Lettre 1120 : Pierre Bayle à Claude Nicaise

A Rotterdam l’11 e de juin 1696

Pour Monsieur l’ abbé Nicaise

Laissant à Mr Leers, Monsieur, de vous faire ses remercimens sur le compliment que vous lui avez fait l’honneur de lui ecrire à l’occasion de son mariage [1], et de vous repondre par ses correspondans sur la proposition des deux manuscrits de Mr Guyet que Mr Bignon president au grand Conseil a dans sa bibliotheque [2], je vous fais tenir ce billet par notre bon ami Monsieur Pinsson des Riol[l]es [3]. Puis que Mr Thomassin a traitté avec un libraire de Geneve [4] il est juste qu’il se serve de lui ; si l’ouvrage est de debit* nos libraires lui donneront bientôt un souf[f]let [5] comme vous le dites fort bien. Je ne croi pas que ceux de Lion en fassent autant à mon Dictionnaire car • sans en alleguer d’autres raisons, il contient des choses par cy par là qui sont un peu de contrebande en France, et en tout pays catholique. S’ils se hasardoient à le contrefaire, je voudrois bien qu’ils se servissent d’un exemplaire bien choisi, car il y en aura de plus corrects les uns que les autres [6] ; je voudrois meme qu’ils voulussent suivre quelque petits avis que je leur pourrois envoier par lettre, avec quelques petits changemens. Le pis sera qu’ils se hateront, qu’ils travailleront à diverses presses, et comme il y a dans cet ouvrage bien des passages grecs, et bien des auteurs citez, ils feront mille fautes aux accens et à l’orthographe gre[c]que et aux notes des citations.

J’ai lu / avec un extreme plaisir la belle lettre que S[on] E[minence] le cardinal Noris vous a ecrite [7] : quand elle ne seroit pas aussi curieuse qu’elle l’est, je l’aurois trouvée admirable par les marques d’amitié et d’estime qu’il vous y donne.

Nous avons bien parlé de vous Mr Morel [8] et moi depuis un mois. Il a fait un voiage en ce pays pour acheter un cabinet de raretez et d’antiques pour le comte de Schwartbourg [9] son maitre, mais je ne pense pas qu’il ait rien conclu ; le proprietaire ne vouloit vendre qu’à condition qu’on prit tout, et Mr Morel n’avoit besoin que d’une partie.

Je vous donnerai des nouvelles une autrefois touchant la proposition du Pere Pagi [10]. Je n’avois nulle connoissance avant votre lettre que Monsieur Laisné ou autrement de Montaumont eut fait des vers sur le dessein où l’on disoit que j’etois de me retirer en Norwege [11], ainsi Monsieur je suis bien eloigné de vous en pouvoir donner une copie. Je suis infiniment obligé à Monsieur Laisné de l’honneur qu’il m’a fait, et si je l’avois seu plutot je • lui en eusse temoigné ma reconnoissance, car je suis persuadé qu’il tournoit la fiction obligeamment. Je dis fiction quoi qu’il s’exerceat ap[p]aremment sur une chose qu’il avoit ouï dire, et qu’il n’inventa pas pour avoir lieu de debiter des pensées, mais c’est que je n’ai jamais eu un tel dessein, et je ne me souviens pas meme d’en avoir jamais rien dit en plaisantant.

Nos nouvelles lit[t]eraires sont toujours steriles. Vous savez que le P[ère] Papebroch a sous la presse un gros / in 4° où il refute l’in 4° que les carmes ont publié contre lui, et qui a contribué à la censure des Acta Sanctorum par l’Inquisition de Tolede [12]. Ce savant jesuite prouve invinciblement que les traditions qu’il a rejettées, et pour la rejection desquelles les carmes s’echauffent tant contre lui, sont insoutenables, telle est celle de la donation de Constantin, et du bateme de cet empereur à Rome.

Un libraire de La Haye fait imprimer un recueil de traittez de paix qui sera beaucoup plus ample que celui qu’on a donné à Paris. Il contiendra trois volumes in folio. Les traittez latins seront donnez en latin et l’on y joindra une traduction francoise. C’est Monsieur Cristin qui a compilé cela [13] ; on y ajoute ce que Mr Leibnitz peut avoir de plus dans son codex diplomaticus [14]. Le libraire me demandoit l’autre jour où l’on pouvoit trouver le concordat de Francois I er et de Leon X [15][ ;] ils ne l’ont pas encore ; je lui dis qu’il etoit facile de le trouver, et je lui indiquai quelques recueils de pieces publiques.

Un ministre francois qui s’est jetté dans le parti des arminiens, et qui etudie en medecine presentement, nommé Le Senne, vient de publier un projet d’une nouvelle version de l’Ecriture [16], où il montre que toutes les versions de Mons sont pleines de fautes. Il s’attache principalement aux versions des protestans pour montrer comme le pretendent les jesuites contre la version de Mons, qu’elles favorisent par des limitations du sens / de l’original leurs prejugez de predestination, et de grace efficace. Il pretend qu’en plusieurs rencontres les mots grecs vagues en significations ont eté fixez mal à propos à des idées particulieres selon les prejugez du traducteur. Ce livre ne plairra point à nos ministres. Je ne me souviens point d’avoir ecrit à Mr l’abbé Du Bos rien dont Mr Galand se doive plaindre ; je lui ai marqué que les quatre Gordiens attaqués par Mr Galland lui donneroient lieu de produire un nouveau livre qui eclairciroit de plus en plus la matiere [17], et qui lui feroit honneur. Je ne me souviens pas precisement de mes termes. Mr Pinsson m’a fait savoir que Mr Galand lui a donné pour moi un exemplaire de sa lettre [18] ; je vous sup[p]lie d’asseurer l’auteur que je ne jugerai pas definitivement de la controverse sans avoir ouï les 2 parties, et que je lui suis tres obligé de son beau present.

Il n’a point paru autant de livres que l’on avoit cru sur l’assassinat projetté contre le roi d’Anglet[erre]. J’en ai vu deux l’un intitulé L’Art d’assassiner les rois enseigné par les jesuites à Louis XIV et au roi Jaques dans une conference secrette le 3 e de septembre 1695 [19]. L’autre intitulé Histoire secrete du voiage du roi Jaques à Calais [20]. Le 1 r n’est • presque qu’une revuë generale de ce qui a eté reproché aux jesuites autrefois sur le livre de Mariana [21], l’apologie de Garnet [22] etc. L’autre est une piece romanesque et bouffon[n]e.

Croiez vous Monsieur que Mr Le Goutz soit toujours d’avis que l’on ote son nom du passage de Colomiez que j’ai cité dans le Projet [23] ? Je me reiglerai sur son intention.

Je suis tout à vous.

Notes :

[1] Le 20 février 1696, Reinier Leers épousa Cornelia Brandt (1662-1738), fille de Gerard Brandt (1626-1685), célèbre ministre remontrant, et de Susana van Baerle (1622-1674), fille de Caspar Barlæus (1584-1648). Voir Lankhorst, Reinier Leers, p.264-265, et la lettre de Basnage de Beauval à François Janiçon du 23 février 1696, éd. H. Bots et L. van Lieshout, n° 53, p.109.

[2] Il s’agit sans doute de François Guyet (1575-1655), ami des frères Pierre et Jacques Dupuy, « l’un des meilleurs critiques qui aient vécu dans le XVII e siecle » : voir l’article que Bayle lui consacre dans le DHC et R. Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du XVII e siècle (Paris 1943 ; 2 e éd. Genève 1983), p.184-187, 272-273. Bayle insiste sur la réticence de Guyet à publier ses ouvrages : « Sa principale occupation étoit un ouvrage où il prétendoit montrer que la langue latine étoit dérivée de la grecque, et que tous les mots primitifs de celle-ci n’étoient composez que d’une syllabe. Il étoit le premier à qui ce dessein fût monté dans la pensée ; c’est ce qui faisoit qu’il vouloit être le seul qui eût la gloire de l’exécution ; ainsi il ne montroit à personne les essais de son travail. Quelque longue et continuelle qu’ait été son application à composer cet ouvrage, elle a été entièrement inutile ; car on n’a trouvé après sa mort qu’une vaste compilation de termes grecs et latins[*], sans ordre ni suite, et sans aucune préface qui expliquât son projet : de sorte qu’il semble qu’il ait eu, à l’égard même du papier, la défiance qui l’empêchoit d’expliquer à ses amis son plan, sa méthode et ses principes. » [*note marginale :] « Elle contenoit 25 mains de papier in folio, d’une écriture nette et fort lisible. » Il est vraisemblable que c’est Nicaise qui a donné ces informations à Bayle en réponse à la question posée dans la présente lettre.

[3] Nouvel indice des liens étroits entre les membres du réseau : Nicaise, Pinsson des Riolles, Janiçon, Turrettini, Bayle.

[4] Sur le projet de publication des lettres de Peiresc proposé par Louis Thomassin de Mazaugues, voir Lettre 1109, n.4.

[5] C’est-à-dire, nos libraires des Provinces-Unies publieront une contrefaçon.

[6] Vers la date du 30 mars 1696, Leers avait terminé l’impression de la lettre O : voir l’appendice de la Lettre 1104. Constatant que tous les exemplaires initialement prévus étaient déjà vendus, il décida de faire une nouvelle impression des lettres A-O (et du début de la lettre P) et d’augmenter le tirage des lettres P-Z. Il existe donc une première et une seconde composition de la première édition, publiées toutes deux sous la date de 1697. Sur les corrections apportées dans la seconde composition des lettres A-O et sur le choix de Bayle d’ajouter à la première édition du DHC un « Supplément » ou bien de constituer une deuxième édition augmentée et corrigée, voir la lettre de Bayle à Nicaise du 27 novembre 1698 et H.H.M. van Lieshout, The Making of Pierre Bayle’s « Dictionnaire », p.20-29, 44-50. Les variantes entre la première et la seconde composition n’ont pas été étudiées, mais elles sont certainement nombreuses : certaines fautes signalées dans l’ errata de la première composition ont été corrigées dans la seconde : voir, par exemple, le texte ( in corp.) de l’article « Drusus », qui, dans la seconde composition a été corrigé conformément à l’indication de l’ errata de la première. Le texte de la lettre de Bayle à Nicaise du 27 novembre 1698 confirme cette double composition. « Je suis bien aise que l’exemplaire du Dict[ionnaire] critique que je me donnai l’honneur de vous envoier soit arrivé à Dijon, mais je tremble quand je considere que vous y trouverez cent mille choses à redire. Je vous ai envoié des exemplaires dont le premier volume a eté reimprimé. Cette reimpression n’a pas eté corrigée par l’auteur à l’egard des fautes d’impression car on y proceda avec tant de rapidité que l’on faisait plus de vingt cinq feuilles par semaine. Les correcteurs n’avoient pas le tems de respirer et cela joint à leur peu d’exactitude naturelle a eté cause qu’il s’est glissé beaucoup de fautes qui ne sont pas dans l’exemplaire de Mr de La Monnoie ; car celui là est de ceux dont j’ai revu toutes les epreuves. Il est vrai qu’on peut faire quelque compensation, parce que dans les feuilles qui ont eté rimprimées il y a par ci par là quelques corrections ou additions à la marge principalement qui ne sont pas dans les premiers exemplaires, ni par consequent dans celui de Mr de La Monnoie. » Nous tirons de ce passage les conclusions suivantes. Il y eut la première composition, dont La Monnoie reçut un exemplaire : Bayle en avait corrigé les épreuves au fur et à mesure. Il y eut ensuite la seconde composition, dont Nicaise reçut un exemplaire : Bayle et les « correcteurs » n’eurent pas le temps de revoir les épreuves de cette composition, car les choses allaient trop vite (vingt-cinq feuilles par semaine). Il y a donc des fautes dans les exemplaires de la seconde composition qui n’existent pas dans ceux de la première ; en revanche, il y a « par ci par là » quelques corrections dans ceux la seconde composition qui n’étaient pas dans ceux de la première. Ces questions feront l’objet d’une étude précise dans l’annexe du volume XIV de notre édition.

[7] Sur la lettre du cardinal Enrico Noris, voir Lettre 1109, n.15.

[8] André Morell, numismate émérite, avait été emprisonné par Louvois à cause de sa foi protestante ; libéré en 1691, il fut employé en 1694 par le prince de Schwarzburg à Arnstadt en Thuringe : voir Lettre 356, n.12, et la lettre de Gijsbert Kuiper à Claude Nicaise du 24 juillet 1694, in Cuper, Lettres, p.436.

[9] Anton-Günther II von Schwarzburg-Sondershausen zu Arnstadt (1653-1716), un collectionneur passionné. Leibniz annonce à Nicaise l’arrivée d’ André Morell auprès du comte de Schwarzburg dans sa lettre du 11 octobre 1694 : éd. Gerhardt, iii.550.

[10] Sur cette publication posthume du Père Antonio Pagi, voir Lettre 1095, n.11.

[11] Sur ce projet prêté à Bayle, voir Lettre 1109, n.3. Aucune lettre des échanges entre Bayle et Alexandre Laisné de Montaumont ne nous est parvenue : la lettre qui lui est attribuée dans l ’Inventaire d’E. Labrousse (n° 1388 de l’année 1699) est en réalité due à Etienne Chêne (ou Chesne) l’aîné, avocat au parlement de Dijon. Alexandre Laisné de Montaumont (1653-1710), poète et bon vivant né à Chimay (dans le Hainaut, au sud de Charleroi), était lié avec Mathieu Marais, qui fournit à Des Maizeaux la notice figurant dans l’annotation des OD, iv.803, n.6. Ses poésies, qui « sont dispersées en beaucoup d’endroits » (Marais au président Bouhier, le 16 octobre 1732, éd. H. Duranton, n° 592, v.143), comportent bon nombre de poèmes bachiques et satiriques : elles ont été publiées sous le titre Poësies de Lainez (La Haye 1753, 8°) ; ce recueil est dû à Evrard Titon du Tillet (1677-1762) selon le Journal de Verdun, mars 1753, p.171-175. Marais cite deux poèmes perdus : une Epître en vers au roi de Suède et une autre à Mr Bayle.

[12] Daniel van Papenbroeck, Responsio Danielis Papebrochii, [...] ad exhibitionem errorum per [...] R.P. Sebastianum a S. Paulo, ordinis carmelitani in Belgio bis provincialem [...] evulgatam, anno 1693 Coloniæ. Pars secunda ad posteriores XII articulos, cum articulo XXV de post-notatis (Antverpiæ 1697, 4°), réponse à l’ouvrage de Sebastianus a Sancto Paulo, Exhibitio errorum quos P. Daniel Papebrochius, [...] suis in notis ad Acta Sanctorum commisit contra Christi Domini paupertatem [...] per F. Sebastianum a S. Paulo, [...]. Motivum juris pro libro que titulus : Thibitio errorum quos P. Daniel Papebrochius, [...] suis in notis in Acta Sanctorum commisit contra Christi Domini paupertatem [...] prout in præfatione et signanter pro Baptismo Constantini Magni a S. Sylvestro Romæ collato, quem cum donatione Constantini Ecclesiæ facta [...] explodit P. Daniel Papebrochius, [...] tanquam fabulam et mendacia [...] per F. Sebastianum a S. Paulo (Coloniæ Agrippinæ 1693, 4°). Sur la publication antérieure par Papenbroeck, en collaboration avec Godefroid Henschens, des Acta sanctorum, voir Lettres 1105, n.51, et 1137, n.29, et 1229, n.23.

[13] Plusieurs recueils rassemblant des traités de paix parurent avant 1696 comme le Recueil des traités de paix, de trève, de neutralité, de confédération d’alliance [...] faits par les rois de France, avec les princes de l’Europe, depuis près de trois siècles (Paris 1693, 4°, 6 vol.) et l’ouvrage d’Amelot de La Houssaye, Préliminaires des traités de paix faits entre les rois de France et tous les princes de l’Europe, depuis le règne de Charles VII (Paris 1692, 4°), augmenté en 1697 : ausquelles on a joints les actes concernant les négotiations de la paix concluë à Turin et de celle de Ryswick (Paris 1697, 4°). Bayle mentionne ici le projet du libraire de La Haye, Adriaan Moetjens, de recueillir les traités déjà édités et d’y ajouter le Codex juris gentium diplomaticus (Hannover 1693, 4°) compilé par Leibniz. Cet ouvrage, édité sous la direction de Jacques Bernard, devait paraître en 1700 sous le titre Recueil des traitez de paix (Amsterdam, La Haye 1700, folio, 4 vol.). Une lettre d’Henri Basnage de Beauval à Leibniz du 19 avril 1695 explique ce projet. « Il est vray que Moetjens libraire de La Haye avec quelques autres a dressé un plan d’imprimer en plusieurs in folio tous les traittez de paix, d’alliance etc. Ils y enfermeront les 6 in 4° de Leonard : votre recueil y entrera aussi dans son ordre, et selon la suitte des temps. En un mot ils y mettront par ordre chronologique tout ce qu’ils pour[r]ont rassembler, qui aura quelque rapport à leur dessein ». Une lettre du 12 septembre 1698 de Basnage de Beauval à Leibniz nous renseigne sur son progrès : « Le recueil des traitez de paix va bientôt paroître. Il sera de 4 volumes in folio. On commence effectivement par l’alliance de Dieu avec les hommes ; comme etant le premier traité de paix qui se soit fait. Je ne doute pas qu’il n’y ait bien des choses à suppléer ; mais vous jugez bien que 4 gros volumes contiendront bien des traitez. Avant la paix le debit en eût eté plus prompt. On travaille à l’impression des pieces qui concernent la paix de Reswick. Dans quelques mois cela sera achevé. » Voir Leibniz, Philosophische Schriften, iii.115-116, 139-140.

[14] Sur cet ouvrage de Leibniz, voir Lettre 907, n.5.

[15] Le concordat de Bologne, signé le 18 août 1516 par François I er et le pape Léon X, régissait les rapports de la monarchie française et du Saint-Siège depuis cette époque.

[16] Charles Le Cène, Projet d’une nouvelle version françoise de la Bible : dans lequel on justifie que les versions precedentes ne representent pas bien en plusieurs passages le sens de l’original, et qu’il est fort necessaire de donner une meilleure version (Rotterdam 1696, 8°) ; voir le compte rendu de Basnage de Beauval, HOS, juillet 1697, art. IV.

[17] Sur la publication de Dubos sur les quatre Gordiens, sur la critique de cet ouvrage par Antoine Galland et sur la réplique de Dubos, voir Lettre 1067, n.33.

[18] Cette lettre de Pinsson des Riolles à Bayle est perdue.

[19] L’Art d’assassiner les rois, enseigné par les jésuites à Louis XIV, et Jaques II. Où l’on découvre le secret de la dernière conspiration formée à Versailles le 3 de septembre 1695 contre la vie de Guillaume III, roy de la Grand Bretagne et découverte à Withall le 2 mars 1696 (Londre[s] 1696, 8°) ; l’adresse à Londres est fausse et le livre fut probablement imprimé à Amsterdam ainsi qu’à Neuchâtel ; ce texte valut à Schmid, son imprimeur, de devoir quitter Neuchâtel ; une version hollandaise copiée sur le texte français parut la même année : De konst om koningen te vermoorden, door de jesuiten aan Lodewijk de XIV. en Jacobus de II. geleert : behelsende het geheym van de laatste verfoeyelijke conspiratie [...] tegen het leven van William de III (s.l. 1696, 4°).

[20] Histoire secrette du voyage de Jacques II à Calais pour passer en Angleterre ; où l’on voit les voyes cachées que ce prince a tenu pour ce dessein. Et la maniere que le conseil privé de Louis XIV en avoit ordonné suivant le decret des reverends peres jesuites, et son retour à Boulogne (Cologne 1696, 12°).

[21] Juan de Mariana, De rege et regis institutione (Toleti 1599, 4°). Voir l’article que Bayle consacre à cet auteur dans le DHC et, en particulier, la remarque C : « Il n’y a rien de plus séditieux [...] que ce livre de Mariana. »

[22] Il s’agit d’ Henri Garnet, jésuite, accusé d’avoir participé à un complot contre Henri IV en 1606. Le récit de sa condamnation est faite dans l’ Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou, avec la suite par Nicolas Rigault [...] (La Haye 1740, 4°, 11 vol.), x.68-74 : une accusation fut publiée par Edward Coke sous le titre Actio proditoria ; Garnet fut défendu par André Eudaimon-Joannes, jésuite, natif de Candie. Nous n’avons pu localiser ces deux ouvrages.

[23] Pierre Le Gouz avait communiqué à Bayle, par l’intermédiaire de Nicaise, différentes remarques sur le DHC en composition : voir Lettre 943, n.4. Nous n’avons pas trouvé d’allusion à Le Gouz dans le Projet ; plusieurs ouvrages de Paul Colomiès sont cités dans de nombreux articles du DHC, en particulier dans l’article « Erasme », rem. P et Q, et dans l’article « Touchet (Marie), maîtresse de Charles IX, roi de France », rem. G, articles qui figuraient déjà sous une forme abrégée dans le Projet.

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