Lettre 1201 : François Vaillant à Pierre Bayle

[Londres, le 1 er janvier 1697 [1]]

J’ay receu Monsieur l’honneur de deux des vostres [2] et comme il est arrivé 2 poste[s] ce soir d’Hollande j’espere que peut estre je seray assez heureux pour en recevoir demain aussi un connoisse[ment [3].] Je vous prie tres humblem[en]t Mons r d’avoir la charité d[e pre]ndre un soin tout extraordinaire de vos pauvres livres car il i a un malheur repandu dessus si grand que cela n’es pas croyable[.] Mr Leers a envoyé un petit balot à un libraire anglois Mr Benet [4] depuis que le mien est parti par la mesme voye que je vous ay marquée[.] Il est bien arrivé icy à ce que mon correspond[an]t de Harwich m’a mandé* et dit n’avoir point de nouvelle du mien. Je vous prie de vous en resouvenir et de me croire pour Monsieur vostre plus humble et affectionné servit[eur] Vaillant

Vostre Dict[ionnaire] ce vand icy de merveille[.] Cailloué [5] en a debi[té] 37 exemplaires en 15 jours à ce qu’il a dit à plusieur personne [6][.]

Le Dict[ionnaire] de Milor Sanderlan a cousté de reliure 12lt et celuy de Mr Tronbal autant [7]. Mr Le Vasseur a eu le sien en blanc avec bien de la paine hier seullement [8][.] Cailloue a fait payer / à Mr Auriole [9] 3lt 12s pour le port des trois exemplaire à luy adressé[.] Il m’a chargé de vous en donner avis.

Notes :

[1] Sur cette date, voir Lettre 1200, n.1.

[2] Ces deux lettres de Bayle à François Vaillant sont perdues. Vaillant avait répondu à la première par celle du 4 décembre 1696 (Lettre 1189).

[3] Vaillant attendait un reçu de l’argent qu’il avait envoyé à Bayle en paiement de ses exemplaires du DHC : voir Lettre 1189, n.3.

[4] Thomas Bennet, établi dans la « Half-Moon in St. Paul’s churchyard » : il fut un des plus importants libraires de Londres entre 1687 et 1706, protégé de Francis Atterbury, évêque de Rochester : voir H.R. Plomer, A Dictionary of the printers and booksellers who were at work in England, Scotland and Ireland from 1688 to 1725 (Oxford 1922), p.29.

[5] Sur Jean Cailloué, le libraire rival de François Vaillant à Londres, voir Lettres 611, n.5, et 1178.

[6] Voir les chiffres donnés par Cailloué à Leers dans une lettre du 22 mars : cette lettre est perdue mais Bayle en retient une formule dans ses Réflexions sur le Jugement de Renaudot (Lettre 1303) et nous la donnons également en appendice à la présente lettre.

[7] Sur ces exemplaires reliés pour Lord Sunderland et Sir William Trumbull, voir Lettres 1182, 1211 , et 1214, n.3 et 4.

[8] Voir la lettre de Michel Le Vassor du 2 janvier (Lettre 1200), qui accompagnait la présente lettre.

[9] Nous n’avons pu identifier plus précisément M. Auriole ou Auriol, sans doute un marchand qui servait d’intermédiaire pour le commerce entre Rotterdam et Londres : voir aussi Lettre 1387, n.1.

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