Lettre 1160 : Jean-Baptiste Dubos à Pierre Bayle

[Beauvais,] le 23 de septembre [1696]

J’estois sur mon depart pour la province, quand je recü vostre lettre du troisieme de ce mois [1] ; ainsi je n’ay point pu voir Mr Pinsson, mais Monsieur Jannisson s’est chargé de la com[m]ission [2].

J’ay recü de Lisle avec quelqu’autres livres l’ Histoire de la campagne de Namur [3][,] ce n’est que la premiere edition in douze. Je troüve comme vous l’oüvrage assez bien escrit, mais je voudrois que l’autheur eut lu ou profité d’un • certain endroit du livre de Mr de La Bruyere qui n’est pas le moins judicieux : « amas d’épithetes, mauvaises louanges ; ce sont les faits qui louent et la maniere de les raconter [4] ». A propos de Mr de Labruyere je vous diré que la neuvieme edition de son livre paroist, il n’i a rien de changé, mais la disieme paroistra cet hyver avec augmentation [5]. L’on a faict cette augmentation sur quelques memoires • troüvé[s] dans l’ap[p]artement que Monsieur de Labruyere avoit à Chantilly. On sçait ici le non [ sic] de l’autheur de La Campagne de Namur, qui est assé proche parent de Messieurs de Dangeau [6]. Sur ce que j’ay entendu dire de ce siege si memorable aux officiers qui ont esté dans la place[,] je crois son recit assez sincere ; cependant l’ abbé Renaudot [7] se vante d’avoir de quoy lui faire un bon procez. La veritable response à la campagne de Namur, ce seroit l’histoire de la paix de Savoye [8].

Le duc de La Feuilliade [9] est un jeune seigneur aussi plein d’esprit que de bravoure ; mais excepté ce qu’il peut avoir ap[p]ris de fortifications[,] je le crois fort ignorant en mathematiques. Aussi ce n’est pas lui dont j’ay entendu vous parler, c’est du viel duc de Roannez, le quel n’a plus que le titre de cette duché cedée au marechal de La Feuilliade dans son contract de mariage [10]. Nostre duc de Roannez est fort âgé et aveugle, il faut avec cette incom[m]odité / une grande force d’imagination pour reussir dans la mecanique. L’ingénieur qui conduit l’ouvrage du canal de Troye est Monsieur Basile de Dieppe[,] homme d’un genie rare [11]. Nous avons vu de lui à la foire S[ain]t Germain une main qui escrivoit et d’autres curiositez mecaniques qui ont este admirées des connoisseurs.

Que vous connoissez bien la bonne ville de Paris quand vous dites que vostre medecin de Frise [12] i feroit bruit. Pour la credulite aux medecins et aux charlatans, elle i est aussi grande qu’elle l’estoit autrefois à Rome pour les astrologues. Il semble que l’on ne s’i soit desabusé de quelques autres erreurs que pour donner d’avantage dans celle là. Tout recem[m]ent on vient d’etablir des voitures publiques pour aller à Chaundray village à trois lieues de Magni en Normandie. Il n’i a point de semaines qu’il ne s’i transporte deux ou trois cens person[n]es pour i consulter un paysan nommé Ozanne, que la sottise publique erige en Esculape [13]. C’est un ignorant qui ne sçait au plus que ce que sçavent les écoliers de medecine, mais il est à la mode et vous sçavé à quel point l’on est ici esclave de la mode. Ceux qu’il n’a point gueri[s], qui sont trente contre un, n’oseroient s’en vanter, ils sont des premiers à crier miracle ; il i a une espece de merite d’avoir este gueri par un medecin qui est à la mode.

J’ay rendü vostre lettre à M[onsieu]r de Longepierre [14] le jour meme que je l’ay reçüe, il n’est point rentré dans son employ [15] com[m]e ses amis le souhaitteroi[en]t, • mais il est assez bien aupres des enfans de France à qui il fait assez regulierement sa cour. Son employ estoit aupres du comte de Thoüloüze en qualité de gentilhomme. Le P[ère] Dorleans jesuite autheur des Revolutions d’Angleterre et de quelques autres livres qui ont este assez lu[s], vient de donner un Traitté de la devotion à la Vierge [16], où Mr Baillet n’est point repris comme l’on s’i attendoit [17]. Peutetre est ce à cause de cela. Je crois que vous sçavé que, nonobstant tout le / scandale que le livre de Mr Baillet avoit donné au[x] moines, l’on en fait une seconde edition depuis quatre ou cinq mois [18].

A propos de la nouvelle version du Nouveau Testament par Mr Martin [19], je vous ap[p]rendré que celle du P[ère] Bouhours paroistra pour les estrennes [20]. Elle sera bien chatiée si l’on n’i trouve point de defauts. Une ordon[n]ance de nostre archevesque qui condamne un livre intitulé Exposition de la doctrine catholique sur la grace imprimé à Mons chez Gaspard Migeot faict ici grand bruit parmi les gens qui se meslent de ces curiositez [21]. L’ordon[n]ance est assé bizarre, on ne sçait à quoy s’en tenir apres l’avoir lüe. C’est un veritable edict de Tibere. Monsieur Janisson a vu chez Monsieur de Rheims le livre Querela infantium sine baptismo mortuorum adversus Dei judicium [22]. C’est un in douze de quatre feuilles relié avec d’autres traittez. Vous avé conjecturé juste sur le parti que i prend l’autheur, car apres avoir bien plaidé pour et contre[,] il conclu[t] en faveur de la justice de Dieu.

En 1673 au mois de mars le roy devant aller tenir son lit de justice au Parlement, Messieurs les cardinaux de Bonzi [23] et de Bouillon [24]demandèrent • à Sa Majeste de l’i ac[c]ompagner. Le Roy avec sa prudence ordinaire leurs [ sic] repondit qu’il en parleroit à son conseil. Mr de Rheims qui penetroit que leur intention • estoit d’i preceder les pairs[,] fit faire le memoire dont [je] vous parlé, [25] dans lequel il prouve que les pairs ne le doivent pas ceder dans le Parlement aux cardinaux qui en vertu de leur chapeau n’i ont aucune sceance. Il faict voir que si les cardinaux Richelieu et Mazarin i ont eu sceance devant les pairs ec[c]lesiastiques, cela a esté par ordre expres du Roy qui leur i donnoit place com[m]e à ses premiers ministres.

Je pense vous avoir deja mandé la rimpression des conciles du P[ère] Sirmond aux [ sic] Louvre [26] et celle des Memoires de Bussi chez Anisson [27] et de ses lettres chez les Delaulnes  [28]. Ainsi / j’auré bientost fini l’article des livres nouveaux : un des meillieurs est le receuil des ouvrages du P[ère] Sanlec chanoine regulier de la congregation de S[ain]te Genneviefve [29]. C’est l’autheur de la Satyre contre les directeurs et • d’une autre Contre les prédicateurs. Il ne peut pas vous estre inconu. Histoire de Kimski Georgien[n]e [30], c’est une de ces petites nouvelles historiques qui sont tant à la mode. Barbin imprime les Memoires de M[adam]e la comtesse de C. • [31] ce sont des avantures imaginaires, mais où les mouvements presents de Paris sont assez justement decri[t]s. Ce meme libraire imprime aussi les Contes de ma mère l’oye par monsieur Perrault [32]. Ce sont bagatelles aux quelles il s’est amusé autrefois pour réjouir ses enfans. Il m’a chargé de vous faire ses compliments. Mr le chancelier a refusé le privilege pour les Cheverotiana [33][ :] il semble veritablement que ces sortes de memoires ne doivent s’imprimer que après la mort du heros ; c’est une espece de canonisation, et Mr Chevreau est encore plein de vie. L’ abbé Fleury a fait imprimer sa harangue et l’ abbé Regnier sa response [34]. Il court en manuscrit un requeste en vers du P[ère] Sanlec au Roy sur la capitation des curez [35], mais elle court depuis si lon[g]temps que je la crois parvenüe à une place dans quelqun de vos receuils [36] ; c’est ce qui m’empeche de vous l’envoier car elle merite que vous la lisié. L’on a ici depuis peu le 8 e volume de la Morale pratique [37]. Ce livre est as[s]eurement plus recherché et plus estimé à Paris que aux pais d’où il vient. On peut dire des jesuites ce que Mr Racine • faict dire des Romains à Mithridate :

et de pres inspirant les haines les plus fortes,

tes plus grands ennemis, Rome sont à tes portes [38].

Je n’ay point recu encore le Bergier apostillé de la main de l’autheur [39] que Monsieur Oudinet [40] doit m’envoyer ; dès que je l’auré vos Messieurs [41] seront servi[s] promptement. Je vous envoie ce qui depend de moy : les vers du P[ère] Commire [42] et celles des remarques que j’avois faites autrefois, qui m’ont paru le meriter [43].

Notes :

[1] La lettre de Bayle à Dubos du 3 septembre (Lettre 1156).

[2] Dubos confirme ainsi les liens étroits entre les membres parisiens du réseau de Bayle : celui-ci avait demandé à Dubos de relayer ses nouvelles littéraires à François Janiçon (Lettre 1137) et d’informer Pinsson de la publication par les frères Huguetan d’un ouvrage de Cotelier et d’un autre d’ Etienne Baluze : voir Lettre 1156 : voir n.11, 12.

[3] Sur cet ouvrage de Jean Tronchin Dubreuil, voir Lettres 1137, n.37, et 1148, n.13.

[4] La Bruyère, Les Caractères, éd. R. Garapon (Paris 1990), ch. « Des ouvrages d’esprit », n° 13, texte présent dès la première édition (1688).

[5] La Bruyère, Les Caractères, huitième édition, revue, corrigée et augmentée (Paris 1694, 12°), contient le « Discours de réception » avec sa préface ; la neuvième édition, revue et corrigée (Paris 1696, 12°) ; la dixième édition (Paris 1699, 12°) : les trois éditions parurent chez Etienne Michallet.

[6] Nous n’avons pas réussi à préciser le lien entre la famille de Du Breuil (ou Dubreuil) et celle Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau.

[7] Sur les reproches faits à Renaudot à propos du récit du siège de Namur, voir Lettre 1058 et l’appendice constitué par la lettre de Renaudot à Janiçon du 3 novembre 1695.

[8] Au récit de la défaite des Français au siège de Namur répondrait l’histoire des défaites des Savoyards à la Staffarda (1690) et à la Marsaille (1693), qui annonçaient le renouvellement de l’alliance entre Louis XIV et Victor-Amédée II.

[9] Sur François III d’Aubusson, maréchal-duc de La Feuillade, voir Lettre 756, n.11. Dubos signale ici l’erreur de Bayle dans sa lettre du 3 septembre : voir Lettre 1156, n.24.

[10] Sur Artus Gouffier, duc de Roannez, voir Lettre 1148, n.14, et J. Mesnard, Pascal et les Roannez (Paris 1965).

[11] Le duc de Roannez, avec un groupe de « Pascalins », s’était proposé de créer un service de navigation entre Paris et Troyes. Pour ce faire, il fallait achever le canal de la Seine entre Nogent et Troyes. Roannez fit son dernier voyage peu après le 1 er août 1696 ; près des deux tiers de l’ouvrage étaient alors achevés, mais il ne devait jamais réaliser son ambition initiale, car il mourut le 4 octobre : voir Lettre 1148, n.14, et J. Mesnard, Pascal et les Roannez, p.966. Nous n’avons su identifier plus précisément l’ingénieur Basile.

[12] Sur Hendrik van Deventer, médecin de Frise, voir Lettre 1156, n.26.

[13] Christophe Ozanne (1633-1713) résidait au hameau de Chaudray en Villers-en-Arthies (près de Mantes et au sud-ouest de Magny-en-Vexin). Le « médecin de Chaudray » connut un succès extraordinaire en 1696 et un almanach pour 1697 lui fut dédié. Dancourt lui consacra une comédie en un acte intitulé Le Médecin de Chaudray, qui fut représentée au Théâtre français en 1698. L’ abbé Bordelon lui rendit une visite dont il rend compte dans Les Malades de belle humeur, ou lettres divertissantes écrites de Chaudray (Lyon 1697, 12°). Voir aussi la lettre de Coulanges à M me de Sévigné du 27 janvier 1696, où il évoque les malheurs de M. de Nevers et sa guérison aux mains d’Ozanne ; Louis Théodore Hérissant, Nouvelles recherches sur la France, ou recueil de mémoires historiques sur quelques provinces, villes et bourgs du royaume (Paris 1766, 12°, 2 vol.), et le document en ligne de J. Gilles : « La famille Ozanne, ou les médecins de Chaudray ».

[14] La lettre de Bayle par laquelle il répondait à celle de Longepierre du 25 juillet (Lettre 1138) ne nous est pas parvenue ; Longepierre devait lui répliquer le 26 septembre (Lettre 1161).

[15] Sur la charge de Longepierre auprès des « petits princes » et sur sa disgrâce, voir Lettre 1148, n.19, et surtout Lettre 1156, n.29.

[16] Pierre-Joseph d’Orléans, Histoire des révolutions d’Angleterre depuis le commencement de la monarchie (Paris 1689, 12°), et Instructions chrétiennes sur la dévotion à la sainte Vierge (Paris 1696, 12°). Sur l’enchaînement des publications polémiques autour de la dévotion mariale, voir Lettre 1056, n.4.

[17] Sur le livre de Baillet, De la dévotion à la sainte Vierge et du culte qui lui est dû (Paris 1693, 12°), voir Lettre 1056, n.4.

[18] La première édition de l’ouvrage de Baillet avait été publiée par Claude Cellier ; la seconde le fut par les frères Delaulne (Paris 1696, 12°).

[19] Sur cette publication de David Martin, voir Lettre 1156, n.41.

[20] Dominique Bouhours, Pierre Besnier et Michel Le Tellier, Le Nouveau Testament de Notre-Seigneur Jésus-Christ, traduit en françois selon la Vulgate (Paris 1697-1703, 12°, 2 vol.).

[21] « Notre archevêque », Louis-Antoine de Noailles, archevêque de Paris, Ordonnance et instruction pastorale de Monseigneur l’archevêque de Paris, portant condamnation du livre intitulé « Exposition de la foy, touchant la grace et la prédestination, etc. » (Paris 1696, 4°) : cette condamnation est signalée dans le JS du 12 novembre 1696 en termes semblables à ceux de Dubos : « Le livre intitulé Exposition de la foy [...] est condamné par cette ordonnance comme contenant des propositions respectivement fausses, temeraires, scandaleuses, impies, blasphematoires, injurieuses à Dieu, et dérogeantes à sa bonté, frap[p]ées d’anatheme, et heretiques ; enfin comme renouvelant la doctrine des cinq propositions de Jansenius. Aucune de ces propositions n’est exprimée, ni at[t]achée aux qualifications qu’elle merite. Cet eclaircissement n’a pas esté jugé necessaire au salut des fideles de ce dioceze. Il y a dans le mesme livre un grand nombre d’autres propositions qui pour n’estre pas condannées, ne sont pas pour cela ap[p]rouvées, et de ces dernieres aucune n’est exprimée non plus que les condannées, si bien qu’il n’est pas clair, sur quoi tombe la censure. Mais s’il y a quelque obscurité dans la 1 re partie de l’ordonnance qui condanne les erreurs, il n’y en a point dans la seconde qui enseigne la doctrine qui leur est op[p]osée. »

[22] Nous n’avons pas d’indices dans la correspondance pour expliquer comment et pourquoi François Janiçon avait accès à la bibliothèque de Charles-Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, sur laquelle voir Bibliotheca Telleriana, sive Catalogus librorum bibliothecæ illustrissimi ac reverendissimi D. D. Caroli Mauritii Le Tellier, archiepiscopi ducis (Paris 1693, folio). Sur l’ouvrage de Cornellius, voir Lettres 1156, n.46, et 1183.

[23] Pierre de Bonzi (1631-1703), archevêque de Toulouse, puis de Narbonne.

[24] Emmanuel Théodose de La Tour d’Auvergne (1643-1715), neveu de Turenne, cardinal de Bouillon, avait célébré le mariage entre Philippe d’Orléans, duc de Chartres, et Françoise-Marie de Bourbon, M lle de Blois, en 1692. L’inimitié de Louvois pour la maison de Turenne devait entraîner diverses frustrations au cours de sa carrière. Enfin, c’est à la demande de Turenne qu’ Etienne Baluze – avec la collaboration de Jean Mabillon – établit son Histoire généalogique de la maison d’Auvergne (1708, folio, 2 vol.), qui entraîna l’exil du savant généalogiste ; Bouillon adressa une lettre insultante au roi et s’enfuit aux Pays-Bas auprès du prince Eugène, avant de gagner Rome, où il résida jusqu’à sa mort. Déjà en 1698, Baluze avait publié une Lettre [...] pour servir de réponse à divers écrits qu’on a semez dans Paris et à la Cour contre quelques anciens titres qui prouvent que Mess. de Bouillon descendent en ligne directe et masculine des anciens ducs de Guyenne et comtes d’Auvergne (Paris 1698, folio), dont un compte rendu parut dans le JS du 5 mai 1698. Voir la bibliographie de cette « affaire », Lettre 1096, n.7.

[25] Sur ce mémoire de Charles-Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, dont on trouve un compte rendu dans le JS du 19 janvier 1688, voir Lettres 1156, n.44, et 1183, n.18.

[26] Sur cet ouvrage de Jacques Sirmond, voir Lettre 1128, n.23.

[27] Roger de Rabutin, comte de Bussy, Mémoires de Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy, lieutenant-général des armées du roy et mestre de camp général de la cavalerie légère (Paris 1696, 4°, 2 vol.). Voir le copte rendu de Basnage de Beauval, HOS, mars 1697, art. II.

[28] Bussy-Rabutin, Lettres de Messire Roger de Rabutin, comte de Bussy (Paris 1697, 12°), publiées par les Delaulne . Cette édition devait être suivie par celle plus complète, établie par le Père Bouhours, des Lettres [...] (Paris 1697, 12°, 4 vol.) également chez les Delaulne.

[29] Louis de Sanlecque (1652-1714), génovéfain profès en 1667, prieur de Garnay, Poésies héroïques, morales et satyriques par M. de ***, avec quelques épigrammes, sonnets, madrigaux, etc. du même auteur (Haarlem 1696, 8°).

[30] Eustache Le Noble, Histoire et les avantures de Kemiski georgienne, par Mme D*** (Paris 1697, 12°).

[31] Il s’agit sans doute des Memoires de M me la comtesse de M.*** (Paris 1697, 16°, 2 vol.) d’ Henriette-Julie de Castelnau, comtesse de Murat (1670-1716), mémoires qui s’opposaient aux Mémoires de la vie du comte D*** avant sa retraite rédigés par Saint-Evremont, peu favorables aux femmes. Voir R. Démoris, Le Roman à la première personne : du classicisme aux Lumières (Genève [1975] 2002), p.263-292, et la notice en-ligne due à G. Patard (2007) dans le Dictionnaire des femmes de l’Ancien Régime de la SIEFAR.

[32] Charles Perrault, Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités (Paris 1697, 12°) ; cet ouvrage, paru chez Barbin, porte au dos le titre Contes de ma mère l’oye ; la dédicace est signée par Perrault du nom de son troisième fils, P[ierre] Darmancour (1678-1700).

[33] Urbain Chevreau (1613-1701) ne devait mourir que quelques années plus tard, mais le recueil des Chevræana parut malgré le refus initial du chancelier (Paris 1697-1700, 12°, 2 vol.).

[34] Claude Fleury (1640-1723) et François-Séraphin Régnier-Desmarais (1632-1713), Discours prononcez dans l’Académie françoise le lundy 16 juillet 1696, à la réception de M. l’abbé Fleury (Paris 1696, 4°).

[35] Il s’agit peut-être ici du texte de 4 pages in 4° de Louis de Senlecque, Epistre au Roy, publié sans lieu d’édition ni nom d’imprimeur en 1686 : voir Lettre 642, n.12.

[36] C’était donc un fait notoire, parmi les amis de Bayle, qu’il constituait des « cahiers » pour nourrir les articles du DHC.

[37] L’édition originale sortit des presses des Elzevier : La Morale pratique des jesuites. Representée en plusieurs histoires arrivées dans toutes les parties du monde (Cologne [Amsterdam], Chez Gervinus Quentel [Elzevier] 1669, 16°). Composés par Antoine Arnauld en collaboration avec Sébastien-Joseph Du Cambout de Ponchâteau, d’autres volumes suivirent sur les missions des jésuites à l’étranger, notamment en Chine et aux Indes (Cologne, chez Gervinus Quentel [Amsterdam, Elzevier] 1669-1696, 12°, 8 vol.). Le huitième volume s’intitule De la calomnie, ou instruction du procez entre les jésuites et leurs adversaires sur la matière de la calomnie (s.l. 1695, 12°). Voir A. Willems, Les Elzevier, histoire et annales typographiques (La Haye 1880 ; Nieuwkoop 1991), p.366, n.1421.

[38] Racine, Mithridate (1673), acte III, sc. 1 : « Non, princes, ce n’est pas au bout de l’univers / Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers : / Et de près inspirant les haines les plus fortes, / Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes. »

[39] Sur cet exemplaire de l’ouvrage de Bergier annoté de sa main, voir Lettres 1031, n.9, 1105, n.32, et 1125, n.32.

[40] Oudinet avait signalé à Dubos cet exemplaire de Bergier et Bayle comptait le mettre à la disposition de Henninius : voir Lettre 1031, n.9.

[41] Les huguenots réfugiés rédacteurs de périodiques, tels que Henri Basnage de Beauval ; Dubos pense aussi sans doute à Tronchin Dubreuil et à Jean Le Clerc, quoiqu’ils ne soient pas huguenots, mais originaires de Genève.

[42] Sur les vers du Père Commire à l’honneur de Bergier, voir Lettre 1148, n.5.

[43] Sur ces remarques de Dubos sur l’ouvrage de Bergier, voir Lettre 1031, n.9 ; Bayle devait les envoyer à Almeloveen avec sa lettre du 2 octobre (Lettre 1163 : voir n.10).

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