire imprimer son quatrieme volume des Paralelles [40]. Il i traitte de l’astronomie, de la geographie, de la navigation, de la guerre, des quatres parties de la philosophie et de la musique. • Come il entend les arts, ce volume doit estre bien curieux. Ce livre auroit deja paru, s’il n’estoit pas oc[c]upé apres les Illustres de Mr Bégon [41]. Il n’a encore pu rien voir de ce qui s’est imprimé en Hollande et en Anglettere à l’occasion de sa querelle [42]. Quel sujet d’imprecations contre la guerre pour un autheur[!] Il vit à present en bonne intelligence avec Mr Despréaux [43], que je trouvé chez lui la derniere fois que je le fu voir. Mais en verité[,] si la playe est fermée, il reste encore une grande cicatrize, et vous avé eu grande raison de dire que la haine d’erudition estoit implacable [44]. Mr Despréaux va faire imprimer une nouvelle satyre [45]. Apres avoir dit

Enfin vous le voulé, ma remontrance est vaine

Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine

il leur represente cependant l’injustice avec la quelle le public les traitte, qu’ils voient que chacun en medit sans les entendre, et :
Vostre autheur, jadis à Reignier préféré,

Aux Perrains, aux Coras, aux Renards comparé.

Renard est un de ceux qui ont escrit contre la Satyre des femmes ; c’est lui qui a faict la Satyre contre les maris [46]. Voila le plan de la satyre de Mr Despréaux, sur la quelle je vous entretiendrois davantage, si ma lettre estoit moins longue. Excusez, si elle est si bigarée ; je n’aye pas eu le loisir de la ranger [47]. Mr Dacier va estre reçu jeudi prochain à l’Academie [48][,] Mr l’abbé Clerambaut [49] repondra à sa harangue. Cest abbé est bien disant, et vous aurez vu la harangue qu’il fit à l’Academie lors de sa reception dans le recueill de cette année [50].
Je suis avec passion vostre tres ob[éiss]ant et tres aff[ection]né serviteur Dubos /

 

Ce vendredi 23 e, ma lettre n’estant pas partie l’ordinaire dernier, j’ay encore l’occasion de vous dire, que il paroist ici un livre de contrebande, L’Apotheose de l’Academie ou son expulsion du Parnasse [51], c’est une critique de son Diction[n]aire. Il a encore paru depuis Mémoires sur la vie du comte D***, que l’on dit estre redigez par Saint Evremont [52]. Le Parlement a epargné le livre de l’archeveque de Valence, Rocaberti, contre les 4 p[ro]po[sition]s du clergé [53] sur ce que Mr le premier president a representé que Sa Sainteté[,] à qui il est dedié, l’avoit ap[p]rouvé par un bref dont il avoit regalé l’autheur. On s’est contenté de le deffendre sans quoy il eû pu estre ars en grève [54]. /

Mr l’abbé Nicaise [55] m’escrit, que l’on lui mande de Rome, que Mr Bellori est tous jours infirme et que l’on ap[p]rehende bien qu’il ne puisse point achever l’explication des planches de Pietro Bartoli, qui sont les antiquités de Rome [56]. Mr Bellori a achevé son dernier volume de la Vie des peintres [57] ; il voudroit faire reimprimer en meme temps les premiers qu’il a fort augmentés, et il est tout disposé à les envoyer en pais estrangers, s’il i trouvoit un libraire. On fait ici trois editions du Gusman d’Alfaracho sur la traduction d’Hollande [58]. Nous aurons aussi bientost la suitte du cinquieme volume de Don Quichotte ; c’est de Monsieur Des Billettes frere de Mr de La Chaise, autheur de la Vie de Saint Louis, et de Mr de Saint Martin, traducteur du Don Quichotte de Cervantes [59].

 

A Monsieur / Monsieur Bayle professeur / en l’Ecole Illustre / A Rotterdam

Notes :

[1] La lettre accompagnant l’envoi de Dubos ne nous est pas parvenue, ni la lettre de remerciement de Bayle. Il s’agit de son livre Histoire des quatre Gordiens prouvée et illustrée par les medailles (Paris 1695, 12°), dont un compte rendu devait paraître dans l’ HOS, juillet 1696, art. V. Jean-Baptiste Dubos (1670-1742), qui résidait à Paris et à Beauvais, semble avoir envoyé son livre à Bayle à la suggestion de Claude Nicaise. Sa correspondance avec Bayle s’engage de façon assez intense et ses lettres sont pleines de nouvelles littéraires : il était au courant des dernières publications, ainsi que de celles qui se préparaient, et il était parfaitement informé des dernières nouvelles de l’opéra et du théâtre. Il fréquentait le milieu savant d’ Antoine Galland et celui, plus littéraire et académique, de Boileau-Despréaux et de Charles Perrault ; il était également en contact avec Nicaise et avec Pierre Bonnet Bourdelot. A l’époque de la présente lettre, c’était un jeune homme qui se faisait connaître par des écrits sur l’histoire ancienne, mais plusieurs remarques dans ses échanges avec Bayle annoncent les commentaires approfondis de ses Réflexions critiques sur la poésie et la peinture (Paris 1719, 12°, 2 vol. ; éd. D. Désirat et E. Wolff , Paris 1993), qui ont connu un succès extraordinaire dans toute l’Europe. Voir A. Lombard, L’Abbé Du Bos : un initiateur de la pensée moderne (1670-1742) (Paris 1913 ; Genève 1969), p.53-68, sur sa correspondance avec Bayle, et II e partie, livre 1, p.181 sqq. sur la philosophie esthétique de Dubos dans ses Réflexions.

[2] Dubos avait de fortes convictions sur l’influence du climat, comme il ressort de ses Réflexions critiques sur la poésie et la peinture (Paris 1719, 12°, 2 vol.), II e partie, section XIV « Du pouvoir de l’air sur le corps des hommes » : « La machine humaine n’est guère moins dépendante des qualités de l’air d’un pays, des variations qui surviennent dans ces qualités, en un mot de tous les changements qui peuvent embarrasser ou favoriser ce qu’on appelle les opérations de la nature, que le sont les fruits mêmes » (ii.225) ; « L’humeur et même l’esprit des hommes faits dépendent beaucoup des vicissitudes de l’air. Suivant que l’air est sec ou humide, suivant qu’il est chaud, froid ou tempéré, nous sommes gais ou tristes machinalement, nous sommes contents ou chagrins sans sujet » (ii.231). Sa réflexion dans la présente lettre semble annoncer ces analyses, qui devaient être exploitées par Voltaire dans la première « esquisse » de Lettre anglaise, intitulée « A M. *** » : voir Voltaire, Lettres philosophiques, éd. O. Ferret et A. McKenna (Paris 2010), p.263 et 548, n.5.

[3] Jean Barclay (1582-1621), Les Satyres d’Euphormion de Lusine, contenans la censure des actions de la plus grande partie des hommes en diverses charges et vacations. Composées en langue latine par Jean Barclay, et mises en françois par I.T.P.A.E.P. (Paris 1625, 8°).

[4] « incongruité », « inconvenance ».

[5] Sébastien Le Nain de Tillemont (1637-1698), Histoire des empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de l’Eglise (Bruxelles 1692-1693, 12°, 8 vol.).

[6] L’ouvrage de Dubos lui-même : voir Lettre 991, n.9.

[7] Lettre d’Héloïse à Abailard, avec la réponse d’Abailard à la lettre d’Héloïse (Cologne [Paris] 1695, 16°).

[8] Pierre de Lesconvel, Les Avantures de Jules Cesar et de Murcie dans les Gaules ou le modele de l’amour parfait (Paris 1695, 12°).

[9] Dubos fera une allusion plus précise à l’histoire de Charlotte-Rose de Caumont La Force, qui épousa, dans des conditions contestées, Charles de Briou : voir Lettre 1086, n.19. Elle fut, en effet, l’auteur du roman Histoire secrète de Henri IV, roi de Castille (Paris 1695, 12°), dont une édition pirate porte un titre légèrement différent : Histoire secrete des amours de Henri IV, roi de Castille, surnommé l’Impuissant (La Haye 1695, 12°).

[10] C’est le premier roman de M lle de La Force qui s’intitule Histoire secrète de Bourgogne (Paris 1694, 12°, 2 vol.).

[11] Marie-Jeanne L’Héritier de Villandon (1664 ?-1734), Le Triomphe de M me Des Houlières, receue dixième Muse au Parnasse (Paris 1694, 12°) ; une nouvelle édition avec d’autres œuvres devait paraître dans ses Œuvres mêlées (Paris 1696, 12°). Entretemps parut un autre recueil de ses poésies : Ingenieuses bigarures ou recueil des diverses pieces galantes en prose et en vers (Paris 1695, 12°).

[12] Elisabeth Sophie Chéron, Essay de Pseaumes et cantiques mis en vers, et enrichis de figures. Par Mademoiselle*** (Paris 1694, 8°) ou Pseaumes de David et cantiques nouvellement mis en vers françois, enrichis de figures (Paris 1694, 8°). Cet ouvrage parut en décembre 1693 : voir le Mercure galant, décembre 1693, p.167-173. Il est connu par deux émissions différentes. Il fut remis en vente en 1715 avec une nouvelle page de titre. Sur cet ouvrage, voir T. Favier et J.M. Noailly « Elisabeth Sophie Chéron et les psaumes », Psaume, 12 (1996), p.15-27.

[13] Antoinette Deshoulières, Les Poesies de Madame Des-Houlieres, Edition nouvelle, augmentée d’un tiers (Amsterdam 1694, 8°) ; voir l’édition moderne de cet ouvrage : Madame Deshoulières, Poésies, éd. S. Tonolo, (Paris 2011).

[14] Philippe de Commynes (1447-1511), seigneur d’Argenton, Cronique et histoire faicte et composee par feu messire Philippe de Commines chevalier seigneur Dargenton contenant les choses advenues durant le regne du roy Loys unziesme tant en France Bourgongne Flandres Arthois Angleterre que Espaigne et lieux circonvoisins. Nouvellement reveue et corrigee avec la table des chapitres contenuz en ladicte cronique (Paris 1524, folio). Nous n’avons pas trouvé trace d’une édition en français moderne établie par M me Gilhon. Il sera précisé plus loin dans la présente lettre (voir ci-dessous, n.29) qu’elle était la nièce de Marie-Geneviève Gillot de Saintonge : on ne peut donc exclure une faute d’orthographe : Gilhon pour Gillot.

[15] Sur Pierre Bonnet, neveu de l’abbé Bourdelot, salué par Bayle par l’intermédiaire de Dubos, voir Lettre 678, n.5 ; sur l’abbé Bourdelot, voir Lettres 69, n.6, et 1066, n.12.

[16] « M me Helyot la béate » est celle dont Jean Crasset était le directeur spirituel et dont il composa la biographie : La Vie de M me Helyot (Paris 1683, 8°) : voir Lettre 320, n.2. Voir aussi le commentaire de Bourdelot dans sa lettre à Nicaise du 1 er mars 1696 : « J’avoue Monsieur que mon mariage et tout l’embarras qui suit cet engagement m’a derangé jusqu’à present et interrompu notre commerce pendant quelque temps [...] Je tiendrois à l’honneur d’estre en quelque sorte d’alliance avec vous mais Mad lle Helyot que j’ay epousée n’a point de sœur mariée. » (BNF f.fr. 9360, f.171, passage cité par E. Griselle, Bossuet et Fénelon. L’édition de leur correspondance (Paris 1910), p.68).

[17] Luis de Léon (1527-1591) obtint en 1561 la chaire de théologie scolastique à l’université de Salamanque. Il fut souvent inquiété par l’Inquisition à cause de ses liens supposés avec les penseurs juifs. En 1583, il publia La Perfecta Casada (Salamanca 1583, 4°) et De los nombres de Christo (Salamanca 1583, 4°). Dubos évoque le Père Gabriel Daniel, S.J., qui venait de publier sa Traduction du système d’un docteur espagnol sur la dernière Pâque de Notre Seigneur Jésus-Christ (Paris 1695, 12°), et Charles Witasse (1660-1716), auteur de la Lettre d’un docteur de Sorbonne à un docteur de la même maison, touchant le système d’un théologien espagnol [Luis de Leon] sur la Pâque (Paris 1695, 12°).

[18] Sur Henri-Oswald de La Tour d’Auvergne, dit l’abbé d’Auvergne, voir Lettre 827, n.12.

[19] Charles Huré, Novum Testamentum regulis illustratum, seu Canones Scripturæ Sacræ certa methodo digesti, ad Novi Testamenti intelligentiam potissimum accommodati (Parisiis 1696, 12°).

[20] Jean-Baptiste Morvan de Bellegarde, Conduite pour se taire et pour parler, principalement en matière de religion (Paris 1696, 12°).

[21] On était alors en pleine « affaire » du quiétisme et la doctrine de M me Guyon faisait l’objet d’une enquête agressive : elle devait être arrêtée le 27 décembre 1695 et emprisonnée à Vincennes. Dubos pense sans doute à la publication par Bossuet de son Ordonnance et instruction pastorale de M gr l’évesque de Meaux sur les estats d’oraison (Paris 1695, 4°) et à l’ouvrage de Pierre Nicole qui avait paru au mois de juillet : Réfutation des principales erreurs des quiétistes contenues dans les livres censurés par l’ordonnance de M gr l’archevesque de Paris (Paris 1695, 12°), recensé dans le JS du 15 août 1695. Sur l’action de l’archevêque Harlay de Champvallon, relayée par Bossuet, Noailles et Tronson (conférences à Issy, février-mars 1695), voir L. Cognet, Crépuscule des mystiques. Le conflit Fénelon-Bossuet (Paris 1958). Ce n’est qu’à l’été 1696 que Bossuet composa son Instruction sur les états d’oraison, où sont exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours, avec les actes de leur condamnation (Paris 1697, 8°), comportant une attaque violente contre la doctrine de M me Guyon et provoquant la composition par Fénelon de son Explication des maximes des saints (Paris 1697, 12°), qui devait entraîner sa condamnation définitive.

[22] Sur la querelle de la moralité du théâtre, dont un des moments forts avait été la « querelle de L’Ecole des femmes », voir L. Thirouin, L’Aveuglement salutaire. Le réquisitoire contre le théâtre dans la France classique (Paris 1997, 2007).

[23] Thomas Corneille (avec, éventuellement, la collaboration de Jean Donneau de Visé), Bradamante (Paris 1696, 12°), fut représentée pour la première (et seule) fois au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain à Paris le 18 novembre 1695.

[24] La tragédie Sésostris de Longepierre fut représentée pour la première fois le 28 décembre 1695 au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain. On remarque que depuis qu’il ne rédigeait plus les NRL, Bayle ne recevait plus de lettres de la part de Longepierre. Un opéra – tiré également du roman d’ Héliodore – intitulé T[h]éagène et C[h]ariclée, tragédie en musique, écrit par Joseph-François Duché de Vancy (1668-1704) avec une partition d’ Henri Desmarets (1661-1741), avait été représenté à Paris le 12 avril 1695, mais ne fut jamais repris (Paris, Amsterdam 1695, 4°).

[25] Longepierre, Médée (Paris 1694, 12°) fut représentée une seule fois le 13 février 1694 au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain et fut mentionnée par Basnage de Beauval dans l’ HOS, février 1694, art. XV.

[26] Les Ethiopiques ou histoire de Théagène et Chariclée est une œuvre épique d’ Héliodore d’Emèse (IV e siècle) : voir la traduction de Jean de Montlyard (Paris 1623, 8°) et l’édition moderne dans Romans grecs et latins, éd. P. Grimal (Paris 1958). Ce roman fut très apprécié à la Renaissance et au XVII e siècle : on connaît l’anecdote célèbre concernant les lectures du jeune Racine : « Le sacristain de cette abbaye, homme très habile, mais dont le nom m’est échappé, lui apprit le grec, et dans moins d’une année le mit en état d’entendre les tragédies de Sophocle et d’Euripide. Elles l’enchantèrent à un tel point, qu’il passait les journées à les lire, et à les apprendre par cœur, dans les bois qui sont autour de l’étang de Port-Royal. Il trouva moyen d’avoir le roman de Théagène et Chariclée en grec : le sacristain lui prit ce livre, et le jeta au feu. Huit jours après, Racine en eut un autre, qui éprouva le même traitement. Il en acheta un troisième, et l’apprit par cœur : après quoi il l’offrit au sacristain, pour le brûler comme les deux autres. » Cette anecdote est rapportée dans ces termes par Pellisson et d’Olivet, Histoire de l’Académie française (Paris 1743 (première édition 1729), ii.348-349) ; elle fut reprise également par Louis Racine, Mémoires, in Racine, Œuvres complètes, éd. R. Picard (Paris 1950), p.12, où il est précisé que le sacristain en question était Claude Lancelot. Voir aussi G. Forestier, Jean Racine (Paris 2006), p.104, 427.

[27] Antoine de La Fosse d’Aubigny (1653-1708), Polixène, tragédie (Paris 1696, 12°), représentée pour la première fois le 3 février 1696 au Théâtre de la rue des Fossés-Saint-Germain.

[28] Abbé Jean Pic, Ballet des saisons, représenté par l’Académie royale de musique (Paris 1695, 4°). Jean Pic (?-1712 ?) fut précepteur du marquis de Vaubrun, puis de Victor-Marie, futur duc d’Estrées (1660-1737), puis secrétaire de Louis-Joseph, comte d’Albert, prince de Grimberghe. Il se fit connaître comme librettiste d’opéras, et fut à l’origine de l’opéra-ballet avec les Saisons, mis en musique par Colasse en 1695. Il était un rival de Jean-Baptiste Rousseau, qui lui consacra une épigramme grossière intitulée La Picade. Il inséra différentes pièces dans les Œuvres de Saint-Evremond et lança son périodique, Dialogues de morale, en 1695 : deux exemplaires du premier (et sans doute unique) numéro sont connus, imprimés à Paris, l’un chez Guillaume Desprez, l’autre chez Thierry Girard. Pic est aussi l’auteur de quelques ouvrages de morale, tels que les Discours sur la bienséance, avec des maximes et des réfléxions (La Haye 1689, 12°) et les Maximes et reflexions sur l’education de la jeunesse, où sont renfermés les devoirs des parents et des précepteurs envers les enfants, avec des maximes et des réflexions particulières sur l’éducation des princes (Paris 1690, 12°). Voir le Dictionnaire des journalistes, version électronique en cours de construction, s.v. (art. de J. Sgard).

[29] Sur cette traduction moderne par « M me Gilhon » des Mémoires de Philippe de Commynes, voir ci-dessus, n.14. Marie-Geneviève (ou Louise-Geneviève) Gillot de Saintonge (1650-1718), avait composé Didon, tragédie en musique (Paris 1693, 4°), et Circé, tragédie en musique (Paris 1694, 4°) ; ce dernier opéra fut mis en musique par Henri Desmarets et représenté pour la première fois le 1 er octobre 1694 au Théâtre du Palais-Royal à Paris et une nouvelle fois le 11 novembre de la même année.

[30] Jean-Baptiste Rousseau (1670-1741) avait composé Jason, ou la toison d’or, tragédie lyrique mise en musique par Pasquier Colasse (ou Collasse) (1649-1709) ; elle fut représentée à Paris pour la première fois le 15 janvier 1696 et ne fut jamais reprise.

[31] Antoine Danchet (1671-1748) et Joseph-François Duché de Vancy écrivirent la tragédie lyrique Iphigénie en Tauride (Paris 1704, 4°), dont la musique fut composée par André Campra (1660-1744) et Henri Desmarets : cependant, la première représentation n’eut lieu au Théâtre du Palais-Royal que le 6 mai 1704.

[32] Joseph-François Duché de Vancy (1668-1704), membre de l’Académie des inscriptions, auteur de nombreux opéras tragiques, souvent tirés de l’Ecriture sainte.

[33] Contre l’ouvrage de Dubos (sur lequel voir Lettres 991, n.9), Antoine Galland (1646-1715) publia une Lettre touchant l’« Histoire des quatre Gordiens prouvée par les médailles » (Paris 1696, 12°).

[34] Barthélémy d’Herbelot de Molainville (1625-1695) fut professeur de syriaque au Collège de France entre 1692 et 1695 sur sa mort, voir le Mercure historique et politique, décembre 1695, p.662, et mars 1696, p.289-292) ; Pierre Dippy (ou Dipy) (1622-1709), déjà professeur d’arabe depuis 1667, assuma les responsabilité de l’enseignement du syriaque entre 1695 et 1705 ; en 1709, il fut remplacé en tant que professeur d’arabe par Antoine Galland (1646-1715). Claude Bérault (?-1705) entra au Collège de France en tant que professeur de syriaque en 1696.

[35] Barthélémy d’Herbelot, Bibliothèque orientale, ou dictionnaire universel contenant généralement tout ce qui regarde la connaissance des peuples de l’Orient (Paris 1697, folio) ; voir le compte rendu de Basnage de Beauval, HOS, juin 1697, art. III.

[36] Les quatre premiers volumes des Essais de morale de Pierre Nicole avaient paru en 1670, 1671, 1675 et 1678 ; le théologien s’était alors exilé aux Pays-Bas et était revenu à Paris en 1680 ; trois nouveaux volumes parurent ensuite sous le titre Continuation des essais de morale (Paris 1687, 12°) et un quatrième parut l’année suivante. Il s’agit ici de la Continuation des essais de morale. Tome neuvième, contenant divers traités sur différens sujets. Ouvrage posthume (Paris 1700, 12°). Une nouvelle édition collective en treize volumes parut en 1714-1715. Un quatorzième volume contenant La Vie de M. Nicole et l’histoire des ses ouvrages par Claude-Pierre Goujet (1697-1767) parut quelques années plus tard (Luxembourg 1732, 12°) et connut deux nouvelles éditions (Luxembourg 1735, 12° ; Liège 1767, 12°).

[37] Nicole, Instructions théologiques et morales sur les sacremens (Paris 1700, 12°, 2 vol.), suivies par de nouveaux volumes d’ Instructions dès la même année et en 1709.

[38] Nicole, Système [...] touchant la grâce universelle (Cologne 1699, 8°), édition abrégée par J. Bonnières de Soulastre et remplacée ensuite par le Traité de la grâce générale (s.l. 1715, 12°, 2 vol.) édité par Jacques Fouillou.

[39] « si cela finit par voir le jour ».

[40] Charles Perrault, Parallèle des Anciens et des Modernes, où il est traitté de l’astronomie, de la géographie, de la navigation, de la guerre, de la philosophie, de la musique, de la médecine, etc. Cinquième et dernier dialoge. Tome quatrième (Paris 1697, 12°).

[41] Michel Bégon (1638-1710), commissaire à Brest en 1680, puis au Havre, fut posté aux îles d’Amérique en 1682, puis intendant des galères ; il termina sa carrière à Rochefort, où il créa le premier jardin botanique en 1697. Il était lié avec Esprit Cabart de Villermont (1628-1707) ainsi qu’avec le Père Charles Plumier (1646-1704) et Joseph-Donat de Surian (†1691), tous deux férus de botanique. En 1703, il publia un catalogue raisonné, Nova plantarum americanarum Genera, accompagné de gravures représentant les différentes espèces végétales. Il est mentionné à propos de Charles Perrault parce que l’ouvrage des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, avec leurs portraits au naturel (Paris 1696-1700, folio, 2 vol.) avait été conçu par Bégon, qui fut mis en relation par Villermont avec Perrault et avec les graveurs Jacques Lubin et Gérard Edelinck.

[42] Pour une bibliographie des publications qui entrent dans le champ de la querelle des Anciens et des Modernes, voir N. Hepp, Homère en France au XVII e siècle (Paris 1968). On sait que le recueil des Hommes illustres de Perrault comportait à l’origine des articles consacrés à Antoine Arnauld et à Blaise Pascal, et obtint sous cette forme l’approbation du chancelier Boucherat. Les jésuites intervinrent alors auprès du roi et l’ abbé de Choisy prévint Perrault du scandale soulevé à la cour. Perrault, Bégon et Villermont retirèrent donc les deux portraits contestés : Arnauld fut remplacé par Louis Thomassin et Pascal par Charles Du Cange. Cependant le libraire Dézallier tenta une dernière intervention auprès de M me de Maintenon : le 26 juin 1696, il alla la trouver à Versailles, espérant profiter de l’ancienne amitié de Villermont, qui avait vécu près de la « veuve Scarron » dans la rue d’Enfer. La démarche de Dézallier resta sans succès, ainsi que les nouvelles négociations entreprises par Perrault par l’intermédiaire de l’abbé de Choisy. Les ruses des libraires prévalurent cependant : Dézallier fit tirer en secret quelques exemplaires comportant les éloges d’Arnauld et de Pascal ; aussitôt les contrefaçons se multiplièrent : Les Eloges de Messieurs Arnauld et Pascal [...] imprimés d’abord et supprimés ensuite par la cabale de quelques envieux de la gloire de ces deux grands hommes (Cologne, Pierre Marteau, 1697). Voir Y. Bézard, « Autour d’un éloge de Pascal : une affaire de censure tranchée par Louis XIV », RHLF, 33 (1926), p.215-224, A. McKenna, De Pascal à Voltaire, p.511-512, et les lettres de Dubos à Bayle du 25 juin 1696 (Lettre 1126) et du 19 novembre 1696, ainsi que celle de Leibniz à Nicaise du 10 mai 1697, éd. Gerhardt, iii.567-568.

[43] Après la publication par Boileau de sa traduction du pseudo-Longin, Traité du sublime, ou du merveilleux dans le discours (Paris 1694, 12°), une querelle fut déclenchée par Perrault, qui publia une Réponse aux réflexions critiques de M. Despréaux sur Longin (s.l.n.d., 12°), faisant suite à sa première critique de Boileau : Lettre à M. Despréaux touchant la préface de son « Ode sur la prise de Namur », avec une autre lettre où l’on compare l’ode de M. Despréaux avec celle que M. Chapelain fit autrefois pour le cardinal de Richelieu (s.l.n.d., 4°). Sur le fondement théorique de cette querelle, voir l’article consacré à Boileau par A. Petit dans le Dictionary of seventeenth-century French philosophers, s.v.

[44] « La haine d’érudition est implacable » : c’est Cicéron (iv.IX.21) qui définit odium, « ira inveterata », mais si la notion de « haine d’érudition implacable » est familière, l’attribution est difficile. L’origine se trouve peut-être dans l’ odium theologicum régnant du temps de Melanchthon, qui se plaignait de la « rage des théologiens » : voir DHC, art. « Melanchthon », rem. G. La lettre où Bayle avait employé cette formule ne nous est pas parvenue.

[45] Le Dialogue ou Satire X contre les femmes avait paru en 1694 (Paris 1694, 4° ; Amsterdam 1694, 8°) et, selon Brossette, la Satire XI adressée à Valincour ne fut entreprise par Boileau qu’au mois de novembre 1698, à l’occasion du procès de son cousin Gilles Boileau sur sa prétendue noblesse ; il y fait le portrait satirique d’ Achille de Harlay, premier président depuis 1689. Les copies manuscrites commencèrent à circuler en février 1699. Voir Boileau, Œuvres, éd. A. Adam et F. Escal, p.81 et 940. Il s’agit ici, en fait, comme on peut en juger d’après les vers cités, de l’ Epistre X « A mes vers », publiée dans un recueil de trois Epistres nouvelles (Paris 1698, 4°), chez Denis Thierry. La version transcrite par Dubos constitue une variante intéressante de l’ Epistre X, retenue par les éditeurs : éd. citée, p.141-142, 975.

[46] Jean-François Regnard (1655-1709), Satyre contre les maris, par le sieur R** T. D. F. (Paris 1694, 4°).

[47] Rappel lointain du mot de Pascal dans les Lettres provinciales, XVI, éd. L. Cognet et G. Ferreyrolles (Paris 1992), p.326, qui est un écho de J.-L. Guez de Balzac, Socrate chrétien (Paris 1652, 8°), discours X, p.176 ; éd. J. Jehasse (Paris 2008), p.143 : « Cet homme [...] a fait un grand livre, parce qu’il n’a pas eu le loisir d’en faire un petit. »

[48] André Dacier (1651-1722), né à Castres, fit ses premières études à l’académie de Puylaurens et, quoiqu’il fût plus jeune que Bayle, il l’y croisa sans doute, puisque Bayle avait dû attendre que son frère Jacob eût fini ses études pour intégrer l’académie avec plusieurs années de retard. Dacier fréquenta ensuite l’académie de Saumur, où il étudia, comme Jacques Basnage, sous la direction de Tanneguy Le Fèvre. Dès 1674, Anne Le Fèvre (1647-1720), la fille du maître, s’était lancée, à la demande de Huet et sous la direction générale de Montausier, dans l’aventure des éditions ad usum Delphini ; André Dacier rejoignit cette entreprise en 1681. Le 4 novembre 1683, il épousa Anne Le Fèvre. Au moment de la Révocation, tous deux abjurèrent. Le 29 décembre 1695, André Dacier entra à l’Académie française, succédant à François de Harlay de Champvallon ; la même année, il était devenu membre de l’Académie des inscriptions. Sur les relations des Le Fèvre avec Huet et avec Montausier, et sur le statut d’André Dacier dans cette entreprise, voir C. Volpilhac-Auger (dir.), La Collection « ad usum Delphini ». L’Antiquité au miroir du Grand Siècle (Grenoble 2000). Sur leur conversion au catholicisme, voir E. Itti, « L’abjuration des époux Dacier, le 20 septembre 1685 », BSHPF, 157 (2011), p.159-185.

[49] Jules de Clérambault (1660-1714), abbé de Saint-Savin, puis de Saint-Taurin d’Evreux en 1695, membre de l’Académie française depuis juin 1693, Discours prononcez dans l’Académie françoise le 29 décembre 1695, à la réception de M. Dacier (Paris 1696, 4°).

[50] Clérambault, Discours prononcez dans l’Académie françoise le jeudy 23 juin 1693, à la réception de M. l’abbé Clérambault (Paris 1695, 4°), recensé dans le JS du 18 juillet 1695.

[51] Antoine Furetière (ou F. Chastein ou Pierre Richelet), L’Apothéose du « Dictionnaire » de l’Académie et son expulsion de la région céleste (La Haye 1696, 12°).

[52] Pierre de Villiers (1648-1728), ancien jésuite, Les Mémoires de la vie du comte D*** avant sa retraite, rédigez par M. de Saint-Evremond (Paris 1696, 12°, 4 vol.).

[53] Bayle devait par la suite consacrer un article du DHC (2 e édition) au dominicain espagnol Juan Tomas de Rocaberti, archevêque de Valence, qui devint général de l’ordre, vice-roi de Valence et Inquisiteur général d’Espagne. « Il s’attacha avec un extrême zèle à maintenir l’autorité pontificale ; et non content d’avoir écrit sur cela plusieurs volumes contre les décisions du Clergé de France, il emploia et ses soins et son argent à recueillir en un corps les traitez que d’autres ont publiez sur la même matiere. Ce recueil, imprimé à Rome sous le titre de Bibliotheca maxima Pontificia, comprend vingt volumes in folio. Rocaberti mourut le 13 de janvier 1699, à l’âge de soixante et quatorze ans. » Sur l’interdiction de l’ouvrage de Rocaberti, De Romani Pontificis Authoritate, voir Lettre 1086, n.28.

[54] C’est-à-dire, brûlé en place de Grève à côté de l’Hôtel de ville de Paris.

[55] On saisit ici sur le vif comment fonctionne le réseau de correspondance entre Bayle, Dubos, Nicaise, Janiçon, Pinsson des Riolles, Thoynard et Leibniz, chacun relayant aux autres les nouvelles reçues de correspondants extérieurs au réseau.

[56] Giovanni Pietro Bellori (1613-1696) devait, en effet, mourir deux mois plus tard, le 19 février 1696. En 1677, il était devenu le bibliothécaire de Christine de Suède à Rome ; en 1694, conservateur des Antiquités de Rome, il abandonna son poste pour le laisser à son ami, le peintre et graveur Pietro Santi Bartoli (1635-1700). Dubos s’inquiète, apparemment, pour l’ouvrage en cours de Bellori et Bartoli, Gli Antichi Sepolcri ; overo, Mausolei Romani et Etruschi trovati in Roma et in altri luoghi celebri [...] raccolti, disegnati, et intagliati da P. Santi Bartoli (Roma 1697, folio).

[57] Giovanni Pietro Bellori, Le Vite de’ pittori, scultori e architetti moderni (1672), éd. E. Borea (Torino 2009), qui comporte, en préface, son discours de 1664, L’Idea del pittore, dello scultore e dell’architetto scelta dalle bellezze naturali superiore alla Natura.

[58] Mateo Aleman, La Vie de Guzman d’Alfarache [traduite par Gabriel Brémond] (Paris 1696, 12°, 3 vol.), ouvrage tiré de l’édition hollandaise Histoire de l’admirable don Guzman d’Alfarache (Amsterdam 1695, 12°, 3 vol.). Rappelons qu’il est possible mais non pas certain que Sébastien Brémond, ancien agent de la reine de Suède auprès des Etats Généraux, et Gabriel Brémond soient une même personne.

[59] Sur les suites du Don Quichotte de Cervantès traduit par François Filleau de Saint-Martin et poursuivie par Robert Challe, voir Lettre 987, n.3. Sur Gilles Filleau des Billettes, membre de l’Académie des sciences et correspondant de Leibniz, voir J. Mesnard, Pascal et les Roannez (Paris 1965), p.195-196, 370-371, 680-686, 880 ; sur Nicolas Filleau de La Chaise, auteur du Discours sur les « Pensées » de M. Pascal (Paris 1672, 12°) et de l’ Histoire de saint Louis (Paris 1688, 4°, 2 vol.), proche du duc de Roannez, voir ibid., p.658-659, 686-693, 884-885, 951-952 ; sur François Filleau de Saint-Martin, voir ibid., p.693-696, 952.

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